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Enquête sur la mort d’une femme médecin à Bizerte

Le parquet de Bizerte a autorisé le transfert du corps d’une femme médecin d’une quarantaine d’années pour autopsie au service médico-légal de l’hôpital universitaire Habib Bougatfa afin de déterminer les causes de son décès, après sa découverte sans vie à son domicile.

Les forces de sécurité ont été chargées d’enquêter pour faire la lumière sur les circonstances de la mort, rapporte Mosaique FM, en citant une source policière.

I. B.

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L’huile d’olive tunisienne fait son entrée au Brésil

L’huile d’olive tunisienne fait son entrée au Brésil, un marché qualifié de prometteur et stratégique, avec la participation de quatre marques nationales de premier plan au salon Anuga Select Brazil à São Paulo, qui s’est tenu du 6 au 9 avril 2026.

Cette participation, organisée par la Chambre de commerce arabo-brésilienne, s’inscrit dans le cadre d’un plan tunisien visant à faciliter l’accès des produits alimentaires tunisiens aux marchés latino-américains et à sécuriser des circuits de distribution directe au sein du vaste secteur de la grande distribution brésilien.

Le conseiller Hassen Saadani, chef du Bureau commercial et consulaire tunisien à São Paulo, a annoncé l’arrivée des premiers chargements d’huile d’olive tunisienne au Brésil, coïncidant avec le salon et marquant le lancement officiel des exportations vers ce marché.

Cap sur l’Amérique Latine

M. Saadani a souligné que l’huile d’olive tunisienne n’est pas seulement un produit agricole, mais bien «une histoire, une culture et un pont économique» reliant la Tunisie au monde. La présence de quatre marques tunisiennes au salon témoigne de la confiance dans la qualité de l’huile d’olive tunisienne et sa compétitivité à l’échelle mondiale, a-t-il souligné.

Les entreprises tunisiennes participantes souhaitent tirer parti de la plateforme Anuga pour mettre en valeur les qualités de l’huile d’olive tunisienne, considérée comme l’une des meilleures au monde. Leur objectif est de consolider leurs marques en développant une identité forte pour les produits tunisiens auprès des consommateurs brésiliens, et d’élargir leur clientèle grâce à l’accès aux circuits de distribution de taille moyenne et petite ainsi qu’aux grandes surfaces. Elles cherchent également à comprendre la culture des consommateurs en adaptant leurs emballages et leurs méthodes marketing aux spécificités du marché brésilien.

De son côté, William Adib Dib, président de la Chambre de commerce arabo-brésilienne, a déclaré que l’intérêt pour les produits arabes, et notamment tunisiens, est en constante augmentation. L’excellente réputation de ces produits ouvre d’importantes perspectives pour la conclusion d’accords commerciaux majeurs, contribuant ainsi à renforcer la balance commerciale, a-t-il souligné.

Exemption douanière totale

Le salon Anuga Select Brazil est une plateforme essentielle pour les exportateurs tunisiens souhaitant diversifier leurs débouchés au-delà des marchés traditionnels et tirer parti de la demande mondiale croissante d’huile d’olive de haute qualité, un produit qui fait la renommée de la Tunisie.

Il convient de noter que le gouvernement brésilien a accordé une exemption douanière totale pour les importations d’huile d’olive vierge extra tunisienne.

Cette décision est entrée en vigueur le 14 mars 2025, entraînant la suppression totale des droits de douane, ramenés de 9 % à 0 %. L’exemption concerne principalement l’huile d’olive vierge extra.

D’après Tap.

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Espérance vs Sundowns l La valeur des deux clubs 

La demi-finale très attendue de la Ligue des champions de la CAF 2025-2026 opposera l’Espérance de Tunis aux Mamelodi Sundowns. Le match aller aura lieu ce dimanche 12 avril à 20h00 locale au stade Hammadi Agrebi de Radès, tandis que le match retour se déroulera le samedi 18 avril à 14h00 heure de Tunis au stade Loftus Versfeld. Quelle est la valeur marchande des deux équipes sur le marché ?

Valeur marchande de l’Espérance de Tunis 

Selon les chiffres du site spécialisé Transfermarkt, la valeur marchande du club tunisien est estimée à 20,25 millions d’euros, presque la moitié de celui de Mamelodi Soundowns.

Voici le top 10 des joueurs les plus chers des Sang et Or :

Yan Sasse – Brésil : 1,7 million d’euros ;

Youcef Belaïli – Algérie : 1,5 million d’euros ;

Chiheb Jebali – Tunisie : 1,3 million d’euros ;

Mohamed Amine Tougai – Algérie : 1,3 million d’euros ;

Yassine Meriah – Tunisie : 1,2 million d’euros ;

Houssem Tka – Tunisie : 1,2 million d’euros ;

Onuche Ogbelu – Nigeria : 1 million d’euros

Hamza Rafia – Tunisie/France : 900 000 euros ;

Abdramane Konaté – Côte d’Ivoire : 850 000 euros ;

Bechir Ben Said – Tunisie : 700 000 euros.

Valeur marchande des Mamelodi Sundowns

Selon le site spécialisé Transfermarkt, la valeur marchande totale du club sud-africain est estimée à 36,35 millions d’euros, presque le double de celui de l’Espérance.

Voici les 10 joueurs les plus chers des «Brésiliens» d’Afrique :

Iqraam Rayners – Afrique du Sud : 3 millions d’euros ;

Marcelo Allende – Chili : 2,5 millions d’euros ;

Teboho Mokoena – Afrique du Sud : 2,5 millions d’euros ;

Tashreeq Matthews – Afrique du Sud : 2,4 millions d’euros ;

Nuno Santos – Portugal : 2,2 millions d’euros ;

Aubrey Modiba – Afrique du Sud : 1,8 million d’euros ;

Brayan León – Colombie : 1,6 million d’euros ;

Fawaaz Basadien – Afrique du Sud : 1,4 million d’euros ;

Jayden Adams – Afrique du Sud : 1,4 million d’euros ;

Peter Shalulile – Namibie / Afrique du Sud : 1,2 million d’euros.

D’après le site Foot Africa.

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Leïla Marouane, une voix libre de la littérature s’éteint

La disparition de Leïla Marouane, née Leïla Mechentel, survenue à Paris le 8 avril 2026, marque la perte d’une voix singulière de la littérature francophone. Née en 1960 à Djerba, en Tunisie, dans une famille algérienne en exil, elle portera toute sa vie cette tension originelle, ce sentiment d’appartenance fragmentée qui irrigue en profondeur son œuvre.

L’auteur du « Châtiments des hypocrites » et de « La jeune fille et la mère » n’a jamais écrit pour accompagner son époque. Elle écrivait contre elle, contre ses silences, contre ses angles morts.

Journaliste à ses débuts au quotidien Horizons, elle avait très tôt compris que les mots pouvaient être autre chose qu’un simple récit : une ligne de front.

Son œuvre s’est construite dans la tension. Celle de l’exil, d’abord, imposé par la violence des années 1990 en Algérie. Celle, plus intime, d’identités fragmentées, de vies prises dans des contradictions profondes. À travers ses romans, Leïla Marouane a exploré ces failles sans jamais céder à la facilité ni au confort du consensus.

Son dernier livre, paru en mars 2025, prolonge cette démarche. En revenant sur la «décennie noire», elle n’en propose ni une mémoire figée ni un récit apaisé, mais une plongée dans ce que cette période continue de produire : du trouble, de la douleur, et une nécessité persistante de dire.

Dans un paysage littéraire souvent tenté par l’effacement, elle aura choisi la frontalité. Non comme posture, mais comme exigence.

Leïla Marouane laisse une œuvre qui dérange autant qu’elle éclaire. Une œuvre qui refuse l’oubli.

Djamal Guettala 

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Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ?

Le président Kaïs Saïed et la Banque centrale de Tunisie peuvent-ils préserver l’économie tunisienne des séquelles durables de la guerre israélo-américaines contre l’Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz ? C’est possible grâce à un soutien financier du Fonds monétaire international (FMI) de 2,5 milliards de dollars sur sept ans, qui permettrait de sortir l’économie tunisienne de la stagflation et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs locaux et étrangers.

