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Tunisie | Décès de la mère de Abdelhamid Jelassi

Monia Ibrahim, l’épouse du «prisonnier politique» Abdelhamid Jelassi, condamné dans l’affaire dite de «complot contre l’Etat», a annoncé sur sa page Facebook, le décès de la mère de ce dernier, Mabrouka Chabaane, dans la nuit du samedi 4 et dimanche 5 avril 2026.

«Abdelhamid n’a pas vu sa mère depuis trois ans. La dernière fois qu’il l’avait vue, il avait eu un douloureux pressentiment qu’il ne la reverrait plus et ne serait pas à ses côtés le jour de sa mort», a écrit l’épouse de M. Jelassi, en rappelant que ce dernier n’avait pas assisté aux obsèques de son père, décédé quelques mois avant sa sortie de prison, en 2007.         

I. B.

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Festival MCM 2026 | Nour Ben Salem et ‘‘Zohra sans permis’’ au palmarès

Entre la domination de ‘‘White Snail’’, la visibilité offerte à Nour Ben Salem et le coup de cœur du public ‘‘Zohra sans permis’’, le festival international Music & Cinema Marseille (MCM), tenu du 30 mars au 4 avril 2026, a célébré des voix fortes et des œuvres audacieuses, plaçant le festival au cœur de la création internationale.

Djamal Guettala 

Le festival a rassemblé plus de 30 000 spectateurs et 1 000 professionnels autour de 350 films venus du monde entier.

Entre projections, rencontres et événements musicaux, cette 27e édition a confirmé le rôle du MCM comme plateforme incontournable pour la rencontre entre cinéma et musique.

Le long métrage ‘‘White Snail’’ s’est imposé comme le grand gagnant de cette édition, raflant le prix du meilleur long métrage, le Grand Prix de la musique originale et le prix Pass Culture. La musique, composée par John Gürtler et Jan Miserre, a été saluée pour son atmosphère immersive et son pouvoir narratif.

Dans la même catégorie, ‘‘Perla’’ d’Alexandra Makarová a été distingué pour la mise en scène, avec la musique de Rusanda Panfili et Johannes Winkler soulignant la sensibilité et la précision de l’œuvre.

Parmi les moments forts, ‘‘Palestine Islands’’, coréalisé par Nour Ben Salem et Julien Menanteau, a marqué le festival dans la catégorie scolaire, remportant les prix Jacques Prévert/Stéphane Mallarmé, Edgar Quinet et Collège/Lycée (film et musique).

Porté par la musique de Jack Bartman et Nassim Kouti, le film offre un regard sensible et engagé sur des réalités complexes, tout en restant accessible aux jeunes publics.

Le public a quant à lui plébiscité ‘‘Zohra sans permis’’ de Pierre-Loup Docteur. Porté par la musique de Louis Chenu, le film se distingue par son réalisme et sa proximité avec les personnages, offrant une lecture humaine et profondément juste de situations contemporaines.

Cette reconnaissance souligne l’importance de la relation entre le cinéma et le spectateur, où les récits incarnés trouvent un écho immédiat.

La compétition des courts métrages a mis en lumière des œuvres originales et audacieuses. ‘‘Spermatheca’’ de Silje Baer a remporté le Grand Prix de la meilleure musique originale, tandis que ‘‘Dancing Pigeons’’ de Christofer Nilsson a été salué pour sa créativité musicale. Dans la fiction, ‘‘What If They Bomb Here Tonight?’’ de Samir Syriani s’est distingué pour la puissance et la pertinence de son récit.

Le documentaire ‘‘Pedro Tomas Explains the World’’ a été récompensé pour la finesse de son regard et la qualité de sa narration.

De plus, lors de la dernière journée du festival, une projection hors compétition a permis au public de découvrir ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la Tunisienne Kaouther Ben Hania, inspiré d’un fait réel à Gaza. À travers le récit d’une enfant prise au piège sous les tirs, le film a suscité une forte émotion, rappelant combien le cinéma peut donner voix à celles et ceux que l’actualité peine à faire entendre.

Le Grand Prix Sirar, destiné à soutenir la création émergente, a été remis à‘‘Dans ce monde et dans tous les autres’’, avec une aide à la composition musicale attribuée par Méridiens. Cette distinction confirme l’engagement du festival pour accompagner les jeunes auteurs, scénaristes et compositeurs dans le développement de leurs projets. Cette 27e édition du MCM aura une nouvelle fois démontré la vitalité du cinéma contemporain et son lien intime avec la musique.

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La Tunisie s’apprête à lancer la 6ᵉ phase des projets d’énergie renouvelable

La sixième phase du système d’autorisations pour les nouveaux projets d’énergie renouvelable, d’une capacité de 1, 2 et 10 mégawatts, sera lancé dans le courant de ce mois. (Photo : Centrale-solaire-photovoltaïque à Metbasta – Kairouan).

C’est ce qu’a annoncé le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, qui s’exprimait, samedi 4 avril 2026, lors de la clôture de la deuxième édition du Salon de l’Agriculture, de l’Eau, de l’Irrigation et des Énergies renouvelables, destiné aux gouvernorats de Médenine, Tataouine, Gabès et Kébili.

Ces projets permettront d’élargir la base d’investisseurs et de renforcer les initiatives privées, a souligné Chouchane, en rappelant que la cinquième phase de ce système avait abouti à l’octroi de 186 autorisations préliminaires pour des projets solaires, représentant une capacité totale d’environ 286 MW.

La Stratégie nationale de l’énergie à l’horizon 2035 repose sur le renforcement de la souveraineté et de la sécurité énergétiques, ainsi que sur la mise en place de services énergétiques modernes, fiables et compétitifs, a précisé le secrétaire d’État.

Selon lui, la Tunisie vise à produire 35 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030, puis à porter cette part à 50 % d’ici 2035. «Ces objectifs nationaux ne pourront être atteints que par des projets concrets dans les régions, ce qui souligne le rôle essentiel du développement régional dans la transition énergétique», a-t-il souligné.

