Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Salma Charni : « La Tunisie arrive au FMI avec un levier de négociation renforcé »

À l’occasion des Réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, qui se tiendront du 13 au 18 avril 2026, auxquelles la Tunisie participera par la présence du ministre de l’Économie et de la Planification et du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), l’économiste et experte en gestion des risques et en data, Salma Charni, dans une interview exclusive avec L’Économiste maghrébin, propose une lecture différente de la trajectoire tunisienne.

Mais pour mieux saisir son message, il suffit de lire attentivement sa note analytique jointe à la fin de l’article, préparée exclusivement pour L’Economiste maghrébin et intitulée : « La Tunisie sans le FMI: souveraineté maîtrisée, coûts réalloués, avenir conditionnel ». 

 

Selon Salma Charni, la situation continue d’être interprétée à travers une opposition devenue presque réflexe : souveraineté d’un côté, intérêt économique de l’autre. Une grille de lecture qu’elle juge utile dans le débat public, mais insuffisante pour appréhender la réalité des arbitrages en cours.

Depuis 2022, explique-t-elle, la Tunisie a engagé, volontairement ou par contrainte, une trajectoire rare dans les économies émergentes : celle d’un pays qui maintient sa stabilité macrofinancière sans s’inscrire dans un programme formel avec le Fonds monétaire international. Dans un environnement international marqué par la hausse des taux, la contraction de la liquidité globale et les tensions géopolitiques, cette trajectoire mérite, selon elle, une lecture dépassionnée et, surtout, quantitative.

Lire aussi:  Salma Charni : « La norme IFRS 9 n’est pas une menace en soi. »

Le premier fait, objectivable, est celui de la continuité financière. Entre 2022 et 2025, la Tunisie a servi une dette publique dont le service annuel atteint environ 24,4 milliards de dinars, sans défaut désordonné ni rupture de paiement. « C’est un indicateur central d’orientation effective », souligne Salma Charni, rappelant que cette performance a été réalisée sans l’ancrage d’un programme FMI, généralement considéré comme un filet de sécurité pour les pays à financement contraint.

Elle met également en avant la recomposition de la dette publique comme élément structurant. La part de la dette intérieure est passée d’environ 42 % en 2022 à plus de 60 % en 2025, tandis que la dette extérieure reculait. Pour l’experte, ce basculement traduit un choix stratégique clair : « réduire l’exposition aux créanciers internationaux et aux conditionnalités externes, en internalisant la contrainte de financement ».

 

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB.

 

Sur le plan macroéconomique, Salma Charni insiste sur un point souvent sous-estimé : la Tunisie n’est pas en situation de crise systémique. La croissance reste positive, autour de 2,5 à 2,6 %, l’inflation a ralenti, et la perception du risque souverain s’est stabilisée, avec une amélioration vers B- (perspective stable) chez Fitch. « Ce ne sont pas des indicateurs d’expansion, mais ce sont des indicateurs de stabilité », précise-t-elle.

Cette résilience repose aussi sur des flux en devises solides. Les recettes touristiques ont dépassé 6 milliards de dinars, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) représentent près de 7 % du PIB. Ces éléments, combinés à une compression relative des importations, ont permis de ramener le déficit courant à environ 2,6 % du PIB. « Cela montre que la contrainte externe est, pour l’instant, maîtrisée », analyse-t-elle.

Pour autant, l’experte insiste sur la nécessité d’une lecture complète : « La stratégie fonctionne, mais elle n’est pas gratuite. » L’augmentation de la dette intérieure s’est traduite par une montée de l’exposition des banques au financement de l’État, avec des taux de croissance proches de 30 % par an sur certaines périodes. En parallèle, le crédit au secteur privé a ralenti, signalant un effet d’éviction.

Pour Salma Charni, c’est précisément là que se situe le cœur du modèle tunisien : un arbitrage assumé. « La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

Cette approche diffère du séquençage généralement associé aux programmes du FMI, qui impliquent des ajustements rapides, notamment sur les subventions, la masse salariale publique ou les entreprises publiques, avec des effets sociaux immédiats. D’un point de vue économique, la stratégie correspond à un déplacement du coût : d’un choc direct sur les ménages vers une contrainte progressive sur les finances publiques et le système financier. « C’est une forme de stabilisation à dominante sociale, qui consiste à éviter le coût social immédiat et à le lisser dans le temps », résume-t-elle.

 

« La Tunisie n’a pas cherché à optimiser simultanément tous les objectifs. Elle a priorisé la continuité de l’État, l’évitement du coût social et la maîtrise du rythme des réformes ».

 

Afin d’objectiver ces arbitrages, Salma Charni a développé une analyse quantitative reposant sur un modèle de sensibilité et des tests de résistance. Celui-ci intègre cinq dimensions : contrainte externe, contrainte budgétaire, contrainte financière domestique, contrainte de croissance et contrainte sociale.

Les résultats montrent que la trajectoire actuelle optimise la stabilité sociale et la souveraineté décisionnelle à court terme, tout en augmentant progressivement la pression sur le système financier et la soutenabilité budgétaire à moyen terme.

Les simulations indiquent notamment qu’un choc externe, sur le tourisme ou les transferts, ou une hausse des taux domestiques pourrait réactiver certaines vulnérabilités. « La trajectoire est cohérente, mais elle reste conditionnelle », souligne-t-elle.

L’intérêt de l’analyse réside précisément dans la quantification de l’arbitrage entre cinq dimensions de coûts (externe, budgétaire, financière, productive et sociale) et évalue leur évolution selon trois trajectoires.

Les résultats sont clairs :

  • la trajectoire autonome optimise la stabilité sociale à court terme, mais dégrade progressivement les équilibres financiers internes ;
  • le scénario FMI améliore les indicateurs macro-financiers, mais génère un coût social immédiat élevé ;
  • le scénario hybride minimise simultanément le coût social immédiat et le coût financier différé.