Larbi Ben Bouhali *

Aujourd’hui, la Banque centrale de Tunisie dispose de très faibles réserves de change, équivalentes à seulement 101 jours de dépenses en devises étrangères. En 2025, les sociétés étrangères en Tunisie et les investisseurs offshore (loi 72) ont gagné 3 milliards de dinars de dividendes qui vont sortir de l’économie tunisienne, alors que la Tunisie a un besoin urgent de liquidités en dollars américains (Sources : BCT, IACE).

La Banque centrale de Tunisie ne doit pas imprimer davantage de dinars pour combler le déficit ; une telle mesure détruirait le pouvoir d’achat du dinar et une forte inflation ruinerait la classe moyenne et les plus démunis.

D’autres solutions existent pour emprunter des dollars américains et soutenir l’économie tunisienne. Inspirons-nous des autres pays et de leurs stratégies pour sauver leurs économies face au choc de la pénurie de pétrole et à la flambée des prix.

La Tunisie doit trouver d’urgence 2,5 milliards de dollars

Cette année, le président Kaïs Saïed a besoin d’une force de frappe financière considérable, d’au moins 2,5 milliards de dollars, pour couvrir les coûts supplémentaires engendrés par la guerre États-Unis-Iran.

La Tunisie a un besoin urgent de liquidités, en dollars américains, pour faire face à la hausse des prix de l’énergie et combler le déficit budgétaire ainsi que les déficits commerciaux et énergétiques de cette année et de l’année prochaine (2027).

En 2026, le gouvernement tunisien devra emprunter 27 milliards de dinars, soit 51 % des recettes fiscales totales de 52,5 milliards de dinars, alors que son déficit budgétaire s’élève à 11 milliards de dinars. De plus, il devra emprunter davantage pour couvrir les coûts supplémentaires liés à l’énergie, notamment les coûts des subventions à l’électricité et le surcoût de la dette intérieure et extérieure, car le prix du pétrole brut devrait dépasser les 90 dollars le baril en moyenne cette année (alors que le budget 2026 tablait sur un prix de 63 dollars le baril).

Répercussions négatives de la guerre d’Iran sur l’économie tunisienne

Les risques pour l’économie tunisienne liés à la guerre Iran-États-Unis sont les suivants :

1. Plus de 100 000 Tunisiens travaillent dans les pays du Golfe. Nombre d’entre eux risquent de perdre leur emploi, ce qui affectera les transferts de devises vers la Tunisie. De plus, le coût élevé de l’énergie impactera les revenus des Tunisiens résidant en Europe et, par conséquent, les transferts de fonds vers la Tunisie.

2. L’inflation devrait augmenter en raison de la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires. La Banque centrale maintiendra des taux d’intérêt élevés plus longtemps, ce qui freinera la consommation et l’investissement, les taux d’intérêt élevés limitant l’investissement privé.

Par ailleurs, le gouvernement a emprunté 33 milliards de dinars au système bancaire, privant ainsi les banques de liquidités, qui ne peuvent plus prêter au secteur privé et donc contribuer à la croissance économique.

3. Le fardeau de la dette tunisienne va s’alourdir, le coût du service de la dette augmentera et le gouvernement tunisien augmentera les impôts (il les a augmentés de 7 % en 2025 et de 8 % en 2024) et empruntera davantage pour financer les dépenses supplémentaires, puisqu’il contracte de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes.

Il convient de rappeler, dans ce contexte, que la dette publique tunisienne par s’élève à 12 500 dinars, que la dette privée tunisienne par ménage s’élève à 9 263 dinars, et que la dette totale par ménage atteint 21 763 dinars, soit 140 % du PIB.

4. Cette année, le produit intérieur brut tunisien devrait reculer de 0,5 % (estimation) en croissance nominale. L’économie ralentira en termes nominaux et réels, ce qui réduira les recettes fiscales de l’État. Le chômage des jeunes restera élevé, dépassant les 30 %, cette année et l’année prochaine, et la dette publique augmentera.

5. La flambée des prix du carburant a contraint les compagnies aériennes à réduire leurs vols et à augmenter leurs tarifs dans le monde entier afin de limiter leurs coûts. Cette situation affectera le secteur touristique mondial et réduira les recettes touristiques tunisiennes, tant nominales que réelles.

Les solutions trouvées par d’autres pays

Comment d’autres pays se procurent-ils des dollars américains pour faire face à la hausse des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires engendrée par la guerre Iran-Américaine ?

1. La banque centrale des Émirats arabes unis a injecté 8 milliards de dollars de liquidités pour octroyer des prêts sans intérêt et financer la surchauffe des prix des carburants et des subventions.

2. Le gouvernement australien a injecté 1 milliard de dollars pour soutenir les entreprises en difficulté.

3. Le gouvernement français proposera des prêts allant jusqu’à 50 000 € aux petites entreprises les plus exposées à la hausse des prix du carburant dans les secteurs des transports, de la pêche et de l’agriculture.

4. Le gouvernement/la banque centrale de Turquie a vendu 10 % de ses réserves d’or pour lever 20 milliards de dollars et soutenir son économie.

5. La Banque centrale du Qatar (QCB) a débloqué des milliards de dollars pour mettre en œuvre un plan de soutien financier permettant aux établissements de crédit de reporter jusqu’à trois mois le remboursement du principal et des intérêts pour les emprunteurs affectés par le conflit iranien. Ce plan comprend un renforcement des liquidités grâce à une réduction des réserves obligatoires et à des opérations de pension afin de maintenir la stabilité face aux tensions sur les marchés régionaux.

6. La Banque mondiale, le FMI et plus de 40 pays à travers le monde ont pris des mesures et injecté des milliards de dollars dans leurs économies pour atténuer et gérer le coût élevé de l’énergie et les chocs liés à l’offre et au prix du pétrole brut auxquels le monde est confronté.

Que peut faire la Tunisie ?

La Tunisie n’a d’autre choix que de collaborer avec la Banque mondiale et le FMI pour faciliter son accès aux prêts en dollars américains. Le FMI peut lui accorder 2,5 milliards de dollars à un taux d’intérêt inférieur à 3 % par an.

Membre de la Banque mondiale et du FMI depuis 1958, la Tunisie a toujours collaboré avec le FMI et a honoré l’intégralité de sa dette extérieure envers le FMI et d’autres créanciers étrangers, sans aucun retard, au cours des 68 dernières années.

Les avantages que la Tunisie tirerait du soutien financier du FMI seraient considérables : elle pourrait ainsi réduire le coût annuel de sa dette extérieure, accroître ses réserves de change, stabiliser le taux de change du dinar et inscrire son économie sur la voie d’une croissance durable.

Ces trois dernières années, le gouvernement tunisien a mis en œuvre toutes les réformes majeures demandées par le FMI, notamment la réduction des dépenses publiques consacrées aux subventions alimentaires, la diminution de la masse salariale du secteur public en pourcentage du PIB (13 % du PIB actuellement), la réforme du barème fiscal (le gouvernement tunisien a augmenté les impôts de 7 % en 2024 et de 8 % en 2025) et la réforme de la gouvernance des entreprises publiques.

Je suis convaincu que le président Kaïs Saïed peut saisir cette nouvelle approche du FMI comme une opportunité pour conclure un nouvel accord de partenariat, assorti d’un soutien financier de 2,5 milliards de dollars sur sept ans. Cet accord permettrait de sortir l’économie tunisienne de la stagflation et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs locaux et étrangers, les incitant à revenir investir en Tunisie et à créer des milliers d’emplois pour les 650 000 Tunisiens sans emploi.

* Expert financier basé à Johannesburg.

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Cash en Tunisie | Et si le problème était la banque ?

Cet article est une réponse qui se veut «constructive» à celui de l’économise Moktar Lamari publié hier par Kapitalis, Ce jeu de cash-cache qui étiole l’économie tunisienne. L’auteur y plaide pour une lecture économique réaliste du cash, bouc émissaire ou solution de survie ?

Naamen Bouhamed *

En réponse à l’article de Moktar Lamari ainsi qu’aux analyses de l’étude réalisée par Meriam Jerbi et ses collègues qu’il cite, force est de constater que celle-ci, bien que documentée, oublie une question essentielle : pourquoi le cash reste-t-il une composante centrale de l’économie tunisienne ?

