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Soumoud pour renforcer la résilience climatique de Kerkennah

Le projet Soumoud, qui vise à renforcer la résilience climatique urbaine dans les territoires les plus vulnérables, est mis en œuvre par Onu-Habitat dans l’archipel de Kerkennah (Sfax), l’un des territoires les plus exposés aux impacts du changement climatique en Tunisie, notamment la montée du niveau de la mer, les événements climatiques extrêmes, les inondations et les sécheresses.

Ces phénomènes exercent une pression croissante sur les infrastructures, les moyens de subsistance, les écosystèmes et les conditions socio‑économiques des communautés locales, affectant de manière marquée les populations les plus vulnérables.

À travers une approche intégrée et fondée sur des données probantes, le projet Soumoud aborde de manière transversale les enjeux de vulnérabilité climatique, d’urbanisation et de biodiversité, souvent traités de manière sectorielle.

Pour une résilience climatique viable et finançable à Kerkennah

Les principales interventions comprennent des évaluations spatiales multi-couches de la vulnérabilité, des processus de planification participatifs, ainsi que le renforcement des capacités du personnel local à Kerkennah pour la conception de projets de résilience climatique viables et finançables.

À ce jour, le projet Soumoud a permis la réalisation de deux résultats majeurs. Le rapport de diagnostic intitulé ‘Multi‑Layer Vulnerability Assessment’ (MVA)a permis d’établir une base de données géospatiale permettant d’analyser de manière intégrée les risques climatiques, urbains et environnementaux. Sur cette base, un plan d’action intitulé Urban Resilience Action Plan (URAP) définit une vision stratégique à long terme pour un développement durable et résilient de l’archipel de Kerkennah, appuyée par un portefeuille priorisé de projets concrets et opérationnels.

Le projet Soumoud a été présenté lors d’un événement le 17 avril 2026 à Tunis, en présence de représentants des autorités nationales et locales, de partenaires au développement, d’experts techniques, du monde académique, de la société civile ainsi que d’agences des Nations Unies. Il s’inscrit dans le cadre du programme Rise Up – Villes résilientes pour les populations urbaines vulnérables, mis en œuvre par Onu‑Habitat dans le gouvernorat de Sfax, et financé par l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (Aecid).

L’événement a constitué une plateforme d’échange pour mettre en valeur les résultats, partager de bonnes pratiques et surtout explorer les opportunités de mobilisation de financements climatiques et de partenariats en faveur de la mise en œuvre des projets de résilience identifiés.

Transformer les stratégies climatiques en interventions locales tangibles

Les discussions ont focalisé sur l’importance d’une gouvernance multiniveau, d’une planification basée sur les données et de partenariats solides pour accélérer l’action climatique au niveau local.

Cette initiative s’inscrit dans les cadres politiques climatiques nationaux et internationaux, notamment les Contributions déterminées au niveau national (CDN), la Stratégie nationale de transition écologique (SNTE) les Plans nationaux d’adaptation (PNA), ainsi que le Plan stratégique 2026–2029 d’Onu-Habitat, en traduisant les engagements climatiques en actions concrètes sur le terrain.

À cette occasion, les représentants d’Onu‑Habitat ont souligné l’importance de transformer les stratégies climatiques en interventions locales tangibles, affirmant que le projet Soumoud illustre comment une planification fondée sur des données probantes et des partenariats efficaces peut générer des opportunités de développement durable dans les territoires exposés aux risques climatiques.

Cet événement marque une étape importante dans le renforcement de la résilience urbaine en Tunisie.

En reliant l’action locale aux stratégies nationales et à la coopération internationale, le projet Soumoud contribue à bâtir des territoires plus inclusifs, résilients et durables, au bénéfice des communautés actuelles et futures.

I. B. (avec communiqué).  

L’article Soumoud pour renforcer la résilience climatique de Kerkennah est apparu en premier sur Kapitalis.

Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !

L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de légitimation politique plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine «numide» ou «punique» est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région. 

Ridha Ben Slama *

Faut-il rappeler encore à ceux qui se confinent dans une posture pathétique et feignent d’ignorer que notre pays possède une identité étatique propre, bien antérieure à la colonisation (1881), et ce contrairement à beaucoup d’autres pays ? Faut-il répéter que la Tunisie actuelle est l’aboutissement d’une longue succession de civilisations qui ont chacune contribué à son assise territoriale et culturelle ? Depuis des millénaires, elle possède l’une des identités étatiques les plus anciennes et les plus continues au monde, dépassant largement le cadre des frontières coloniales du dernier siècle. 

1- La Tunisie (Ifriqiya) le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région

La justesse de l’approche exige de dépasser un exercice trop contemporain, qui envisage une souveraineté territoriale définie seulement par des frontières, à savoir le «contour extérieur d’une nation pleinement consciente d’elle-même» (1).

Pratiquement, durant des siècles, l’autorité d’un État s’exerçait non sur un espace borné par des frontières identifiées, mais également sur son rayonnement culturel. Les limites de l’État enfermeraient aussi celles, mouvantes, des terrains de parcours de ces tribus vassales à un État.

Carthage (IXe-IIe siècle av. J.-C.) avait déjà structuré le territoire sous une forme étatique puissante, avec une administration, une monnaie et une diplomatie propre. Ce n’était pas seulement une cité, mais le centre d’un empire maritime thalassocratique qui comprenait la majeure partie de la Tunisie actuelle (le Zeugitane et la Byzacène). L’empire s’étendait sur toutes les côtes de la Méditerranée occidentale, de l’actuelle Libye (Tripolitaine) jusqu’au sud de l’Espagne, en passant par la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les côtes actuellement algériennes et marocaines. 

Quant à Thugga (actuelle Dougga) (2), elle est reconnue par les historiens comme l’une des premières capitales, foyer majeur du royaume Massyle au IVe siècle av. J.-C. Elle est décrite par Diodore de Sicile comme une «ville d’une belle grandeur», servant de résidence royale avant l’unification des différentes tribus. Cette dynastie était traditionnellement une alliée de Carthage. Les rois Massyles participaient grâce à ses cavaliers, réputés au combat, avec les troupes carthaginoises, notamment en Sicile ou en Espagne. Les textes des auteurs de l’antiquité soulignent que des rois comme Zelalsen (grand-père de Massinissa) ou l’ancêtre Aylimas y avaient établi leur centre de pouvoir. Le roi Gaïa, père de Massinissa, maintenait cette alliance étroite, envoyant même son fils combattre aux côtés des Carthaginois en Espagne contre Rome. La cavalerie numide, considérée comme l’une des meilleures cavaleries légères de l’Antiquité, reposait sur une organisation unique centrée sur la mobilité extrême et une symbiose parfaite entre le cavalier et sa monture. 

L’influence carthaginoise à Thugga était manifeste à travers l’architecture et les inscriptions. Le célèbre Mausolée libyco-punique témoigne de ce mélange des cultures libyque et punique au sein de la noblesse massyle. Les Massyles occupaient la région entre l’Ampsaga (correspondant aujourd’hui à l’Oued el-Kebir, dont le Rhummel est le principal affluent en Algérie actuelle) et les terres carthaginoises, avec pour capitale Sarim Batim (actuelle Constantine) qui était le nom donné à la ville par les Carthaginois lorsqu’ils y ont établi un comptoir commercial, bien avant qu’elle ne devienne à une certaine époque la capitale de la Numidie.Né à Thugga, Massinissa servit d’abord dans les rangs de l’armée carthaginoise avant de s’allier à Rome en 206 av. J.-C. après avoir été évincé de son trône par Syphax (roi des Massæsyles soutenu par Carthage). Sa victoire lui avait permis d’unifier les deux royaumes.

Le revirement de Massinissa a été l’un des tournants majeurs de l’histoire antique. Ce n’était pas une défection soudaine, mais une décision stratégique dictée par la survie du royaume de ses ancêtres mais aussi pour des motifs personnels. Plusieurs facteurs avaient poussé Massinissa à abandonner l’alliance carthaginoise pour rejoindre Scipion l’Africain (Rome). À la mort de son père Gaïa, le trône massyle était disputé entre les héritiers. Les suffètes de Carthage, au lieu de soutenir Massinissa (pourtant l’un de leurs généraux en Espagne), jouèrent double jeu pour garder le contrôle sur la Numidie.

Massinissa était d’abord fiancé à la belle Sophonisbe, fille du général carthaginois Hasdrubal Gisco. Pour sceller une alliance politique plus «utile», Carthage la donna finalement en mariage à son rival, Syphax (roi des Massæsyles). Humilié et spolié de ses terres par Syphax avec l’appui de Carthage, Massinissa rompit définitivement. En combattant en Espagne, il put observer de près la puissance militaire de Rome. Il comprit que le vent tournait et que Rome était un allié plus solide pour réaliser son ambition. Après la guerre, il annexa les territoires de Syphax et unifia les tribus sous un seul sceptre, de la Moulouya jusqu’aux frontières de Carthage. Il poursuivit la sédentarisation des populations et développa l’agriculture. Les quartiers «numides» à Thugga, sous le forum romain, montrent que la ville était déjà une cité organisée et prospère sous son règne.

Après la chute de Carthage en 146 av. J.-C., les Romains conservèrent cette unité territoriale. Le nom «Africa» désignait spécifiquement la Tunisie avant de s’étendre à tout le continent. Situé au cœur de la Méditerranée, le territoire constituait une entité historique qui contrôlait des contrées s’étendant à travers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Cela correspondait au nord et à l’est de la Tunisie actuelle, avant de s’étendre pour inclure l’actuelle Tripolitaine (Libye) et une partie de l’Est actuellement algérien (Constantinois).

Massinissa était donc né à Dougga (Thugga). Pour les historiens, c’est un enfant du pays, à savoir la Tunisie. Pourtant, quelques faussaires prétendent que Massinissa serait «le père de l’État algérien moderne», puisqu’il avait unifié les tribus numides. Une statue lui a d’ailleurs été érigée au cœur d’Alger en 2021, ce qui a été perçu comme une tentative de «captation» d’une figure massyle, issue d’une dynastie établie à Thugga. 

La seconde «captation» est celle de Saint Augustin qui était certes né à Thagaste (Souk Ahras, en Algérie actuelle). Thagaste est située à environ 240 km de Carthage, mais elle faisait partie d’une région profondément «punicisée». Saint Augustin lui-même, bien que citoyen romain de culture latine, se revendiquait fier de ses origines puniques. Car le punique était encore parlé par les populations rurales autour de Thagaste au IVe siècle apr. J.-C., soit plus de 500 ans après la chute de Carthage.

Augustin s’était formé intellectuellement à Carthage, y avait enseigné et avait passé une grande partie de sa vie dans la sphère d’influence carthaginoise. Il se définissait lui-même comme un «fils de Carthage» (3), ce qui pousse les historiens tunisiens à rappeler que son héritage philosophique et théologique appartient à l’école de pensée de l’actuelle Tunisie.

À l’époque, il se considérait comme un «Africain» au sens de la province d’Africa (Tunisie), et non selon des frontières nationales nées en 1962.

Même si ces grandes figures appartenaient à une époque où les frontières actuelles n’existaient pas formellement (la Numidie ou l’Afrique proconsulaire), leur existence résulte d’une culture et d’une civilisation punique incarnées par Carthage. Les transformer en «citoyens» d’un pays parce qu’ils auraient vécu, à un certain moment, dans des villes «recouvrées» est une incongruité.

Quelques mythomanes invétérés mènent aujourd’hui une politique active de «patrimonialisation» (colloques sur Massinissa, promotion du circuit de Saint Augustin) pour assoir une profondeur historique nationale qui fait défaut dans le récit colonial. Il est indubitable que même leurs concitoyens en Algérie, qui font preuve de discernement, ne peuvent que se dissocier de leurs supercheries. Saint Augustin et Massinissa ont agi dans un cadre géographique et politique dont Tunis-Carthage était le pôle majeur.

Cette territorialisation de l’histoire, où un pays cherche par tous les moyens à construire un récit national exclusif, est un anachronisme qui sert surtout des agendas politiques douteux. L’objectif serait vraisemblablement de créer un lien fictif direct. Il y a une inexactitude géographique qui utilise les frontières actuelles, imposées par le colonialisme, pour diviser des empires (Carthage, la Numidie, la Proconsulaire).