Chouchane a ajouté que le mix énergétique tunisien était constitué d’environ 9 % d’énergies renouvelables jusqu’en mars 2026, avec un objectif de 10 à 11 % d’ici la fin de l’année. «Cette part pourrait atteindre 20 à 25 % d’ici fin 2027, grâce à la mise en service de plusieurs nouveaux projets», a-t-il affirmé.

I. B. (avec Tap).

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Tunisie | Ouverture des concours d’entrée aux écoles d’ingénieurs

Ouverture des concours nationaux d’entrée aux cycles de formation d’ingénieurs pour l’année universitaire 2026-2027. Au total, 3 238 places sont ouvertes, toutes spécialités confondues.

L’ouverture de ces concours ont été annoncée par un arrêté conjoint des ministres de l’Enseignement supérieur, de l’Agriculture et des Technologies de la communication, daté du 1er avril 2026 et publié au Jort du 3 avril.

Quatre concours sont prévus : Mathématiques-Physique (M-P), Physique-Chimie (P-C), Technologie (T) et Biologie-Géologie (B-G).

Les épreuves débuteront le lundi 1er juin 2026 et se poursuivront les jours suivants.

Les inscriptions se font exclusivement en ligne via la plateforme dédiée, avec une date limite fixée au 20 avril 2026.

Les étudiants inscrits dans une institution préparatoire publique pour l’année 2025-2026 devront obligatoirement passer les épreuves dans leur établissement.

Les autres candidats devront choisir deux centres d’examen lors de leur inscription, l’affectation finale relevant de la direction générale des études technologiques, selon les capacités d’accueil.

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Expansion du système éducatif français en Tunisie

Alors que des voix s’élèvent pour appeler à renforcer l’usage de la langue anglaise dans les cursus éducatifs en Tunisie, considérant le français comme une langue très secondaire dans le monde d’aujourd’hui, l’intérêt des parents tunisiens pour le système éducatif français n’a jamais été aussi important, au grand bonheur des établissements proposant un enseignement conforme au programme français.

Le système éducatif français en Tunisie, qui attire près de 20 000 élèves en Tunisie, a connu une expansion remarquable, avec un nombre d’établissements qui s’élève aujourd’hui à 32, contre seulement 9 en 2018 et 12 il y a deux ans. Ces établissements, qui proposent un enseignement conforme au programme français, sont répartis dans différentes régions de Tunisie.

Christine Jacquemin, directrice du Réseau des établissements d’enseignement français en Tunisie, l’a confirmé samedi 4 avril 2026 dans une déclaration à l’agence Tunis Afrique Presse (Tap), à l’occasion du Forum de l’enseignement du français en Tunisie, consacré à la présentation des établissements proposant ce modèle éducatif, organisée par l’Institut français de Tunisie (IFT).

Outre la découverte de l’offre linguistique variée offerte par le système éducatif français aux élèves dès le plus jeune âge, les participants ont eu droit à des échanges autour des pratiques pédagogiques innovantes, des rencontres avec des experts et acteurs du secteur et des ateliers interactifs pour les plus petits.

Pour Mme Jacquemin, la demande pour les établissements d’enseignement français est en constante augmentation, portée par la volonté croissante des familles tunisiennes d’offrir une éducation de qualité offrant des perspectives internationales.

Cette expansion ne se concentre plus dans la région du Grand Tunis, mais s’étend désormais à d’autres villes comme Sousse, Bizerte, Sfax, Gabès et Djerba, dans le but de rapprocher les services éducatifs des parents et de réduire les contraintes liées aux déplacements, ce qui a contribué à porter le pourcentage d’élèves tunisiens dans ces établissements à environ 95 %, selon les déclarations de Mme Jacquemin.

Cette augmentation du nombre d’établissements d’enseignement accrédités pour le cursus français s’accompagne d’une évolution des contenus pédagogiques. Véronique Doutreleau, directrice de l’éducation nationale française en poste à Tunis, souligne le recours croissant à l’apprentissage par projets, incluant des projets écrits et interactifs qui favorisent l’autonomie des élèves et développent leur esprit critique, leurs capacités d’analyse et leur aptitude au travail d’équipe.

Ce modèle éducatif repose également sur une approche multilingue, qui ne se limite pas au français, mais inclut aussi l’arabe et l’anglais, ainsi que d’autres langues comme l’espagnol et l’allemand. Il offre ainsi aux élèves de plus larges perspectives pour poursuivre leurs études dans des contextes internationaux variés.
Malgré la présence croissante de l’anglais à l’échelle mondiale, les deux responsables affirment que le français conserve toute sa place en Tunisie, grâce à un intérêt constant et à une confiance renouvelée des familles. Le principal défi, selon eux, demeure de trouver un équilibre entre l’expansion géographique et la préservation de la qualité de l’enseignement, notamment par la formation des enseignants et la mise à disposition des ressources nécessaires pour pérenniser cette progression.

Seul bémol souvent évoqué par les parents : les frais d’inscription des élèves restent élevés, dépassant 20 000 dinars par élève et par, et pouvant atteindre, dans certains établissements, 30 000 dinars.

I. B.

 

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Yasmine Hammamet ouvre son Carnaval international

La 11e édition du Carnaval international de Yasmine Hammamet se tient du 3 au 5 avril 2026, avec la participation de 800 artistes venus de 10 pays européens et de groupes folkloriques du nord, du sud et de la presqu’île du Cap Bon en Tunisie.

Ils ont présenté des spectacles artistiques (chorégraphies, chants et concerts musicaux) dans les rues principales de la ville.

Le directeur du carnaval, Walid Darwish, estimait à 40 000 le nombre de visiteurs, indique Diwan FM.

Le Carnaval international de Yasmine Hammamet est considéré comme une opportunité pour promouvoir le tourisme culturel et les loisirs dans cette zone balnéaire huppée.

I. B.

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Guerre d’Iran | Le second pilote américain secouru  

Les forces spéciales américaines ont secouru le second pilote du F-15 abattu au-dessus de l’Iran, ont indiqué, ce dimanche 5 avril 2026, trois responsables américains à Axios.

La destruction de l’appareil a été un véritable cauchemar pour l’armée américaine, d’autant plus que le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien avait lancé des recherches dans le sud-ouest du pays au cours des 36 dernières heures pour retrouver le pilote américain disparu.