Ce n’est pas par hasard, ni par «préférence pour l’ombre». C’est parce que, face à un système bancaire défaillant, le cash est devenu une solution de flexibilité, voire de survie.

1. Le cash comme libérateur face à une bureaucratie bancaire paralysante

L’article dépeint le «cash-cache» comme un fléau qui étiole l’économie. Mais renversons la perspective : et si le cash était la preuve que la banque a échoué ?

Pour un commerçant ou un artisan tunisien, le système bancaire formel rime avec lenteur administrative (des semaines pour ouvrir un compte ou obtenir un transfert), frais cachés (des commissions qui grignotent les marges) et traçabilité intrusive (chaque transaction peut devenir un motif de contrôle fiscal).

À l’inverse, le cash offre une transaction instantanée, sans commission, sans justification immédiate. Pour un petit artisan ou un commerçant du souk, payer en cash est plus simple, plus rapide et plus fiable.

Rappelons que plus de 85 % de l’économie tunisienne repose sur des micros et petites entreprises.

2. Le cash permet d’investir quand la banque dit «non»:

L’étude note que la politique monétaire (taux directeur) n’affecte pas l’informel. C’est vrai… et c’est justement sa force.

Quand la Banque centrale augmente ses taux, elle asphyxie l’investissement formel : les crédits deviennent hors de prix. L’investisseur intelligent va alors chercher du cash dans le circuit informel : épargne familiale, prêts informels, revenus non déclarés.

Grâce au cash, il peut financer un projet sans audit bancaire intrusif, payer des fournisseurs à des prix négociés (avec ou sans TVA), et saisir une opportunité en quelques heures, là où une banque mettrait des jours ou des semaines.

Le cash est le «private equity» du petit investisseur tunisien. Il pallie les défaillances d’un système bancaire incapable de financer l’économie réelle et réactive.

3. Un ratio M0/M2 élevé : un référendum contre la banque, pas un choix de l’ombre:

L’article parle de «crise de confiance» et de «vote silencieux». C’est exact. Mais les Tunisiens ne fuient pas la banque par amour du billet. Ils la fuient par peur et lassitude : peur d’un gel administratif pour une anomalie fiscale mineure et des contrôles fiscaux faciles sur l’argent bancarisé ; et lassitude des procédures kafkaïennes pour retirer ou déposer des sommes importantes.

Pour un artisan ou une petite entreprise, le cash sous le matelas est plus accessible et moins risqué (administrativement) que de l’argent coincé dans une banque aux règles absurdes ou complexes.

L’étude elle-même admet que l’informel «compense le chômage» et «absorbe les chocs». C’est une fonction sociale et économique que la banque formelle ne remplit pas.

4. La «spirale infernale» vue par l’article est, en réalité, un «cercle vertueux de survie» :

L’article décrit une boucle : informel → cash → affaiblissement de la politique monétaire. Mais du point de vue microéconomique, l’informel crée des revenus (même non imposés). Ces revenus en cash circulent et financent dépenses et petits investissements. Et ce circuit parallèle maintient une activité que l’État et les banques ont abandonnée.

Prenons un exemple : un Tunisien veut ouvrir un petit atelier de confection. Sans garanties, la banque refuse le prêt. Il économise en cash, achète ses machines d’occasion en cash (moins cher), paie ses premières employées en cash. Grâce au cash, son investissement devient possible. La banque, elle, n’aurait rien financé.

5. L’Europe du Sud l’a fait avant nous – et elle s’en est mieux portée :

L’Italie des années 1990 est un exemple frappant. Face à un taux élevé de non-déclaration dans le secteur des machines-outils, les autorités italiennes n’ont pas brutalisé l’informel. Elles ont proposé un deal pragmatique : «Sur six machines que vous utilisez, vous en déclarez quatre. En échange, vous augmentez un peu vos déclarations fiscales globales.»

Résultat : les recettes fiscales ont augmenté (mieux vaut 4 machines déclarées que 0), l’industrie a survécu, et l’Italie a rejoint l’euro sans effondrement. Ce n’est pas de la fraude. C’est du réalisme économique de transition.

La Tunisie peut-elle s’en inspirer ? Oui, si elle cesse de vouloir traquer chaque billet et commence à composer avec son tissu économique réel.

6. Le vrai problème n’est pas le cash, c’est la faible valeur ajoutée :

Depuis des décennies, on vend la Tunisie comme une destination à bas coût de main-d’œuvre. Résultat : des investissements à faible valeur ajoutée, des chaînes d’assemblage, de la sous-traitance fragile.

Pourtant, la Tunisie possède les meilleurs ingénieurs d’Afrique et du monde arabe. Ce capital humain exceptionnel est sous-employé car on ne lui propose que des salaires de misère et des banques qui ne financent pas ses projets.

Si l’État changeait de logiciel – en attirant des investissements à forte valeur ajoutée (technologie, numérique, R&D) – les revenus augmenteraient mécaniquement. Plus de valeur ajoutée = plus de gains = plus de recettes fiscales, sans avoir à traquer chaque dinar cash.

7. Propositions concrètes pour un mix économique tunisien :

Voici ce qu’il faudrait faire, selon cette contre-analyse à partir d’exemples ayant réussie ailleurs :

légaliser et encadrer intelligemment une partie du cash : comme en Italie ou au Portugal, autoriser des seuils de transactions en cash plus élevés pour les petites entreprises, en contrepartie d’une déclaration forfaitaire simplifiée et un taux d’imposition forfaitaire de 15-20% comme en Irlande ;

mettre en place des «deals de transition» sectoriels : dans le textile, l’artisanat, la petite métallurgie, proposer des taux de déclaration négociés (ex. 70 % du réel) pendant 3 à 5 ans ;

créer un guichet bancaire «cash-friendly» : la Banque Postale dédiée aux micros et petits investisseurs pourrait accepter des justificatifs allégés ;

changer la stratégie d’investissement : arrêter de vendre la Tunisie comme «low cost», et vendre les compétences, les ingénieurs, la stabilité relative, la proximité européenne.

Le cash n’est pas l’ennemi, c’est un signal d’alarme :

L’étude de Mme Jerbi et collègues et l’article de M. Lamari ont le mérite d’alerter sur les dérives. Mais leur conclusion est trop moralisatrice et trop orthodoxe.

La Tunisie n’est pas la Suisse. Elle ne deviendra pas propre en réprimant le cash. Elle deviendra plus forte en composant avec sa réalité – comme l’ont fait l’Italie, l’Espagne, le Portugal et bien d’autres.

Le mix économique, avec une part assumée et régulée d’informel transitoire, n’est pas une honte. C’est une méthode. Et si l’État accepte de ne pas vouloir tout contrôler du jour au lendemain, il y gagnera en recettes, en paix sociale et en attractivité.

Le vrai débat n’est pas cash ou pas cash. Il est : quel État, quelle banque, quelle stratégie industrielle pour accompagner ceux qui créent de la richesse réelle, billet par billet ?

* Consultant international.

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Le poème du dimanche | ‘‘Le cœur du monde’’ de Horia Badescu

Né en 1943, à Aref-sur-Arges (Roumanie), Horia Badescu est poète, essayiste, journaliste, universitaire et diplomate.

Lauréat de l’Académie roumaine et de plusieurs prix littéraires, dont, le Prix européen de poésie francophone, «Léopold Sedar Senghor». Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages parus en Roumanie et dans divers pays.

Ecrit en roumain et en français. Traduite en différentes langues, sa poésie «répond à une nécessité vitale, elle ne chante pas pour séduire mais pour sauver. Elle constitue un exercice de survie.» (Jean-Max Tixier), Horia Badescu «…nous précède en nos déserts et relève les repères.»  (Luc Norin)

Tahar Bekri

Des automnes, des hivers ont passé,

chaque fois et depuis toujours illusoires

et pourtant si réels,

tel l’air du soir avant qu’il commence à neiger.

Sur l’arête des heures, sur leur fil édenté,

des paroles qui glissent au-dessus

du clavier égaré du premier instant.

