Finance mondiale : une première pour les PED
Les pays en développement (PED) viennent de franchir une étape majeure vers le rééquilibrage du système financier mondial en lançant la toute première plateforme des emprunteurs. Selon cette annonce, intervenue lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, c’est la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) qui aura la charge d’assurer le secrétariat de cette plateforme.
« La Plateforme rassemble les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays en développement afin de renforcer les capacités de gestion de la dette, d’améliorer la coordination et d’amplifier leur voix collective dans les discussions mondiales sur la dette », souligne ONU commerce et développement sur son site internet.
A noter au passage que son lancement a réuni des représentants de 30 pays, dont des Premiers ministres, 16 ministres et des gouverneurs de banques centrales.
António Guterres, secrétaire général des Nations unies, s’est félicité de cette initiative la qualifiant de « percée dans le domaine du financement mondial… Une plateforme où les pays emprunteurs se réunissent, apprennent les uns des autres et s’expriment d’une seule voix ».
Il est également précisé que « la CNUCED, qui assurera le secrétariat, est une autorité de premier plan en matière de dette des pays en développement, combinant une analyse indépendante à un soutien direct aux pays dans la gestion de leur dette par le biais du Programme de gestion de la dette – aujourd’hui déployé dans 60 pays ».
D’ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que le lancement de la “Plateforme des emprunteurs“ s’inscrit dans un contexte de difficultés croissantes liées à la dette dans l’ensemble du monde en développement. En effet, « la dette extérieure a atteint 11 700 milliards de dollars en 2024. Tandis que les coûts du service de la dette ont grimpé à environ 920 milliards de dollars ». Ainsi, quelque 54 pays – qui comptent 3,4 milliards d’habitants – consacrent davantage de dépenses au service de la dette qu’à la santé ou à l’éducation. Ce qui souligne l’ampleur du défi, alerte la CNUCED. Ces pressions ont forcément freiné les investissements publics, limitant la capacité des pays à financer la croissance, à renforcer leur résilience et à parvenir à un développement durable.
Combler une lacune dans l’architecture financière internationale
C’est pour cette raison que la coopération entre les emprunteurs apparaît comme une réponse à la fois naturelle et nécessaire aux défis communs, estime l’organisation onusienne.
Et la CNUCED de rappeler : « Alors que des mécanismes de coordination entre créanciers existent depuis longtemps, les pays emprunteurs ne disposaient pas d’une plateforme dédiée pour échanger leurs expériences, partager des informations et renforcer leurs capacités techniques. »
C’est donc pour corriger ce déséquilibre que la Plateforme des emprunteurs a été pensée et conçue. Notons que cette initiative a été évoquée pour la première fois en juillet 2025, dans “l’Engagement de Séville“ adopté lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement. L’ONU souligne que « cette initiative crée un espace permanent de collaboration entre les pays en développement ».
Grâce à l’apprentissage entre pairs, au soutien technique et au partage des connaissances, la Plateforme vise à renforcer les pratiques de gestion de la dette et à améliorer la coordination sur les questions de dette souveraine.
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Au sein de PMI, il a occupé différentes fonctions dans des contextes à fort enjeux où il a accompagné la transformation de modèles multi‑pays, renforcé l’excellence opérationnelle et structuré des organisations pour améliorer leur résilience. Mali, Sénégal, Nigeria, océan Indien : autant d’expériences qui illustrent sa capacité à conduire des phases de transition, à poser les bases de systèmes plus solides et à impulser une dynamique durable.