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Tunisie | Un prêt sans intérêt ou l’illusion de l’argent magique

L’obtention d’un prêt sans intérêt auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) – on parlera alors de «monétisation directe de la dette publique» – est le rêve de l’argent magique cher au Parlement tunisien. Une pareille opération risquerait d’augmenter la masse monétaire, de relancer l’inflation et de nuire à l’ensemble de l’économie nationale. Explications…

Larbi Ben Bouhali *

Toutes les écoles de pensée économique des XXe et XXIe siècles s’accordent sur un point : si les banques centrales augmentent la masse monétaire, l’inflation augmentera. Or, une inflation trop élevée nuira à l’ensemble de l’économie et nous conduira à une économie à deux classes, où les riches s’enrichiront et les pauvres s’appauvriront (Milton Friedman, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek, Thomas Piketty et Carl Menger).

À cela s’ajouteront d’autres problèmes économiques, sociaux et politiques.

Corriger d’abord le double déficit chronique

Le Parlement devrait s’attaquer aux causes profondes du problème, qui ne réside pas dans la loi de la Banque centrale de Tunisie de 2016, mais dans le double déficit chronique que connaît l’État (twin deficits, déficits jumeaux) : un déficit budgétaire et un déficit commercial importants. Lorsqu’un État est déficitaire, il doit emprunter des sommes considérables. Il convient donc de corriger d’abord ce double déficit, puis de réformer le code de la Banque centrale de Tunisie.

Que le gouvernement emprunte directement auprès de la banque centrale ou auprès des banques commerciales, le résultat est le même : une forte inflation, une faible croissance économique et une économie à deux vitesses.

Prenons l’exemple des deux dernières années : le gouvernement a emprunté 14 milliards de dinars à la banque centrale et 11 milliards de dinars au système bancaire local. Cette année 2026, il devra emprunter à nouveau 27 milliards de dinars.

Premièrement, je suis opposé au financement direct de la dette publique tunisienne par la Banque centrale (monétisation de la dette publique).

Deuxièmement, je soutiens la réforme globale d la loi de la Banque centrale de Tunisie de 2016, ainsi que du système de paiement, de la législation sur les taux de change, du mandat de la Banque centrale en matière de stabilité des prix (inflation) et des règles prudentielles visant à réguler le système bancaire.

Un ensemble de mesures est nécessaire pour moderniser la Banque centrale et l’adapter aux réalités du XXIe siècle.

Lorsque la Banque centrale augmente la masse monétaire en circulation, elle perturbe l’économie dans son ensemble, détourne l’épargne des investissements productifs réels vers la surconsommation et le gaspillage des ressources rares, et creuse les inégalités. Plus important encore, elle dévalue le dinar et l’épargne totale, dont le taux a diminué, passant de 9 % du PIB en 2020 à 4,5 % en 2025.

Les parlementaires tunisiens devraient se poser la question suivante : pourquoi la Banque centrale suisse et la Banque centrale allemande sont-elles interdites par la loi et la constitution de prêter directement de l’argent à leurs gouvernements respectifs ?

Modifier la loi sur l’autonomie et l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie ne résoudra pas les problèmes économiques du pays. Pourquoi ?

Le Parlement sait-il que la Banque centrale de Tunisie ne fournit que 20 % des liquidités du système bancaire et financier, les 80 % restants étant assurés par les banques commerciales et autres organismes de crédit, comme dans tout autre système bancaire au monde ?

Dès lors, pourquoi le Parlement souhaite-t-il légiférer sur ces 20 % de liquidités et ignorer les 80 % restants ?

Par ailleurs, le problème ne réside pas dans le fait que la Banque centrale puisse choisir entre un double mandat (stables prix et plein emploi) et un mandat unique (stables prix et inflation). (Single mandate or double mandate).

Prendre aux pauvres pour donner aux riches

Le problème est que lorsque la Banque centrale augmente la masse monétaire (M2/M3) de plus de 10 % par an pour financer l’État et l’économie, l’inflation monétaire se maintient à un niveau élevé, faussant l’économie et créant deux classes sociales distinctes : les très riches et les très pauvres, à l’image des situations au Venezuela et en Argentine.

C’est précisément ce qui s’est produit en Tunisie ces deux dernières années, lorsque la Banque centrale a accordé un prêt de 14 milliards de dinars à l’État en 2024 et 2025. Le Parlement tunisien devrait faire le point sur les deux dernières années et éviter de plonger l’économie tunisienne dans une profonde récession.

Il devrait s’atteler en priorité à la résolution des deux déficits majeurs que sont le déficit budgétaire et le déficit commercial.

La science économique du XXIe siècle est radicalement différente de celle des trois siècles précédents. En quoi ?

On nous a appris que la définition théorique de l’économie est «la gestion de la rareté des ressources réelles» afin de créer de la richesse et d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la société.

Or, dans la réalité de ce XXIe siècle, l’économie keynésienne ne sert plus les intérêts de la société dans son ensemble et la politique monétaire est fortement influencée par la conjoncture budgétaire.

Lorsque les gouvernements du monde entier accumulent des déficits budgétaires, ils se tournent vers les banques centrales pour qu’elles impriment davantage de monnaie afin de refinancer les nouvelles dettes par l’ancienne.

Le niveau d’endettement mondial a atteint 300 000 milliards de dollars en 2025, soit environ 300 % du PIB mondial (Source : Banque des règlements internationaux – BRI – Bâle).

Les banques centrales du G20 disposent d’une offre monétaire illimitée (la rareté des ressources n’existe plus) et impriment des milliers de milliards de dollars pour maintenir la croissance du PIB indéfiniment. Telle est la réalité économique du XXIe siècle.

Mais lorsque les banques centrales impriment des milliards de dollars (FED, BoJ, ECB, BoE, Pboc) sans véritable production industrielle de biens et de services, l’ensemble de l’économie se trouve faussée par des niveaux d’endettement et de chômage élevés, une faible croissance de la productivité, et les riches s’enrichissent tandis que les pauvres s’appauvrissent.

Ainsi, supprimer l’autonomie et l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie ne résoudra pas, et ne pourra pas résoudre, les problèmes économiques du pays.

Cela créera une économie à deux vitesses, avec une Bourse de Tunis progressant de 35 % par an tandis que l’économie réelle et productive croîtra de seulement 2,5 %, le tout accompagné d’une forte inflation, d’une faible croissance économique, d’un chômage élevé, de faibles gains de productivité et d’un endettement croissant d’année en année.

L’argent, transféré de la Banque centrale vers l’économie réelle, faussera les politiques monétaire et budgétaire, affaiblira le dinar et alimentera l’inflation. Les indicateurs macroéconomiques deviendront alors inopérants et ne refléteront plus fidèlement la performance de l’économie au cours du cycle économique.

N’oublions pas ce qui s’est passé ces deux dernières années lorsque la Banque centrale de Tunisie a injecté 14 000 millions de dinars (7 + 7) et tirons les leçons de cette expérience : l’augmentation de la masse monétaire (M2/M3) de 10 % par an a maintenu une inflation trop élevée et a créé des économies à deux vitesses, semblables à l’économie américaine avec un marché boursier élevé et une économie réelle stagnante, caractérisée par un niveau d’endettement et de chômage élevé.

La Bourse de Tunis et l’économie financière ont progressé de 35 % en 2025, mais l’économie productive réelle est restée en situation de stagflation, avec une croissance du PIB de 2,5 %, des niveaux d’inflation et de chômage élevés et une faible croissance du PIB.

L’histoire du prêt sans intérêt accordé au gouvernement par la BCT est une illusion, une véritable arnaque. Comment ?

Premièrement, l’économie tunisienne est une économie ouverte qui dépend des importations d’énergie et de matières premières pour produire et satisfaire la demande intérieure, et pour exporter ses excédents de production afin de constituer des réserves de devises. Or, la hausse des prix du pétrole brut et du gaz naturel sur le marché mondial creuse le déficit de la balance commerciale tunisienne.

Parallèlement, l’augmentation des subventions du gouvernement à l’alimentation et à l’énergie aggrave le déficit budgétaire d’année en année. Ce double déficit commercial et budgétaire contraint le gouvernement à emprunter toujours plus en devises étrangères, engendrant un déficit chronique de la balance des paiements courants.

La Tunisie doit emprunter en devises étrangères, et non en dinars, année après année, pour assurer sa croissance, satisfaire la demande intérieure et produire les biens et services nécessaires. Imprimer des dinars par la banque centrale pour acheter des devises étrangères et de l’énergie n’est pas une bonne politique économique.

Deuxièmement, depuis 2022, j’affirme que même si la Banque centrale de Tunisie émet 100 000 millions e dinars par an, cela ne résoudra pas le problème de la dette et ne stimulera pas la croissance économique. Pourquoi ?

Parce que la Tunisie doit acheter de l’énergie, des matières premières et du blé sur le marché mondial en devises étrangères (dollars américains et euros), et non en dinars tunisiens, et rembourser sa dette extérieure en euros et en dollars américains.

Par conséquent, la BCT doit toujours disposer de réserves de change d’au moins 150 jours pour pouvoir gérer la politique monétaire tunisienne, maintenir la stabilité des prix, maîtriser l’inflation, protéger le dinar de la dépréciation et honorer la dette extérieure à son échéance.

En résumé, le gouvernement du président Kaïs Saïed emprunte auprès des banques locales et de la banque centrale pour payer les salaires et les subventions, tandis que les ménages tunisiens dépensent cet argent auprès de ces mêmes banques et des supermarchés qui engrangent des profits colossaux. L’argent passe de la banque centrale aux poches des plus riches en Tunisie.

On constate clairement que la dette publique et le déficit budgétaire tunisiens augmentent, tandis que les entreprises cotées en bourse (oligopoles) voient leurs revenus et leurs profits exploser chaque année. Les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent.

Indépendance de la BCT et stabilité financière

L’autonomie et l’indépendance protègent la Banque centrale de Tunisie des pressions politiques et lui permettent de se concentrer sur sa mission première : garantir la stabilité des prix, le plein emploi et la stabilité des systèmes bancaire et financier, protéger le dinar tunisien et préserver le patrimoine du peuple tunisien pour les générations actuelles et futures.

De plus, depuis 68 ans, la Banque centrale de Tunisie œuvre dans le cadre du mandat que lui confère la Constitution tunisienne et a toujours obtenu de bons résultats. Lors de la crise pétrolière et de la forte inflation des années 1970 et 1980, elle a su préserver le dinar tunisien et maintenir un système bancaire résilient pour financer l’économie.