L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de légitimation politique plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. Un exemple parmi d’autres, le Haut-Commissariat à l’Amazighité en Algérie milite activement pour l’unification de ces concepts dans les manuels afin de consacrer l’image d’un État numide précurseur de l’Algérie ! Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine «numide» ou «punique» est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région. 

Une mise au point sur la situation de toutes ces figures historiques et du patrimoine, permet de distinguer les faits historiques des dynamiques de «nationalisation» de l’histoire.

Le concept d’Ifriqiya est un patrimoine centralisé à Tunis. Par contre historiquement, le terme «Algérie» est une création administrative bien plus tardive, alors que le terme Ifriqiya (dont dérive le nom Tunisie) désignait un ensemble cohérent incluant l’Est algérien actuel et la Tripolitaine. Quant à la controverse historique sur Cirta, j’ai eu l’occasion de l’aborder amplement dans un article précédent (4).

Ce procédé apocryphe appliqué à la géographie et à l’histoire sert à faire des raccourcis pour imposer une lecture biaisée. Cela s’apparente à de l’instrumentalisation ou «mésusage» de l’histoire et de la géographie. Lorsqu’on simplifie à l’extrême ou qu’on manipule ces disciplines, l’objectif est généralement de créer un récitqui semble, de premier abord, indiscutable parce qu’il s’appuie sur des «faits» — même si ces derniers sont sortis de leur contexte.

On projette arbitrairement des concepts modernes (nations, frontières…) sur des époques anciennes où ils n’existaient pas réellement sous ces formes. Le fait d’utiliser des toponymes anciens ou spécifiques pour nier l’identité actuelle d’un lieu, en modifiant légèrement le curseur, on transforme une analyse complexe en un outil de triviale propagande.

Après les guerres puniques, Carthage fut reconstruite par Rome, devenant l’une des provinces les plus prospères (Africa proconsulaire 146 av. J.-C. – 439 ap. J.-C.). Puis, elle a été envahie par les Vandales, suivie de la reconquête byzantine sous Justinien Ier en 533. L’année 698 marqua un tournant définitif avec la fin de l’influence byzantine en Afrique du Nord. La confrontation décisive opposa les armées du Hassan Ibn Numan, aux forces de l’Exarchat de Carthage. Plutôt que de reconstruire Carthage, trop exposée aux attaques maritimes de la flotte byzantine, Tunis fut choisie en tant que site plus protégé.

En 705, Kairouan devint officiellement la capitale de l’Ifriqiya et la base de rayonnement au Maghreb. Sous la dynastie Aghlabide (800–909), la Tunisie connut une prospérité immense. On lança la conquête de la Sicile, le pays devient une puissance maritime majeure. Kairouan dirigeait la Tunisie, l’Est algérien, la Tripolitaine et avait même conquis la Sicile et Malte. L’Ifrîqiya proprement dite, comprenait les anciennes Proconsulaire (ou Zeugitane) et Byzacène, séparées depuis Dioclétien, d’autre part le Zâb (une province stratégique entre le Sahara et la Méditerranée, servant de carrefour commercial majeur). On rencontre également l’expression d’«Ifrîqiya proprement dite» chez H. R. Idris qui écrit : «À l’Ifrîqiya proprement dite, ensemble de plaines où les communications sont faciles, rares les passages obligés et les massifs fermés, pays fortement organisé autour de Kairouan, s’oppose le Maghreb central, complexe de massifs montagneux, plus ou moins anarchiquement isolés les uns des autres» (5). Il retrouve là une distinction strictement géographique, voire topographique, qui rejoint implicitement des considérations plus politiques (opposition entre l’«organisation» autour de Kairouan et l’«anarchie» à l’ouest).

En 909, une nouvelle dynastie s’établit. L’Empire Fatimide avait englobé tout le Maghreb. Il fonda une nouvelle capitale sur la côte, Mahdia, avec son port militaire fortifié. Les Fatimides finirent par partir conquérir l’Égypte pour y fonder Le Caire, laissant la Tunisie sous la gestion des Zirides. Lorsque ces derniers rompirent avec le Caire, le calife fatimide envoya les tribus bédouines des Banu Hilal et des Banu Salim pour punir l’Ifriqiya. Avec les invasions hilaliennes (XIe siècle), c’était un tournant dramatique. Ces invasions entrainèrent une désorganisation immense, notamment de l’agriculture sédentaire.

Tunis devint la capitale de la Tunisie (Ifriqiya) en deux étapes majeures : elle fut d’abord promue sous les Almohades en 1159, puis son statut est définitivement scellé sous la dynastie des Hafsides en 1228. Les Almohades (1121-1269) chassaient les Normands Tunisie (qui occupaient les côtes) et unifiait le Maghreb. Au cours de cette période la notion de territoire tunisien «central» se cristallisa le mieux sous le nom d’Ifriqiya. L’empire almohade, affaibli militairement et idéologiquement, se désagrégea, perdant sa cohésion sous le règne d’Al-Ma’moun (1227-1232). C’est dans ce contexte de déclin que la Tunisie s’émancipa de fait sous la tutelle de la dynastie hafside.

En 1229, les Hafsides rejettent l’autorité des Almohades et deviennent maîtres de l’Ifriqiya. L’Empire Hafside (1229-1574) représenta l’âge d’or de l’État tunisien médiéval. À son apogée, le royaume hafside de Tunis s’étendait de Bougie (Béjaïa en Algérie actuelle) à l’ouest jusqu’à Tripoli à l’est. Tunis était alors la capitale culturelle et politique incontestée du Maghreb central et oriental. C’était sans doute la période la plus stable et la plus riche de la Tunisie médiévale. Des liens commerciaux intenses se nouèrent avec les cités italiennes (Venise, Gênes) et l’Espagne. La capitale Tunis était devenue l’une des cités les plus peuplées et les plus riches, au rayonnement intellectuelreconnu. C’est l’époque du grand historien et philosophe Ibn Khaldoun, père de la sociologie moderne. 

Pour le pouvoir central de Tunis, la frontière incluait la province de Bougie, avec à sa tête un gouverneur doté de compétences élargies. Les premiers souverains hafsides maintinrent un contrôle direct sur cette région. Dès 1280 le sultan nomme son fils gouverneur de Bougie et de sa région, avec une autonomie de commandement (Ibar, VI, p. 685, Berbères, II, p. 384), reconnaissant la nécessité de donner à ce gouverneur les moyens de faire face à la menace des Abdelwadides ou des Mérinides à l’ouest. Vers 1370, le sultan de Tunis nomma à son tour à Bougie son fils aîné. Il lui céda son autorité sur les impôts et sur l’armée (Ibar, VI, p. 88, Berbères, III, p. 88.), lui donna «le commandement absolu [de sa ville et de sa province] et la permission de prendre le titre, le cérémonial et les insignes de la royauté» (Ibar, VI, p. 876, Berbères, III, p. 90.). Ces prérogatives exceptionnelles ne sont pas sans risque. On connaît le passage de la Muqaddima dans lequel Ibn Khaldûn explique que «toute dynastie est plus forte à son centre qu’à ses frontières», où se manifeste souvent en premier la perte de vitalité de la dynastie (6).

Cette situation provoqua en effet, à plusieurs reprises, des sécessions par rapport à Tunis. Néanmoins ces dernières étaient davantage motivées par les prétentions des émirs de Bougie au sultanat que par une réelle volonté d’indépendance, donc par un sentiment centrifuge. Lorsque le sultan Abû Zakariyâ’ (1228-1249) confie à son fils et héritier Abû Zakariyâ’ Yahyâ le gouvernement de Bougie, il étend la domination de ce dernier à l’ensemble des anciens territoires hammadides, avec des villes comme Alger, Constantine, Bône, et le territoire du Zâb : «il donna à son fils le gouvernement de la marche de Bougie, capitale du royaume des Banû Hammâd et lui confia l’administration de l’ensemble de sa région» (Ibar, VI, p. 619, Berbères, II, p. 329).

Ibn Khaldûn définit donc ce territoire frontière avant tout par un ensemble de villes dominées par Bougie, avec leurs arrière-pays. L’allégeance de ces villes envers le pouvoir central se manifeste par l’acceptation des gouverneurs envoyés par le souverain et par la bay‘a prononcée au moment de l’accession au trône de ce dernier, renouvelée régulièrement par la khutba prononcée en son nom.

La délimitation du territoire de cette marche occidentale repose donc sur une autre unité de base, la tribu. Mais il serait erroné de considérer ces tribus d’un point de vue purement ethnique, sans référence à l’espace(7). Outre le fait que certaines de ces tribus sont sédentaires, le nomadisme n’exclut nullement la conscience d’un territoire tribal articulé autour de points d’eau et de zones de pâturages, à l’intérieur duquel se font les déplacements saisonniers. Il n’exclut pas plus le fait que ce territoire soit perçu comme faisant partie de l’espace de souveraineté d’un pouvoir d’État auquel la tribu faisait allégeance (8).

Il s’agit de relever un fait authentifié, sous les Aghlabides, les Fatimides puis l’État Hafside qui s’étendait sur l’Ifriqiya, ce qui signifie que la Tunisie englobait des territoires allant de Bougie (Béjaïa) jusqu’aux environs de Tripoli, et incluait des zones de la Grande Kabylie notamment Alger et contrôlant des territoires jusqu’à la Grande Syrte (1228 à 1574). Le pays avait maintenu une autonomie politique forte, centrée sur Mahdia, Kairouan puis Tunis.

2- Alerte, face aux tentatives d’expropriation mémorielle

En 1574, la Tunisie fut appariée à l’Empire Ottoman, avant d’acquérir une autonomie relative à partir de 1705. Le règne de Hammouda Pacha (1782-1814) marqua l’apogée de la dynastie husseinite en Tunisie. Son autorité a été testée par plusieurs conflits armés contre la Régence d’Alger, où Mustapha Pacha a été assassiné et les chroniques mentionnent Ahmed II Pacha comme successeur, une période marquée par de forte agitation et de successions rapides. La milice des janissaires jouait un rôle prédominant dans la destitution ou l’assassinat des deys d’Alger, rendant le pouvoir instable.

Cherchant à mettre fin au tribut versé à Alger, Hammouda Pacha fit réparer les remparts de la Médina de Tunis, de la Kasbah, et fit construire de nouvelles casernes comme celle d’El Attarine. Il déclara la guerre au Dey d’Alger en 1807. Le conflit culmina lors de la bataille de Constantine, où les troupes d’Alger subirent une défaite décisive. La victoire la plus emblématique contre les Algériens (ou plutôt Algérois) a été celle de juillet 1807. Le vizir Youssouf Saheb Ettabaâ intercepta l’armée algérienne à l’Oued Sarrat et l’écrasa, l’obligeant à fuir et à abandonner son artillerie. Cette victoire permit à la Tunisie de ne plus payer le tribut annuel à Alger. Une seconde guerre éclata en 1813. Les défenses tunisiennes ont tenu bon. Les troupes algériennes ont tenté de pénétrer en Tunisie mais ont été maintenues à la frontière. Le conflit s’est achevé par un traité en décembre 1813, signé par le Dey Hadj Ali d’Alger et le Bey Hammouda Pacha de Tunis.

Avec les Husseinites, la Tunisie avait agi comme un État quasi indépendant du pouvoir ottoman, avec ses propres traités internationaux et son premier texte constitutionnel en 1861 (le premier de la sphère proche orientale). Il est documenté que cette quête d’autonomie s’est manifestée par des actions symboliques, les navires tunisiens utilisaient leur propre pavillon et refusaient de se conformer strictement à l’usage des fanions ottomans, surtout lors de la période d’autonomie croissante sous Ahmed Bey I (1837-1855). Mais, avec la signature du Traité du Bardo en 1881, la Tunisie fut placée sous domination française.

