Présences suisses: paix, constance et amitiés
À travers une enquête patiente dans les archives tunisiennes et suisses, l’historien Adnen El Ghali raconte une présence helvétique en Tunisie vieille de plus de 130 ans, faite d’échanges humains, d’engagement et de mémoire partagée. De cette histoire oubliée ressortent trois mots-clés : paix, constance et amitié. C’était lors de la célébration du 70ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, établies en 1956. La cérémonie a lieu jeudi 16 avril 2026 à la résidence de l’ambassadeur de Suisse en Tunisie, en présence de l’ambassadeur de Suisse en Tunisie et le ministère des Affaires étrangères de la migration et des Tunisiens à l’étranger.
Interview
Vous avez mené un travail de recherche très dense. Combien de temps cela vous a-t-il pris ?
Ce livre nous a mobilisés pendant une année complète, à plein temps. Au départ, nous pensions travailler sur quelques mois seulement, mais les archives nous ont réservé beaucoup plus de surprises que prévu. Nous avons eu la chance de trouver des fonds très riches, aussi bien en Tunisie qu’en Suisse, ce qui nous a permis de reconstituer une histoire bien plus vaste et plus humaine que celle que nous imaginions au départ.
Qu’est-ce qui rend cette histoire si particulière ?
Ce qui est remarquable, c’est que nous ne sommes pas seulement dans une histoire diplomatique ou consulaire. Nous avons découvert une véritable aventure humaine, faite de trajectoires de médecins, d’agriculteurs, d’artistes, de photographes et d’hôteliers suisses installés en Tunisie. C’est aussi une histoire de présence discrète, mais durable, sur tout le territoire tunisien, du nord au sud.
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Si vous deviez résumer cette présence suisse en Tunisie en trois mots ?
Je dirais : paix, constance et amitié. Paix, parce que cette présence s’inscrit dans une logique d’échange et de coopération. Constance, parce que la communauté suisse a su préserver sa mémoire et ses traditions dans la durée. Et amitié, parce qu’aujourd’hui, cette histoire est aussi celle des liens profonds entre les deux peuples, souvent renforcés par des mariages mixtes et des relations humaines très fortes.
Pourquoi avoir choisi le titre « Agape » ?
Parce que ce titre reflète bien l’esprit de cette présence suisse : une présence fondée sur l’humain, sur l’engagement social, économique et culturel, mais aussi sur l’innovation. C’est une histoire de contribution, de continuité et de dialogue, qui a longtemps été oubliée et que nous avons voulu remettre en lumière.
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