De plus, la BCT a travaillé avec le gouvernement dans les années 1990 et a remboursé toute la dette du FMI, et a travaillé avec le gouvernement japonais pour organiser de nouveaux prêts en utilisant l’émission d’obligations Samurai afin de financer les besoins budgétaires du gouvernement tunisien et a recommencé à investir et à faire croître l’économie, et au premier trimestre 2007, l’économie avait progressé de 5,9 %.

Le Parlement devrait s’attaquer aux causes profondes des problèmes : le problème ne réside pas dans le code de la Banque centrale de Tunisie de 2016 ; la cause première est le déficit jumeau chronique que connaît le gouvernement : un déficit budgétaire et un déficit commercial importants. Lorsqu’un gouvernement est déficitaire, il doit emprunter des sommes considérables. Il convient donc de corriger d’abord ce déficit jumeau, puis de réformer le code de la BCT de 2016.

Par ailleurs, l’expérience des deux dernières années, marquée par un emprunt de 14 milliards de dinars auprès de la Banque centrale de Tunisie, nous permet de tirer des enseignements.

Nous constatons clairement que le discours du président Kaïs Saïed sur l’État-providence produit l’effet inverse : il prend aux pauvres pour donner aux riches. Le gouvernement est surendetté et n’a pas les moyens d’investir et de stimuler la croissance économique. De nombreuses entreprises publiques, telles que Steg, Tunisair, Sonede, Stir, etc., sont en difficulté.

Les deux seuls gagnants de la politique économique du président Saïed sont le marché financier tunisien (BVMT), dont les revenus ont augmenté de 35 % en 2025 grâce à la croissance de toutes les entreprises, et l’économie informelle, qui a progressé de 15 % en 2025 (atteignant 28,2 milliards de dinars en circulation).

En revanche, le principal perdant est l’État, qui s’endette toujours plus, contractant de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes : un véritable piège de la dette. Celle-ci a augmenté de 69 milliards de dinars ces cinq dernières années.

En fin de compte, le résultat est le suivant : le gouvernement emprunte auprès des banques commerciales et de la banque centrale tunisienne, puis distribue cet argent aux ménages sous forme de salaires et de subventions énergétiques. Ces derniers le restituent ensuite aux banques et aux supermarchés sous forme de dépenses alimentaires, de remboursement de prêts et d’énergie, générant ainsi des bénéfices nets pour les sociétés cotées à la Bourse de Tunis.

De plus, 75 % de la capitalisation boursière tunisienne repose sur les banques, les sociétés de crédit-bail et les compagnies d’assurance. Si l’on ajoute les supermarchés et les entreprises agroalimentaires, on constate clairement que ces entreprises réalisent d’importants profits au sein de la BVMT, tandis que le gouvernement et les ménages se retrouvent fortement endettés.

Les investissements directs étrangers en Tunisie sont extrêmement faibles, et en 2025, toutes les entreprises étrangères ont transféré leurs bénéfices de 3 milliards de dinars tunisiens hors de Tunisie, ce qui signifie qu’une très petite quantité de devises étrangères reste dans l’économie tunisienne pour l’investissement et la création de nouveaux emplois.

* Expert financier.

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Etats-Unis – Iran | Les négociations butent sur Ormuz et l’uranium

Le détroit d’Ormuz devrait être rebaptisé le détroit du chantage. Il cristallise aujourd’hui le bras de fer entre les États-Unis de Donald Trump et la République islamique d’Iran des Gardiens de la révolution.

Imed Bahri

Téhéran a voulu utiliser le détroit comme une carte dans les négociations avec Washington tenues au Pakistan mais les Américains qui exigent le rétablissement immédiat de la libre navigation ne l’entendent pas de cette oreille.

Face à l’inflexibilité de l’Iran, Trump a annoncé un blocus maritime du détroit dont l’objectif est de paralyser les exportations du pétrole iranien, blocus entré en vigueur dans l’après-midi du lundi 13 avril 2026.

À part le détroit, la question de l’uranium et celle du déblocage des avoir gelés à l’étranger demeurent des points de divergence entre les deux belligérants. 

Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran se sont terminés dimanche 12 avril 2026 à l’aube au Pakistan sans qu’un accord de cessez-le-feu permanent ne soit trouvé. Les Américains ont affirmé avoir présenté leur meilleure offre finale, rejetée par l’Iran, a rapporté le New York Times. «Nous avons clairement indiqué nos lignes rouges, les points sur lesquels nous sommes prêts à faire des concessions et ceux sur lesquels nous ne sommes pas prêts à transiger», a déclaré le vice-président J.D. Vance après 21 heures de réunions avec de hauts responsables iraniens à l’hôtel Serena d’Islamabad.

Positions très éloignées sur des points cruciaux

M. Vance n’a pas précisé la nature de ces lignes rouges. Dans les jours ayant précédés les pourparlers, les deux parties ont publié des déclarations publiques indiquant qu’elles restaient très éloignées sur plusieurs points cruciaux. Elles n’ont même pas réussi à s’entendre sur la question de savoir si la trêve de deux semaines, conclue mardi 7 avril, incluait les combats au Liban, un désaccord qui a failli paralyser la réunion.

Dimanche matin, trois points de désaccord majeurs persistaient, selon des responsables iraniens proches des négociations : la réouverture du détroit d’Ormuz, le sort de quelque 408 kg d’uranium hautement enrichi et la demande de l’Iran de débloquer environ 27 milliards de dollars de ses avoirs gelés à l’étranger.

Les États-Unis exigeaient la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz à toute navigation. Cependant, l’Iran a refusé de renoncer à cette voie maritime cruciale pour le transport du pétrole, affirmant qu’il ne le ferait qu’après la conclusion d’un accord de paix définitif, selon deux responsables iraniens s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité des négociations.

Téhéran cherche à financer la reconstruction

L’Iran réclamait également des réparations pour les dommages causés par six semaines de frappes aériennes et exigeait le déblocage des recettes pétrolières gelées en Irak, au Luxembourg, à Bahreïn, au Japon, au Qatar, en Turquie et en Allemagne, afin de financer la reconstruction, ont indiqué les responsables. Les Américains ont rejeté ces demandes.

Un autre point de blocage résidait dans l’exigence du président Trump que l’Iran cède ou vende la totalité de son stock d’uranium enrichi. L’Iran a formulé une contre-proposition mais les deux parties n’ont pas réussi à trouver un compromis.

«Lorsque deux équipes sérieuses se réunissent dans le but de parvenir à un accord, celui-ci doit être mutuellement avantageux», a déclaré Mehdi Rahmati, analyste à Téhéran, lors d’un entretien téléphonique avec le NYT. Il a ajouté : «Il est illusoire de penser que nous puissions sortir de cette situation sans faire de concessions importantes, cela vaut également pour les Américains».

Le premier contact direct depuis 1979  

Bien que les réunions se soient terminées sans accord, leur simple tenue constituait en soi un signe de progrès. Six semaines auparavant, les États-Unis et Israël avaient assassiné le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une frappe aérienne, et les autorités iraniennes avaient juré vengeance. À ce moment-là, la perspective d’une rencontre de haut niveau entre responsables iraniens et américains semblait hautement improbable.

Pourtant, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, commandant militaire influent, dirigeait la délégation iranienne et rencontra Vance en personne. Les deux hommes se serrèrent la main et, selon les autorités iraniennes, les discussions furent décrites comme amicales et apaisées. Malgré l’absence de percée diplomatique, un tabou, forgé par des décennies d’hostilité, de rhétorique acerbe et de slogans comme «Mort à l’Amérique» en Iran, fut brisé.

La rencontre entre Vance et Ghalibaf constitua le contact direct le plus important entre des représentants iraniens et américains depuis la rupture des relations diplomatiques en 1979, suite à la révolution islamique et à la prise d’otages de diplomates américains à l’ambassade américaine de Téhéran.

Vali Nasr, professeur et spécialiste des affaires iraniennes à l’université Johns Hopkins, qui demeure optimiste, a déclaré : «Il s’agit des pourparlers directs les plus sérieux et les plus soutenus entre les États-Unis et l’Iran et ils témoignent de la volonté des deux parties de mettre fin à ce conflit».

Pour le moment, les négociations sont au point mort même si le très fragile cessez-le-feu de 15 jours se poursuit et que les efforts des médiateurs pour qu’un nouveau round de négociations ait lieu sont en cours.

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La Tunisie peut résister aux chocs extérieurs sans appui du FMI

Et si les ressources financières nationale (diaspora, tourisme régional, exportations agricoles et industrielles, IT…) rendent inutile un prêt de 2,5 milliards de dollars du FMI que suggèrent certains analystes pour permettre à la Tunisie de faire face aux répercussions négatives de la guerre israélo-américaine contre l’Iran sur l’économie mondiale ?

Naâmen Bouhamed *

L’article «Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran» (Kapitalis, 12 avril 2026) de Larbi Ben Bouhali dresse un tableau alarmiste et un scénario anxiogène : réserves de change limitées (101 jours d’importation), hausse du cours du pétrole, baisse prévisible des transferts des migrants, et seule solution magique – un prêt du FMI de 2,5 milliards de dollars. Cette analyse, trop «dépendantiste», ignore les ressources endogènes et les secteurs dynamiques qui permettent à la Tunisie de résister sans sacrifier sa souveraineté. Voici les éléments manquants qui offre à la Tunisie une résistance économique sans faire appel au FMI et de garder son indépendance financière ainsi que sa souveraineté startégique.

1. Un prêt du FMI n’est pas une fatalité

Alternatives aux conditionnalités : l’auteur affirme que le FMI est la seule source de dollars à bas taux. Pourtant, la Tunisie peut lever des fonds via des sukuk (obligations islamiques), des lignes de crédit bilatérales avec la Chine ou les pays du Golfe, ou encore des emprunts auprès de la Banque islamique de développement, sans les conditionnalités structurelles (privatisations, gel des salaires) imposées par Washington.

Le coût caché du FMI : l’histoire montre que les programmes FMI en Tunisie (années 1980, 2016-2020) ont souvent aggravé les inégalités sans résoudre la dépendance extérieure. Accepter un nouveau prêt, c’est perpétuer le cycle de la dette.

2. Le FMI comme vecteur de dépendance

L’article passe sous silence le fait que le FMI est souvent l’instrument d’une tutelle étrangère. En imposant la libéralisation du compte capital et la suppression des subventions, le FMI affaiblit la capacité de l’État à réguler les prix (énergie, alimentation) et expose l’économie aux fuites de capitaux. La Tunisie doit sortir de ce piège en renforçant sa souveraineté monétaire (politique de change flexible, régulation des sorties de capitaux) plutôt qu’en appelant le FMI.

