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La guerre en Iran fait bondir l’inflation aux États-Unis

Comme prévu par les analystes, l’inflation aux États-Unis a connu une forte hausse en mars 2026, l’indice s’établissant à 3,3 %, contre 2,4 % en février, soit la plus forte augmentation en près de quatre ans, la guerre avec l’Iran ayant fait exploser les prix de l’essence.

La forte hausse des prix est largement due au fait que la guerre en Iran a fait exploser les coûts de l’énergie et a éloigné davantage la Réserve fédérale américaine de son objectif d’inflation, selon les données publiées vendredi 10 avril.

L’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,9 % au cours du mois, portant le taux d’inflation annuel à 3,3 %, sous l’effet d’une forte hausse de 10,9 % des coûts de l’énergie. La hausse des prix du carburant est responsable de près des trois quarts de l’augmentation mensuelle.

Cependant, la mesure plus restrictive de ce qu’on appelle l’inflation sous-jacente, qui n’inclut pas les prix de l’énergie et de l’alimentation, a enregistré une légère hausse de 0,2 % sur le mois et de 2,6 % sur l’année, en dessous des prévisions.

Les prix des biens de consommation courante, hors alimentation et énergie, ont légèrement augmenté de 0,1 % pour le deuxième mois consécutif. Les prix des voitures d’occasion ont baissé pour le quatrième mois consécutif. Le coût des produits alimentaires a baissé de 0,2 % en raison de la diminution des prix de la viande, des produits laitiers et des œufs. Bloomberg estime qu’il pourrait s’écouler jusqu’à un an avant que la hausse du coût des engrais n’ait un impact sur l’indice des prix à la consommation.

Le coût des services, hors énergie, a augmenté de 0,2 % en mars. Les tarifs aériens ont progressé de 2,7 %. Un autre indice des services, suivi de près par les responsables de la Réserve fédérale et excluant le logement et l’énergie, a également augmenté de 0,2 %, soit le rythme le plus faible de l’année. Les prix de l’immobilier, qui constituent la part la plus importante de cet indice, ont progressé de 0,3 %.

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Transport aérien : l’Europe menacée de pénurie de kérosène sans Ormuz

L’Europe pourrait faire face à des pénuries de kérosène si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert dans les trois prochaines semaines, selon l’Airports Council International (ACI Europe).

ACI Europe a adressé, vendredi 10 avril, une lettre à la Commission européenne concernant les questions énergétiques et touristiques, faisant état de « préoccupations croissantes » parmi ses membres quant à la disponibilité du carburant d’aviation. « Une pénurie d’approvisionnement perturberait gravement les opérations aéroportuaires et la connectivité aérienne, avec un risque de répercussions économiques importantes pour les communautés locales et pour l’Europe dans son ensemble », a déclaré le directeur général de l’ACI Europe, Olivier Jankovec. « À ce stade, nous estimons que si le détroit d’Ormuz n’est pas entièrement rouvert dans les trois semaines, une pénurie systémique de carburant d’aviation dans l’UE est désormais très probable ».

Il faut souligner que le Golfe est une source essentielle de carburant d’aviation, couvrant environ 50 % des importations européennes. Plusieurs compagnies aériennes ont déjà réduit leurs vols et augmenté le prix des billets en raison des inquiétudes liées à d’éventuelles pénuries de carburant. En effet, le prix de référence du kérosène en Europe a dernièrement atteint un niveau record, s’établissant à 1 838 dollars (1 387 livres sterling) la tonne, contre 831 dollars avant le début du conflit.

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Négociations de marchand de tapis ?

Après un cessez-le-feu fragile, des discussions cruciales s’ouvrent, ce samedi 11 avril, à Islamabad, au Pakistan, sous haute sécurité. Et ce, sur fond de désaccords notamment sur la proposition en 10 points présentée par Téhéran ; laquelle est considérée par Donald Trump comme une « base viable » pour les négociations.

 

C’est finalement à Islamabad, une ville d’un million d’habitants avec les contreforts de l’Himalaya en décor, que doivent débuter ce samedi 11 avril les discussions sur un plan de paix pour mettre fin à la guerre en Iran. Pourquoi le Pakistan ?

Grand voisin de l’Iran, doté de l’arme nucléaire, ce géant asiatique de 259 millions d’habitants s’est progressivement imposé comme un médiateur incontournable dans ce dossier. Une position qu’il doit à sa capacité rare à dialoguer avec tous les protagonistes, y compris les Chinois et les Iraniens, dont il défend les intérêts à Washington depuis plusieurs années.

Un faucon à la tête de la délégation iranienne

Pourtant, Téhéran a exigé une trêve au Liban et le déblocage des actifs de son pays avant toute négociation de paix avec les États-Unis. Une manière de jeter le doute sur la tenue de ces pourparlers avant l’arrivée jeudi soir de la délégation iranienne dans la capitale pakistanaise. Laquelle est dirigée par Mohammad Bagher Ghalibaf, actuel président du Parlement iranien, et présenté comme le «nouvel homme fort» du régime des mollahs. Ce général des Gardiens de la Révolution a été maire de Téhéran pendant onze ans, et s’était présenté aux élections présidentielles de 2005 et 2024, sans succès.

Il est flanqué du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, un diplomate de carrière, ancien ambassadeur en Estonie, en Finlande et au Japon. Nommé ministre fin août 2024, il avait participé à l’élaboration, puis la mise en place, de l’“accord de Vienne sur le nucléaire“ signé en 2015 puis dénoncé par Donald Trump.

J.D. Vance, l’homme de la situation ?

En face, la délégation américaine est menée par le vice-président américain, J.D. Vance, qui s’est vu confier par Donald Trump une mission presque impossible : traiter à la fois la question urgente de la réouverture du détroit d’Ormuz, dont la fermeture par l’Iran perturbe l’économie mondiale, mais aussi trouver un compromis sur celle du nucléaire et de ses programmes d’armement.

Or, l’ancien sénateur de l’Ohio va jouer gros, très gros dans les discussions avec les redoutables négociateurs iraniens, tant pour sa crédibilité personnelle que pour les intérêts de Washington.

Connu pour s’être opposé à une intervention militaire en Iran, il apparaît, aux yeux de Téhéran, comme moins aligné sur Israël que certains membres de l’administration. À ses côtés, figurent l’inévitable Jared Kushner, gendre de Donald Trump, et Steve Witkoff, homme d’affaires et proche du président américain. Pour mieux le surveiller, disent les mauvaises langues.

« Comme l’a dit le président des États-Unis, si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main, mais s’ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive », a-t-il averti vendredi avant d’embarquer à bord d’Air Force Two en direction du Pakistan.

Nœud gordien

Reste à savoir sur quelle base négocier. Là encore, entre la proposition en 15 points que Washington avait soumise à Téhéran, le plan iranien en 10 points et les déclarations contradictoires de Donald Trump, le flou est total.

Car dans son plan de dix points, Téhéran demande la fin des frappes de la coalition israélo-américaine en Iran, l’arrêt des bombardements de Tsahal contre son allié libanais du Hezbollah, et la fin des sanctions imposées par l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne qui interdisent notamment le commerce avec Téhéran.

En échange, le blocus de facto du détroit d’Ormuz serait levé. Mais chaque navire y transitant se verrait imposer une taxe, soit jusqu’à 2 millions de dollars par passage. Et ce, afin de reconstruire les infrastructures détruites par la coalition. «Ce n’est pas suffisant. Mais c’est un pas très important», a commenté Donald Trump lundi dont l’administration exige dans son plan de 15 points le démantèlement des capacités nucléaires de l’Iran, ainsi que le renoncement à obtenir l’arme nucléaire.

Son stock d’uranium – estimé à 400 kg – devrait être détruit. Téhéran devrait également renoncer à soutenir ses alliés – souvent qualifiés de proxys -, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza. Le détroit d’Ormuz serait déclaré «zone maritime libre» et serait rouvert.

En échange, le président américain propose la levée totale des sanctions et, fait notable, la suppression du mécanisme de rétablissement automatique des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU. De plus, l’Iran, s’il acceptait ces conditions, pourrait obtenir un soutien à son programme nucléaire civil. Des divergences qui semblent insurmontables, à moins d’un miracle.

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L’extrême droite européenne face à la guerre toxique de Trump

Le président américain Donald Trump pensait pouvoir compter sur le soutien des dirigeants populistes de la droite radicale en Europe dans sa guerre contre l’Iran mais ceux-ci se sont rapidement retournés contre lui étant donné que cette guerre tourne au fiasco et, surtout, elle est très peu soutenue par l’opinion publique européenne. 

Imed Bahri

De larges pans de l’extrême droite européenne ont perdu leur enthousiasme pour le président américain qu’ils vénéraient autrefois, estime The Telegraph dans une enquête sur les conséquences de la guerre d’Iran sur le positionnement des partis d’extrême droite en Europe vis-à-vis de Donald Trump. Le journal britannique précise que et que les dirigeants de ces partis ont abandonné leur fascination pour le président américain qu’ils couvraient jadis d’éloges excessifs. Ils n’éprouvent certes aucune sympathie pour la République islamique d’Iran mais que le rejet massif de la guerre par l’opinion publique en Europe les place dans une situation délicate.