Ce dernier se distingue quantitativement : il permet de stabiliser la dette, de contenir l’exposition bancaire et de restaurer le crédit productif, sans provoquer de rupture macroéconomique. En conclusion, Salma Charni invite à dépasser les lectures binaires opposant souveraineté et intérêt économique. Elle rappelle que le véritable enjeu pour la Tunisie est clair : « Transformer l’endettement en création de valeur, condition d’une souveraineté durable ».

Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.
Les détails de cette analyse, incluant les hypothèses, les scénarios et les résultats de stress testing, sont présentés dans le onepager technique associé à cette étude.

L’article Salma Charni : « La Tunisie arrive au FMI avec un levier de négociation renforcé » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Hatem Salah : « L’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier »

Alors que les négociations entre la Tunisie et le FMI sont suspendues depuis 2022, et que le pays participera aux Réunions du printemps de la BM et du FMI du 13 au 18 avril 2026 à Washington, à travers une délégation conduite par le ministre de l’Économie et de la Planification et le gouverneur de la Banque centrale (BCT), l’économiste Pr Hatem Salah, Université Manouba, ESC Tunis, Labo ThÉMA, livre, dans une déclaration à L’Économiste maghrébin, une analyse rigoureuse et nuancée. Si le Fonds demeure un signal de crédibilité internationale, son absence n’a pas constitué le verrou financier redouté, assure-t-il. Et au passage, il appelle à repenser les termes d’une relation plus équilibrée, entre réforme des conditionnalités du FMI et appropriation nationale des ajustements structurels.

La Tunisie a-t-elle encore besoin du FMI ? Hatem Salah répond par une nuance de fond : oui, le Fonds demeure un partenaire important, mais il n’est ni exclusif ni indispensable à court terme pour la survie financière du pays. L’expérience récente, affirme-t-il, le démontre avec éloquence. A la suspension des négociations avec le FMI en 2022, nombre d’observateurs anticipaient un assèchement brutal des financements extérieurs. Les faits ont largement démenti ces prévisions, dit-il. La Tunisie est en effet parvenue à mobiliser des ressources substantielles en dehors de tout programme formel avec le Fonds.

Il cite à ce titre la Banque africaine de développement (BAD), qui a accordé environ 178 millions de dollars au pays en 2023, avant d’approuver, le 26 janvier 2026, un financement de 110 millions de dollars en faveur du Groupe chimique tunisien (GCT), illustrant, selon lui, la confiance maintenue des bailleurs multilatéraux malgré l’absence de garantie implicite du FMI.

Pour sa part, la Banque mondiale ne s’est nullement désengagée, tient-il à le rappeler : elle a mobilisé 430 millions de dollars en 2025 au profit de la transition énergétique, et plus de 330 millions de dollars supplémentaires en 2026, destinés aux secteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’emploi régional.

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros), les PME et les entreprises de taille intermédiaire (170 millions d’euros), ainsi que l’éducation et la transition énergétique.

 

Idem pour la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a signé, en 2024, 415 millions d’euros de nouveaux financements en Tunisie, couvrant notamment le corridor routier Sfax-Kasserine (210 millions d’euros),..

 

Pour Hatem Salah, ces chiffres établissent clairement que l’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier. Mais il se garde d’en tirer une conclusion hâtive : cela ne signifie nullement que le Fonds soit devenu inutile, mais plutôt que son rôle mérite d’être repensé et repositionné. Le FMI demeure, à ses yeux, un signal de crédibilité internationale et un partenaire technique de premier plan.

Il inscrit cette flexibilité dans un contexte politique qu’il juge déterminant : les partenaires clés de la Tunisie, notamment européens, semblent avoir opté pour un accompagnement pragmatique, conscients des risques qu’aurait fait peser une déstabilisation supplémentaire, non seulement sur le pays lui-même, mais sur la stabilité régionale et les équilibres migratoires en Méditerranée.

Les conditionnalités du FMI en question 

Cette situation, estime-t-il, appelle une réflexion plus large sur le modèle d’affaires du FMI. Ses relations avec les pays du Sud global ne peuvent plus reposer sur des prescriptions standardisées ni sur des conditionnalités perçues comme des diktats. Les trajectoires économiques doivent être différenciées, les modèles sociaux ne pouvant être traités comme interchangeables, et une réforme aboutie suppose un cadre de coopération respectueux des réalités nationales, construit dans un esprit de coresponsabilité plutôt que de tutelle.

 

Reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte.

 

Mais Hatem Salah appelle simultanément à une autocritique lucide. Cette exigence adressée au FMI doit aller de pair avec plus de courage politique de la part des États membres, dont la Tunisie : reporter indéfiniment les réformes structurelles au nom d’une stabilité apparente revient, selon lui, à en transférer les coûts aux générations futures. La souveraineté économique réelle, insiste-t-il, consiste à conduire soi-même les ajustements nécessaires selon son propre calendrier, et non à les subir sous contrainte. Dans un contexte international marqué par le retour des pressions unilatérales, l’appropriation nationale des trajectoires de réforme apparaît alors, à ses yeux, comme une condition essentielle de résilience.

Les Réunions de printemps 2026, une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie

C’est dans cet esprit que Hatem Salah envisage les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale d’avril 2026 comme une opportunité de repositionnement stratégique pour la Tunisie, une dynamique de continuité plutôt que de rupture. La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale s’inscrirait, selon lui, dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

Il souligne que les perspectives apparaissent d’autant plus crédibles que la Tunisie a prouvé sa capacité à mobiliser des financements extérieurs sans la garantie implicite du Fonds. Le rôle de l’Union européenne, et de pays comme l’Italie et la France, a été, à cet égard, déterminant : il ne s’agissait pas seulement, estime-t-il, de soutenir des projets spécifiques, mais bien d’éviter la déstabilisation économique et sociale d’un pays de taille modeste, mais à forte valeur géopolitique.

 

La participation du ministre de l’Économie et du gouverneur de la Banque centrale aux Réunions du printemps de la BM et du FMI s’inscrirait dans cette logique : maintenir ouverts les canaux de dialogue, sans relancer mécaniquement un programme classique ni acter une rupture, mais explorer les contours d’un cadre de coopération plus souple, mieux aligné sur les priorités économiques et sociales du pays.