Les jours cueilleront dans leurs corbeilles la fournaise,

mais restera tout entière la lumière insatiable qui coule

de l’œil céleste,

et rien de ce qui t’est destiné ne changera,

et rien ne pourra emporter ce qui doit rester

après toi :

un rai,

le murmure d’un chant

tel le susurrement amoureux de l’herbe,

une traînée de sang qui monte du cœur insatiable

du monde,

un signe pour le retour

quand l’horizon plonge dans les eaux,

et seule la sirène du bateau perpétue à jamais

la respiration éternelle

de la mer.

‘‘Celui qui reste debout’’, Editions Pétra, Paris, 2021.

(Remerciements à l’auteur)

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L’Allemagne va renforcer ses investissements dans l’industrie électronique en Tunisie

L’Allemagne va étendre ses projets en Tunisie et attirer une quinzaine de nouveaux projets d’investissement, qui permettront d’accroître l’efficacité opérationnelle des entreprises industrielles allemandes implantées dans notre pays.

C’est ce qu’a annoncé Jacqueline Groth, représentante de l’ambassade d’Allemagne pour les programmes de coopération et les affaires économiques, hier, vendredi 10 avril 2026, à l’occasion de la signature du Pacte pour la compétitivité du secteur des industries électroniques, par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) et le cluster électronique Elentica.

Ce Pacte vise à renforcer le partenariat public-privé et à doubler les exportations du secteur des industries électroniques, afin qu’elles atteignent 7 milliards de dinars à l’horizon 2030, contre 3,5 milliards de dinars en 2025. C’est une preuve manifeste de l’ambition de la Tunisie de devenir un pôle régional de premier plan pour l’industrie électronique, a souligné Mme Groth, en louant la qualité des ressources humaines et les atouts de la Tunisie en tant que destination d’attraction des investissements extérieurs.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet «Partenariats pour l’emploi et le soutien aux micros et petites entreprises : un travail décent pour une transition socialement juste», mis en œuvre en coopération avec le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

Mme Groth a fait cette annonce à l’occasion de la célébration de 70 ans de relations diplomatiques entre l’Allemagne et la Tunisie sous le slogan «Aichekschön !», un mot-valise né d’un jeu de mots, combinant les mots tunisien «Aichek» et allemand «Dankeschön»

La Tunisie et l’Allemagne entretiennent des partenariats économiques très importants et s’engagent en faveur d’un développement durable et d’une croissance économique dynamique dans les deux pays.

Cet engagement se traduit, selon Mme Groth, par un niveau record d’échanges commerciaux entre les deux pays, qui ont dépassé 5,3 milliards d’euros en 2025, avec un excédent de près de 1,1 milliard d’euros en faveur de la Tunisie.

Les exportations tunisiennes vers le marché allemand ont, quant à elles, dépassé 3,2 milliards d’euros la même année, soit une hausse de 13 % par rapport à 2024.

Cela s’ajoute au volume des investissements directs étrangers allemands dans notre pays, l’Allemagne se classant deuxième, après la France, grâce à la présence de plus de 320 entreprises allemandes actives dans des secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’industrie des composants automobiles, l’électronique, le textile et les services technologiques, qui fournissent plus de 93 000 emplois.

I. B.

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Tunisie l Pluies et baisse des températures à partir de dimanche

Le beau temps n’aura duré que quelques jours, puisque l’Institut national de météorologie (INM) annonce pour demain, dimanche 12 avril 2026, un retour des pluies et des vents accompagnés d’une baisse des températures pendant plusieurs jours.

Les averses seront éparses dans les régions de l’ouest. Elles s’étendront progressivement vers le nord dans l’après-midi et seront parfois orageuses et localement fortes, avec des cumuls de 20 à 40 millimètres, accompagnées de grêle localisée et de vents violents lors des orages.

Les vents seront également forts, atteignant jusqu’à 70 km/h dans les régions du centre et du sud, provoquant des tempêtes de sable et de poussière localisées.

La pluie se poursuivra le lundi 13 avril dans les régions du nord et du centre, devenant parfois orageuse et forte en fin d’après-midi et durant la nuit.

Le mardi 14 avril, la pluie s’étendra localement vers le sud, accompagnée d’une baisse progressive des températures.

I. B.

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Les volets de la réforme des caisses de sécurité sociale en Tunisie

Le système de protection sociale tunisien traverse une crise structurelle profonde, avec un déficit cumulé de la CNRPS (retraite secteur public) et de la CNSS (secteur privé) dépassant 2,5 milliards de dinars fin 2025. Ces difficultés sont alimentées par le vieillissement démographique, la baisse du ratio actifs/retraités (tombé à 3,8:1 en moyenne), l’économie informelle et la hausse des pensions. La réforme de ce système portera sur plusieurs volets, indiqué l’expert en sécurité sociale Hedi Dahmen, lors de son intervention ce samedi 11 avril 2026 dans sur Diwan FM. (Photo: Visite du président Saïed à l’hôpital Rabta en septembre 2022).

Il est important de commencer par une réforme globale du cadre législatif, qui ne répond plus aux besoins de la société ni à l’émergence de nouveaux métiers, a estimé l’expert, en insistant sur la réforme, également, de l’organisation administrative des caisses sociales (retraite et sécurité sociale), jugée obsolète et ne répondant plus aux besoins actuels en matière de gouvernance, de transparence et de saine gestion des ressources financières et humaines.

M. Dahmen a proposé, dans ce contexte, la création d’une caisse de retraite centrale, les pensions étant la fonction première de la sécurité sociale en général, ainsi que d’une caisse de recouvrement centrale regroupant les secteurs public et privé, et d’une autre caisse centrale pour la logistique et les services publics.

L’expert a, par ailleurs, souligné que la création de ces caisses implique le retrait de tous les services non liés à la sécurité sociale aux caisses de sécurité sociale existantes (CNRPS et CNSS), tels que les prêts sociaux, les prêts étudiants, les pensions alimentaires et les services immobiliers et financiers.

«Ces services alourdissaient les caisses sociales et les détournent de leur mission principale, qui est le versement des pensions et la prestation de services sociaux», a-t-il justifié, en rappelant que l’une des raisons des déficits des caisses sociales est que leurs engagements financiers dépassent leurs recettes.

I. B.

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Hausse des prix du carburant l La CTN modifier ses itinéraires

La Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN) a annoncé la fusion de ses deux traversées prévues vers Marseille et Gênes, entre le 14 et le 19 avril 2026, en une seule croisière, du 17 au 20 avril. Cette mesure a été prise afin d’éviter une hausse des prix des billets due à l’augmentation du prix des carburants, elle-même liée à la situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient.

Selon un communiqué de la compagnie, la traversée combinée (Tunis-Gênes-Marseille-Tunis) partira de Tunis le vendredi 17 avril à midi. L’arrivée au port de Gênes est prévue le samedi 18 avril à 14h00, où tous les passagers débarqueront.

La compagnie a indiqué que le ferry quittera Gênes le même jour à 19h00 pour Marseille, avec une arrivée prévue le dimanche 19 avril à 7h00. Le voyage retour de Marseille aura lieu le même jour à midi, l’arrivée à Tunis étant prévue le lundi 20 avril à midi.

Pour plus d’informations, veuillez nous contacter les numéros de téléphone suivants : +384 713 22 802 – +384 713 46 061 – +384 585 26 822.

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Tunisie | Un gisement solaire exploitable de 3000 heures par an

L’impératif de transition énergétique en Tunisie s’impose comme une priorité nationale. Face à un déficit énergétique de l’ordre de 65 % des besoins nationaux en 2025, la Tunisie doit réduire cette dépendance en exploitant la «mine d’or» inépuisable des énergies renouvelables, avec un gisement solaire de plus de 3 000 heures par an.

C’est ce qu’a indiqué Imed Landolsi, le directeur de l’énergie éolienne et de la biomasse à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), dans un entretien à l’agence Tap, ajoutant que, pour transformer ce potentiel en levier de croissance, la Tunisie a adopté une stratégie audacieuse à l’horizon 2030, qui repose sur trois objectifs portant sur une réduction de 30 % de l’intensité énergétique, l’intégration de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique et un engagement climatique fort visant à réduire l’intensité carbone de 45 %.

