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Liban-Israël : Nawaf Salam attendu à Washington pour des négociations

La présidence libanaise annonce qu’une rencontre aura lieu mardi 14 avril avec Israël à Washington afin de discuter d’un cessez-le-feu dans la guerre opposant l’armée israélienne au Hezbollah pro-iranien depuis début mars.

« Sur la base de l’initiative lancée par le président de la République, le général Joseph Aoun, qui repose sur l’action diplomatique à travers l’annonce d’un cessez-le-feu et l’ouverture de négociations directes avec Israël… l’administration américaine a décidé de charger le département d’État de jouer un rôle de médiateur entre le Liban et Israël », affirme la présidence sur X.

Il s’agit du premier contact entre le Liban, représenté par son ambassadrice à Washington, Nada Hamadé Mouawad, et Israël, représenté par son ambassadeur à Washington, Yechiel Leiter, en présence de l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, présent à Washington, ajoute le texte.

«Lors de cet échange, un accord a été trouvé pour tenir une première réunion mardi prochain au siège du département d’État américain. Cette réunion portera sur un cessez-le-feu et la fixation de la date du début des négociations entre le Liban et Israël, sous médiation américaine», indique la présidence.

CNN a rapporté vendredi, citant une source gouvernementale libanaise, que le premier ministre libanais, Nawaf Salam, serait désigné pour se rendre à Washington mardi pour ces négociations.

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L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine

Il est des guerres qui rasent des villes. Et il en est d’autres – comme celle que les Etats-Unis et Israël viennent de livrer à l’Iran – qui rasent des hiérarchies. En quelques semaines, cette guerre a pulvérisé l’illusion la plus tenace du XXIe siècle, celle d’une Amérique encore capable de dicter seule ce qui est permis, puni ou toléré. Ce qui s’est joué n’est pas une simple bataille de plus au Moyen-Orient. C’est la fin d’une ère.

Yahya Ould Amar *

Cette guerre a certes ravagé des infrastructures, bouleversé les flux énergétiques et mis en tension tout le Moyen-Orient et l’économie à l’échelle du globe, mais elle a révélé la distribution réelle de la puissance dans cette partie du monde.

Les gagnants ne sont pas ceux que l’on désigne spontanément. Les perdants non plus. Car, dans les guerres modernes, le vainqueur n’est pas celui qui frappe le plus fort, mais celui qui modifie à son avantage la perception du possible, du durable et du coûteux. La victoire n’y est pas seulement militaire. Elle est politique, psychologique et civilisationnelle.

Le premier gagnant

Le premier gagnant est l’Iran – même s’il a payé un prix élevé. Une puissance ne se juge pas seulement à l’étendue des destructions subies, mais à sa capacité à empêcher l’adversaire d’atteindre ses objectifs. Or les objectifs américains n’étaient pas seulement de punir l’Iran. Ils étaient principalement de le faire plier au dictat des Etats-Unis, de reprendre la maîtrise du détroit d’Ormuz, de protéger sans faille ses alliés, d’imposer à Téhéran une capitulation stratégique.

Rien de cela n’a été obtenu. Le cessez-le-feu lui-même a été suspendu à la réouverture du détroit par l’Iran – il avait toujours été ouvert gratuitement à la navigation avant les hostilités – et les discussions ont fait émerger jusqu’à l’acceptation de la question de compensations et de frais de passage pour les réparations des préjudices subis par l’Iran, signe qu’Ormuz n’est pas redevenu un espace organisé par Washington, mais un levier dont Téhéran demeure le seul vrai arbitre.

C’est là le fait majeur. L’Iran confirme qu’une puissance sous sanctions, isolée, visée depuis près d’un demi-siècle par une pression militaire, financière et diplomatique continue, peut encore faire échec à l’entreprise américaine de domination régionale. Il démontre qu’à l’âge des missiles, des drones, des capacités de déni d’accès et de la vulnérabilité des routes énergétiques, la supériorité technologique ne suffit plus à produire la soumission politique. Il suffit de tenir, de durer, d’absorber le choc et de rendre le coût de la victoire adverse supérieur à ses bénéfices. C’est une nouvelle dissuasion qui n’est pas celle des puissants. C’est celle du faible qui a compris que, à l’âge des drones et des missiles hypersoniques, tenir suffit parfois à vaincre.

Sun Tzu l’avait déjà murmuré il y a vingt-cinq siècles : «La victoire suprême est de briser la volonté de l’ennemi sans combattre». L’Iran n’a pas brisé l’Amérique, il a simplement montré qu’elle pouvait être contrainte. Et cela change tout.

La leçon dépasse l’Iran. Elle concerne tous les États qui observent le système international se transformer. La force n’y disparaît pas, elle change de rendement. Elle détruit encore, mais elle convainc moins, elle ouvre des fronts qu’elle ne referme pas.

Le second gagnant

Le second gagnant est Israël, l’initiateur de cette guerre. Vu de Jérusalem, le résultat stratégique de celle-ci est limpide. Israël n’a jamais recherché seulement des trêves. Il a recherché une architecture régionale dans laquelle son utilité sécuritaire deviendrait indispensable aux monarchies arabes et, pourquoi pas au-delà, à une partie du monde sunnite. Or les frappes iraniennes contre des sites du Golfe et l’incapacité du parapluie américain à garantir une invulnérabilité réelle produisent exactement cet effet.

Cette dynamique ne relève pas uniquement du calcul stratégique. Elle s’inscrit aussi dans une vision du monde où la menace iranienne est érigée en péril existentiel. Depuis des décennies, Benjamin Netanyahu porte cette lecture et n’a cessé d’en convaincre Washington, jusqu’à peser décisivement dans l’engagement américain. Cette vision trouve un écho puissant aux États-Unis auprès des milieux évangélistes, pour lesquels le destin d’Israël s’inscrit dans une lecture quasi prophétique de l’histoire.

Entre stratégie, croyance et projection, la guerre s’est aussi jouée dans cet espace où l’irrationalité se mêle à la conviction.

La nouveauté n’est donc pas seulement militaire, elle est psychologique. Pendant des années, les monarchies ont cru acheter la sécurité en important des armes, en finançant des partenariats occidentaux et en s’abritant sous la bannière américaine. Cette guerre leur révèle qu’on peut acheter des systèmes d’armement sophistiqués, mais on n’achète ni la décision politique de se battre jusqu’au bout pour vous, ni la certitude d’un ciel hermétique.

Entre la richesse et la sécurité, il y a un vide que les gros contrats d’armements et les investissements des recettes pétrolières des monarchies dans l’économie américaine ne comblent pas.

Israël, lui, vend moins une promesse qu’une compétence sur la défense antimissile, le renseignement, la guerre électronique, les frappes préventives, la profondeur stratégique partagée avec les monarchies. Dans le nouvel imaginaire sécuritaire de celles-ci, cela compte davantage que les déclarations solennelles de Washington.

Cette angoisse sécuritaire rencontre un vieux soubassement historique. Dans l’imaginaire politique du Golfe, la rivalité avec la puissance perse n’est jamais tout à fait dissociable de la vieille fracture entre univers chiite et monde sunnite – la guerre Iran/Irak en est un exemple.

Le premier perdant

Les États-Unis, eux, sortent de cette séquence comme le premier grand perdant. Ils ont perdu sur le terrain de la dissuasion. Une puissance dissuade lorsqu’elle persuade l’adversaire que résister est inutile. Or l’Iran a résisté. Il a encaissé, répliqué, tenu le verrou d’Ormuz et imposé la perspective d’une guerre longue, coûteuse, politiquement corrosive.

À partir de là, l’Amérique a cessé d’être une puissance qui impose pour redevenir une puissance qui menace puis négocie.

Le recours à une médiation extérieure, en l’occurrence pakistanaise, dit beaucoup. On n’est plus dans l’âge du commandement, on entre dans celui des transactions sous contrainte.

Les États-Unis ont perdu aussi sur le terrain du leadership. Cette guerre le montre avec force en rappelant la dévaluation ancienne de la parole américaine, de la rupture de tous les traités avec les nations amérindiennes aux retraits contemporains d’accords majeurs, qu’il s’agisse du traité sur les missiles antibalistiques, de l’accord nucléaire iranien, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, de l’accord de Paris ou d’autres encore.

Une puissance qui fait de l’engagement une option finit par transformer sa propre signature en instrument provisoire. Or une signature provisoire ne fonde aucun ordre international. Elle produit de la méfiance, puis de la distance, puis des stratégies de contournement. C’est ainsi que les empires cessent d’être des centres de gravité pour devenir des facteurs d’incertitude.

Aujourd’hui, l’Amérique populiste a accentué dans l’arrogance ce constat, elle ne structure plus l’ordre international, elle l’expose à l’aléa – devenant ainsi une puissance du désordre. Le leadership appartient à celui qui rétablit l’ordre et non le contraire.

Washington n’a pas seulement été incapable de rétablir à lui seul la liberté de navigation, demandant sans succès une aide des puissances alliées – on se rappelle des insultes proférées contre Macron après son refus d’envoyer la marine française dans le détroit d’Ormuz pour ne pas cautionner une guerre illégale.

Washington a dû également constater qu’au Conseil de sécurité, la volonté américaine ne suffisait plus, puisque la Russie et la Chine ont bloqué une résolution, tandis que d’autres acteurs se sont installés dans la médiation et la gestion de crise.

L’ordre international ne répond plus à une seule capitale. Il se fragmente autour de centres de décision concurrents.

À cela s’ajoute une défaite morale. Lorsqu’une grande puissance en vient à menacer l’anéantissement d’une civilisation, à banaliser l’idée de frapper des infrastructures civiles et à laisser prospérer une rhétorique d’éradication, elle détruit le socle de légitimité dont elle avait besoin pour se présenter comme gardienne d’un ordre mondial. La condamnation de ces menaces par des voix internationales de premier plan (à commencer par le Pape) a montré qu’une ligne rouge avait été franchie.

Une puissance qui prétend défendre le droit tout en parlant le langage de l’anéantissement ne fait plus peur seulement à ses ennemis. Elle inquiète le monde entier. Et ce que le monde a entendu du Président Trump, c’est la fin de l’Amérique comme référence éthique. Il ne reste plus qu’une superpuissance… imprévisible, et désormais dangereuse pour tous, y compris pour ses propres alliés.

Le second perdant

Les monarchies du Golfe, elles aussi, comptent parmi les perdants. Leur faiblesse n’est pas seulement militaire. Elle est structurelle. Elles ont découvert que des économies prospères, des infrastructures ultramodernes et des budgets de défense massifs ne suffisent pas à fabriquer une autonomie stratégique. Leurs ports, leurs installations énergétiques, leurs réseaux vitaux et jusqu’à leurs horizons urbains dépendent d’un environnement régional qu’elles ne contrôlent pas. Leur vulnérabilité n’est pas un accident de parcours. Elle tient à leur position même dans le système régional. Elles sont riches, mais exposées. Centrales pour les marchés, mais périphériques dans la décision stratégique. Redoutées pour leur influence financière, mais incapables d’imposer seules une dissuasion crédible à leurs frontières.

Les frappes ayant visé des infrastructures du Golfe (pétrolières, de dessalement d’eau de mer…)  l’ont rendu visible au grand jour. Sachant que le bombardement des installations nucléaires iraniennes par les Etats-Unis et Israël, pourra empoisonner tout le Golfe Persique avec des matériaux radioactifs. Cela mettrait instantanément hors service les usines de dessalement dans les monarchies qui fournissent 100 % de l’eau potable, même si ces usines peuvent éliminer les éléments radioactifs avec une efficacité de 90 %, mais les risques à long terme pour l’approvisionnement alimentaire (poissons) et les sédiments resteront radioactifs pendant au moins un siècle voire plus.

Les monarchies ne peuvent ni rompre avec Washington sans risque, ni continuer à s’en remettre exclusivement à lui sans naïveté. Elles ne peuvent pas davantage ignorer Israël, dès lors que la protection américaine a montré ses limites et que l’Iran s’est affirmé comme menace concrète pour leurs équilibres internes et leurs intérêts vitaux.

Ce que cette guerre installe, c’est moins une alliance sentimentale qu’une convergence de nécessité. Les monarchies du Golfe se rapprochent inexorablement d’Israël non parce qu’elles l’auraient soudainement souhaité, mais parce qu’elles ne peuvent plus penser leur sécurité comme avant.

La marge pour les monarchies est réduite, se soumettre à Israël ou à l’Iran qui était – pour sa survie – obligé de les bombarder.

Cette guerre leur a rappelé la loi implacable de l’histoire que la richesse sans puissance est une invitation au chantage. Et le chantage, Israël et l’Iran le maîtrisent à la perfection.

La fin du pouvoir d’organiser le monde

C’est pourquoi cette guerre marque un basculement. Le passage vers un ordre multipolaire est la traduction politique d’un ensemble de bouleversements déjà à l’œuvre comme la diffusion irréversible des capacités militaires de précision, la montée des puissances intermédiaires, l’érosion du leadership américain, le retour de la géographie contre les empires de projection, l’affaiblissement du monopole occidental sur les normes, la contestation croissante de la centralité du dollar, la fragmentation des chaînes logistiques.

La multipolarité ne signifie pas l’avènement d’un nouvel ordre stable. Elle signifie d’abord qu’aucune puissance ne peut plus convertir seule sa supériorité militaire en obéissance régionale durable. Elle signifie aussi que les médiations se diversifient, que les dépendances monétaires se relativisent, que les routes commerciales deviennent des instruments de négociation, et que la géographie reprend ses droits contre les empires de projection.

Aucune puissance, désormais, n’est assez forte pour organiser seule le monde. Plusieurs le sont assez pour empêcher les autres de l’organiser.

L’équilibre iranien-israélien au Moyen-Orient

Dans cette nouvelle configuration, un équilibre régional se dessine. D’un côté, l’Iran s’impose comme la puissance qui a opposé à l’hégémonie américaine une résistance suffisamment efficace pour imposer le respect de ses lignes rouges et porter à la table des discussions des exigences de non-agression, de compensation et de contrôle politique accru sur Ormuz. De l’autre, Israël consolide sa place comme pivot sécuritaire pour les monarchies du Golfe et, par extension, pour une partie du système sunnite.