 

Les Réunions de printemps offrent ainsi à la Tunisie l’occasion de défendre une approche fondée sur trois axes complémentaires, selon lui : un partenariat rénové avec le FMI ; un dialogue reposant sur la crédibilité et la progressivité des réformes ; une articulation intelligente entre financement, réforme économique et préservation du modèle social.

L’enjeu central, conclut Hatem Salah, n’est donc pas un simple retour au FMI, mais la redéfinition des termes d’une relation plus équilibrée. Un Fonds davantage attentif aux contraintes nationales, et des autorités tunisiennes pleinement engagées dans les réformes nécessaires : telles sont, à ses yeux, les deux faces d’une même équation, celle de la voie de la raison, qui exclut à la fois la dépendance et l’isolement au profit d’un partenariat exigeant et responsable.

L’article Hatem Salah : « L’absence de revue du FMI n’a pas constitué un verrou financier » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Investissement étranger : la CNBM confirme son expansion stratégique en Tunisie

Le groupe chinois CNBM, via sa filiale spécialisée dans le ciment, a confirmé son intention d’élargir ses activités en Tunisie, en misant sur l’introduction de technologies avancées et de systèmes de contrôle intelligents afin de moderniser la production et réduire l’empreinte carbone du secteur.

Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue vendredi entre une délégation du groupe, conduite par son représentant Li Baoming, et les responsables de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA-Tunisia), dirigée par Jalel Tebib. Les discussions ont porté sur les opportunités d’investissement offertes par le pays ainsi que sur les dispositifs d’accompagnement disponibles pour les investisseurs étrangers.

Selon les informations communiquées, le projet prévoit notamment la modernisation des lignes de production existantes, avec pour objectifs l’amélioration de la qualité des produits, la réduction de la consommation énergétique et l’accélération de la transition vers une industrie cimentière plus efficiente et moins émettrice de carbone.

Les responsables tunisiens ont salué les investissements déjà réalisés par le groupe et ont mis en avant les atouts du pays pour attirer davantage de capitaux étrangers. Ils ont souligné la position géographique stratégique de la Tunisie, son environnement des affaires, ainsi que la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et d’infrastructures adaptées.

L’agence a également réaffirmé son engagement à accompagner les projets d’investissement à travers un soutien institutionnel afin de faciliter la mise en œuvre des projets et d’optimiser leur exploitation.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de renforcement des relations économiques entre la Tunisie et la Chine, marqué par un intérêt croissant des entreprises chinoises pour le marché tunisien.

L’article Investissement étranger : la CNBM confirme son expansion stratégique en Tunisie est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Khaled Dabbabi : « L’UGTT face à une crise de crédibilité et à un modèle économique dépassé »

L’UGTT dispose d’un nouveau bureau exécutif. Mais pour Khaled Dabbabi, enseignant-chercheur en droit public et en sciences politiques, interrogé par L’Économiste Maghrébin, cela ne suffit pas. Selon lui, l’UGTT se trouve aujourd’hui prise en étau entre le pouvoir politique et une économie prisonnière d’un modèle vieux de soixante ans. Dès lors, estime-t-il, la question n’est plus de savoir qui dirige l’organisation, mais ce qu’elle a encore à dire.

Khaled Dabbabi inscrit d’emblée le débat dans un contexte difficile et plus large : celui d’une économie tunisienne engluée dans une crise profonde depuis des années, voire des décennies. Pour l’enseignant-chercheur, l’enjeu central est de déterminer si l’UGTT parviendra à retrouver son rôle de contre-pouvoir et à assumer pleinement sa fonction de négociateur social et de défenseur des droits des salariés.

Il rappelle que, même avant l’installation de l’autorité actuelle, l’UGTT a toujours fait preuve de retenue sur ce qu’il considère comme une priorité absolue : la réforme structurelle du modèle économique tunisien, hérité des années 1960 et 1970, devenu inapte à répondre aux aspirations des Tunisiens ainsi qu’aux réalités économiques, sociales et géopolitiques mondiales.

Khaled Dabbabi évoque plusieurs chantiers urgents : la réforme des entreprises publiques, la modernisation du cadre juridique et législatif de l’investissement, la réforme et la numérisation de l’administration, ainsi qu’un système fiscal qu’il juge trop lourd. Il dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de « bricolage » : chaque année, un dialogue social est engagé, débouchant sur des augmentations salariales « chétives », dans un contexte d’inflation qui les dépasse largement. Autant de mesures palliatives visant à apaiser les tensions, plutôt qu’à amorcer une transformation en profondeur du système économique tunisien.

Une crise de crédibilité appelant un renouvellement en profondeur

Comme l’ensemble des corps intermédiaires, l’UGTT souffre, selon lui, d’une crise de crédibilité auprès de ses affiliés. À l’instar des partis politiques et du tissu associatif, la centrale syndicale a été fragilisée par un climat politique ayant contribué à diaboliser ces structures, accusées de clientélisme et d’un éloignement croissant des aspirations réelles des citoyens.

Pour Khaled Dabbabi, le renouvellement attendu dépasse largement le cadre organisationnel. Il ne s’agit pas seulement de tenir un congrès ou d’élire un nouveau bureau exécutif, mais de repenser simultanément le discours, la stratégie de communication et les figures qui incarnent la parole de l’organisation. Cela suppose notamment l’émergence d’une nouvelle génération de représentants, plus jeunes, porteurs d’un discours ancré dans les préoccupations concrètes des affiliés.

L’article Khaled Dabbabi : « L’UGTT face à une crise de crédibilité et à un modèle économique dépassé » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie-Japon : l’investissement comme nouveau moteur du partenariat bilatéral

La Tunisie et le Japon ont scellé ce vendredi un accord de principe sur un traité bilatéral d’investissement, visant à renforcer la sécurité juridique des capitaux et à stimuler les échanges économiques entre les deux pays. Les deux parties s’engagent à tout mettre en œuvre pour sa signature et son entrée en vigueur dans les meilleurs délais.