Grâce à cette annonce, les deux membres de l’équipage du chasseur américain sont désormais libérés des mains des Iraniens.

Un responsable américain a précisé que l’opération avait été menée par une unité commando spécialisée, appuyée par une importante couverture aérienne, et a confirmé que toutes les forces avaient quitté l’Iran.

Le premier pilote a été secouru plusieurs heures après que son avion a été abattu. Il a fallu plus d’une journée pour localiser et secourir le second membre d’équipage.

Des forces spéciales américaines ont été déployées au sol en Iran, vendredi 3 et samedi 4, dans le cadre de la mission de recherche et de sauvetage.

Selon des sources citées par Axios, l’US Air Force a mené des frappes aériennes contre les forces iraniennes afin de les empêcher d’atteindre la zone.

Le New York Times a rapporté qu’après le sauvetage de l’officier, deux avions de transport ont été immobilisés sur une base isolée en Iran. Trois appareils supplémentaires ont été dépêchés pour évacuer tout le personnel militaire américain, et les deux avions immobilisés ont ensuite été détruits.

I. B.

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Iran | Un des deux pilotes de F-15 secouru (sources américaines)

L’un des deux pilotes du chasseur biplace américain F-15E abattu en Iran a été secouru par les forces américaines. Deux responsables américains l’ont confirmé à CBS News. Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent pour retrouver le second membre d’équipage, ont indiqué à Axios des sources proches du dossier.

«Au cours des dernières heures, l’armée américaine a mené à bien l’une des opérations de recherche et de sauvetage les plus audacieuses de l’histoire des États-Unis, pour venir en aide à l’un de nos incroyables officiers d’équipage, qui se trouve également être un colonel très respecté», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, précisant que le militaire avait été blessé et que l’opération de sauvetage avait mobilisé «des dizaines d’appareils».

Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé, samedi 4 avril 2026, avoir abattu un F-35 américain au-dessus du centre de l’Iran, publiant sur Twitter des images du siège du pilote «intact» comme preuve qu’il était vivant.

Cependant, selon une analyse d’expert citée par CNN, la photo du siège «correspond» à celle du F-15E.

La chaîne de télévision iranienne Irib a diffusé un message s’adressant aux habitants de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad : «Capturez le ou les pilotes ennemis et remettez-les vivants aux autorités contre une forte récompense.»

Les États-Unis ont confirmé la destruction d’un avion de chasse américain au-dessus de l’Iran, rapporte le New York Times, citant des responsables américains. Il s’agit du premier incident de ce type contre les États-Unis depuis le début de la guerre contre l’Iran le 28 février.

I. B.

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Tunisie | Un potentiel économique freiné par la bureaucratie

La bureaucratie n’est pas un détail de gestion. C’est le premier obstacle à l’emploi, à l’investissement et à l’avenir des jeunes. La Tunisie a du potentiel. Tout le monde le dit depuis trente ans — les institutions internationales, les économistes, les hommes politiques. Et ce potentiel, pendant ce temps, s’érode. Les jeunes diplômés partent. Les investisseurs hésitent. Les projets dorment dans des tiroirs en attendant des autorisations qui n’arrivent jamais. (Siège du gouvernement à la Kasbah: la bureaucratie contre l’économie).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le problème n’est pas le manque de ressources naturelles ni l’absence de compétences. Il est administratif. Il est structurel. Et il est évitable.

Entre 2012 et 2018, la Tunisie a perdu 46 places au classement Doing Business de la Banque mondiale. Ce n’est pas une statistique abstraite : c’est la traduction chiffrée de milliers de projets abandonnés.

Des chiffres qui ne mentent pas

Créer une entreprise en Tunisie nécessite en moyenne 9 procédures distinctes — contre moins de 5 dans la plupart des pays développés. Obtenir un permis de construction mobilise 18 démarches, contre 13 au Maroc et 9 en France. Exporter un produit tunisien vers l’Europe coûte 50 heures de démarches administratives — contre 13 heures dans les économies avancées.

Ce ne sont pas des chiffres de think tank. Ce sont des données de la Banque mondiale, confirmées par la Banque africaine de développement en 2024 et par le FMI dans ses consultations les plus récentes.

La Tunisie est aujourd’hui classée comme le pays «le plus risqué» du continent africain pour les entreprises, selon le Country Risk Atlas 2026.

Chaque procédure en trop est une raison de plus de ne pas investir. Chaque délai inutile est un emploi non créé. L’administration tunisienne, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, n’est pas neutre : elle est activement défavorable à l’activité économique.

Un potentiel réel, une économie bloquée

La Tunisie n’est pas un pays sans atouts. Son tissu industriel, son secteur agricole, sa main-d’œuvre qualifiée et sa position géographique en font un candidat naturel à une croissance soutenue. Les secteurs porteurs existent : énergies renouvelables, industrie technologique, numérique, agro-industrie.

Mais ces secteurs ne se développeront pas dans un environnement où les autorisations mettent des mois, où l’accès au foncier industriel relève du parcours d’obstacle, et où l’incertitude réglementaire décourage les investisseurs avant même qu’ils ne déposent un dossier.

La dette publique atteint 81 % du PIB en 2024. Le chômage des jeunes dépasse 30 % dans plusieurs régions de l’intérieur. La croissance économique n’a été que de 1,4 % en 2024. Ces chiffres ne sont pas le résultat d’une malchance conjoncturelle. Ils sont le résultat d’une gouvernance économique qui n’a pas rompu avec ses blocages structurels.

L’économie informelle représente entre 40 et 60 % de l’activité totale en Tunisie. C’est la mesure exacte de l’échec du cadre formel à offrir des conditions viables à ceux qui veulent entreprendre légalement.

Trois réformes concrètes, pas une de plus

Le diagnostic est posé depuis longtemps. Ce qui manque, c’est l’action. Trois réformes précises, immédiatement réalisables, permettraient de changer la donne sans attendre une hypothétique révolution administrative globale.