«L’objectif de porter la part de la Tunisie des énergies renouvelables à 35 % de son mix énergétique, d’ici 2030 [alors qu’il n’est qu’à 4% aujourd’hui, Ndlr], est réalisable, à condition que les efforts de toutes les parties prenantes se conjuguent dans une action collective», a-t-il prévenu.

Tout en admettant, que des défis d’ordres juridique, institutionnel et tarifaire freinent encore le développement des investissements dans les énergies renouvelables, M. Landolsi a estimé que des avancées concrètes ont été engagées pour lever ces obstacles.

Et de se montrer optimiste, d’autant plus que, a-t-il précisé, «l’année 2025 a été marquée par un saut qualitatif dans la production d’électricité issue des énergies renouvelables», ajoutant que «cette tendance haussière s’accentuera dans les années à venir, portée par la mise en service de projets réalisés sous les régimes de concessions, d’autorisations et d’autoproduction».

I. B.

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L’extrême droite européenne face à la guerre toxique de Trump

Le président américain Donald Trump pensait pouvoir compter sur le soutien des dirigeants populistes de la droite radicale en Europe dans sa guerre contre l’Iran mais ceux-ci se sont rapidement retournés contre lui étant donné que cette guerre tourne au fiasco et, surtout, elle est très peu soutenue par l’opinion publique européenne. 

Imed Bahri

De larges pans de l’extrême droite européenne ont perdu leur enthousiasme pour le président américain qu’ils vénéraient autrefois, estime The Telegraph dans une enquête sur les conséquences de la guerre d’Iran sur le positionnement des partis d’extrême droite en Europe vis-à-vis de Donald Trump. Le journal britannique précise que et que les dirigeants de ces partis ont abandonné leur fascination pour le président américain qu’ils couvraient jadis d’éloges excessifs. Ils n’éprouvent certes aucune sympathie pour la République islamique d’Iran mais que le rejet massif de la guerre par l’opinion publique en Europe les place dans une situation délicate.

Impopularité de la guerre contre l’Iran

Ces partis expriment leur colère face à l’engagement de Trump dans des guerres étrangères perpétuelles car sa politique étrangère toxique pourrait les entraîner dans sa chute, compte tenu de sa popularité déclinante et de l’effritement de ses alliances.

En Grande-Bretagne, des personnalités de droite, dont Nigel Farage, chef du Parti de la réforme (Reform UK), ont pris leurs distances avec la guerre menée par Trump, laissant entendre que soutenir le président dans ce conflit pourrait s’avérer politiquement suicidaire.

Farage s’était pourtant vanté par le passé de sa proximité avec Trump.

La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a surpris nombre d’observateurs lorsque son gouvernement a refusé cette semaine d’autoriser les bombardiers américains à utiliser une base aérienne en Sicile en route vers le Moyen-Orient, illustrant ainsi l’impopularité d’une guerre américano-israélienne contre l’Iran en Italie.

Meloni fut jadis l’une des plus ferventes supportrices de Trump en Europe. Aujourd’hui, elle est affaiblie politiquement après son échec lors d’un référendum sur la réforme judiciaire, un an avant les élections législatives. Elle tente désormais de prendre ses distances avec Trump qui l’avait pourtant qualifiée de «grande dirigeante»

«Ce gouvernement a été accusé à tort d’être soumis à Trump», a déclaré Deborah Bergamini, députée de Forza Italia, parti de la coalition au pouvoir, avant d’ajouter : «L’Italie n’est pas en guerre et n’a aucune intention d’entrer en guerre».

En France, malgré des relations plus tendues avec Trump, la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen n’a pas hésité à critiquer les objectifs changeants de la guerre, arguant que les frappes contre l’Iran avaient été menées «à l’aveuglette» et sans tenir compte de leur impact sur les prix du carburant.

Des sources au sein du Rassemblement national indiquent que les États-Unis semblent enlisés dans le conflit et que les interventions étrangères sont non seulement inefficaces mais risquent même de renforcer le régime iranien au lieu de l’affaiblir.

La politique extérieure de Trump inquiète

En Allemagne, les relations entre le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) et l’administration Trump se sont détériorées après une période de coopération étroite. Tino Chrupalla, figure de proue du parti, a exprimé sa «profonde déception envers le président de la guerre Trump» et a, carrément, appelé au retrait des troupes américaines d’Allemagne.

En Pologne, malgré des relations de longue date avec Trump, des signes de discorde sont apparus après que le conseiller pour la politique étrangère du président Karol Nawrocki a reproché aux États-Unis de ne pas avoir consulté leurs alliés avant de frapper l’Iran.

En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán demeure l’un des plus proches alliés de Trump mais il a adopté une position plus prudente, mettant en garde contre l’envoi de troupes terrestres américaines en Iran, notamment en raison de la sensibilité des prix de l’énergie sur le marché intérieur.

Orbán dirige Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, une coalition qui comprend des partis tels que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le Rassemblement national (RN) et le Parti populaire danois (DFP), ce dernier ayant été indigné par la tentative de Trump d’annexer le Groenland.

«Trump avait promis de retirer les troupes américaines des zones de conflit et s’était vanté de ses efforts pour instaurer la paix mais cette rhétorique s’est complètement effondrée après ses menaces concernant le Groenland et ses attaques contre le Venezuela et l’Iran», a déclaré Anders Vistisen, eurodéputé danois.

En Espagne, le parti Vox et son chef Santiago Abascal avaient initialement soutenu une attaque contre l’Iran avant de se taire, signe d’un déclin de l’enthousiasme.

Cependant, tous ne se sont pas désolidarisés de Trump. Le politicien néerlandais Geert Wilders a continué de le soutenir, saluant les attaques contre l’Iran, une position qui le distingue au sein de la droite radicale européenne.

Selon le Telegraph, les analystes estiment qu’il ne s’agit pas d’une rupture définitive entre l’extrême droite européenne et Trump mais plutôt d’un test de la solidité des relations. La plupart des membres de ce courant politique se montrent réticents à l’égard de la guerre, tout en admirant la politique intérieure de Trump sans pour autant approuver ses interventions à l’étranger.

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Règles de base pour commencer le poker en ligne en 2026 

Découvrir le poker en ligne, c’est s’offrir un terrain de jeu numérique où stratégie, vigilance et plaisir se croisent. En 2026, les plateformes rivalisent d’innovations pour garantir une expérience sûre et fluide à leurs utilisateurs. Avant de miser vos premiers jetons virtuels ou réels, il reste crucial de connaître les règles du poker et les fondamentaux propres au poker en ligne, pour éviter toute mauvaise surprise dès le départ.

Sélectionner une salle de poker en ligne fiable conditionne réellement la réussite des débuts. Pour ceux qui souhaitent se lancer, il est conseillé de choisir un site de poker en ligne reconnu. L’année 2026 accentue cette exigence : les sites arborent désormais des certifications officielles directement visibles depuis leur page d’accueil.

Ces labels garantissent la confidentialité, l’équité des jeux et la rapidité des paiements — trois piliers devenus incontournables pour tous les amateurs de poker en ligne.

Avant de vous inscrire, vérifiez systématiquement quelques points : existence d’une licence reconnue, réputation auprès des joueurs expérimentés, clarté de l’interface, efficacité du support, diversité entre parties en argent réel et en mode fictif. Aujourd’hui, le contexte réglementaire impose des normes strictes : la plupart des pays européens contrôlent activement les sites fiables de poker afin de protéger les joueurs contre toute arnaque potentielle:

– Licence réglementaire : indispensable pour toute salle sérieuse;

– Support utilisateur réactif et disponible;

– Large choix de variantes : texas hold’em, omaha, autres formats spécialisés;

– Avis récents sur forums dédiés et réseaux sociaux.

Même si cela peut sembler long, cette étape sécurise vraiment vos débuts. Beaucoup préfèrent tester d’abord le poker en ligne grâce à des tournois gratuits ou avec de l’argent fictif. Cette approche pédagogique permet d’apprendre sans pression ni risque financier, avant de passer à l’argent réel plus sereinement.