Les pourparlers officiels autour de cet accord ont débuté en juin 2025. L’annonce de sa conclusion a été publiée sur le site du ministère japonais des Affaires étrangères et relayée par l’ambassade du Japon en Tunisie, qui a réaffirmé sa volonté de renforcer les relations bilatérales avec un pays qu’elle décrit comme situé au carrefour du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Europe.

Le ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et le nouvel ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun, s’étaient rencontrés le 8 avril 2026. Ils avaient alors souligné l’existence de réelles opportunités pour développer les investissements directs japonais en Tunisie, notamment dans les secteurs à haute valeur ajoutée, et insisté sur la nécessité de finaliser les consultations relatives à l’accord dans les meilleurs délais.

Les exportations tunisiennes vers le Japon ont atteint environ 18,6 milliards de yens en 2024, soit approximativement 125 millions de dollars, portées principalement par le thon rouge, l’huile d’olive et le prêt-à-porter. Dans le sens inverse, les importations tunisiennes en provenance du Japon se sont élevées à environ 11,5 milliards de yens, soit approximativement 77 millions de dollars, composées essentiellement de véhicules, de machines et d’équipements électriques.

Le Japon, partenaire clé dans les infrastructures et l’énergie

L’Agence japonaise de coopération internationale finance une part significative des infrastructures tunisiennes, avec un encours cumulé de prêts dépassant 350 milliards de yens jusqu’en 2024. La poursuite de la construction de la station de dessalement d’eau de mer à Sfax figure parmi les grands chantiers en cours pour la période 2025-2026.

Sur le front énergétique, l’ambassade du Japon a annoncé, le 17 mars 2026, la sélection d’un projet photovoltaïque de 130 mégawatts à Gabès, bénéficiaire d’une subvention japonaise plafonnée à 2 milliards de yens, dans le cadre du mécanisme de crédit carbone. Ce projet, confié à la société Marubeni en partenariat avec une entreprise française, est le quatrième du genre lancé en Tunisie au titre de ce mécanisme, après deux projets similaires réalisés à Sidi Bouzid et à Tozeur.

La dynamique actuelle s’inscrit dans la continuité de la conférence TICAD 8, accueillie par la Tunisie en août 2022, qui avait insufflé un nouvel élan aux relations économiques bilatérales.

L’article Tunisie-Japon : l’investissement comme nouveau moteur du partenariat bilatéral est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Crise à l’UTAP : dissolution du conseil central et congrès extraordinaire en vue

L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a annoncé, vendredi, la tenue d’un congrès national extraordinaire, dont la date et les modalités seront communiquées à l’issue de l’achèvement des préparatifs juridiques et structurels.

Cette annonce fait suite à la décision du bureau exécutif national de dissoudre le conseil central, conformément aux dispositions des statuts et du règlement intérieur de l’organisation. Dans son communiqué, l’Union a justifié cette démarche par la nécessité d’un nouveau départ, « rompant définitivement avec la politique d’exclusion » et ouvrant la voie à l’ensemble des agriculteurs et des pêcheurs pour participer à la définition des orientations et à la prise de décision.

L’organisation a également affirmé sa volonté de fonctionner en toute indépendance vis-à-vis de toute appartenance partisane et d’être soustraite à l’emprise des lobbies corrompus, en agissant exclusivement sous la bannière nationale. Cette initiative intervient dans un contexte où un large éventail de structures et d’adhérents de l’Union appellent à l’engagement d’un projet de réforme globale et à l’élection d’une nouvelle direction issue d’un choix libre, représentant effectivement les professionnels du secteur.

L’article Crise à l’UTAP : dissolution du conseil central et congrès extraordinaire en vue est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Réforme du pain subventionné : plus de blé utilisé et nouvelle organisation de la filière céréalière

Officiellement, le ministère du Commerce et celui de  l’Agriculture modifient la fabrication du pain subventionné à partir d’avril 2026, avec une augmentation du taux d’extraction de la farine de 78 à 85%, sans changement de prix pour le consommateur. C’est ce qu’il ressort d’un arrêté conjoint publié au Journal officiel par les deux départements ministériels.

Jusqu’à présent, la farine utilisée pour le pain était extraite à 78%, laissant 22% du grain non exploité. Le nouveau taux de 85% permet d’utiliser une part plus importante du blé. La farine obtenue est plus complète, plus riche en fibres, et le pain présente une couleur légèrement plus foncée.

Le texte prévoit également que la semoule issue du blé dur sera extraite à 70%. La farine destinée au pain raffiné et aux pâtisseries sera extraite à 71%, avec un taux de cendres ne dépassant pas 0,55%. La réforme introduit aussi des ajustements dans la gestion des ressources céréalières, avec un objectif de réduction des importations de blé tendre.

Jusqu’à présent, plusieurs types de farine circulaient sur le marché à des prix différents. Certaines utilisations de la farine subventionnée pour des produits autres que le pain courant ont été constatées. Avec la nouvelle réglementation, la farine destinée au pain subventionné est plus foncée, ce qui permet une distinction visuelle. L’Office des céréales peut ajuster les taux d’extraction en fonction des besoins des moulins et des unités de production de semoule.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la rationalisation du système de subvention et d’un meilleur ciblage afin qu’il soit mieux orienté vers les personnes qui en ont besoin. Les critères d’éligibilité aux subventions demeurent un sujet sensible depuis 2011, marqué par des tensions entre la pression exercée sur le budget des subventions et la nécessité de soutenir les catégories vulnérables.

L’article Réforme du pain subventionné : plus de blé utilisé et nouvelle organisation de la filière céréalière est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Startups tunisiennes : l’écosystème franchit le cap des 1 450 entreprises

La Tunisie compte plus de 1 450 startups, dont 1 165 labellisées et 17 scale-ups, pour un chiffre d’affaires cumulé estimé à 300 millions de dollars, selon le Centre de promotion des exportations (Cepex).

En 2024, l’écosystème startup tunisien a levé 24 millions de dollars, avec une progression de 56 % du nombre d’investisseurs en capital-risque actifs. Classée 82e à l’échelle mondiale, la Tunisie se positionne au 7e rang africain et à la 5e place dans la région MENA.

