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Cybersécurité industrielle : la résilience comme nouvelle frontière

Quand une usine s’arrête, ce ne sont pas seulement des lignes de fabrication qui se figent : c’est une équation économique, humaine et stratégique qui se dérègle. C’est autour de cette réalité que s’est articulé, le 14 avril 2026 à Tunis, le panel consacré à la sécurisation des sites industriels, des systèmes de production et des données sensibles, organisé par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française dans le cadre de la journée « Cybersécurité et Résilience des Entreprises ». Sous la modération du professeur Faouzi Moussa, spécialiste des nouvelles technologies, quatre praticiens ont croisé leurs analyses pour cartographier une menace qui a profondément changé de visage.

La bascule vers l’industrie 4.0 a rompu une frontière longtemps tenue pour acquise, celle qui séparait les environnements de gestion informatique des systèmes pilotant les machines. Cette porosité nouvelle entre IT et OT (informatique de gestion et technologies opérationnelles) est au cœur de l’intervention d’Ali Laribi, fondateur du cabinet Fortress Plus et consultant spécialisé dans la sécurité des environnements industriels connectés.

Pour lui, les critères qui gouvernent la cybersécurité industrielle ne sont pas superposables à ceux du monde informatique traditionnel. Là où l’entreprise classique hiérarchise confidentialité et intégrité, l’usine place en tête la disponibilité continue et la protection physique des opérateurs. Or, ce secteur cumule deux handicaps structurels : des équipements vieillissants, souvent non répertoriés et impossibles à mettre à niveau, et une numérisation galopante qui multiplie les points d’entrée potentiels pour des attaquants de plus en plus organisés.

La maturité cyber de l’industrie reste ainsi sensiblement en retrait par rapport au secteur financier, avec un taux de conformité qui stagne aux alentours de 40 % en France. Les menaces, quant à elles, ont changé d’échelle : des groupes aux ressources étatiques ou mafieuses ciblent désormais des accès distants que les exploitants croient, souvent à tort, inexistants ou verrouillés. Le consultant a illustré l’ampleur des dégâts possibles en évoquant le cas de Saint-Gobain, dont les pertes imputables à l’attaque par rançongiciel NotPetya ont dépassé 250 millions d’euros. Face à cette montée en puissance, Ali Laribi a plaidé pour un renforcement réglementaire, citant les directives européennes NIS 2 et le Cyber Resilience Act comme leviers structurants pour la protection des infrastructures critiques.

Zéro tolérance pour l’arrêt de production

Chez Sagemcom, fabricant de compteurs intelligents et de modems, la cybersécurité a cessé d’être un poste de coût pour devenir une condition d’existence. C’est en ces termes que Rim Raboudi, Directrice Sécurité de l’Information du groupe, a présenté la doctrine de son entreprise : tout incident paralysant la production se chiffre immédiatement en millions d’euros perdus.

L’architecture de défense repose sur une double strate (équipes locales et centrale) articulée autour d’une fonction dédiée, le Factory Security Officer, dont le rôle est d’anticiper et de quantifier les risques métiers. La certification ISO 27001, déployée à l’échelle du groupe depuis 2015, constitue le socle normatif de cette démarche. Depuis 2021, Sagemcom dispose de son propre Centre de Réponse aux Incidents (CERT), qui supervise les alertes à l’échelle mondiale, adossé à un Security Operations Center actif en continu, mobilisant une quinzaine de spécialistes.

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Si aucun incident grave n’a jusqu’ici affecté les opérations, l’entreprise maintient une posture d’anticipation permanente à travers des tests d’intrusion réguliers et des plans de reprise d’activité éprouvés. La responsable a conclu sur une formule sans ambiguïté : l’investissement en cybersécurité génère son retour dès la première attaque neutralisée.

Brevets, espionnage et menaces sans frontières

Avec 110 000 collaborateurs dans le monde dont 3 500 basés en Tunisie, et un rythme de dépôts de brevets atteignant 1 300 titres en 2025, Safran représente précisément le profil d’acteur que les adversaires numériques prennent pour cible. Nizar El Abed, Directeur du Développement IT et de la Transformation Digitale du groupe aéronautique, a dressé une cartographie de quatre catégories de risques auxquels l’entreprise doit faire face.

En premier lieu, le vol de propriété intellectuelle et de données stratégiques. En second lieu, la déstabilisation opérationnelle, avec des cyberattaques susceptibles de paralyser des usines dont la connectivité est croissante. Le troisième vecteur est humain : hameçonnage ciblé, usurpation d’identité par deepfake, manipulation des collaborateurs. Quatrième axe enfin : les campagnes de désinformation visant la réputation du groupe.

Ce qui caractérise ces menaces, selon l’intervenant, c’est leur permanence et leur déterritorialisation. Portées par des rivalités économiques mondiales et des tensions géopolitiques durables, elles s’inscrivent dans le temps long. Pour y faire face, Safran mobilise une communauté interne d’experts et s’appuie sur une prise de conscience ancrée aux plus hauts niveaux hiérarchiques du groupe.

Des chiffres qui interpellent

L’intervention de Myriam Khelifi, experte en cybersécurité chez EY, a offert une lecture de gouvernance, centrée sur les failles que les organisations peinent encore à voir ou à admettre.

Elle en a identifié quatre. Le premier angle mort est précisément cette convergence IT/OT mal gouvernée : si la jonction technique est réelle, la clarté des responsabilités en cas d’incident ne suit pas toujours. Deuxième lacune : l’absence de priorisation des actifs critiques, qui conduit des entreprises à investir dans des solutions génériques sans avoir préalablement identifié leurs systèmes névralgiques. Troisième risque : la chaîne d’approvisionnement et les accès tiers. De nombreuses intrusions empruntent les tunnels de télémaintenance ouverts par des fournisseurs, soit autant de maillons faibles que l’organisation ne maîtrise pas directement. Quatrième point de fragilité : le top management, insuffisamment préparé à gérer des crises cyber impliquant des scénarios industriels complexes.

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Ces constats trouvent un écho dans les données du Baromètre de la cybersécurité 2025, conduit en partenariat avec le CESIA auprès de 400 organisations africaines, dont plus d’un quart situées en Tunisie. Le tableau qui en ressort est préoccupant : malgré une conscience accrue du danger, 44 % des structures sondées allouent encore moins de 5 % de leur budget informatique à la sécurité, un niveau jugé structurellement insuffisant. Sur le plan organisationnel, l’étude révèle qu’au-delà de 40 % des Responsables de la Sécurité des Systèmes d’Information demeurent rattachés hiérarchiquement à la Direction des Systèmes d’Information, une configuration qui compromet leur indépendance et leur capacité d’action.

La conclusion implicite de ce panel est sans appel : la cybersécurité industrielle n’est plus une discipline périphérique. Elle est devenue le garde-fou de la souveraineté productive.