Ce face-à-face n’est pas la paix. Mais c’est un équilibre. Or, dans l’histoire du Moyen-Orient, les équilibres comptent souvent davantage que les proclamations, parce que la stabilité n’y naît pas des discours, mais de l’acceptation contrainte, parfois tacite, d’un rapport de forces que nul ne peut abolir sans risquer l’embrasement général.

Paradoxalement, cet équilibre peut rouvrir l’espace d’un règlement de la question palestinienne. Non par générosité soudaine, mais par logique stratégique.

Les monarchies qui se rapprocheront davantage d’Israël auront besoin de présenter à leurs opinions publiques et au monde arabe un dividende politique, et aucun dividende n’est plus structurant que la perspective d’un règlement négocié de la question palestinienne. Car aucune architecture régionale ne sera durable si elle prétend intégrer Israël dans la sécurité du monde arabe tout en laissant en suspens la question qui structure depuis des décennies la conscience politique de la région.

Israël, de son côté, découvrira qu’une intégration régionale durable ne peut reposer sur la seule force militaire, surtout dans un environnement où la profondeur des menaces s’est élargie.

Quant à l’Iran, s’il veut convertir sa résilience en rang durable, il lui faudra montrer qu’il peut être autre chose qu’une puissance de perturbation, et que sa capacité d’empêchement peut aussi servir une stabilisation négociée.

Lorsque les rapports de force se clarifient, les guerres par procuration perdent une partie de leur utilité. Elles ne disparaissent pas par enchantement. Mais elles deviennent plus coûteuses politiquement pour des acteurs désormais contraints de composer dans un espace moins unipolaire, plus interdépendant, plus surveillé par les marchés, les opinions et les puissances rivales.

La vraie lecture de cette guerre est là. Elle ne consacre pas la toute-puissance d’un camp. Elle enterre une illusion. Celle d’une Amérique capable de punir sans limite, de protéger sans faille, de dicter les termes de l’ordre et de rester, malgré tout, le centre moral du système international. Cette illusion s’est brisée sur l’Iran. Et, dans le même mouvement, elle a rapproché Israël du cœur de la sécurité arabe.

Au terme de cette séquence, le bilan est net. L’Iran a gagné en statut et en respect. Israël a gagné en centralité stratégique. Les États-Unis ont perdu en dissuasion, en crédibilité et en autorité morale. Les monarchies du Golfe ont perdu leur dernière illusion d’invulnérabilité.

C’est ainsi que s’achèvent les cycles impériaux. Ils ne se ferment pas dans l’effacement de la puissance, mais dans son incapacité à produire de l’ordre. Les armes peuvent continuer de frapper, elles ne suffisent plus à convaincre, ni à soumettre, ni à stabiliser.

L’Amérique ne disparaît pas ; elle change de nature et glisse d’un centre organisateur vers une force de désordre qui dérègle ce qu’elle prétendait structurer. Car une puissance cesse de dominer lorsque se fissurent les garanties qui fondaient sa légitimité : la sécurité des routes maritimes, le respect du droit, la solidité de la parole donnée, la protection effective des alliés. À cet instant, elle ne façonne plus l’histoire ; elle y prend place, comme l’une de ces puissances qui ont perdu la capacité de l’organiser.

* Economiste, banquier et financier.

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Israël s’accorde un nouveau permis de tuer

Les dirigeants israéliens, soutenus par une grande partie de la classe politique et de la population, ont célébré dans la joie et l’allégresse la nouvelle loi scélérate adoptée par la Knesset, le parlement israélien, qui instaure la peine de mort par défaut pour tout Palestinien impliqué, de près ou de loin, dans une opération commando, ou ayant participé à un attentat contre des Israéliens ou d’installations israéliennes. Ils l’ont célébrée en buvant à grande gorgée l’arak, liqueur fétiche originaire d’un Liban qui souffre le martyre. On tape toujours plus fort sur le plus faible.

Mohsen Redissi  *

La date d’adoption, le 30 mars 2026, n’est pas fortuite. Elle n’est ni anodine ni innocente. C’est une date gravée dans le subconscient palestinien. Par ce choix, Israël essaye encore une fois d’occulter l’histoire déchirante de la Palestine. Une tentative et une manœuvre, perdues d’avance, vouées à l’échec, pour effacer de la mémoire collective l’affront fait aux paysans palestiniens en confisquant leurs terres au profit de nouveaux colons.

La date coïncide avec la célébration de ‘La Journée de la Terre’ par tous les Palestiniens, ceux de l’intérieur, sous l’occupation, comme ceux en exil forcé. Elle est célébrée, toujours avec ferveur, en commémoration de la répression sanglante de 1976 contre les Palestiniens protestant contre la confiscation de leurs terres en Galilée.

De manifestations pacifiques, très vite transformées en affrontements violents sous les assauts de l’armée d’occupation. Six morts, plusieurs blessés et des centaines d’arrestations dans les rangs des Palestiniens.

La célébration de la ‘Journée de la terre’ est un hommage posthume aux victimes et un appel pressant à la résistance nationale et à la solidarité internationale face à la dépossession, mais aussi au respect des droits nationaux du peuple palestinien.

Cette commémoration, événement largement suivi et célébré avec une grande ferveur par tous les Tunisiens épris de justice et d’équité.

De nos jours, en Cisjordanie, hélas territoire annexé, la dépossession des Palestiniens continue sans relâche. C’est le pain quotidien d’une communauté en détresse. La lutte doit continuer encore et toujours contre la colonisation et les politiques de confiscation des terres.

Résister à la colonisation devient un crime

Il est aisé pour les tribunaux israéliens, juges et bourreaux à la fois, d’accuser sans état d’âme de terrorisme et de condamner sans preuves tangibles tout Palestinien récalcitrant vivant sous le joug de l’occupation. Résister devient un acte criminel passible de la peine de mort pour un crime non commis.

Israël veut alléger le nombre des pensionnaires palestiniens dans ses prisons. Des centres pénitentiaires mal entretenus, exigus et surpeuplés. La nouvelle trouvaille des autorités juives est de réduire le nombre de prisonniers et d’éliminer, sous couvert de la loi, tout Palestinien récalcitrant

Le grand perdant dans cette affaire ce sera Israël. Si l’Etat hébreu a pu récupérer les otages du 7 octobre, vifs et dépouilles, c’est parce que ses prisons sont remplies de Palestiniens arrêtés, accusés à tort et dont le seul crime est d’être nés dans des enclaves administrées par le colonisateur. Israël manquera de «bois de chauffe» pour alimenter l’échange.

Le ratio d’échange de prisonniers entre l’Autorité palestinienne et Israël est grandiloquent. Le soldat Gilad Shalit a été relaxé en 2011, après cinq ans de captivité, en échange de la libération de 1027 prisonniers palestiniens ; ou comme par le passé quand en 1985 Israël a libéré 1150 détenus palestiniens en échange de trois soldats israéliens. Les opérations de ce genre ne manquent pas. Troquer un juif reste une opération excessivement chère dans la bourse de la vie. Son pesant est d’or, une valeur sûre très appréciée dans certains échanges, homme à homme ou tête à tête.

La face cachée de cette opération de nettoyage ethnique a pour unique but de réduire au maximum le nombre des Palestiniens vivant sur la terre de leurs ancêtres. Israël compte faire place nette aux nouveaux colons. Une opération de séduction en leur offrant le logis et les meilleures terres. Un nouvel apartheid prospère au Proche-Orient.

Résister à la confiscation de ses terres ou de son logis devient un délit grave, un acte terroriste passible de mort. Dans cette atmosphère lugubre, les bourreaux israéliens, des anges gardiens passeurs de vie à trépas, ne sont pas prêts à chômer. Seraient-ils payés par tête de pipe ou selon le nombre d’heures passées à torturer les Palestiniens jusqu’à ce que mort s’ensuive. Pas de poursuite, le prisonnier palestinien est mort dans l’exercice de ses fonctions.

Les prisons israéliennes se vident ainsi de leurs pensionnaires ; ce sont les cimetières qui se remplissent. Aux mères palestiniennes de préparer leurs mouchoirs. Des sanglots longs et violents les attendent. Elles pleureront leurs enfants à chaudes larmes. Le peuple palestinien doit s’attendre à une nouvelle nakba (grande catastrophe), une deuxième d’un genre nouveau. Il faut s’attendre au pire quand l’ennemi, le doigt sur la gâchette, tient votre vie au bout de son canon.

Israël et son «droit souverain» de tuer

Deux poids, deux mesures

La réponse des Etats-Unis est cinglante. Ils «respectent le droit souverain d’Israël à fixer ses propres lois et sanctions à l’encontre des personnes reconnues coupables de terrorisme», tels sont les propos du département d’Etat.

L’Oncle Sam s’offusque et appelle au scandale et lynche l’Arabie saoudite ou l’Iran ou tout autre pays du Moyen-Orient quand il exécute ou décapite un de ses ressortissants condamné à mort.

Aux Etats-Unis, le condamné à mort ne perd ses droits constitutionnels que lorsqu’il passe à l’au-delà. Il peut choisir sa mort, ou plutôt la façon de partir vers le ciel. Une sorte de menu. Il a l’embarras du choix : par injection, par pendaison ou par électrocution. Le condamné peut être assisté dans ses derniers moments par le curé de sa paroisse, son imam, son guide spirituel, ou rejoindre ses ancêtres au son de sa musique préférée.

L’Union européenne est timorée ; elle a qualifié la loi sur la peine de mort de grave recul sur le plan juridique et humanitaire. Elle réinstaure de facto la ségrégation raciale et la politique deux poids deux mesures.

L’Autorité palestinienne, pour sa part, a condamné fermement ce permis de tuer qu’elle a qualifié de tentative de légitimer des exécutions extrajudiciaires.

Quant au Hamas, il a appelé les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge à intervenir pour protéger les prisonniers palestiniens.

Pour ce qui est des médias occidentaux, ou de la plupart d’entre eux, ils on fait comme à leur habitude : ils se sont bien gardés de condamner Israël. Certains ont même préféré regarder ailleurs : heureusement qu’il y a l’Ukraine pour s’occuper, l’unique injustice à leurs yeux.

* Fonctionnaire à la retraite.

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Moyen-Orient : pause stratégique avant une nouvelle escalade ?

Une respiration fragile s’installe dans une région à bout de tension. En acceptant une trêve de deux semaines sous médiation pakistanaise, Téhéran entrouvre la porte à un dialogue avec Washington, sans pour autant renoncer à ses lignes rouges. Derrière l’annonce, les ambiguïtés demeurent : champ d’application incertain du cessez-le-feu, exclusion possible de certains fronts et affirmation renouvelée du rôle stratégique iranien dans le détroit d’Ormuz. Plus qu’un apaisement, cette séquence esquisse une recomposition prudente des rapports de force, où la diplomatie avance à pas comptés.

L’Iran a accepté une proposition de cessez-le-feu de deux semaines soumise par le Pakistan, selon plusieurs médias, dont le New York Times, citant des sources iraniennes. La proposition aurait été approuvée par le Guide suprême Mojtaba Khamenei.

Par ailleurs, Reuters rapporte que le Conseil suprême de sécurité iranien a annoncé que des négociations avec les États-Unis débuteraient le vendredi 10 avril à Islamabad. Ces négociations font suite à la soumission par Téhéran d’une proposition en dix points à Washington, via le Pakistan, ont indiqué les médias iraniens, précisant que ces pourparlers ne signifient pas la fin de la guerre…

« Le passage sûr à travers le détroit d’Ormuz sera possible »

Dans un communiqué, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien souligne également que le plan en 10 points de l’Iran « met l’accent sur des questions fondamentales » telles que « le passage par le détroit d’Ormuz sous la coordination des forces armées iraniennes ». Cela conférera à l’Iran une « position économique et géopolitique unique », indique le communiqué, comme l’a rapporté CNN.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a déclaré que pendant ces deux semaines, le passage en toute sécurité à travers le détroit « sera possible grâce à la coordination avec les forces armées iraniennes et en tenant compte des limitations techniques et qu’il cesserait ses attaques dans le Golfe et contre Israël une fois les frappes contre l’Iran terminées ».

Le cessez-le-feu n’inclura pas le Liban, selon les médias israéliens

Il règne cependant une certaine confusion quant à savoir si le cessez-le-feu inclura les attaques israéliennes contre le Liban. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que son pays soutenait la décision de Trump de suspendre les attaques contre l’Iran pendant deux semaines, mais a précisé que le cessez-le-feu n’incluait pas le Liban, rapportent les médias israéliens mercredi… Le site d’information israélien Ynet avait pourtant indiqué que le cessez-le-feu inclurait le Liban.

Faisant suite à l’annonce d’une suspension des hostilités de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, en Irak, une organisation regroupant des factions armées soutenues par l’Iran, a annoncé dans un communiqué la suspension de ses opérations en Irak et dans toute la région pour une durée de deux semaines.

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La guerre ferait-elle de l’Iran la quatrième puissance mondiale ?

Jusqu’à récemment, la République islamique d’Iran était une puissance régionale mais Robert A. Pape, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, estime que la guerre que lui livrent depuis plus d’un mois les Etats-Unis et Israël est en train d’en faire la quatrième puissance mondiale non pas par un quelconque poids économique ou militaire comme c’est le cas pour les États-Unis, la Chine et la Russie mais par son énorme capacité à impacter le monde entier, notamment sur les plans énergétique et économique, et par ricochet politiquement. 

Imed Bahri

Dans une analyse publiée dans le New York Times, Pape considère que la guerre menée par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu contre l’Iran a transformé ce pays en une puissance mondiale majeure. 

Le politologue américain remet en question la vision géopolitique dominante de ces dernières années qui supposait que l’ordre mondial évoluait vers trois pôles de puissance : les États-Unis, la Chine et la Russie. Cette vision partait du principe que la puissance découle principalement de la taille économique et des capacités militaires, une hypothèse désormais obsolète.

Un quatrième pôle de puissance

Un quatrième pôle de puissance mondiale émerge rapidement : l’Iran. Bien que ce pays ne possède pas la même force militaire et économique que les trois autres, sa puissance nouvelle provient de son contrôle de la voie maritime la plus importante pour l’énergie dans l’économie mondiale : le détroit d’Ormuz.

