Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Cybersécurité en Tunisie : l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action collective

La Tunisie ne peut plus se permettre de gérer sa cybersécurité en ordre dispersé. C’est le message sans détour qu’a délivré Yacine Djemaiel lors du séminaire « Cybersécurité et résilience des entreprises : regards croisés par secteur », organisé à Tunis par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF).

Dans une allocution d’une franchise rare, il a reconnu publiquement les insuffisances passées, annonçant un tournant institutionnel concret. Puis de lancer un avertissement clair : sans collaboration réelle entre acteurs publics et privés, la résilience du cyberespace national restera un vœu pieux.

Yacine Djemaiel – expert tunisien en cybersécurité, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI) – n’a pas mâché ses mots. Évoquant la nécessité d’apprendre à travailler ensemble, il a concédé que cette prise de conscience arrivait peut-être tardivement. Reconnaissant ainsi que la coopération entre acteurs publics et privés aurait dû s’imposer bien plus tôt. Il a surtout formulé une mise en garde explicite sur un écueil structurel persistant dans le secteur : le décalage entre les discours tenus en colloque et les actes posés sur le terrain. Ce n’est plus tolérable, a-t-il signifié, à l’heure où les menaces cyber s’intensifient et où l’usage croissant de l’intelligence artificielle redéfinit en profondeur le paysage des risques.

Pour démontrer que ce changement de cap est déjà en marche, il a annoncé une initiative concrète devant se matérialiser prochainement : l’organisation d’exercices cyber de grande envergure, déployés à l’échelle nationale sur plusieurs journées consécutives. Vingt-cinq équipes seront formées par journée, dans des scénarios d’incidents et de crises réelles, au bénéfice d’un nombre d’organismes publics et privés bien plus élevé que ce que permettaient les formats habituels, jusqu’alors limités dans leur portée et leur durée.

 

Quid de la stratégie nationale de cybersécurité ?

Le signal le plus fort tient cependant au changement de rôle assumé par l’Agence nationale de la cybersécurité elle-même. Alors qu’elle animait jusqu’ici ces exercices en propre, elle cède désormais cette mission à des experts du secteur privé et se recentre sur sa fonction de régulateur. Yacine Djemaiel a présenté ce transfert comme un acte délibéré et symbolique : la preuve que la collaboration public-privé peut exister en dehors des textes stratégiques, dans la réalité opérationnelle du terrain.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de cybersécurité, élaborée en 2025 à l’issue d’un processus consultatif impliquant l’ensemble des parties prenantes. Ce document de référence, dont les dernières phases d’approbation sont en cours, fixe parmi ses objectifs prioritaires la modernisation des infrastructures techniques et le renforcement des compétences humaines. Il a vocation à structurer durablement l’action collective en matière de protection du cyberespace tunisien, tous secteurs confondus.

Yacine Djemaiel a conclu en saluant la réponse positive des acteurs privés sollicités pour animer ces journées d’exercices, y voyant un signe encourageant que la dynamique est enclenchée. Mais le ton de son intervention ne laissait guère de place à la complaisance : la Tunisie entre dans une période où la résilience de son cyberespace ne se décrètera plus, elle se construira, ensemble, ou pas du tout.

L’article Cybersécurité en Tunisie : l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action collective est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