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La Tunisie au Forum « A Bridge to Africa » en Italie

La Tunisie a pris part aux travaux de la 2ème édition du Forum international « A Bridge to Africa ». Il se tenait récemment dans la région de Ligurie, à La Spezia (ville portuaire stratégique du nord de l’Italie). C’dst ce qu’indique un communiqué du CEPEX.

Organisé du 8 au 10 avril 2026, ce forum vise à renforcer les partenariats entre l’Italie et les pays d’Afrique du Nord. Lesquels devraient servir de passerelle dans le cadre du plan Mattei, où la Tunisie figure parmi les pays prioritaires.

Dans ce cadre, un workshop « Focus Tunisie » a été organisé. Il a  permis de mettre en avant les atouts stratégiques du pays pour l’investissement italien, ainsi que son positionnement comme plateforme de co-production tournée vers les marchés africains.

A noter que « A Bridge to Africa » se présente comme un espace d’échange stratégique autour des enjeux du partenariat Nord-Sud. Et plus précisément dans les secteurs maritime, énergétique et agricole. Ceux-ci étant considérés comme des piliers essentiels pour le développement et la sécurité régionale.

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Tunisie : la facture énergétique alourdit un déficit commercial toujours sous pression

Le déficit commercial de la Tunisie s’est creusé au premier trimestre 2026 pour atteindre -5 232,7 millions de dinars, contre -5 049,5 millions de dinars un an auparavant, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique. Cette aggravation intervient dans un contexte de reprise modérée des échanges extérieurs, marquée par une progression des exportations mais également par une hausse continue des importations.

Dans le détail, le déséquilibre commercial reste principalement tiré par la facture énergétique, à laquelle s’ajoutent les déficits des matières premières, des biens d’équipement et des biens de consommation. À l’inverse, le secteur alimentaire constitue le seul levier d’excédent, contribuant à atténuer partiellement le déficit global. Malgré cela, l’amélioration du taux de couverture traduit un léger rééquilibrage des échanges, sans pour autant inverser la tendance structurelle déficitaire.

Les exportations tunisiennes ont enregistré une progression de 6,1 %, soutenues notamment par les industries mécaniques et électriques ainsi que par le secteur agroalimentaire. Ce dernier a bénéficié d’une forte dynamique des ventes d’huile d’olive, confirmant son rôle stratégique dans les recettes en devises. Le secteur énergétique a également contribué à cette hausse, grâce à une augmentation des exportations de produits raffinés. En revanche, certains secteurs traditionnels ont affiché des contre-performances, notamment les mines et le textile, pénalisés par des facteurs conjoncturels et structurels.

Sur le plan géographique, l’Union européenne demeure le principal partenaire commercial de la Tunisie, concentrant plus de deux tiers des exportations. Les ventes vers ce marché ont progressé, en particulier avec la France, l’Italie et l’Allemagne, tandis que des reculs ont été observés sur d’autres destinations européennes. Les échanges avec les pays arabes ont également évolué de manière contrastée, avec des hausses significatives vers certains marchés du Moyen-Orient, mais des replis notables vers les pays du Maghreb.

Parallèlement, les importations ont augmenté de 5,5 %, atteignant un niveau élevé, sous l’effet d’une hausse généralisée de la demande sur l’ensemble des catégories de produits. Les importations alimentaires, énergétiques et de biens d’équipement figurent parmi les principales composantes de cette progression. L’Union européenne reste également le premier fournisseur du pays, tandis que les échanges avec certains partenaires hors Europe ont connu des évolutions divergentes.

Au total, la structure des échanges extérieurs de la Tunisie continue de refléter une forte dépendance énergétique et une vulnérabilité sectorielle persistante, malgré des signaux positifs du côté des exportations.

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La Conect participe à la London Tech Week 2026

La Confédération des entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) et la Chambre de commerce tuniso-britannique organisent une session d’information dédiée à la participation tunisienne à la London Tech Week 2026, et ce mercredi 15 avril, au siège de la CONECT.

Cette rencontre vise à présenter les opportunités offertes par cet événement international majeur, qui réunit plus de 50 000 participants, 600 intervenants ainsi que des investisseurs et décideurs venus du monde entier, selon la confédération.

La délégation tunisienne ambitionne, à travers cette participation, de renforcer les partenariats stratégiques, d’accélérer l’investissement en Tunisie, de favoriser le transfert de savoir-faire et d’accroître la visibilité de l’écosystème technologique national à l’échelle internationale.

Cette session permettra aux participants de s’informer sur les modalités d’intégration de cette mission et de représenter la Tunisie lors de l’un des plus grands rendez-vous technologiques au Royaume-Uni.

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Climat des affaires : appel à un consensus pour accélérer les réformes en Tunisie

Les acteurs économiques appellent à la mise en œuvre rapide de réformes pour améliorer le climat de l’investissement en Tunisie, notamment à travers la révision du cadre législatif, la simplification des procédures et une meilleure refonte des structures publiques, afin de renforcer la confiance et relancer la création de projets.

Ces recommandations ont été formulées lors de rencontres tenues les 8 et 10 avril 2026 avec le ministre de l’Économie et de la Planification, réunissant notamment l’UTICA, la CONECT, le Conseil des chambres mixtes et des cadres ministériels.

Les participants ont insisté sur plusieurs priorités : accélérer la numérisation, faciliter l’accès au financement, alléger la fiscalité, améliorer les services logistiques, résoudre les contraintes foncières et moderniser les infrastructures et les systèmes de production, en vue de renforcer la compétitivité et soutenir le développement régional.

Le ministre a souligné l’importance de ce dialogue public-privé, rappelant le rôle central de l’investissement privé dans la croissance, l’emploi et le développement. Il a assuré que ces échanges s’inscrivent dans une démarche d’écoute visant à traduire les propositions en réformes concrètes pour renforcer l’attractivité du pays.

Les participants ont salué cette approche participative et exprimé leur volonté de poursuivre les efforts pour relancer l’investissement dans un climat de confiance.

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Salma Charni : « La Tunisie arrive au FMI avec un levier de négociation renforcé »

À l’occasion des Réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, qui se tiendront du 13 au 18 avril 2026, auxquelles la Tunisie participera par la présence du ministre de l’Économie et de la Planification et du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), l’économiste et experte en gestion des risques et en data, Salma Charni, dans une interview exclusive avec L’Économiste maghrébin, propose une lecture différente de la trajectoire tunisienne.

Mais pour mieux saisir son message, il suffit de lire attentivement sa note analytique jointe à la fin de l’article, préparée exclusivement pour L’Economiste maghrébin et intitulée : « La Tunisie sans le FMI: souveraineté maîtrisée, coûts réalloués, avenir conditionnel ». 