Comprendre les règles du poker pour bien débuter

Impossible de progresser sans maîtriser les règles du poker. Sur chaque plateforme, le respect des structures de mises, des tours d’enchères et des cartes communes est impératif. Deux variantes dominent : le texas hold’em et l’omaha, omniprésentes sur les meilleurs sites fiables de poker en ligne. Savoir comment fonctionnent ces jeux, c’est déjà prendre une longueur d’avance.

En texas hold’em, chaque joueur a deux cartes privées et cinq cartes communes sont partagées. Les mises rythment le jeu, forçant à agir vite. En omaha, quatre cartes individuelles changent tout : les combinaisons de cartes se construisent autrement, obligeant à adapter sa stratégie dès la première main.

Dénomination des actions essentielles

À chaque partie, cinq actions rythment le jeu : miser, checker, suivre, relancer, se coucher. Leur maîtrise évite bien des erreurs coûteuses. Les interfaces modernes proposent souvent des aides contextuelles, parfaites pour guider les conseils pour débutants et aider à apprendre à jouer sans stress.

En cliquant sur une option, un résumé clair de ses effets apparaît généralement, limitant les mauvaises surprises et favorisant une prise de décision rapide et réfléchie.

Importance du respect des mises minimales

Certains sites intègrent des rappels automatiques pour éviter les oublis classiques, comme miser moins que la big blind. Ce système protège les novices des erreurs courantes et fluidifie l’apprentissage. Choisir une table adaptée à sa bankroll et commencer par des limites basses est vivement conseillé pour appliquer sereinement les règles du poker.

L’idéal : débuter sur des tournois gratuits ou des tables à faibles enjeux, histoire de progresser sans pression financière excessive.

Connaître la hiérarchie des mains au poker

La hiérarchie des mains reste inchangée en 2026 pour le texas hold’em et l’omaha. Mémoriser les combinaisons de cartes gagnantes est essentiel pour éviter toute confusion lors d’une partie. La plupart des plateformes affichent aujourd’hui ces classements près des tables ou dans le tutoriel d’inscription, facilitant ainsi leur apprentissage pour tous les nouveaux venus.

– Classification des mains, de la plus forte à la plus faible ;

– Quinte flush royale : dix à as, même couleur;

– Quinte flush : suite de cinq cartes identiques en couleur;

– Carré : quatre cartes identiques;

– Full house : brelan + paire;

– Couleur (flush) : cinq cartes de la même couleur;

– Suite (straight) : cinq cartes qui se suivent;

– Brelan : trois cartes identiques;

– Deux paires;

– Paire simple;

– Carte haute : aucune combinaison, seule la plus forte compte.

Oublier cet ordre, c’est risquer de perdre inutilement. Beaucoup de conseils pour débutants insistent : répéter et visualiser ces combinaisons accélère l’apprentissage. Certaines applis proposent même des exercices interactifs pour ancrer durablement cette hiérarchie, avec un coaching digital ludique et rassurant.

Stratégies pour éviter les erreurs de débutant

Maîtriser les règles du poker ne suffit pas : il faut aussi adopter quelques stratégies de poker pour éviter les pièges classiques. Dès 2026, les outils anti-collusion rendent le jeu plus sûr, mais demandent aussi d’adapter son comportement à la table virtuelle. Voici les réflexes indispensables pour bien débuter.

La gestion de la bankroll s’impose. Fixez-vous une limite quotidienne et fractionnez vos dépôts. Les sites fiables de poker encouragent cette discipline via des options d’auto-limitation accessibles dès l’inscription : rien de tel pour éviter les pertes incontrôlées et jouer sereinement sur le long terme.

Observer les adversaires est tout aussi crucial. Repérez qui bluffe trop, qui joue serré, qui multiplie les relances. Les meilleures applications de poker en ligne offrent désormais des statistiques en directpour guider vos décisions et affiner votre style de jeu.

Les émotions jouent également un rôle majeur. Débuter provoque parfois stress ou euphorie : savoir faire une pause, utiliser les outils de «pause obligatoire» et refuser les décisions précipitées protègent la bankroll et renforcent la patience, qualité essentielle pour progresser au poker en ligne.

Contextualiser le poker en ligne en 2026

Le poker en ligne connaît en 2026 une modernisation profonde. L’intégration poussée de l’intelligence artificielle assure une surveillance accrue : détection des comportements suspects, lutte contre la triche, anonymat renforcé. Résultat : une confiance renouvelée chez les joueurs, qu’ils soient novices ou vétérans.

Les parcours sont personnalisés : accès facilité aux variantes populaires comme le texas hold’em, assistance interactive, animations pédagogiques innovantes. Apprendre à jouer devient presque ludique grâce à la gamification et à l’accompagnement constant proposé par les plateformes.

Commencer par l’argent fictif, explorer différents types de parties et comparer les ambiances virtuelles pose des bases solides avant de tenter le cash game ou les tournois majeurs. Les experts recommandent toujours : mieux vaut essuyer ses plâtres en mode gratuit que voir sa bankroll fondre dès la première session réelle.

Enfin, la réglementation continue de progresser vers plus d’harmonisation et de sécurité pour tous les sites fiables de poker. De quoi envisager sereinement ses débuts et profiter pleinement des plaisirs du poker en ligne, sans craindre les fraudes ni les déconvenues.

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Concert «Primavera musicale» au Théâtre de Tunis

L’Orchestre symphonique de Carthage, sous la direction du maestro Hafedh Makni, présentera le concert symphonique «Primavera musicale : échos de la Méditerranée», le samedi 25 avril 2026, à 19h30, au Théâtre municipal de Tunis, avec la participation du maestro Ludovico Troncanetti en soliste.

Selon l’Institut Culturel Italien de Tunis, co-organisateur de l’événement, «ce concert offrira au public un voyage à travers la virtuosité et le raffinement orchestral, célébrant la richesse de la musique classique italienne et méditerranéenne, à l’occasion du 70e anniversaire des relations bilatérales entre la Tunisie et l’Italie».

Le programme comprendra des œuvres de Saint-Saëns et un hommage aux compositeurs italiens, avec des pièces de Gioachino Rossini et Giuseppe Verdi, lors d’une soirée réunissant orchestre, chœur et violoncelle, interprété par Wassim Makni.

Cette initiative, à laquelle participe l’association tunisienne Musique Sans Frontières, s’inscrit dans un programme de coopération culturelle visant à promouvoir la musique classique comme vecteur d’échanges entre la Tunisie et l’Italie. Parmi ses soutiens figurent également l’Office national du tourisme tunisien et la Fondation Arts et Culture.

I. B.

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Ce jeu de cash-cache qui étiole l’économie tunisienne

En Tunisie, la vraie banque centrale c’est le souk informel. Le souk, dans tous les sens du terme. C’est aussi pour cela que la politique monétaire, basée uniquement sur la hausse du taux directeur, n’arrive pas à atteindre ses objectifs, créant à son tour des effets pervers, dans cette même spirale infernale…

Moktar Lamari *

Les dernières années, les économistes tunisiens ont tous constaté le dérapage incontrôlé de la logique du cash, dans les transactions économiques. Une logique qui enfante toujours plus de billets en circulation (et plus d’inflation), avec un écosystème hors des circuits bancaires classiques, échappant ainsi de facto à toutes les politiques publiques fiscales, monétaires et économiques, à l’œuvre en Tunisie.

Spécificité tunisienne, le débat entre les économistes est dominé par la rhétorique et le narratif verbeux, sans pouvoir mesurer le phénomène, ses tenants et ses aboutissant.

Dans la foulée, une étude économétrique a été publiée récemment, à ce sujet, pour le cas de la Tunisie. Et cette étude mesure l’ampleur des enjeux, chiffres à l’appui.  Que retenir…

Le secteur informel carbure au cash

Il y a des économies où la monnaie circule. Et puis il y a la Tunisie, où elle cavale. À découvert. Hors radar. Sous le manteau. L’étude récente de  Meriam Jerbi, Friedrich Schneider et Faouzi Abdennour (“Off the Radar: Estimating the Size of the Shadow Economy in Tunisia”,African Development Review, 2026) met les chiffres là où ça fait mal : près de 39 % du PIB en moyenne échappe aux radars officiels. Et surtout, elle met le doigt sur un thermomètre monétaire aussi discret que révélateur : le ratio M0/M2.