Ce détroit est depuis longtemps une voie navigable internationale, empruntée par des navires de toutes les nations. Cependant, la guerre lancée cette année par les États-Unis et Israël contre l’Iran a contraint ce dernier à imposer un blocus militaire sélectif du détroit. Environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié transitent par le détroit d’Ormuz et aucune alternative viable à ces chaînes d’approvisionnement n’est envisageable à court terme. Si le contrôle iranien du détroit d’Ormuz se prolonge pendant des mois, voire des années, il bouleversera profondément l’ordre mondial au détriment des États-Unis.

Cependant, de nombreux analystes considèrent le contrôle iranien du détroit d’Ormuz comme temporaire. Beaucoup s’attendent à ce que la marine américaine et ses alliés stabilisent rapidement la situation et que les flux pétroliers reprennent leur cours normal.

Cependant, Pape soutient que ces prévisions sont erronées et malavisées. Elles reposent sur l’hypothèse que l’Iran fermerait complètement le détroit pour le contrôler efficacement. Or, le détroit peut être contrôlé sans être fermé. Aujourd’hui, il reste ouvert aux pétroliers même si le trafic maritime a diminué de plus de 90% depuis le début du conflit non pas parce que l’Iran coulait systématiquement tous les navires entrant dans le détroit mais parce que les compagnies d’assurance, confrontées à la menace bien réelle d’une attaque, ont retiré ou revu à la baisse leurs couvertures contre les risques de guerre. Par conséquent, cibler un cargo tous les quelques jours suffirait à rendre le risque inacceptable.

Des marchés plus prudents et plus volatils

Les économies modernes ont besoin non seulement de pétrole, mais aussi d’un approvisionnement régulier, en grande quantité et assorti de risques prévisibles.

Lorsque cette stabilité s’effondre, les marchés de l’assurance deviennent plus volatils et restrictifs, les tarifs du transport maritime augmentent et les gouvernements commencent à considérer la sécurité énergétique comme un enjeu stratégique complexe et non plus comme une simple transaction commerciale.

Comme le souligne Pape, le problème des États-Unis aujourd’hui réside dans le déséquilibre des pouvoirs. Protéger chaque pétrolier transitant par le détroit d’Ormuz contre d’éventuelles attaques, telles que des mines, des drones et des frappes de missiles, est une opération constante qui exige une présence militaire permanente. L’Iran, en revanche, n’a besoin que de frapper un pétrolier occasionnellement pour compromettre la fiabilité des approvisionnements mondiaux en pétrole.

Le président français Emmanuel Macron a fait écho à ce sentiment en déclarant que la réouverture par la force du détroit d’Ormuz était «irréaliste» et que «cela ne peut se faire qu’en coordination avec l’Iran». Il reconnaissait implicitement que l’approvisionnement en pétrole ne pouvait être garanti sans le consentement de l’Iran.

Pape soutient que, pendant des décennies, le Golfe arabique a bénéficié d’un système simple : les producteurs de pétrole exportent, les marchés fixent les prix et les États-Unis sécurisent la voie maritime. Ce système permettait la concurrence sans déstabiliser la région. Or, il est aujourd’hui en train de s’effondrer.

Les États du Golfe dépendent fortement des exportations d’énergie qui constituent leur principale source de revenus. Lorsque les primes d’assurance augmentent et que le transport maritime devient incertain, l’impact financier est immédiat. Les gouvernements s’adaptent, les routes maritimes sont modifiées et les contrats sont renégociés.

Par conséquent, si cette incertitude persiste, la situation dans le Golfe changera inévitablement, remplaçant l’ancien système par un nouvel ordre régional. Dans ce nouvel ordre, les États du Golfe s’aligneront de plus en plus sur l’acteur qui exerce la plus grande influence directe sur la fiabilité de leurs exportations, actuellement l’Iran.

Le politologue américain estime que les répercussions de ce nouvel ordre seront les plus marquées en Asie. Le Japon, la Corée du Sud et l’Inde sont fortement dépendants de l’énergie provenant du Golfe, tandis que la Chine, malgré la diversification de ses sources d’énergie, dépend également de cette région pour une part importante de ses importations énergétiques. Ces dépendances sont ancrées dans des infrastructures telles que les raffineries de pétrole, les lignes maritimes et les systèmes de stockage qui ne peuvent être rapidement reconfigurées.

Si les perturbations de l’approvisionnement énergétique persistent, les conséquences seront considérables. La hausse des coûts d’assurance et de transport entraînera une augmentation des prix, aggravera les déséquilibres commerciaux, affaiblira les monnaies et alimentera l’inflation. La dépendance énergétique commencera à influencer les politiques publiques, les gouvernements privilégiant la sécurité énergétique à un moment où les options diplomatiques se raréfient et où les actions susceptibles de déstabiliser davantage le pays deviendront de plus en plus difficiles à maintenir.

Un basculement mondial vers l’Est  

Le monde des années 1970, où les chocs pétroliers ont engendré des années de stagflation, ne sera plus un lointain souvenir, mais une réalité. Et une fois de plus, l’Iran a tout à gagner. La Chine dépend de l’énergie du Golfe pour alimenter sa croissance, la Russie profite de prix de l’énergie élevés et volatils et l’Iran tire profit de sa position stratégique dans le détroit d’Ormuz.

Robert A. Pape affirme que ces trois pays ont des motivations qui entrent en conflit avec la stabilité économique des États-Unis et de leurs alliés. Ils n’ont pas besoin de se coordonner formellement mais la structure même du système les pousse dans la même direction. Ainsi, un nouvel ordre mondial émerge, non pas par le biais d’une alliance formelle, du moins initialement, mais par une convergence d’incitations qui se renforcent mutuellement au fil du temps.

Pape a également évoqué d’autres scénarios, plus alarmistes, qui pourraient découler de ce nouvel ordre mondial naissant. L’un d’eux est celui où l’Iran contrôlerait environ 20% de la production mondiale de pétrole, la Russie environ 11%, et la Chine serait capable d’en absorber une part importante. Ces pays formeraient un cartel, privant de fait l’Occident de 30% du pétrole mondial. Dès lors, une analyse simple suffit à saisir les conséquences catastrophiques, telles qu’un déclin brutal de l’influence des États-Unis et de l’Europe, et un basculement mondial vers la Chine, la Russie et l’Iran.

Pour le politologue américain, les États-Unis sont confrontés à un choix difficile : soit s’engager dans un effort de longue haleine pour réaffirmer leur contrôle sur le détroit d’Ormuz, soit accepter un nouvel arrangement énergétique mondial qui ne garantit pas leur domination.

Si les États-Unis choisissent cette dernière option, l’issue est claire : l’ordre international sera restructuré et l’Iran deviendra le quatrième centre de puissance mondiale. S’ils choisissent de réaffirmer leur domination militaire, ils s’engageront dans un conflit prolongé qu’ils risquent de perdre.

Une guerre contre l’Iran n’est plus simplement une lutte militaire et politique dont les États-Unis pourraient facilement se retirer pour revenir au statu quo ante. L’Iran exigera sans aucun doute un prix élevé dans tout nouvel accord avec les États-Unis mais ce prix sera certainement inférieur à celui d’un avenir différent.

Pape estime que nous sommes confrontés à une guerre transformatrice et que, si ces changements se poursuivent encore quelques années, l’ordre mondial sera irrévocablement bouleversé.

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Trois morts dans une fusillade près du consulat d’Israël à Istanbul

Plusieurs équipes de police ont été envoyées sur les lieux ce matin, mardi 7 avril 2026, après que des coups de feu ont été entendus rue Büyükdere, dans le quartier de Levent, à Beşiktaş, quartier animé situé sur la rive européenne d’Istanbul, en Turquie.

Selon l’agence Anadolu, d’importantes équipes de police et médicales ont été envoyées sur place et le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a annoncé que le parquet avait ouvert une enquête concernant les signalements de coups de feu aux alentours du consulat d’Israël à Istanbul.

Selon d’autres médias, la fusillade a fait trois morts et deux policiers blessés.

Le ministre de l’Intérieur, Mustafa Çiftçi, a publié la déclaration suivante sur son compte de réseau social : «Trois individus impliqués dans un affrontement armé avec nos policiers en service devant les immeubles de la place Yapı Kredi à Istanbul ont été neutralisés. Deux de nos courageux policiers ont été légèrement blessés lors de l’affrontement. L’identité des terroristes a été établie. Il a été établi que l’un d’eux, venu d’Izmit à Istanbul dans un véhicule de location, est lié à une organisation qui instrumentalise la religion, et que l’un des deux terroristes, qui sont frères, a un casier judiciaire pour trafic de stupéfiants.»

Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a déclaré ce qui suit sur son compte de réseau social : «Suite aux informations faisant état de coups de feu tirés aux alentours du consulat israélien dans le quartier de Beşiktaş à Istanbul, le parquet d’Istanbul a immédiatement ouvert une enquête. Un procureur général adjoint et deux procureurs ont été affectés à l’enquête et se sont rapidement rendus sur place pour entamer leurs investigations. Afin de faire toute la lumière sur cet incident, l’enquête se poursuit en coordination avec les services de police compétents, sous l’égide du parquet, et est menée avec rigueur et exhaustivité.»

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Silicon Valley | Le visage caché de la guerre contre l’Iran

La Silicon Valley est devenue un immense laboratoire balistique, où chaque clic alimente le cerveau d’une IA capable de déclencher le premier conflit mondial dont les généraux ne porteront pas d’uniformes, mais des sweats à capuche.

Mahjoub Lotfi Belhedi *

L’époque où les géants du numérique se contentaient de vendre des téléphones et du stockage en ligne est définitivement révolue. C’est désormais l’ère où le code informatique devient l’arme de précision chirurgicale utilisée par les Etats-Unis et Israël dans leur guerre contre l’Iran.

Le déploiement massif de l’intelligence artificielle (IA) par Palantir permet aujourd’hui de transformer des milliards de données hétérogènes, issues de satellites ou de réseaux sociaux, en une carte thermique des intentions de Téhéran, offrant aux états-majors une vision prédictive qui rend les méthodes d’espionnage traditionnelles totalement obsolètes. 

Parallèlement, l’infrastructure tentaculaire d’Amazon Web Services et la puissance de calcul de Google ne servent plus seulement à héberger des sites de commerce, mais fournissent le squelette numérique indispensable au Pentagone pour traiter, en temps réel, les flux vidéo des drones survolant les zones de tension du Golfe.

Même Apple, sous ses airs de neutralité esthétique, participe à cet écosystème en verrouillant des protocoles qui facilitent l’intégration des technologies de défense américaines, tandis que les modèles de langage d’Anthropic, malgré les barrières éthiques de leurs concepteurs, sont détournés par des contractants militaires pour simuler des scénarios d’attaque ou analyser les communications chiffrées de l’adversaire. 

Cette collusion, documentée par les fuites contractuelles et les enquêtes des grands médias, prouve que la frontière entre le confort de l’utilisateur civil et la létalité du champ de bataille a été définitivement supprimée.

Nous ne sommes plus de simples clients de ces firmes, mais les complices involontaires d’une machine de guerre invisible qui a transformé la Silicon Valley en un immense laboratoire balistique, où chaque clic alimente le cerveau d’une IA capable de déclencher le premier conflit mondial dont les généraux ne porteront pas d’uniformes, mais des sweats à capuche, signant l’arrêt de mort des souverainetés étatiques au profit de la tyrannie du processeur.

* Stratège en réflexion IA, Ceo d’un cabinet spécialisé en transformation IA.

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Guerre d’Iran | Vers une reconfiguration de l’ordre mondial

La nouvelle guerre contre l’Iran est un remake d’évènements déjà vécus mais cette fois-ci en version plus hard. A priori, Israël ne voulait pas perdre l’opportunité de faire régner définitivement sa Pax Judaïca dans la région du Moyen-Orient, en profitant d’un contexte géopolitique favorable avec un monde arabe en léthargie profonde, une administration américaine acquise aux thèses sionistes et une Europe focalisée sur un conflit ukrainien devant ses portes.

Noureddine Horchani *

Mais la guerre déclenchée contre l’Iran au mépris du droit international et surtout au détriment des principes les plus élémentaires de la diplomatie, dans la mesure où elle a été lancée en pleines négociations que l’intermédiaire omanais annonçait pourtant fructueuses, était prévisible et ne dérogeait pas à la nature du système des relations internationales désormais anarchique donnant raison aux tenants du courant réaliste dans les relations internationales qui ne reconnaissent comme acteurs que les Etats auxquels ils attribuent, comme seul objectif, la quête de la puissance et les intérêts qui vont avec. (1)

Certes, l’ordre juridique international, ainsi que les organisations internationales supposées constituer des enceintes de règlement pacifique des conflits, existent, incarnées par l’Onu, mais l’efficacité de leur action dépend de la bonne volonté des grandes puissances et à leur tête les Etats-Unis.

Par leur gravité, les répercussions de la guerre contre l’Iran interpellent les analystes des relations internationales, les observateurs, les stratèges, les économistes et même les citoyens lambdas inquiets pour leur vie quotidienne.

Ce conflit pose deux types d’interrogations :

– sur le lien de ce conflit avec la configuration du système international actuel (unipolaire ? bipolaire ? multipolaire ? bi-multipolaire ? etc.) et sur son impact sur l’ordre international établi par les alliés au lendemain de la seconde guerre mondiale ;

– sur la pérennité de l’approche trumpiste des relations internationales. Autrement dit, «la doctrine» (mot trop fort pour qualifier les folles agitations de Trump) qui fonde sa gestion de la politique étrangère des Etats-Unis, survivrait-elle à son départ de la Maison blanche ou assisterions-nous au retour à une gestion plus apaisée de la politique étrangère américaine ?

Résilience du système international 

La guerre et les crises en général sont l’expression de la «vitalité» du système international composé d’acteurs étatiques en perpétuelle compétition.