 

Selon Salma Charni, la situation continue d’être interprétée à travers une opposition devenue presque réflexe : souveraineté d’un côté, intérêt économique de l’autre. Une grille de lecture qu’elle juge utile dans le débat public, mais insuffisante pour appréhender la réalité des arbitrages en cours.

Depuis 2022, explique-t-elle, la Tunisie a engagé, volontairement ou par contrainte, une trajectoire rare dans les économies émergentes : celle d’un pays qui maintient sa stabilité macrofinancière sans s’inscrire dans un programme formel avec le Fonds monétaire international. Dans un environnement international marqué par la hausse des taux, la contraction de la liquidité globale et les tensions géopolitiques, cette trajectoire mérite, selon elle, une lecture dépassionnée et, surtout, quantitative.

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Le premier fait, objectivable, est celui de la continuité financière. Entre 2022 et 2025, la Tunisie a servi une dette publique dont le service annuel atteint environ 24,4 milliards de dinars, sans défaut désordonné ni rupture de paiement. « C’est un indicateur central d’orientation effective », souligne Salma Charni, rappelant que cette performance a été réalisée sans l’ancrage d’un programme FMI, généralement considéré comme un filet de sécurité pour les pays à financement contraint.

Elle met également en avant la recomposition de la dette publique comme élément structurant. La part de la dette intérieure est passée d’environ 42 % en 2022 à plus de 60 % en 2025, tandis que la dette extérieure reculait. Pour l’experte, ce basculement traduit un choix stratégique clair : « réduire l’exposition aux créanciers internationaux et aux conditionnalités externes, en internalisant la contrainte de financement ».

 

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB.

 

Sur le plan macroéconomique, Salma Charni insiste sur un point souvent sous-estimé : la Tunisie n’est pas en situation de crise systémique. La croissance reste positive, autour de 2,5 à 2,6 %, l’inflation a ralenti, et la perception du risque souverain s’est stabilisée, avec une amélioration vers B- (perspective stable) chez Fitch. « Ce ne sont pas des indicateurs d’expansion, mais ce sont des indicateurs de stabilité », précise-t-elle.

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB. « Cela montre que la contrainte externe est, pour l’instant, maîtrisée », analyse-t-elle.

Pour autant, l’experte insiste sur la nécessité d’une lecture complète : « La stratégie fonctionne, mais elle n’est pas gratuite. » L’augmentation de la dette intérieure s’est traduite par une montée de l’exposition des banques au financement de l’État, avec des taux de croissance proches de 30 % par an sur certaines périodes. En parallèle, le crédit au secteur privé a ralenti, signalant un effet d’éviction.

Pour Salma Charni, c’est précisément là que se situe le cœur du modèle tunisien : un arbitrage assumé. « La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

Cette approche diffère du séquençage généralement associé aux programmes du FMI, qui impliquent des ajustements rapides, notamment sur les subventions, la masse salariale publique ou les entreprises publiques, avec des effets sociaux immédiats. D’un point de vue économique, la stratégie correspond à un déplacement du coût : d’un choc direct sur les ménages vers une contrainte progressive sur les finances publiques et le système financier. « C’est une forme de stabilisation à dominante sociale, qui consiste à éviter le coût social immédiat et à le lisser dans le temps », résume-t-elle.

 

« La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

 

Afin d’objectiver ces arbitrages, Salma Charni a développé une analyse quantitative reposant sur un modèle de sensibilité et des tests de résistance. Celui-ci intègre cinq dimensions : contrainte externe, contrainte budgétaire, contrainte financière domestique, contrainte de croissance et contrainte sociale.

Les résultats montrent que la trajectoire actuelle optimise la stabilité sociale et la souveraineté décisionnelle à court terme, tout en augmentant progressivement la pression sur le système financier et la soutenabilité budgétaire à moyen terme.

Les simulations indiquent notamment qu’un choc externe, sur le tourisme ou les transferts, ou une hausse des taux domestiques pourrait réactiver certaines vulnérabilités. « La trajectoire est cohérente, mais elle reste conditionnelle », souligne-t-elle.

L’intérêt de l’analyse réside précisément dans la quantification de l’arbitrage entre cinq dimensions de coûts (externe, budgétaire, financière, productive et sociale) et évalue leur évolution selon trois trajectoires.

Les résultats sont clairs :

  • la trajectoire autonome optimise la stabilité sociale à court terme, mais dégrade progressivement les équilibres financiers internes ;
  • le scénario FMI améliore les indicateurs macro-financiers, mais génère un coût social immédiat élevé ;
  • le scénario hybride minimise simultanément le coût social immédiat et le coût financier différé.

Ce dernier se distingue quantitativement : il permet de stabiliser la dette, de contenir l’exposition bancaire et de restaurer le crédit productif, sans provoquer de rupture macroéconomique. En conclusion, Salma Charni invite à dépasser les lectures binaires opposant souveraineté et intérêt économique. Elle rappelle que le véritable enjeu pour la Tunisie est clair : « Transformer l’endettement en création de valeur, condition d’une souveraineté durable ».

Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.
Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.

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Hatem Salah : « L’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier »

Alors que les négociations entre la Tunisie et le FMI sont suspendues depuis 2022, et que le pays participera aux Réunions du printemps de la BM et du FMI du 13 au 18 avril 2026 à Washington, à travers une délégation conduite par le ministre de l’Économie et de la Planification et le gouverneur de la Banque centrale (BCT), l’économiste Pr Hatem Salah, Université Manouba, ESC Tunis, Labo ThÉMA, livre, dans une déclaration à L’Économiste maghrébin, une analyse rigoureuse et nuancée. Si le Fonds demeure un signal de crédibilité internationale, son absence n’a pas constitué le verrou financier redouté, assure-t-il. Et au passage, il appelle à repenser les termes d’une relation plus équilibrée, entre réforme des conditionnalités du FMI et appropriation nationale des ajustements structurels.

La Tunisie a-t-elle encore besoin du FMI ? Hatem Salah répond par une nuance de fond : oui, le Fonds demeure un partenaire important, mais il n’est ni exclusif ni indispensable à court terme pour la survie financière du pays. L’expérience récente, affirme-t-il, le démontre avec éloquence. A la suspension des négociations avec le FMI en 2022, nombre d’observateurs anticipaient un assèchement brutal des financements extérieurs. Les faits ont largement démenti ces prévisions, dit-il. La Tunisie est en effet parvenue à mobiliser des ressources substantielles en dehors de tout programme formel avec le Fonds.

Il cite à ce titre la Banque africaine de développement (BAD), qui a accordé environ 178 millions de dollars au pays en 2023, avant d’approuver, le 26 janvier 2026, un financement de 110 millions de dollars en faveur du Groupe chimique tunisien (GCT), illustrant, selon lui, la confiance maintenue des bailleurs multilatéraux malgré l’absence de garantie implicite du FMI.

