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Guerres, hégémonies et génocides | Les mémoires de l’ambassadeur Salah Bourjini

‘‘Mémoires d’une époque de guerres, d’hégémonies et de génocides (1943/2025)’’ (Editions Nirvana, Tunis, 2026) est le titre que le Docteur Salah Bourjini, ancien ambassadeur des Nations Unies, a choisi pour l’ouvrage de mémoires où il évoque ses cinquante ans de carrière diplomatique dont environ trente ans aux Nations Unies. 

Raouf Chatty *

L’auteur ayant servi de 1981 à 2010 comme Représentant coordonnateur des Nations Unies dans un Irak en pleines guerres au Koweït post-libération, en Libye sous Kadhafi et en Algérie sous Ben Jedid, et comme directeur des Programmes pour le développement dans les pays arabes au siège du Pnud à New York, son ouvrage paraît dans  le contexte  géopolitique international très tendue, marqué par la guerre russe contre l’Ukraine, la guerre israélienne contre Gaza et la guerre américano-israélienne contre l’Iran avec leurs répercussions sur la paix et la sécurité dans le monde.  

Fort de l’expérience  qu’il avait acquis durant plusieurs années en étant aux premières loges de cette région chaude du Moyen-Orient et du Golfe, souvent instable, qui plus est à des périodes cruciales de son histoire, l’ambassadeur Bourjini nous mène dans un voyage géopolitique extrêmement mouvementé au cours duquel avait été quotidiennement sur le qui-vive et aux prises avec des situations difficiles, aussi bien dans ses contacts dans les hautes sphères aux Nations Unies à New-York qu’en accomplissant des missions dans ces pays, qui dépassaient souvent, et de loin, celles d’un ambassadeur en poste en période ordinaire.

Dans les arcanes de la politique moyen-orientale  

Sur une distance de quelques 500 pages, l’auteur en consacre environ les deux-tiers pour l’Irak, le Koweït et la Libye, décrivant avec force détails les situations dramatiques vécues dans ces pays par suite de guerres meurtrières, d’embargos économiques, de pénuries… en raison de la piètre gestion des affaires publiques par les différents gouvernements. 

A la lecture de cet ouvrage passionnant, le lecteur découvre les expériences, à la fois excitantes et frustrantes, vécues par l’auteur lors de ses immersions diplomatiques dans les méandres de la politique au Moyen-Orient, se fait une idée de ses multiples contacts avec les dirigeants de ces pays, les nombreuses contraintes auxquelles il avait fait face, parfois au risque de sa vie, en temps de guerre et sous les  bombardements, tout comme les efforts déployés par ses services pour aider ces  pays à se relever en dépit  des contextes extrêmement difficiles qu’ils ont traversés.

Le lecteur se fait également une idée de la manière dont les puissances occidentales, États-Unis en tête, traitent les gouvernements de ces pays, en bafouant souvent le droit international qu’elles appliquent à la tête du client. 

L’auteur, qui décrit de manière objective les difficultés endurées par ces pays en en identifiant les responsables, préfère souvent laisser le lecteur se faire sa propre idée sur les causes objectives des multiples drames vécues par ces pays, se gardant d’en imputer les responsabilités aux seules grandes puissances.

Il n’omet, toutefois, pas de souligner que pour ces grandes puissances, les pays du Moyen-Orient ne valent que par leurs ressources naturelles, invitant au passage ces pays à tirer un meilleur profit de leur position géopolitique pour faire entendre leurs voix dans le nouvel ordre international en cours de construction.

Du Kef à New York en passant par Tunis

Fort de son extraordinaire expérience internationale, appréciée et reconnue, l’ambassadeur Bourjini développe des réflexions pertinentes sur l’évolution de la situation politique en Tunisie au lendemain des changements survenus après le 14 janvier 2011, tenant la classe politique post-révolution, toutes tendances confondues et plus particulièrement les Islamistes, pour responsable des déboires et échecs de la Tunisie au cours des douze dernières années, notamment dans le domaine économique. 

Le diplomate consacre également plusieurs pages au drame palestinien, qualifiant de génocide les destructions massives et les souffrances inhumaines infligées par Israël aux Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, face à une communauté internationale sinon complice du moins passive et impuissante.    

Les analyses et appréciations de l’ambassadeur Bourjini sont à la fois pertinentes et équilibrées, frappées du sceau de l’honnêteté et de la sagesse. Elles font de son livre une référence pour celles et ceux, historiens, journalistes, diplomates, étudiants, qui veulent mieux connaître les arcanes de la politique étrangère des grandes puissances, le rôle des Nations Unies et les conditions d’avènement d’un nouvel ordre international dont personne ne pourra pour l’heure entrevoir clairement les contours.

Les mémoires de l’ambassadeur Bourjini consacrent également des chapitres à ses débuts dans sa ville natale le Kef à laquelle il est resté toujours attaché.