Impopularité de la guerre contre l’Iran

Ces partis expriment leur colère face à l’engagement de Trump dans des guerres étrangères perpétuelles car sa politique étrangère toxique pourrait les entraîner dans sa chute, compte tenu de sa popularité déclinante et de l’effritement de ses alliances.

En Grande-Bretagne, des personnalités de droite, dont Nigel Farage, chef du Parti de la réforme (Reform UK), ont pris leurs distances avec la guerre menée par Trump, laissant entendre que soutenir le président dans ce conflit pourrait s’avérer politiquement suicidaire.

Farage s’était pourtant vanté par le passé de sa proximité avec Trump.

La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a surpris nombre d’observateurs lorsque son gouvernement a refusé cette semaine d’autoriser les bombardiers américains à utiliser une base aérienne en Sicile en route vers le Moyen-Orient, illustrant ainsi l’impopularité d’une guerre américano-israélienne contre l’Iran en Italie.

Meloni fut jadis l’une des plus ferventes supportrices de Trump en Europe. Aujourd’hui, elle est affaiblie politiquement après son échec lors d’un référendum sur la réforme judiciaire, un an avant les élections législatives. Elle tente désormais de prendre ses distances avec Trump qui l’avait pourtant qualifiée de «grande dirigeante»

«Ce gouvernement a été accusé à tort d’être soumis à Trump», a déclaré Deborah Bergamini, députée de Forza Italia, parti de la coalition au pouvoir, avant d’ajouter : «L’Italie n’est pas en guerre et n’a aucune intention d’entrer en guerre».

En France, malgré des relations plus tendues avec Trump, la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen n’a pas hésité à critiquer les objectifs changeants de la guerre, arguant que les frappes contre l’Iran avaient été menées «à l’aveuglette» et sans tenir compte de leur impact sur les prix du carburant.

Des sources au sein du Rassemblement national indiquent que les États-Unis semblent enlisés dans le conflit et que les interventions étrangères sont non seulement inefficaces mais risquent même de renforcer le régime iranien au lieu de l’affaiblir.

La politique extérieure de Trump inquiète

En Allemagne, les relations entre le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) et l’administration Trump se sont détériorées après une période de coopération étroite. Tino Chrupalla, figure de proue du parti, a exprimé sa «profonde déception envers le président de la guerre Trump» et a, carrément, appelé au retrait des troupes américaines d’Allemagne.

En Pologne, malgré des relations de longue date avec Trump, des signes de discorde sont apparus après que le conseiller pour la politique étrangère du président Karol Nawrocki a reproché aux États-Unis de ne pas avoir consulté leurs alliés avant de frapper l’Iran.

En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán demeure l’un des plus proches alliés de Trump mais il a adopté une position plus prudente, mettant en garde contre l’envoi de troupes terrestres américaines en Iran, notamment en raison de la sensibilité des prix de l’énergie sur le marché intérieur.

Orbán dirige Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, une coalition qui comprend des partis tels que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le Rassemblement national (RN) et le Parti populaire danois (DFP), ce dernier ayant été indigné par la tentative de Trump d’annexer le Groenland.

«Trump avait promis de retirer les troupes américaines des zones de conflit et s’était vanté de ses efforts pour instaurer la paix mais cette rhétorique s’est complètement effondrée après ses menaces concernant le Groenland et ses attaques contre le Venezuela et l’Iran», a déclaré Anders Vistisen, eurodéputé danois.

En Espagne, le parti Vox et son chef Santiago Abascal avaient initialement soutenu une attaque contre l’Iran avant de se taire, signe d’un déclin de l’enthousiasme.

Cependant, tous ne se sont pas désolidarisés de Trump. Le politicien néerlandais Geert Wilders a continué de le soutenir, saluant les attaques contre l’Iran, une position qui le distingue au sein de la droite radicale européenne.

Selon le Telegraph, les analystes estiment qu’il ne s’agit pas d’une rupture définitive entre l’extrême droite européenne et Trump mais plutôt d’un test de la solidité des relations. La plupart des membres de ce courant politique se montrent réticents à l’égard de la guerre, tout en admirant la politique intérieure de Trump sans pour autant approuver ses interventions à l’étranger.

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Raffineries américaines : grandes gagnantes de la crise iranienne

Les raffineries de la côte américaine du golfe du Mexique enregistrent leurs marges bénéficiaires les plus élevées depuis des années, les perturbations des flux pétroliers du Moyen-Orient stimulant la demande d’exportations de carburant américaines. C’est ce qu’ont déclaré des analystes, déclarés rapportées par Reuters.

Les raffineries d’Asie et d’Europe ont été durement touchées par la baisse des exportations de pétrole brut du Moyen-Orient due au blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran, ce qui a contraint certaines d’entre elles à réduire leur production.

Les raffineurs américains, moins dépendants du pétrole du Moyen-Orient, sont bien placés pour tirer profit des pénuries mondiales de carburant en maximisant leurs ventes internationales depuis la plateforme d’exportation de la côte du Golfe.

Les États-Unis, premier marché mondial des carburants, disposent d’une capacité de raffinage d’environ 18 millions de barils par jour, dont une grande partie est située sur la côte du Golfe.

Les grandes raffineries indépendantes, telles que Marathon Petroleum, Phillips 66, Valero Energy et PBF Energy, sont considérées comme des « gagnantes » sur le marché actuel, car elles sont situées à proximité du point de départ du Colonial Pipeline et ont un accès direct aux terminaux d’exportation maritime, selon les analystes. Les raffineurs américains ont la possibilité de vendre à des marchés confrontés à des pénuries sans subir de perturbations importantes dans leur propre approvisionnement en matières premières », a déclaré Jeff Krimmel.

Le taux d’utilisation des raffineries américaines a atteint près de 92 % le mois dernier, avec une moyenne supérieure à 95 % sur la côte du Golfe, contre environ 90 % un an auparavant, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). À titre de comparaison, la moyenne saisonnière sur cinq ans pour cette région est d’environ 82 %. En revanche, le taux d’utilisation des raffineries en Asie est tombé à des niveaux aussi bas que 80 %, après avoir fortement diminué en mars et avril en raison des réductions de production, selon le cabinet de conseil Rystad Energy.

Renforcement des marges à l’exportation

Les exportations américaines de produits raffinés ont atteint un niveau record en mars, selon les données de suivi des navires, ce qui a permis d’accroître les marges de raffinage après des trimestres précédents marqués par une surproduction mondiale.

L’augmentation de la demande à l’exportation contribue également à la hausse des prix des carburants sur le marché intérieur, les raffineurs obtenant de meilleurs prix à l’étranger… Ce phénomène est particulièrement marqué sur les marchés du diesel et du kérosène, qui ont été les plus durement touchés par la guerre en Iran, le Moyen-Orient étant un fournisseur clé de ces carburants et de pétroles bruts à haut rendement.

Limites de protection

Malgré la hausse des profits, les raffineurs américains ne sont pas à l’abri de la flambée des prix du pétrole brut, car la demande mondiale accrue fait grimper le coût des matières premières. Les primes du pétrole brut West Texas Intermediate sur le marché au comptant ont atteint des niveaux historiques.

Les offres de WTI Midland à destination de l’Asie du Nord pour livraison en juillet se situaient entre 30 et 40 dollars le baril au-dessus des prix de référence, contre environ 20 dollars fin mars, tandis que les prix à destination de l’Europe atteignaient un niveau record de près de 15 dollars au-dessus du Brent.

Selon des acteurs du marché, les raffineurs asiatiques sont également en concurrence pour les cargaisons de pétrole brut en provenance d’Amérique du Sud qui étaient traditionnellement destinées aux États-Unis…

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De la menace d’apocalypse à un répit temporaire – Pourquoi un tel revirement ?

Moins de 90 minutes avant l’expiration de son ultimatum, Donald Trump a fait marche arrière et annoncé mardi 7 avril un cessez-le-feu avec l’Iran. Une stratégie qui mêle intimidation extrême et pragmatisme. Analyse.

 

C’est un air du déjà-vu. Lors de son premier mandat et dans sa première allocution devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump s’était violemment attaqué, le 19 septembre 2017, au « régime vicieux » de la Corée du Nord, promettant « le feu et la colère » et menaçant de « détruire totalement » ce pays qui développe des missiles nucléaires au nez et à la barbe de la communauté internationale. Avant d’engager, à la surprise générale, des discussions inédites avec Kim Jong-un !

Bis repetita. Mardi 7 avril 2026, le même président américain lance un terrible ultimatum aux dirigeants iraniens : rouvrir le détroit d’Ormuz avant minuit, faute de quoi « une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne jamais réapparaître », a-t-il menacé sur sa plateforme Truth Social.

Il ajoute : « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas ».

Ainsi, un président qui ne brille ni par sa culture ni par sa connaissance de l’Histoire, menace avec une violence inouïe et sans état d’âme de raser ainsi Chiraz, Tabriz, Ispahan, Persépolis, capitale achéménide ou encore Hamadan ; des villes millénaires où vivront Ferdowsi, Rumi, Hafez, Saadi, Omar Khayyam, Nezami. A l’heure où les ancêtres de M. Trump vivaient à l’âge de pierres.

Rétropédalage

Revirement spectaculaire de la situation. Une heure avant l’expiration de l’ultimatum, le locataire de la Maison Blanche annonce avoir accepté un cessez-le-feu, une sorte de trêve de 15 jours présentée comme « une victoire totale et complète. 100 %. Il n’y a aucun doute là-dessus ».