À travers ce rapide périple historique, il a été possible de constater que, depuis l’antiquité et durant des siècles, le pouvoir central sur une vaste superficie était basé à Carthage-Dougga, Le Kef, Kairouan, Mahdia puis à Tunis. Par conséquent, son autorité se déployait sur des espaces territoriaux plus vaste que ceux de la Tunisie actuelle, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. Des villes comme Annaba (Hippone) ou Constantine étaient administrativement et culturellement rattachées à la mouvance tunisienne. Cette antériorité historique explique pourquoi de nombreux Tunisiens perçoivent les digressions actuelles comme une tromperie et une forme d’expropriation mémorielle. Dès la fin du Moyen Age, le discours comme la pratique montrent l’émergence d’une appréhension politique de l’espace, qui se développe à l’époque moderne et contemporaine. La marche de Bougie à l’époque hafside en offre un bon exemple (9).

Depuis quelques années, de nombreux Tunisiens relèvent avec étonnement la diffusion de contrevérités instillées notamment sur les réseaux sociaux, traduisant des tentatives de captation du patrimoine tunisien par certains individus qui manquent de tact et souffrent d’une carence éducative. Cette posture fourbe touche au cœur de l’identité nationale et de la légitimité historique, elle représente une tentative de réappropriation patrimoniale. Ajoutant à ces divagations, les propos d’un ancien parlementaire algérien et expert économique, du nom de Houari Tigharsi, qui ont suscité une vive controverse. En juillet 2022 (10), lors d’une intervention télévisée, ce quidam a qualifié la Tunisie de «wilaya» (province ou gouvernorat) de l’Algérie, dans une interview accordée à la chaîne Sky News Arabia.

Bien que ces propos n’engagent pas -heureusement- l’État algérien, ils ont provoqué une vague d’indignation et ont été largement relayés par des médias comme une ébauche de velléités hégémoniques. Certains observateurs notent que ce type de discours (qualifier la Tunisie de «wilaya») circule parfois dans des cercles proches du pouvoir des voisins de l’Ouest sans être ouvertement approuvé, ce qui contribue à alimenter les critiques sur une volonté d’hégémonie régionale qui avancerait à pas de loup. Cette «maladresse» n’est pas un hasard. Elle répondrait à un besoin intériorisé de forger une identité nationale (sur le dos des autres) dans une profondeur historique mythique dépassant l’ère coloniale. Surtout, il n’y a pas eu de dénonciation officielle spécifique du gouvernement algérien concernant ces propos, alors qu’ils avaient provoqué une vive indignation en Tunisie, les autorités n’ont pas émis de condamnation publique directe à propos de ses déclarations.

Au-delà de ce personnage, la même expression est parfois utilisée de manière condescendante dans certains débats médiatiques algériens. En mai 2023, l’ambassadeur d’Algérie en Italie avait déclaré que Rome et Alger s’entendaient pour «préserver la stabilité de la Tunisie», une phrase perçue à Tunis comme une forme d’ingérence (D’aucuns diront : de quoi je me mêle).

L’absence de justifications est précisément ce qui alimente régulièrement la rancœur d’une partie importante de l’opinion tunisienne, qui n’y voit non pas un dérapage isolé, mais le reflet d’une certaine perception condescendante persistante.

L’ancien diplomate Elyes Kasri (11) a été l’une des voix les plus critiques, alertant sur ce qu’il perçoit comme une «dérive», certains observateurs allant jusqu’à évoquer ironiquement une transformation en «70e wilaya algérienne». Il a récemment remis sur le tapis la question des territoires frontaliers (environ 20 000 km²) qui ont été intégrés à l’Algérie après l’indépendance, perçus par certains Tunisiens comme une spoliation historique.

Cette perception d’une «main basse» sur le patrimoine tunisien alimente effectivement de vifs débats, où la question de l’appropriation culturelle est devenue un sujet de tension récurrent.

Le conflit le plus emblématique concerne la zone saharienne et la célèbre Borne 233 (Garet El Hamel). La Tunisie revendiquait une bande de territoire au sud-ouest, s’étendant de la borne 222 (Fort Saint) jusqu’à la borne 233. Ce territoire, riche en ressources pétrolières (gisement d’Edjelé), aurait permis à la Tunisie d’étendre sa souveraineté sur environ 20 000 km². En plein conflit de Bizerte (1961), le président Habib Bourguiba a tenté de matérialiser cette souveraineté en envoyant un commando planter le drapeau tunisien sur la borne 233. Un affrontement armé avec les troupes françaises stationnées sur place fit 13 morts côté tunisien.

Il y a lieu de souligner que la frontière tuniso-algérienne a été historiquement une zone complexe, avec des barrages érigés pendant la guerre d’Algérie et des conflits territoriaux passés (1628, 1807). Les frontières actuelles sont en partie le résultat de négociations laborieuses, notamment le traité de 1628 entre la Régence indépendante de Tunis et la Régence du Dey d’Alger, qui est resté la base jusqu’à ce que les autorités militaires françaises en Algérie ne le remettent en cause en 1845. Les frontières modernes commencent à se dessiner, souvent au prix de conflits avec la Régence d’Alger à l’ouest (appelé traité d’Es-Settara), qui mit fin à la guerre et confirma la fixation de l’Oued Serrat comme frontière ouest. Les traités successifs ont fini par fixer les limites que nous connaissons aujourd’hui, bien que les tribus frontalières aient longtemps circulé librement.

L’examen des documents cartographiques coloniaux révèle que le tracé des frontières actuelles est le produit d’une série de conventions et de décisions administratives françaises qui ont systématiquement favorisé l’Algérie (alors considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Régence de Tunis. La Convention de 1901: un procès-verbal entre le gouverneur général d’Algérie et le résident général de France en Tunisie amorce le détachement de portions territoriales au profit de l’administration algérienne.

La Convention de Tripoli (1910)signée entre le Bey de Tunis et l’Empire Ottoman (pour la Tripolitaine), délimite la frontière sud. Bien qu’elle reconnaisse la borne 233 (12) (Garet El Hamel) comme point ultime du territoire tunisien, la France refusa par la suite d’appliquer strictement ce tracé pour conserver le contrôle sur des zones qu’elle considérait comme stratégiques.

Le grignotage du Sahara s’est effectué à travers les conventions successives en 1910 et 1929 qui ont entériné un «découpage imaginaire». Avant que la France et l’Italie ne figent les frontières par des traités (comme celui de 1910 avec la Libye), les tribus et populations (comme les Werghemma) évoluaient dans un espace fluide, défiant les tentatives coloniales de fixer des limites territoriales strictes.

Il est clairement établi que la France privilégia l’unité administrative de son «département algérien», annexant de facto des zones de parcours de tribus tunisiennes (comme les Frachich) pour garantir la sécurité des colons en Algérie. Le contentieux majeur portait donc sur une étendue de près de 20 000 km² (soit la superficie d’un pays comme la Slovénie) située au sud. Ce territoire englobe des zones riches comme El Borma, Ouargla et Berkine, piliers de l’actuelle puissance pétro-gazière algérienne.

Quant à la Borne 233, elle demeure le symbole de la spoliation. La France avait juridiquement reconnu son appartenance à la Tunisie, mais a maintenu une ambiguïté pour protéger le triangle stratégique Bir Romane – Borne 233 – Fort Saint. 

L’accord de 1964, lors de la conférence du Caire, représentait un arrangement entre Habib Bourguiba et Ahmed Ben Bella. Il prévoyait la restitution de ces 20 000 km² à la Tunisie. Après la chute de Ben Bella en 1965, le nouveau pouvoir algérien (Boumediene) a refusé d’honorer cet accord, s’appuyant astucieusement sur le principe de l’OUA concernant «l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme» pour sanctuariser ces gains territoriaux. 

Ces documents montrent que la cartographie n’était pas un simple relevé géographique, mais un outil de gestion des conflits et d’expansion coloniale, transformant des limites de parcours tribaux en frontières d’État rigides au profit de l’entité la plus «française» du Maghreb à l’époque. 

On ne peut que constater que la Tunisie a dû faire face à des tensions territoriales significatives avec ses voisins, principalement liées au legs de l’administration coloniale française qui avait favorisé l’Algérie (considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Tunisie. 

Finalement, le pouvoir tunisien abandonna ses revendications pour préserver la paix, par des accords successifs : celui de 1970 sur le tracé sud (Bir Romane – Fort Saint) et celui de 1983 sur le tracé nord (Méditerranée – Bir Romane). 

En dépit de toutes ces péripéties, Tunisiens et Algériens dans leur ensemble partagent des liens profonds et sont pour une coexistence pacifique. Car la proximité n’est pas seulement géographique, elle est humaine. Les familles transfrontalières, les mariages mixtes et l’histoire commune de la lutte pour l’indépendance créent un sentiment d’appartenance commune qui dépasse les discours politiques ou les polémiques de réseaux sociaux. 

Les populations des deux pays aspirent avant tout à la paix, au développement économique et à la libre circulation sans arrière-pensées hégémoniques. La coexistence paisible est perçue comme la seule voie viable pour la prospérité régionale dans un monde de plus en plus instable.

Pourtant, ces «fauteurs de troubles» qui cherchent à semer la discorde, bénéficient souvent d’une visibilité disproportionnée sur internet, mais ils ne représentent pas la volonté des millions de Tunisiens et d’Algériens qui cultivent le respect et l’amitié au quotidien. Cette notion grotesque de «grand frère» est souvent perçue comme paternaliste et ne correspond pas aux aspirations des sociétés modernes qui privilégient le partenariat et l’égalité.

Une logique de respect mutuel est essentielle pour plusieurs raisons. Chaque nation a son propre parcours, ses défis et sa souveraineté à protéger. Le respect de ces spécificités est la base de toute relation saine et durable, c’est le meilleur rempart contre les malentendus. En se traitant d’égal à égal, la coopération devient plus efficace. Il ne s’agit pas de «donner des leçons», mais de partager des solutions. Les termes de supériorité ou les tentatives d’ingérence sont souvent ceux qui alimentent les réactions de rejet. Toute tentative perçue comme hégémonique risque de compromettre les relations en brisant la confiance et en créant un déséquilibre qui génère inévitablement résistance et conflits. Ce qui crée un terrain propice aux blocages de communication, nuisant à la relation sur le long terme.

En somme, la force de la relation entre deux États souverains et ses citoyens réside dans cette capacité à se considérer comme des partenaires stratégiques, sans qu’une tutelle morale ou politique ne vienne entacher cette amitié. À bon entendeur, salut !

* Ecrivain.

Notes :

1- Lucien Febvre, “Frontières : le mot et la notion”, Bulletin du Centre International de Synthèse, XLV, 1928, repris dans Pour une histoire à entière, Paris, 1962, p. 17-18.

2- Dougga (Thugga). Études épigraphiquesSous la direction de Mustapha Khanoussi et Louis Maurin, Ausonius Éditions,1997, 278 pages.

3- Saint Augustin, numide universel, La Vie, 16/04/2026.

4- Carthage, la Tunisienne (1-2), Nos ancêtres les Massyles, Kapitalis, 5 et 6 juillet 2025.

5Hady-Roger Idris, La Berbérie orientale sous les Zirides, Xème-XIIème siècle, Paris, 1962, p. 409.

6- Ibn Khaldûn, Discours sur l’Histoire universelle. Al-Muqaddima, trad. Vincent Monteil, Paris, 1967-8, p. 318.

7- Voir notamment les réflexions de Laroussi Amri, et sa critique des thèses d’É.-F. Gautier, Pour une sociologie 8 – des ruptures. La tribu au Maghreb médiéval, Tunis, 1997, p. 189 sqq.

8- Sur ce rapport entre allégeance et territoire, voir notamment Vincent Geisser, Rapport préliminaire à l’atelier «formes d’allégeances et territorialisation», Villes et territoires au Maghreb, op.cit., p. 115-117.

9 – Cf. Dominique Valérian, Bougie, port maghrébin à la fin du Moyen Age, thèse d’université, Université Paris I, décembre 2000.

10- Tunisie numérique, 18 juillet 2022.

11 – Carthage Tunisienne, Kapitalis, 2 nov. 2025.

12- Ben Salem, Mohamed Mémoire DES de Droit Public : l’affaire de la borne 233Faculté Droit de Tunis-1971-1972.

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Tunis | Elle surprend un immigré clandestin sur son lit conjugal !

L’histoire est à peine croyable : une citoyenne tunisienne rentre chez elle le soir , à Laouina, au nord de Tunis, et trouve, dans sa chambre et sur son lit conjugal, un immigré clandestin subsaharien, qui avait pris son aise au point qu’avant de dormir, il prit une douche et se changea avec les habits de l’époux absent.