3. La manne des transferts de la diaspora

Contrairement aux craintes de l’article (risque de perte d’emploi des 100 000 Tunisiens du Golfe), les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) ont atteint environ 7 milliards de dinars (2,3 Mds $) en 2025. Même en cas de ralentissement dans le Golfe, ces transferts sont structurellement élevés et résilients. L’État pourrait les mobiliser davantage via des obligations diaspora ou des comptes en devises rémunérateurs. Les 2,5 Mds $ du FMI ne représentent donc pas un montant inaccessible.

4. La diversité de l’économie nationale

L’article ignore totalement le secteur agricole, pourtant créateur net de devises.

Huile d’olive : la Tunisie est le 2e exportateur mondial. En 2025, les exportations ont dépassé 2 milliards de dinars (650 M$). Avec la hausse des prix mondiaux liée aux tensions géopolitiques, ce chiffre pourrait croître de 15-20 % en 2026-2027.

Dattes et agrumes : ils génèrent 500-600 M$ par an, de manière stable.

5. Le phosphate reprend des couleurs :

M. Ben Bouhali n’évoque pas la reprise spectaculaire du secteur des phosphates.

Production en hausse : après des années de crise sociale, la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) a porté sa production à près de 5 millions de tonnes en 2025, avec un objectif de 7 Mt en 2027.

Recettes d’exportation : le Groupe Chimique Tunisien (GCT) a généré plus de 1,5 milliard de dinars (environ 500 M$) en 2025 grâce à l’acide phosphorique et aux engrais. La demande mondiale reste forte.

6. Les exportations des industries mécaniques:

L’article ignore superbement le secteur des industries mécaniques et électriques, qui est le premier secteur exportateur de la Tunisie, loin devant le textile ou le tourisme.

Poids dans les exportations : ce secteur représente environ 40 à 45 % des exportations industrielles totales de la Tunisie, soit plus de 15 milliards de dinars (environ 5 milliards de dollars) par an.

Sous-traitance automobile et aéronautique : Des entreprises comme Lear, Yazaki, Leoni, Latécoère, Safran ont des unités de production en Tunisie. Le pays exporte des faisceaux électriques, des câblages, des pièces mécaniques et des composants aéronautiques vers l’Europe et le monde.

Résilience face au choc pétrolier : Contrairement au tourisme (sensible au prix des billets d’avion), l’industrie mécanique répond à des contrats pluriannuels. La guerre en Iran n’affecte pas directement la demande européenne pour ces composants. Ces exportations génèrent des devises stables et prévisibles.

7. Un futur hub digital de l’Afrique

M. Ben Bouhali ignore la révolution numérique en cours.

Un secteur en pleine croissance : l’économie numérique tunisienne ne représente qu’environ 10 % de son potentiel, mais elle est en pleine expansion. Près de la moitié de l’activité des plateformes numériques tunisiennes est déjà tournée vers l’export.

Exportations de services IT (offshoring) : la Tunisie est une destination reconnue pour les centres d’appels, la conception de logiciels, et les services IT. Les recettes d’exportation des services du numérique (hors télécoms) dépassent aujourd’hui plusieurs centaines de millions de dollars par an (entre 300 et 500 M$).

Intelligence artificielle et souveraineté numérique : la Tunisie mise sur l’IA et les data centers. L’objectif est de faire de la Tunisie le «hub digital du continent africain» en s’appuyant sur le câble sous-marin Medusa et la couverture 5G.

8. La résilience du secteur du tourisme :

L’article prédit une chute du tourisme mondial à cause du carburant cher, mais il néglige deux réalités : d’une part, la clientèle de proximité (Algérie, Libye) est peu sensible au prix du kérosène ; d’autre part, les Tunisiens de l’étranger reviennent massivement l’été, générant des devises et une consommation locale.

Touristes algériens : l’Algérie voisine représente le premier marché émetteur vers la Tunisie. En 2025, plus de 2,5 millions d’Algériens ont visité la Tunisie (soit près de 30 % des arrivées totales). Ils viennent pour les soins, le shopping, les loisirs familiaux et l’immobilier. Leur dépense moyenne par séjour est élevée (entre 300 et 500 euros), générant plus de 800 millions de dollars par an.

Touristes libyens : malgré l’instabilité politique en Libye, les flux restent soutenus (environ 800 000 visiteurs en 2025). Les Libyens privilégient les soins médicaux, les centres commerciaux de Tunis et les plages du Cap Bon. Leurs dépenses représentent entre 250 et 300 millions de dollars par an.

Avantage du transport terrestre : contrairement aux Européens (qui prennent l’avion, donc sensibles au prix du carburant), les Algériens et Libyens viennent majoritairement par la route (voiture, bus). La flambée du pétrole a peu d’effet sur leur décision, car le trajet est court (moins de 300 km pour la plupart). Ces flux sont donc peu vulnérables à la guerre en Iran.

Retours massifs des TRE en été : l’article mentionne les transferts financiers des TRE mais oublie qu’ils sont aussi des touristes à part entière.

Chaque année, entrejuillet et septembre, près de 600 000 à 800 000 Tunisiens résidant à l’étranger (France, Italie, Allemagne, Belgique, pays du Golfe) reviennent passer leurs vacances en Tunisie.

Dépenses sur place : contrairement aux touristes ordinaires, les TRE ne logent pas toujours dans des hôtels (ils ont des familles), mais ils dépensent massivement dans la consommation (nourriture, vêtements, électronique, artisanat), la location de voitures, les restaurants, les loisirs, et surtout l’immobilier (achats de terrains, d’appartements, rénovations). Leurs dépenses estivales sont estimées entre 1,5 et 2 milliards de dinars (500 à 650 millions de dollars) par an.

    Devises fraîches : les TRE arrivent avec des euros, dollars ou dinars convertibles, qu’ils échangent dans les banques ou les bureaux de change. Cela alimente directement les réserves de change de la BCT. C’est une source de liquidités qui ne dépend ni du FMI ni des marchés financiers.

    L’auteur craint que la hausse du carburant réduise les vols et les recettes touristiques. Mais :

    – le tourisme tunisien a survécu à des crises bien pires : attentats de 2015, pandémie de 2020, guerre en Ukraine (2022). En 2025, les recettes touristiques ont atteint 2,5 milliards de dollars (proche du record de 2018) ;

    – la clientèle régionale (Algérie, Libye) et les TRE représentent déjà plus de 50 % des arrivées et une part significative des dépenses. Contrairement aux Européens (plus sensibles aux prix des billets), ces deux segments sont captifs et fidèles.

    Même si les touristes russes ou allemands diminuaient légèrement, la proximité géographique et les liens familiaux des TRE assurent un socle solide.

    9. Le levier sous-exploité des énergies renouvelables :

    Enfin, n’oublions pas les projets dans le secteur des ERN (exportation d’électricité solaire vers l’Europe via l’Italie). À l’horizon 2028-2030, ces exportations pourraient rapporter 1 milliard de dollars par an à la Tunisie.

    Comparaison : le prêt FMI demandé (2,5 Mds $ sur 7 ans) représente moins de 3 mois des recettes combinées de ces secteurs. La Tunisie n’est donc pas à court de ressources ; elle souffre plutôt d’une mauvaise allocation et d’un manque de confiance, que le FMI ne résoudra pas.

    Conclusion : une indépendance économique possible

    L’article de Monsieur Larbi Ben Bouhali souffre d’un biais de «FMI-dépendance» : il ne voit le salut que dans l’endettement extérieur et les institutions de Bretton Woods.

    Pourtant, la réalité est tout autre :

    – les 2,5 milliards de dollars recherchés ne sont pas un obstacle insurmontable ;

    – les transferts des Tunisiens de l’étranger (2,3 Mds $/an), les industries mécaniques (5 Mds $/an), les phosphates (0,5 Md $/an), l’huile d’olive (0,65 Md $/an), les services IT/IA (en forte hausse), et surtout le tourisme régional (Algériens, Libyens, TRE estivaux) constituent une assise solide pour équilibrer les comptes extérieurs sans céder aux injonctions du FMI.

    Le vrai piège, c’est de croire que l’on ne peut s’en sortir qu’en s’endettant davantage auprès des mêmes institutions qui ont imposé l’austérité par le passé. La Tunisie peut choisir la voie de la souveraineté économique : valoriser sa diaspora, investir dans l’innovation et les industries à forte valeur ajoutée, capitaliser sur ses atouts touristiques régionaux, plutôt que de retomber dans le cycle infernal des plans d’ajustement structurel et détruire le capital humain de la Tunisie.

    * Consultant international.

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    Bootcamp de l’AgriTech4Tunisia Innovation Challenge

    La Journée de pitchs du Bootcamp de l’AgriTech4Tunisia Innovation Challenge se tiendra le jeudi 16 avril 2026 de 9h00 à 15h00 (GMT+1), à l’Institut national agronomique de Tunisie (Inat), è Tunis.

    Cette journée, organisée par les Centres du CGIAR — l’Alliance Bioversity International et Ciat (via la plateforme Accelerate for Impact) et le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda) — Mazam, l’Institution de la recherche et de l’enseignement supérieur agricoles (Iresa), marque la conclusion d’un bootcamp intensif de 4 jours à Tunis, au cours duquel 24 équipes d’innovation — sélectionnées parmi 253 candidatures provenant de 41 pays — auront travaillé à affiner leurs solutions agri-tech en améliorant leurs compétences de présentation, en échangeant avec des agriculteurs et des chercheurs, en validant l’applicabilité dans le monde réel et en explorant les opportunités de marché et de financement en Tunisie.

    Les innovations présentées lors de la Journée de pitchs du Bootcamp portent sur des priorités clés telles que la gestion durable de l’eau, l’agriculture de précision et climato-intelligente, les solutions post-récolte et d’accès au marché, l’inclusion dans l’agri-finance et l’assurance, le développement de la chaîne de valeur et de l’économie circulaire, ainsi que les technologies numériques de vulgarisation et de renforcement des capacités.

    Le 16 avril, la promotion présentera ses solutions devant un comité de sélection, des chercheurs, des leaders de l’agribusiness, des experts du secteur et des partenaires de l’écosystème.

    Le comité de sélection choisira 10 équipes pour intégrer un programme d’accélération entièrement financé de 3 mois, soutenu par l’expertise scientifique du CGIAR et l’accès à des investisseurs.

    Lors de la Journée de pitchs du Bootcamp, les 24 équipes présenteront chacune un pitch de 5 minutes suivi d’une session de questions-réponses de 3 minutes.

    Le comité de sélection évaluera les pitchs et annoncera les 10 équipes sélectionnées pour le programme d’accélération au cours de la semaine du 20 avril via les réseaux sociaux.

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    France | Deux Tunisiens tués en moins de 48 heures

    La communauté tunisienne en France est sous le choc après deux homicides par arme à feu survenus en l’espace de deux jours, dans deux affaires distinctes à Grenoble et en Corse, ayant coûté la vie à deux ressortissants tunisiens. Les autorités judiciaires françaises ont ouvert des enquêtes pour homicide volontaire afin de déterminer les circonstances exactes de ces faits.