Le secteur digital tunisien poursuit sa dynamique de croissance, porté par un écosystème structuré et par l’essor de technologies stratégiques telles que l’intelligence artificielle, la data et la cybersécurité.

Cette progression reflète l’intérêt des investisseurs locaux et internationaux, tout en ouvrant des perspectives de partenariats stratégiques dans les domaines de la technologie financière, de l’intelligence artificielle et des services numériques avancés.

L’article Startups tunisiennes : l’écosystème franchit le cap des 1 450 entreprises est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Lotfi Riahi : « La multiplicité des intermédiaires alourdit injustement les prix »

Dans un contexte marqué par la hausse persistante des prix et les tensions sur le pouvoir d’achat, Lotfi Riahi alerte sur les dysfonctionnements structurels du circuit de distribution agricole et appelle à une réforme en profondeur. Tout en estimant qu’il s’agit d’un levier décisif pour rétablir l’équilibre du marché et protéger le consommateur.

Dans une déclaration à L’Economiste Maghrébin, le président de Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTIC) affirme que le système actuel de distribution des produits agricoles souffre de déséquilibres majeurs. Il évoque notamment la multiplication des intermédiaires, le manque de transparence dans la formation des prix et l’existence de marges élevées et injustifiées entre la production et la consommation. Autant de facteurs qui pèsent directement sur les prix finaux.

S’appuyant sur des observations de terrain et des analyses des chaînes d’approvisionnement, notre interlocuteur considère qu’une refonte structurelle s’impose. Cette réforme devrait, estime-t-il, reposer sur l’instauration d’un dispositif national unifié et obligatoire de facturation et de traçabilité numérique, permettant de suivre les produits depuis l’agriculteur jusqu’au consommateur final, tout en garantissant une transparence totale des quantités, des prix et des transactions.

Lotfi Riahi souligne également la nécessité de redéfinir les rôles au sein de la chaîne de valeur agricole. Il plaide pour un renforcement de la position de l’agriculteur en tant qu’acteur central du marché, ainsi que pour une réorientation des structures intermédiaires vers des fonctions logistiques et de service, telles que la collecte, le tri, le stockage et la distribution, dans un cadre structuré et transparent, à l’abri des pratiques spéculatives.

Il insiste par ailleurs sur le rôle clé des marchés de gros, appelés, souligne-t-il, à devenir une référence dans la formation des prix sur la base de l’offre et de la demande, avec une publication quotidienne des données relatives aux volumes et aux prix. Une telle évolution permettrait de renforcer la concurrence loyale et de limiter les distorsions du marché.

Le président de l’OTIC relève encore que la baisse des prix pour le consommateur ne peut résulter de mesures conjoncturelles. Elle passe par une rationalisation du circuit de distribution, notamment à travers la réduction des intermédiaires non essentiels, la maîtrise des coûts logistiques et l’amélioration de l’efficacité des chaînes d’approvisionnement, avec des effets attendus sur la stabilité du marché et le pouvoir d’achat, poursuit-il.

Enfin, le responsable associatif appelle à une mise en œuvre progressive de cette réforme, fondée sur des phases pilotes et une évaluation régulière. Et ce, afin d’assurer une transition maîtrisée sans perturber l’activité économique. Il réaffirme, dans ce cadre, la disponibilité de l’OTIC à accompagner les autorités publiques et les acteurs privés dans la conception et le déploiement des mécanismes opérationnels. Tout en considérant cette réforme comme une étape stratégique vers un système de distribution plus équitable, transparent et durable.

L’article Lotfi Riahi : « La multiplicité des intermédiaires alourdit injustement les prix » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Fehmi Balti ou le roman comme une roulette  

C’est un premier roman qui s’ouvre comme une plaie et se referme comme une énigme. Avec دم سيئ (Roulette), paru aux éditions Capsa, le poète Fehmi Balti franchit la frontière du roman sans abandonner ses armes lyriques. Reçu dans les colonnes de L’Économiste maghrébin, l’auteur livre une confession rare sur une enfance bercée par l’écho des bibliothèques ambulantes et le souffle des vers paternels. Entre deux silences, l’écrivain dissèque sa méthode : une narration « à la directe », sans filet ni plan, où le personnage est l’unique boussole d’un monde en distorsion. Plongée dans une réflexion radicale sur le refus de l’engagement militant, la traversée du désert éditorial tunisien et l’urgence de retrouver, enfin, la volupté de la lecture lente.

Cette venue à l’écriture prend racine dans l’enfance. La bibliothèque familiale, couplée au passage régulier des bibliothèques publiques et ambulantes, a suscité chez le jeune garçon un « fourmillement » précoce pour les livres. Le père, poète dans l’âme, lisait souvent ses poèmes à voix haute. Fehmi Balti garde le souvenir de ses lectures poétiques et insiste sur l’ambiance littéraire qui régnait au foyer. « J’étais le premier public de mon père alors que j’avais uniquement sept ans à l’époque », nous confie-t-il. Très tôt, la découverte de la poésie côtoie celle des romans, des essais philosophiques et des ouvrages de psychologie. Malgré un âge parfois tendre pour saisir toute la complexité de ces textes, la lecture devient une passion, avec un penchant marqué pour la fiction romanesque. Pour autant, l’auteur précise qu’un tel environnement ne garantit pas mécaniquement la naissance d’un écrivain.

Face à l’épineuse définition de la littérature, le romancier privilégie la cohérence du monde narratif. Selon cette perspective, le personnage prime sur l’événement : la figure centrale devient le vecteur essentiel de la problématique soulevée. Si de nombreuses théories du roman existent, aucune contrainte académique n’a bridé sa plume. L’écriture s’apparente ici à une transgression des règles, portée par une identité originelle de poète. La prose se mêle à la poésie, le poétique au narratif, et les genres fusionnent. Le roman, pourvu qu’il respecte un socle minimal de règles, supporte parfaitement ce métissage.