Né dans une Tunisie en lutte pour son indépendance dans une famille militant dans les rangs du Parti destourien, il s’était rapidement investi en politique en s’activant au sein de l’Uget. Muni d’une licence de mathématiques, il a pu rejoindre les États-Unis d’Amérique où il avait obtenu son doctorat en économie. Il a cependant préféré rejoindre la Tunisie où il avait été conseiller des ministres du Plan et de l’Economie du temps d’Ahmed Ben Salah et Chedly Ayari, puis directeur adjoint de la coopération multilatérale au ministère des Affaires étrangères entre 1975 et 1980, et professeur d’économie et planification à la Faculté de droit et des sciences économiques de Tunis. A ce titre, il était en charge de la préparation, en coopération avec les départements ministériels concernés, des dossiers de la coopération multilatérale et avait représenté la Tunisie dans des dizaines de conférences internationales. 

Cet ouvrage relate la vie et l’œuvre d’un homme d’expérience, généreux dans l’effort et dévoué aux autres, qui a toujours servi la Tunisie et les Nations-Unies, avec discrétion et efficacité, comme tour diplomate qui se respecte, ce qui lui a valu les félicitations de nombreuses personnalités internationales, qui lui ont rendu hommage et, à travers lui, à son pays et à peuple. 

* Ancien ambassadeur.

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Impacts de la guerre d’Iran sur le secteur de l’énergie

La guerre israélo-américaine de six semaines contre la République islamique d’Iran a secoué la région la plus riche en énergie du monde. Les installations pétrolières et gazières ont été visées par les deux camps et la flambée des prix des carburants a provoqué un nouveau choc énergétique mondial.

Imed Bahri

Dans une enquête sur le sujet, le Financial Times indique qu’alors que la situation se stabilise tant bien que mal après une trêve très fragile de deux semaines, l’ampleur des dégâts se révèle avec des répercussions à long terme pour l’économie mondiale.

L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a indiqué que sa capacité de production a subi des dommages importants. Le Qatar, grand producteur de gaz naturel liquéfié, a perdu environ un cinquième de sa capacité de production et il faudra des années pour revenir à la situation d’avant la guerre. 

Certaines des plus grandes raffineries de pétrole au monde –essentielles à la transformation du pétrole brut lourd en carburants qui alimentent l’économie mondiale– ont également été touchées à plusieurs reprises, avec une capacité hors service pouvant atteindre 2,4 millions de barils par jour.

«Même si un cessez-le-feu permanent était conclu demain et que le détroit rouvrait, les marchés ne retrouveraient pas leur fonctionnement normal avant au moins six mois et dans certains cas, cela pourrait prendre beaucoup plus de temps», a déclaré Jorge León, responsable de l’analyse géopolitique chez Rystad Energy.

Arabie saoudite

L’Arabie saoudite a confirmé qu’une série d’attaques avait réduit sa capacité de production d’environ 600 000 barils par jour et diminué le débit de l’oléoduc Est-Ouest d’environ 700 000 barils par jour.

Cet oléoduc, reliant Abqaiq à Yanbu sur la mer Rouge, est une voie d’exportation de pétrole essentielle en temps de guerre. Il a été touché dès le lendemain du cessez-le-feu, endommageant une station de pompage.

Des frappes sur les champs pétroliers offshore de Manifa et Khurais, au nord de Riyad, ont également réduit la production d’environ 300 000 barils par jour sur chaque site, selon une rare déclaration du ministère saoudien de l’Énergie.

Helima Croft, analyste chez RBC Capital Markets, a déclaré que la poursuite des attaques après le cessez-le-feu maintiendrait les marchés sous tension, ajoutant : «Comment concilier des dégâts matériels importants avec un contexte censé se désamorcer ? Je ne pense pas que ce soit possible»

Ces attaques ont réduit la capacité de production habituelle de l’Arabie saoudite, qui s’élève à 12 millions de barils par jour, d’au moins 5%. Ainsi, même si le détroit d’Ormuz rouvre prochainement, le royaume ne pourra pas compenser intégralement les pertes.

Cela réduira également la capacité de production mondiale de réserve, dont Riyad détenait la plus grande part, afin de pallier toute perturbation de l’approvisionnement. L’Arabie saoudite a confirmé que quatre grandes raffineries avaient été attaquées mais que la plupart restaient opérationnelles.

Le Royaume a averti que ces attaques affectaient «la sécurité d’approvisionnement des pays consommateurs», adressant ainsi un message clair à Washington.

Qatar

Le complexe industriel de Ras Laffan, exploité par Qatar Energy, a été touché par des frappes de missiles les 18 et 19 mars, après qu’Israël ait bombardé des installations pétrochimiques et le champ gazier de South Pars en Iran.

Les contre-attaques iraniennes ont marqué l’une des escalades les plus importantes du conflit, ciblant la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde en deux vagues.

L’entreprise a annoncé que les dégâts affecteraient environ 17% de ses exportations et que les réparations prendraient entre trois et cinq ans.

L’usine de conversion du gaz en liquides (GTL, Gas-to-Liquids est un procédé de synthèse chimique qui transforme le gaz naturel en produits pétroliers liquides de haute qualité), exploitée conjointement avec Shell, a également été endommagée, réduisant sa capacité pendant au moins un an.