Pour sa part, la Banque mondiale ne s’est nullement désengagée, tient-il à le rappeler : elle a mobilisé 430 millions de dollars en 2025 au profit de la transition énergétique, et plus de 330 millions de dollars supplémentaires en 2026, destinés aux secteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’emploi régional.

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros), les PME et les entreprises de taille intermédiaire (170 millions d’euros), ainsi que l’éducation et la transition énergétique.

 

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros),..

 

Pour Hatem Salah, ces chiffres établissent clairement que l’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier. Mais il se garde d’en tirer une conclusion hâtive : cela ne signifie nullement que le Fonds soit devenu inutile, mais plutôt que son rôle mérite d’être repensé et repositionné. Le FMI demeure, à ses yeux, un signal de crédibilité internationale et un partenaire technique de premier plan.

Il inscrit cette flexibilité dans un contexte politique qu’il juge déterminant : les partenaires clés de la Tunisie, notamment européens, semblent avoir opté pour un accompagnement pragmatique, conscients des risques qu’aurait fait peser une déstabilisation supplémentaire, non seulement sur le pays lui-même, mais sur la stabilité régionale et les équilibres migratoires en Méditerranée.

Les conditionnalités du FMI en question 

Cette situation, estime-t-il, appelle une réflexion plus large sur le modèle d’affaires du FMI. Ses relations avec les pays du Sud global ne peuvent plus reposer sur des prescriptions standardisées ni sur des conditionnalités perçues comme des diktats. Les trajectoires économiques doivent être différenciées, les modèles sociaux ne pouvant être traités comme interchangeables, et une réforme aboutie suppose un cadre de coopération respectueux des réalités nationales, construit dans un esprit de coresponsabilité plutôt que de tutelle.

 

Reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte.

 

Mais Hatem Salah appelle simultanément à une autocritique lucide. Cette exigence adressée au FMI doit aller de pair avec plus de courage politique de la part des États membres, dont la Tunisie : reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient, selon lui, à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, insiste-t-il, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte. Dans un contexte international marqué par le retour des pressions unilatérales, l’appropriation nationale des trajectoires de réforme apparaît alors, à ses yeux, comme une condition essentielle de résilience.

Les Réunions de printemps 2026, une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie

C’est dans cet esprit que Hatem Salah envisage les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale d’avril 2026 comme une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie, une dynamique de continuité plutôt que de rupture. La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale s’inscrirait, selon lui, dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

Il souligne que les perspectives apparaissent d’autant plus crédibles que la Tunisie a prouvé sa capacité à mobiliser des financements extérieurs sans la garantie implicite du Fonds. Le rôle de l’Union européenne, et de pays comme l’Italie et la France, a été, à cet égard, déterminant : il ne s’agissait pas seulement, estime-t-il, de soutenir des projets spécifiques, mais bien d’éviter la déstabilisation économique et sociale d’un pays de taille modeste, mais à forte valeur géopolitique.

 

La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale aux Réunions du printemps de la BM et du FMI s’inscrirait dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

 

Les Réunions de printemps offrent ainsi à la Tunisie l’occasion de défendre une approche fondée sur trois axes complémentaires, selon lui : un partenariat rénové avec le FMI ; un dialogue reposant sur la crédibilité et la progressivité des réformes ; une articulation intelligente entre financement, réforme économique et préservation du modèle social.

L’enjeu central, conclut Hatem Salah, n’est donc pas un simple retour au FMI, mais la redéfinition des termes d’une relation plus équilibrée. Un Fonds davantage attentif aux contraintes nationales, et des autorités tunisiennes pleinement engagées dans les réformes nécessaires : telles sont, à ses yeux, les deux faces d’une même équation, celle de la voie de la raison, qui exclut à la fois la dépendance et l’isolement au profit d’un partenariat exigeant et responsable.

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Investissement étranger : la CNBM confirme son expansion stratégique en Tunisie

Le groupe chinois CNBM, via sa filiale spécialisée dans le ciment, a confirmé son intention d’élargir ses activités en Tunisie, en misant sur l’introduction de technologies avancées et de systèmes de contrôle intelligents afin de moderniser la production et réduire l’empreinte carbone du secteur.

Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue vendredi entre une délégation du groupe, conduite par son représentant Li Baoming, et les responsables de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA-Tunisia), dirigée par Jalel Tebib. Les discussions ont porté sur les opportunités d’investissement offertes par le pays ainsi que sur les dispositifs d’accompagnement disponibles pour les investisseurs étrangers.

Selon les informations communiquées, le projet prévoit notamment la modernisation des lignes de production existantes, avec pour objectifs l’amélioration de la qualité des produits, la réduction de la consommation énergétique et l’accélération de la transition vers une industrie cimentière plus efficiente et moins émettrice de carbone.

Les responsables tunisiens ont salué les investissements déjà réalisés par le groupe et ont mis en avant les atouts du pays pour attirer davantage de capitaux étrangers. Ils ont souligné la position géographique stratégique de la Tunisie, son environnement des affaires, ainsi que la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et d’infrastructures adaptées.

L’agence a également réaffirmé son engagement à accompagner les projets d’investissement à travers un soutien institutionnel afin de faciliter la mise en œuvre des projets et d’optimiser leur exploitation.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de renforcement des relations économiques entre la Tunisie et la Chine, marqué par un intérêt croissant des entreprises chinoises pour le marché tunisien.

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Tunisie-Japon : l’investissement comme nouveau moteur du partenariat bilatéral

La Tunisie et le Japon ont scellé ce vendredi un accord de principe sur un traité bilatéral d’investissement, visant à renforcer la sécurité juridique des capitaux et à stimuler les échanges économiques entre les deux pays. Les deux parties s’engagent à tout mettre en œuvre pour sa signature et son entrée en vigueur dans les meilleurs délais.

Les pourparlers officiels autour de cet accord ont débuté en juin 2025. L’annonce de sa conclusion a été publiée sur le site du ministère japonais des Affaires étrangères et relayée par l’ambassade du Japon en Tunisie, qui a réaffirmé sa volonté de renforcer les relations bilatérales avec un pays qu’elle décrit comme situé au carrefour du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Europe.

Le ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et le nouvel ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun, s’étaient rencontrés le 8 avril 2026. Ils avaient alors souligné l’existence de réelles opportunités pour développer les investissements directs japonais en Tunisie, notamment dans les secteurs à haute valeur ajoutée, et insisté sur la nécessité de finaliser les consultations relatives à l’accord dans les meilleurs délais.

