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Le baiser mortel de Donald Trump à Viktor Orbàn

Viktor Orbàn, qui a régné sans partage sur la Hongrie pendant seize ans, avait sollicité le soutien de l’administration Trump pour permettre à son parti, en difficulté, de remporter les élections législatives et ainsi conserver le pouvoir et continuer à façonner l’avenir de l’Europe en convergence avec l’idéal très à droite prôné par Trump. Or, il semble que le soutien du président américain ait paradoxalement nui à ses chances. C’est Tisza, principal parti d’opposition, qui a remporté les élections et son dirigeant Péter Magyar qui est devenu le nouveau Premier ministre hongrois. 

Imed Bahri

Il a fallu seize ans à Viktor Orbán pour façonner la Hongrie à son image mais une seule soirée a suffi pour renverser la situation, a noté James C. Reynolds dans les colonnes du journal britannique The Independent.

La victoire écrasante de Péter Magyar a été l’aboutissement de mois de campagne, durant lesquels il s’est présenté comme l’antidote à des années de dérive autocratique, tandis que le vétéran nationaliste hongrois renforçait ses liens avec Vladimir Poutine et Donald Trump.

Dans les jours précédant l’élection, Trump avait apporté son «soutien total et inconditionnel» au Premier ministre, exhortant les Hongrois à «ALLER VOTER POUR VIKTOR ORBÁN». Il est même allé jusqu’à envoyer son vice-président, J.D. Vance, faire campagne pour Orbán à Budapest, alors que les sondages donnaient Magyar largement en tête.

La malédiction de Trump

Trump est resté silencieux après la défaite électorale, il est toujours aux prises avec les conséquences de l’échec des négociations visant à mettre fin à la guerre en Iran. Alors que le conflit continue de nuire à sa popularité nationale et internationale, les experts s’interrogent : son soutien est-il une bénédiction ou une malédiction ?

Alors que la Hongrie exposait sa vision de la réintégration européenne lors de sa campagne électorale à la fin de l’année dernière, Orbán a rencontré Trump à la Maison Blanche pour consolider leurs relations. Le président a apporté un soutien sans réserve au Premier ministre pour sa position intransigeante sur l’immigration et a manifesté sa compréhension face à la dépendance de la Hongrie à l’égard de l’énergie russe. Orbán est ainsi parti avec une exemption des sanctions américaines contre la Russie et sans aucune protestation contre son rapprochement avec Moscou.

À l’approche des élections, Trump a intensifié son soutien à Orbán. Il faut dire que ce dernier est le dirigeant européen le plus trumpiste. Lors de la présidence hongroise de l’Union européenne (UE) en 2024, il a choisi comme slogan de cette présidence «Make Europe Great Again!» (Rendre sa grandeur à l’Europe), par référence au célèbre «Make America Great Again» de Trump. 

La semaine dernière, à Budapest, JD Vance s’est adressé aux partisans d’Orbán et a salué ce dernier comme «un défenseur de la civilisation occidentale» et promettant de «l’aider dans cette campagne». Mais cela n’a pas suffi à convaincre les 20% d’électeurs indécis qu’il méritait d’être réélu.

En réalité, les marchés des paris ont montré que le soutien à Orbán a légèrement baissé après le discours de Vance à ses partisans dans la capitale hongroise, selon une analyse de Newsweek. Cependant, les experts ont souligné que cela ne signifie pas nécessairement que le discours de Vance en soit la cause.

Le trumpisme ne fait plus recette

Diana Sosoaca, députée européenne roumaine d’extrême droite, a qualifié dimanche la visite de Vance en Hongrie de «grave erreur» compte tenu de la forte indignation suscitée par la guerre contre l’Iran sur le continent.

Dans le même ordre d’idées, le parti d’extrême droite allemand AfD prendrait ses distances avec l’administration Trump, le conflit impopulaire au Moyen-Orient s’éternisant. La co-présidente du parti, Alice Weidel, a demandé aux parlementaires le mois dernier de limiter leurs déplacements officiels aux États-Unis ayant pour objectif de se rapprocher des républicains Maga. 

Orbán avait dirigé la Hongrie pendant quatre années de récession et de reprise lorsqu’il a choisi de dévoiler son grand projet de «démocratie illibérale» lors d’un événement culturel en Roumanie en 2014. Dans son discours le plus important en tant que dirigeant, il a soutenu que la crise financière de 2008 avait mis en lumière les failles du projet libéral et qu’un État fort, n’étant plus obsédé par les libertés individuelles, était l’avenir de la Hongrie.

«Ce n’est pas parce qu’un système n’est pas libéral qu’il ne peut pas être une démocratie», avait-il déclaré, de façon prophétique. L’UE l’a qualifié d’«autocratie électorale».