À propos de la place des personnages dans le roman contemporain, dans une conjoncture marquée par des crises successives et un monde en distorsion, l’écrivain estime que la question de la marginalité est secondaire. Un protagoniste apparemment central, au quotidien banal, peut se révéler marginal sous un certain angle, car chaque personnage romanesque demeure unique. L’essentiel réside dans la profondeur ontologique, la dynamique interne et les interactions avec le monde. Chaque être humain, quel que soit son statut social ou son niveau d’instruction, demeure le personnage principal de sa propre vie. En citant Gilles Deleuze, Fehmi Balti rappelle que l’on écrit à travers les autres, pour les autres et à partir des autres, et surtout à la place des autres. La force de l’écrivain réside dans sa capacité à incarner un personnage modeste, voire illettré, pour explorer son monde intérieur.

Sur la question délicate de l’engagement, le verdict tombe sans détour : l’art n’a pas vocation à donner des leçons ou à délivrer des messages. L’idée d’un écrivain porte-drapeau est rejetée, car inféoder l’œuvre à une cause expose au risque de la propagande. Les personnages porteurs de grandes valeurs possèdent leurs failles, tandis que les êtres malfaisants conservent des traits inattendus. Si une forme de prise de position existe, la discrétion prime sur le militantisme ouvert.

L’entretien aborde ensuite la notion de « grand écrivain » ou de « best-seller » et le rapport au succès. Le souvenir de Milan Kundera, dont un essai théorique est devenu un succès de librairie en Chine, vient illustrer le propos : la qualité littéraire et la réussite commerciale ne sont pas antinomiques. Des chefs-d’œuvre comme L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger prouvent que la ferveur du public peut saluer une œuvre exigeante.

La méthode de travail récuse tout plan préalable. L’écriture se pratique « à la directe », une approche brute qui délaisse la structure géométrique au profit d’une narration cinématographique faite de montages. Le roman est décrit comme une roulette où l’amour devient la mort et la mort redevient amour, dans une alternance entre passé et présent. Empruntant au vocabulaire de la génétique, l’auteur avance l’idée que chaque personnage possède son propre génome et que la mémoire littéraire fonctionne comme un ADN. Malgré l’influence de trente-cinq années de lectures, le style demeure personnel, presque brut, laissant au lecteur sa propre liberté d’interprétation.

Le passage de la poésie au roman ne constitue pas une rupture, la poésie étant une identité première qui ne se limite pas aux vers. Le lyrisme excessif représentait toutefois une crainte lors de la révision. Un travail d’élagage sévère a donc été nécessaire pour préserver la narration, même si celle-ci reste traversée par des fulgurances poétiques cohérentes avec l’univers romanesque.

L’expérience éditoriale tunisienne est cependant décrite comme un chemin de croix. La recherche d’un éditeur a duré près de trois ans, révélant un déficit de professionnalisme chronique. Contrats flous, distribution défaillante et comités de lecture fantômes transforment la publication en une épreuve d’usure. Le constat est amer : certains éditeurs ne respecteraient pas leurs engagements, se contentant de vendre du papier brut sans réel travail de correction.

Notre invité interpelle ses futurs lecteurs. Sans chercher à instruire, l’invitation porte sur la redécouverte de la lenteur. Cet appel à une lecture attentive, loin du survol de l’intrigue, incite à la délectation. Le roman, par sa complexité et son personnage principal double, refuse les évidences et les versions simplifiées de l’histoire.

 

 

L’article Fehmi Balti ou le roman comme une roulette   est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie : la Pr Hamida Magdiche Turki honorée d’un prix international de dermatologie

La professeure Hamida Magdiche Turki, chef du service de dermatologie à l’hôpital Hédi-Chaker de Sfax, a reçu le prestigieux prix « Leadership 2025 » décerné par l’Organisation mondiale de dermatologie. Cette distinction lui a été remise à Tunis lors du 28ème Congrès maghrébin et du 1er Congrès d’Afrique du Nord de dermatologie, qui se sont tenus du 2 au 4 avril 2026.

Cette récompense internationale couronne le parcours scientifique et académique de la récipiendaire. Ancienne présidente de la Société tunisienne de dermatologie et de vénéréologie (STDV), la Pr Magdiche Turki est distinguée pour ses contributions à la recherche médicale et son excellence dans la pratique clinique.

L’Université de Sfax a officialisé l’information par un communiqué, soulignant que ce prix témoigne de la compétence de l’élite médicale tunisienne sur la scène mondiale. Pour l’institution universitaire, cette distinction constitue une nouvelle preuve du dynamisme de sa faculté de médecine et de son rayonnement dans les disciplines de spécialité.

L’article Tunisie : la Pr Hamida Magdiche Turki honorée d’un prix international de dermatologie est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

L’UTICA à la BCT : pas de politique d’importation sans dialogue avec le secteur privé

L’UTICA hausse le ton. Dans un communiqué publié le 8 avril 2026, l’organisation patronale s’oppose fermement aux modalités d’application de la circulaire n°4 émise le 26 mars 2026 par la BCT, qui contraint les importateurs de produits jugés « non prioritaires » à financer l’intégralité de leurs achats à l’étranger sans aucun recours au crédit bancaire, aux avances ni aux garanties. Tout en admettant la nécessité de rationaliser les importations, l’UTICA avertit que cette mesure, appliquée de manière rigide et non ciblée, menace directement le tissu économique national, fragilise les PME et risque de produire des effets inverses à ceux recherchés. Elle exige une révision urgente et réclame l’ouverture immédiate d’un cadre permanent de concertation avec la Banque centrale et les ministères concernés.

Émise le 26 mars 2026, la circulaire n°4 de la BCT impose aux importateurs de produits classés comme « non prioritaires » de couvrir à hauteur de 100 % le coût de leurs achats à l’étranger par leurs propres ressources, excluant tout mécanisme de financement bancaire. C’est en réponse à cette décision que l’UTICA a rendu public son communiqué, à l’issue de réunions et de consultations menées avec les fédérations et structures sectorielles relevant de son organisation.