Dans un article intitulé « le jour où le monde a retenu son souffle face aux menaces de Donald Trump sur l’Iran », The Wall Street Journal écrit : « À 8 h 06 [heure locale], mardi, le président américain a posé l’ultimatum le plus radical de son mandat » et, « à moins d’une heure et demie de l’échéance, Trump a finalement fait machine arrière et annoncé sur son réseau social la conclusion d’un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, et l’annulation des frappes promises, en échange de la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz ».

Alors, comment expliquer cette volte-face ?

Cynisme

Il s’agit en effet d’une stratégie bien huilée : le milliardaire républicain, initialement rompu aux techniques de la promotion immobilière, met la barre très haut lors d’une négociation avant de concéder progressivement du terrain ; tout en restant au-dessus de son objectif réel. Le tout en maniant l’arme de l’intimidation, voire de la violence verbale.

Et ce qui vient de se passer concernant l’Iran illustre parfaitement cette stratégie : pousser la menace à son paroxysme, puis ajuster sa position face aux risques d’escalade.

Concrètement, le président américain émet une grave menace d’un anéantissement de la « civilisation » iranienne assortie d’un ultimatum, fait volte-face à la dernière minute, parle désormais de possible coopération entre l’Iran et les États-Unis, ennemis jurés depuis près d’un demi-siècle, pour administrer conjointement le détroit d’Ormuz ou récupérer les stocks d’uranium enrichi de Téhéran. Et claironne par la suite son propre « génie » tactique ayant abouti à une « victoire totale ».

Une mécanique qui s’inscrit aussi dans un contexte politique intérieur tendu, marqué par une opinion publique plus réticente à la guerre et des inquiétudes économiques croissantes, à l’approche des élections de mi-mandat.

D’ailleurs, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a bien saisi le sens de la manœuvre présidentielle. Interrogée sur la menace apocalyptique émise mardi matin (7 avril) par son patron et qui a même fait spéculer sur une attaque nucléaire américaine, elle a fini par admettre que « ce qui intéresse le président ce sont les résultats et dans les faits, sa rhétorique très dure et son style de négociation dur ont apporté les résultats que vous pouvez tous voir aujourd’hui ».

Qui gagne, qui perd ?

Ce n’est pas l’avis d’un spécialiste des États-Unis qui estime pour sa part que Donald Trump « met les enjeux très haut parce qu’il pense que c’est la solution pour faire peur à l’adversaire. Il croit que cette pression extrême va forcer l’adversaire à négocier et lui donner un avantage. Il est pourtant en position de faiblesse face à l’Iran ».

Et d’expliquer : « Malgré ses propos très violents, Donald Trump n’obtient rien en réalité et s’embourbe dans une situation qu’il a provoquée. C’est une porte de sortie à la Trump, une porte de sortie rhétorique. Il construit un récit dans lequel il apparaît comme le gagnant, transformant le réel en affirmant que les Iraniens sont forcés à négocier, alors que s’il accepte les dix points du plan de paix, la situation risque d’être pire que celle d’avant-guerre ».

Pour Steven Ekovich, professeur d’histoire et de relations internationales à The American University of Paris, « La stratégie de Donald Trump, c’est d’être au centre de l’attention mondiale. Il a tenu la planète entière en haleine pendant quelques heures après sa menace de mardi. Mais il a aussi abîmé sa crédibilité. Le danger, c’est que plus personne ne le prenne au sérieux ».

Au bout du compte, c’est à se demander qui sort véritablement gagnant de ce bras de fer entre Donald Trump – le flamboyant adepte du poker -, et les dirigeants iraniens, réputés pour leur jeu d’échecs aussi discret que méthodique. La réponse, elle, se révèle bien moins évidente qu’il n’y paraît.

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GNL : les fortes craintes de la Chine

Les espoirs d’une forte reprise de la demande de gaz naturel liquéfié (GNL) en Chine s’amenuisent, malgré le cessez-le-feu déclaré au Moyen-Orient, car les analystes mettent en garde contre des risques persistants d’approvisionnement et une hausse des prix.

Les importations chinoises de GNL ont chuté de 11 % l’an dernier pour s’établir à 68,4 millions de tonnes, une baisse inhabituelle après près de vingt ans de croissance quasi ininterrompue. BloombergNEF (BNEF) prévoit un nouveau recul en 2026, à 62,3 millions de tonnes, tandis que Rystad Energy anticipe une légère hausse à 70 millions de tonnes.

Avant même que les attaques américano-israéliennes contre l’Iran ne perturbent la chaîne d’approvisionnement en provenance du Golfe persique, la demande chinoise de gaz était en baisse en raison du ralentissement économique. La consommation apparente a diminué de 0,9 % au cours des deux premiers mois de l’année, selon les données gouvernementales, prolongeant une tendance à la baisse qui s’est poursuivie tout au long de 2025.

Les prévisions de BNEF, publiées mercredi 8 avril, tablent sur une reprise des expéditions depuis le Qatar via le détroit d’Ormuz à partir de fin avril. Les prévisions de Rystad restent également inchangées et anticipent une reprise à partir de la mi-avril.

Toutefois, la réouverture de cette voie maritime cruciale ne compensera pas les dommages à long terme causés par les attaques iraniennes contre les installations qataries. Elle ne dissipera pas non plus les craintes que le détroit puisse être utilisé comme une arme à tout moment, compte tenu de son importance stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz.

La Chine, premier importateur mondial de gaz, s’approvisionnait autrefois à hauteur d’environ un quart en GNL auprès du Qatar, qui doit désormais déployer des efforts pluriannuels pour rétablir ses activités. Plus grave encore, la destruction de deux gazoducs sur le site du plus grand terminal d’exportation au monde pourrait entraîner une perte de capacité annuelle de 12,5 millions de tonnes au cours des trois à cinq prochaines années, selon BNEF.

La puissance du Qatar

Face à ces tensions, la Chine réduira très probablement sa dépendance au Golfe persique. Compte tenu du poids du Qatar sur ce marché, cela pourrait également se traduire par une diminution des importations de GNL et un recours accru à la production nationale et aux gazoducs terrestres en provenance de Russie et d’Asie centrale. Les alternatives telles que le charbon et les énergies renouvelables, dont la Chine dispose en abondance, seront probablement privilégiées…

Les contrats à terme sur le GNL en Asie ont presque doublé en mars, atteignant environ 20 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu). Le marché correspondant en Chine, qui est en concurrence avec le gaz domestique et les approvisionnements terrestres, a progressé de 44 %, pour s’établir à environ 15 dollars/MMBtu.

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L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine

Il est des guerres qui rasent des villes. Et il en est d’autres – comme celle que les Etats-Unis et Israël viennent de livrer à l’Iran – qui rasent des hiérarchies. En quelques semaines, cette guerre a pulvérisé l’illusion la plus tenace du XXIe siècle, celle d’une Amérique encore capable de dicter seule ce qui est permis, puni ou toléré. Ce qui s’est joué n’est pas une simple bataille de plus au Moyen-Orient. C’est la fin d’une ère.

Yahya Ould Amar *

Cette guerre a certes ravagé des infrastructures, bouleversé les flux énergétiques et mis en tension tout le Moyen-Orient et l’économie à l’échelle du globe, mais elle a révélé la distribution réelle de la puissance dans cette partie du monde.

Les gagnants ne sont pas ceux que l’on désigne spontanément. Les perdants non plus. Car, dans les guerres modernes, le vainqueur n’est pas celui qui frappe le plus fort, mais celui qui modifie à son avantage la perception du possible, du durable et du coûteux. La victoire n’y est pas seulement militaire. Elle est politique, psychologique et civilisationnelle.

Le premier gagnant

Le premier gagnant est l’Iran – même s’il a payé un prix élevé. Une puissance ne se juge pas seulement à l’étendue des destructions subies, mais à sa capacité à empêcher l’adversaire d’atteindre ses objectifs. Or les objectifs américains n’étaient pas seulement de punir l’Iran. Ils étaient principalement de le faire plier au dictat des Etats-Unis, de reprendre la maîtrise du détroit d’Ormuz, de protéger sans faille ses alliés, d’imposer à Téhéran une capitulation stratégique.

Rien de cela n’a été obtenu. Le cessez-le-feu lui-même a été suspendu à la réouverture du détroit par l’Iran – il avait toujours été ouvert gratuitement à la navigation avant les hostilités – et les discussions ont fait émerger jusqu’à l’acceptation de la question de compensations et de frais de passage pour les réparations des préjudices subis par l’Iran, signe qu’Ormuz n’est pas redevenu un espace organisé par Washington, mais un levier dont Téhéran demeure le seul vrai arbitre.

C’est là le fait majeur. L’Iran confirme qu’une puissance sous sanctions, isolée, visée depuis près d’un demi-siècle par une pression militaire, financière et diplomatique continue, peut encore faire échec à l’entreprise américaine de domination régionale. Il démontre qu’à l’âge des missiles, des drones, des capacités de déni d’accès et de la vulnérabilité des routes énergétiques, la supériorité technologique ne suffit plus à produire la soumission politique. Il suffit de tenir, de durer, d’absorber le choc et de rendre le coût de la victoire adverse supérieur à ses bénéfices. C’est une nouvelle dissuasion qui n’est pas celle des puissants. C’est celle du faible qui a compris que, à l’âge des drones et des missiles hypersoniques, tenir suffit parfois à vaincre.