Les exportations tunisiennes vers le Japon ont atteint environ 18,6 milliards de yens en 2024, soit approximativement 125 millions de dollars, portées principalement par le thon rouge, l’huile d’olive et le prêt-à-porter. Dans le sens inverse, les importations tunisiennes en provenance du Japon se sont élevées à environ 11,5 milliards de yens, soit approximativement 77 millions de dollars, composées essentiellement de véhicules, de machines et d’équipements électriques.

Le Japon, partenaire clé dans les infrastructures et l’énergie

L’Agence japonaise de coopération internationale finance une part significative des infrastructures tunisiennes, avec un encours cumulé de prêts dépassant 350 milliards de yens jusqu’en 2024. La poursuite de la construction de la station de dessalement d’eau de mer à Sfax figure parmi les grands chantiers en cours pour la période 2025-2026.

Sur le front énergétique, l’ambassade du Japon a annoncé, le 17 mars 2026, la sélection d’un projet photovoltaïque de 130 mégawatts à Gabès, bénéficiaire d’une subvention japonaise plafonnée à 2 milliards de yens, dans le cadre du mécanisme de crédit carbone. Ce projet, confié à la société Marubeni en partenariat avec une entreprise française, est le quatrième du genre lancé en Tunisie au titre de ce mécanisme, après deux projets similaires réalisés à Sidi Bouzid et à Tozeur.

La dynamique actuelle s’inscrit dans la continuité de la conférence TICAD 8, accueillie par la Tunisie en août 2022, qui avait insufflé un nouvel élan aux relations économiques bilatérales.

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Lotfi Riahi : « La multiplicité des intermédiaires alourdit injustement les prix »

Dans un contexte marqué par la hausse persistante des prix et les tensions sur le pouvoir d’achat, Lotfi Riahi alerte sur les dysfonctionnements structurels du circuit de distribution agricole et appelle à une réforme en profondeur. Tout en estimant qu’il s’agit d’un levier décisif pour rétablir l’équilibre du marché et protéger le consommateur.

Dans une déclaration à L’Economiste Maghrébin, le président de Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTIC) affirme que le système actuel de distribution des produits agricoles souffre de déséquilibres majeurs. Il évoque notamment la multiplication des intermédiaires, le manque de transparence dans la formation des prix et l’existence de marges élevées et injustifiées entre la production et la consommation. Autant de facteurs qui pèsent directement sur les prix finaux.

S’appuyant sur des observations de terrain et des analyses des chaînes d’approvisionnement, notre interlocuteur considère qu’une refonte structurelle s’impose. Cette réforme devrait, estime-t-il, reposer sur l’instauration d’un dispositif national unifié et obligatoire de facturation et de traçabilité numérique, permettant de suivre les produits depuis l’agriculteur jusqu’au consommateur final, tout en garantissant une transparence totale des quantités, des prix et des transactions.

Lotfi Riahi souligne également la nécessité de redéfinir les rôles au sein de la chaîne de valeur agricole. Il plaide pour un renforcement de la position de l’agriculteur en tant qu’acteur central du marché, ainsi que pour une réorientation des structures intermédiaires vers des fonctions logistiques et de service, telles que la collecte, le tri, le stockage et la distribution, dans un cadre structuré et transparent, à l’abri des pratiques spéculatives.

Il insiste par ailleurs sur le rôle clé des marchés de gros, appelés, souligne-t-il, à devenir une référence dans la formation des prix sur la base de l’offre et de la demande, avec une publication quotidienne des données relatives aux volumes et aux prix. Une telle évolution permettrait de renforcer la concurrence loyale et de limiter les distorsions du marché.

Le président de l’OTIC relève encore que la baisse des prix pour le consommateur ne peut résulter de mesures conjoncturelles. Elle passe par une rationalisation du circuit de distribution, notamment à travers la réduction des intermédiaires non essentiels, la maîtrise des coûts logistiques et l’amélioration de l’efficacité des chaînes d’approvisionnement, avec des effets attendus sur la stabilité du marché et le pouvoir d’achat, poursuit-il.

Enfin, le responsable associatif appelle à une mise en œuvre progressive de cette réforme, fondée sur des phases pilotes et une évaluation régulière. Et ce, afin d’assurer une transition maîtrisée sans perturber l’activité économique. Il réaffirme, dans ce cadre, la disponibilité de l’OTIC à accompagner les autorités publiques et les acteurs privés dans la conception et le déploiement des mécanismes opérationnels. Tout en considérant cette réforme comme une étape stratégique vers un système de distribution plus équitable, transparent et durable.

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Textile tunisien : l’innovation et la durabilité, clés de la compétitivité

L’innovation et la durabilité s’imposent de plus en plus comme des conditions essentielles pour maintenir la compétitivité du textile tunisien. C’est ce qu’a affirmé la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, Fatma Thabet Chiboub, à l’ouverture de l’Assemblée générale de TEXTRANET à Tunis (8-11 avril 2026).

Pilier de l’économie nationale, le textile représente environ 30 % des entreprises industrielles, 30 % des emplois et 20 % des exportations. La Tunisie se positionne également comme un acteur majeur sur le marché européen : 9e exportateur mondial d’habillement vers l’UE, premier fournisseur de vêtements professionnels et quatrième pour les jeans.

Face à une concurrence accrue, le secteur amorce une transformation vers un modèle de co-développement, misant sur les textiles techniques, intelligents et la recherche collaborative.

Selon le directeur général du CETTEX, Mohsen Missaoui, les nouvelles normes de durabilité et de circularité, portées notamment par le Pacte vert européen, redéfinissent l’industrie textile mondiale. La Tunisie fait ainsi le choix de la montée en gamme, en considérant ces exigences comme des opportunités d’innovation plutôt que comme des contraintes.

Dans ce contexte, le réseau TEXTRANET joue un rôle clé en facilitant le transfert de technologies avancées et en renforçant la coopération internationale, notamment dans les domaines de la traçabilité numérique et de l’économie circulaire, pour une production plus responsable.

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Agriculture durable : Tunis et la FAO intensifient leur coopération stratégique

Le ministre de l’Agriculture, Ezzedine Ben Cheikh, a réaffirmé la volonté de la Tunisie de consolider son partenariat avec la FAO, notamment en matière de sécurité alimentaire et de gestion de l’eau, lors d’un entretien avec Nabil Assaf, nouveau représentant de l’organisation en Tunisie.

La rencontre a permis d’examiner les perspectives de coopération afin de répondre aux priorités nationales, notamment l’agriculture durable, la gestion efficiente des ressources hydriques et le soutien aux systèmes de production, dans l’objectif de renforcer la souveraineté alimentaire.

Le ministre a appelé à intensifier les actions communes dans la recherche, l’innovation, l’adoption de technologies modernes et la formation des acteurs du secteur.

De son côté, Nabil Assaf a réaffirmé l’engagement de la FAO à soutenir les programmes agricoles et ruraux de la Tunisie, saluant la qualité du partenariat existant et sa contribution au développement agricole durable.