Pour les non-initiés, traduction rapide : M0, c’est le cash qui circule (billets, pièces). M2, c’est l’ensemble de la masse monétaire incluant dépôts et épargne. Donc le ratio M0/M2, c’est la part de cash dans la masse monétaire totale. Plus il monte, plus l’économie préfère les billets à la traçabilité bancaire. En clair : plus ça sent l’informel. Et là, le verdict est sans appel…

L’étude montre une relation positive et statistiquement significative entre la taille du secteur informel et ce ratio, avec un coefficient estimé à 0,18. Traduction économique : une hausse du secteur informel entraîne mécaniquement une hausse du cash en circulation.

C’est une élasticité modérée, mais robuste. Un multiplicateur discret mais têtu : l’économie de l’ombre fabrique du cash, et le cash nourrit l’économie de l’ombre. Bienvenue dans la boucle…

Quand l’économie fuit la lumière

La littérature économique est claire depuis des décennies : l’économie informelle adore le cash. Pourquoi ? Parce que le cash ne laisse pas de trace, ne paie pas d’impôts, et échappe à la bureaucratie.

Dans les modèles monétaires classiques, une hausse anormale de la demande de monnaie fiduciaire est souvent interprétée comme un signal d’activités non déclarées.

C’est ce qu’on appelle l’approche monétaire de l’informel : si la monnaie circule trop hors des circuits bancaires, ce n’est pas par amour du billet, mais par peur du fisc et des contrôles douaniers, et autres mesures étatiques.

L’étude de Jerbi et al. confirme cette intuition, mais va plus loin : elle ne se contente pas d’une corrélation, elle établit une relation structurelle via un modèle Mimic. En d’autres termes, ce n’est pas juste une coïncidence : le secteur informel cause une augmentation du cash, et pas l’inverse.

Petit détour pédagogique : l’indicateur de l’élasticité

Mais que signifie exactement ce fameux 0,18 ? Derrière ce chiffre apparemment sage se cache une mécanique bien réelle. Il s’agit d’une élasticité, c’est-à-dire un rapport entre deux variations en pourcentage.

Dit autrement : si le secteur informel augmente de 1 % (en proportion du PIB), alors le ratio M0/M2 augmente de 0,18 %. Ce n’est donc ni un doublement, ni une explosion. C’est une dérive. Lente, mais systématique et statistiquement significative.
Pour rendre cela plus concret : si l’économie informelle grossit de 10 % (par exemple elle passe de 30 % à 33 % du PIB), alors la part du cash dans la masse monétaire augmente d’environ 1,8 %.

Et là, soudain, le chiffre parle. Ce n’est pas spectaculaire à court terme, mais c’est redoutable dans la durée.
Car l’économie tunisienne n’avance pas par bonds, mais par glissements. Et ces glissements, répétés année après année, finissent par transformer le paysage monétaire.

Les deux facettes de la même pièce

En Tunisie, cette mécanique prend une ampleur quasi caricaturale. Le secteur informel ne se contente pas d’exister : il prospère. Il absorbe les chocs (révolution de 2011, Covid-19), compense le chômage, et contourne un État jugé trop gourmand et trop lent.

Résultat ? Une économie schizophrène. D’un côté, une économie officielle (55% à 60% du PIB), pilotée par la Banque centrale, avec son taux directeur, ses instruments, ses modèles DSGE bien propres. De l’autre, une économie parallèle (45%), liquide, rapide, sans TVA ni déclaration, qui fonctionne… au billet. Et entre les deux ? Presque rien.

Quand l’étude montre que le coefficient liant informel et M0/M2 est de 0,18, cela signifie concrètement que chaque expansion de l’ombre se traduit par une fuite vers le cash. Une sorte de «bank run silencieux», permanent, mais dirigé vers les poches, pas vers les banques.

Une politique monétaire édentée

Et c’est là que la chronique devient mordante. Parce que pendant que l’économie réelle se cashise, la Banque centrale, elle, continue de manier son taux directeur comme un chef d’orchestre… sans musiciens.

Pourquoi ? Parce que le taux d’intérêt directeur agit surtout sur l’économie formelle : crédit, investissement, consommation déclarée. Mais dans une économie où près de 40 % du PIB échappe au système, l’efficacité de cet instrument devient… théorique.

Vous pouvez monter les taux directeur autant que vous voulez :

1- le vendeur de cigarettes de contrebande ne lit pas les communiqués de politique monétaire ;

2- le changeur de devises (sarraf) au marché noir, ou sur les bords de la route des régions du Sud tunisien, ne suit pas l’inflation core ;

3- le maçon payé en cash ne se refinance pas à la banque ;

4- les dizaines de milliers commerçants des souks hebdomadaires fonctionnent au cash, sonnant et trébuchant, ici et maintenant, dans toutes les villes et villages du pays.

Résultat : la transmission monétaire est cassée. L’inflation ? Elle persiste. Le crédit ? Il ralentit… mais seulement dans le formel. Le cash ? Il explose.

Autrement dit, la Banque centrale veut freiner une voiture… dont la moitié des roues ne touchent pas la route, et qui échappent à son contrôle. D’où les dérapages fréquents et continus de la politique monétaire en Tunisie.

L’élasticité du chaos

Le fameux coefficient de 0,18 n’est pas spectaculaire en apparence. Mais il est redoutable en dynamique. Parce qu’il s’inscrit dans un système où les causes de l’informel — fiscalité (0,95), chômage (0,88), corruption (0,11) — sont elles-mêmes explosives.

Donc chaque choc (hausse des taxes, crise sociale, perte de confiance) alimente l’informel, qui alimente le cash… qui affaiblit la politique monétaire, qui laisse filer l’inflation et qui alimente à nouveau l’informel. Une spirale presque élégante. Si elle n’était pas aussi destructrice. Et surtout, une spirale cumulative : 0,18 % aujourd’hui, 0,18 % demain, 0,18 % après-demain… et au bout de quelques années, ce n’est plus une dérive, c’est une transformation structurelle.

Le cash cesse d’être un instrument de transaction pour devenir un refuge. Et quand la monnaie devient un refuge, la politique monétaire devient un commentaire négligeable pour les acteurs fonctionnant au cash.

Le cash est pervers

Au fond, cette histoire de ratio M0/M2 raconte quelque chose de plus profond : une crise de confiance. Quand les citoyens préfèrent le cash à la banque, ce n’est pas juste une préférence technique. C’est un vote. Silencieux, mais massif. Un vote contre la surimposition des entreprises. Un vote contre la complexité bureaucratique. Et un vote contre une corruption systémique. Et une fuite en avant… Et tant que cette défiance persiste, la masse monétaire officielle ne sera qu’une illusion comptable, gonflée par une réalité qui lui échappe.

En Tunisie, la vraie banque centrale c’est le souk informel. Le souk, dans tous les sens du terme.

C’est aussi pour cela que la politique monétaire, basée uniquement sur la hausse du taux directeur, n’arrive pas à atteindre ses objectifs, créant à son tour des effets pervers, dans cette même spirale infernale…

* Economiste.

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tunisien | Le système d’approvisionnement en eau fait preuve de résilience

Lors d’une visite de travail effectué à Monastir, où il a présidé les travaux du Conseil régional de l’eau en présence de plusieurs responsables régionaux, le secrétaire d’Etat chargé des Ressources hydrauliques, Hamadi Habaib, a rappelé que la Tunisie avait connu neuf années de sécheresse au cours de la dernière décennie, dont six consécutives, soulignant que le système d’approvisionnement en eau, et notamment le système de distribution d’eau potable, avait fait preuve de résilience malgré ces difficultés.

Le système de rationnement de l’eau avait été supprimé l’été dernier et les interruptions survenues étaient dues à des dysfonctionnements techniques, à des situations d’urgence sur le réseau ou à des coupures de courant, et non uniquement à une pénurie de ressources en eau, a précisé le responsable, cité par Diwan FM.