Craignant d’être agressée, la propriétaire de l’appartement, avocate de son état, Me Dhouha Saïdi, s’est enfuie, a appelé son mari au téléphone, alerté le gardien de la résidence et ameuté les voisins, avant d’aller porter plainte au poste de police.

Lorsque les agents sont arrivés, l’intrus était toujours sur les lieux et lorsque Me Saïdi lui a demandé ce qu’il faisait chez elle, il lui a répondu, imperturbable : «C’est ma maison».

C’est, en tout cas, ce qu’elle a rapporté hier, dimanche 19 avril 2026, dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux.   

Selon sa collègue Me Raja Abassi, qui intervenait ce lundi 20 avril dans ‘‘Ahla Sbah’’, la matinale de Mosaique FM, l’intrus a été arrêté et mis en garde-à-vue, mais il n’a pas encore expliqué comment et quand il s’est introduit dans la maison, et pourquoi il ne s’est pas enfui lorsque Me Saïdi l’a surpris chez elle.

Sur un autre plan, la mère de Me Saïdi, qui était agonisante dans une clinique de Tunis au moment des faits, est décédée dans la soirée du dimanche à lundi. Elle était aveugle, très malade et vivait avec sa fille dans le même appartement, comme l’a rapporté Me Abassi. Elle aurait pu être agressée si l’intrus l’avait trouvée en pénétrant par effraction dans l’appartement, a indiqué Me Abassi.

I. B.    

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L’administration Trump charge le FMI et la BM

Il y a des discours qui passent inaperçus, et d’autres qui sonnent comme une mise en demeure. Celui prononcé les 16-17 avril 2026 à Washington, lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), appartient clairement à la seconde catégorie. Dans cette déclaration officielle intitulée «Statement by Mr. Bessent, United States», le secrétaire au Trésor américain déroule une critique frontale, presque idéologique, de l’évolution récente de ces deux institutions.

Moktar Lamari *  

Derrière les formules diplomatiques, c’est une véritable tentative de redéfinition de leur rôle qui se joue — avec des implications lourdes pour des pays comme la Tunisie.

Dès l’ouverture, le ton est donné. L’administration de Donald Trump revendique une ligne économique claire : croissance robuste, discipline budgétaire, énergie abondante et dérégulation.

Ce cadrage n’est pas neutre. Il sert de référence pour juger l’action du FMI et de la BM, accusés d’avoir dérivé de leur mission originelle.

Le reproche central tient en deux mots : mission creep. Selon Washington, le FMI s’est dispersé dans des domaines jugés «extrinsèques» — climat, genre, développement social — au détriment de son cœur de métier : la stabilité macroéconomique et financière.

Le message est brutal : revenir aux fondamentaux ou perdre en crédibilité.
Derrière cette critique, il y a une vision du monde où l’économie est séparée du social et du politique, une vision qui tranche avec les approches plus holistiques défendues ces dernières années.

Moins de flexibilité et plus d’orthodoxie

Mais la critique ne s’arrête pas là. Les États-Unis exigent un FMI plus dur, plus discipliné dans ses prêts. Les programmes doivent être fondés sur des conditionnalités «significatives», des projections crédibles et une analyse rigoureuse de la soutenabilité de la dette.

Autrement dit, moins de flexibilité, plus d’orthodoxie. Pour les pays emprunteurs — dont la Tunisie — cela signifie une chose : les prochains programmes pourraient être encore plus exigeants, avec un accent accru sur les réformes structurelles, la mobilisation fiscale interne et la responsabilité des gouvernements.

Un passage clé du discours concerne la dette. Washington critique implicitement les situations où les ressources du FMI servent à rembourser d’autres créanciers officiels, transférant ainsi le fardeau sur les pays débiteurs.

Cette remarque vise en filigrane les tensions entre créanciers occidentaux et émergents, notamment la Chine. Le message est clair : il faut restructurer plus vite, plus franchement, au risque sinon d’asphyxier les économies fragiles.

Côté BM, la charge est tout aussi sévère. L’institution est appelée à abandonner son objectif de 45 % de financements climatiques, jugé «inefficace» et «distorsif». Là encore, le virage est idéologique : priorité à la croissance, à l’énergie — y compris fossile — et à l’emploi.

Haro sur les engagements climatiques

Le discours insiste même sur la nécessité de financer le gaz, le pétrole et le charbon pour soutenir le développement. Une ligne qui entre en contradiction frontale avec les engagements climatiques globaux.

Pour les pays du Sud, le message est ambivalent. D’un côté, Washington insiste sur la nécessité de soutenir les pays les plus pauvres, de renforcer leurs capacités et de promouvoir leur autonomie. De l’autre, il exige que les pays à revenu intermédiaire «graduent», c’est-à-dire sortent du système d’aide.

Pour la Tunisie, coincée dans cette catégorie intermédiaire sans réelle capacité d’autofinancement, le risque est évident : être jugée trop pour bénéficier d’un soutien substantiel, mais trop fragile pour s’en passer.

Et les «amis» et«ennemis» dans tout cela ? Le discours ne les nomme pas explicitement, mais les lignes sont visibles. Les alliés sont ceux qui adhèrent à une économie de marché ouverte, respectent les règles et favorisent le secteur privé. Les autres — ceux qui restreignent la demande intérieure, manipulent les politiques industrielles ou dominent via des entreprises publiques — sont implicitement ciblés. C’est une lecture géopolitique de l’économie mondiale, où les institutions financières deviennent des instruments d’influence.

Priorité à l’énergie abondante et bon marché

Sur l’inflation et la croissance, le discours reste étonnamment discret en apparence, mais lourd de sous-entendus. La priorité donnée à l’énergie «abondante et bon marché» traduit une inquiétude face aux tensions inflationnistes.

Pourtant, aucune remise en question des politiques américaines n’est évoquée. Or, pour beaucoup d’observateurs — notamment dans le monde arabe — les choix énergétiques et géopolitiques américains ont contribué à alimenter les chocs pétroliers récents et l’instabilité au Moyen-Orient.

C’est là que le lecteur tunisien doit lire entre les lignes. Quand Washington parle de stabilité, il parle aussi de contrôle. Quand il prône la croissance, il impose un modèle. Et quand il critique le FMI, il ne cherche pas à l’affaiblir, mais à le réaligner sur ses propres priorités.

Des champs de bataille minés

Au fond, ce discours marque un tournant : celui d’un retour assumé à une vision plus dure, plus stratégique, des institutions de Bretton Woods.

Pour la Tunisie, qui espère toujours un accord avec le FMI, le signal est clair : les marges de négociation se réduisent, les exigences vont s’intensifier, et le contexte géopolitique pèsera plus que jamais sur les décisions économiques.

Dans les couloirs feutrés de Washington, une réalité s’impose : le FMI et la BM ne sont pas seulement des institutions techniques. Ce sont des champs de bataille minés, et où se redéfinit l’ordre économique mondial. Et les pays comme la Tunisie restent des petits spectateurs — mais souvent, des grands perdants, les premiers impactés.

* Economiste universitaire.

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Tunisie | Vente des voitures en hausse de 22 % au 1er trimestre 2026

Le marché tunisien a absorbé 21 334 voitures neuves au cours du premier trimestre de 2026, contre 17 441 à la même période l’an dernier, dans un contexte de quasi-domination des marques asiatiques, dont les prix sont très concurrentiels par rapport aux marques européennes plus chères.

Selon l’agence Tap, citant la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles (affiliée à l’Utica), les concessionnaires agréés ont vendu 14 465 voitures à fin mars de cette année, contre 11 862 à la même période l’an dernier, soit une augmentation d’environ 22 %.

Parallèlement, les ventes de voitures sur le marché parallèle ont continué de croître plus rapidement que celles des concessionnaires agréés, avec 6 869 voitures de marques et modèles divers vendues, contre 5 579 véhicules à fin mars 2025, ce qui représente une croissance de 23,1 %.

Le segment des voitures particulières a connu une forte concurrence, avec des ventes totales atteignant 1 844 unités depuis le début de l’année, dont seulement 741 en mars, contre 1 760 au premier trimestre de l’année précédente.

Concernant les véhicules utilitaires, 4 241 ont été vendus sur le marché tunisien à fin mars 2026, contre 3 637 à la même période de 2025, soit une croissance de 16,6 %.

Dans ce segment, la marque Isuzu maintient sa position de leader avec une part de marché de 31,45 %, totalisant 1 334 véhicules vendus depuis le début de l’année, soit une progression de 188 % par rapport à l’année dernière. La marque Fiat arrive en deuxième position avec 17,73 %, suivie de Peugeot avec 16,10 %.

Quant aux voitures particulières, les données de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles confirment que 10 224 véhicules ont été vendus, contre 8 225 à fin mars 2025, soit une augmentation de 24,3 %.

La Hyundai Grand i10 arrive en tête des ventes avec 483 unités, suivie de la Renault Kwid (464 unités) et de la Chery Tiggo 1X (453 unités). À noter, les ventes de la marque chinoise Chery ont connu une forte progression dans ce segment, passant de seulement 60 unités au premier trimestre 2025 à 453 unités en 2026. Isuzu domine le marché des véhicules utilitaires.

Les marques asiatiques ont occupé les trois premières places en termes de ventes totales.

Selon les mêmes statistiques, la marque coréenne Hyundai a conservé sa position de leader sur le marché global avec une part de marché de 11,63 %, suivie par la marque japonaise Isuzu en deuxième position avec 9,23 %, puis par Kia en troisième position avec 7,38 %. Les marques françaises Peugeot et Citroën occupent respectivement les quatrième et cinquième places, avec des progressions de leurs ventes de 6,5 % et 6,3 %.

I. B.

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Près de 1 500 cas de tuberculose par an en Tunisie

Selon le doyen de l’Ordre des médecins vétérinaires tunisiens, Ahmed Rejeb, la Tunisie enregistre entre 1 400 et 1 500 cas de tuberculose par an, dont 80 % sont transmis par les animaux et notamment les bovins.

Dans une déclaration citée ce dimanche 19 avril 2026 par Mosaïque FM, il a souligné la gravité de cette maladie, notamment sa transmission rapide et les pertes économiques qu’elle engendre, ainsi que son potentiel de transmission de l’animal à l’homme, en particulier par les bovins.

Selon lui, le principal défi réside dans la tuberculose extra-pulmonaire chez l’homme, et plus particulièrement la tuberculose nodulaire, qui affecte les ganglions lymphatiques et est communément appelée tuberculose bulleuse.

Environ 80 % des cas de tuberculose nodulaire en Tunisie sont d’origine animale, et plus précisément dus à la bactérie de la tuberculose présente chez les bovins. Cela signifie qu’entre 1 100 et 1 200 cas par an sont causés par une infection animale, a encore précisé M. Rejeb. Qui a insisté sur l’importance de sensibiliser le public aux modes de transmission, notamment par la consommation de lait et de produits laitiers non pasteurisés, tout en soulignant que le lait pasteurisé ne présente aucun risque.

Le vétérinaire a également mentionné d’autres modes de transmission, comme la voie respiratoire ou la consommation d’aliments contaminés.

Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme qu’un pourcentage important des maladies bactériennes et parasitaires humaines sont d’origine animale, a-t-il ajouté, précisant que plus de 60 % des maladies de ce type sont d’origine animale, dont la tuberculose, la brucellose, la rage, l’hydatidose et d’autres encore qui nécessitent vigilance et mesures préventives.

I. B.

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Lancement d’un cercle de réflexion maghrébin à Paris

Des experts nord-africains viennent de lancer un «incubateur de réflexion stratégique» centré sur l’Afrique du Nord, le Policy Network for Transitions (PNT), rapporte Africa Intelligence.

Ce nouveau cercle de réflexion a été fondé par le Marocain Mohieddine Abdellaoui, ex-directeur régional de l’association américaine Open Society Foundations (OSF), le Tunisien Hamza Meddeb, chercheur au Carnegie Middle East Center, et Michaël Ayari, spécialiste de l’Algérie et de la Tunisie au sein de l’International Crisis Group.

Son objectif :«Encourager les élites nord-africaines à adopter une démarche stratégique de long terme afin de faire face à des défis devenus impérieux, notamment l’entrée dans une phase de post-développement, l’intensification des effets du changement climatique, la transition énergétique et la fragmentation de l’économie globale.»