    À Grenoble (Isère), un Tunisien âgé de 38 ans et père de trois enfants, a été mortellement touché par plusieurs tirs dans la nuit du 11 au 12 avril 2026, sur la place Notre-Dame, peu après avoir quitté son travail d’agent de sécurité.

    Selon les premiers éléments relayés par la presse locale, la victime a été atteinte par plusieurs balles et est décédée sur place. Une femme âgée de 26 ans a également été blessée au bras lors de la fusillade et prise en charge par les secours.

    Dans une seconde affaire, en Corse, un homme de 41 ans, identifié comme Hamdi Ben Rhouma, a été tué par balles à Solaro, en Haute-Corse.

    Les faits se sont produits dans la nuit du 9 au 10 avril, selon plusieurs sources concordantes. La victime a succombé à ses blessures sur les lieux du drame.

    Dans les deux cas, les investigations se poursuivent sous l’autorité des parquets compétents. Les enquêteurs cherchent à établir les mobiles et à identifier les auteurs de ces attaques.

    Ces deux affaires, survenues dans un laps de temps très court, ont provoqué une vive émotion au sein de la diaspora tunisienne en France, qui appelle à davantage d’éclaircissements sur ces violences.

    Djamal Guettala 

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    Le pape Léon XIV en Algérie | Programme encadré, enjeux implicites

    La visite du pape Léon XIV en Algérie, les 13 et 14 avril 2026, s’inscrit dans un cadre strictement balisé. Deux jours, deux villes, deux registres clairement définis. Mais derrière ce programme maîtrisé, se dessine une séquence plus complexe, où diplomatie, mémoire et souveraineté s’entrecroisent, révélant des enjeux qui dépassent largement le seul cadre religieux.

    Djamal Guettala 

    Lundi 13 avril, à Alger, tout relève d’un protocole millimétré. Dès son arrivée, le souverain pontife est accueilli par les plus hautes autorités de l’État, dans une mise en scène qui rappelle l’importance accordée à cette visite. Le recueillement au Mémorial des Martyrs inscrit d’emblée le déplacement dans une reconnaissance de l’histoire nationale algérienne, marquée par la lutte pour l’indépendance.

    La suite du programme confirme cette logique d’encadrement. Entretiens officiels, discours calibrés, échanges institutionnels : chaque moment est pensé pour éviter toute ambiguïté. La visite de la Grande Mosquée d’Alger constitue à cet égard un passage clé. Elle souligne la place centrale de l’islam dans la société algérienne et rappelle que toute ouverture interreligieuse s’inscrit ici dans un cadre défini par l’État.

    Le message est clair : ouverture, mais sous contrôle. Même l’incident sécuritaire signalé dans la région de Blida, en marge de cette première journée, n’a pas perturbé le déroulé officiel. Il rappelle toutefois que ce type de visite reste un moment sensible, où la stabilité affichée repose sur des équilibres fragiles.

    Annaba : la mémoire comme levier

    Mardi 14 avril, le déplacement vers Annaba introduit un changement de ton. Le programme prévoit une visite du site antique de Hippone, suivie d’une messe à la basilique dédiée à Saint Augustin.

    Ici, le Vatican déplace le centre de gravité de la visite. Il ne s’agit plus seulement de dialogue contemporain, mais d’un travail sur la mémoire. En se rendant à Hippone et en célébrant une messe dans un lieu chargé d’histoire, le pape réactive une référence majeure : celle d’une Afrique du Nord qui fut, avant l’islamisation, un foyer intellectuel du christianisme.

    La figure de Saint Augustin, penseur né en Numidie, devient alors un point d’ancrage stratégique. Elle permet de relier passé et présent, local et universel, dans une mise en récit qui dépasse les frontières nationales. Ce choix, loin d’être anodin, inscrit la visite dans une temporalité longue, où l’histoire est mobilisée comme levier d’influence.

    Entre souveraineté et récit universel

    En respectant scrupuleusement le programme — Alger pour la diplomatie, Annaba pour la mémoire — la visite révèle une double dynamique. D’un côté, une Algérie soucieuse de préserver sa souveraineté et de contrôler les cadres du discours, en veillant à ce que chaque étape reste conforme à ses équilibres politiques et religieux. De l’autre, un Vatican qui investit le terrain symbolique, là où les marges de manœuvre sont plus larges et les effets plus durables.

    Il ne s’agit pas ici de prosélytisme direct, mais d’une stratégie plus subtile. En réactivant certaines références historiques, le Saint-Siège cherche à réinscrire l’Afrique du Nord dans une cartographie spirituelle globale, où le christianisme retrouve des racines anciennes susceptibles d’être mobilisées dans le présent.

    Brève dans sa durée, la visite du pape Léon XIV n’en est pas moins dense dans ses implications. Elle met en lumière un dialogue feutré, où chaque geste, chaque lieu et chaque symbole participent d’une construction plus large : celle d’un rapport en constante négociation entre souveraineté nationale et récit universel.

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    Les peuples du Sud ne plient pas devant l’hégémonie occidentale

    Du combat de l’Emir Abdelkader face à l’expansion coloniale française, à la détermination de Ho Chi Minh défiant les puissances impériales, en passant par la résilience de Patrice Lumumba jusqu’à l’action héroïque de Gamal Abdel Nasser, face à l’agression tripartite lors de la crise de Suez, défiant l’ordre établi, les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.

    Khémaïs Gharbi *

    Il est des moments dans l’Histoire où les peuples cessent d’être des spectateurs pour redevenir des acteurs. Des instants rares où, au milieu des décombres et des humiliations accumulées, surgit une vérité ancienne : celle de la dignité qui ne se négocie pas.

    Et pourtant, que de chemins brisés.

    Le tiers-monde — ou ce que l’on nommait ainsi avec condescendance — n’a pas seulement été une géographie. Il a été une succession d’espoirs contrariés. Des indépendances chèrement acquises, aussitôt fragilisées. Des révoltes étouffées, des élans dévoyés, des divisions savamment entretenues. Les victoires d’hier se sont souvent muées en désillusions, et les promesses en fractures.

    Nos faiblesses ont parfois ouvert la voie à des retours insidieux. À des formes renouvelées de domination, plus subtiles, mais tout aussi efficaces. Comme si l’Histoire refusait de nous laisser pleinement écrire la nôtre.

    Mais voici que quelque chose vacille.

    Ne jamais plier, toujours faire face

    Nous assistons aujourd’hui, sous nos yeux, à une scène que beaucoup croyaient impossible : un pays du monde dit «en développement», l’Iran en l’occurrence, qui, au lieu de plier, choisit de faire face. Qui, au lieu de céder, résiste. Qui, au lieu de disparaître dans le silence, impose sa présence.

    Face à lui, non pas une puissance isolée, les Etats-Unis, mais un bloc, une mécanique, une certitude de domination. Et pourtant, cette certitude s’effrite. Car la force brute ne suffit plus lorsque, en face, un peuple décide de ne plus avoir peur.

    Ce n’est pas tant l’issue militaire qui marque les esprits. L’Histoire a montré que les rapports de force sont souvent inégaux. Non — ce qui compte ici, c’est autre chose. C’est cette capacité à transformer l’épreuve en ciment. À faire de la résistance un langage commun. À souder un peuple autour d’une idée simple, mais révolutionnaire : nous pouvons tenir.

    Car la véritable victoire, dans ces moments-là, ne se mesure pas uniquement en territoires ou en traités. Elle se lit dans les regards. Dans la fierté retrouvée. Dans la conviction, fragile mais tenace, que même face aux plus grandes puissances, l’homme debout reste une force.

    Et c’est là, peut-être, que nous sommes à un tournant.

    Non pas un tournant géopolitique — l’Histoire en a connu d’autres — mais un tournant moral. Un basculement silencieux où les peuples longtemps relégués aux marges redécouvrent leur propre puissance intérieure.

    Cela ne signifie pas que les rapports de domination disparaissent. Ni que les injustices s’effacent. Mais cela signifie qu’un imaginaire se fissure : celui de l’invincibilité des puissants.

    Et lorsque cet imaginaire tombe, tout devient possible.

    Il ne s’agit pas de désigner des vérités absolues, ni de distribuer les rôles du bien et du mal avec simplisme. Il s’agit de constater un fait essentiel : lorsqu’un peuple choisit de résister, il ne se contente pas de répondre à une agression — il se redéfinit.

    Il devient autre chose que ce que l’on avait prévu pour lui.

    Alors, peut-être, faut-il relire notre Histoire autrement. Non plus comme une succession de défaites, mais comme une longue école de résistance. Une mémoire accumulée, prête à resurgir lorsque les circonstances l’exigent.

    Car au fond, la question n’est pas de savoir qui a vaincu.

    La question est de savoir qui, dans le tumulte, a su rester debout. Qui a su transformer la douleur en force. Qui a su, malgré tout, faire naître l’espoir.

    Et au-delà des figures, au-delà des noms gravés dans les livres, il y a ceux que l’Histoire n’a pas retenus. Les anonymes. Les oubliés. Ceux qui, génération après génération, ont porté en silence ce feu fragile et indestructible.

    Un feu qui ne consume pas, mais qui régénère.

    Un feu transmis dans les regards, dans les mots chuchotés, dans les refus obstinés.

    À ceux-là — connus ou invisibles — qui n’ont jamais cessé d’y croire, même lorsque tout semblait perdu, même lorsque la nuit paraissait sans fin,

    À ceux qui ont gardé, au fond d’eux-mêmes, la braise intacte de la résistance,

    Nous devons plus qu’un souvenir.

    Nous leur devons ce que nous sommes encore capables de devenir.

    * Ecrivain et traducteur.

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    Tunisie | Mandat de dépôt à l’encontre de Me Chawki Tabib  

    Le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier a émis, ce mardi 14 avril 2026, un mandat de dépôt à l’encontre de Chawki Tabib, ancien directeur de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc, 2016-2020), dans une affaire portant sur des allégations de malversations commises durant son mandat.

    Me Chawki Tabib, ancien bâtonnier des avocats (2012-2013),  est également poursuivi dans une autre affaire devant la chambre pénale spécialisée pour les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis, dont l’audience est prévue le 27 avril, apporte Mosaique FM.

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    «Sensya Experience» | Spring Travel Services et PerfectStay réinventent l’expérience du voyageur français en Tunisie

    «Sensya Experience» est un concept touristique innovant codéveloppé avec la société française PerfectStay, visant à enrichir la proposition de valeur des hôtels adhérents à travers la création d’expériences immersives axées sur les caractéristiques de l’identité tunisienne aux niveaux culturel, gastronomique, patrimonial…

    Spring Travel Services, acteur de référence du tourisme en Tunisie, franchit une nouvelle étape stratégique dans son développement en dévoilant «Sensya Experience», un concept innovant conçu pour transformer en profondeur l’expérience des séjours dans les établissements hôteliers.