Première réforme : la digitalisation réelle des services aux entreprises. Pas les portails en ligne qui reproduisent les formulaires papier en PDF. Un service numérique vrai, avec des délais légaux contraignants, une traçabilité des dossiers et une obligation de réponse. La Banque mondiale a identifié ce levier comme prioritaire pour la Tunisie dans sa stratégie pays 2025. Plusieurs pays africains moins bien dotés ont déjà franchi ce pas.

Deuxième réforme : la mise en place d’un guichet unique opérationnel pour les investisseurs — avec une autorité réelle sur les administrations sectorielles. Les guichets uniques tunisiens existent sur le papier. Ils n’ont pas le pouvoir de débloquer les dossiers quand une administration sectorielle oppose un refus ou simplement n’est pas réactive.

C’est précisément ce pouvoir de coordination qui leur fait défaut.

Troisième réforme : l’instauration de délais légaux opposables pour toute décision administrative à incidence économique. Pas de réponse dans les 30 jours : accord tacite. Ce mécanisme, appliqué dans plusieurs pays méditerranéens, a prouvé son efficacité pour réduire les délais sans dégrader la qualité des décisions.

La question politique que personne ne pose

Ces réformes ne sont pas complexes sur le plan technique. Elles sont complexes sur le plan politique — parce qu’elles remettent en cause des pratiques, des positions de pouvoir et des habitudes institutionnelles solidement ancrées.

La vraie question n’est donc pas «Que faut-il faire ?». Elle est : «Qui a intérêt à ce que rien ne change ?» La réponse à cette question explique pourquoi les diagnostics se succèdent depuis quinze ans sans que les réformes suivent.

La Tunisie n’est pas condamnée à l’inertie administrative. D’autres pays, avec des points de départ similaires, ont réformé leur environnement des affaires en moins de cinq ans — le Rwanda, la Géorgie, le Maroc sur certains segments — et en ont tiré des gains de croissance mesurables.

Le potentiel de la Tunisie n’est pas une promesse d’avenir. C’est une réalité présente que l’administration empêche de se concrétiser. Changer cela, c’est possible. La question est de savoir si c’est voulu.

L’ingénierie avant les discours

Chaque grande réforme administrative commence par une décision politique claire, suivie d’un calendrier précis et d’indicateurs de résultat opposables. Pas d’un comité de réflexion de plus. Pas d’un rapport supplémentaire. Une décision, un calendrier, une obligation de résultat.

La Tunisie a aujourd’hui tous les éléments pour construire cela. Les modèles existent. Les compétences techniques sont disponibles. L’urgence est réelle — et croissante.

D’autres pays ont transformé en moins d’une décennie une administration pesante en avantage compétitif. La Tunisie peut faire de même. Mais l’histoire économique ne retient pas les pays qui avaient du potentiel — elle retient ceux qui ont eu le courage de s’en saisir.

Les rapports s’accumulent. Les diagnostics sont posés. Ce qui manque désormais, ce n’est ni l’expertise ni les modèles : c’est la décision. Et le temps presse. **

* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.

** Cet article a été rédigé avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle pour la structuration du texte et la vérification de la cohérence des données. Les analyses, les choix éditoriaux et les prises de position sont ceux de l’auteur.

Sources : Banque mondiale (Doing Business, rapports pays 2024-2025) ; Banque africaine de développement (2024-2025) ; FMI (consultations Article IV) ; Country Risk Atlas 2026 ; PNUD (déclarations Abdallah Dardari, 2025).

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Le poème du dimanche | ‘‘Asra’’* de Heinrich  Heine

Né en 1797 à Düsseldorf, Heinrich Heine est poète, journaliste, critique, essayiste et polémiste. Il est considéré comme l’une des voix importantes du romantisme allemand.  

Heine s’engage peu à peu dans les idéaux politiques qu’il découvre dans la révolution française de 1830. Ce qui lui draine les foudres de la censure et les attaques, de toutes sortes, y compris pour des raisons confessionnelles. Il se convertit au christianisme et quitte l’Allemagne, s’installe en France, en 1831, jusqu’à son décès, en 1856, à Paris, où il est enterré sous le nom de Henri Heine.

Marquée par des voyages, surtout en Italie, sa poésie ne manquera pas de s’ouvrir à des imaginaires du sud. En témoigne le poème suivant.

Tahar Bekri

Chaque jour au crépuscule

La divine fille du Sultan

Flânait près de la fontaine

Jaillissante d’eau blanche et d’écume.

Chaque jour au crépuscule

Se tenait le jeune esclave à la fontaine

Jaillissante d’eau blanche et d’écume,

Chaque jour un peu plus pâle.

Un soir s’approcha la Princesse

Et, de quelques mots brefs :

«  Je veux savoir ton nom,

Ton pays, ta tribu : »

Et le jeune esclave parla :

« Je m’appelle Mohamed,

Je viens du Yémen, de la tribu des Asra,

Ceux qui meurent quand ils aiment. »

* Asra : esclaves ? NDR

‘‘Romancero’’, traduit de l’allemand par  Serge Dinerstein

(Remerciements site La Cave à poèmes).

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La Tunisie interdit les «faux verrous de ceinture de sécurité»

Les «faux verrous de ceinture de sécurité» et autres produits susceptibles de neutraliser les dispositifs de sécurité dans les véhicules dans le but de tromper la vigilance des agents de la circulation sont désormais interdits en Tunisie.    

Le Journal officiel du 3 avril 2026 a publié un arrêté interdisant la fabrication, l’importation, le stockage, la mise en vente ou la distribution, gratuite ou payante, de tout produit susceptible de neutraliser les dispositifs de sécurité dans les véhicules.

L’arrêté prévoit la saisie et la destruction de ces produits aux frais du fournisseur, ainsi que le retrait des produits non conformes des circuits de distribution, dont les coûts incombent aux fabricants, fournisseurs et distributeurs.

Cette décision fait suite à la diffusion du «faux verrou de ceinture de sécurité», inséré dans la boucle de la ceinture pour tromper le système électronique du véhicule, et à la gravité de son impact sur le comportement des conducteurs et sur les dispositifs de protection intégrés aux véhicules.