Le niveau de remplissage des barrages varie d’une région à l’autre, ceux du nord et de la péninsule du Cap Bon affichant des niveaux élevés, tandis que ceux de la région centrale continuent de souffrir de faibles niveaux de stockage, a expliqué Habaieb, ajoutant que des années de sécheresse ont affecté négativement les zones irriguées du système de Nebhana et la part d’eau du barrage revenant au gouvernorat de Monastir.

Durant la campagne agricole 2024/2025, 400 000 mètres cubes d’eau ont été alloués à la région afin de sauver les premières récoltes, en plus de l’apport exceptionnel d’eau provenant du nord, chaque fois que cela est possible, a encore précisé le responsable, ajoutant que le ministère de l’Agriculture a adopté une stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050, caractérisée par sa flexibilité et son adaptabilité aux évolutions, et visant à garantir la durabilité des ressources en eau.

Exploitation des aquifères profonds

Tout en soulignant l’importance de relier les barrages centraux au système hydraulique du nord et d’accroître les ressources par l’exploitation des aquifères profonds, comme le forage exploratoire prévu dans le district de Bekalta, ainsi que par le développement du dessalement des eaux saumâtres et saumâtres, M. Habaieb a, également, indiqué que le projet de coopération tuniso-espagnol, mené en partenariat avec l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), vise à soutenir la gestion des ressources en eau du système de Nebhana en étudiant la faisabilité de la construction d’une usine de dessalement.

Concernant l’approvisionnement en eau potable, le secrétaire d’État a expliqué que la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) est confrontée à des difficultés croissantes, ce qui a nécessité la mise en place d’une cellule de crise fonctionnant 24h/24 et 7j/7 pour surveiller l’approvisionnement et recevoir les réclamations. Des efforts sont aussi déployés pour mettre en place un système de surveillance en temps réel des réseaux et des installations de stockage afin d’améliorer l’efficacité et de réduire les pertes d’eau.

Les récentes précipitations ont contribué à l’amélioration du niveau des nappes phréatiques dans plusieurs régions. Et le gouvernement est engagé en faveur du développement des ressources en eau non conventionnelles, avec pour objectif d’utiliser 70 % des eaux usées traitées pour l’irrigation d’ici 2050, a souligné le responsable, en insistant sur la nécessité d’une utilisation efficiente des ressources en eau face aux changements climatiques et de faire face aux défis auxquels la région est confrontée, notamment le vieillissement des réseaux d’irrigation, la nécessité de réviser la carte agricole et de prendre en compte la situation des associations de gestion de l’eau afin de garantir leur contribution à la réalisation des objectifs de développement durable.

Par ailleurs, les autorités expérimentent la méthode d’ensemencement des nuages ​​menée en coopération avec les ministères de la Défense et des Transports. Celle-ci pourrait être étendue, en particulier dans le bassin versant du barrage de Nebhana.

I. B.

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Les chirurgiens esthétiques réunis en congrès à Tunis

La 12e Congrès international de chirurgie et de médecine esthétique, organisée par la Société tunisienne de chirurgie esthétique et plastique (STCE, TSAPS), se tient du 9 au 11 avril 2026, à Tunis. Cet événement scientifique, qui vise à présenter les dernières avancées dans ce domaine spécialisé, réunit de nombreux médecins et experts tunisiens et étrangers.

Le Dr Hichem Mahmoud, président de la STCE, a déclaré à Mosaique FM que cette session est axée sur plusieurs axes clés de la chirurgie esthétique, notamment la rhinoplastie. Les techniques les plus récentes pour améliorer l’esthétique et la fonction respiratoire y sont présentées, en particulier pour les patients souffrant de déformations ou de difficultés respiratoires.

Il a ajouté que la conférence aborde également les techniques de lifting du visage et du cou, qui ont connu des progrès remarquables ces dernières années, réduisant le temps de convalescence et minimisant les complications, permettant ainsi aux patients de reprendre leurs activités quotidiennes plus rapidement.

Le programme scientifique met également l’accent sur les chirurgies de remodelage corporel et de lifting, notamment après une perte de poids, lorsqu’il est nécessaire de corriger le relâchement cutané et de rétablir l’harmonie corporelle.

Hichem Mahmoud a expliqué que l’objectif des interventions programmées est d’obtenir les meilleurs résultats possibles avec un minimum d’effets secondaires et une période de convalescence plus courte.

La conférence bénéficie d’une large participation internationale, accueillant des spécialistes de plusieurs pays, dont les États-Unis, l’Espagne et la Colombie, ainsi que de nombreux pays arabes comme le Maroc, l’Algérie, la Libye et l’Égypte, témoignant de l’ouverture de l’association aux expériences internationales et à l’échange d’expertise.

Un fait marquant a été l’adoption, par le Dr Mahmoud, de la technologie de diffusion en direct des interventions chirurgicales lors de la conférence. Cette technologie permet aux participants de suivre en temps réel les différentes étapes des interventions, un défi tant sur le plan organisationnel que médical, notamment compte tenu de la complexité de nombreuses procédures pouvant durer plusieurs heures.

Concernant la réalité de la chirurgie esthétique en Tunisie, le spécialiste a confirmé que le secteur connaît un développement remarquable, soutenu par l’expertise et les infrastructures médicales, dans les secteurs aussi bien public que privé, ce qui a fait du pays une destination prometteuse dans le domaine du tourisme médical.

I. B.

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L’emploi en Tunisie au pied du mur numérique

Lors d’un récent passage devant les députés, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a esquissé une «nouvelle vision» pour contrer le chômage endémique des diplômés. Si l’intention de rompre avec le modèle saturé du salariat est louable, le discours ministériel peine encore à masquer une faille stratégique majeure : l’absence d’un véritable contrat de souveraineté numérique.

Abdelwheb Ben Moussa *  

Le ministre prône l’entrepreneuriat comme remède miracle. Certes, l’économie verte, bleue ou circulaire offre des gisements réels. Mais en Tunisie, le candidat à l’auto-emploi se heurte encore à un parcours du combattant administratif et à un système bancaire frileux. Pousser les jeunes vers la création de projets sans une digitalisation intégrale de l’administration et une interopérabilité des paiements, c’est condamner une génération à la précarité sous couvert d’initiative privée.

L’informel ne reculera que si le formel devient, par le numérique, plus simple et plus protecteur.

L’IA : la fin du mirage de la centralisation

Sacrifiant à une idéologie politique dominante, le ministre insiste sur une approche «régionale et locale». Or, le développement des zones intérieures ne passera plus par de grands complexes industriels étatiques, mais par l’injection massive d’Intelligence Artificielle (IA) dans les tissus économiques locaux.

Que ce soit l’agriculture de précision dans le Nord-Ouest ou la logistique intelligente au Sahel, l’IA permet de délocaliser la valeur ajoutée sans exiger une concentration urbaine. Un diplômé à Kasserine peut devenir un «data-agriculteur» performant, pourvu que l’État assure une infrastructure cloud nationale et souveraine. Sans cela, le discours sur le développement régional restera une incantation politique sans lendemain.

Sortir de la gestion comptable des compétences

La révision des politiques de l’emploi ne doit plus se limiter à des ajustements de curseurs au sein du Fonds national de l’emploi. À l’heure où l’IA transforme radicalement les métiers, notamment dans nos banques, l’adéquation formation-emploi doit devenir une anticipation par la Data. Le «Reskilling» (reconversion) doit être immédiat et permanent.

Quant à la stratégie d’emploi à l’étranger évoquée par le ministre, elle pose une question de fond : voulons-nous rester un simple exportateur de matière grise ou bâtir une infrastructure technologique capable de retenir nos talents ?

La souveraineté numérique est le seul rempart crédible contre une fuite des cerveaux que nous ne finançons que trop généreusement pour le compte des économies du Nord.

Le numérique, nouveau contrat de souveraineté

Le plan 2026-2030 ne peut réussir sur les bases d’une économie de rente et de procédures papier. Pour que la Tunisie de demain travaille, elle doit cesser d’être une spectatrice de la révolution technologique.

L’emploi ne se décrète pas en commission parlementaire ; il se crée là où la confiance est digitalisée et où l’innovation est protégée par une souveraineté technologique assumée. Monsieur le Ministre, le chantier est immense, mais il commence par un clavier, pas par un formulaire.

* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.  

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