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Libye | Le pétrole creuse la fracture entre Tripoli et Benghazi

La question du pétrole et des dépenses publiques en Libye entre les gouvernements en place à Tripoli et Benghazi entre dans une nouvelle phase de conflit politique. Le Fonds libyen pour le développement et la reconstruction, dirigé par Belgassem Haftar, ayant annoncé, le 31 mars 2026, son rejet anticipé des conclusions des réunions du comité économique réuni récemment en Tunisie.

Les participants à la réunion, présentés comme représentant l’Est et le Sud, ne sont pas réellement représentatifs et leurs conclusions ne sont pas contraignantes pour ledit Fonds, a tranché Haftar. Alors que l’agence de presse officielle libyenne Lana et The Libya Observer ont notamment pointé du doigt Rifaat al-Abbar et Fakher Boufrane.

Ce différend porte sur des négociations qui, selon des sources libyennes citées par les médias locaux, se déroulent ou sont en voie de finalisation à Tunis sous l’égide des États-Unis.

Ces négociations porteront sur le suivi de la mise en œuvre du programme de développement unifié et aborderont l’élaboration d’un budget national unique, sujet qui demeure le véritable nœud du conflit entre Tripoli et Benghazi.

L’économie pour baliser le dialogue politique

Le 28 mars, le président du Conseil présidentiel, Mohamed al-Menfi, a rencontré Belgassem Haftar à Derna, appelant à l’unification des institutions, à une gestion financière saine et à un budget général unique.

La rencontre de Tunis fait suite à une série de contacts déjà tenus à Rome et à Paris, dont l’existence a été confirmée ces derniers mois par des sources américaines et des médias libyens.

La voie économique promue par la Manul ne surgit pas de nulle part. En janvier, la mission onusienne avait identifié l’unification du budget national et la réforme de la gouvernance des recettes pétrolières comme des priorités du dialogue structuré.

Cette même ligne a été réitérée par les partenaires internationaux, notamment l’Italie, qui, en novembre, a salué l’accord du 18 novembre sur le «Programme unifié de développement» comme un outil pour renforcer la Compagnie nationale de pétrole, la Banque centrale et la stabilité financière.

Le 26 mars, l’ambassade des États-Unis a également insisté sur la pleine mise en œuvre de ce programme et la nécessité d’un budget unifié, a rapporté Libya Herald. Il s’agit d’un enjeu économique plutôt qu’institutionnel.

Le 22 février, le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah a demandé à la Banque centrale de geler tous les financements de projets pour 2026, dénonçant le fait que les dépenses parallèles avaient dépassé 70 milliards de dinars.

Quelques jours auparavant, devant le Conseil de sécurité, la Représentante spéciale des Nations Unies pour la Libye, Hanna Serwaa Tetteh, avait averti que l’absence de budget unifié, le manque de coordination des dépenses et la baisse des recettes pétrolières fragilisaient les réserves, le dinar et le niveau de vie, dans un contexte d’inflation, de pénuries de carburant et de mécontentement social croissant.

Absence d’accord sur le contrôle des flux pétroliers

En toile de fond, la question d’Arkenu Oil pèse lourdement : cette compagnie privée a mis fin au monopole historique de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) sur les exportations de pétrole brut et, selon un rapport de l’Onu de décembre 2025, était indirectement contrôlée par Saddam Haftar, qui demandait des paiements vers des comptes étrangers en dehors des circuits habituels de la Banque centrale.

Parallèlement, le Libya Observer a rapporté que Dbeibah avait demandé à la NOC de suspendre un accord de développement controversé avec Arkenu, signe d’une nouvelle répression sur la question énergétique la plus sensible du pays.

Pour la Tunisie, qui avait déjà accueilli en janvier le mécanisme consultatif tripartite avec l’Algérie et l’Égypte sur la crise libyenne, la perspective d’une table ronde à Tunis confirme son rôle de plateforme de médiation régionale. Mais le signal en provenance de Benghazi est clair : sans accord sur le contrôle des flux pétroliers, des fonds de développement et du processus décisionnel entre la NOC, la Banque centrale et les centres de pouvoir locaux, la question économique risque de rester le principal facteur de fragmentation de la Libye.

D’après Ansamed.

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