I. B.

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Tunisie | Calendrier des examens nationaux 2025/2026

Le ministère de l’Éducation a annoncé ce samedi 4 avril 2026 le calendrier des examens nationaux pour l’année scolaire 2025/2026. Il s’établit comme suit…

Baccalauréat :

– l’examen de fin d’année d’éducation physique se déroulera du 13 au 25 avril, les épreuves pratiques et orales ayant lieu du 14 au 23 mai ;

– les épreuves écrites se tiendront pendant la session principale, les 3, 4, 5, 8, 9 et 10 juin, et les résultats seront publiés le mardi 23 juin;

– les épreuves de rattrapage auront lieu les 29 et 30 juin, ainsi que le 1er et 2 juillet, et les résultats seront publiés le 12 juillet.

Certificat d’études générales et Certificat d’études techniques :

Les épreuves écrites se dérouleront les 18, 19 et 20 juin 2026. Les résultats seront publiés le 6 juillet.

Concours d’entrée en classes préparatoires :

Les épreuves écrites se dérouleront les 22, 23 et 24 juin 2026 et les résultats seront publiés le 10 juillet.

I. B.

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Migrants sur une plateforme abandonnée au large de Gabès

Le navire Aurora de l’ONG Sea Watch a récemment quitté le port de Lampedusa, en Sicile (Italie) et s’est dirigé vers la plateforme offshore abandonnée de Didon, située dans les eaux entre la Tunisie et la Libye, pour secourir des migrants qui y ont trouvé refuge.  

Selon Alarm Phone, 47 personnes se sont réfugiées à bord de la structure abandonnée depuis plusieurs jours «pour survivre à la tempête avec très peu de nourriture et d’eau». «Aucun pays ne leur est venu en aide», a expliqué Sea Watch, citée par l’agence italienne Ansamed.

Le champ pétrolier Didon est situé à 78 km au large du Golfe de Gabès. Découvert en 1975 et foré en 1985. Suite à la baisse de la production journalière, l’Etap, l’entreprise publique tunisienne qui en est propriétaire, a décidé de suspendre la production fin 2017. Une étude et technico-économique, réalisée en 2019, a conclu que le champs pourrait encore être exploité pour une période de 15 ans. Encore faut-il que l’Etap trouve les investissements nécessaires. En attendant, la plateforme est à l’abandon, comme de nombreux projets rentables en Tunisie. Cherchez l’erreur !

I. B.  

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Libye | Le pétrole creuse la fracture entre Tripoli et Benghazi

La question du pétrole et des dépenses publiques en Libye entre les gouvernements en place à Tripoli et Benghazi entre dans une nouvelle phase de conflit politique. Le Fonds libyen pour le développement et la reconstruction, dirigé par Belgassem Haftar, ayant annoncé, le 31 mars 2026, son rejet anticipé des conclusions des réunions du comité économique réuni récemment en Tunisie.

Les participants à la réunion, présentés comme représentant l’Est et le Sud, ne sont pas réellement représentatifs et leurs conclusions ne sont pas contraignantes pour ledit Fonds, a tranché Haftar. Alors que l’agence de presse officielle libyenne Lana et The Libya Observer ont notamment pointé du doigt Rifaat al-Abbar et Fakher Boufrane.

Ce différend porte sur des négociations qui, selon des sources libyennes citées par les médias locaux, se déroulent ou sont en voie de finalisation à Tunis sous l’égide des États-Unis.

Ces négociations porteront sur le suivi de la mise en œuvre du programme de développement unifié et aborderont l’élaboration d’un budget national unique, sujet qui demeure le véritable nœud du conflit entre Tripoli et Benghazi.

L’économie pour baliser le dialogue politique

Le 28 mars, le président du Conseil présidentiel, Mohamed al-Menfi, a rencontré Belgassem Haftar à Derna, appelant à l’unification des institutions, à une gestion financière saine et à un budget général unique.

La rencontre de Tunis fait suite à une série de contacts déjà tenus à Rome et à Paris, dont l’existence a été confirmée ces derniers mois par des sources américaines et des médias libyens.

La voie économique promue par la Manul ne surgit pas de nulle part. En janvier, la mission onusienne avait identifié l’unification du budget national et la réforme de la gouvernance des recettes pétrolières comme des priorités du dialogue structuré.

Cette même ligne a été réitérée par les partenaires internationaux, notamment l’Italie, qui, en novembre, a salué l’accord du 18 novembre sur le «Programme unifié de développement» comme un outil pour renforcer la Compagnie nationale de pétrole, la Banque centrale et la stabilité financière.

Le 26 mars, l’ambassade des États-Unis a également insisté sur la pleine mise en œuvre de ce programme et la nécessité d’un budget unifié, a rapporté Libya Herald. Il s’agit d’un enjeu économique plutôt qu’institutionnel.

Le 22 février, le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah a demandé à la Banque centrale de geler tous les financements de projets pour 2026, dénonçant le fait que les dépenses parallèles avaient dépassé 70 milliards de dinars.

Quelques jours auparavant, devant le Conseil de sécurité, la Représentante spéciale des Nations Unies pour la Libye, Hanna Serwaa Tetteh, avait averti que l’absence de budget unifié, le manque de coordination des dépenses et la baisse des recettes pétrolières fragilisaient les réserves, le dinar et le niveau de vie, dans un contexte d’inflation, de pénuries de carburant et de mécontentement social croissant.

Absence d’accord sur le contrôle des flux pétroliers

En toile de fond, la question d’Arkenu Oil pèse lourdement : cette compagnie privée a mis fin au monopole historique de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) sur les exportations de pétrole brut et, selon un rapport de l’Onu de décembre 2025, était indirectement contrôlée par Saddam Haftar, qui demandait des paiements vers des comptes étrangers en dehors des circuits habituels de la Banque centrale.

Parallèlement, le Libya Observer a rapporté que Dbeibah avait demandé à la NOC de suspendre un accord de développement controversé avec Arkenu, signe d’une nouvelle répression sur la question énergétique la plus sensible du pays.

Pour la Tunisie, qui avait déjà accueilli en janvier le mécanisme consultatif tripartite avec l’Algérie et l’Égypte sur la crise libyenne, la perspective d’une table ronde à Tunis confirme son rôle de plateforme de médiation régionale. Mais le signal en provenance de Benghazi est clair : sans accord sur le contrôle des flux pétroliers, des fonds de développement et du processus décisionnel entre la NOC, la Banque centrale et les centres de pouvoir locaux, la question économique risque de rester le principal facteur de fragmentation de la Libye.