Comme pour les crises économiques que le système capitaliste international transforme en occasions pour se revigorer et pour se réajuster, la guerre permet au système international de prendre en charge et d’intégrer la modification des rapports de force entre acteurs et de s’adapter à une redistribution de la puissance entre les Etats qu’ils soient des puissances régionales émergentes (Iran, Turquie) ou des superpuissances comme les Etats Unis, la Chine et la Russie.

Israël agit dans ce cadre restreint de conquête et d’hégémonie propre aux acteurs étatiques dans un monde où prévaut la loi du plus fort, sans égard aux valeurs véhiculées par le droit international. Pourtant les velléités hégémoniques de l’entité sioniste ne correspondent pas nécessairement à ses intérêts à long terme eu égard aux données géopolitiques structurelles de la région, indéniablement favorables aux Etats arabes qui, jusque-là, manquent de volonté pour mobiliser ces données et les ressources dont ils disposent afin d’endiguer la menace que représente pour leur intégrité territoriale la stratégie d’expansion et de conquête israélienne.

Un système international en mutation

Le conflit opposant aujourd’hui Israël et les Etats-Unis l’Iran s’inscrit dans cette logique de l’instabilité et des crises majeures inhérentes aux phases de transition de la configuration internationale dont les caractéristiques ont largement été développées dans la littérature des auteurs réalistes des relations internationales.(3)

Loin de confirmer la suprématie de la puissance américaine, l’étalage par les Américains de la puissance armée contre l’Iran avec l’appui de l’entité sioniste, augure plutôt d’une évolution inéluctable de la configuration du système international de l’unipolarité impériale américaine vers une multipolarité émergente où la Chine, la Russie et l’Inde nucléaire occuperont des positions régaliennes.

Dans la phase de transition d’une configuration à une autre, l’instabilité devient la caractéristique essentielle du système et des relations internationales.

Les entités étatiques en quête de puissance sont en compétition pour améliorer leur positionnement sur l’échiquier mondial ce qui constitue une source de conflit surtout lorsque les institutions internationales échouent à canaliser les ambitions des puissances émergentes.

C’est dans ce contexte de redistribution de la puissance et de remise en cause de l’ordre établi (nucléaire, géopolitique…) par les puissances émergentes, en occurrence l’Iran dans le cas actuel, que l’Etat impérial américain en déclin ne peut se résigner à la déliquescence de sa puissance et à la perte de  son statut hégémonique(4) sans exprimer sa résistance à travers des coups d’éclat et des conflits où elle entend démontrer à ses concurrents qu’elle reste maitresse du système international.

La guerre contre l’Iran et l’action contre le Vénézuéla constituent les derniers sursauts d’une puissance en décadence. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on peut expliquer la difficulté pour l’administration Trump de fixer des objectifs clairs à sa guerre contre l’Iran ou de la justifier auprès de ses alliés comme auprès de son opinion publique.

C’est dans ce sens également qu’on peut comprendre les multiples déclarations de Trump scandant en toute occasion la suprématie de l’armée des Etats Unis et la grandeur de son pays. Ce discours ne semble pas être adressé à l’Iran qui n’est pas le rival des Etats-Unis pour la suprématie mondiale, mais à ses concurrents directs : la Chine et la Russie.

L’illusion de la suprématie 

Présentée par Donald Trump lors de son déclenchement comme une balade de quelques jours de ses troupes, la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran atteint aujourd’hui son deuxième mois et n’en finit pas de gonfler la facture à payer non seulement par les citoyens américains au niveau du galon d’essence mais également par l’ensemble des pays du monde qui devront affronter une récession générale et une crise qui touche désormais tous les secteurs de l’activité économique en commençant par l’agriculture mondiale privée des engrais avec la fermeture partielle par l’Iran du détroit d’Ormuz par où transitent 20% de la production pétrolière mondiale.

La guerre a provoqué des effets systémiques que le locataire de la Maison blanche n’a pas appréciés à leur juste mesure, aveuglé par une adhésion évangélique aux thèses sionistes étalées par Benjamin Natanyahu à qui «il ne peut rien refuser».

L’enlisement de la plus puissante armée du monde dans le bourbier iranien était pourtant prévisible et ne déroge pas aux précédentes interventions américaines qui avaient toutes échoué : Vietnam, Afghanistan, Irak…

Malgré sa supériorité militaire criante et le soutien de l’aviation israélienne, la plus puissante du Moyen-Orient, les Etats-Unis n’arrivent pas à en découdre avec une armée iranienne de loin moins outillée mais bien préparée et exploitant de manière optimale les atouts dont elle dispose.

Pire encore, l’administration américaine cherche aujourd’hui désespérément une porte de sortie honorable en renonçant aux objectifs qu’elle avait médiocrement exposés tout au long de son agression pour la justifier : provoquer la chute du régime des mollahs, détruire définitivement son projet nucléaire, anéantir son arsenal balistique…

L’hégémon américain est frappé au cœur de son prestige et de sa crédibilité surtout aux yeux de ses concurrents directs, la Chine et la Russie, qui observent avec intérêt ses tactiques de guerre défaillantes et assistent à sa déchéance.

Mais cette vérité s’applique également à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. C’est le phénomène de l’impuissance de la puissance largement développé par les auteurs de relations internationales de différents horizons. Ces auteurs décrivent l’incapacité endémique des superpuissances à vaincre par les seuls moyens militaires des Etats à moyenne ou faibles capacités.(5)

Une guerre asymétrique comme celle lancée par Israel et les Etats-Unis contre l’Iran est dès le départ vouée à l’échec car ses artisans seront toujours incapables de prédire ses répercussions politiques (internes aux belligérants) économiques et militaires. L’interdépendance des économies, la globalisation des échanges ainsi que la puissance des opinions publiques dans les sociétés «démocratiques» sont autant de facteurs qui réduisent l’efficacité de la suprématie militaire brute.

Ordre international entre instabilité et résilience

L’ordre international issue de la seconde guerre mondiale semble être éprouvé par des guerres transgressant la légalité internationale : contre l’Iran, contre Ukraine, contre Gaza… et menaçant d’effondrement tout l’édifice normatif et structurel construit au lendemain de la seconde guerre mondiale, et qui était fondé sur le multilatéralisme et le règlement pacifique des conflits.

Même les alliances qu’on croyait indéfectibles comme celle atlantique sont battues en brèche. Le président américain menace de se retirer de l’Otan qu’il qualifie de tigre de papier parce que ses membres ont refusé de s’associer à sa campagne guerrière contre l’Iran.

Le camp occidental est définitivement fissuré. Mégalomane comme il est, Trump propose des structures de rechange qu’il contrôlerait pour remplacer les institutions onusiennes «moribondes», fiefs du multilatéralisme, principe ayant fondé la coopération internationale depuis 1945.

Le Comité de la paix créé par Trump dans le sillage de la guerre à Gaza est censé remplacer le Conseil de sécurité. Les traités commerciaux bilatéraux qu’il oblige certains pays à signer après ses décisions unilatérales d’augmentation des tarifs douaniers et des taxes sur l’importation de produits en provenance de ces pays sont censés remplacer les accords du GATT et de l’OMC.  

La guerre contre l’Iran, la prise en otage du président vénézuélien, le blocus de Cuba ainsi que la fronde des taxes et des représailles commerciales que l’administration Trump impose au reste du monde semblent indiquer que la remise en cause de l’ordre international d’après-1945 est bel et bien consommée.

Mais en réalité, l’administration Trump n’est pas plus interventionniste ni plus belliqueuse que ses précédentes surtout républicaines mais elle est plus extravertie, moins discrète et plus chaotique.

Les Etats Unis, toutes administrations confondues, sont intervenus militairement des dizaines de fois depuis 1945. L’intervention actuelle contre l’Iran à l’instigation d’Israel s’inscrit dans la logique de la politique étrangère par essence interventionniste, de la Maison Blanche au cours des 80 dernières années.

Par ailleurs, l’aliénation de la politique étrangère américaine au dictat israélien est aujourd’hui une constante de la stratégie des administrations américaines successives. Cette réalité s’est construite au fil de décennies d’efforts fournis par les groupes de pression juifs et sionistes et notamment la toute puissante American Israelian Public Affairs Commitee (Aipac).

Etats-Unis-Israël : une alliance en mutation ?

Il faut rappeler qu’avant la deuxième guerre mondiale, l’élite politique américaine n’était pas franchement réceptive aux thèses sionistes œuvrant pour la création d’un Etat juif en Palestine. Certaines éminentes personnalités politiques étaient même explicitement qualifiées d’antisémites comme le président Franklin Roosevelt (1933-1945). D’autres étaient plus réservés vis-à-vis des projets sionistes (Woodraw Wilson 1913-1921, Calvin Coolidge 1923-1929).

Rappelons également que ce sont les Etats-Unis qui ont forcé l’Angleterre, la France et Israël à arrêter leur agression tripartite contre l’Egypte suite à la fermeture par le président Nasser du canal de Suez en 1956.

Le soutien inconditionnel américain à la politique israélienne ne s’est transformé en donnée stratégique constante qu’après la guerre des Six jours en 1967. La stratégie de politique étrangère américaine repose, depuis, sur le principe du maintien de la suprématie militaire de l’Etat sioniste sur tous les Etats du Moyen-Orient. Mais la guerre contre Gaza en 2024 a annoncé un effritement stratégique du soutien américain à l’entité sioniste surtout auprès de l’opinion publique. Pour la première fois dans l’histoire récente des Etats-Unis, les sondages d’opinion révèlent un début de basculement du soutien de la société américaine en faveur des Palestiniens et au détriment des Israéliens (41% contre 36%) comme le révèle un sondage Gallup en 2026. Plus inédit encore, les débats au Congrès sur le fondement du soutien américain à l’entité sioniste. Ces débats étaient inimaginables quelques années auparavant et surtout avant la guerre de Gaza, tellement le soutien à l’Etat faisait l’unanimité auprès de l’élite politique américaine et transcendait les clivages partisans entre Républicains et Démocrates. C’est un changement stratégique majeur qui impactera la définition de la politique étrangère américaine à l’avenir.

Mais ce qui est singulier aujourd’hui avec l’actuelle agression américano-israélienne contre l’Iran est qu’elle tranche avec le programme électoral non interventionniste du président Trump et risque de provoquer la défaite électorale de son parti lors des élections du midterm en novembre 2026. Cette défaite est devenue probable surtout avec l’enlisement des Etats-Unis dans une guerre d’usure aggravant le sentiment de dépit et de désaveu de l’électorat républicain américain, et notamment sa composante Maga, désabusée par le non-respect par le candidat Trump de ses engagements électoraux.

Vers un nouvel équilibre mondial

La guerre menée par les Etats-Unis et Israel contre l’Iran met l’ordre international bâti au lendemain de la seconde guerre mondiale sous une tension intenable. Son coût direct pour les belligérants (4 milliards de $ de matériel militaire perdu rien que pour les Etats-Unis) et ses répercussions économiques sur l’ensemble de la planète, suite à la flambée des coûts de l’énergie et des matières premières et la récession qui frappera sans distinction l’ensemble des pays du monde, rappellent l’interdépendance des économies et la fragilité des équilibres mondiaux. Elles révèlent également les limites de la puissance militaire brute dans le cadre de la guerre asymétrique où le déséquilibre des moyens militaires est compensé chez la partie la plus faible par l’exploitation d’atouts inattendus : contrôle du détroit d’Ormuz, armement efficace et peu onéreux qui devrait changer la nature des conflits contemporains (drones, missiles balistiques..). Elles rappellent également que les puissances dominantes ne tirent pas les leçons de leur propre histoire récente et répètent les mêmes erreurs avant même que leurs conséquences ne soient définitivement consommées : intervention américaine en Irak et en Afghanistan, enlisement de la Russie en Ukraine…

En dépit de tout cela, l’effondrement de l’ordre international fondé sur la primauté du droit international et du multipartisme, ne semble pas imminent. En fait, la contestation de l’ordre international par l’administration Trump ne constitue qu’un épisode historique qui prendra fin avec l’alternance prochaine à la Maison blanche. Car tout semble présager – la  popularité du président Trump étant descendue à 33% dans ls derniers sondages – une défaite des Républicains lors des prochaines législatives et présidentielles.

Cependant, la dynamique de changement de la configuration internationale déjà en marche, ainsi que la quête naturelle de puissance entre les acteurs étatiques sur la scène internationale, bousculant la stabilité, la sécurité et la paix internationales, sans pour autant menacer la survie du système.

Notes :

1- Raymond Aron : ‘‘Guerre et paix entre les nations’’. Ed Calman Levy 1962.

2- Mon article : «La politique étrangère des Etats-Unis entre rupture et continuité», Kapitalis du 15 octobre 2025.

3- Robert Gilpin : ‘‘War and change in world Politics’’,Ed Cambridge university press 1981.

4- Robert Keohane & Joseph Nye : ‘‘Power and interdependance : World Politics in Transition’’, Ed Little, Brown, Boston, 1977.

5- Bertrand Badie : ‘‘L’impuissance de la puissance’’, Fayard, 2004.

Stanley Hoffmann : ‘‘Primacy or word order’’,  Mc Graw-Hill, 1978.

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L’arme nucléaire

La perception de l’Iran comme menace stratégique régionale et internationale est liée à son « programme nucléaire ». Sous couvert d’un programme d’énergie civile, l’Iran est soupçonné de vouloir se doter de l’arme nucléaire. C’est l’une des clefs de l’analyse de la guerre au Moyen-Orient. D’une part, si l’Iran était doté de l’arme nucléaire, cela aurait dissuadé Israël et les Etats-Unis de l’attaquer. D’autre part, si les Occidentaux refusent que l’Iran accède à l’arme nucléaire, c’est aussi parce qu’ils tiennent au monopole d’Israël en la matière, unique puissance nucléaire de la région. L’occasion de mettre en perspective cette question de l’arme nucléaire dans les relations internationales modernes, en sachant que l’irruption de l’arme atomique et de sa capacité dissuasive a introduit une rupture stratégique radicale entre les puissances.

 

L’irruption de l’arme nucléaire dans les relations internationales

L’irruption et la diffusion de l’arme nucléaire sont intimement liées à l’hypothèse d’une Troisième Guerre mondiale. L’ère nucléaire ne fait pas disparaître la guerre, mais son déclenchement devient moins concevable – car plus risqué – contre une puissance qui dispose de l’arme atomique. C’est l’essence même de la dissuasion nucléaire.