    Ce label constitue une première sur le marché touristique en Tunisie et a été développé conjointement avec PerfectStay, le spécialiste français des solutions de packages dynamiques, dans le cadre d’un partenariat stratégique.

    «Face à l’évolution des attentes des voyageurs internationaux, les séjours dans les hôtels ne se limitent plus au confort et aux infrastructures », a expliqué à ce propos Marwen Razgallah, CEO de Spring Travel Services. «Le lancement de ce label s’inscrit dans une volonté de créer une expérience premium, qui ne se limite pas à l’hébergement, mais propose un lifestyle immersif, capable de séduire les voyageurs en quête de confort et d’authenticité», a-t-il ajouté.

    Un partenariat stratégique avec PerfectStay

    Le déploiement de Sensya Experience s’appuie sur un partenariat exclusif avec PerfectStay, acteur reconnu de la distribution touristique sur le marché français. Cette collaboration stratégique permet d’assurer une parfaite adéquation du concept avec les attentes et les codes de la clientèle française, tout en garantissant une approche commerciale structurée et performante.

    Stéphane Libre, co-fondateur de PerfectStay, a déclaré à l’occasion : «L’intégration de nouveaux partenaires internationaux fait partie des principaux enjeux de PerfectStay, d’où notre rapprochement en Tunisie avec Spring Travel Services en sa qualité de leader sur son périmètre et pour lequel nous avons développé une solution complète adaptée aux exigences du marché cible qui est le marché français».

    Au-delà d’un simple accord de distribution, ce partenariat repose sur une véritable logique de co-construction puisqu’elle impliquera également le volet assistance et transport que l’agence va désormais proposer en propre dans son activité incoming.

    Un concept hybride entre esprit club et exigence de label

    Sensya Experience se distingue par une approche hybride qui conjugue deux dimensions complémentaires. D’une part, le concept repose sur une expérience premium, caractérisé par la présence d’un «représentant» du label, chargé d’assurer la conformité de l’expérience favorisant les échanges et le partage dans le cadre d’une immersion avec l’environnement local spécifique à chaque région d’implantation des hôtels.

    D’autre part, Sensya Experience s’appuie sur la rigueur d’un label hybride, avec des standards homogènes entre les établissements axés sur les marqueurs identitaires de la destination au-delà du simple produit balnéaire pour mettre en exergue son patrimoine, sa culture, sa gastronomie, le tout reposant sur une identité visuelle élégante et cohérente.

    Une ambition claire : réenchanter l’expérience du séjour en Tunisie

    À travers ce lancement, Spring Travel Services affirme sa volonté de placer l’expérience client au cœur de sa stratégie et sortir de la logique du voyage à forfait qui domine le marché au profit de l’expérience immersive. L’objectif est de répondre à une transformation profonde des attentes des voyageurs, désormais en quête de séjours plus authentiques.

    Plusieurs hôtels adhérents

    Le lancement officiel de Sensya Experience marque le début de son déploiement auprès des partenaires hôteliers en Tunisie et constitue un signal fort quant à l’évolution du secteur. Il illustre la capacité de Spring Travel Services à anticiper les mutations du marché et à proposer des solutions innovantes à forte valeur ajoutée.

    Dans une première étape, ce sont 5 hôtels qui ont déjà adhéré au concept qui sera axé sur le marché français. Il s’agit du Djerba Aqua Resort, Skanès Sérail (Monastir), Golden Tulip Président, Omar Khayem (Hammamet) et El Ksar Resort & Thalasso (Sousse).

    L’objectif est aussi de déployer ce label sur d’autres hôtels dans plusieurs régions du pays. En introduisant ce label, l’agence ne se contente pas d’accompagner le marché : elle contribue activement à le redéfinir. Sensya Experience participe ainsi à positionner la Tunisie comme une destination capable d’offrir une hospitalité expérientielle, différenciante et compétitive en dehors du périmètre exclusif de l’hôtel.

    À propos de Spring Travel Services

    Acteur de référence du e-tourisme en Tunisie, à travers sa marque commerciale Tunisie Booking, Spring Travel Services s’est imposée depuis 2011 comme une plateforme incontournable de distribution de voyages, combinant expertise digitale et retail national et international.

    L’entreprise accompagne aujourd’hui plus de 400 000 clients et affiche des indicateurs de satisfaction élevés, avec un taux de recommandation particulièrement soutenu.

    Face aux spécificités du marché et à l’évolution des usages, l’agence a su adapter son modèle en développant un réseau de plus de 35 points de vente sous la marque «TunisieBooking» à travers le pays, renforçant ainsi sa proximité avec la clientèle et son ancrage local tout en consolidant sa couverture nationale et en capitalisant sur le dynamisme du marché du voyage en Tunisie.

    A propos de PerfectStay

    Fondée en 2016, PerfectStay est une société française qui propose un service clé en main de vente privée de voyages. Cette travel tech s’est spécialisée dans les solutions de dynamic packaging en B2B2C, permettant aux marques de proposer des offres de voyages personnalisées combinant transport, hébergement et services. La société conçoit et opère des plateformes de distribution sur mesure pour de grands groupes internationaux tels qu’Air France, Transavia ou encore Veepee, générant des expériences d’achat fluides et à forte valeur ajoutée.

    PerfectStay est détenue à 100 % par HBX Group (ex-Hotelbeds), acteur mondial du voyage B2B basé aux Baléares. Cette intégration stratégique permet à PerfectStay de s’appuyer sur un inventaire hôtelier global et des capacités de distribution renforcées, tout en accélérant les synergies technologiques et commerciales.

    L’entreprise, dont le siège et l’équipe dirigeante sont basés à Paris, évolue ainsi sur un marché du dynamic packaging en forte croissance, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’échelle mondiale.

    Positionnée à la croisée de la technologie et de la distribution touristique, PerfectStay s’impose aujourd’hui comme un partenaire clé des marques souhaitant enrichir leur proposition de valeur par des expériences de voyage innovantes, personnalisées et performantes.

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    Sofiane Bouhdiba | Vers une sociologie des crashs aériens

    Le sociologue Sofiane Bouhdiba, professeur de Démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, auteur de nombreuses études sur la population et la mortalité, vient de publier un ouvrage sur un sujet assez original et inattendu ‘‘La mort vient du ciel. La mortalité des accidents aériens’’.

    Aujourd’hui, l’avion est considéré comme l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde, grâce aux avancées technologiques, aux protocoles de sécurité très stricts et aux réglementations rigoureuses imposées par les autorités aéronautiques de l’ensemble des pays, sous l’égide d’organisations internationales telles que l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci).

    Statistiquement, un voyageur devrait attendre 6 500 années pour finir par être victime d’un accident d’avion commercial. Pourtant, les crashs aériens frappent l’opinion publique, non pas tant par leur fréquence, qui est négligeable, mais par le fait que les pertes humaines sont massives et sont à chaque fois surmédiatisées, éclipsant des évènements bien plus tragiques, tels que des famines, des guerres, des épidémies…

    C’est à la suite d’un grave incident aérien, au cours duquel son vol pour l’Afrique du Sud a évité un crash de justesse, que l’auteur a décidé de rédiger ce livre. Il nous rappelle que paradoxalement, la mort de quelques dizaines de passagers émeut davantage que le génocide de dizaines de milliers d’innocents. C’est peut-être aussi parce que nous avons tous pris l’avion au moins une fois dans notre vie, et nous avons donc bien plus de facilité à nous identifier avec la victime d’un crash, qu’avec un paysan mort de faim à l’autre bout de la terre.

    Par ailleurs, chaque catastrophe aérienne soulève irrémédiablement des questions, sur la fiabilité des appareils d’abord. L’auteur démontre dans son ouvrage qu’il est toujours dangereux de monter trop haut, la tour de Babel nous le rappelle constamment. Le crash d’un avion est finalement le prix payé pour avoir défié la pesanteur, ce qui nous ramène à la tragédie d’Icare. Chaque passager, chaque hôtesse de l’air, chaque pilote, ne sont finalement que des Icare, des Dédale potentiels.

    Les compétences des équipages, la maintenance technique, la qualité de l’infrastructure aéroportuaire, soulèvent également des questions souvent sans réponses, et qui débouchent systématiquement sur la recherche d’un coupable : le pilote, la compagnie aérienne, la tour de contrôle, le flamant rose qui a eu la malchance de survoler le tarmac au mauvais moment.

    De fait, les causes des crashs aériens sont nombreuses : facteurs humains, techniques, environnementaux, organisationnels, parfois géopolitiques. Pour y faire face, les réponses sont de plus en plus complexes, faisant massivement appel aux nouvelles technologies, et tentent de s’adapter à un environnement de plus en plus imprévisible.

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    Non à la normalisation de la culture du viol et du racisme en Tunisie !

    Un groupe d’associations de défenseur.se.s des droits de l’homme et d’activistes de la société civile ont diffusé, le 13 avril 2026, à Tunis, la déclaration suivante où ils/elles dénoncent ce qu’ils considèrent comme une «normalisation de la culture du viol et du racisme» en Tunisie.

    Suite aux déclarations choquantes faites aujourd’hui par un membre de la Chambre des représentants, qui justifiaient le crime de viol et les propos racistes et insultants, les féministes, à titre individuel et associatif, expriment leur ferme condamnation de cette rhétorique dangereuse, qui représente un déclin inacceptable de l’utilisation de l’espace public et institutionnel et révèle le danger de normaliser les discours de haine au sein des institutions.

    Les propos tenus au Parlement ne sauraient être considérés comme une simple opinion ; il s’agit d’un acte répréhensible au regard de la loi n° 58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ainsi que de la loi relative à la lutte contre la discrimination raciale, car il incite à la violence contre les femmes et les groupes vulnérables à la discrimination.

    De plus, ce discours constitue un discours de haine fondé sur le genre et la race, et il perpétue des systèmes d’exclusion et de domination.
    Il constitue une dangereuse instrumentalisation de la tribune parlementaire pour justifier ou minimiser le crime de viol, perpétuer les violences faites aux femmes et reproduire des approches discriminatoires qui réduisent les femmes à leur corps.

    Il diffuse également une rhétorique raciste ciblant les migrants subsahariens et légitimant les violences à leur encontre.

    Ce type de discours ne saurait en aucun cas être considéré comme relevant de la liberté d’expression, ni comme une simple déviation individuelle. Il s’inscrit plutôt dans un contexte plus large de discours de haine et d’insultes récurrents envers les femmes, alimentés par la complicité des institutions étatiques.