L’organisation patronale inscrit sa prise de position dans un contexte économique qu’elle décrit comme déjà fragilisé. Elle rappelle que la Tunisie fait face à un déficit commercial structurel, aggravé ces dernières années par le secteur de l’énergie qui représente, selon le communiqué, plus de la moitié du déficit global. Elle souligne par ailleurs la dégradation du marché de l’emploi, notamment parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, ainsi que l’expansion du secteur informel.

Sans contester le principe d’une rationalisation des importations, l’UTICA avertit qu’une application rigide et non ciblée de la circulaire pourrait produire des effets contraires aux objectifs recherchés. L’organisation cite notamment le risque d’une perturbation des mécanismes de financement dans plusieurs secteurs, d’une expansion du marché parallèle, de dysfonctionnements dans les chaînes d’approvisionnement, d’une hausse des coûts de production et de pressions inflationnistes sur les prix à la consommation. Ces conséquences pourraient, selon elle, se traduire par une contraction des recettes fiscales et douanières, un ralentissement de l’investissement, une perte de compétitivité des entreprises et une aggravation des tensions sur le marché de l’emploi.

Face à ce diagnostic, l’UTICA formule plusieurs recommandations à court terme. Elle préconise une révision ciblée de la liste des produits soumis à restrictions, une simplification des procédures administratives, une accélération des remboursements liés à l’avance sur impôt retenu à la source ainsi que des trop-perçus de TVA, l’instauration de délais standardisés et contraignants pour les opérations bancaires, et un accompagnement renforcé des entreprises exportatrices.

À plus longue échéance, l’organisation appelle au renforcement de la production nationale, à la réévaluation de certains accords commerciaux, à la mise en œuvre d’une stratégie de substitution aux importations, au renforcement du contrôle des circuits parallèles, ainsi qu’à l’accélération du financement des projets d’énergies renouvelables, qu’elle qualifie de priorité stratégique.

Dans son communiqué, l’UTICA propose enfin la création d’un cadre permanent de concertation réunissant la Banque centrale de Tunisie et les ministères concernés, qu’elle présente comme le levier d’une meilleure coordination des politiques économiques dans un esprit de « partenariat et de responsabilité partagée ».

L’article L’UTICA à la BCT : pas de politique d’importation sans dialogue avec le secteur privé est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Industries électroniques : Tunis s’engage pour 5 milliards de dinars d’exportations

5 milliards de dinars d’exportations, 10 000 emplois qualifiés et une ambition régionale affirmée : la Tunisie franchit un cap décisif pour son industrie électronique. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie accueille, ce vendredi 10 avril, la cérémonie de signature du Pacte de compétitivité pour le développement des industries électroniques à l’horizon 2030.

Ce pacte de partenariat public-privé constitue un pilier central de la stratégie industrielle nationale. Son objectif : faire de la Tunisie un pôle régional de référence dans le domaine des industries électroniques à haute valeur ajoutée, capable d’attirer des investissements étrangers et nationaux d’envergure.

Les cibles fixées sont précises et ambitieuses : porter les exportations à 5 milliards de dinars, créer près de 10 000 emplois qualifiés — ingénieurs et techniciens — et renforcer durablement la compétitivité du secteur à l’échelle internationale.

La cérémonie sera présidée par la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, en présence du secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, du président de l’UTICA, Samir Majoul, du président du groupe Elentica, Walid Ben Amor, ainsi que de représentants de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

La réussite du pacte repose sur la convergence des efforts dans cinq domaines clés : les infrastructures et la logistique; la formation et les ressources humaines; l’adoption d’un cadre législatif adapté; la promotion et l’internationalisation; ainsi que la recherche et le développement.

L’article Industries électroniques : Tunis s’engage pour 5 milliards de dinars d’exportations est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La CCIC organise une mission d’affaires au salon PLAST 2026 à Milan

La Chambre de commerce et d’industrie du Centre (CCIC) organise une mission d’affaires au salon international PLAST 2026, prévu du 8 au 11 juin 2026 à Milan (Italie). Les entreprises participantes bénéficieront d’un accompagnement complet tout au long de l’opération.

Dédié aux technologies de transformation des plastiques et du caoutchouc, PLAST 2026 est l’un des rendez-vous de référence du secteur à l’échelle mondiale. L’édition 2026 mettra en avant plusieurs axes stratégiques : le moulage par injection, l’extrusion, l’impression 3D et les matériaux écologiques.

Lors de sa dernière édition, le salon a réuni plus de 38 000 visiteurs professionnels, plus de 1 300 exposants issus de plus de 50 pays, sur une superficie d’exposition dépassant 50 000 m².

Les entreprises intéressées sont invitées à soumettre leur formulaire de pré-inscription via le lien suivant : https://forms.gle/XsXSj3c7cJd1YenM7

L’article La CCIC organise une mission d’affaires au salon PLAST 2026 à Milan est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

SPDIT : Un dividende de 1 dinar par action confirmé pour le 28 avril

Dans un communiqué boursier rendu public sur la BVMT le 7 avril, la SPDIT a annoncé que son Assemblée Générale Ordinaire, tenue le 6 avril 2026, a approuvé la distribution d’un dividende de 1 dinar par action au titre de l’exercice 2025. La mise en paiement de ces dividendes est fixée au 28 avril 2026.

Réunis pour statuer sur les comptes de l’année écoulée, les actionnaires de la Société de Placements et de Développement Industriel et Touristique (SPDIT) ont validé la proposition du Conseil d’Administration. Ce coupon de 1 dinar confirme la politique de rémunération de la société envers ses investisseurs pour l’exercice clos au 31 décembre 2025.

L’article SPDIT : Un dividende de 1 dinar par action confirmé pour le 28 avril est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Bénéfices en bond de 47 % : Smart Tunisie en grande forme avant son AG

Smart Tunisie affiche un bénéfice net de 22 millions de dinars en 2025, en hausse de 47 %, et prévoit une augmentation de capital de 10 millions de dinars

Le conseil d’administration de Smart Tunisie, réuni le vendredi 3 avril 2026, a arrêté les comptes de l’exercice 2025 et annoncé une série de décisions soumises à l’approbation des actionnaires lors d’assemblées générales convoquées pour le 29 avril prochain.

