Transport et logistique : la CONECT tire la sonnette d’alarme sur la compétitivité tunisienne
La Tunisie consacre jusqu’au quart du coût de ses produits au transport et à la logistique. Soit le double de la moyenne des pays développés. Un écart qui pèse lourd sur la compétitivité nationale, au cœur des débats lors de la 2ᵉ édition de la Journée du transport et de la logistique.
Dans une déclaration aux médias, en marge de cette journée d’étude, organisée en partenariat avec la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT), l’Association des Experts Tunisiens en Économie et Gestion (AETG) et l’association Environnement économique et institutionnel de l’entreprise, Aslan Berjeb, président de la CONECT, a dressé un état des lieux alarmant du secteur. L’événement, qui se tenait en collaboration avec la Faculté des sciences économiques et de gestion de Nabeul, a réuni des députés, experts sectoriels, représentants de la Chambre et du Groupement national du transport et de la logistique, ainsi que du ministère de l’Économie et son centre de réflexion.
Pour la CONECT, le transport et la logistique constituent l’une des grandes priorités de l’organisation, aux côtés d’autres thématiques stratégiques. Aslan Berjeb, souligne l’engagement de la confédération à travailler activement sur ce dossier avec l’ensemble des acteurs concernés. Cette journée d’étude s’inscrit précisément dans cette dynamique, en croisant les regards macroéconomiques et les préoccupations des entreprises sur le terrain.
Par ailleurs, les échanges ont porté sur plusieurs fronts : les perturbations liées à la situation au Moyen-Orient; les défis propres aux transports routier, maritime et aérien; ainsi que l’incidence directe des coûts logistiques sur le prix final du produit tunisien. A cet égard, un rapport de la Banque mondiale cité lors des débats relève que ces coûts représentent entre 18 et 25 % du coût total d’un produit tunisien. Soit près du quart; contre seulement 12 % dans les pays développés. Un différentiel qui érode significativement la compétitivité des entreprises tunisiennes face à des concurrents régionaux dotés de ports modernes, d’infrastructures routières performantes et de réseaux ferroviaires à la hauteur des exigences du commerce international.
Le président de la CONECT a également insisté sur deux données structurelles majeures : 96 % des échanges commerciaux extérieurs de la Tunisie transitent par voie maritime. Tandis que 86 % des échanges intérieurs s’effectuent par transport routier. Ces chiffres illustrent l’interdépendance critique entre les deux modes de transport et plaident, estime-t-il, pour le développement d’une logistique multimodale capable d’articuler efficacement mer et route.
Au-delà du seul secteur logistique, Aslan Berjeb a replacé ces enjeux dans le cadre plus large du climat des affaires en Tunisie. « Le climat des affaires, ce n’est pas seulement la pression fiscale, la bureaucratie ou les relations avec l’administration. Mais c’est aussi la connectivité, la connexion de la Tunisie avec ses voisins et le maillage logistique intérieur », a-t-il souligné. Les conclusions de cette journée de réflexion sont destinées à être transmises au ministère du Transport. Et ce, afin d’alimenter les décisions politiques à venir en matière d’infrastructure et de compétitivité nationale.
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