Au cours des douze années suivantes, il a consolidé son pouvoir, justifiant son système alternatif comme une nécessité pour préserver l’héritage chrétien du pays et repousser les étrangers dangereux. Son parti, le Fidesz, a réprimé l’immigration, étouffé les droits des personnes LGBT et attaqué la liberté de la presse. Il a également restructuré le système judiciaire pour favoriser les nominations de magistrats parmi ses fidèles, redessiné les circonscriptions législatives afin de rendre les élections favorables aux candidats du Fidesz et contribué à la vente des entreprises médiatiques hongroises à des magnats alliés à Orbán.

Le sénateur Chris Van Hollen, démocrate du Maryland, a déclaré à l’AP : «Il faisait essentiellement ce que Donald Trump essaie de faire ici aux États-Unis. Selon moi, le peuple hongrois a rejeté ce système, tout comme les Américains le rejettent chez eux».

Éva Fodor, professeure à l’Université d’Europe centrale, a déclaré à The Independent avant les élections : «Avant chaque élection, ils avaient un ennemi différent : les immigrés, George Soros, Bruxelles et les groupes de pression féministes. Mais aujourd’hui, ils semblent incapables de trouver un nouvel ennemi à se créer. Alors, ils se contentent de surfer sur les mêmes thèmes»

La défaite écrasante d’Orbán a offert à Magyar une confortable majorité au Parlement hongrois (199 sièges), ouvrant la voie à des réformes significatives.

Jonathan Eyal, directeur adjoint du Royal United Services Institute, a expliqué avant les élections que la majorité des deux tiers était nécessaire pour désamorcer «les pièges» semés par le Fidesz pour le faire trébucher après son arrivée au pouvoir.

Mettant en garde contre des attentes trop élevées envers Magyar dans un premier temps, il affirmait que la principale tâche serait désormais de renverser le système en place face à une résistance acharnée. Le gouvernement a passé des années à développer des organes quasi gouvernementaux «délibérément créés pour entraver le fonctionnement d’un nouveau gouvernement d’alternance», précise-t-il.

Tisza, le parti de Magyar, devra probablement faire face à une «guérilla» sous forme de campagnes de désobéissance civile dans les campagnes et de blocages au Parlement.

Eyal a également déclaré : «Orbán a mené deux campagnes. La première était une attaque frontale très directe pour empêcher Magyar d’être élu. La seconde consistait à semer des embûches partout pour s’assurer que, s’il est élu, il ne puisse pas réussir»

Forte dépendance du pétrole et du gaz russes

«Pour garantir la réussite de Magyar, l’Europe devra débloquer des fonds pour qu’il puisse mettre en œuvre ses politiques et obtienne des résultats rapides avant qu’Orbán ne puisse le déstabiliser», a ajouté Eyal.

La Hongrie, pays enclavé, est largement dépendante du pétrole et du gaz russes, ce qui en fait un point d’accès précieux pour le Kremlin afin d’influencer le soutien à l’Ukraine en Europe.

La frustration face au blocage par la Hongrie de l’aide européenne destinée à l’Ukraine s’est transformée en accusations de collaboration pure et simple avec la Russie, après la fuite de conversations semblant montrer Orbán et son ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto en train de flatter Moscou et de saper les efforts visant à aider l’Ukraine.

Lors d’une conversation, Orbán aurait évoqué son amitié avec Poutine. Il aurait déclaré : «Je suis à votre service pour tout ce qui peut vous être utile».

Selon Eyal, Magyar restera probablement «méfiant» envers l’Ukraine, invoquant des désaccords d’avant-guerre. Il s’efforcera toutefois de ne pas faire obstruction en Europe, notamment en permettant l’adoption d’un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine.

Avant les élections, Magyar a plaidé pour le «pragmatisme» dans ce conflit, expliquant que «cela signifie que nous n’avons pas notre mot à dire sur les affaires intérieures de la Russie et qu’elle n’a pas son mot à dire sur les nôtres. Nous sommes deux pays souverains et nous nous respectons mutuellement mais nous ne sommes pas obligés de nous apprécier».

Il devra désormais veiller à trouver un équilibre entre les exigences de l’UE et l’opinion publique sur l’Ukraine. À l’échelle nationale, seuls 34% des électeurs souhaitent une nouvelle approche vis-à-vis de l’Ukraine. 

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Etats-Unis – Iran | Les négociations butent sur Ormuz et l’uranium

Le détroit d’Ormuz devrait être rebaptisé le détroit du chantage. Il cristallise aujourd’hui le bras de fer entre les États-Unis de Donald Trump et la République islamique d’Iran des Gardiens de la révolution.

Imed Bahri

Téhéran a voulu utiliser le détroit comme une carte dans les négociations avec Washington tenues au Pakistan mais les Américains qui exigent le rétablissement immédiat de la libre navigation ne l’entendent pas de cette oreille.