Du point de vue de la sécurité d’un Etat, la possession de l’arme nucléaire est un argument décisif dans les rapports avec les autres puissances étatiques. L’arme nucléaire jouit en effet d’un statut particulier, d’exception, lié à sa fonction stratégique de dissuasion. Unique en son genre, la dissuasion nucléaire comme outil de dialogue stratégique entre puissances suppose la combinaison d’une volonté politique et d’une capacité militaire (à savoir l’utilisation de l’arme nucléaire par différents moyens terrestres, maritimes et aériens).

La doctrine défensive de la « dissuasion nucléaire » consiste à prévenir un acte d’agression en signifiant à l’adversaire que les coûts d’une telle décision excéderaient ses bénéfices. Compte tenu du risque de destruction mutuelle, la dissuasion est réciproque en cas de confrontation entre puissances nucléaires : elle procède ici d’une crainte mutuelle des implications de l’emploi en premier de l’arme nucléaire. Le risque de destruction mutuelle vise ainsi à éviter une confrontation nucléaire.

La dissuasion ainsi conçue comme un « équilibre de la terreur » est celle qui a prévalu dans les relations entre l’URSS et les Etats-Unis, pendant la guerre froide.

A l’inverse, dans le cas des guerres en Ukraine et en Iran, quand une puissance nucléaire (la Russie en l’occurrence) menace d’utiliser l’arme nucléaire (même à vocation « tactique ») contre une puissance non dotée, on sort de la dissuasion nucléaire.

Les hypothèses du recours à l’arme nucléaire dépendent de la doctrine de la dissuasion nucléaire définie par chaque puissance concernée, qui peut jouer d’une certaine « ambiguïté stratégique » (au sujet de la ligne rouge ou du seuil au-delà duquel le recours à l’arme nucléaire devient une option). Si celui-ci correspond le plus souvent à l’hypothèse d’une « menace existentielle » assimilable à une atteinte de l’intégrité territoriale, les armes nucléaires « tactiques » ouvrent des possibilités d’usage (sur un terrain d’opération) plus larges.

La dissuasion nucléaire connaît des limites : elle ne protège pas contre les attaques commises par des entités infra-étatiques (cas des attaques terroristes massives qui ont frappé des puissances nucléaires, des Etats-Unis au Pakistan, en passant par la France ou le Royaume-Uni) elle n’empêche pas le déclenchement de conflits armés conventionnels ou infra-étatiques. Elle limite la confrontation directe, frontale, mais accroît le risque de confrontation indirecte.

 

L’arme centrale d’une 3e Guerre mondiale ?

Dès 1945, la peur de l’apocalypse nucléaire et de l’annihilation complète de l’espèce humaine est largement partagée : la Troisième Guerre mondiale est pensée comme la dernière. Cette menace a joué un rôle déterminant dans la reconfiguration de l’ordre international d’après-guerre, notamment dans la formation des blocs américain et soviétique.

L’idée de Troisième Guerre mondiale survit à la guerre froide. Certes, pendant un laps de temps après l’effondrement de l’URSS, certains, comme le politiste américain Francis Fukuyama, imaginent la disparition de toutes les guerres, et donc « la fin de l’histoire ». Mais cette illusion, nourrie par une vision eurocentrée, ne dure pas. Depuis l’attaque de la Russie contre l’Ukraine et l’agression israélo-américaine contre l’Iran, l’ambition de se doter de l’arme nucléaire pour se protéger revient en force en Arabie saoudite, en en Turquie…

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Comment la guerre de Trump enrichit-elle l’Iran ?

La guerre livrée depuis le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël à la République islamique d’Iran profite à cette dernière et précisément au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) car la manne pétrolière n’a jamais été aussi rentable avec la hausse des prix du pétrole et surtout que le pétrole iranien, contrairement à celui de ses voisins, continue de franchir le détroit d’Ormuz. Cette bonne santé financière donne du souffle au régime iranien pour pouvoir poursuivre la guerre actuelle qui s’est transformée en véritable guerre d’usure contre les Américains et les Israéliens. 

Imed Bahri

Dans une enquête intitulée «Comment l’Iran profite de la guerre de Donald Trump pour s’enrichir considérablement?», The Economist commence par rappeler que pendant un demi-siècle, les monarchies pétrolières du Moyen-Orient se sont présentées comme des fournisseurs fiables de pétrole à bas prix. Cependant, la guerre israélo-américaine actuelle contre l’Iran, qui dure depuis cinq semaines, a brisé cette image. Le détroit d’Ormuz étant en grande partie fermé, près de 15% du pétrole mondial ne peut plus atteindre ses destinataires. Tous les États de la région ont réduit leur production et leurs recettes d’exportation se sont effondrées. 

L’Iran remporte la guerre énergétique

Tous, sauf un. Tandis que ses pétroliers continuent de naviguer dans le détroit, l’Iran engrange désormais près du double de ses ventes quotidiennes de pétrole d’avant les bombardements américains et israéliens du 28 février. S’il subit des pertes sur le champ de bataille, il remporte la guerre énergétique.

Déterminer le nombre de barils exportés par le plus grand pays qui contourne les sanctions au monde est complexe. Ses pétroliers sont plus discrets que jamais, les sociétés commerciales d’imagerie satellitaire ont cessé de mettre à jour leurs images de la région et le brouillage électronique plonge le Golfe dans un brouillard informationnel.

Une source proche du dossier pétrolier iranien, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de The Economist, a confirmé que le pays exporte actuellement entre 2,4 et 2,8 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers, dont 1,5 à 1,8 million de barils de pétrole brut. Ce volume est équivalent, voire supérieur, à la moyenne des exportations de l’année dernière. Les prix de vente sont par ailleurs nettement plus élevés.

De plus, le système pétrolier iranien s’est adapté pour mieux résister aux frappes et aux sanctions. La majeure partie des recettes est désormais versée au CGRI, la force d’élite du régime. La Chine joue également un rôle actif pour garantir ces flux financiers. 

Convertir le pétrole en argent liquide

Le commerce pétrolier iranien repose sur trois piliers : les intermédiaires, le transport maritime et le système bancaire parallèle.

Commençons par la puissance de vente. Comme dans la plupart des pays producteurs de pétrole, les exportations de pétrole iranien sont officiellement gérées par la Compagnie nationale iranienne du pétrole (Nioc). Mais la réalité est tout autre. Dans un pays en proie à une pénurie de devises, le pétrole constitue une source de liquidités. Diverses institutions gouvernementales, du ministère des Affaires étrangères à la police, se voient attribuer des quotas pétroliers qu’elles peuvent vendre. Certaines institutions religieuses détiennent également des quotas.

Selon plusieurs sources iraniennes, toutes ces institutions sont contrôlées par une vingtaine de personnalités influentes qui utilisent leurs réseaux pour convertir le pétrole en argent liquide. Certaines figures importantes, comme Ali Shamkhani, ancien chef du Conseil suprême de sécurité nationale, sont décédées. D’autres sont encore en vie. Le fils d’Ali Shamkhani, Hossein Shamkhani, dirige un empire commercial et maritime.

L’entourage de Mojtaba Khamenei, fils et successeur désigné du défunt Guide suprême, tué dès le premier jour de la guerre, est également impliqué dans le commerce du pétrole. Certains négociants sont liés à Gholam Hossein Mohseni Ejei, un haut magistrat du régime.

Nombre de ces individus sont liés au CGRI. Emma Lee, de la société de suivi des navires Vortexa, estime que cette force, qui exploite ses propres champs pétroliers, est à l’origine de la majeure partie de la récente croissance des exportations de pétrole.

Le fils et le gendre de Mohsen Rezaï, ancien commandant et père fondateur des Gardiens de la révolution devenu conseiller militaire de Mojtaba Khamenei en mars, seraient impliqués dans le transport de grandes quantités de pétrole.

La Force Qods, branche des Gardiens chargée des opérations extérieures, contrôle également 25% de la production iranienne de pétrole brut. Cette structure décentralisée la rend difficile à démanteler par des frappes aériennes.

Emprise des Gardiens sur le détroit d’Ormuz

Durant la guerre, les Gardiens de la révolution ont également renforcé leur emprise sur le transport maritime, second pilier du commerce pétrolier. Ils contrôlent le détroit d’Ormuz ainsi que les transports et les communications dans une grande partie du Golfe. Des sociétés d’apparence privée mais appartenant en réalité aux Gardiens de la révolution ou liées à leur société holding Khatam al-Anbiya* coordonnent la plupart des opérations maritimes avec la Nioc. Parmi ces sociétés figurent Sahand Industrial, Sahara Thunder Trading, Pasargad Financial, Admiral Shipping (propriété de la famille Shamkhani) et Gulf Petrochemical Industries Company. Toutes sont soumises à des sanctions américaines en tant que sociétés écrans.

Des experts iraniens en logistique s’efforcent de protéger les pétroliers des dangers. Leur cargaison peut valoir entre 150 et 200 millions de dollars, soit cinq à dix fois la valeur des navires eux-mêmes. Sur l’île de Kharg, d’où est habituellement exporté 90% du pétrole iranien, les navires amarrés au quai extérieur fonctionnent selon des procédures d’urgence leur permettant de larguer leurs amarres et de partir immédiatement sans assistance. L’utilisation du quai d’Azarabad, plus important, a également été réduite pour des raisons de sécurité.

Pendant ce temps, des pétroliers continuent d’assurer la navette entre l’île de Kharg et les îles voisines, ainsi que les navires de stockage.

Les États-Unis ont bombardé des installations militaires sur l’île de Kharg et menacé de s’en emparer et les Gardiens de la révolution semblent se préparer à cette éventualité. Des ports plus petits comme Jask, Lavan et Siri fonctionnent à pleine capacité et accumulent des quantités record de marchandises. On estime que ces ports réunis pourraient traiter 25% des exportations actuelles de l’île de Kharg.

Tous les détails concernant les navires –cargaison, noms des membres d’équipage et destinations– sont transmis aux Gardiens de la révolution par l’intermédiaire d’agents au moment du départ. Après autorisation, un code de transit est attribué. À l’approche du détroit d’Ormuz, les navires sont tenus de diffuser ce code par radio et, s’ils sont autorisés, sont escortés par des navires des Gardiens de la révolution. Ils empruntent souvent un étroit chenal le long de la côte iranienne, permettant aux Gardiens de les surveiller de plus près. Certains pétroliers sont contraints de payer des millions de dollars de frais et leurs dispositifs de suivi sont temporairement activés pour éviter les collisions avant d’être désactivés.

Malgré la récente décision de Washington d’alléger les sanctions, les pétroliers iraniens continuent d’employer des tactiques trompeuses : usurpation d’identité, falsification de documents et manipulation de leur position. Les cargaisons sont souvent transbordées en mer, au large des côtes malaisiennes ou singapouriennes, sur d’autres navires afin de dissimuler leur origine.

La Chine, destinataire final, est à la manœuvre

La destination finale est souvent la Chine, qui absorbe plus de 90% du pétrole iranien. Une centaine de petites raffineries indépendantes de la province du Shandong achètent ce pétrole. Officiellement, ces raffineries sont distinctes des grandes entreprises d’État mais la réalité est plus complexe, certaines étant liées à des sociétés d’État.

Avant la guerre, ces raffineries bénéficiaient de remises importantes sur le pétrole iranien. Désormais, avec la diminution des approvisionnements du Golfe, ces remises ont diminué et le pétrole iranien, une fois les frais de transport ajoutés, est plus cher que le Brent. Les prix mondiaux ont également augmenté, ce qui a considérablement accru les revenus iraniens.

Cependant, ces prix compriment les marges bénéficiaires des raffineries chinoises, notamment en raison du plafonnement des prix des carburants imposé par le gouvernement. Néanmoins, certaines raffineries d’État envisagent d’acheter du pétrole iranien dans le cadre de la dérogation américaine, ce qui pourrait officialiser davantage le rôle de la Chine dans le commerce pétrolier iranien.

Le troisième pilier est le système de paiement. Les acheteurs, chinois et étrangers, paient via des comptes «fiduciaires» temporaires ouverts à cet effet auprès de petites banques en Chine ou à Hong Kong, sous le nom de sociétés écrans. Les fonds sont ensuite transférés à leurs destinations finales par le biais d’un réseau complexe de comptes.

Une partie de l’argent reste en Chine pour l’achat de biens, tandis que le reste est transféré à travers le monde.

The Economist a révélé les noms d’entreprises chinoises récemment utilisées pour transférer des fonds provenant du pétrole iranien et il a été constaté qu’elles traitaient avec des entreprises en Inde, au Kazakhstan et en Turquie.

Ce réseau est géré par des départements spécialisés au sein d’entreprises liées au ministère de la Défense ou aux Gardiens de la révolution, fonctionnant comme des banques informelles. La densité de ces réseaux, qui comprennent des milliers de comptes, les rend extrêmement résistants aux pressions.

Ces dernières semaines, les Émirats arabes unis ont fourni aux États-Unis des informations détaillées sur les réseaux financiers liés à l’Iran, contraignant Téhéran à redistribuer ses fonds via de nouveaux canaux. Les transactions s’effectuent désormais par le biais de multiples sociétés écrans et avec une extrême prudence.

Malgré des retraits effectués sur certains comptes contenant entre 6 et 7 milliards de dollars, de nombreux paradis fiscaux subsistent, notamment des comptes en Asie de l’Est et en Europe.

Cette complexité complique le suivi des fonds, même pour la banque centrale iranienne, mais permet simultanément à certains acteurs du secteur pétrolier d’engranger des profits supplémentaires. Le système pétrolier continue néanmoins de fonctionner.

À moins d’une attaque d’envergure contre les infrastructures énergétiques iraniennes –qui pourrait inciter l’Iran à riposter en frappant des installations dans les pays du Golfe–, il sera difficile de paralyser ce système.

* Khatam al-Anbiya est une société holding géante détenue par les Gardiens de la révolution avec qui contrôle plus de 812 sociétés enregistrées à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran. À ne pas confondre avec une autre structure, le commandement militaire Khatam al-Anbiya, commandement unifié des forces armées iraniennes.