Pour la soirée inaugurale, le 3 avril 2026 à Paris, le PNT a reçu Nadia Marzouki, chargée de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français et fille de l’ancien président tunisien Moncef Marzouki (2011-2014) ; Karim Émile Bitar, professeur à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth et à Sciences Po Paris, l’économiste Alexandre Kateb, notamment passé par la Banque mondiale et qui a un temps conseillé la primature algérienne durant l’ère Abdelaziz Bouteflika (1999-2019), ainsi que l’expert onusien tunisien Moncef Kartas, actif par le passé sur la Libye et aujourd’hui sur le conflit éthiopien, a conclu les débats, rapporte encore Africa Intelligence.  

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L’Unesco est tenue de préserver le patrimoine palestinien

Depuis plus de deux ans, la priorité absolue à Gaza est certainement à accorder à la protection des vies et à l’aide humanitaire. En Cisjordanie, exclue du dernier plan de paix américain, l’opposition à l’extension de la colonisation israélienne, illégale et de plus en plus vexatoire et meurtrière, est aussi une urgence. Mais l’attachement indéfectible des Palestiniens à leur terre fait penser inévitablement à la situation critique dans laquelle se trouve leur patrimoine, composante fondamentale de leur identité.

Houcine Jaïdi *

La célébration de la Journée internationale des monuments et des sites (Jims), le 18 avril, sous l’égide de l’Unesco, invite à s’arrêter à l’attitude de l’organisation internationale envers le patrimoine palestinien dans ses composantes archéologique et monumentale.

Cette mise au point, qui se justifie d’abord par l’état de fait imposé par la colonisation israélienne, dont les racines remontent aux premiers temps de l’Unesco, s’impose aussi au vu des atteintes graves qui sont en rapport avec les ravages subis par les monuments et les sites, depuis plus de deux ans, dans la bande de Gaza et les menaces enregistrées en Cisjordanie. Elle trouve également un fondement dans le thème choisi pour la Jims de cette année : «Patrimoine vivant et interventions d’urgence».

Dans une acception très large, le Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui préside à la célébration de la Jims, considère que le patrimoine vivant «englobe toutes les dimensions du patrimoine culturel – matériel, immatériel – et naturel».

Un patrimoine constamment en péril

Sur une proposition de la Jordanie, la vieille ville Jérusalem/Al-Qods et ses remparts ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco, en 1981, très peu de temps après qu’Israël ait proclamé la ville «comme capitale éternelle et indivisible», en juin 1980. Le royaume hachémite avait agi en vertu de la tutelle qu’il assurait sur les monuments religieux de la Cisjordanie qui était encore considérée comme territoire jordanien occupé, avant que la tutelle soit assumée par l’État palestinien en 1988.

L’une des motivations principales de la demande d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco résidait dans les travaux archéologiques invasifs et illégaux entrepris par les Israéliens à la recherche de «preuves» justifiant leur colonisation.

Cet usage politique, très souvent collé à l’archéologie, notamment en contexte colonial, n’a échappé ni aux autorités jordaniennes, ni aux Palestiniens qui étaient les premiers à dénoncer les abus de l’occupant. En 1982, la vieille ville d’Al-Qods a été classée sur la Liste du patrimoine mondial en péril, statut qu’elle n’a toujours pas quitté.

Bien que l’annexion de Jérusalem-Est ait été immédiatement condamnée par la communauté internationale, la vieille ville a gardé auprès de l’Unesco un statut en suspens, unique en son genre dans la nomenclature de l’organisation internationale. Cette dernière, qui classe les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial par pays, mentionne Jérusalem à l’endroit qu’elle occupe dans l’ordre alphabétique des pays avec la mention ‘’Jérusalem (site proposée par la Jordanie)’’.

Depuis des décennies, le Conseil du patrimoine mondial, qui statue en matière de classement, réaffirme invariablement qu’il «décide que le statut de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts concernant la Liste du patrimoine mondial reste inchangé». Le blocage de la situation est évidemment imputable à la situation coloniale que l’Unesco n’a pas vocation à résoudre. Mais force est de constater que les conséquences sont lourdes pour des composantes essentielles du patrimoine de la ville.

Après avoir ratifié la Convention du patrimoine mondial le 8 décembre 2011, l’État palestinien a multiplié, dès 2012, les demandes d’inscription de sites et de monuments sur la Liste du Patrimoine mondial. Cette démarche a abouti, à intervalles assez réguliers, au classement de cinq biens culturels dont certains constituent des jalons majeurs de l’histoire universelle : Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route du pèlerinage, Bethléem (2012) – Palestine : terre des oliviers et des vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (2014) – La vieille ville d’Hébron/Al-Khalil), (2017) – L’ancienne Jéricho (Ariha) / Tell es-Sultan (2023) – Monastère de saint Hilarion / Tell Umm Amer (2024). Mis à part Tell es-Sultan, tous les biens ont été inscrits simultanément sur la Liste du Patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine en péril. Seule l’église de la Nativité a quitté la Liste du patrimoine en péril en 2019 après avoir été restaurée.

Ainsi, en comptant Al-Qods, sur un total de 6 biens palestiniens, 5 ont été inscrits simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ce dernier statut n’a été quitté que par un seul bien, il y a 7 ans, après y avoir été maintenu pendant 7 ans.

L’Unesco peut-elle se permettre de continuer à décider, in extremis, du statut international des ensembles urbains, des monuments et des sites palestiniens, afin de les sauver du péril lié tantôt aux destructions et aux tentatives d’accaparement israéliennes, tantôt causé par la vétusté et les aménagements préjudiciables ?

Certes, l’organisation mondiale et ses structures spécialisées dans la gestion du patrimoine mondial ont des règles de fonctionnement strictes avec des décisions préparées par les experts puis soumises au vote. Mais la fragilité extrême du précieux patrimoine palestinien dont la valeur universelle est connue et reconnue, qui découle directement ou indirectement de la situation coloniale aggravée par l’état de guerre récurrent, ne mériterait-elle pas plus d’attention et de volontarisme ?

La voix peu audible de l’Unesco

En matière de patrimoine, l’Unesco est le premier porte-parole de la communauté internationale. Il y a une douzaine d’années, la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova a condamné, avec les termes les plus fermes, les sévices de Daech contre le patrimoine et ceux qui en avaient la charge en Syrie et en Irak, particulièrement sur le site de Palmyre/Tadmor et dans la vielle ville de Mossoul. Cette ville irakienne a pu, grâce au soutien technique et financier de l’Unesco, retrouver, en 2025, une grande partie de l’éclat de ses monuments emblématiques.

Les communiqués officiels de l’Unesco, consignés sur son site officiel, ne font état, entre octobre 2023 et le cessez-le-feu d’octobre 2025, d’aucune condamnation des attaques israéliennes contre les sites et les monuments de Gaza.

Au cours des deux ans d’apocalypse vécue par la Bande de Gaza, le seul acte notable de l’Unesco en faveur du patrimoine de Gaza est l’inscription en urgence du monastère de saint Hilarion, en juillet 2024, à la fois sur la Liste du Patrimoine mondial et sur la Liste du Patrimoine mondial en péril.

Il a fallu attendre le début du mois de mars 2026, soit plusieurs mois après l’instauration du cessez-le-feu à Gaza et une fois que l’agression israélo-américaine de l’Iran a commencé, pour voir l’Unesco publier une déclaration où, partant des informations qui faisaient état de dégâts occasionnés à des monuments iraniens par les bombardements israéliens, affirme qu’elle «continue à suivre de près la situation du patrimoine culturel dans le pays et dans l’ensemble de la région, afin d’assurer sa protection».

Au cours du même mois, L’Icomos a relayé l’Unesco dans deux communiqués dont le dernier (26 mars 2026) citait nommément des dégâts «vérifiés» en Iran (Téhéran et à Ispahan), en Israël (Tel-Aviv) et faisait état d’«incidents signalés dans et autour de la vieille ville de Jérusalem et de ses remparts».

Mise à part la décision en faveur du site du monastère de saint Hilarion, classé en 2024 sur la Liste du Patrimoine mondial alors que la guerre faisait rage à Gaza, le mutisme de l’Unesco était d’autant plus surprenant que, malgré l’interdiction quasi généralisée de l’entrée des journalistes dans la bande de Gaza, des voix tout à fait crédibles ont alerté sur ce que subissait le patrimoine palestinien. Citons, entre autres, plusieurs chroniques signées dans le journal Le Monde par le Professeur Jean-Pierre Filiu qui a passé un mois à Gaza au cours de l’hiver 2024-2025. Dans sa chronique du 24 août 2024, l’universitaire français déplorait le fait que «en détruisant Rafah, l’armée israélienne tente d’effacer une histoire plurimillénaire».

Par ailleurs, un reportage publié, photos à l’appui, en date du 30 novembre 2025 dans le même journal français fait état d’abus extrêmement graves subis par le patrimoine archéologique palestinien.

Le reporter, Samuel Forey fait état d’une tentative de «réquisition» d’un grand nombre d’objets archéologiques, provenant de divers sites de Gaza dont le monastère de saint Hilarion, par un haut responsable de l’Autorité des antiquités d’Israël, au mois de janvier 2024.

Entre autres trésors archéologiques, il y avait, dans le dépôt lorgné par les Israéliens, le produit de 30 ans de fouilles entreprises par l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf) en collaboration avec les archéologues palestiniens. Ébruitée, la tentative de vol a échoué grâce surtout à l’intervention de la diplomatie française. Mais plus tard, le précieux contenu du dépôt a dû être évacué dans la hâte : le 10 septembre 2025, en quelques heures, l’évacuation a été faite en utilisant une charrette, avant que le local ne soit bombardé.

Des initiatives salutaires à la portée de l’Unesco

Un appel solennel de l’Unesco en faveur des sites (culturels, naturels ou mixtes) et des monuments de la Palestine, classés sur la Liste du patrimoine ou sur la Liste indicative serait un geste fort qui mettrait à la fois le gouvernement israélien et l’ensemble des États parties de l’organisation mondiale devant leurs responsabilités.

La réussite de l’initiative permettrait aussi de donner une dimension culturelle à la reconstruction promise à Gaza et briderait l’agressivité des colons de la Cisjordanie. Son échec mettrait encore plus à nue la réalité du colonialisme israélien qui, au génocide de Gaza, à l’épuration ethnique en Cisjordanie et à l’apartheid désormais inscrit dans la loi, ajoute de plus en plus sa détermination à pulvériser le patrimoine matériel palestinien quand il n’arrive pas à le détourner pour construire son propre récit de l’histoire des territoires occupés.

Dans l’histoire de l’Unesco, les appels solennels à la préservation des monuments et des sites ont même précédé l’adoption de la Convention du patrimoine mondial par la 17e Conférence générale de l’Uneso, le 16 novembre 1972.

Alors que de lourdes menaces multiformes pesaient sur le site de Carthage, l’intervention de l’Unesco, suite à une demande officielle de la Tunisie, a été décisive. L’appel lancé par René Maheu, le Directeur général de l’Unesco, le 19 juin 1972, de la colline de Byrsa, à la communauté internationale, a eu un écho considérable et immédiat. De nombreux pays d’Europe et d’Amérique du Nord ont répondu à l’appel en déléguant des équipes scientifiques de premier rang qu’elles ont financées. Les fruits de ces interventions qui se sont étendues sur près de deux décennies ont été salutaires pour le site de l’ancienne métropole méditerranéenne : fouilles, restaurations, sauvegarde et mise en valeur des vestiges, publications scientifiques… L’inscription du site sur la Liste du Patrimoine mondial, en 1979, a rehaussé son prestige tout en consolidant sa protection.

L’actuel Directeur général de l’Unesco, Khaled El-Enany a été élu, à la Conférence générale de l’Unesco du 6 novembre dernier, par une très grande majorité de pays parties, qui a frôlé l’unanimité. Ce quasi plébiscite ne peut pas être le simple produit du lobbying diplomatique. Il traduit une confiance en un homme de science doublé d’un ancien gestionnaire des affaires du patrimoine de son pays, l’Égypte. Autant d’atouts confortent le poids de l’organisation qu’il dirige et devrait l’encourager à user de son autorité qui est morale avant tout.