Les analystes de Wood Mackenzie estiment que la remise en service des sections non endommagées pourrait prendre plusieurs mois.

Un analyste a déclaré : «Un cessez-le-feu pourrait permettre aux méthaniers bloqués dans le Golfe de quitter le détroit d’Ormuz, soulageant ainsi les marchés mondiaux mais il n’y aura pas de véritable changement structurel dans l’offre tant que la pleine production ne sera pas rétablie à Ras Laffan».

Émirats arabes unis

La raffinerie de Ruwais à Abou Dhabi, d’une capacité de 922 000 barils par jour, a été parmi les premières installations ciblées, par des frappes de drones provoquant des incendies.

Les opérations de l’usine de traitement de gaz d’Habshan ont également été interrompues à deux reprises pendant le conflit en raison d’incendies causés par des débris de missiles interceptés.

Deux gisements de gaz ont été touchés, entraînant des arrêts de production.

Bien que certaines exportations se soient poursuivies via le port de Fujairah, situé hors du détroit d’Ormuz, les opérations ont été perturbées à plusieurs reprises par des attaques contre le port et les installations de stockage.

Koweït

Les raffineries de Mina Al-Ahmadi et de Mina Abdullah ont subi d’importants dégâts suite à de multiples frappes mais sont restées opérationnelles.

Ces raffineries étaient d’importants fournisseurs de kérosène pour l’Europe et l’Asie et la réduction de l’approvisionnement a suscité des inquiétudes quant à d’éventuelles pénuries de kérosène dans les semaines à venir.

Irak

L’Irak a été fortement touché par la fermeture du détroit d’Ormuz en raison de l’absence de voies d’exportation alternatives. L’Iran a été contraint de fermer plus des trois quarts de sa production, qui a chuté à 800 000 barils par jour, contre 4,3 millions avant la guerre.

Ses installations ont également été directement visées, notamment par une attaque de drone contre le champ pétrolier de Rumaila.

Le 5 avril, un pétrolier a traversé le détroit d’Ormuz, laissant supposer un accord temporaire entre l’Irak et l’Iran autorisant les expéditions de pétrole.

Iran

Israël a ciblé des dépôts de carburant à Téhéran et d’autres installations, provoquant d’importants incendies qui ont plongé la capitale dans un épais nuage de fumée.

Des frappes sur le champ gazier de South Pars ont également mis hors service des unités de production.

L’île de Kharg, important centre d’exportation, a été ciblée à plusieurs reprises, mais ces attaques visaient des objectifs militaires, épargnant relativement les installations pétrolières.

Oman et Bahreïn

Oman a subi moins d’attaques que ses voisins, mais le port de Salalah a été perturbé après des frappes sur des installations de stockage de pétrole.

Le Bahreïn a invoqué la force majeure après la destruction de la raffinerie de Sitra et la remise en état devrait prendre plusieurs mois.

Ces dégâts considérables témoignent du fait que ce conflit n’était pas qu’une simple confrontation militaire mais un bouleversement majeur des infrastructures énergétiques mondiales dont les effets pourraient se faire sentir pendant des années.

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Guerre au Moyen-Orient : l’eau prise pour cible

Dans un Moyen-Orient marqué par des tensions croissantes, l’eau s’impose désormais comme un enjeu stratégique central, au même titre que les ressources énergétiques. Dans cette région extrêmement aride du Golfe, plusieurs personnes dépendent quasi entièrement de centaines d’usines de dessalement pour assurer leur approvisionnement en eau potable.

Ces infrastructures, vitales pour près de 61 millions d’habitants, sont aujourd’hui directement exposées aux conflits. Lundi 30 mars 2026, une usine de dessalement au Koweït a été ciblée par une attaque de drone, faisant un mort. Accusé d’être à l’origine de cette frappe, l’Iran a toutefois rejeté toute responsabilité, pointant du doigt Israël.

Cet épisode s’inscrit dans une escalade préoccupante. Depuis le début des hostilités, au moins quatre installations de dessalement ont été visées, notamment en Iran, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et au Koweït. Or, ces sites constituent des infrastructures civiles essentielles, dont la destruction ou la mise hors service peut provoquer des pénuries d’eau à grande échelle.

Au-delà de l’impact humanitaire immédiat, ces attaques soulignent une mutation des stratégies militaires : l’eau devient une arme. En ciblant des installations hydrauliques, les belligérants fragilisent non seulement les populations, mais aussi l’ensemble des économies nationales dépendantes de cette ressource pour l’industrie, l’agriculture et les services.

Ces frappes contre des infrastructures civiles pourraient, par ailleurs, être qualifiées de crimes de guerre au regard du droit international humanitaire…

Ainsi, la « guerre de l’eau » au Moyen-Orient n’est plus une simple hypothèse : elle est désormais une réalité tangible, aux conséquences potentiellement durables pour la stabilité régionale.

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