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France | Polémique autour de la garde à vue de Rima Hassan

L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan a été libérée jeudi soir, 2 avril 2026, après plusieurs heures de garde à vue à Paris, dans une affaire qui a rapidement pris une dimension politique nationale.

À sa sortie du commissariat, brièvement interpellée par des journalistes sur son arrestation, elle a choisi la retenue : «Je pense qu’il faut être claire : pas de déclaration aujourd’hui. Demain, il y aura une conférence de presse.» Une réponse courte, qui renvoie à une prise de parole plus structurée attendue dans les heures suivantes.

Placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour «apologie du terrorisme», l’élue, membre de La France insoumise (LFI), est visée pour un message publié sur les réseaux sociaux évoquant Kōzō Okamoto, militant japonais impliqué dans un attentat meurtrier en 1972 en Israël. Le message, depuis supprimé, a été jugé problématique par les autorités, entraînant l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Lors de sa convocation, une petite quantité de stupéfiants a été retrouvée dans son sac, donnant lieu à une procédure distincte pour détention et transport. Un élément qui, sans constituer le cœur du dossier, a immédiatement alimenté les commentaires médiatiques et politiques.

Sur le plan judiciaire, cette libération ne met pas fin à l’affaire. Rima Hassan devra comparaître ultérieurement devant le tribunal correctionnel, à une date qui reste à préciser.

Mais c’est surtout sur le terrain politique que la séquence s’est intensifiée. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi, dénonçant un traitement qu’il juge partial : «La police laisse faire un traquenard à Lyon, les juges laissent circuler des centaines de messages racistes et néo-nazis, mais une députée est en garde à vue et des pseudo-infos sur “de la drogue” circulent aussitôt à propos d’un produit légal sans rapport avec “la drogue”. Sommes-nous encore en démocratie en France ? […] Relâchez Rima Hassan, messieurs Darmanin et Nunez. Cessez cette ambiance de pressions politiques indigne!»

Cette prise de position illustre la ligne de défense adoptée par LFI, qui voit dans cette affaire une pression politique visant une élue engagée, notamment sur la question palestinienne.

À l’inverse, d’autres responsables politiques insistent sur la nécessité de faire respecter la loi, rappelant que l’apologie du terrorisme constitue une infraction pénale clairement définie.

Au-delà du cas individuel, l’affaire met en lumière les tensions croissantes autour de la liberté d’expression des responsables politiques, à l’heure des réseaux sociaux, où chaque prise de parole peut basculer dans le champ judiciaire.

La conférence de presse annoncée par Rima Hassan est désormais très attendue. Elle devrait permettre à l’eurodéputée de clarifier ses propos, répondre aux accusations et donner sa lecture des faits, dans une affaire appelée à rester au cœur du débat public dans les prochains jours.

Cependant, une chose est sûre: il est devenu difficile d’être Palestinien ou de défendre la cause palestinienne en France. Et cela se confirme jour après jour dans un pays où les crimes contre l’humanité commis par Israël en Palestine sont à peine évoqués par les médias, qui aussitôt s’en excusent, ou presque. La déroute morale de la pseudo démocratie occidentale ne fait plus l’ombre d’un doute dans un monde à la dérive…

Djamal Guettala

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Le David perse contre le Goliath sioniste

Un récit biblique rapporte l’histoire du combat entre David le juif et le Goliath philistin, un géant, qui avait massacré l’armée d’Israël. C’est bien sûr David qui remporta le combat, grâce à un lance-pierre et un caillou qui frappa le géant entre les yeux et qui le tua, permettant à David de le décapiter avec l’épée du mécréant. Les Philistins, selon certaines sources, habitaient Gaza. Mais toute ressemblance avec les Palestiniens n’est qu’un pur hasard. Bien sûr il ne s’agit que d’un mythe, dont le message est clair. La force de la foi est supérieure à toutes les armes aussi sophistiquées soient-t-elles. 

Mais voilà que ce mythe fondateur du sionisme se retourne contre ses créateurs. Après plus d’un mois de bombardements massifs qui dépassent la puissance des bombardements effectués lors de la seconde guerre mondiale, selon un général (à la retraite) français, sur un média pro sioniste, l’Iran, cette ancienne Perse, non seulement continue de résister, mais augmente en puissance ses attaques contre les intérêts américains et sionistes. Et notamment en Israël en provoquant des morts et des dégâts matériels jamais prévus par les agresseurs, selon tous les analystes.

Contrairement à ce que raconte l’histoire, le Goliath n’est ici que la coalition américano-sioniste et le David n’est que l’armée iranienne (ou perse).

Ormuz, quand tu nous tiens…

Quant au caillou, ce n’est pas comme on peut le croire, les missiles supersoniques, quoiqu’ils y soient pour quelque chose dans le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, mais c’est la fermeture aux bateaux ennemis de l’Iran, du détroit d’Ormuz. C’est le caillou qui a été enfoncé dans le front de la coalition américano-sioniste et particulièrement entre les yeux de Donald Trump.

D’ailleurs le mot Ormuz provient du mot persan Hermez, qui n’est que le nom d’un des rois qui avaient régné sur la Perse dans l’Antiquité. En contrôlant totalement le détroit et en empêchant les bateaux considérés comme ennemis d’y passer, l’Iran a non seulement augmenté ses exportations de pétrole essentiellement vers la Chine, mais a du coup étranglé l’économie mondiale, contrôle par les USA. Puisque plus de 90 % du pétrole mondial transite par Ormuz.

Il faut reconnaître que les Iraniens n’ont pas seulement du pétrole, mais aussi des idées ! Tous les stratèges et analystes s’accordent à dire que les conséquences d’un tel acte sont catastrophiques pour les économies occidentales, en général, mais aussi pour l’économie américaine elle-même. Tout se passe comme si le géant américain, en soulevant la pierre iranienne, l’a laissée retomber sur ses pieds. Car comme l’a avoué le Président américain, dans une de ses envolées lyriques, c’est le contrôle du pétrole iranien qui est l’objectif ultime de cette guerre. Et mêmes ceux qui l’ont déclenchée ne lui ont pas fixé des objectifs politiques, buts suprêmes de toute guerre, depuis la naissance de l’humanité.

Avec le contrôle d’Ormuz, l’Iran vient d’utiliser l’arme fatale. Celle qui peut toucher des milliards de citoyens à travers le monde et particulièrement les Etats pétroliers du Moyen-Orient. Celle qui fait aussi le bonheur de la Russie qui voit son pétrole jadis interdit, à cause de sa guerre en Ukraine, inonder les marchés européens et en plus à des prix jamais espérés.

C’est le même Trump qui a annoncé la fin de l’embargo sur le pétrole russe. Que les USA soient le pays qui a les plus grandes réserves d’or noir ne changera rien à la donne. Car les prix des autres matières premières s’envolent aussi et l’inflation bat un record aux USA mêmes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la promesse d’une Amérique plus riche et plus puissante, faite par Donald Trump lors de sa campagne électorale, vole en éclat. Et ceci, quelle que soit l’issue de cette guerre. La base électorale de Trump chancelle et risque de se retourner contre lui, pas seulement, il est vrai, à cause de la crise énergétique; mais aussi à cause de la question de l’augmentation des droits de douanes qui ont fait grimper tous les produits importés. Or, sans cette base électorale, Trump risque de s’affaiblir gravement et d’une façon irrévocable. Ce qui explique son désarroi et le fait qu’il annonce la chose et son contraire. Tout laisse à penser que cette guerre risque de se retourner contre son déclencheur, la coalition USA-Israël.

La menace d’un débarquement massif des troupes US pour « libérer » le détroit, semble être uniquement faite pour obliger les Iraniens à reculer et à leur faire peur. Cependant, ces derniers ne semblent pas avoir peur, car cette guerre impérialiste a les ressoudés autour du régime actuel, du moins pour le moment. La question démocratique ne peut être que le fruit d’un processus interne et ne peut être imposée à coup de bombes ou de missiles. Surtout provenant de l’ennemi historique et héréditaire des Iraniens en particulier et des musulmans en général. Les assassinats de leurs chefs religieux et militaires ne peuvent que renforcer la popularité des Gardiens de la révolution.

Ainsi, la question nationale, comme pour tous les peuples de la région et du monde arabo-musulman, prime sur la question démocratique. Dans la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein qui a duré sept ans, les jeunes pasdarans de l’époque, marchaient sur les mines avec autour du cou les clefs du paradis. Mais l’Iran actuel n’est pas l’Iran de l’époque. Et en cas de débarquement de troupes US ou autres, il faut s’attendre à une résistance armée farouche et puissante; même si le régime tomberait et serait remplacé par un autre inféodé aux USA. L’Iran n’est pas le Venezuela et l’Islam chiite n’est pas le marxisme léninisme des anciens guérilléros latino-américains. Et ce, sans compter les cinq mille ans de civilisation perse.

La fin du mythe de la puissance américaine

Alors que sur le plan économique, la Chine est en cours de devenir la première puissance économique, la suprématie économique des USA tient essentiellement à la puissance du dollar. Une partie des alliés de l’Iran commerce avec l’Empire du milieu en utilisant le yuan. Ce qui constitue une menace sérieuse pour la suprématie économique américaine. Comme le disait un dicton de Mao Tsé Toung : « L’impérialisme américain est un tigre en papier ». On peut le paraphraser en disant que c’est un tigre en dollars.

Certes les USA restent la plus grande puissance militaire, puisqu’ils sont les seconds en termes de bombes nucléaires après la Russie. Mais on ne gagne pas une guerre comme celle contre l’Iran avec le nucléaire. Car, comme le disent les experts, elle est asymétrique, d’un nouveau genre d’asymétrie. C’est aussi une guerre technologique. Et l’Iran semble avoir fait une avancée surprenante dans ce domaine, aidé certes, par la Chine et la Russie, qui ne cherchent qu’à engluer cet ennemi commun dans une guerre de longue haleine pour l’affaiblir considérablement.

Depuis la guerre de Corée, les Américains ont remporté toutes les batailles qu’ils avaient engagées mais ils ont perdu toutes les guerres, la dernière étant celle de l’Afghanistan. Même au cas où ils engagent leurs troupes terrestres, ils ne pourront jamais contrôler ce pays de 100 millions d’habitants et au relief hostile à toute invasion étrangère. La guerre embrasera alors toute la région, où les minorités chiites existent partout dans les pays de la région. C’est le Vietnam, le Laos et le Cambodge réunis. L’on peut alors deviner qui l’emportera à la fin.

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Choc pétrolier | Quelle réponse des pays du Sud Global ?

Par-delà le fracas des armes, la guerre en cours des États-Unis et Israël contre l’Iran constitue déjà un puissant choc macroéconomique. Elle bouleverse l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient et redessine les vulnérabilités économiques mondiales, en exposant les fragilités structurelles du Sud global. Elle impose une interrogation non seulement sur les mécanismes du choc, mais sur la capacité des États à y résister. Le véritable risque n’est plus un ralentissement économique, mais une désorganisation durable des conditions mêmes de la croissance mondiale. (Photo : Ras Laffan, le plus grand gisement de gaz au monde, géré par Qatar Energy, bombardé par l’Iran).

Yahya Ould Amar *

Ce conflit a déclenché un choc d’offre global à haute intensité. La perturbation du détroit d’Ormuz – et celle probable de Bab El Mendeb (Mer Rouge) – par lequel transite environ 20% des flux mondiaux d’hydrocarbures, combinée à des frappes sur des infrastructures énergétiques régionales, constitue un choc d’une ampleur exceptionnelle. La hausse rapide des prix de l’énergie, la volatilité des marchés et la désorganisation des chaînes logistiques témoignent d’une rupture systémique. Mais l’élément le plus inquiétant réside dans la possibilité d’attaques simultanées sur les infrastructures énergétiques en Iran et dans les pays du Golfe, ce qui transformerait un choc de prix en un choc de quantités, bien plus difficile à absorber.

Au-delà du choc immédiat, une mutation profonde est à l’œuvre, celle de la fonction même de l’énergie dans le système économique mondial. Nous entrons dans une phase où le prix du baril, au-delà de l’équilibre entre offre et demande, reflète en priorité une prime géopolitique structurelle, durable et potentiellement auto-entretenue.

La destruction répétée d’infrastructures critiques — champs, terminaux, installations de liquéfaction — introduit une contrainte temporelle liée aux délais de reconstruction, souvent pluriannuels, transformant des chocs conjoncturels en pénuries persistantes.

Dans ce contexte, les anticipations des marchés se désancrent, et les investissements énergétiques deviennent eux-mêmes procycliques (amplification des fluctuations économiques), aggravant la volatilité (nervosité) des marchés au lieu de l’amortir.

La double peine du Sud : énergie chère, monnaies faibles

Les pays du Sud global se trouvent en première ligne, confrontés à une réactivation de la contrainte extérieure. L’augmentation de la facture énergétique dégrade immédiatement les balances des paiements, accentue la demande de devises fortes et exerce une pression intense sur les monnaies locales.

Dans plusieurs économies émergentes, la dépréciation monétaire alimente un cercle vicieux, ainsi plus la monnaie se déprécie, plus le coût des importations augmente, aggravant encore les déséquilibres externes.

Dans les cas les plus fragiles, cette dynamique peut conduire à des crises de balance des paiements, avec rationnement des importations et restrictions sur les changes.

Cette vulnérabilité est particulièrement aiguë dans les économies dont la monnaie est arrimée au dollar ou fortement dollarisée. Pour ces pays, l’appréciation du dollar agit comme un multiplicateur de choc, elle renchérit simultanément le coût de l’énergie, le service de la dette externe et le prix des importations essentielles.

Les pays importateurs nets d’hydrocarbures — notamment en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines économies d’Amérique latine — se trouvent ainsi enfermés dans une trappe macroéconomique où toute tentative de stabilisation monétaire accélère la contraction de l’activité économique.