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L’UTICA à la BCT : pas de politique d’importation sans dialogue avec le secteur privé

L’UTICA hausse le ton. Dans un communiqué publié le 8 avril 2026, l’organisation patronale s’oppose fermement aux modalités d’application de la circulaire n°4 émise le 26 mars 2026 par la BCT, qui contraint les importateurs de produits jugés « non prioritaires » à financer l’intégralité de leurs achats à l’étranger sans aucun recours au crédit bancaire, aux avances ni aux garanties. Tout en admettant la nécessité de rationaliser les importations, l’UTICA avertit que cette mesure, appliquée de manière rigide et non ciblée, menace directement le tissu économique national, fragilise les PME et risque de produire des effets inverses à ceux recherchés. Elle exige une révision urgente et réclame l’ouverture immédiate d’un cadre permanent de concertation avec la Banque centrale et les ministères concernés.

Émise le 26 mars 2026, la circulaire n°4 de la BCT impose aux importateurs de produits classés comme « non prioritaires » de couvrir à hauteur de 100 % le coût de leurs achats à l’étranger par leurs propres ressources, excluant tout mécanisme de financement bancaire. C’est en réponse à cette décision que l’UTICA a rendu public son communiqué, à l’issue de réunions et de consultations menées avec les fédérations et structures sectorielles relevant de son organisation.

L’organisation patronale inscrit sa prise de position dans un contexte économique qu’elle décrit comme déjà fragilisé. Elle rappelle que la Tunisie fait face à un déficit commercial structurel, aggravé ces dernières années par le secteur de l’énergie qui représente, selon le communiqué, plus de la moitié du déficit global. Elle souligne par ailleurs la dégradation du marché de l’emploi, notamment parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, ainsi que l’expansion du secteur informel.

Sans contester le principe d’une rationalisation des importations, l’UTICA avertit qu’une application rigide et non ciblée de la circulaire pourrait produire des effets contraires aux objectifs recherchés. L’organisation cite notamment le risque d’une perturbation des mécanismes de financement dans plusieurs secteurs, d’une expansion du marché parallèle, de dysfonctionnements dans les chaînes d’approvisionnement, d’une hausse des coûts de production et de pressions inflationnistes sur les prix à la consommation. Ces conséquences pourraient, selon elle, se traduire par une contraction des recettes fiscales et douanières, un ralentissement de l’investissement, une perte de compétitivité des entreprises et une aggravation des tensions sur le marché de l’emploi.

Face à ce diagnostic, l’UTICA formule plusieurs recommandations à court terme. Elle préconise une révision ciblée de la liste des produits soumis à restrictions, une simplification des procédures administratives, une accélération des remboursements liés à l’avance sur impôt retenu à la source ainsi que des trop-perçus de TVA, l’instauration de délais standardisés et contraignants pour les opérations bancaires, et un accompagnement renforcé des entreprises exportatrices.

À plus longue échéance, l’organisation appelle au renforcement de la production nationale, à la réévaluation de certains accords commerciaux, à la mise en œuvre d’une stratégie de substitution aux importations, au renforcement du contrôle des circuits parallèles, ainsi qu’à l’accélération du financement des projets d’énergies renouvelables, qu’elle qualifie de priorité stratégique.

Dans son communiqué, l’UTICA propose enfin la création d’un cadre permanent de concertation réunissant la Banque centrale de Tunisie et les ministères concernés, qu’elle présente comme le levier d’une meilleure coordination des politiques économiques dans un esprit de « partenariat et de responsabilité partagée ».

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Industries électroniques : Tunis s’engage pour 5 milliards de dinars d’exportations

5 milliards de dinars d’exportations, 10 000 emplois qualifiés et une ambition régionale affirmée : la Tunisie franchit un cap décisif pour son industrie électronique. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie accueille, ce vendredi 10 avril, la cérémonie de signature du Pacte de compétitivité pour le développement des industries électroniques à l’horizon 2030.

Ce pacte de partenariat public-privé constitue un pilier central de la stratégie industrielle nationale. Son objectif : faire de la Tunisie un pôle régional de référence dans le domaine des industries électroniques à haute valeur ajoutée, capable d’attirer des investissements étrangers et nationaux d’envergure.

Les cibles fixées sont précises et ambitieuses : porter les exportations à 5 milliards de dinars, créer près de 10 000 emplois qualifiés — ingénieurs et techniciens — et renforcer durablement la compétitivité du secteur à l’échelle internationale.

La cérémonie sera présidée par la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, en présence du secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, du président de l’UTICA, Samir Majoul, du président du groupe Elentica, Walid Ben Amor, ainsi que de représentants de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

La réussite du pacte repose sur la convergence des efforts dans cinq domaines clés : les infrastructures et la logistique; la formation et les ressources humaines; l’adoption d’un cadre législatif adapté; la promotion et l’internationalisation; ainsi que la recherche et le développement.

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Corridor vers l’Afrique : l’ambition tunisienne à l’épreuve de l’action

Un pays qui dispose depuis toujours d’une position géographique exceptionnelle entre deux continents, et qui découvre en 2026 qu’il pourrait en faire un corridor commercial. Ce constat n’est pas une critique, c’est un diagnostic. Et tout diagnostic honnête doit partir de là : la Tunisie n’invente pas une opportunité, elle tente de la rattraper.

Le 1er avril 2026, lors du Forum économique Tunisie-Niger, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a lancé les travaux de préparation d’un corridor terrestre reliant Ras Jedir aux marchés du Niger, du Tchad, du Mali, du Burkina Faso et de la République centrafricaine, en coordination avec la Libye. L’annonce est structurante. Elle mérite une lecture rigoureuse, mais ni d’enthousiasme de façade, ni de pessimisme de confort.

Derrière les annonces, quelques ordres de grandeur permettent de situer l’enjeu. Le potentiel d’exportation inexploité de la Tunisie vers l’Afrique subsaharienne est estimé à environ 520 millions de dollars, estime le CEPEX en 2025. En parallèle, les échanges avec cette région ont atteint 1,65 milliard de dinars en 2024, en recul par rapport à l’année précédente, et représentant encore moins de 3 % du commerce extérieur tunisien.

Dans le même temps, environ 400 transactions ont été réalisées dans le cadre des certificats d’origine liés à la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine). Tandis que le projet libyen SSS, centré sur Syrte et évalué à 2 milliards de dollars, a déjà reçu des validations institutionnelles à l’échelle régionale. L’horizon annoncé pour la mise en opération du corridor reste fixé à 2029.

Ces chiffres ne racontent pas seulement un potentiel. Ils dessinent un écart entre une ambition affichée et une réalité encore limitée dans ses flux.