Sun Tzu l’avait déjà murmuré il y a vingt-cinq siècles : «La victoire suprême est de briser la volonté de l’ennemi sans combattre». L’Iran n’a pas brisé l’Amérique, il a simplement montré qu’elle pouvait être contrainte. Et cela change tout.

La leçon dépasse l’Iran. Elle concerne tous les États qui observent le système international se transformer. La force n’y disparaît pas, elle change de rendement. Elle détruit encore, mais elle convainc moins, elle ouvre des fronts qu’elle ne referme pas.

Le second gagnant

Le second gagnant est Israël, l’initiateur de cette guerre. Vu de Jérusalem, le résultat stratégique de celle-ci est limpide. Israël n’a jamais recherché seulement des trêves. Il a recherché une architecture régionale dans laquelle son utilité sécuritaire deviendrait indispensable aux monarchies arabes et, pourquoi pas au-delà, à une partie du monde sunnite. Or les frappes iraniennes contre des sites du Golfe et l’incapacité du parapluie américain à garantir une invulnérabilité réelle produisent exactement cet effet.

Cette dynamique ne relève pas uniquement du calcul stratégique. Elle s’inscrit aussi dans une vision du monde où la menace iranienne est érigée en péril existentiel. Depuis des décennies, Benjamin Netanyahu porte cette lecture et n’a cessé d’en convaincre Washington, jusqu’à peser décisivement dans l’engagement américain. Cette vision trouve un écho puissant aux États-Unis auprès des milieux évangélistes, pour lesquels le destin d’Israël s’inscrit dans une lecture quasi prophétique de l’histoire.

Entre stratégie, croyance et projection, la guerre s’est aussi jouée dans cet espace où l’irrationalité se mêle à la conviction.

La nouveauté n’est donc pas seulement militaire, elle est psychologique. Pendant des années, les monarchies ont cru acheter la sécurité en important des armes, en finançant des partenariats occidentaux et en s’abritant sous la bannière américaine. Cette guerre leur révèle qu’on peut acheter des systèmes d’armement sophistiqués, mais on n’achète ni la décision politique de se battre jusqu’au bout pour vous, ni la certitude d’un ciel hermétique.

Entre la richesse et la sécurité, il y a un vide que les gros contrats d’armements et les investissements des recettes pétrolières des monarchies dans l’économie américaine ne comblent pas.

Israël, lui, vend moins une promesse qu’une compétence sur la défense antimissile, le renseignement, la guerre électronique, les frappes préventives, la profondeur stratégique partagée avec les monarchies. Dans le nouvel imaginaire sécuritaire de celles-ci, cela compte davantage que les déclarations solennelles de Washington.

Cette angoisse sécuritaire rencontre un vieux soubassement historique. Dans l’imaginaire politique du Golfe, la rivalité avec la puissance perse n’est jamais tout à fait dissociable de la vieille fracture entre univers chiite et monde sunnite – la guerre Iran/Irak en est un exemple.

Le premier perdant

Les États-Unis, eux, sortent de cette séquence comme le premier grand perdant. Ils ont perdu sur le terrain de la dissuasion. Une puissance dissuade lorsqu’elle persuade l’adversaire que résister est inutile. Or l’Iran a résisté. Il a encaissé, répliqué, tenu le verrou d’Ormuz et imposé la perspective d’une guerre longue, coûteuse, politiquement corrosive.

À partir de là, l’Amérique a cessé d’être une puissance qui impose pour redevenir une puissance qui menace puis négocie.

Le recours à une médiation extérieure, en l’occurrence pakistanaise, dit beaucoup. On n’est plus dans l’âge du commandement, on entre dans celui des transactions sous contrainte.

Les États-Unis ont perdu aussi sur le terrain du leadership. Cette guerre le montre avec force en rappelant la dévaluation ancienne de la parole américaine, de la rupture de tous les traités avec les nations amérindiennes aux retraits contemporains d’accords majeurs, qu’il s’agisse du traité sur les missiles antibalistiques, de l’accord nucléaire iranien, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, de l’accord de Paris ou d’autres encore.

Une puissance qui fait de l’engagement une option finit par transformer sa propre signature en instrument provisoire. Or une signature provisoire ne fonde aucun ordre international. Elle produit de la méfiance, puis de la distance, puis des stratégies de contournement. C’est ainsi que les empires cessent d’être des centres de gravité pour devenir des facteurs d’incertitude.

Aujourd’hui, l’Amérique populiste a accentué dans l’arrogance ce constat, elle ne structure plus l’ordre international, elle l’expose à l’aléa – devenant ainsi une puissance du désordre. Le leadership appartient à celui qui rétablit l’ordre et non le contraire.

Washington n’a pas seulement été incapable de rétablir à lui seul la liberté de navigation, demandant sans succès une aide des puissances alliées – on se rappelle des insultes proférées contre Macron après son refus d’envoyer la marine française dans le détroit d’Ormuz pour ne pas cautionner une guerre illégale.

Washington a dû également constater qu’au Conseil de sécurité, la volonté américaine ne suffisait plus, puisque la Russie et la Chine ont bloqué une résolution, tandis que d’autres acteurs se sont installés dans la médiation et la gestion de crise.

L’ordre international ne répond plus à une seule capitale. Il se fragmente autour de centres de décision concurrents.

À cela s’ajoute une défaite morale. Lorsqu’une grande puissance en vient à menacer l’anéantissement d’une civilisation, à banaliser l’idée de frapper des infrastructures civiles et à laisser prospérer une rhétorique d’éradication, elle détruit le socle de légitimité dont elle avait besoin pour se présenter comme gardienne d’un ordre mondial. La condamnation de ces menaces par des voix internationales de premier plan (à commencer par le Pape) a montré qu’une ligne rouge avait été franchie.

Une puissance qui prétend défendre le droit tout en parlant le langage de l’anéantissement ne fait plus peur seulement à ses ennemis. Elle inquiète le monde entier. Et ce que le monde a entendu du Président Trump, c’est la fin de l’Amérique comme référence éthique. Il ne reste plus qu’une superpuissance… imprévisible, et désormais dangereuse pour tous, y compris pour ses propres alliés.

Le second perdant

Les monarchies du Golfe, elles aussi, comptent parmi les perdants. Leur faiblesse n’est pas seulement militaire. Elle est structurelle. Elles ont découvert que des économies prospères, des infrastructures ultramodernes et des budgets de défense massifs ne suffisent pas à fabriquer une autonomie stratégique. Leurs ports, leurs installations énergétiques, leurs réseaux vitaux et jusqu’à leurs horizons urbains dépendent d’un environnement régional qu’elles ne contrôlent pas. Leur vulnérabilité n’est pas un accident de parcours. Elle tient à leur position même dans le système régional. Elles sont riches, mais exposées. Centrales pour les marchés, mais périphériques dans la décision stratégique. Redoutées pour leur influence financière, mais incapables d’imposer seules une dissuasion crédible à leurs frontières.

Les frappes ayant visé des infrastructures du Golfe (pétrolières, de dessalement d’eau de mer…)  l’ont rendu visible au grand jour. Sachant que le bombardement des installations nucléaires iraniennes par les Etats-Unis et Israël, pourra empoisonner tout le Golfe Persique avec des matériaux radioactifs. Cela mettrait instantanément hors service les usines de dessalement dans les monarchies qui fournissent 100 % de l’eau potable, même si ces usines peuvent éliminer les éléments radioactifs avec une efficacité de 90 %, mais les risques à long terme pour l’approvisionnement alimentaire (poissons) et les sédiments resteront radioactifs pendant au moins un siècle voire plus.

Les monarchies ne peuvent ni rompre avec Washington sans risque, ni continuer à s’en remettre exclusivement à lui sans naïveté. Elles ne peuvent pas davantage ignorer Israël, dès lors que la protection américaine a montré ses limites et que l’Iran s’est affirmé comme menace concrète pour leurs équilibres internes et leurs intérêts vitaux.

Ce que cette guerre installe, c’est moins une alliance sentimentale qu’une convergence de nécessité. Les monarchies du Golfe se rapprochent inexorablement d’Israël non parce qu’elles l’auraient soudainement souhaité, mais parce qu’elles ne peuvent plus penser leur sécurité comme avant.

La marge pour les monarchies est réduite, se soumettre à Israël ou à l’Iran qui était – pour sa survie – obligé de les bombarder.

Cette guerre leur a rappelé la loi implacable de l’histoire que la richesse sans puissance est une invitation au chantage. Et le chantage, Israël et l’Iran le maîtrisent à la perfection.

La fin du pouvoir d’organiser le monde

C’est pourquoi cette guerre marque un basculement. Le passage vers un ordre multipolaire est la traduction politique d’un ensemble de bouleversements déjà à l’œuvre comme la diffusion irréversible des capacités militaires de précision, la montée des puissances intermédiaires, l’érosion du leadership américain, le retour de la géographie contre les empires de projection, l’affaiblissement du monopole occidental sur les normes, la contestation croissante de la centralité du dollar, la fragmentation des chaînes logistiques.

La multipolarité ne signifie pas l’avènement d’un nouvel ordre stable. Elle signifie d’abord qu’aucune puissance ne peut plus convertir seule sa supériorité militaire en obéissance régionale durable. Elle signifie aussi que les médiations se diversifient, que les dépendances monétaires se relativisent, que les routes commerciales deviennent des instruments de négociation, et que la géographie reprend ses droits contre les empires de projection.