Le dilemme des politiques économiques

À cette contrainte externe s’ajoute un choc inflationniste d’une intensité particulière. L’énergie étant un intrant universel, son renchérissement se diffuse rapidement à l’ensemble de l’économie. Les coûts de transport augmentent, les prix des engrais s’envolent, et la production agricole est affectée. Le choc se transmet ainsi des marchés énergétiques aux marchés alimentaires, transformant une inflation importée en inflation généralisée. Pour des populations déjà vulnérables, notamment dans les pays à faible revenu, cette dynamique constitue une menace directe pour la sécurité alimentaire et la stabilité sociale.

Dans ce contexte, les finances publiques sont soumises à une pression extrême. Les gouvernements doivent simultanément protéger les ménages contre la hausse des prix et absorber l’augmentation de leurs propres dépenses énergétiques. Cela conduit à une expansion rapide des déficits budgétaires et à une accumulation de dette publique. Or, cette détérioration intervient dans un environnement financier mondial plus contraint, caractérisé par des taux d’intérêt élevés et une aversion accrue pour le risque. Le coût du financement externe augmente, les flux de capitaux se raréfient, et les marges de manœuvre budgétaires se réduisent.

Dans ce contexte, le rôle du Fonds monétaire international (FMI) apparaît à la fois central et profondément contraint. Les capacités d’intervention — de l’ordre de 1 000 milliards de dollars au maximum — apparaissent significatives à l’échelle d’une crise isolée, mais demeurent faibles face à un choc systémique global, où les besoins cumulés des économies fragiles pourraient rapidement excéder plusieurs milliers de milliards de dollars.

Aussi, les conditionnalités traditionnelles — consolidation budgétaire, ajustement structurel — se heurtent à une réalité nouvelle, l’impossibilité politique et économique d’imposer des ajustements procycliques dans des sociétés déjà fragilisées par des chocs inflationnistes et alimentaires.

Le FMI se trouve ainsi confronté à un dilemme soit maintenir une orthodoxie financière au risque d’amplifier les crises sociales soit assouplir ses exigences au prix d’un risque accru de désancrage macroéconomique global.

Nouveau régime d’instabilité

Le résultat combiné de ces dynamiques est une configuration de stagflation difficile à gérer pour de nombreux gouvernements. La croissance ralentit sous l’effet de la hausse des coûts et de l’incertitude, tandis que l’inflation demeure élevée. Les entreprises réduisent leurs investissements, les ménages voient leur pouvoir d’achat diminuer, et les États perdent leur capacité à stabiliser le cycle économique. Cette combinaison — inflation élevée et croissance faible — est historiquement associée à des périodes de forte instabilité économique et politique.

La soutenabilité même de la récession dans les pays fragiles devient alors incertaine. Contrairement aux économies avancées, ces pays ne disposent ni de stabilisateurs automatiques efficaces ni de marges budgétaires suffisantes pour amortir le choc. Le délai d’absorption du choc — c’est-à-dire le temps nécessaire pour rétablir un nouvel équilibre macroéconomique — s’allonge considérablement, transformant une récession cyclique en dépression prolongée. Cette temporalité étendue accroît le risque de ruptures politiques, de défauts souverains et, dans certains cas, d’effondrement institutionnel.

Du choc conjoncturel au basculement structurel

Le scénario le plus préoccupant reste toutefois celui d’une destruction durable des infrastructures énergétiques en Iran et dans le Golfe. Une telle situation produirait un choc d’offre permanent, en réduisant significativement la production mondiale d’hydrocarbures. Elle entraînerait également une désorganisation profonde des circuits logistiques, les ports, pipelines et terminaux devenant vulnérables ou inutilisables.

Les primes de risque sur le transport maritime et le financement augmenteraient fortement, tandis que les effets de second tour — hausse des taux, tensions sur la dette, contraction du commerce mondial — amplifieraient encore le choc initial. Dans ce cas, la crise ne serait plus conjoncturelle mais structurelle, avec des conséquences durables sur l’économie mondiale.

Dans cette séquence, les monarchies du Golfe pourraient supporter un coût triplement cumulatif : celui d’une protection militaire américaine monétisée, celui du financement d’un conflit dont elles ne sont pas à l’origine — dans un moment où même le Congrès américain hésite à en assumer le coût du premier mois de conflit (200 milliards) —, et, enfin, celui d’un alignement politique et financier accru dans l’après-guerre, consacrant une forme de soumission renforcée à l’égard du couple États-Unis–Israël.

L’hypothèse d’une dislocation partielle de l’Iran — sous l’effet combiné de frappes extérieures, de tensions internes et d’interventions indirectes d’acteurs régionaux — introduit un risque systémique supplémentaire. Une fragmentation territoriale, impliquant potentiellement des zones kurdes, azéries ou sous influence étrangère, transformerait le pays en espace de conflictualité permanente, à proximité immédiate des principales routes énergétiques mondiales, tout en ravivant, à la frontière turque, la question kurde et les fragilités qu’elle induit pour Ankara.

Dans un tel scénario, la fermeture intermittente ou le contrôle discrétionnaire du détroit d’Ormuz — voire sa monétisation sous forme de «péage» — deviendrait un instrument durable de pouvoir économique, redéfinissant les termes de l’échange énergétique mondial.

Fin de l’abondance financière et retour du risque de dette souveraine

Cette situation accélère une transformation déjà en cours du système financier international. Le régime d’abondance financière qui caractérisait les années 2010 — marqué par des taux bas et des flux de capitaux vers les économies émergentes — est en train de disparaître. Les investisseurs se replient vers les actifs considérés comme sûrs, renforçant la domination du dollar et accentuant la vulnérabilité des pays dépendants du financement externe.

Parallèlement, le système monétaire international se fragmente, avec l’émergence de tentatives de diversification, notamment autour du yuan ou d’accords bilatéraux. Toutefois, en période de crise, la centralité du dollar reste intacte, ce qui limite les marges de manœuvre des économies émergentes.

Les grandes économies avancées, elles-mêmes fortement endettées, voient leur capacité à jouer un rôle de prêteur se réduire. La remontée des taux d’intérêt réels et la montée des primes de risque limitent l’appétit pour les actifs émergents, accentuant la segmentation financière du monde.

Dans ce contexte, l’investissement global — en particulier dans les infrastructures et la transition énergétique — ralentit précisément au moment où il serait le plus nécessaire.

Dans ce contexte, le risque de crises de dette souveraine augmente fortement. La combinaison d’une dépréciation des monnaies, d’une hausse des taux d’intérêt et d’une détérioration des balances des paiements crée des conditions propices à des défauts en chaîne. Plusieurs pays pourraient se retrouver confrontés à des arbitrages impossibles entre le service de la dette, le financement des importations essentielles et la stabilité sociale.

Que faire ?

Face à ce choc, les pays du Sud global doivent repenser leurs priorités, pour éviter qu’il ne redéfinisse durablement les trajectoires économiques. L’objectif ne peut plus être la poursuite d’une croissance maximale à court terme. Il s’agit désormais de construire une stratégie de résilience. Cela implique, en premier lieu, de sécuriser la liquidité externe, en renforçant les réserves de change et en garantissant l’accès aux devises nécessaires pour financer les importations critiques.

Il est également essentiel d’adopter une approche réaliste en matière de politique monétaire, en acceptant une certaine dépréciation plutôt que de tenter de défendre des niveaux de change insoutenables.

Sur le plan budgétaire, une hiérarchisation rigoureuse des instruments s’impose. À court terme, la priorité doit aller aux transferts monétaires ciblés, aux subventions limitées aux biens essentiels et aux mécanismes temporaires de tarification sociale.

Les États doivent renoncer aux soutiens généralisés, coûteux et régressifs, au profit d’une protection concentrée sur les ménages, les agriculteurs et les secteurs les plus exposés.

Cette réorientation suppose aussi une gestion active de la dépense publique. Il faut protéger les postes à fort rendement social — santé, nutrition, éducation de base, énergie critique, maintenance des infrastructures vitales — et différer les investissements publics non prioritaires, en particulier ceux fortement importateurs en devises ou à faible effet de stabilisation immédiat. Une revue des dépenses de fonctionnement, des subventions aux entreprises publiques et des niches budgétaires devient indispensable.

Du côté des recettes, l’enjeu est moins d’augmenter les taux d’imposition que d’élargir l’assiette : réduction des exonérations inefficaces, meilleure collecte douanière et fiscale, taxation temporaire de certaines rentes ou surprofits, fiscalité accrue sur les biens de luxe et produits pouvant avoir un impact sanitaire (tabac, sucre, …), amélioration du recouvrement auprès des grands contribuables.

Pour les pays disposant de recettes exceptionnelles, des fonds de stabilisation ou de lissage doivent être mobilisés — ou créés — afin d’amortir les chocs sans désorganiser durablement le budget.

Parallèlement, la gestion de la dette doit devenir plus préventive : recours aux marchés boursiers locaux, aux financements concessionnels, allongement des maturités, réduction des risques de refinancement, transparence accrue et, si nécessaire, restructurations ordonnées.

Dans un monde de capital rare, la crédibilité budgétaire ne se mesure plus à la rigidité doctrinale, mais à la capacité de l’État à arbitrer entre protection sociale, soutenabilité financière et sécurité économique.

La dimension énergétique devient également centrale. La diversification des sources d’approvisionnement, la conclusion d’accords bilatéraux de long terme et l’investissement dans des alternatives énergétiques sont des impératifs stratégiques.

Enfin, la coopération internationale, notamment entre pays du Sud, peut jouer un rôle clé, à travers la mutualisation des réserves, l’utilisation des instruments multilatéraux et le renforcement des institutions financières régionales.

Organiser la rareté sans basculer dans la fragmentation

Face à cette configuration, les politiques économiques doivent évoluer au-delà des cadres traditionnels. Trois axes apparaissent déterminants.

Premièrement, une redéfinition des politiques budgétaires vers des dépenses de résilience — sécurité énergétique et alimentaire, infrastructures critiques, stocks stratégiques — au détriment des logiques d’optimisation de court terme.

Deuxièmement, une coordination monétaire et financière accrue entre pays du Sud, visant à réduire la dépendance au dollar par des mécanismes de compensation régionaux et des accords de swap entre banques centrales.

Troisièmement, une accélération des investissements dans les énergies alternatives — renouvelables, technologies de stockage et autres — comme réponse à l’instabilité géopolitique de l’offre fossile.

Car au fond, ce qui se joue n’est autre que la capacité du système international à organiser la rareté sans basculer dans la fragmentation.

En définitive, cette guerre annonce l’entrée dans un monde où l’énergie redevient une arme, les détroits des instruments de souveraineté coercitive, la dette un accélérateur de fragilité, et la résilience la première des politiques économiques. Pour le Sud global, l’enjeu est d’éviter qu’un choc externe ne se transforme en désordre intérieur ou explosion sociale. La leçon à retenir lorsque les infrastructures vitales deviennent des cibles et les routes maritimes des leviers de guerre, est que la géopolitique a cessé d’encadrer l’économie — elle la commande. Et c’est alors l’ordre mondial lui-même qui entre en zone de turbulence durable.

* Economiste, banquier et financier.

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Quand la géographie reprend (vraiment) sa revanche sur l’Histoire (suite…)

Il y a près de deux ans, nous écrivions, dans ces mêmes colonnes, que la géographie finirait par reprendre sa revanche sur une Histoire trop souvent bricolée, instrumentalisée et imposée. Cette lecture semblait peut être excessive, voire pessimiste, mais les événements que nous vivons semblent me donner malheureusement raison : aujourd’hui, de Gaza à la mer Rouge, d’Ormuz à Bab el-Mandeb, les faits parlent d’eux-mêmes. Aurais-je fait une analyse prophétique ? Mais simplement que certaines évidences – comme l’avait déjà pressenti Ibn Khaldoun dans ses Prolégomènes – finissent toujours par s’imposer… souvent dans le fracas.

Les détroits et la géographie : là où se joue vraiment le pouvoir

Pendant que les chancelleries s’échangent des communiqués et que les experts recyclent les mêmes concepts usés, le véritable pouvoir circule ailleurs. Il passe par des lieux que l’on préfère ignorer : ORMUZ ET BAB EL-MANDEB. Deux points minuscules sur la carte… mais qui tiennent la planète par la gorge.

Comme le rappellent régulièrement les analyses stratégiques contemporaines, contrôler les flux vaut désormais plus que contrôler les territoires. Un incident, une milice, un missile mal placé et soudain : les marchés paniquent, les routes commerciales se déroutent, les grandes puissances redécouvrent leur dépendance! Mais rassurons-nous : on continue à parler de “stabilité”.

 

Le Moyen-Orient : illusion de contrôle, réalité du désordre

Le Moyen-Orient de 2026 n’est plus un échiquier – drôle d’allusion à l’invention perse -, c’est devenu un champ de forces.

Qatar, Émirats, Koweït : prospérité brillante, mais dépendance structurelle persistante particulièrement des USA.

Arabie saoudite : transformation ambitieuse, mais équilibre fragile et centre de gravité de l’Islam.

Iran : puissance patiente, enracinée dans une logique de long terme gérée par des « mollahs barbus en sandales », qui forment des centaines de milliers de cadres et ingénieurs même si elles sont « enfoulardées ».

Irak, Yémen : États brisés devenus pivots géopolitiques.

Israël : supériorité militaire, mais enfermement stratégique subissant un rejet qui se développe dans le monde.

Rien de tout cela n’est nouveau surtout que les USA étaient considérés comme chef d’orchestre surtout depuis le développement d’Internet, de l’intelligence artificielle et tutti quanti. Ce qui est nouveau, c’est que plus personne ne parvient à stabiliser l’ensemble. Comme le souligne Gilles Kepel, nous ne sommes plus dans des conflits locaux, mais dans une dynamique globale de confrontation diffuse.

 

Les États-Unis : puissance dominante… mais dépassée par la complexité

Les États-Unis restent une puissance majeure. Mais ils ne sont plus le chef d’orchestre. Ils sont devenus un acteur parmi d’autres. D’où cette cacophonie dominée par les décibels de Trump qui hurle à tout va et change d‘avis comme il change de cravate. Avec sa brutalité devenue coutumière, il réduit les Européens à leur impuissance stratégique en les traitant de lâches, rappelle aux monarchies du Golfe la nature réelle de leur dépendance lécheuse, sans parler de son mépris souverain pour les dirigeants africains. Bien que son comportement scandalise – et il s’en moque- il met surtout en lumière ce que tout le monde sait déjà : la puissance des USA n’a pas encore disparu mais elle a perdu de sa cohérence, comme l’écrit Emmanuel Todd dans La Défaite de l’Occident.