Dans un Moyen-Orient sens dessus dessous et où les armes parlent plus que jamais, une voix qui viendrait rappeler, haut et fort, la sacralité du patrimoine mondial (ou non) et la primauté du droit international, constituera une lueur d’espoir dans le chaos qui ne cesse de se généraliser. Elle pourrait même faire bouger des lignes importantes.

L’obstruction israélienne a moins de chance que jamais d’entraver le volontarisme de l’Unesco. Malgré le black-out journalistique quasi-hermétique, ce qui s’est passé et se passe à Gaza et en Cisjordanie depuis deux ans et demi, a remué beaucoup de consciences en Occident, et même en Israël et aux États-Unis d’Amérique. On ne compte plus les mesures étatiques visant la restriction de la coopération avec Israël, les enquêtes de journalistes, les opinions exprimées par les experts et les personnalités politiques. L’isolement d’Israël, qui ne peut plus compter que sur un seul État allié lui-même décrié pour plus d’une raison, est une réalité désormais établie.

L’Unesco, dont le Conseil mondial du Patrimoine fonctionne selon les règles et les codes de la haute diplomatie, a tout intérêt à exploiter le virage attentif à la cause palestinienne et aller de l’avant en faveur d’un patrimoine en contexte colonial ravageur.

Contrairement aux États-Unis d’Amérique qui ont programmé une deuxième fois leur retrait de l’Unesco, Israël ne quittera pas l’organisation internationale où elle tient à défendre ses intérêts. Il sera donc obligé de se soumettre à toute décision prise par une majorité nette.

Dans l’attente de l’appel solennel de la Direction générale de l’Onu et de sa mise en pratique, dans les différentes instances en charge du patrimoine, deux mesures devraient être prises sans délai.

– Une convocation, en session extraordinaire, du Comité pour la protection des biens en cas de conflit armé. Les résolutions de ce Comité accordent selon les termes de l’Unesco «le plus haut niveau d’immunité contre les attaques et les utilisations à des fins militaires», ce qui ouvrirait «la possibilité de poursuites», tout en assurant l’assistance technique et financière de l’organisation internationale.

Cette modalité d’urgence a été utilisée au tout début de ce mois d’avril pour le Liban alors qu’il subissait une effroyable agression israélienne qui, en plus des massacres, a porté atteinte ou menacé de très près une quarantaine de biens culturels. Dans un contexte où les menaces pesant sur le patrimoine palestinien étaient moins lourdes, le Centre mondial du patrimoine (WHC) n’a-t-il pas organisé, en collaboration avec le Centre régional arabe du patrimoine (ARW – WH), le 23 novembre 2020 (en pleine crise du Covid), une réunion en ligne sur «Le patrimoine mondial en péril dans la région des Etats arabes. Les processus et les actions» ?   

– Programmer pour la prochaine session du Comité du Patrimoine mondial qui se tiendra du 19 au 29 juillet prochain à Busan, en République de Corée, le traitement prioritaire des dossiers des 12 biens culturels ou naturels palestiniens déjà inscrits officiellement sur la Liste indicative du patrimoine mondial. Ces biens dont 10 sont situés en Cisjordanie et 2 dans la Bande de Gaza ont été proposés par l’État palestinien en 2012 (8 biens), 2013 (2 biens), 2015 (1 bien) et 2020 (1 bien).

La diligence de l’Unesco gagnerait à s’appliquer également aux 12 nouvelles propositions d’inscription sur la Liste indicative, annoncées au début de l’année en cours par les autorités palestiniennes et dont le nombre reflète l’état de panique face aux menaces de destruction ou d’accaparement que fait peser la colonisation israélienne.

Parallèlement au désastre de la Bande de gaza, la grande crainte, pour la Cisjordanie occupée par Israël depuis près de 60 ans, est de voir le nettoyage ethnique doublé par un nettoyage culturel qui servirait d’argument supplémentaire pour l’annexion pure et simple.

* Historien.

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Au menu de la Foire du Livre de Tunis 2026

La 40e édition de la Foire internationale du livre de Tunis (Filt) se tiendra du 24 avril au 3 mai 2026, au Palais des expositions du Kram, au nord de Tunis, sous le signe «La Tunisie, patrie du livre» avec 394 maisons d’édition participantes, 184 tunisiennes, 210 étrangères, plus de 148 000 titres exposés. L’Indonésie sera l’invitée d’honneur.

La Filt décernera huit prix, dont six pour la créativité littéraire, intellectuelle et la traduction, et deux pour l’édition, outre des hommages.

Selon le directeur de cette session Mohamed Salah Kadri, le programme propose 25 activités entre colloques, tables rondes et séminaires organisés par diverses institutions.

Les rencontres et débats

Parmi les moments forts, le colloque sur «Les enjeux d’Averroès», organisé à l’occasion du 900ᵉ anniversaire de sa naissance et qui réunira des penseurs de Tunisie, du Maroc, de France, d’Espagne et d’Italie.

D’autres rencontres aborderont des questions telles que les écoles calligraphiques entre tradition et expérimentation, les relations entre littérature et histoire, ainsi que la création et la réappropriation du patrimoine.

Autres problématiques qui seront débattues : métiers du livre et intelligence artificielle ; édition et nouveaux moyens de communication ; piratage numérique et propriété intellectuelle ; roman et cinéma ; écriture de soi ; littérature de jeunesse ; nouvelles pratiques de lecture…

Les auteurs invités

Parmi les auteurs invités de cette édition figurent le romancier et poète palestinien Ibrahim Nasrallah, la romancière égyptienne Reem Bassiouney, le romancier algérien Said Khatibi, lauréat du Prix international de la fiction arabe 2026, ainsi que le romancier yéménite Habib Abdulrab Sarori, lauréat du Prix Katara du roman arabe, Francesca Albanese, autrice d’un récent ouvrage consacré à Gaza intitulé ‘‘Quand le monde dort’’, l’écrivain espagnol Ignacio del Valle, la romancière russe Anna Mitévitch, l’écrivain turc Yusuf Yildiz, l’écrivain sénégalais Omar Dabo, ainsi que la géorgienne Gvantsa Jobava, présidente de l’Union internationale des éditeurs, et Alkhidru Abdul Baaq, directeur du Centre nigérian de recherches arabes et président de l’Union africaine des arabisants.

I. B.

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La floriculture tunisienne, un secteur en pleine expansion   

En Tunisie, la floriculture, branche de l’horticulture qui s’intéresse à la culture des fleurs et des plantes ornementales, allie une dimension patrimoniale ancestrale et une valeur économique croissante, dans un contexte mondial marqué par une demande accrue en produits naturels et aromatiques, indique l’agence Tap.

Malgré le volume limité de sa production, ce secteur est considéré comme stratégique, car la richesse se mesure à la valeur ajoutée réalisée lors des étapes de transformation, de fabrication et d’exportation, souligne l’agence, évoquant les défis structurels freinant son développement.

Selon les statistiques de la Direction de la production végétale du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, la production des fleurs coupées en Tunisie est principalement concentrée dans les gouvernorats, Kairouan (pôle principal du système), Nabeul, Ariana, Ben Arous, Béja, Sousse et Monastir.

Les superficies totales cultivées s’élèvent à environ 380 hectares, dont près de 370 hectares à Kairouan. Au niveau national, la production des fleurs varie entre 500 et 540 tonnes par an.

Une  force économique réelle encore mal exploitée

La force économique réelle du secteur de la floriculture en Tunisie réside dans l’étape post-récolte, durant laquelle la rose (produit périssable) est transformée en produits à haute valeur ajoutée, tels que l’eau de rose, les huiles essentielles et la rose séchée, produits industriels pouvant être stockés, commercialisés et exportés.

Le processus de distillation, qu’il soit traditionnel ou moderne, constitue le maillon principal de cette chaîne, car il repose sur l’extraction des huiles essentielles par la vapeur et la condensation, avec des variations de qualité et d’efficacité selon le niveau technologique utilisé.

Les produits de transformation issus de la rose sont multiples. L’eau de rose est le produit le plus répandu et le plus consommé, soit dans le domaine alimentaire ou cosmétique, tandis que l’huile de rose est considérée comme l’une des huiles essentielles les plus chères au monde en raison de sa rareté et de sa forte concentration, utilisée principalement dans la parfumerie de luxe.

La rose est également utilisée dans la fabrication des pâtisseries traditionnelles et des boissons, en plus de divers produits cosmétiques, tels que les crèmes et les parfums naturels.

La rose tunisienne, en particulier les variétés Rosa damascena et Rosa centifolia, se caractérisent par une haute qualité qui les rend prisées sur les marchés extérieurs.

En effet, environ 60 % de la production sont orientés vers l’exportation, notamment vers la France, l’Italie et la Suisse, ce qui traduit l’intégration progressive du secteur dans les chaînes de valeur mondiales.

Néanmoins, ce succès à l’exportation reste déséquilibré en termes de répartition de la valeur, car les transformateurs et les exportateurs en bénéficient davantage que les agriculteurs qui restent liés à un revenu saisonnier affecté par les fluctuations des prix et de la production.

Contraintes entravant le développement du secteur

Malgré les potentialités dont bénéficie le secteur, des défis structurels majeurs s’imposent en limitant son développement et son exploitation optimale. Il s’agit, notamment, de la faiblesse de l’organisation entre les différents intervenants, le morcellement des exploitations agricoles et leur petite taille, en plus du manque d’investissement dans les technologies modernes de distillation et de transformation.

S’ajoute à cela une faible promotion à l’international par rapport aux pays concurrents dans le domaine des plantes aromatiques, outre l’absence de labels de qualité forts et structurés capables de renforcer la position de la rose tunisienne sur les marchés mondiaux.

Autre contrainte entravant le développement du secteur, la faiblesse du lien entre la production agricole et l’industrie de transformation.

I. B. (avec Tap).

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Le poème du dimanche | ‘‘La première lettre’’ de Pia Tafdrup

Née à Copenhague en 1952, Pia Tafdrup, est poète, essayiste et dramaturge. Elle est considérée comme l’une des voix importantes de la poésie danoise contemporaine.

Tafdrup a publié de nombreux recueils traduits dans plusieurs langues et couronnés de succès. Auteure d’anthologies sur la poésie danoise. Membre de l’Académie des Lettres danoises depuis 1989.

Tahar Bekri

Je voudrais que ta haine soit emportée par le vent

Ou la mienne

    Je voudrais un silence

    Comme la première lettre de l’alphabet

    demeure silencieuse

    Je voudrais que les ombres vénéneuses soient effacées de ton visage

    et que le soleil intérieur se fasse jour

    Je voudrais un langage entre nous

    capable d’arrêter la guerre que nous avons menée

    ta croyance comme la mienne

    un langage capable

    de clore ma blessure et me rendre le sommeil

    Je suis pour toi, mon amour

    ce que tu es pour moi

    Je voudrais un langage

    où confluent les fleuves

    sans demander d’où

    où vers où

    Un silence comme les arbres qu croissent.

    Traduit du danois par Carl Gustaf Bjurstöm

    La forêt de cristal, Ed. Circe, 2000.

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    Djerba | Le pèlerinage juif à la synagogue de la Ghriba aura lieu

    Le pèlerinage annuel juif à la synagogue de la Ghriba, sur l’île de Djerba, aura lieu cette année du 30 avril au 6 mai 2026, a annoncé son comité d’organisation, présidé par Pérez Trabelsi, précisant que la visite sera ouverte aux participants tunisiens et étrangers, dans le cadre d’un retour progressif à la normale, même si la prudence demeure de mise suite au traumatisme de l’attaque de la synagogue en 2023.

    L’édition 2026 marque une réouverture partielle après deux années de restrictions sévères. En 2024, les célébrations avaient été annulées et limitées aux rites religieux à l’intérieur de la synagogue, en raison du conflit à Gaza. En 2025, le pèlerinage s’était tenu à une échelle réduite, réservé aux Juifs résidant en Tunisie et limité aux rituels internes. Cette année encore, selon les organisateurs, les activités resteront confinées à l’intérieur du sanctuaire et n’incluront pas la procession traditionnelle à l’extérieur. La prudence demeure également de mise suite au traumatisme de l’attaque de la Ghriba en 2023, qui avait coûté la vie à deux pèlerins et trois policiers.