Aucune puissance, désormais, n’est assez forte pour organiser seule le monde. Plusieurs le sont assez pour empêcher les autres de l’organiser.

L’équilibre iranien-israélien au Moyen-Orient

Dans cette nouvelle configuration, un équilibre régional se dessine. D’un côté, l’Iran s’impose comme la puissance qui a opposé à l’hégémonie américaine une résistance suffisamment efficace pour imposer le respect de ses lignes rouges et porter à la table des discussions des exigences de non-agression, de compensation et de contrôle politique accru sur Ormuz. De l’autre, Israël consolide sa place comme pivot sécuritaire pour les monarchies du Golfe et, par extension, pour une partie du système sunnite.

Ce face-à-face n’est pas la paix. Mais c’est un équilibre. Or, dans l’histoire du Moyen-Orient, les équilibres comptent souvent davantage que les proclamations, parce que la stabilité n’y naît pas des discours, mais de l’acceptation contrainte, parfois tacite, d’un rapport de forces que nul ne peut abolir sans risquer l’embrasement général.

Paradoxalement, cet équilibre peut rouvrir l’espace d’un règlement de la question palestinienne. Non par générosité soudaine, mais par logique stratégique.

Les monarchies qui se rapprocheront davantage d’Israël auront besoin de présenter à leurs opinions publiques et au monde arabe un dividende politique, et aucun dividende n’est plus structurant que la perspective d’un règlement négocié de la question palestinienne. Car aucune architecture régionale ne sera durable si elle prétend intégrer Israël dans la sécurité du monde arabe tout en laissant en suspens la question qui structure depuis des décennies la conscience politique de la région.

Israël, de son côté, découvrira qu’une intégration régionale durable ne peut reposer sur la seule force militaire, surtout dans un environnement où la profondeur des menaces s’est élargie.

Quant à l’Iran, s’il veut convertir sa résilience en rang durable, il lui faudra montrer qu’il peut être autre chose qu’une puissance de perturbation, et que sa capacité d’empêchement peut aussi servir une stabilisation négociée.

Lorsque les rapports de force se clarifient, les guerres par procuration perdent une partie de leur utilité. Elles ne disparaissent pas par enchantement. Mais elles deviennent plus coûteuses politiquement pour des acteurs désormais contraints de composer dans un espace moins unipolaire, plus interdépendant, plus surveillé par les marchés, les opinions et les puissances rivales.

La vraie lecture de cette guerre est là. Elle ne consacre pas la toute-puissance d’un camp. Elle enterre une illusion. Celle d’une Amérique capable de punir sans limite, de protéger sans faille, de dicter les termes de l’ordre et de rester, malgré tout, le centre moral du système international. Cette illusion s’est brisée sur l’Iran. Et, dans le même mouvement, elle a rapproché Israël du cœur de la sécurité arabe.

Au terme de cette séquence, le bilan est net. L’Iran a gagné en statut et en respect. Israël a gagné en centralité stratégique. Les États-Unis ont perdu en dissuasion, en crédibilité et en autorité morale. Les monarchies du Golfe ont perdu leur dernière illusion d’invulnérabilité.

C’est ainsi que s’achèvent les cycles impériaux. Ils ne se ferment pas dans l’effacement de la puissance, mais dans son incapacité à produire de l’ordre. Les armes peuvent continuer de frapper, elles ne suffisent plus à convaincre, ni à soumettre, ni à stabiliser.

L’Amérique ne disparaît pas ; elle change de nature et glisse d’un centre organisateur vers une force de désordre qui dérègle ce qu’elle prétendait structurer. Car une puissance cesse de dominer lorsque se fissurent les garanties qui fondaient sa légitimité : la sécurité des routes maritimes, le respect du droit, la solidité de la parole donnée, la protection effective des alliés. À cet instant, elle ne façonne plus l’histoire ; elle y prend place, comme l’une de ces puissances qui ont perdu la capacité de l’organiser.

* Economiste, banquier et financier.

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Iran – Etats-Unis | L’improbable pari de la paix en 14 jours

L’offre iranienne des «10 points» comme socle d’une nouvelle architecture de paix, assortie d’un moratoire de deux semaines, ne constitue pas une simple trêve technique, mais une invitation à sortir de la répétition tragique pour entrer dans une grammaire du réel. Mais la négociation d’une paix acceptable par les deux parties risque d’être longue, ardue et improbable, avec des reprises des agressions mutuelles, dont nous avons déjà eu un avant-goût hier, mercredi 8 avril 2026, avec des raids américains contre l’Iran, iraniens contre les pays du Golfe et israéliens contre le Liban.

Mahjoub Lotfi Belhedi *

Ces quatorze jours ne sont pas un délai de grâce, mais un laboratoire de la confiance, autrement dit, c’est le passage du temps destructeur (Chronos) au temps de l’opportunité saisie (Kairos) où l’Iran propose de suspendre le fracas pour laisser place au silence, un silence qui oblige les USA à écouter l’écho de leur propre politique étrangère, surtout que la guerre qu’ils ont déclenchée contre l’Iran est loin de faire l’unanimité à l’extérieur comme à l’intérieur, y compris dans le camp du président Donald Trump. 

Nous sommes donc en présence d’un test de volonté : qui, de Washington ou de Téhéran, est capable de supporter le poids de la paix qui aurait, pour l’un comme pour l’autre, un goût de défaite acceptée ou d’une victoire couteuse au goût amer ?

Un décalogue de souveraineté

Les dix points présentés par l’Iran se veulent comme les piliers d’un temple dont le toit serait la stabilité régionale. Ils ne sont pas négociables, en tout cas de son point de vue, puisqu’ils touchent à l’ontologie même de l’État iranien et du peuple perse :

– la reconnaissance mutuelle : passer du statut de «menace» à celui d’«interlocuteur légitime» ;

– le désenclavement économique : la levée des sanctions n’est plus vue comme une faveur, mais comme la réparation d’un droit naturel au commerce ;

– la sécurité globale : l’offre suggère que la sécurité de l’un ne peut plus se construire sur l’insécurité de l’autre, donc, en d’autres termes, la reconnaissance par les Etats-Unis du droit de l’Iran de disposer des outils nécessaires à sa défense.

En posant ces jalons, l’Iran place les États-Unis face à leur propre paradoxe. Si Washington refuse, il valide l’image de l’hégémon belliqueux, et s’il accepte, il admet l’échec de la guerre qu’il a menée contre l’Iran et la fin de l’unilatéralisme, un second échec s’il en est, puisque cela annoncera le début de la fin de l’Empire américain né au lendemain de la seconde guerre mondiale.

La réponse de l’Empire

La profondeur de cette offre réside dans sa capacité à transformer le rapport de force en un rapport de responsabilité où Téhéran ne demande pas la reddition, mais la cohabitation des puissances, en s’imposant lui-même comme un interlocuteur incontournable.

Cette proposition est la fondation d’un édifice où chaque pierre est un engagement vérifiable marquant la fin de la diplomatie des coulisses pour celle de la clarté solaire.

En 10 points, l’Iran cherche à dessiner une nouvelle carte où les frontières ne sont plus des lignes de front, mais des zones de contact.

In fine, lire l’offre iranienne, c’est comprendre que la paix est un acte de courage supérieur à la guerre. Ces deux semaines sont le seuil d’un monde post-sanction, post-confrontation, un appel à passer de l’ère du soupçon à celle des compromis – ou des deals, un mot cher à Donald Trump, et que le cessez-le-feu n’est pas la fin du conflit, mais plutôt le début de la vérité.

On peut toujours rêver… Mais sans se des illusions sur les intentions des uns et des autres, qui continueront de se regarder comme deux chiens de faïence, en attendant la prochaine confrontation.

* Ceo d’un cabinet spécialisé en transformation IA.

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Malgré le cessez-le-feu, le marché pétrolier reste sous tension

Le retour à la normale sur le marché pétrolier mondial s’annonce long et incertain après la plus grave perturbation de son histoire récente. Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran, les prix restent élevés et les tensions persistantes sur l’approvisionnement, notamment dans les pays fortement importateurs.

Un point essentiel à surveiller après l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est de savoir s’il offrira aux propriétaires de pétroliers une sécurité suffisante pour reprendre le transport à grande échelle de pétrole, de produits pétroliers et d’autres marchandises à travers le détroit d’Ormuz.

« Les mesures visant à rétablir la confiance dans les prochains jours seront essentielles pour relancer les transports », a déclaré Joseph Brusuelas, économiste en chef du cabinet de services financiers et de conseil RSM US, dans une interview, selon Axios. Il souligne qu’il faudra réintroduire l’assurance pour les pétroliers, ce qui implique de définir les conditions spécifiques que l’Iran peut imposer, lesquelles restent actuellement floues.

Pour les experts, la confiance des marchés sera déterminante. Elle passe notamment par le rétablissement des assurances pour les pétroliers, suspendues en raison des risques sécuritaires. Or, les conditions imposées par Téhéran restent floues. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a évoqué une reprise possible du transit dans les deux semaines, sous coordination militaire et sous certaines « limitations techniques » encore imprécises.