D’après Ansamed.

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Tunisie | Hommage à la romancière Souad Guellouz

La Bibliothèque nationale de Tunisie a organisé, aujourd’hui, samedi 4 avril 2026, une rencontre d’hommage à la mémoire de la poétesse Souad Guellouz décédée le 27 janvier dernier.

Née en 1937 à l’Ariana, Souad Guellouz peut être considérée comme la pionnière du roman féminin de langue française en Tunisie, a noté le poète Tahar Bekri dans sa page Facebook.  

«‘‘La vie simple’’, son premier roman, écrit en 1958, à peine à vingt ans, ne sera publié qu’en 1975, à la MTE, il aura attendu 18 ans pour voir le jour. Je ne sais si l’auteure s’est expliquée là-dessus», a-t-il rappelé. Et d’ajouter : «Roman de la ruralité, les Guellouz sont originaires de Métline, c’est aussi le roman d’émancipation, l’auteure est issue d’un milieu de lettrés, formés à l’école bilingue.»

Enseignante de français au Lycée rue de Russie à Tunis, Guellouz s’est essayée au roman, à la nouvelle et à la poésie. Elle est l’auteure de ‘‘Jardins du nord’’, ‘‘Salammbô’’, 1982, ‘‘Myriam ou le rendez-vous de Beyrouth’’, 1998, et d’un recueil de poésie ‘‘Comme un arc-en-ciel’’, 2003.

«Je ne me souviens pas l’avoir rencontrée, c’est par son frère, feu Si Ezzedine Guellouz, qui fut ambassadeur à l’Unesco, à Paris, et auquel elle dédie le livre, que j’ai entendu parler d’elle . Je l’ai lue, apprenant beaucoup sur le Nord de la Tunisie, étant du sud», note encore Bekri.  

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Guerre d’Iran | La pénurie d’hélium affecte les industries de pointe

La guerre d’Iran affecte l’approvisionnement en hélium, gaz essentiel pour la fabrication des semi-conducteurs, le bon fonctionnement des appareils d’IRM et dont dépend aussi fortement l’IA. Dans une enquête publiée dans le Wall Street Journal, Georgi Kantchev indique que les acheteurs d’hélium ont été avertis de possibles réductions d’approvisionnement étant donné que les livraisons en provenance du Golfe persique étant fortement réduites par le conflit. (Photo : Les frappes iraniennes contre l’usine de GNL de Ras Laffan au Qatar ont affecté les exportations d’hélium.)

Imed Bahri

Cette crise exerce une pression immense sur un marché où l’offre ne peut être augmentée rapidement, menaçant de perturber la production de nombreux composants, des semi-conducteurs aux pièces détachées pour drones militaires et fusées spatiales.

L’hélium est le deuxième élément le plus abondant de l’univers après l’hydrogène mais il est rare sur Terre où on ne le trouve qu’en petites quantités dans des poches de gaz naturel. Les entreprises énergétiques le séparent du méthane, de l’azote et d’autres gaz puis le transportent sous forme de liquide cryogénique.

Si de nombreux fabricants de puces et entreprises de défense ne seront pas immédiatement touchés, les fournisseurs ont déjà commencé à informer certains clients de possibles réductions d’approvisionnement selon des acteurs du secteur.

Livraisons limitées sur un marché au comptant

Les utilisateurs d’hélium s’appuient généralement sur des contrats à long terme mais se démènent désormais pour obtenir des livraisons limitées sur le marché au comptant*, ce qui a engendré une surenchère et plus que doublé les prix, selon les observateurs. La Corée du Sud, grand fabricant de puces fortement dépendant des approvisionnements qataris s’est tournée vers les producteurs américains pour obtenir des quantités supplémentaires.

«C’est le scénario que nous redoutions depuis toujours», a déclaré Cliff Keane, directeur commercial de Pulsar Helium Exploration qui avertit : «C’est un événement rare et dangereux. Nous allons assister à une escalade progressive de la concurrence pour l’accès à ce gaz».

L’hélium est essentiel à de nombreuses industries modernes en raison de sa conductivité thermique élevée, ce qui le rend idéal pour un refroidissement rapide. Les fabricants de puces l’utilisent pour maintenir des températures stables lors de la fabrication de semi-conducteurs de pointe.

Dans de nombreuses applications de refroidissement de puces, il n’existe pas de substitut facile à l’hélium. Il est également utilisé en médecine pour refroidir les aimants supraconducteurs des appareils d’IRM et soutient les technologies spatiales, notamment les missions de la Nasa où il est utilisé pour nettoyer les réservoirs de carburant des fusées. Il joue également un rôle crucial dans la fabrication des fibres optiques et les applications de défense.

«La pénurie d’hélium révèle une vulnérabilité plus profonde du développement de l’IA: sa forte dépendance à un nombre limité de sites sensibles aux tensions géopolitiques», a déclaré Ralph Gobler, directeur de recherche chez S&P Global.

Essentiel à de nombreuses industries modernes

Ce gaz non renouvelable est produit par la désintégration radioactive dans les profondeurs du sous-sol et s’échappe dans l’espace une fois libéré. ​​La production mondiale l’an dernier s’élevait à environ 190 millions de mètres cubes, soit l’équivalent de 76 000 piscines olympiques.

Les perturbations des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar ont réduit les approvisionnements en hélium, Doha exportant la majeure partie de sa production via le détroit d’Ormuz dont la navigation est perturbée par le conflit.

Même si la guerre prend fin rapidement et que le détroit rouvre, certaines pertes seront difficiles à compenser. Le Qatar a annoncé que les frappes iraniennes contre son usine de Ras Laffan ont causé d’importants dégâts, réduisant ses exportations d’hélium de 14% et que les réparations pourraient prendre jusqu’à cinq ans.

Certains fournisseurs ont déjà commencé à rationner leurs approvisionnements. La société américaine AirGas a invoqué la force majeure, informant l’un de ses clients qu’elle ne serait en mesure de couvrir que la moitié de ses besoins mensuels habituels, moyennant un supplément de 13,50 $ par tranche de 100 pieds cubes au-delà du prix convenu.

