Guerre avec l’Iran : la chute de deux avions américains fait monter la tension
La destruction d’un chasseur américain F-15E par l’Iran et le crash d’un second appareil près du détroit d’Ormuz marquent un tournant dans le conflit, alors que ces incidents militaires jettent une nouvelle ombre sur les négociations et font craindre une escalade régionale.
Ces derniers développements s’ajoutent aux nouvelles attaques menées par l’Iran vendredi, qui a ciblé des installations énergétiques et industrielles dans la région et au cœur de Tel-Aviv dans la matinée du samedi 4 avril, quelques heures seulement après que le président américain Donald Trump a proféré de nouvelles menaces contre les infrastructures iraniennes.
Les États-Unis ont secouru un membre d’équipage d’un avion de chasse F-15E, a déclaré un responsable américain. Une opération de recherche et de sauvetage est en cours pour retrouver le second membre d’équipage…
Dans une interview accordée à NBC News, Trump a refusé de commenter les opérations de recherche et de sauvetage, mais a indiqué que ces événements n’affecteraient pas les négociations avec l’Iran. En tout cas, les dernières informations indiquent que Téhéran avait rejeté une proposition américaine de cessez-le-feu de 48 heures, ainsi qu’une réunion au Pakistan, les efforts de médiation étant dans l’impasse, selon le Wall Street Journal.
Par ailleurs, un deuxième avion de chasse, un A-10 Warthog, s’est écrasé vendredi dans le Golfe, le pilote, seul à bord, a été secouru sain et sauf, selon le New York Times, citant deux responsables américains.
Les perspectives d’un accord de paix s’éloignent
La première perte connue d’un avion de chasse (américain ou israélien) dans cette guerre est considérée comme un coup dur pour l’alliance américano-israélienne et compromet les perspectives fragiles d’un éventuel accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre.
Parallèlement, la plus grande usine de traitement de gaz naturel des Émirats arabes unis, Habshan, a suspendu ses activités après un incendie provoqué par des débris d’interception de missile. Quelques heures plus tôt, une attaque de drone avait incendié la raffinerie de pétrole Mina Al Ahmadi au Koweït, le pays signalant également des dégâts sur une centrale électrique et une usine de dessalement d’eau…
Pour leur part, plusieurs grandes villes ont été touchées ces dernières 48 heures, notamment Tel-Aviv, centre économique du pays, Jérusalem, cœur politique et symbolique, la baie de Haïfa, ainsi que Dimona, située à proximité d’installations sensibles dans le sud.
Cette situation survient alors que le détroit d’Ormuz demeure en grande partie fermé. Jeudi 2 avril, l’Iran semblait renforcer son emprise sur la région, les médias internationaux rapportant que le gouvernement travaillait à un protocole avec Oman pour contrôler le trafic maritime. Ce protocole obligerait les transporteurs maritimes à payer des droits de passage à l’Iran, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères.
Bahreïn, avec le soutien de la Jordanie et des États arabes du Golfe, a proposé une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies visant à faciliter l’ouverture du détroit d’Ormuz, qui fournirait « une base juridique claire permettant à tous les États de se mobiliser et de soutenir un passage sûr », y compris par la force.
La Russie, alliée de l’Iran, a rejeté la proposition. Pour le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, la mesure « légitimerait l’agression contre l’Iran »…
Rappelons enfin que l’armée américaine a confirmé lundi la mort de treize militaires américains : six au Koweït, six dans le crash d’un avion ravitailleur en Irak et un autre en Arabie saoudite.
Elle avait recensé environ 200 militaires blessés, dont 10 « sérieusement », dans sept pays différents depuis le début de la guerre contre l’Iran.
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