Même dans ce scénario, un retour rapide à la normale paraît peu probable. La remise en service des infrastructures pétrolières et des champs de production pourrait prendre plusieurs semaines, voire des mois. De nombreux sites ont en effet été endommagés pendant le conflit, ralentissant la reprise de l’offre.

Le secteur gazier n’est pas épargné. Au Qatar, des installations d’exportation de gaz naturel liquéfié ont été touchées, avec des réparations qui pourraient s’étendre sur plusieurs années.

Si les marchés ont réagi positivement à la trêve – avec une chute d’environ 18 % des prix du brut après l’annonce et le recul des menaces militaires de Donald Trump – les cours restent nettement au-dessus de leurs niveaux d’avant-crise.

Les analystes s’accordent à dire que les prix devraient rester durablement élevés, même si le pic d’incertitude semble avoir été atteint. Une reprise des hostilités demeure toutefois un risque majeur.

Dans ce contexte, les pays asiatiques, très dépendants du détroit d’Ormuz, ont déjà mis en place des mesures d’urgence pour limiter leur consommation énergétique. Et même en cas de reprise des flux, les délais logistiques impliquent que les livraisons mettront plusieurs jours, voire semaines, à se normaliser.

Dans une note publiée mardi soir, les analystes de la banque d’investissement et société de gestion d’actifs Jefferies ont averti que, même si une résurgence du conflit est probable, entraînant de nouvelles perturbations énergétiques et une hausse des prix, « l’incertitude a probablement atteint son apogée ».

Ils prévoient que « les prix du pétrole resteront probablement supérieurs aux niveaux d’avant-guerre pendant des mois, mais avec un risque de hausse limité à partir de maintenant ».

Aux États-Unis, les consommateurs continuent d’en ressentir les effets : le prix moyen de l’essence atteint 4,14 dollars le gallon, un plus haut depuis 2022. Une légère baisse est attendue à court terme, mais sans véritable retour à la normale.

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Guerre en Iran : l’urée flambe de 54 % et menace l’équilibre alimentaire mondial

La fermeture du détroit d’Ormuz, sur fond de conflit entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël, provoque un choc mondial sur les marchés des engrais. En l’espace de deux mois, le prix de l’urée a bondi de 54 %, atteignant 726 dollars la tonne, un niveau inédit depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022.

Selon les données de la Banque mondiale publiées le 7 avril, cette hausse spectaculaire s’explique d’abord par la paralysie des flux commerciaux en provenance du Moyen-Orient. Les pays du Golfe – en particulier le Qatar, l’Arabie saoudite et Oman – figurent parmi les principaux exportateurs mondiaux d’engrais azotés. Or, les perturbations logistiques et les attaques ayant visé certaines installations ont fortement réduit les capacités d’exportation.

La région joue un rôle stratégique central : elle assure entre 30 % et 35 % des exportations mondiales d’urée et près de 30 % de celles d’ammoniac, selon la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). À cela s’ajoute une autre contrainte majeure : la flambée des prix du gaz naturel, matière première essentielle à la production d’engrais…

Lire aussi : La crise au Moyen-Orient fait flamber les prix des engrais

La crise ne se limite pas aux engrais azotés. Les engrais phosphatés sont également touchés, en raison des tensions sur le soufre — un sous-produit du pétrole et du gaz, dont près de la moitié du commerce mondial transite par le détroit d’Ormuz.

Résultat : les prix du phosphate et du DAP poursuivent leur hausse, dans un marché déjà fragilisé par les restrictions à l’exportation imposées par la Chine.

Répercussions sur les marchés agricoles

Contrairement au pétrole, le marché des engrais ne dispose pas de mécanismes de réserve stratégique à l’échelle mondiale. Cette absence de filet de sécurité limite la capacité de réaction face à un choc d’approvisionnement de cette ampleur.

Les répercussions se font déjà sentir sur les marchés agricoles. Les prix du blé ont progressé de 7 % en mars. Tandis que les huiles végétales, tirées par la demande en biocarburants, enregistrent également de fortes hausses. L’huile de soja ayant grimpé de 16 % sur un mois. À ces tensions s’ajoutent des conditions climatiques défavorables dans certaines régions productrices, notamment aux États-Unis.

À l’approche des semis de printemps dans l’hémisphère Nord, les inquiétudes s’intensifient. Dans les pays en développement, où les engrais représentent une part importante des coûts agricoles – jusqu’à 56 % en Afrique de l’Ouest par exemple -, la hausse des prix pourrait contraindre les agriculteurs à réduire les surfaces cultivées.

Face à cette menace, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelle à une réouverture rapide du détroit d’Ormuz afin de sécuriser les flux commerciaux et éviter une aggravation de la crise alimentaire mondiale.

D’autant que les alternatives restent limitées. À la différence du marché des céréales, qui avait fini par s’ajuster après le choc russo-ukrainien, la production d’engrais repose sur des ressources fortement concentrées géographiquement. Si les tensions persistent, la combinaison de prix élevés de l’énergie et des intrants agricoles pourrait peser durablement sur la production mondiale et raviver le spectre de pénuries alimentaires.

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L’ONU salue la trêve Iran-USA de deux semaines

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a insisté sur l’urgence absolue de cesser les hostilités pour protéger les civils et soulager les souffrances humanitaires, via un communiqué des Nations Unies. 

Antonio Guterres remercie le Pakistan pour son rôle clé dans la médiation, saluant les efforts des pays engagés pour obtenir ce cessez-le-feu. Le communiqué précise que l’envoyé personnel Jean Arnault est sur place pour soutenir les initiatives vers une paix globale.

Toujours selon le communiqué, la semaine dernière, Antonio Guterres avait mis en garde contre un conflit régional dévastateur aux répercussions mondiales déjà palpables. Jeudi dernier, il déclarait aux journalistes : « Les conflits ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes. Ils cessent quand les dirigeants choisissent le dialogue plutôt que la destruction. Ce choix reste possible, et il faut l’exercer maintenant. »

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Le pétrole glisse sous la barre des 100 dollars

Le prix du pétrole est tombé sous la barre des 100 dollars le baril mercredi 8 avril après l’annonce par Trump d’un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran.

Le revirement de Trump est intervenu peu avant l’ultimatum qu’il avait fixé à l’Iran pour qu’il ouvre le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, sous peine de subir des attaques généralisées contre ses infrastructures civiles…

Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate a chuté de 11 % pour atteindre un peu plus de 100 dollars le baril après que Trump a accepté un cessez-le-feu quelques heures seulement avant l’échéance fixée par l’Iran pour parvenir à un accord de paix, soit mardi à 20 heures, heure de New York.

Pour sa part, le Brent a chuté de 14,84 $, soit 13,6 %, à 94,43 $ le baril et le WTI a glissé de 16,13 $, soit 14,3 %, à 96,82 $ le baril à 00h23 GMT.

Dans un message publié sur Truth Social, Trump a déclaré : « J’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pendant deux semaines ». Tout en ajoutant que cette décision était « conditionnée à l’accord de la République islamique d’Iran pour l’ouverture complète, immédiate et sûre du détroit d’Ormuz ».

Le répit iranien qui rassure les marchés asiatiques…

Les marchés asiatiques ont fortement progressé après l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire entre l’Iran et les États-Unis, signe du soulagement des investisseurs face à un risque géopolitique majeur. Cette détente a notamment apaisé les craintes liées à une perturbation des flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’énergie.

Cependant, cet optimisme reste mesuré. La trêve, limitée dans le temps, ne règle pas les tensions de fond et laisse planer des incertitudes sur la suite des négociations. Les marchés demeurent ainsi sensibles à toute évolution diplomatique, oscillant entre espoir d’apaisement durable et crainte d’un regain de tensions.

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USA-Iran : une trêve précaire autour du détroit d’Ormuz

Une trêve fragile de deux semaines entre Washington et Téhéran, obtenue juste avant une possible escalade militaire. L’Iran avance un plan de paix très exigeant, centré sur la levée des sanctions, le retrait américain de la région et la reconnaissance de ses marges de contrôle sur le détroit d’Ormuz. Ces demandes semblent difficiles à accepter pour les États-Unis, mais elles ouvrent une phase de négociation, avec le Pakistan comme médiateur principal et la Chine en appui discret.

Sur le fond, le point le plus sensible reste le détroit d’Ormuz, car il touche directement à la sécurité énergétique mondiale. La suite dépendra de la réaction de Donald Trump, de la position d’Israël et de la capacité des médiateurs à transformer ce cessez-le-feu temporaire en accord durable.

Rappelons que la veille, les tensions USA-Iran ont explosé autour du détroit d’Ormuz, avec un ultimatum américain imminent, des frappes israéliennes massives sur des sites iraniens et des ripostes promises par Téhéran contre infrastructures américaines et alliées. Objectif iranien : perturber durablement les flux pétroliers et gaziers.

Pour sa part, Donald Trump a franchi les limites sur Truth Social, évoquant l’« éradication d’une civilisation entière » ou la destruction du pays « en une nuit ». Ces propos virulents ont provoqué un séisme politique : des élus US discutent du 25ᵉ amendement pour déclarer le président inapte.

De son côté, Téhéran a durci le ton, qualifiant les menaces d’« arrogantes » et mobilisant sa population. Tandis qu’Israël a bombardé des dizaines de cibles iraniennes.