    Considérée comme la plus ancienne synagogue d’Afrique, la Ghriba est l’un des principaux symboles de la présence juive en Tunisie. Par le passé, le pèlerinage a attiré des milliers de visiteurs d’Europe et d’ailleurs, générant des retombées religieuses, identitaires et touristiques importantes pour Djerba, qui abrite l’une des plus importantes communautés juives de la région.

    Environ 1 500 Juifs vivent aujourd’hui en Tunisie, contre près de 100 000 dans les années 1950.

    La décision de rouvrir les visites aux étrangers apparaît donc comme le signe d’une renaissance progressive d’un événement qui, au-delà de sa valeur spirituelle, demeure un test pour l’image de tolérance et de coexistence religieuses que Tunis s’efforce de préserver, malgré les ondes de choc en provenance du Proche-Orient où le pouvoir suprémaciste et génocidaire en place en Israël multiplie les agressions militaires contre ses voisins, et notamment les Palestiniens, une cause qui mobilise fortement les Tunisiens depuis l’implantation de l’Etat sioniste en Palestine en 1948.

    I. B.

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    Tunisie | La hausse des salaires risque d’aggraver l’inflation

    Les effets des hausses des prix et de l’inflation importée ne se sont pas tous manifestés en mars. Leur véritable impact commencera à se faire sentir en avril et mai, et pourrait se prolonger jusqu’en juin et juillet, en grignotant sur le pouvoir d’achat, a averti Hatem Fathallah, lors d’une interview accordée à Diwan FM. 

    L’expert-comptable et professeur d’université a ajouté que ces hausses sont directement liées aux augmentations des prix sur les marchés mondiaux et que la guerre israélo-américaine contre l’Iran pourrait aggraver les pressions inflationnistes mondiales et, par conséquent, impacter le marché tunisien.

    L’expert a, par ailleurs, exprimé son inquiétude quant au recours aux augmentations salariales comme mécanisme d’atténuation de l’inflation, dont le taux officiel a été estimé à 5% en mars dernier. Car, selon lui, augmenter les salaires sans une augmentation équivalente de la production et de la productivité alimenterait l’inflation au lieu de la freiner, entraînant de nouvelles flambées des prix.

    Selon lui, ces approches «fragmentaires» n’apportant aucune valeur ajoutée réelle à l’économie, d’autant plus que l’augmentation salariale anticipée pourrait être inférieure à la hausse effective des prix. Par conséquent, elles n’auront pas d’impact positif sur le pouvoir d’achat des citoyens et pourront même engendrer de nouvelles pressions inflationnistes dans les semaines à venir.

    M. Fathallah a souligné que les solutions durables résident dans le soutien à l’investissement, l’amélioration du climat des affaires, l’augmentation de la productivité et la résolution des problèmes structurels, notamment dans le secteur agricole.

    I. B.

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    L’UGTT exige des augmentations salariales

    Réunie jeudi 16 avril 2026, sous la houlette du nouveau bureau exécutif conduit par Slaheddine Selmi, la Commission administrative nationale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la première depuis le congrès de l’organisation tenu du 25 au 27 mars dernier à Monastir, a exigé des augmentations de salaires dans la fonction publique, le secteur public et le secteur privé, ainsi que des revalorisations des pensions, du salaire minimum dans l’industrie et l’agriculture, et la reprise du dialogue social.

    Dans un communiqué publié hier, vendredi, la centrale syndicale a condamné la hausse incontrôlée et sans précédent des prix, qui a entraîné une forte baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, selon ses termes. Elle a aussi appelé au versement des augmentations salariales prévues pour 2025 dans le secteur privé, à la mise en œuvre des accords existants afin de préserver la crédibilité de la négociation collective, au retour du dialogue social et à l’activation effective et régulière de ses mécanismes, ainsi qu’à l’adoption de réformes économiques et sociales équitables.

    Le Commission administrative a également plaidé pour le retour au dialogue comme principal mode de résolution des différends et pour la libération du syndicaliste Sanki Assoudi.

    Le syndicat a souligné que la défense des droits économiques et sociaux demeure intrinsèquement liée aux libertés syndicales, publiques et individuelles, à la liberté de la presse et d’expression, ainsi qu’au respect de l’État de droit et des institutions.

    Il a réaffirmé son engagement à poursuivre la lutte légitime pour la défense des droits des travailleurs et de l’intérêt national supérieur, dans un esprit d’unité, d’indépendance et de respect des principes syndicaux.

    L’UGTT a enfin exhorté les travailleurs à se préparer activement la plus large mobilisation possible pour assurer le succès des célébrations du 1er mai, fête du travail, préserver l’unité de l’organisation, renforcer la solidarité interne et intensifier les campagnes de recrutement et d’adhésion.

    Sur un autre plan, l’organisation a réaffirmé son soutien indéfectible aux luttes du peuple palestinien et à sa résistance légitime pour la libération, condamnant la loi autorisant l’exécution de prisonniers palestiniens et exprimant sa solidarité avec tous les peuples luttant contre l’occupation et la domination.

    I. B.

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    France | Comment on impose le silence aux journalistes (Vidéo)

    En France, les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse ne prennent pas toujours la forme de pressions visibles. Elles peuvent aussi s’inscrire dans des dispositifs juridiques discrets, intégrés aux contrats de travail. C’est ce que met en lumière le documentaire ‘‘La loi du silence : ces clauses qui font taire les journalistes’’, publié en mars 2025 par le studio de Reporters sans frontières. (Photo : Jean Bolloré, patron de Vivendi (CNews, Europe 1, JDD…), est l’un des visages de la censure des médias en France).

    Djamal Guettala

    Fondé sur des témoignages et des enquêtes, ce film révèle une pratique en progression : l’introduction, lors du départ de journalistes, de clauses de confidentialité, de loyauté ou de non-dénigrement. Si ces mécanismes sont courants dans le secteur privé, leur extension au champ médiatique suscite de vives interrogations.

    Dans plusieurs situations documentées, ces clauses interdisent aux journalistes de critiquer leur ancienne rédaction ou de rendre publiques certaines informations internes. Certaines dispositions vont jusqu’à restreindre durablement, voire indéfiniment, leur prise de parole sur des sujets liés à leur ancien employeur.

    Pour les défenseurs de la liberté de la presse, cette évolution constitue un risque réel : celui d’un affaiblissement progressif de la parole journalistique, y compris en dehors des rédactions.

    Un enjeu démocratique et juridique majeur

    Ce phénomène intervient dans un paysage médiatique français marqué par une concentration accrue des titres et des groupes de presse. Ce mouvement renforce le poids des acteurs économiques dans l’organisation de l’information, tandis que les journalistes, notamment les plus précaires, disposent de marges de négociation limitées.

    Sur le plan légal, ces dispositifs se situent à l’intersection du droit du travail et de la liberté d’expression. Leur validité dépend de leur proportionnalité, mais appliquées au journalisme, elles posent une question centrale : jusqu’où peut-on restreindre la parole d’un professionnel de l’information sans porter atteinte à l’intérêt général ?

    Reporters sans frontières alerte sur une possible dérive vers une forme de censure indirecte, moins visible que les pressions classiques, mais potentiellement tout aussi efficace.

    Le Studio RSF au service de la liberté de la presse

    À l’origine de ce travail, le Studio RSF développe une approche éditoriale fondée sur l’image et le récit. À travers des documentaires et formats vidéo, il s’attache à rendre accessibles des enjeux complexes liés à la liberté de la presse, en s’appuyant sur un réseau de journalistes présents à l’échelle internationale.

    Cette démarche vise à donner à voir des réalités peu couvertes, parfois invisibles, en les inscrivant dans des récits incarnés. L’ambition est de permettre une meilleure compréhension des mutations du journalisme contemporain, tout en contribuant à renforcer la confiance dans une information indépendante et d’intérêt public.

    Ce travail repose également sur le soutien du public, présenté comme un levier essentiel pour rendre possibles ces enquêtes et assurer leur diffusion.

    Au-delà des cas individuels, c’est le fonctionnement du débat public qui est en jeu. Le silence imposé à des journalistes, même après leur départ, peut limiter la circulation d’informations essentielles.

    Sans désigner de responsables uniques, le documentaire met en évidence une tendance structurelle. Une évolution qui, selon ses auteurs, appelle un débat public et, éventuellement, un encadrement plus strict.

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    Recherche scientifique | Les Arabes, Israël et les autres

    Les Arabes devraient tirer la leçon de leur important retard en matière de recherche scientifique dans pratiquement tous les domaines et des grandes avancées d’Israël, qui est en passe de devenir la première puissance au Moyen-Orient. S’ils ne réagissent pas pour tenter de rattraper leur retard, ils vont quitter l’Histoire, d’autant plus que le pétrole et le gaz, leurs principales ressources aujourd’hui, ne sont pas éternels. Bourguiba les en avait pourtant avertis dès les années 1960.**

    Mohamed Larbi Bouguerra *

    Qui peut nier l’importance de la recherche scientifique aujourd’hui ?

    Qui peut nier son apport à la santé, à l’agriculture, à la problématique de l’eau, aux questions environnementales ? Donald Trump ?

    Qui peut nier notre retard dans ce domaine vital ? MBS ou son acolyte des Emirats arabes unis ?

    La première puissance dans ce domaine est la Chine. Je l’ai toujours noté lors de mes séjours dans l’Empire du Milieu.

    La Chine marque des points

    Plus que les Etats-Unis de Trump, la Chine consacre 1028 milliards dollars à ce secteur. Les retombées sont visibles. Dans les revues d’environnement que je lis quotidiennement, les publications de chercheurs chinois sont très nombreuses, toujours plus nombreuses d’un numéro à l’autre. Cette prééminence se voit dans les exploits chinois dans l’Espace, dans la recherche médicale, dans le domaine de la physico-chimie, en biotechnologie, en génétique… Des chercheurs chinois sont venus à Gabès pour étudier nos variétés de grenade, uniques au monde semble-t-il.

    En 1946, avant la naissance de la République Populaire (communiste) de Chine, dans les rizières, dans les champs de céréales des femmes remplaçaient les animaux de trait ! Le chemin parcouru est phénoménal. L’actuel chef du gouvernement Xi Jinping est un ingénieur chimiste de la prestigieuse université Tsinghua de Beijing. A noter ici que Margaret Thatcher, la Première ministre britannique, une conservatrice aiguë, est aussi chimiste ainsi qu’Angela Merkel, l’ancienne chancelière allemande (thèse de chimie quantique de l’Université de Leipzig, à l’époque en RDA communiste).

    Les Arabes à la traîne

    Chez nous dominent les juristes et les gens de lettres. Regardez les gouvernements de Bourguiba : quelques très rares ingénieurs, médecins, physiciens du secondaire et ingénieurs assignés à des ministères sans poids politique important. Je n’ai rien contre les juristes et les littéraires mais il n’y a pas qu’eux pour diriger et faire de la politique.

    Où sont les Arabes dans la R&D ? Leurs meilleurs éléments- et ils sont nombreux- sont généralement à l’étranger parce que les équipements et les salaires font défaut at home.

    On n’entend plus parler de la Cité de la Science du Caire– qui porte le nom d’Ahmed Zuwaïl (1946- 2016) premier Arabe à décrocher un Nobel de chimie en 1999 pour ses travaux… aux Etats-Unis, bien que formé à la Faculté des Sciences d’Alexandrie pour sa maîtrise.

    Certaines monarchies pétrochimiques couvrent d’or des Prix Nobel occidentaux et américains pour quelques mois dans leurs Universités. Les résultats se font attendre.

    Au Maghreb, les choses avancent piano piano mais ne dormons pas sur nos lauriers et faisons plus surtout. Nous sommes encore loin. Les Académies pourraient peut-être faire plus.

    Israël arrive en tête de la recherche R&D

    Israël est le pays qui consacre le plus d’argent à la R&D parmi les 37 pays les plus développés.

    L’indice qui permet de mesurer l’ampleur de l’investissement se calcule en rapportant le total des dépenses de recherche et développement, tant publiques que privés, au PIB de chaque pays.

    Israël arrive en tête de ce palmarès. Avec un indice de 6,8%. Suivi par la Corée du Sud, le Japon, Taiwan, le Japon, la Suède et les Etats Unis. (Le Canard Enchaîné du 15 avril 2026).

