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« Brader la destination Tunisie serait une erreur irréversible »

À la suite des informations parfois inquiétantes et souvent contradictoires concernant l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur la Tunisie, nous avons voulu en avoir le cœur net en sondant la perception des professionnels du secteur. Le premier d’entre eux est un confrère, fondateur d’une revue spécialisée dans le secteur touristique (avant de recueillir d’autres témoignages). Tout de go, il tire la sonnette d’alarme.

Dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient et un climat anxiogène persistant, il appelle les hôteliers tunisiens à résister aux pressions tarifaires des tour-opérateurs. Tout en pointant un facteur de compétitivité perdu : l’obligation du passeport pour les touristes étrangers.

Interrogé sur l’impact du conflit au Moyen-Orient sur la destination tunisienne, il n’a pas manqué de souligner l’opacité qui règne autour des données officielles sur le tourisme en Tunisie. Pour étayer ses dires, il indique que les chiffres du tourisme en Tunisie, de la saison 2024-2025, n’ont toujours pas été publiés…

 

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Sur le fond, le journaliste a tenu à rappeler un argument géographique essentiel : la Tunisie est loin de la zone de conflit. Le vrai problème, estime-t-il, réside dans l’amalgame persistant qui affecte une partie de l’opinion publique européenne, peu au fait de la géographie, et qui tend à assimiler l’ensemble des pays arabes et musulmans dans une même perception de danger. Face à cela, il reconnaît qu’un certain freinage des réservations a bien eu lieu, les tour-opérateurs eux-mêmes le confirment. Mais il distingue ce ralentissement d’un refus catégoriel. À ses yeux, il s’agit avant tout d’une conséquence du climat anxiogène généré par la surexposition médiatique à la guerre. Lequel retarde la prise de décision du touriste sans l’annuler.

 

La saison sera sans doute celle du last minute. Les voyageurs se décideront tard, très tard. D’où la tentation, pour les tour-opérateurs en situation de panique face à des carnets de réservation insuffisants, de faire pression sur les hôteliers tunisiens pour qu’ils baissent leurs tarifs, dans l’espoir d’attirer la clientèle par le prix.

 

Quel que soit le scénario – poursuite ou cessation des hostilités au Moyen-Orient -, notre confrère, au fait des données sur le secteur touristique, prédit une saison placée sous le signe du last minute. Les voyageurs se décideront tard, très tard. C’est dans ce contexte qu’il identifie le principal danger : la tentation, pour les tour-opérateurs en situation de panique face à des carnets de réservation insuffisants, de faire pression sur les hôteliers tunisiens pour qu’ils baissent leurs tarifs, dans l’espoir d’attirer la clientèle par le prix. Mais notre interlocuteur s’y oppose catégoriquement : il s’agirait là d’une erreur fatale. « Céder aux sirènes du discount, prévient-il, compromettrait durablement l’image de la destination et rendrait le relèvement tarifaire ultérieur quasiment impossible ».

À ce défi s’ajoute un facteur aggravant d’ordre international : la flambée du prix du kérosène, dont le coût a doublé sur les marchés mondiaux. Le transport aérien sera frappé de plein fouet, entraînant mécaniquement une hausse des coûts pour le voyageur. Notre interlocuteur note toutefois que la Tunisie conserve une carte à jouer face à ses concurrents directs. L’Égypte et la Turquie, bien qu’elles s’efforcent de rassurer leur clientèle, seront elles aussi affectées par le même phénomène d’amalgame géographique, la Turquie ayant déjà par ailleurs essuyé des impacts directs du conflit.

Sur le plan de la communication institutionnelle, le journaliste décrit un débat non encore tranché : d’un côté, ceux qui plaident pour une communication proactive destinée à rassurer ; de l’autre, ceux qui craignent qu’elle ne donne l’impression de se justifier face à une menace qui ne concerne pas la Tunisie. Une troisième voix prône le profil bas, dans l’attente d’une accalmie avant de relancer les campagnes traditionnelles. En attendant, les professionnels du secteur préparent la saison estivale avec une relative sérénité, conscients des turbulences possibles mais déterminés à avancer.

 

Sur le plan de la communication institutionnelle, le journaliste décrit un débat non encore tranché : d’un côté, ceux qui plaident pour une communication proactive destinée à rassurer ; de l’autre, ceux qui craignent qu’elle ne donne l’impression de se justifier face à une menace qui ne concerne pas la Tunisie.

 

L’obligation du passeport

In fine, notre spécialiste aborde un autre handicap compétitif, apparu dès la saison précédente : l’obligation faite aux touristes étrangers voyageant en formule tout compris de se présenter munis d’un passeport. Une mesure qui, selon lui, a considérablement freiné certains marchés. Et notamment le marché italien, où la tradition du séjour qui se décide à la dernière minute est bien ancrée. Le coût du passeport, pouvant atteindre 90 à 100 euros selon les pays, représente une charge dissuasive pour une famille : quatre passeports à renouveler, c’est jusqu’à 400 euros supplémentaires avant même de boucler sa valise.

 

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Autant de raisons, conclut-il, de choisir la Turquie, le Maroc, l’Égypte, la Grèce ou l’Espagne, des destinations qui, elles, continuent d’accepter la carte d’identité. La Tunisie aurait ainsi perdu un facteur de compétitivité majeur. Quand bien même les autorités soutiendraient que les chiffres globaux n’en ont pas souffert ; sans cette décision, ils auraient été meilleurs, assure-t-il.

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