Et c’est dans ce contexte que le Pakistan propose une prolongation de deux semaines de l’ultimatum et d’un cessez-le-feu examiné par la Maison-Blanche. L’ONU alerte sur des crimes de guerre potentiels.

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Moyen-Orient : pause stratégique avant une nouvelle escalade ?

Une respiration fragile s’installe dans une région à bout de tension. En acceptant une trêve de deux semaines sous médiation pakistanaise, Téhéran entrouvre la porte à un dialogue avec Washington, sans pour autant renoncer à ses lignes rouges. Derrière l’annonce, les ambiguïtés demeurent : champ d’application incertain du cessez-le-feu, exclusion possible de certains fronts et affirmation renouvelée du rôle stratégique iranien dans le détroit d’Ormuz. Plus qu’un apaisement, cette séquence esquisse une recomposition prudente des rapports de force, où la diplomatie avance à pas comptés.

L’Iran a accepté une proposition de cessez-le-feu de deux semaines soumise par le Pakistan, selon plusieurs médias, dont le New York Times, citant des sources iraniennes. La proposition aurait été approuvée par le Guide suprême Mojtaba Khamenei.

Par ailleurs, Reuters rapporte que le Conseil suprême de sécurité iranien a annoncé que des négociations avec les États-Unis débuteraient le vendredi 10 avril à Islamabad. Ces négociations font suite à la soumission par Téhéran d’une proposition en dix points à Washington, via le Pakistan, ont indiqué les médias iraniens, précisant que ces pourparlers ne signifient pas la fin de la guerre…

« Le passage sûr à travers le détroit d’Ormuz sera possible »

Dans un communiqué, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien souligne également que le plan en 10 points de l’Iran « met l’accent sur des questions fondamentales » telles que « le passage par le détroit d’Ormuz sous la coordination des forces armées iraniennes ». Cela conférera à l’Iran une « position économique et géopolitique unique », indique le communiqué, comme l’a rapporté CNN.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a déclaré que pendant ces deux semaines, le passage en toute sécurité à travers le détroit « sera possible grâce à la coordination avec les forces armées iraniennes et en tenant compte des limitations techniques et qu’il cesserait ses attaques dans le Golfe et contre Israël une fois les frappes contre l’Iran terminées ».

Le cessez-le-feu n’inclura pas le Liban, selon les médias israéliens

Il règne cependant une certaine confusion quant à savoir si le cessez-le-feu inclura les attaques israéliennes contre le Liban. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que son pays soutenait la décision de Trump de suspendre les attaques contre l’Iran pendant deux semaines, mais a précisé que le cessez-le-feu n’incluait pas le Liban, rapportent les médias israéliens mercredi… Le site d’information israélien Ynet avait pourtant indiqué que le cessez-le-feu inclurait le Liban.

Faisant suite à l’annonce d’une suspension des hostilités de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, en Irak, une organisation regroupant des factions armées soutenues par l’Iran, a annoncé dans un communiqué la suspension de ses opérations en Irak et dans toute la région pour une durée de deux semaines.

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La guerre ferait-elle de l’Iran la quatrième puissance mondiale ?

Jusqu’à récemment, la République islamique d’Iran était une puissance régionale mais Robert A. Pape, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, estime que la guerre que lui livrent depuis plus d’un mois les Etats-Unis et Israël est en train d’en faire la quatrième puissance mondiale non pas par un quelconque poids économique ou militaire comme c’est le cas pour les États-Unis, la Chine et la Russie mais par son énorme capacité à impacter le monde entier, notamment sur les plans énergétique et économique, et par ricochet politiquement. 

Imed Bahri

Dans une analyse publiée dans le New York Times, Pape considère que la guerre menée par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu contre l’Iran a transformé ce pays en une puissance mondiale majeure. 

Le politologue américain remet en question la vision géopolitique dominante de ces dernières années qui supposait que l’ordre mondial évoluait vers trois pôles de puissance : les États-Unis, la Chine et la Russie. Cette vision partait du principe que la puissance découle principalement de la taille économique et des capacités militaires, une hypothèse désormais obsolète.

Un quatrième pôle de puissance

Un quatrième pôle de puissance mondiale émerge rapidement : l’Iran. Bien que ce pays ne possède pas la même force militaire et économique que les trois autres, sa puissance nouvelle provient de son contrôle de la voie maritime la plus importante pour l’énergie dans l’économie mondiale : le détroit d’Ormuz.

Ce détroit est depuis longtemps une voie navigable internationale, empruntée par des navires de toutes les nations. Cependant, la guerre lancée cette année par les États-Unis et Israël contre l’Iran a contraint ce dernier à imposer un blocus militaire sélectif du détroit. Environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié transitent par le détroit d’Ormuz et aucune alternative viable à ces chaînes d’approvisionnement n’est envisageable à court terme. Si le contrôle iranien du détroit d’Ormuz se prolonge pendant des mois, voire des années, il bouleversera profondément l’ordre mondial au détriment des États-Unis.

Cependant, de nombreux analystes considèrent le contrôle iranien du détroit d’Ormuz comme temporaire. Beaucoup s’attendent à ce que la marine américaine et ses alliés stabilisent rapidement la situation et que les flux pétroliers reprennent leur cours normal.

Cependant, Pape soutient que ces prévisions sont erronées et malavisées. Elles reposent sur l’hypothèse que l’Iran fermerait complètement le détroit pour le contrôler efficacement. Or, le détroit peut être contrôlé sans être fermé. Aujourd’hui, il reste ouvert aux pétroliers même si le trafic maritime a diminué de plus de 90% depuis le début du conflit non pas parce que l’Iran coulait systématiquement tous les navires entrant dans le détroit mais parce que les compagnies d’assurance, confrontées à la menace bien réelle d’une attaque, ont retiré ou revu à la baisse leurs couvertures contre les risques de guerre. Par conséquent, cibler un cargo tous les quelques jours suffirait à rendre le risque inacceptable.

Des marchés plus prudents et plus volatils

Les économies modernes ont besoin non seulement de pétrole, mais aussi d’un approvisionnement régulier, en grande quantité et assorti de risques prévisibles.

Lorsque cette stabilité s’effondre, les marchés de l’assurance deviennent plus volatils et restrictifs, les tarifs du transport maritime augmentent et les gouvernements commencent à considérer la sécurité énergétique comme un enjeu stratégique complexe et non plus comme une simple transaction commerciale.

Comme le souligne Pape, le problème des États-Unis aujourd’hui réside dans le déséquilibre des pouvoirs. Protéger chaque pétrolier transitant par le détroit d’Ormuz contre d’éventuelles attaques, telles que des mines, des drones et des frappes de missiles, est une opération constante qui exige une présence militaire permanente. L’Iran, en revanche, n’a besoin que de frapper un pétrolier occasionnellement pour compromettre la fiabilité des approvisionnements mondiaux en pétrole.

Le président français Emmanuel Macron a fait écho à ce sentiment en déclarant que la réouverture par la force du détroit d’Ormuz était «irréaliste» et que «cela ne peut se faire qu’en coordination avec l’Iran». Il reconnaissait implicitement que l’approvisionnement en pétrole ne pouvait être garanti sans le consentement de l’Iran.

Pape soutient que, pendant des décennies, le Golfe arabique a bénéficié d’un système simple : les producteurs de pétrole exportent, les marchés fixent les prix et les États-Unis sécurisent la voie maritime. Ce système permettait la concurrence sans déstabiliser la région. Or, il est aujourd’hui en train de s’effondrer.

Les États du Golfe dépendent fortement des exportations d’énergie qui constituent leur principale source de revenus. Lorsque les primes d’assurance augmentent et que le transport maritime devient incertain, l’impact financier est immédiat. Les gouvernements s’adaptent, les routes maritimes sont modifiées et les contrats sont renégociés.

Par conséquent, si cette incertitude persiste, la situation dans le Golfe changera inévitablement, remplaçant l’ancien système par un nouvel ordre régional. Dans ce nouvel ordre, les États du Golfe s’aligneront de plus en plus sur l’acteur qui exerce la plus grande influence directe sur la fiabilité de leurs exportations, actuellement l’Iran.

Le politologue américain estime que les répercussions de ce nouvel ordre seront les plus marquées en Asie. Le Japon, la Corée du Sud et l’Inde sont fortement dépendants de l’énergie provenant du Golfe, tandis que la Chine, malgré la diversification de ses sources d’énergie, dépend également de cette région pour une part importante de ses importations énergétiques. Ces dépendances sont ancrées dans des infrastructures telles que les raffineries de pétrole, les lignes maritimes et les systèmes de stockage qui ne peuvent être rapidement reconfigurées.

Si les perturbations de l’approvisionnement énergétique persistent, les conséquences seront considérables. La hausse des coûts d’assurance et de transport entraînera une augmentation des prix, aggravera les déséquilibres commerciaux, affaiblira les monnaies et alimentera l’inflation. La dépendance énergétique commencera à influencer les politiques publiques, les gouvernements privilégiant la sécurité énergétique à un moment où les options diplomatiques se raréfient et où les actions susceptibles de déstabiliser davantage le pays deviendront de plus en plus difficiles à maintenir.

Un basculement mondial vers l’Est  

Le monde des années 1970, où les chocs pétroliers ont engendré des années de stagflation, ne sera plus un lointain souvenir, mais une réalité. Et une fois de plus, l’Iran a tout à gagner. La Chine dépend de l’énergie du Golfe pour alimenter sa croissance, la Russie profite de prix de l’énergie élevés et volatils et l’Iran tire profit de sa position stratégique dans le détroit d’Ormuz.