Face à l’inflexibilité de l’Iran, Trump a annoncé un blocus maritime du détroit dont l’objectif est de paralyser les exportations du pétrole iranien, blocus entré en vigueur dans l’après-midi du lundi 13 avril 2026.

À part le détroit, la question de l’uranium et celle du déblocage des avoir gelés à l’étranger demeurent des points de divergence entre les deux belligérants. 

Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran se sont terminés dimanche 12 avril 2026 à l’aube au Pakistan sans qu’un accord de cessez-le-feu permanent ne soit trouvé. Les Américains ont affirmé avoir présenté leur meilleure offre finale, rejetée par l’Iran, a rapporté le New York Times. «Nous avons clairement indiqué nos lignes rouges, les points sur lesquels nous sommes prêts à faire des concessions et ceux sur lesquels nous ne sommes pas prêts à transiger», a déclaré le vice-président J.D. Vance après 21 heures de réunions avec de hauts responsables iraniens à l’hôtel Serena d’Islamabad.

Positions très éloignées sur des points cruciaux

M. Vance n’a pas précisé la nature de ces lignes rouges. Dans les jours ayant précédés les pourparlers, les deux parties ont publié des déclarations publiques indiquant qu’elles restaient très éloignées sur plusieurs points cruciaux. Elles n’ont même pas réussi à s’entendre sur la question de savoir si la trêve de deux semaines, conclue mardi 7 avril, incluait les combats au Liban, un désaccord qui a failli paralyser la réunion.

Dimanche matin, trois points de désaccord majeurs persistaient, selon des responsables iraniens proches des négociations : la réouverture du détroit d’Ormuz, le sort de quelque 408 kg d’uranium hautement enrichi et la demande de l’Iran de débloquer environ 27 milliards de dollars de ses avoirs gelés à l’étranger.

Les États-Unis exigeaient la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz à toute navigation. Cependant, l’Iran a refusé de renoncer à cette voie maritime cruciale pour le transport du pétrole, affirmant qu’il ne le ferait qu’après la conclusion d’un accord de paix définitif, selon deux responsables iraniens s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité des négociations.

Téhéran cherche à financer la reconstruction

L’Iran réclamait également des réparations pour les dommages causés par six semaines de frappes aériennes et exigeait le déblocage des recettes pétrolières gelées en Irak, au Luxembourg, à Bahreïn, au Japon, au Qatar, en Turquie et en Allemagne, afin de financer la reconstruction, ont indiqué les responsables. Les Américains ont rejeté ces demandes.

Un autre point de blocage résidait dans l’exigence du président Trump que l’Iran cède ou vende la totalité de son stock d’uranium enrichi. L’Iran a formulé une contre-proposition mais les deux parties n’ont pas réussi à trouver un compromis.

«Lorsque deux équipes sérieuses se réunissent dans le but de parvenir à un accord, celui-ci doit être mutuellement avantageux», a déclaré Mehdi Rahmati, analyste à Téhéran, lors d’un entretien téléphonique avec le NYT. Il a ajouté : «Il est illusoire de penser que nous puissions sortir de cette situation sans faire de concessions importantes, cela vaut également pour les Américains».

Le premier contact direct depuis 1979  

Bien que les réunions se soient terminées sans accord, leur simple tenue constituait en soi un signe de progrès. Six semaines auparavant, les États-Unis et Israël avaient assassiné le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une frappe aérienne, et les autorités iraniennes avaient juré vengeance. À ce moment-là, la perspective d’une rencontre de haut niveau entre responsables iraniens et américains semblait hautement improbable.

Pourtant, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, commandant militaire influent, dirigeait la délégation iranienne et rencontra Vance en personne. Les deux hommes se serrèrent la main et, selon les autorités iraniennes, les discussions furent décrites comme amicales et apaisées. Malgré l’absence de percée diplomatique, un tabou, forgé par des décennies d’hostilité, de rhétorique acerbe et de slogans comme «Mort à l’Amérique» en Iran, fut brisé.

La rencontre entre Vance et Ghalibaf constitua le contact direct le plus important entre des représentants iraniens et américains depuis la rupture des relations diplomatiques en 1979, suite à la révolution islamique et à la prise d’otages de diplomates américains à l’ambassade américaine de Téhéran.

Vali Nasr, professeur et spécialiste des affaires iraniennes à l’université Johns Hopkins, qui demeure optimiste, a déclaré : «Il s’agit des pourparlers directs les plus sérieux et les plus soutenus entre les États-Unis et l’Iran et ils témoignent de la volonté des deux parties de mettre fin à ce conflit».

Pour le moment, les négociations sont au point mort même si le très fragile cessez-le-feu de 15 jours se poursuit et que les efforts des médiateurs pour qu’un nouveau round de négociations ait lieu sont en cours.

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