    Il constitue une violation directe des droits fondamentaux des femmes, une menace pour les fondements de l’État de droit et une contribution à l’instauration d’une culture d’impunité et à la normalisation de la violence.
    Par conséquent, nous affirmons que le viol est un crime grave, injustifiable et intolérable, et que laisser de tels propos impunis ouvre la porte à la violation du corps de toutes les femmes et instrumentalise le viol à des fins de manipulation politique et sociale.

    Nous exigeons également une enquête sérieuse et transparente sur ces déclarations, ainsi que la mise en place de mécanismes de responsabilisation afin de mettre un terme définitif à ces abus et d’empêcher l’instrumentalisation des institutions officielles pour diffuser des discours de haine, le racisme et les violences faites aux femmes, en particulier aux femmes migrantes.

    Nous refusons que le racisme et la culture du viol deviennent des sujets de débat. Nous les considérons comme un déclin moral qu’il nous faut combattre collectivement, car ils sont les deux faces d’une même pièce : l’ignorance et la barbarie.

    Enfin, nous affirmons que la dignité des femmes migrantes est la dignité des femmes tunisiennes, et nous ne resterons pas silencieuses face aux discours qui justifient la violence et alimentent la haine. Nous poursuivrons le combat pour la dignité, la justice et l’égalité.

    Le texte original en arabe et les signataires.

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    L’histoire cachée de nos ancêtres multiples

    Il y a trois cents millénaires, la Terre n’était pas le domaine exclusif d’une seule espèce humaine. Homo sapiens cohabitait avec des cousins évolutifs dont la ressemblance avec nous aurait sans doute troublé quiconque les aurait croisés : les Néandertaliens en Europe et au Proche-Orient, les Dénisoviens en Asie centrale, et peut-être d’autres formes encore mal connues. Aujourd’hui, nous sommes seuls. Mais cette solitude est-elle le résultat d’une élimination brutale, d’une extinction progressive, ou bien sommes-nous, au contraire, le produit d’un long brassage entre ces différentes humanités ? La réponse, que la génétique moderne a profondément renouvelée, est bien plus troublante — et plus belle — que ce que l’on imaginait. L’odyssée de l’espèce humaine est faite de disparitions, survivances et métissages à travers le temps.

    Zouhaïr Ben Amor *

    Pendant des décennies, le modèle dominant pour expliquer notre origine fut celui de la «sortie d’Afrique» pure et simple. Homo sapiens serait apparu sur le continent africain, il y a environ 300 000 ans, avant d’essaimer progressivement vers le reste du monde. À son passage, il aurait supplanté toutes les autres espèces humaines — Néandertaliens, Homo erectus, et autres — sans jamais se mélanger à elles. Ces dernières auraient alors disparu, victimes de la concurrence pour les ressources, des épidémies ou des changements climatiques. Ce récit, élégant dans sa simplicité, a longtemps fait autorité.

    Un arbre généalogique touffu

    Mais la paléontologie a toujours contenu des voix discordantes. Les fossiles eux-mêmes semblaient parfois hésiter entre les catégories : certains spécimens d’Europe de l’Est présentaient des traits à la fois sapiens et néandertaliens, que les chercheurs attribuaient tantôt à une variabilité naturelle, tantôt à un hypothétique métissage. Le débat restait ouvert, faute de preuves décisives. Wolpoff et ses collègues défendaient dès les années 1980 un modèle multirégional selon lequel Homo sapiens serait le résultat d’une évolution parallèle et interconnectée de plusieurs populations à travers le globe (Wolpoff et al., 1988). Cette thèse, minoritaire, allait pourtant trouver une confirmation partielle — et inattendue — grâce à une discipline que personne n’anticipait : la génétique des populations anciennes.

    La révolution silencieuse de l’ADN ancien

    En 2010, une équipe dirigée par Svante Pääbo publia dans la revue Science le séquençage du génome néandertalien — une prouesse technique rendue possible par l’analyse de fragments d’ADN extraits de fossiles vieux de plusieurs dizaines de millénaires. Le résultat fut stupéfiant : les humains non-africains portent entre 1 % et 4 % d’ADN néandertalien dans leur génome (Green et al., 2010). Ce n’était pas une anomalie statistique ni un artefact de laboratoire, mais bien la signature moléculaire d’unions fertiles entre Homo sapiens et Néandertaliens, survenues il y a environ 50 000 à 60 000 ans, probablement au Proche-Orient, lors des premières grandes migrations hors d’Afrique.

    Deux ans plus tard, l’analyse d’une phalange découverte dans la grotte de Denisova, en Sibérie, révéla l’existence d’une espèce jusqu’alors totalement inconnue : les Dénisoviens. Génétiquement distincts des Néandertaliens et d’Homo sapiens, ils ont néanmoins laissé leur empreinte dans le génome des populations actuelles d’Asie du Sud-Est et d’Océanie, chez qui leur contribution peut atteindre 5 % (Reich et al., 2010). Les Aborigènes australiens et les Mélanésiens sont aujourd’hui les héritiers les plus documentés de ces croisements. Ces découvertes consacrèrent Svante Pääbo, qui reçut le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2022 pour l’ensemble de ses travaux fondateurs sur la paléogénomique.

    Ces métissages ne relevaient pas du simple accident biologique. Certains des gènes hérités des Néandertaliens se sont maintenus dans nos génomes parce qu’ils conféraient des avantages adaptatifs réels : une meilleure résistance à certains pathogènes, une adaptation au froid ou aux UV dans des environnements nouveaux. L’évolution a donc conservé ces apports comme autant d’outils utiles, sélectionnés parce qu’ils aidaient Homo sapiens à survivre dans des territoires jadis habités par d’autres humanités.

    Une extinction en demi-teinte : ni brusque ni totale

    La disparition des autres espèces humaines ne ressemble ni à un génocide ni à une catastrophe naturelle soudaine. Elle s’est jouée sur des millénaires, à travers un enchevêtrement de processus dont aucun ne suffit à lui seul à expliquer le résultat final. Les Néandertaliens, qui avaient dominé l’Europe pendant plus de 200 000 ans, s’éteignirent il y a environ 40 000 ans — soit plusieurs millénaires après l’arrivée des premières vagues d’Homo sapiens sur le continent. Cette cohabitation prolongée laisse penser à une compétition progressive pour les mêmes ressources alimentaires et les mêmes territoires, plutôt qu’à une confrontation violente et délibérée.

    Des refuges néandertaliens semblent avoir subsisté dans des zones marginales — Gibraltar, le sud de la péninsule ibérique — bien après la disparition de l’espèce dans le reste de l’Europe, comme si les dernières populations se repliaient vers des enclaves de survie avant de s’éteindre définitivement. Homo erectus, de son côté, aurait persisté en Asie du Sud-Est jusqu’à environ 100 000 ans avant le présent, après près de deux millions d’années d’existence — une durée qui éclipse de loin notre propre histoire. Sa disparition, là encore progressive, témoigne d’un monde humain long à changer, plutôt que prompt à basculer.

    En définitive, Homo sapiensn’est ni le simple vainqueur d’une guerre des espèces, ni la synthèse harmonieuse de toutes les humanités passées. Il est le produit d’une longue lignée africaine, dotée d’une plasticité culturelle et cognitive exceptionnelle, qui a absorbé en chemin de petites mais précieuses contributions génétiques d’autres humanités aujourd’hui disparues.

    Comme le souligne Stringer dans ses travaux sur la diversité des hominines africains, notre espèce elle-même est née d’un brassage interne entre plusieurs populations africaines génétiquement divergentes (Stringer, 2016). L’unité que nous projetons sur le passé ne reflète pas la réalité d’un monde humain qui fut, pendant des centaines de millénaires, peuplé d’une remarquable pluralité d’êtres.

    Cette histoire nous invite à repenser notre rapport à la diversité. Car si nous sommes aujourd’hui seuls représentants du genre Homo, nous portons en nous — littéralement, dans chacune de nos cellules — les traces fantômes d’autres façons d’être humain. Nous ne sommes pas la fin d’une histoire, mais son héritier le plus récent.

    * Universitaire

    Bibliographie

    Green, R. E., et al. (2010). A draft sequence of the Neandertal genome. Science, 328(5979), 710–722.

    Reich, D., et al. (2010). Genetic history of an archaic hominin group from Denisova Cave in Siberia. Nature, 468(7327), 1053–1060.

    Stringer, C. (2016). The origin and evolution of Homo sapiens. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 371(1698), 20150237.

    Wolpoff, M. H., Wu, X. Z., & Thorne, A. G. (1988). Modern Homo sapiens origins: A general theory of hominid evolution involving the fossil evidence from East Asia. In The Origins of Modern Humans (pp. 411–483). Alan R. Liss.

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    ‘‘𝑁𝑜𝑢𝑣𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑉𝑎𝑔𝑢𝑒’’ | Hommage américain au cinéma français

    Le réalisateur Richard Linklater a décroché le prix de la mise en scène lors de la 51e cérémonie des César pour son film ‘‘𝑁𝑜𝑢𝑣𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑉𝑎𝑔𝑢𝑒’’ (2025), une première pour un réalisateur américain, et son œuvre a dominé la soirée en cumulant les récompenses.

    Mohamed Sadok Lejri

    En tant que passionné de la Nouvelle Vague, j’ai vécu un grand moment de cinéma devant l’œuvre de Richard Linklater. Ce film est une pure merveille pour les amoureux de ce mouvement cinématographique.

    J’avoue avoir commencé ce long-métrage avec une certaine méfiance, redoutant d’être déçu comme je l’avais été par le navet d’Hazanavicius (‘‘𝐿𝑒 𝑅𝑒𝑑𝑜𝑢𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒’’), mais le résultat est à l’opposé : c’est un vibrant hommage qui m’a procuré un plaisir immense.

    Trouble sur le plateau

    Le film retrace l’avènement de la Nouvelle Vague en s’appuyant sur l’histoire de la genèse d’‘‘A bout de souffle’’. Dans le Paris de la fin des années 1950, une génération de brillants critiques officiant aux Cahiers du Cinéma aspire à passer derrière la caméra. L’éclatant triomphe des ‘‘𝑄𝑢𝑎𝑡𝑟𝑒 𝐶𝑒𝑛𝑡𝑠 𝐶𝑜𝑢𝑝𝑠’’ de François Truffaut au Festival de Cannes en 1959 agit comme un catalyseur. Jean-Luc Godard parvient alors à convaincre l’excentrique producteur Georges de Beauregard de financer son projet. Il s’entoure du jeune Jean-Paul Belmondo et de Jean Seberg, nouvelle égérie d’Otto Preminger, pour réaliser ‘‘A bout de souffle’’.