 

Israël : peut-il encore gagner des guerres, et après ?

Grâce à l’appui inconditionnel des USA, Israël continue-t-il de dominer militairement ? Par ailleurs, bien que cette domination semble subir maintenant des dégâts, et si par un miracle divin les USA et l’Iran perdent des hommes, chaque Israélien semble être protégé contre toute sorte d’agression ! Mais la question n’est plus, si aucune supériorité technologique ne règle une impasse politique.

Derrière l’action, une interrogation persiste : que veut Netanyahu ? Sécuriser, durer, imposer un fait accompli définitif ? Peut-être tout à la fois. Mais aucune stratégie ne répond à la question fondamentale : que fait-on d’un territoire, d’une population, d’un conflit… après leur destruction ? L’Histoire est pourtant claire et répète à qui veut l’entendre : on ne stabilise pas un vide.

 

Le pétrole : mythe de la fin, réalité de la dépendance ?

On annonce la fin du pétrole comme on annonçait jadis la fin de l’histoire avec la même assurance et probablement la même erreur. Oui, la transition énergétique existe. Mais non, elle ne supprime pas la dépendance, elle la transforme. Mais tant que les détroits resteront stratégiques, les flux resteront vulnérables et les économies resteront énergivores. De ce fait, le Moyen-Orient restera central.

La faute originelle : avoir ignoré la géographie. Le problème n’est ni religieux ni civilisationnel; il est structurel. On a voulu imposer une Histoire sans respecter la géographie. Et ce, en traçant des frontières artificielles, créant des États bricolés et surtout en déplaçant les peuples. Et comme toujours, la réalité finit par revenir… Avec intérêts.

 

In fine

Soyons lucides. L’Occident a cru organiser le monde : il en révèle aujourd’hui les limites. Les puissances régionales jouent aux équilibristes… sans filet :

  • Israël impose la force faute d’autre action sans horizon politique. Surtout que l’argument de la SHOAH a beaucoup perdu de sa valeur. Il est devant un dilemme qui rappelle de sombres jours « la valise ou le cercueil »…
  • Les monarchies du Golfe achètent du temps sans garantie d’éternité.
  • L’Iran avance méthodiquement mais jusqu’où ? L’empire perse n’est-il pas éternel ?
  • Les États-Unis arbitrent encore, mais leur rôle s’étiole de plus. Et l’American dream devient un drame même pour beaucoup de ses concitoyens.
  • L’Europe a quitté le terrain de l’histoire et de la géographie comme un joueur qui a subi un carton rouge à force d’erreurs impardonnables particulièrement en Afrique, son ancien terrain de jeu favori.

 

Et pendant que chacun prétend maîtriser la situation, une seule chose est certaine : plus personne ne contrôle réellement la trajectoire en cours et on ne sait pas où on va. La vérité est plus dure encore. Ce n’est pas seulement un désordre. C’est un système qui se délite sous les yeux de ceux qui l’ont construit; sans que personne n’ait de solution crédible pour le remplacer. D’autant plus que, à cause d’une géographie capricieuse qui a imposé deux détroits, le pétrole risque d’atteindre les 200 $ le baril avec tous les effets dominos qui en découleraient.

Faut-il rappeler ce qu’avait écrit Ibn Khaldoun : « Lorsque les structures se corrompent, la chute n’est plus une possibilité, elle devient un processus. »

Et dans ce processus : les discours continueront; les alliances changeront; les puissants s’adapteront. Mais les peuples, eux, continueront de payer… toujours. Car on peut se poser la question : quelle erreur a fait un Palestinien de naître Palestinien et un Juif de naître en Israël ?

Pendant ce temps, la Chine attend patiemment son heure … et commence sa domination lentement et sûrement et en silence sans tirer une seule cartouche, si ce n’est une cartouche d’encre pour une imprimante Made in China…

À bon entendeur.

IBTISSEM

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Guerre au Moyen-Orient : l’eau prise pour cible

Dans un Moyen-Orient marqué par des tensions croissantes, l’eau s’impose désormais comme un enjeu stratégique central, au même titre que les ressources énergétiques. Dans cette région extrêmement aride du Golfe, plusieurs personnes dépendent quasi entièrement de centaines d’usines de dessalement pour assurer leur approvisionnement en eau potable.

Ces infrastructures, vitales pour près de 61 millions d’habitants, sont aujourd’hui directement exposées aux conflits. Lundi 30 mars 2026, une usine de dessalement au Koweït a été ciblée par une attaque de drone, faisant un mort. Accusé d’être à l’origine de cette frappe, l’Iran a toutefois rejeté toute responsabilité, pointant du doigt Israël.

Cet épisode s’inscrit dans une escalade préoccupante. Depuis le début des hostilités, au moins quatre installations de dessalement ont été visées, notamment en Iran, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et au Koweït. Or, ces sites constituent des infrastructures civiles essentielles, dont la destruction ou la mise hors service peut provoquer des pénuries d’eau à grande échelle.

Au-delà de l’impact humanitaire immédiat, ces attaques soulignent une mutation des stratégies militaires : l’eau devient une arme. En ciblant des installations hydrauliques, les belligérants fragilisent non seulement les populations, mais aussi l’ensemble des économies nationales dépendantes de cette ressource pour l’industrie, l’agriculture et les services.

Ces frappes contre des infrastructures civiles pourraient, par ailleurs, être qualifiées de crimes de guerre au regard du droit international humanitaire…

Ainsi, la « guerre de l’eau » au Moyen-Orient n’est plus une simple hypothèse : elle est désormais une réalité tangible, aux conséquences potentiellement durables pour la stabilité régionale.

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Marokko – Rabat bekräftigt bei Krisensitzung der Arabischen Liga Solidarität mit Golfstaaten

Arabische LigaAngesichts wachsender militärischer Spannungen im Nahen Osten hat sich Marokko bei einer Dringlichkeitssitzung der Arabischen Liga demonstrativ an die Seite der Golfstaaten gestellt und seine strategische Partnerschaft mit den Monarchien am Persischen Golf bekräftigt. Rabat / Kairo – Marokko hat bei einer außerordentlichen Sitzung der Arabischen Liga seine Unterstützung für die Golfstaaten wiederholt zugesichert und […]

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Somaliland : La Tunisie dénonce une manœuvre sioniste dangereuse

La Tunisie a exprimé une opposition ferme à la reconnaissance du Somaliland par l’entité sioniste, qualifiant cette décision de dangereuse, illégale et porteuse de graves répercussions régionales. Elle a réaffirmé, à cette occasion, son attachement aux principes de souveraineté des États et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie.

Dans sa réaction officielle à travers un communiqué publié hier par le ministère des Affaires étrangères, la Tunisie a fait savoir qu’elle soutient pleinement les positions exprimées par l’Organisation de la coopération islamique, la Ligue des États arabes et la Commission de l’Union africaine, qui ont toutes condamné cette reconnaissance. Elle considère cette initiative comme une violation manifeste du droit international et des normes consacrant le respect des frontières et de l’unité des États.

Soutien total à la Somalie

Les autorités tunisiennes ont réaffirmé leur solidarité totale avec la Somalie et leur appui sans réserve à son rejet de toute mesure portant atteinte à sa souveraineté, à l’unité de son territoire et à son intégrité territoriale. Tunis estime que cette reconnaissance constitue une tentative inédite et dangereuse visant à déstabiliser davantage la région et à encourager des dynamiques de fragmentation.

Selon la position tunisienne, cette décision est dépourvue de toute valeur juridique et s’inscrit dans une logique expansionniste visant à étendre l’influence sioniste dans les espaces arabe et africain. Elle est perçue comme une tentative de recomposition géopolitique au service d’intérêts stratégiques, notamment le contrôle des routes commerciales et la poursuite de politiques de déplacement forcé du peuple palestinien hors de ses terres.

Appel à une réaction internationale urgente

Au-delà de la condamnation, la Tunisie appelle les États et la communauté internationale à agir de manière rapide et efficace afin de faire échec aux agissements de l’entité occupante, accusée de violations répétées et persistantes des conventions et des normes internationales. Tunis considère qu’une réponse collective est nécessaire pour préserver la stabilité régionale et le respect du droit international.

La Tunisie a, enfin, réitéré sa position constante en faveur du droit du peuple palestinien à l’ensemble de la terre de Palestine et à l’établissement de son État indépendant et pleinement souverain, avec Al-Qods occupé pour capitale. Elle a également renouvelé son rejet catégorique de tous les plans visant le déplacement forcé des Palestiniens, affirmant que ces projets constituent une violation flagrante des droits fondamentaux et du droit international humanitaire.

La réaction tunisienne intervient après l’annonce de la reconnaissance du Somaliland par l’entité sioniste. Cette région, située au nord de la Somalie, a proclamé unilatéralement son indépendance en 1991, sans jamais obtenir de reconnaissance internationale officielle.

La décision israélienne, inédite, a suscité de vives condamnations au sein des organisations arabes, islamiques et africaines, qui y voient une atteinte à la souveraineté de la Somalie et un précédent susceptible d’encourager la fragmentation territoriale dans la région de la Corne de l’Afrique.

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Colonies en Cisjordanie : Quatorze États dénoncent un passage en force d’Israël

Quatorze pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon, ont exprimé une condamnation ferme après l’approbation par Israël de nouvelles implantations en Cisjordanie. Une décision jugée contraire au droit international et susceptible de compromettre les perspectives de paix dans la région.

Une réaction diplomatique coordonnée s’est fait entendre après l’annonce par les autorités israéliennes de la création de nouvelles colonies en Cisjordanie occupée. Dans une déclaration conjointe rendue publique par le ministère français des Affaires étrangères, quatorze États ont dénoncé une décision unilatérale qu’ils estiment incompatible avec les engagements internationaux d’Israël.

Les pays signataires, parmi lesquels figurent notamment la France, l’Allemagne, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon, l’Italie et l’Espagne, pointent l’approbation par le cabinet de sécurité israélien de dix-neuf nouvelles implantations. Une mesure que Tel-Aviv justifie par des considérations sécuritaires, affirmant vouloir empêcher l’émergence d’un État palestinien perçu comme hostile.

Une violation du droit international dénoncée

Dans leur communiqué, les États signataires rappellent que la colonisation des territoires occupés constitue une infraction au droit international. Ils estiment que cette décision risque de fragiliser les efforts diplomatiques en cours, notamment ceux liés au plan de cessez-le-feu et de reconstruction à Gaza, et d’aggraver l’instabilité régionale.

Les pays appellent explicitement Israël à revenir sur cette décision et à mettre un terme à l’expansion des colonies, en conformité avec la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ils réaffirment par ailleurs leur attachement au droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

Réaffirmation de la solution à deux États

Les signataires soulignent leur engagement en faveur d’un règlement politique durable fondé sur la coexistence de deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côte dans des frontières reconnues et dans des conditions de sécurité mutuelle. Selon eux, la poursuite de la colonisation compromet directement cette perspective.

Du côté palestinien, l’Autorité palestinienne a vivement réagi, dénonçant une politique d’annexion progressive et une accélération des atteintes aux droits des Palestiniens. Elle accuse Israël de chercher à rendre irréalisable tout projet d’État palestinien souverain, tout en alertant sur la montée des violences liées aux colons.

Une dynamique de colonisation en nette accélération

La colonisation israélienne en Cisjordanie se poursuit depuis plusieurs décennies, mais elle connaît une intensification marquée ces dernières années, en particulier depuis le déclenchement de la guerre à Gaza. Aujourd’hui, plus d’un demi-million d’Israéliens vivent dans des colonies considérées comme illégales par les Nations unies, au milieu de plusieurs millions de Palestiniens.

Les Nations unies ont récemment alerté sur une progression sans précédent des implantations en 2025, évoquant un risque majeur pour la viabilité d’un État palestinien continu et souverain. Le secrétaire général de l’ONU s’est également inquiété de la hausse des violences commises par des colons, parfois sous le regard ou avec l’appui des forces de sécurité israéliennes.

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L’Islande, cinquième pays à boycotter l’Eurovision 2026 en raison de la participation d’Israël

L’Islande a annoncé qu’elle boycottera l’Eurovision 2026, prévu à Vienne, après le feu vert donné par l’Union européenne de radiodiffusion (UER) à la participation d’Israël. La télévision publique RÚV a officialisé mercredi son retrait, invoquant une incompatibilité avec les valeurs du service public. Le pays devient le cinquième État à quitter la compétition.

La télévision publique islandaise a expliqué, dans un communiqué, qu’elle renonçait à participer à l’édition 2026 en raison de la décision de maintenir Israël dans la liste des candidats. La RÚV souligne avoir suivi de près le débat interne, marqué par des appels insistants d’artistes et d’organisations culturelles réclamant un retrait. La direction a finalement tranché, estimant que la participation ne pouvait pas être « assumée » dans les conditions actuelles.

Un mouvement de boycott qui s’étend en Europe

En rejoignant l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie, l’Islande renforce un bloc désormais conséquent de diffuseurs européens qui rejettent le maintien d’Israël. Tous mettent en avant la situation humanitaire à Gaza et accusent l’UER d’ignorer les appels à revoir sa position. Cette succession de retraits fragilise le concours à quelques mois du lancement des préparatifs officiels.

La décision islandaise s’inscrit dans un climat tendu où artistes, collectifs militants et associations avaient multiplié les prises de position publiques. Plusieurs pétitions circulaient déjà en Islande, appelant à un geste « éthique » de la part du diffuseur national. Le débat, loin d’être isolé, rappelle les controverses des éditions précédentes, où la participation d’Israël avait déjà suscité des mobilisations.

Une édition 2026 déjà sous tension

L’Eurovision 2026 devait marquer un retour à la stabilité après deux années de polémiques, mais la vague de boycotts ravive les divisions persistantes autour du concours. Vienne, ville hôte, s’attendait à une édition symbolique et apaisée. L’accumulation de retraits risque désormais de transformer l’événement en test majeur pour l’UER.

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