Pourquoi maintenant, malgré les contraintes

La Tunisie agit aujourd’hui dans un environnement plus complexe qu’il y a une décennie. La Libye reste institutionnellement fragmentée, le Sahel demeure instable sur le plan sécuritaire. Et les financements internationaux sont devenus plus exigeants dans leur allocation. Ce contexte ne remet pas en cause l’intérêt du projet, mais il en redéfinit les conditions de réussite.

Dans le même temps, plusieurs dynamiques convergent. La recomposition des chaînes de valeur mondiales repositionne la Tunisie comme un point d’articulation entre une Europe en recherche de sécurisation de ses approvisionnements et une Afrique en quête de diversification logistique. À titre d’exemple, plus de 90 entreprises françaises réunies à Gammarth fin mars 2026 ont explicitement identifié la Tunisie comme une plateforme potentielle d’ancrage euro-africain. Un signal extérieur qui tient autant de la validation que de l’incitation à structurer davantage l’offre.

Par ailleurs, les économies ciblées (Niger, Tchad, Mali, Burkina Faso) sont caractérisées par leur enclavement et une dépendance structurelle aux importations. Elles expriment une demande soutenue dans des secteurs où la Tunisie dispose d’avantages compétitifs, notamment l’agroalimentaire, les composants industriels, le textile et certains segments pharmaceutiques. Dans ces marchés, le facteur déterminant n’est pas seulement le prix ou la qualité, mais le délai d’acheminement, qui peut aujourd’hui atteindre plusieurs dizaines de jours, là où des alternatives logistiques plus optimisées réduisent considérablement ces temps de transit.

Enfin, il faut souligner que ce corridor ne part pas d’une feuille blanche. Des flux commerciaux existent déjà, des transactions sont réalisées dans le cadre de la ZLECAf, et des réseaux d’acteurs privés se sont progressivement structurés autour de ces marchés. Autrement dit, le corridor envisagé ne créerait pas un marché ex nihilo, mais chercherait à accélérer et fluidifier des échanges déjà amorcés.

Un cadre utile, mais insuffisant

La ZLECAf est souvent présentée comme l’élément structurant de cette dynamique. Elle constitue effectivement un cadre important, en ce qu’elle facilite la réduction des barrières tarifaires entre les pays africains. Mais elle ne couvre pas l’ensemble des obstacles qui conditionnent la réalité des échanges.

Les lenteurs aux frontières, les disparités de procédures douanières, l’absence d’infrastructures logistiques adaptées, les contraintes liées au transport et à l’assurance des marchandises, ou encore les coûts informels, continuent de peser lourdement sur la circulation effective des biens. Dans ce contexte, un corridor ne se résume pas à un accord juridique ou à une déclaration politique. Il repose sur une capacité à mettre en cohérence des chaînes opérationnelles souvent fragmentées.

C’est précisément sur ce terrain que se joue la différence entre un cadre théorique et un corridor réellement fonctionnel.

La Libye comme partenaire structurant

Dans cette équation, la Libye occupe une position centrale. Elle n’est pas seulement un pays de transit, mais un acteur qui développe lui-même une stratégie d’intégration continentale, avec des projets logistiques ambitieux et des axes orientés vers le Sahel.

Cette configuration ouvre la voie à une logique de complémentarité, à condition que la coordination entre Tunis et Tripoli dépasse le niveau des intentions pour atteindre celui des mécanismes concrets de gouvernance et d’exécution. Les flux, les responsabilités, les procédures et les engagements devront être clairement définis pour éviter les déséquilibres et garantir une certaine continuité opérationnelle.

Au-delà de cette relation bilatérale, une réalité régionale plus large demeure : l’absence de coordination maghrébine structurée limite la portée potentielle de toute initiative de ce type. Sans articulation régionale, les coûts logistiques augmentent, les délais s’allongent et la vulnérabilité aux facteurs extérieurs s’accroît.

Dans cette configuration, un corridor conçu sans intégration régionale restera nécessairement contraint dans son extension et dans sa capacité à devenir un véritable axe structurant à l’échelle continentale.

 

Forum économique Tunisie-Niger

 

Les conditions concrètes de la transformation

La réussite d’un tel projet ne dépend pas uniquement de son annonce, mais de sa mise en œuvre progressive et mesurable. Elle commence au niveau national, notamment par l’efficacité des points de passage comme Ras Jedir, dont la modernisation constitue un préalable incontournable. Sans fluidité à la source, les ambitions de transit régional se heurtent à des blocages immédiats.

Elle repose également sur la capacité à définir des objectifs clairs et mesurables dans le temps. Et ce, qu’il s’agisse des délais de transit, des volumes exportés ou de la régularité des flux. L’absence de métriques précises rend toute évaluation difficile et fragilise le pilotage du projet.

Le financement constitue un autre levier déterminant. Les mécanismes existants, qu’ils relèvent des institutions africaines ou européennes, sont en mesure d’accompagner ce type d’infrastructure. A condition que les dossiers présentés soient techniquement solides, cohérents et bien structurés. L’accès aux ressources financières dépend ici directement de la qualité de la préparation.

Enfin, l’environnement opérationnel dans son ensemble doit être pris en compte, depuis les procédures douanières jusqu’à la logistique intégrée, en passant par les assurances et la sécurisation des flux. C’est dans cette dimension souvent invisible que se joue l’efficacité réelle d’un corridor.

Un test de capacité, plus qu’un projet d’infrastructure

Le Plan de développement 2026–2030 inscrit l’intégration africaine parmi ses priorités stratégiques. Dans ce cadre, le corridor terrestre vers l’Afrique subsaharienne apparaît comme une première matérialisation concrète de cette orientation.

Sa réussite permettrait de démontrer une capacité à transformer une ambition en dispositif opérationnel viable. À l’inverse, un échec viendrait rappeler que la difficulté ne réside pas dans la formulation des projets, mais dans leur exécution dans la durée.

La Tunisie dispose d’atouts indéniables, qu’il s’agisse de sa position géographique, de ses compétences sectorielles ou de ses relations institutionnelles. Mais dans ce type de projet, ces avantages ne prennent pleinement leur valeur que s’ils sont traduits en mécanismes concrets, coordonnés et efficaces.

Dans cette région, les infrastructures ne suffisent pas à elles seules à créer des corridors. Ce sont les pratiques, la coordination et la constance dans l’exécution qui finissent par dessiner les routes — et déterminer ceux qui les empruntent réellement.

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ZLECAf et OAPI : Tunis s’impose comme acteur incontournable du commerce africain

Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a appelé à accélérer la finalisation des procédures de signature et de ratification relatives à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), dont le siège sera établi en Tunisie. Il s’exprimait lors de la 9ème réunion extraordinaire des ministres du Commerce des États membres du COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe), qui se tenait par visioconférence le 2 avril 2026.