Sur le plan des résultats consolidés, la société enregistre un bénéfice net de 22,1 millions de dinars contre 15 millions de dinars l’année précédente, soit une progression de 47 %. Les comptes individuels font état d’un bénéfice net de 21 millions de dinars contre 15,6 millions de dinars en 2024, en hausse de 35 %. La société attribue cette performance à la croissance de son chiffre d’affaires ainsi qu’à la maîtrise de ses charges opérationnelles et financières.

Le conseil d’administration proposera aux actionnaires la distribution d’un dividende d’un dinar par action, prélevé sur les résultats reportés et soumis à la retenue à la source au titre de l’impôt.

Par ailleurs, une assemblée générale extraordinaire se tiendra le même jour, à 11h30, au siège social situé à Charguia 1 à Tunis, afin de statuer sur une augmentation de capital par incorporation de réserves d’un montant total de 10,1 millions de dinars. Cette opération sera réalisée en deux tranches successives. La première, d’un montant de 5 millions de dinars, interviendra au cours de l’exercice 2026 sur la base d’une action nouvelle pour dix actions anciennes. La seconde tranche, d’un montant identique, sera réalisée en 2027 sur la base d’une action nouvelle pour onze actions anciennes. Chaque tranche portera sur 1 012 344 actions nouvelles. La société procédera à l’acquisition et à l’annulation des droits d’attribution non entiers.

L’article Bénéfices en bond de 47 % : Smart Tunisie en grande forme avant son AG est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

L’Iran promet d’anéantir le Stargate AI d’Abou Dhabi

Dans une vidéo de propagande saisissante, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a désigné le centre de données Stargate AI d’Abou Dhabi comme cible prioritaire en cas de frappe militaire, promettant son « anéantissement total et absolu ». Estimé à plus de 30 milliards de dollars et soutenu par OpenAI, Nvidia, Oracle et SoftBank, ce méga-projet d’infrastructure d’intelligence artificielle se retrouve au cœur d’une escalade verbale inédite entre Téhéran et Washington.

La vidéo diffusée par le CGRI frappe par sa précision délibérée : elle montre la Terre depuis l’espace, avant de zoomer sur Abou Dhabi via Google Maps pour localiser le site, en apparence désertique. Un message y apparaît : « Rien ne nous échappe, même si Google le cache. » La séquence bascule ensuite sur une vue nocturne révélant l’étendue réelle des installations. Un avertissement aussi visuel que calculé.

Ces menaces s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes. Début avril, l’armée iranienne avait déjà mis en cause de grandes entreprises américaines, parmi lesquelles Apple, Google, Meta, Intel et Microsoft, les accusant de liens avec les forces armées des États-Unis et menaçant leurs infrastructures au Moyen-Orient.

Le porte-parole du CGRI, Ebrahim Zolfaghari, a depuis élargi ces menaces aux installations américaines et israéliennes dans la région, en réponse à l’ultimatum de Donald Trump évoquant d’éventuelles frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes. A noter que cet ultimatum, qui devait prendre fin lundi 6 avril, a été repoussé à mardi 7 avril à 20 heures (heure de Washington).

La cible désignée n’est pas anodine. Annoncé en mai 2025 et encore partiellement en construction, le centre de données Stargate AI d’Abou Dhabi ambitionne de devenir l’un des plus grands hubs d’intelligence artificielle au monde, avec une capacité de calcul d’un gigawatt destinée à soutenir les applications d’IA et les services cloud. Le projet associe des partenaires de premier rang : OpenAI, Cisco, Nvidia, Oracle, SoftBank et le groupe émirati G42.

A suivre.

L’article L’Iran promet d’anéantir le Stargate AI d’Abou Dhabi est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

ZLECAf et OAPI : Tunis s’impose comme acteur incontournable du commerce africain

Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a appelé à accélérer la finalisation des procédures de signature et de ratification relatives à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), dont le siège sera établi en Tunisie. Il s’exprimait lors de la 9ème réunion extraordinaire des ministres du Commerce des États membres du COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe), qui se tenait par visioconférence le 2 avril 2026.

Cette réunion avait pour objet l’examen et l’approbation du Plan stratégique du COMESA pour 2026-2030, ainsi que de la stratégie de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Samir Abid a qualifié cette stratégie d’étape cruciale vers le renforcement de l’intégration des États membres au sein du marché africain. Tout en soulignant qu’elle permettra d’améliorer la compétitivité des entreprises et de stimuler le commerce et les investissements intra-régionaux. Contribuant ainsi à un développement inclusif et durable.

Sur le plan opérationnel, le ministre a formulé plusieurs recommandations :

  • Mettre en place des mécanismes de suivi rigoureux dans le respect des échéances fixées.
  • Renforcer la coordination nationale entre les différentes parties prenantes, notamment les douanes, le commerce et les transports.
  • Et définir un rôle plus efficace pour le secteur privé dans la promotion de l’intégration régionale.

Il a également préconisé d’approfondir l’analyse des chaînes de valeur, de recourir aux nouvelles technologies, d’intégrer des approches innovantes telles que l’économie verte, et d’élaborer des plans nationaux de mise en œuvre concrets, adaptés aux spécificités de chaque État membre.

L’article ZLECAf et OAPI : Tunis s’impose comme acteur incontournable du commerce africain est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

BH Assurance dégage un résultat bénéficiaire de 11,1 MD en 2025

BH Assurance a réalisé un chiffre d’affaires de 208,7 millions de dinars en 2025, en progression de 4,5% par rapport à 2024. C’est ce qu’il ressort des états financiers approuvés par son Conseil d’Administration, lors de sa réunion du 1er avril 2026.

La société BH Assurance a dégagé un résultat bénéficiaire de 11,1 millions de dinars. Il est en hausse de 1% sur un an, précise un communiqué publié sur le site de la Bourse.

Par ailleurs, le Conseil d’Administration a décidé de proposer la distribution d’un dividende de 1,600 dinar par action. Il a aussi convoqué une Assemblée Générale Ordinaire pour le 27 avril 2026.

L’article BH Assurance dégage un résultat bénéficiaire de 11,1 MD en 2025 est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