Robert A. Pape affirme que ces trois pays ont des motivations qui entrent en conflit avec la stabilité économique des États-Unis et de leurs alliés. Ils n’ont pas besoin de se coordonner formellement mais la structure même du système les pousse dans la même direction. Ainsi, un nouvel ordre mondial émerge, non pas par le biais d’une alliance formelle, du moins initialement, mais par une convergence d’incitations qui se renforcent mutuellement au fil du temps.

Pape a également évoqué d’autres scénarios, plus alarmistes, qui pourraient découler de ce nouvel ordre mondial naissant. L’un d’eux est celui où l’Iran contrôlerait environ 20% de la production mondiale de pétrole, la Russie environ 11%, et la Chine serait capable d’en absorber une part importante. Ces pays formeraient un cartel, privant de fait l’Occident de 30% du pétrole mondial. Dès lors, une analyse simple suffit à saisir les conséquences catastrophiques, telles qu’un déclin brutal de l’influence des États-Unis et de l’Europe, et un basculement mondial vers la Chine, la Russie et l’Iran.

Pour le politologue américain, les États-Unis sont confrontés à un choix difficile : soit s’engager dans un effort de longue haleine pour réaffirmer leur contrôle sur le détroit d’Ormuz, soit accepter un nouvel arrangement énergétique mondial qui ne garantit pas leur domination.

Si les États-Unis choisissent cette dernière option, l’issue est claire : l’ordre international sera restructuré et l’Iran deviendra le quatrième centre de puissance mondiale. S’ils choisissent de réaffirmer leur domination militaire, ils s’engageront dans un conflit prolongé qu’ils risquent de perdre.

Une guerre contre l’Iran n’est plus simplement une lutte militaire et politique dont les États-Unis pourraient facilement se retirer pour revenir au statu quo ante. L’Iran exigera sans aucun doute un prix élevé dans tout nouvel accord avec les États-Unis mais ce prix sera certainement inférieur à celui d’un avenir différent.

Pape estime que nous sommes confrontés à une guerre transformatrice et que, si ces changements se poursuivent encore quelques années, l’ordre mondial sera irrévocablement bouleversé.

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Après Gaza, l’Iran | Une barbarie high-tech

La tentation est grande de voir dans les déclarations de Donald Trump une simple outrance de plus, une stratégie rhétorique destinée à galvaniser des foules inquiètes. Mais ce serait une erreur de s’en tenir à cette lecture superficielle. Car derrière la prophétie apocalyptique affleure une vision du monde profondément régressive : celle d’un retour fantasmé à une conflictualité primitive, où la technologie la plus avancée coexiste avec une pensée politique d’un autre âge.

Abdelhamid Larguèche *

Nous vivons un paradoxe historique d’une intensité rare. Jamais l’humanité n’a disposé d’outils aussi puissants : intelligence artificielle, surveillance satellitaire, biotechnologies, réseaux numériques globaux. Et pourtant, jamais le discours public n’a semblé aussi appauvri, aussi obsédé par des schémas simplistes opposant un «nous» à un «eux».

Cette contradiction n’est pas accidentelle ; elle constitue le cœur de la crise contemporaine.

La résurgence implicite des thèses du Samuel Huntington sur le «choc des civilisations» témoigne de cette régression intellectuelle. Comme si, face à la complexité du monde globalisé, certains responsables politiques choisissaient délibérément la paresse conceptuelle.

Sous les écrans, le désert humain

Réduire les tensions géopolitiques à des affrontements culturels ou civilisationnels, c’est renoncer à comprendre les dynamiques économiques, sociales et historiques qui les produisent. C’est aussi préparer les esprits à l’inéluctabilité du conflit.

Mais le plus inquiétant n’est pas là. Il réside dans cette dissociation croissante entre puissance technique et pauvreté morale. Nous sommes capables de simuler le climat, de manipuler le vivant, d’automatiser la décision militaire — et dans le même temps, incapables de produire un langage politique à la hauteur de ces responsabilités. Le progrès technologique n’a pas été accompagné d’un progrès éthique ; il l’a même parfois court-circuité.

L’apocalypse est désormais pensable parce qu’elle est devenue potentiellement possible.

Ce déséquilibre donne naissance à une forme inédite de barbarie : une barbarie high-tech. Elle ne se manifeste pas par l’absence de civilisation, mais par sa caricature. Elle ne détruit pas les infrastructures ; elle vide de sens les valeurs qui les justifient.

Dans ce monde redevenu sauvage, la rationalité devient instrumentale, réduite à l’efficacité, tandis que l’humanité — entendue comme capacité d’empathie, de nuance, de dialogue — est reléguée au second plan.

Le progrès sans pensée ou l’érosion du sens

Il n’est pas anodin que ce type de discours prospère dans un contexte de saturation informationnelle. Plus les sociétés sont connectées, plus elles semblent vulnérables aux récits simplificateurs. L’algorithme privilégie l’émotion sur la complexité, la peur sur l’analyse. Et le politique, loin de résister à cette logique, y succombe et l’exploite.

On pourrait croire que nous avançons vers le futur ; en réalité, nous risquons de tourner en rond, prisonniers d’une boucle où la sophistication des moyens masque la pauvreté des fins. L’âge de pierre n’est pas derrière nous : il est devant, sous une forme paradoxale, équipé de drones, de serveurs et de réseaux.

Face à cela, la véritable résistance ne consiste pas seulement à dénoncer les excès d’un leader ou d’un discours. Elle exige une réhabilitation exigeante de la pensée critique, une réinscription du politique dans l’éthique, et surtout, une reconquête du langage. Car c’est dans les mots que se prépare le réel. Et lorsque les mots deviennent pauvres, le monde ne tarde pas à le devenir aussi.

Ce n’est donc pas l’apocalypse qui menace, mais pire encore : une lente érosion du sens, où une humanité suréquipée technologiquement pourrait bien oublier pourquoi elle existe.

* Historien.

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Guerre en Iran | Dérives et menaces de Trump au mépris du droit international

Le ton monte encore d’un cran entre Washington et Téhéran après l’ultimatum glacial fixé par Donald Trump à l’Iran : «Une civilisation entière va mourir », a-t-il cru menacer.

Face au blocage stratégique du détroit d’Ormuz, Trump a lancé que l’Iran pourrait être « détruit en une seule nuit » et a affirmé être prêt à cibler des infrastructures vitales, notamment les ponts et les centrales énergétiques.

Le président américain a balayé les critiques internationales concernant d’éventuels crimes de guerre, en indiquant ne pas « s’inquiéter » de la destruction d’infrastructures à usage civil !

En réaction, l’armée iranienne a qualifié les menaces de Trump de « rhétorique arrogante » et les autorités iraniennes ont choisi de faire la sourde oreille, tout en activant leurs leviers diplomatiques, notamment via le orte-parole de l’armée qui a déclaré que « ces menaces n’auraient pas d’effet sur les opérations en cours» .

Par ailleurs, à l’ONU l’ambassadeur Amir Saeid Iravani a saisi Antonio Guterres, avertissant que « le silence de la communauté internationale face à ces violations flagrantes nuit gravement à l’intégrité du droit international et pourrait aussi avoir des conséquences sur toute la région ».

Y. N.

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Guerre au Moyen-Orient : le monde entre dans un « avril noir », avertit l’AIE 

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, estime, dans une interview accordée au quotidien français Le Figaro, que le monde entre dans un « avril noir ». La crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient étant la pire que le monde ait jamais connue. Cependant, elle accélérerait à terme le développement des énergies renouvelables et nucléaires.

Depuis le début des attaques américano-israéliennes le 28 février, l’Iran a effectivement fermé le détroit d’Ormuz, voie maritime vitale pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié.

En effet, le monde n’a jamais connu de perturbation de cette ampleur dans l’approvisionnement énergétique », déclare encore M. Birol. « La crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies », ajoute-t-il. Tout en poursuivant : « Cette guerre perturbe l’une des artères de l’économie mondiale. Non seulement le pétrole et le gaz, mais aussi les engrais, les produits pétrochimiques, l’hélium et bien d’autres choses encore. »

Il explique : « Si le détroit d’Ormuz reste fermé tout au long du mois d’avril, nous perdrons deux fois plus de pétrole brut et de produits raffinés qu’en mars. 75 infrastructures énergétiques ont été attaquées et endommagées; tandis que plus d’un tiers d’entre elles ont été gravement ou très gravement endommagées. »

Pourtant, M. Birol reste par ailleurs optimiste, faisant valoir qu’« il y a aussi des raisons d’être optimiste, étant donné que la structure du système énergétique mondial va changer » dans les années à venir… « C’est le cas des sources d’énergie renouvelables, comme l’énergie solaire et éolienne, qui peuvent être installées très rapidement. On assistera à une transition rapide vers les énergies renouvelables d’ici quelques mois. »

En outre, « la crise devrait relancer le développement de l’énergie nucléaire, notamment des petits réacteurs modulaires ». Alors que certains pays pourront compter sur des capacités supplémentaires grâce à l’allongement de la durée de vie des centrales existantes. Il s’est également dit convaincu que « les véhicules électriques connaîtront un essor ».

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