Cette réunion avait pour objet l’examen et l’approbation du Plan stratégique du COMESA pour 2026-2030, ainsi que de la stratégie de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Samir Abid a qualifié cette stratégie d’étape cruciale vers le renforcement de l’intégration des États membres au sein du marché africain. Tout en soulignant qu’elle permettra d’améliorer la compétitivité des entreprises et de stimuler le commerce et les investissements intra-régionaux. Contribuant ainsi à un développement inclusif et durable.

Sur le plan opérationnel, le ministre a formulé plusieurs recommandations :

  • Mettre en place des mécanismes de suivi rigoureux dans le respect des échéances fixées.
  • Renforcer la coordination nationale entre les différentes parties prenantes, notamment les douanes, le commerce et les transports.
  • Et définir un rôle plus efficace pour le secteur privé dans la promotion de l’intégration régionale.

Il a également préconisé d’approfondir l’analyse des chaînes de valeur, de recourir aux nouvelles technologies, d’intégrer des approches innovantes telles que l’économie verte, et d’élaborer des plans nationaux de mise en œuvre concrets, adaptés aux spécificités de chaque État membre.

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Pétrole à 115 dollars : la Tunisie face à l’urgence énergétique

Face à la situation de crise énergétique à laquelle est confrontée la Tunisie, leconomistemaghebin.com a pris le pouls des économistes et autres spécialistes du secteur de l’énergie pour recueillir leurs analyses et avis quant à des solutions pour notre pays.

Pour le cas présent, Ezzedine Khalfallah, consultant international en énergie et ancien PDG de l’ETAP, analyse la situation et propose quelques pistes concrètes. Alors que le budget 2026 a été bâti sur un prix du baril à 63,3 dollars, le brut dépasse désormais les 115 dollars. Un écart qui fragilise dangereusement les finances publiques tunisiennes, s’inquiète-t-il.

Il poursuit son propos en soulignant que la Tunisie est un pays structurellement vulnérable. En effet, « la Tunisie, importatrice nette d’énergie, subit de plein fouet la flambée des cours ». M. Khalfallah note encore que trois indicateurs se dégradent simultanément : la facture énergétique; le déficit énergétique commercial; et le montant des subventions. « Chaque hausse au-delà du seuil budgétaire contraint l’État à reporter ou supprimer d’autres projets », rappelle le consultant.

Une feuille de route en quatre temps

Face à cette crise, l’expert structure sa réponse selon quatre horizons. À très court terme, il préconise des campagnes de sensibilisation à la sobriété énergétique. Mais il insiste : la sensibilisation ne suffit pas. « Des décisions courageuses s’imposent, comme l’ajustement progressif des tarifs de l’énergie et un meilleur ciblage des subventions vers les ménages les plus vulnérables », préconise-t-il.

À court terme, il appelle à prioriser l’accélération des projets d’énergies renouvelables déjà lancés. Au-delà de 100 dollars le baril, chaque kilowattheure renouvelable produit permet à la STEG de réduire ses importations de gaz. Il appelle aussi à élargir l’autoproduction pour les industriels et à renforcer les interconnexions électriques régionales.

À moyen terme, M. Khalfallah plaide pour un déploiement massif des renouvelables avec stockage, la digitalisation du réseau via les Smart Grids et une réforme en profondeur du système de subventions. Il juge également nécessaire de relancer l’exploration d’hydrocarbures, y compris non conventionnels (pétrole et gaz de schiste).

Lire aussi — Signature de contrats de réalisation de la première phase du projet « SMART GRID »

À l’horizon 2050, il vise 80 % de renouvelables dans le mix électrique, une électrification généralisée des usages – notamment dans le transport – et le développement de technologies bas carbone pour les industries les plus émettrices.

Sa conclusion est sans ambiguïté : « La transition énergétique n’est plus un choix. C’est une obligation nationale ».

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Partenariats Tunisie–RDC : une mission économique congolaise attendue du 6 au 9 avril 2026

Une délégation d’hommes d’affaires congolais se rendra en Tunisie du 6 au 9 avril 2026, avec pour ambition de développer des partenariats commerciaux et de conclure des accords d’approvisionnement, notamment en huile d’olive et en divers produits tunisiens.

L’annonce a été faite vendredi à Kinshasa, à l’issue d’une rencontre entre l’ambassadeur de Tunisie en République démocratique du Congo, Mehrez Ferchichi, et plusieurs opérateurs économiques congolais spécialisés dans les domaines de l’approvisionnement et de la distribution.

Cette mission vise à promouvoir le savoir-faire tunisien, à dynamiser les échanges commerciaux entre les deux pays et à établir des relations économiques durables et mutuellement avantageuses. Elle s’inscrit dans le cadre d’un programme dédié à la valorisation de l’huile d’olive tunisienne sur le marché congolais.

Pour maximiser les retombées de cette visite, la délégation d’affaires sera intégrée à une mission officielle congolaise dirigée par le chef de cabinet du ministre du Commerce extérieur, avec à la clé des rencontres professionnelles bilatérales.

D’après les sources de l’ambassade, le programme inclura des réunions avec des producteurs d’huile d’olive, des visites d’organismes spécialisés dans l’exportation, ainsi que des tournées d’unités industrielles, notamment dans le secteur agroalimentaire et d’autres filières de production.

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La douane mène une campagne de contrôle cible des espaces commerciaux au port de Radès

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a octroyé un nouveau permis de recherche de substances minérales dans le gouvernorat de Tozeur. Ce permis, baptisé « Chott El Gharsa » et portant sur des substances du quatrième groupe (sel), a été attribué à la société « Gulf Care Company Branch Tunisia ».

Accordé pour une durée initiale de trois ans, ce permis s’inscrit dans le cadre d’un arrêté ministériel daté du 5 mars 2026 et publié au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) le 3 avril 2026.

Selon le Code minier tunisien, les substances minérales sont réparties en six groupes. Le quatrième groupe comprend les sels naturels, qu’ils soient solides ou dissous, présents sous forme de gisements massifs ou de saumures naturelles. Cela inclut notamment les chlorures (dont le sel marin), ainsi que les bromures, iodures, borates, sulfates, nitrates et autres sels associés.

Par ailleurs, le ministère a également approuvé une prolongation de 25 ans de la concession d’exploitation des substances minérales du quatrième groupe dite « Sidi El Hani », située dans les gouvernorats de Sousse et Monastir, au profit de la société « Saïda », à partir du 28 août 2026.

Cette concession couvre une superficie de 1 600 hectares. La prolongation a été accordée en vertu d’un arrêté ministériel du 23 mars 2026. Avant toute occupation des terrains, la société « Saïda » devra régulariser sa situation foncière auprès des propriétaires concernés, conformément aux dispositions du Code minier.

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