    Ici encore, une loi historique risque, une fois de plus de se vérifier ; la guerre accélère toujours le progrès technologique. Les tanks, les bombardements par avion, le gaz moutarde… après 14-18 ; le napalm, l’Agent Orange – impureté dans un herbicide utilisé contre la jungle qui a tout pollué, y compris les fœtus chez la femme – lors de la guerre américaine contre le peuple vietnamien.

    A noter que les colonisateurs ont osé utiliser contre des civils des technologie développées pour la guerre : ainsi, le premier bombardement par avion de l’histoire a été commis par l’Italie contre la résistance de Omar Al-Mokhtar en Libye.

    Les Britanniques, aussi, ont utilisé des gaz de combat contre des nationalistes arabes à Bagdad en 1923 et, en 1913, contre les Gazaouis à l’époque où le territoire dépendait de la Sublime Porte !  

    Israël est un Etat expansionniste et belliqueux animé par le messianisme, l’occupation et le racisme depuis 1948. Le Polonais David Grun alias Ben Gourion, juif non religieux, lorgnait pourtant sur le fleuve Litani. C’était la marque indélébile de sa recherche.

    Avec la volonté sans faille des politiques, Israël a tellement développé d’armes, l’aéronautique, les techniques de combat et d’espionnage, les robots, la reconnaissance faciale, l’IA, la cybernétique…. contre les Palestiniens qu’il les vend maintenant comme des petits pains et qu’il expose dans tous les salons d’armement en France et ailleurs !

    Grâce à cette recherche (Lire l’excellent ouvrage de Maya Wind, ‘Towers of ivory and steel. How Israeli Universities deny palestinian freedom’’, Editions Verso, London, 2024) et à la coopération des universités européennes et américaines, à l’aide résolue de l’Union Européenne (UE) voulue par la présidente de la Commission, l’Allemande Ursula van der Leyen.

    Les Arabes devraient tirer la leçon de tout cela ; sinon, ils vont quitter l’Histoire. D’autant plus que le pétrole et le gaz ne sont pas éternels. Bourguiba les avait pourtant avertis.

    * Professeur honoraires à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS-Paris.

    ** Ce texte est dédié aux 9000 prisonniers palestiniens enfermés dans les geôles israéliennes du messianique et raciste ministre de la Sécurité sioniste Itamar Ben Gvir – déjà condamné pour racisme et violence – qui a ordonné de torturer Marwan Barghouti.

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    Défense | Lancement en Tunisie de l’African Lion 2026

    L’exercice African Lion 2026, officiellement inauguré le 13 avril 2026 en Tunisie, par les forces armées tunisiennes, américaines et de pays partenaires internationaux inauguré, devrait s’achever le 30 avril. Cet engagement international vise à renforcer la coopération régionale en matière de sécurité et à perfectionner le niveau de préparation des forces participantes dans un contexte sécuritaire mondial complexe. (Photo: Des dirigeants des forces armées américaines et tunisiennes posent pour une photo de groupe à l’issue de la cérémonie d’ouverture d’African Lion 2026 sur la base aérienne d’El Aouina, en Tunisie, le 13 avril 2026).

    La Tunisie accueille African Lion pour la dixième année consécutive et est le premier des quatre pays à organiser l’édition 2026. Les phases suivantes de l’exercice devraient débuter au Ghana, au Maroc et au Sénégal dans le courant du mois.

    «African Lion 2026 (AL26) vise à renforcer la préparation opérationnelle des forces combinées et interarmées, à approfondir la compréhension mutuelle entre partenaires et à améliorer l’interopérabilité en vue de la réponse aux crises», a déclaré Eldridge Browne, chef des exercices de la Force opérationnelle américaine pour l’Europe du Sud en Afrique. Il a ajouté : «Pour sa dixième édition en Tunisie, cet exercice s’appuie sur les acquis des précédentes. AL26 renforce notre capacité collective à lutter contre le terrorisme, à contribuer à la sécurité régionale et à améliorer notre efficacité dans de nombreux domaines fonctionnels.»

    Le colonel Jorn Pung, de l’armée américaine (à gauche), attaché de défense à l’ambassade des États-Unis en Tunisie, discute du lancement d’African Lion 2026 avec le colonel Majid Mguidich, de l’armée de terre tunisienne.

    Des manœuvres régionales synchronisées

    Cet exercice témoigne d’une intégration internationale d’envergure, avec la participation de plus de 7 000 militaires de plus de 30 nations réparties dans les quatre pays hôtes. Environ 560 militaires sont actuellement déployés en Tunisie. Les forces tunisiennes et américaines sont rejointes par des alliés de l’Otan, dont la France et l’Italie, pour mener des manœuvres synchronisées.

    Le programme d’AL26 est conçu pour renforcer les capacités de réponse multinationales aux crises émergentes grâce à une série de colloques universitaires et d’exercices de terrain.

    L’exercice porte sur l’intégration des armes combinées, les simulations de postes de commandement et les modules de planification avancée afin de garantir une interopérabilité optimale entre les différentes structures militaires.

    Les compétences clés évaluées comprennent la défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire.

    Le colonel Drew Conover, de l’armée américaine (à gauche), avec le colonel Majid Mguidich, de l’armée tunisienne (au centre), et Emily Katkar, chef de mission adjointe de l’ambassade des États-Unis à Tunis, lors de la cérémonie d’ouverture d’AL25 sur la base aérienne d’El Aouina, en Tunisie.

    Poursuite du partenariat Wyoming-Tunisie

    Dans le cadre du Programme de partenariat d’État, la Garde nationale du Wyoming mène un entraînement conjoint avec les forces tunisiennes pour atténuer les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires. Cette année marque le 22e anniversaire du partenariat Wyoming-Tunisie.

    L’entraînement comprend également l’intégration air-sol, les tactiques de lutte contre les engins explosifs improvisés et les manœuvres des forces spéciales. Des sessions stratégiques sur la cyberguerre et la formation à la sécurité sont également prioritaires afin de faire face aux menaces numériques modernes.

    Le contingent américain en Tunisie représente une approche globale de la Force totale, intégrant des soldats d’active aux côtés de la Garde nationale, de la Réserve de l’Armée de terre, de l’Armée de l’air et du Corps des Marines.

    En harmonisant les procédures et en renforçant les relations militaires professionnelles avec ses homologues tunisiens, européens et africains, l’exercice African Lion 2026 consolide l’engagement collectif en faveur de la stabilité régionale et du principe de la paix par la force.

    En tant que pays hôte, la Tunisie affirme son rôle de chef de file régional dans la promotion de la stabilité et la prise en compte des enjeux de sécurité communs.

    Traduit de l’anglais.

    Source : US Army.  

    Photos US Army.

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    Ligue des Champions | L’Espérance espère renverser la vapeur  

    En Ligue des Champions de la CAF, les Mamelodi Sundowns accueilleront l’Espérance de Tunis, ce samedi 18 avril 2026, à 14 heures, à Loftus Versfeld, à Pretoria, pour le match retour de la demi-finale de Ligue des champions de la CAF. Ils tenteront de défendre leur avantage de 1-0 acquis grâce à un but de Brayan León à Radès, dimanche dernier. D’autant que la règle des buts à l’extérieur joue en leur faveur. Mais ils savent qu’ils vont faire face à un club tunisois déterminé à renverser la vapeur et qui ne manque pas d’atouts pour y arriver.  

    Latif Belhedi

    Pour Sundowns, ces deux derniers mois ont été marqués par un redressement spectaculaire sous la houlette de Miguel Cardoso, dont le remplacement par Pitso Mosimane, l’artisan du premier sacre des Sundowns en Ligue des champions, était largement pressenti en milieu de saison.

    «Nous ne prenons rien pour acquis. À Pretoria, l’attitude doit être encore plus forte : encore plus d’engagement, encore plus de rigueur tactique et encore plus de contrôle du match. Jouer pour gagner, car quand on ne joue pas pour gagner, on souffre, et c’est la seule façon de jouer que cette équipe sait faire», a déclaré le Portugais, qui a de bonnes raisons de craindre une réaction de l’Espérance. Et pour cause: il est bien placé pour connaître la détermination des Espérantistes à chaque fois qu’ils sont dos au mur. N’ont-ils pas battu Sundowns il y a deux ans à Pretoria même et ils étaient, à l’époque, sous sa conduite ?  

    Pour le match retour, Soundowns sera pivée de Grant Kekana, suspendu suite à son carton rouge reçu à la 84e minute du match aller pour un tacle dangereux sur Florian Danho. C’est un coup dur, car Kekana et Keanu Cupido étaient indispensables au cœur de la défense de l’équipe sud-africaine. Cardoso sera toutefois ravi de retrouver Aubrey Modiba, de retour de suspension au poste d’arrière gauche, après la prestation mitigée de Divine Lunga qui l’a remplacé.

    L’Espérance, pour sa part, va devoir reconduire l’effectif du match aller en changeant de plan de jeu et de placement de certains joueurs en attaque, le but étant de jouer équilibrée pour ne pas encaisser de but et de presser l’adversaire au milieu de terrain dans l’espoir de mener des contre-attaques grâce à la vitesse et à la force physique de son attaquant Florian Danho, qui avait déjà beaucoup pesé sur la défense sud-africaine il y a une semaine.

    Les protégés du coach Patrice Beaumelle doivent surtout éviter de s’enflammer, de jouer juste et de faire preuve de patience, en attendant la moindre erreur de l’adversaire pour marquer. Le Français semble avoir bien préparé son équipe sur le plan mental, qui sera déterminant cet après-midi. Ses déclarations le laissent penser: «Je me souviens qu’il y a un mois, nous sommes allés au Caire et l’Espérance n’avait jamais battu Al Ahly au Caire dans l’histoire, et nous l’avons fait, nous avons marqué trois buts. Évidemment, tout est possible dans le football», a-t-il lancé lors de la conférence de presse d’avant-match aux journalistes qui mettaient en avant les statistiques des deux équipes. Et d’ajouter : «Ce ne sont que des statistiques, et les statistiques sont faites pour être changées. Bien sûr, c’est un indicateur qu’ils sont très performants et qu’ils excellent dans cette compétition», a-t-il cependant admis.

    Espérons qu’il a de bonnes idées pour réussir à dérégler la machine trop bien huilée des Sud-africains.

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    Avant-première à Marseille du film tunisien ‘‘Le 13e Round’’

    Après Tunis, Paris et Nice, le long-métrage tunisien ‘‘Le 13e Round’’ poursuit sa carrière internationale avec une avant-première programmée le vendredi 24 avril à 19h30 au Pathé Marseille – Plan de Campagne, en présence de son réalisateur, Mohamed Ali Nahdi.

    Le film s’inscrit dans une veine sociale marquée et met en scène Kamel, ancien champion africain de boxe reconverti en maçon, dont la trajectoire bascule lorsque son fils est diagnostiqué d’une tumeur.

    À travers ce récit, le réalisateur explore les fragilités d’une cellule familiale confrontée à la maladie, tout en dressant le portrait d’une Tunisie post-révolution aux prises avec des déséquilibres structurels persistants, notamment dans le secteur de la santé publique.

    Porté par une narration sobre et une approche réaliste, ‘‘Le 13e Round’’ met en lumière les tensions entre résilience individuelle et contraintes systémiques. Le parcours de Kamel, entre colère contenue et impuissance, devient ainsi le révélateur d’un malaise plus large, ancré dans les transformations sociales et économiques du pays.

    Le film, où les principaux rôles sont campés par Afef Ben Mahmoud, Helmi Dridi et Hedi Ben Jabouria, a déjà bénéficié d’une visibilité notable dans plusieurs festivals internationaux. Il a notamment été sélectionné au Festival international du film Black Nights de Tallinn, distingué au Festival international du film Fajr où il a obtenu le prix du meilleur film dans la section Future Frame, et récompensé au Festival international du film du Caire pour la meilleure interprétation féminine.

    Cette avant-première à Marseille s’inscrit dans une stratégie de diffusion visant à toucher un public élargi, notamment au sein des diasporas maghrébines, tout en consolidant la présence du cinéma tunisien sur la scène internationale.

    Djamal Guettala  

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