    Toutefois, l’approche révolutionnaire et les méthodes iconoclastes de Jean-Luc Godard sèment le trouble sur le plateau, provoquant l’exaspération de son équipe et la fureur de son producteur.

    Drôle sans forcer le trait

    Le soin du casting est un régal pour les initiés. Le choix d’acteurs souvent méconnus, dont la ressemblance avec les figures marquantes de cette époque est frappante, renforce cette impression de voyage dans le temps. L’on y retrouve toute la liberté et l’audace caractéristiques de la Nouvelle Vague. Mention spéciale à Guillaume Malbeck qui incarne un Jean-Luc Godard bluffant de réalisme. En effet, son élocution, ses mimiques, sa gestuelle, la précision de ses aphorismes et de ses citations rendent le film d’autant plus délectable.

    Le film parvient à être drôle sans forcer le trait, et nostalgique sans jamais sombrer dans le vague à l’âme.

    En effet, l’œuvre de Linklater cultive une nostalgie sans tristesse et conjugue l’originalité personnelle avec les codes emblématiques du style godardien.

    Ce long-métrage propose une création assez originale tout en respectant les marqueurs identitaires du cinéma de la Nouvelle Vague godardienne. Bref, c’est un voyage dans le temps qui parvient à retranscrire l’essence même de la Nouvelle Vague. C’est, sans conteste, la plus magnifique preuve d’amour cinématographique jamais dédiée à la Nouvelle Vague française.

    Il est regrettable qu’un réalisateur américain né au Texas rappelle aux Français la splendeur de la Nouvelle Vague, quel dommage de constater que l’hommage le plus vibrant à la Nouvelle Vague vienne de Richard Linklater plutôt que d’un réalisateur français ! Malgré ce léger bémol, au-delà de ces quelques regrets, une seule chose compte : la beauté de cet œuvre qui est tout bonnement un cadeau inestimable pour tout passionné de la Nouvelle Vague.

    Magnifique !

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    Guerres, hégémonies et génocides | Les mémoires de l’ambassadeur Salah Bourjini

    ‘‘Mémoires d’une époque de guerres, d’hégémonies et de génocides (1943/2025)’’ (Editions Nirvana, Tunis, 2026) est le titre que le Docteur Salah Bourjini, ancien ambassadeur des Nations Unies, a choisi pour l’ouvrage de mémoires où il évoque ses cinquante ans de carrière diplomatique dont environ trente ans aux Nations Unies. 

    Raouf Chatty *

    L’auteur ayant servi de 1981 à 2010 comme Représentant coordonnateur des Nations Unies dans un Irak en pleines guerres au Koweït post-libération, en Libye sous Kadhafi et en Algérie sous Ben Jedid, et comme directeur des Programmes pour le développement dans les pays arabes au siège du Pnud à New York, son ouvrage paraît dans  le contexte  géopolitique international très tendue, marqué par la guerre russe contre l’Ukraine, la guerre israélienne contre Gaza et la guerre américano-israélienne contre l’Iran avec leurs répercussions sur la paix et la sécurité dans le monde.  

    Fort de l’expérience  qu’il avait acquis durant plusieurs années en étant aux premières loges de cette région chaude du Moyen-Orient et du Golfe, souvent instable, qui plus est à des périodes cruciales de son histoire, l’ambassadeur Bourjini nous mène dans un voyage géopolitique extrêmement mouvementé au cours duquel avait été quotidiennement sur le qui-vive et aux prises avec des situations difficiles, aussi bien dans ses contacts dans les hautes sphères aux Nations Unies à New-York qu’en accomplissant des missions dans ces pays, qui dépassaient souvent, et de loin, celles d’un ambassadeur en poste en période ordinaire.

    Dans les arcanes de la politique moyen-orientale  

    Sur une distance de quelques 500 pages, l’auteur en consacre environ les deux-tiers pour l’Irak, le Koweït et la Libye, décrivant avec force détails les situations dramatiques vécues dans ces pays par suite de guerres meurtrières, d’embargos économiques, de pénuries… en raison de la piètre gestion des affaires publiques par les différents gouvernements. 

    A la lecture de cet ouvrage passionnant, le lecteur découvre les expériences, à la fois excitantes et frustrantes, vécues par l’auteur lors de ses immersions diplomatiques dans les méandres de la politique au Moyen-Orient, se fait une idée de ses multiples contacts avec les dirigeants de ces pays, les nombreuses contraintes auxquelles il avait fait face, parfois au risque de sa vie, en temps de guerre et sous les  bombardements, tout comme les efforts déployés par ses services pour aider ces  pays à se relever en dépit  des contextes extrêmement difficiles qu’ils ont traversés.

    Le lecteur se fait également une idée de la manière dont les puissances occidentales, États-Unis en tête, traitent les gouvernements de ces pays, en bafouant souvent le droit international qu’elles appliquent à la tête du client. 

    L’auteur, qui décrit de manière objective les difficultés endurées par ces pays en en identifiant les responsables, préfère souvent laisser le lecteur se faire sa propre idée sur les causes objectives des multiples drames vécues par ces pays, se gardant d’en imputer les responsabilités aux seules grandes puissances.

    Il n’omet, toutefois, pas de souligner que pour ces grandes puissances, les pays du Moyen-Orient ne valent que par leurs ressources naturelles, invitant au passage ces pays à tirer un meilleur profit de leur position géopolitique pour faire entendre leurs voix dans le nouvel ordre international en cours de construction.

    Du Kef à New York en passant par Tunis

    Fort de son extraordinaire expérience internationale, appréciée et reconnue, l’ambassadeur Bourjini développe des réflexions pertinentes sur l’évolution de la situation politique en Tunisie au lendemain des changements survenus après le 14 janvier 2011, tenant la classe politique post-révolution, toutes tendances confondues et plus particulièrement les Islamistes, pour responsable des déboires et échecs de la Tunisie au cours des douze dernières années, notamment dans le domaine économique. 

    Le diplomate consacre également plusieurs pages au drame palestinien, qualifiant de génocide les destructions massives et les souffrances inhumaines infligées par Israël aux Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, face à une communauté internationale sinon complice du moins passive et impuissante.    

    Les analyses et appréciations de l’ambassadeur Bourjini sont à la fois pertinentes et équilibrées, frappées du sceau de l’honnêteté et de la sagesse. Elles font de son livre une référence pour celles et ceux, historiens, journalistes, diplomates, étudiants, qui veulent mieux connaître les arcanes de la politique étrangère des grandes puissances, le rôle des Nations Unies et les conditions d’avènement d’un nouvel ordre international dont personne ne pourra pour l’heure entrevoir clairement les contours.

    Les mémoires de l’ambassadeur Bourjini consacrent également des chapitres à ses débuts dans sa ville natale le Kef à laquelle il est resté toujours attaché.

    Né dans une Tunisie en lutte pour son indépendance dans une famille militant dans les rangs du Parti destourien, il s’était rapidement investi en politique en s’activant au sein de l’Uget. Muni d’une licence de mathématiques, il a pu rejoindre les États-Unis d’Amérique où il avait obtenu son doctorat en économie. Il a cependant préféré rejoindre la Tunisie où il avait été conseiller des ministres du Plan et de l’Economie du temps d’Ahmed Ben Salah et Chedly Ayari, puis directeur adjoint de la coopération multilatérale au ministère des Affaires étrangères entre 1975 et 1980, et professeur d’économie et planification à la Faculté de droit et des sciences économiques de Tunis. A ce titre, il était en charge de la préparation, en coopération avec les départements ministériels concernés, des dossiers de la coopération multilatérale et avait représenté la Tunisie dans des dizaines de conférences internationales. 

    Cet ouvrage relate la vie et l’œuvre d’un homme d’expérience, généreux dans l’effort et dévoué aux autres, qui a toujours servi la Tunisie et les Nations-Unies, avec discrétion et efficacité, comme tour diplomate qui se respecte, ce qui lui a valu les félicitations de nombreuses personnalités internationales, qui lui ont rendu hommage et, à travers lui, à son pays et à peuple. 

    * Ancien ambassadeur.

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    Impacts de la guerre d’Iran sur le secteur de l’énergie

    La guerre israélo-américaine de six semaines contre la République islamique d’Iran a secoué la région la plus riche en énergie du monde. Les installations pétrolières et gazières ont été visées par les deux camps et la flambée des prix des carburants a provoqué un nouveau choc énergétique mondial.

    Imed Bahri

    Dans une enquête sur le sujet, le Financial Times indique qu’alors que la situation se stabilise tant bien que mal après une trêve très fragile de deux semaines, l’ampleur des dégâts se révèle avec des répercussions à long terme pour l’économie mondiale.

    L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a indiqué que sa capacité de production a subi des dommages importants. Le Qatar, grand producteur de gaz naturel liquéfié, a perdu environ un cinquième de sa capacité de production et il faudra des années pour revenir à la situation d’avant la guerre. 

    Certaines des plus grandes raffineries de pétrole au monde –essentielles à la transformation du pétrole brut lourd en carburants qui alimentent l’économie mondiale– ont également été touchées à plusieurs reprises, avec une capacité hors service pouvant atteindre 2,4 millions de barils par jour.

    «Même si un cessez-le-feu permanent était conclu demain et que le détroit rouvrait, les marchés ne retrouveraient pas leur fonctionnement normal avant au moins six mois et dans certains cas, cela pourrait prendre beaucoup plus de temps», a déclaré Jorge León, responsable de l’analyse géopolitique chez Rystad Energy.

    Arabie saoudite

    L’Arabie saoudite a confirmé qu’une série d’attaques avait réduit sa capacité de production d’environ 600 000 barils par jour et diminué le débit de l’oléoduc Est-Ouest d’environ 700 000 barils par jour.

    Cet oléoduc, reliant Abqaiq à Yanbu sur la mer Rouge, est une voie d’exportation de pétrole essentielle en temps de guerre. Il a été touché dès le lendemain du cessez-le-feu, endommageant une station de pompage.

    Des frappes sur les champs pétroliers offshore de Manifa et Khurais, au nord de Riyad, ont également réduit la production d’environ 300 000 barils par jour sur chaque site, selon une rare déclaration du ministère saoudien de l’Énergie.

    Helima Croft, analyste chez RBC Capital Markets, a déclaré que la poursuite des attaques après le cessez-le-feu maintiendrait les marchés sous tension, ajoutant : «Comment concilier des dégâts matériels importants avec un contexte censé se désamorcer ? Je ne pense pas que ce soit possible»

    Ces attaques ont réduit la capacité de production habituelle de l’Arabie saoudite, qui s’élève à 12 millions de barils par jour, d’au moins 5%. Ainsi, même si le détroit d’Ormuz rouvre prochainement, le royaume ne pourra pas compenser intégralement les pertes.