Ken a indiqué que des acheteurs en Inde et au Brésil avaient également reçu des notifications similaires de leurs fournisseurs.

En raison de l’utilisation généralisée de l’hélium, les effets de la pénurie se propagent rapidement à de nombreux secteurs et pays. La Corée du Sud a averti qu’une crise persistante nuirait à sa production de semi-conducteurs car elle a importé environ les deux tiers de ses besoins du Qatar l’année dernière.

Taïwan est confrontée à des risques similaires en raison de sa forte dépendance aux approvisionnements qataris, tandis que l’industrie chimique allemande a mis en garde contre des pénuries de matières premières, notamment d’hélium.

Les États-Unis, premier producteur mondial d’hélium, sont actuellement moins touchés, mais les analystes estiment qu’une crise qatarie persistante aura également des répercussions sur ce pays.

Les fabricants de puces disposent de stocks d’hélium et des cargaisons étaient déjà en route vers l’Asie lorsque le conflit a éclaté, ce qui pourrait retarder le début de la crise. GlobalFoundries a déclaré suivre la situation de près mais ne prévoit pas d’impact immédiat.

Un autre problème réside dans la durée de conservation limitée de l’hélium, notamment sous sa forme liquide cryogénique. Il absorbe progressivement la chaleur et se transforme en gaz, ce qui augmente la pression à l’intérieur des conteneurs et provoque des fuites, un phénomène appelé «ébullition»

Des centaines de conteneurs actuellement bloqués

La durée de conservation effective de la plupart des conteneurs est de 35 à 48 jours avant que des pertes de gaz importantes ne commencent. Des centaines de conteneurs spécialisés, d’une valeur d’environ un million de dollars chacun, sont actuellement bloqués au Moyen-Orient.

Les entreprises se préparent au pire et les principales entreprises asiatiques procèdent à un examen approfondi de leurs stocks d’hélium.

* Le marché au comptant (ou spot market) est un marché financier ou de matières premières où les transactions sont conclues et réglées immédiatement (ou sous 2 jours ouvrables, T+2), avec une livraison immédiate de l’actif au prix actuel.

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Brahim Saci | ‘‘L’encre des regrets’’, entre mémoire et lumière

Brahim Saci, poète kabylo-parisien, livre dans ‘‘L’encre des regrets’’ (Editions du Net, janvier 2026), préfacé par Paul Ardene, une œuvre d’une intensité rare, où la mémoire, la solitude et le temps perdu se mêlent à une poésie qui se veut à la fois confession et méditation.

Djamal Guettala 

Dès les premières pages, le lecteur est confronté à une écriture où l’intime dialogue avec l’universel. Comme le souligne Paul Ardenne dans sa préface : «Rien ne doit échapper au juste à l’enquête (qu’est-ce ma vie ?) et ce que révèle l’enquête doit être mis en mots (voilà ma vie)».

Cette quête de vérité personnelle est le fil rouge qui traverse l’ensemble des poèmes, donnant à l’œuvre une cohérence malgré la diversité des thèmes et des formes.

La structure et la forme des poèmes témoignent d’un équilibre subtil entre rigueur et liberté.

De nombreux textes adoptent le quatrain ou la disposition libre rappelant le robāʿi persan (quatre vers rimés), offrant à l’œil une régularité qui contraste avec la fluidité de la pensée et la profondeur émotionnelle.

Cette tension entre forme et flux de conscience est exemplifiée dans ‘‘Sentier de mirage’’ :«Ai-je raté le virage ? / Dans des questions sans réponses, / Pieds nus sur les ronces, / Dans un désert ardent.» 

Le rythme serré et la disposition maîtrisée traduisent la lutte entre le contrôle du langage et le tourbillon intérieur.

L’angoisse du temps qui passe

Les rimes et sonorités alternent entre classicisme et rupture, comme pour traduire l’oscillation constante entre passé et présent, entre harmonie et chaos émotionnel. Dans Les pas qui s’effacent, Saci écrit : «Le givre recouvre mes cris, / Comme un miroir aux mille bris / Il me raconte ce que je fus, / Et ce que je ne suis plus.»La musicalité de ces vers, parfois délicate, parfois heurtée, est au service de la thématique centrale : le regret et l’angoisse du temps qui passe.

L’imagerie poétique est au cœur de la force d’écriture de Saci. L’encre devient flux de mémoire, la mer se fait exil, le vent souffle les souvenirs et les efface à la fois.

Dans ‘‘Le souffle des cendres’’, il note : «Le temps dévore mon cœur, / Comme une bête affamée. / Il traîne avec lui la peur, / Et la mémoire brisée.»Les images sont concrètes, sensorielles, et pourtant profondément symboliques, donnant à l’émotion une force presque visuelle.

Les allusions et références culturelles enrichissent cette expérience poétique. Rumi, le soufisme, et des lieux géographiques précis – Kabylie, Étretat, la mer du Nord – tissent un fil culturel et spirituel qui transforme chaque poème en méditation et témoignage. Dans Entre Kabylie et Étretat, il écrit : «Une senteur, un parfum, / Une silhouette en chemin / Qui me rappellent / La beauté du ciel, / Restée derrière mes pas…» Ces repères ancrent le lecteur dans un espace réel et symbolique, où chaque lieu devient mémoire et inspiration.

Mais L’encre des regrets n’est pas seulement une poésie de contemplation. Elle explore la solitude, les amours perdues et les crises du monde contemporain. Dans ‘‘Seul à Noël’’, Saci confie : «La table est mise, les chaises vides sont muettes, / Noël frappe à la porte et mon cœur s’arrête…»

La poésie : arme et refuge

L’émotion brute et la confession intime cohabitent avec des textes plus engagés, comme ‘‘Psaume pour un monde en chute’’«Les savants fous ont empoisonné l’humain, / Le sacré a fui nos chemins, / Les vendeurs du temple trônent, / La décadence ils prônent.»

Cette alternance traduit la capacité de Saci à faire de la poésie une arme et un refuge, un exutoire et un acte de mémoire.