    Cela réduira également la capacité de production mondiale de réserve, dont Riyad détenait la plus grande part, afin de pallier toute perturbation de l’approvisionnement. L’Arabie saoudite a confirmé que quatre grandes raffineries avaient été attaquées mais que la plupart restaient opérationnelles.

    Le Royaume a averti que ces attaques affectaient «la sécurité d’approvisionnement des pays consommateurs», adressant ainsi un message clair à Washington.

    Qatar

    Le complexe industriel de Ras Laffan, exploité par Qatar Energy, a été touché par des frappes de missiles les 18 et 19 mars, après qu’Israël ait bombardé des installations pétrochimiques et le champ gazier de South Pars en Iran.

    Les contre-attaques iraniennes ont marqué l’une des escalades les plus importantes du conflit, ciblant la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde en deux vagues.

    L’entreprise a annoncé que les dégâts affecteraient environ 17% de ses exportations et que les réparations prendraient entre trois et cinq ans.

    L’usine de conversion du gaz en liquides (GTL, Gas-to-Liquids est un procédé de synthèse chimique qui transforme le gaz naturel en produits pétroliers liquides de haute qualité), exploitée conjointement avec Shell, a également été endommagée, réduisant sa capacité pendant au moins un an.

    Les analystes de Wood Mackenzie estiment que la remise en service des sections non endommagées pourrait prendre plusieurs mois.

    Un analyste a déclaré : «Un cessez-le-feu pourrait permettre aux méthaniers bloqués dans le Golfe de quitter le détroit d’Ormuz, soulageant ainsi les marchés mondiaux mais il n’y aura pas de véritable changement structurel dans l’offre tant que la pleine production ne sera pas rétablie à Ras Laffan».

    Émirats arabes unis

    La raffinerie de Ruwais à Abou Dhabi, d’une capacité de 922 000 barils par jour, a été parmi les premières installations ciblées, par des frappes de drones provoquant des incendies.

    Les opérations de l’usine de traitement de gaz d’Habshan ont également été interrompues à deux reprises pendant le conflit en raison d’incendies causés par des débris de missiles interceptés.

    Deux gisements de gaz ont été touchés, entraînant des arrêts de production.

    Bien que certaines exportations se soient poursuivies via le port de Fujairah, situé hors du détroit d’Ormuz, les opérations ont été perturbées à plusieurs reprises par des attaques contre le port et les installations de stockage.

    Koweït

    Les raffineries de Mina Al-Ahmadi et de Mina Abdullah ont subi d’importants dégâts suite à de multiples frappes mais sont restées opérationnelles.

    Ces raffineries étaient d’importants fournisseurs de kérosène pour l’Europe et l’Asie et la réduction de l’approvisionnement a suscité des inquiétudes quant à d’éventuelles pénuries de kérosène dans les semaines à venir.

    Irak

    L’Irak a été fortement touché par la fermeture du détroit d’Ormuz en raison de l’absence de voies d’exportation alternatives. L’Iran a été contraint de fermer plus des trois quarts de sa production, qui a chuté à 800 000 barils par jour, contre 4,3 millions avant la guerre.

    Ses installations ont également été directement visées, notamment par une attaque de drone contre le champ pétrolier de Rumaila.

    Le 5 avril, un pétrolier a traversé le détroit d’Ormuz, laissant supposer un accord temporaire entre l’Irak et l’Iran autorisant les expéditions de pétrole.

    Iran

    Israël a ciblé des dépôts de carburant à Téhéran et d’autres installations, provoquant d’importants incendies qui ont plongé la capitale dans un épais nuage de fumée.

    Des frappes sur le champ gazier de South Pars ont également mis hors service des unités de production.

    L’île de Kharg, important centre d’exportation, a été ciblée à plusieurs reprises, mais ces attaques visaient des objectifs militaires, épargnant relativement les installations pétrolières.

    Oman et Bahreïn

    Oman a subi moins d’attaques que ses voisins, mais le port de Salalah a été perturbé après des frappes sur des installations de stockage de pétrole.

    Le Bahreïn a invoqué la force majeure après la destruction de la raffinerie de Sitra et la remise en état devrait prendre plusieurs mois.

    Ces dégâts considérables témoignent du fait que ce conflit n’était pas qu’une simple confrontation militaire mais un bouleversement majeur des infrastructures énergétiques mondiales dont les effets pourraient se faire sentir pendant des années.

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    Hayett Assurances présente son offre ‘‘Globale Prévoyance’’


    Pour Hayett Assurances, la protection ne s’improvise pas : elle se prépare. À travers le produit Globale Prévoyance, la compagnie renforce son engagement envers les familles et les entreprises tunisiennes. L’un de ses responsables nous éclaire sur la vision et les objectifs de cette offre.

    «L’un des piliers de l’assurance vie, c’est la prévention. Chez Hayett Assurances, nous croyons que prévoir, c’est déjà protéger. La vie est faite d’imprévus : un accident, une maladie ou un départ prématuré peuvent tout remettre en question. Avec Globale Prévoyance, nous voulons offrir à nos clients une sécurité réelle, immédiate et adaptée à chaque situation», explique le responsable.

    Conçue comme une solution complète, repose sur trois plans essentiels, répondant aux besoins des particuliers comme des entreprises. «Nous avons voulu proposer une offre modulable qui s’adapte à chaque profil», poursuit le responsable de l compagnie.

    Plan Vie Entière : dédié aux familles, il protège les proches tout au long de la vie en leur garantissant le versement d’un capital en cas de décès, assurant ainsi leur stabilité financière et leur sérénité.

    Plan Homme Clé : conçu pour les entreprises, il protège leur activité contre la perte d’un collaborateur indispensable, assurant la continuité de l’entreprise.

    Plan Bedil : destiné au chef de famille, il permet de préserver l’équilibre du foyer et de maintenir les conditions de vie des proches en cas de disparition prématurée.

    Mais l’offre ne s’arrête pas là ! Hayett Assurances y a intégré plusieurs garanties complémentaires pour renforcer la couverture.

    «Nous avons voulu aller plus loin qu’une simple protection : nous avons ajouté la Garantie Accident, qui prévoit le doublement du capital en cas de décès ou d’invalidité absolue et définitive. Nous proposons également la Garantie Hospitalisation Chirurgicale, qui offre une indemnité journalière pouvant aller jusqu’à trente jours en cas de perte de revenus suite à une hospitalisation chirurgicale.»

    Une garantie innovante : Cancer Protect

    «Parmi les garanties les plus innovantes, il y a la Garantie Cancer Protect. Elle ne se limite pas à un soutien financier, mais reflète notre engagement à être un partenaire humain à vos côtés. Nous savons tous que l’annonce d’un cancer bouleverse profondément la vie familiale et pèse lourdement sur le budget du foyer. La Garantie Cancer Protect prévoit le versement immédiat d’un capital pour accompagner la famille, ainsi qu’un accès gratuit à un deuxième avis médical auprès de spécialistes internationaux.»

    Interrogé sur le bon moment pour souscrire, le responsable souligne : «Le bon moment, c’est toujours maintenant. Chaque jour compte. Souscrire à Globale Prévoyance, c’est un acte de responsabilité envers sa famille ou son entreprise, pour avancer dans la vie en toute sérénité.»

    Pour Hayett Assurances, cette approche s’inscrit dans une vision durable et humaine de la protection.

    «Notre rôle est d’accompagner nos clients dans les moments difficiles, mais aussi de les aider à les anticiper.»

    Pour en savoir plus ou souscrire, rendez-vous sur ce lien.   

    Communiqué.

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    Tunisie | Six mois de prison pour Rached Khiari

    La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné l’ex-député à l’Assemblée des représentants du peuple Rached Khiari à six mois de prison pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux, suite à une plainte déposée à son encontre par un ancien élu, rapporte Mosaique FM.

    Rappelons que l’ancien député de la coalition Al-Karama a été condamné à huit mois de prison en première instance dans le cadre de cette affaire. 

    Ce dernier, qui faisait l’objet de plusieurs condamnations, avait été arrêté en août 2022 après 5 mois de cavale, avant d’être libéré en septembre de la même année, puis arrêté de nouveau pour être condamné en février 2025 un an de prison ferme pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux. Remis en liberté en novembre 2025, après avoir purgé sa peine, il ne semble pas au bout de ses déboires judiciaires.

    I. B.  

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    Tunisie | 18 mois de prison pour Sonia Dahmani en appel

    La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani à 18 mois de prison, rapporte Mosaique FM. Elle était poursuivie pour des déclarations médiatiques condamnant le racisme contre les migrants subsahariens en Tunisie.

    Sonia Dahmani, qui était poursuivie dans cette affaire conformément à l’article 54 de 2022, avait interjeté appel après avoir été condamnée à deux ans de prison en première instance.

    Arrêtée en mai 2024, avant d’obtenir la libération conditionnelle n novembre 2025, elle a comparu en état de liberté.  

    I. B.

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    Ligue des champions | L’espérance rate son entrée face à Sundowns  

    En s’inclinant à domicile face à Mamelodi Sundowns (0-1), en demi-finale aller de la Ligue des champions d’Afrique, disputée hier soir, dimanche 12 avril 2026, au stade de Radès, l’Espérance sportive de Tunis a sérieusement hypothéqué ses chances d’accéder à la finale, même si les Sang et Or ont souvent mieux joué à l’extérieur qu’à domicile et qu’ils ont déjà battu leur adversaire chez lui.

    Pourtant, en première période, les coéquipiers du Mohamed Amine Ben Hamida ont laissé entrevoir de bonnes intentions en dominant leurs adversaires sud-africains et en se créant pas moins de quatre occasions non concrétisées, dont un bolide de Danho sur la transversale.

    Par contre, les visiteurs ont fait preuve de réalisme en marquant sur leur unique occasion de la rencontre, en début de seconde mi-temps, grâce à Brayan Léon Muniz qui a conclu de la tête une belle triangulation sud-africaine.

    Les hommes de Patrice Beaumelle ont tenté de réagir mais ils ont manqué de précision pour prendre à défaut la défense de Sundowns et même le carton rouge reçu par Grant Kekana, pour jeu dangereux (84e) n’a pas aidé les Espérantistes à trouver le chemin de filets. Le but encaissé contre le sens du jeu semble avoi complètement perturbé les schémas de l’équipe qui s’est vu refuser un but validé par l’arbitre mais refusé suite à l’intervention du VAR.

    Dans 6 jours à Pretoria, l’Espérance doit se surpasser pour venir à bout d’une équipe sud-africaine qui, contrairement à ses habitudes, a montré hier soir qu’elle était capable de verrouiller le chemin du gardien Williams. Ce sera dur mais pas impossible, étant donné le style de jeu espérantiste plus à l’aise à l’extérieur, comme elle l’avait déjà montré contre le même adversaire.

    I. B.  

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