Les ruptures et les contrastes traversent également les poèmes d’amour. Dans ‘‘Amélie, Éden perdu’’, le poète évoque la trahison et la passion avec une intensité dramatique : «Tu m’as aimé, tu me hais aujourd’hui. / Tu fus attirée par les sens qui chavirent, / Par les naufrages des navires, / Pour goûter à l’ivresse du gouffre.»

Les amours d’un autre âge, évoquées dans ‘‘Ces amours d’un autre âge’’, deviennent autant de portraits fugitifs mais vivaces, où chaque souvenir se mêle au souffle de l’encrier et à la respiration poétique.

Enfin, la dimension spirituelle et universelle de l’œuvre s’affirme dans la tension entre chute et lumière. Les poèmes tels que ‘‘Noyade du monde’’ ou ‘‘Les eaux du dedans’’ traduisent l’angoisse existentielle, mais Saci offre toujours un souffle de renaissance et d’espoir : «Mais des anges sont parmi nous, / Ils balaieront les fous, / Ces êtres de lumière, / Sauveront la terre.»

Même dans la perte, même dans le regret, l’écriture devient un acte de survie et de transmission.

‘‘L’encre des regrets’’ est donc un voyage poétique qui confronte l’homme à lui-même et au monde, oscillant entre solitude et mémoire, douleur et lumière.

Par sa maîtrise formelle, sa puissance imagée et son souffle spirituel, Saci confirme que la poésie n’est pas seulement une voix du passé, mais une exploration du présent et un pont vers l’avenir. Chaque poème, qu’il parle d’amour, de perte ou de désastre mondial, devient un éclat de conscience et un acte de résistance.

Dans cet encrier de vie et de souvenirs, le lecteur trouve autant l’écho de ses propres blessures que la flamme fragile de l’espérance. Comme le rappelle Saci dans ‘‘Le feu qui reste’’ :«Mais sans jamais se lasser / De la plume, même cassée, / Je garde les braises et les brûlures.»Une œuvre qui, sous sa densité, laisse respirer et inspire, à chaque lecture, la méditation et la réflexion.

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Maroc et Équateur, un vent de fraîcheur dans le football mondial

Cela peut paraître surréaliste, mais le match de préparation à la Coupe du monde de football 2026 aux Etats-Unis-Mexique et Canada, qui s’est déroulé à Madrid, samedi 29 mars 2026, entre le Maroc et l’Équateur, pourrait tout à fait représenter une répétition en vue du dernier carré du prochain Mondial. Le 1-1 qui a sanctionné l’issue de l’événement a été instructif sur plusieurs plans.

Jean-Guillaume Lozato

Sur le plan géopolitique, ce match a été le bienvenu. L’affiche contrastait avec le climat planétaire tendu et délétère qui secoue la tectonique diplomatique de cette année de Coupe du Monde.

En proposant une affiche entre deux nations éloignées par la distance et les très grandes différences culturelles, tout en appartenant à des zones climatiques «chaudes».

L’Équateur et le Maroc sont tous deux bordés par l’immensité océanique, le Pacifique pour le premier nommé et l’Atlantique pour le second nommé. Et de l’Atlantique à l’atlantisme il manque peu, puisque les deux contrées sont liées à l’Amérique. La nation équatorienne, ancrée dans ce que l’on appelle l’Amérique latine, est bien entendu liée aux États-Unis. Le royaume marocain, lui, bien que situé en Afrique, entretient des relations avec les États-Unis depuis leur création officielle, ce qui est exceptionnel dans le monde arabe. Le lieu du prochain tournoi planétaire peut donc se présenter comme un effet d’aubaine.

Les deux équipes nationales représentent ensuite deux anciens grands empires. De surcroît au contact avec l’Espagne des Conquistadors par le passé. Avec les liens, de résidence ou sportifs, entre la péninsule ibérique et certains internationaux marocains (Brahim Diaz, Achraf Hakimi, Yassine Bounou, Youssef En-Nesyri, Abdessamad Ezzalzouli, Ilias Akhomach…), il semblerait que l’espagnol soit devenu la langue vernaculaire du foot de haut niveau.

Sportivement parlant

L’historique marocain à la plus prestigieuse compétition dédiée au ballon rond a évolué d’abord par tranches puis s’est apparenté à une continuité. Les Lions de l’Atlas ont agrémenté le tournoi majeur footballistique de leur présence et de leur spontanéité dès l’ère moderne du sport de haut niveau. La progression constatée dès les années soixante ont permis d’aboutir à une première participation honorable en 1970… au Mexique, déjà pays organisateur. Pour s’y retrouver seize ans plus tard et y livrer une performance en tant que première équipe nationale arabe et africaine à accéder au deuxième tour. Puis un retour en coupe du monde en 1994 aux… USA, une présence en France en 1998, une en Russie en 2018. L’apothéose s’étant produite en 2022, au Qatar, avec l’accession aux si prestigieuses demi-finales.

Tandis que l’Équateur a suivi un historique beaucoup plus en pointillés : trois participations au total en coupe du monde (2002,2006,2014). Avec quelques signes encourageants (une prestation d’ensemble pas trop mauvaise en 2022, le franchissement du premier tour en 2006 avant de perdre de justesse contre l’Angleterre de David Beckham, un 0-0 accrocheur contre la France en 2014).

Le match amical en Espagne

En Espagne, les deux équipes ont livré une partie disputée. La première demi-heure de jeu a vu des Marocains décidés, néanmoins un peu timorés au point de trop se reposer sur les épaules de leur grande star Achraf Hakimi. Une domination maghrébine a bien eu lieu les trente premières minutes de jeu. Entre des Marocains en voie de confirmation mais en rodage suite au changement impromptu de sélectionneur, et des Equatoriens décomplexés mais pas inconscients pour autant. Les «Rouges» ont opté pour un 4-2-3-1 se métamorphosant en 4-4-2 sous l’impulsion d’“Ez Abde” Ezzalzouli. Pendant que les «Jaunes» se sont appliqués à mettre un 4-2-3-1 de base, avec des variantes passant du 4-2-4 au 3-5-2 en phase plus offensive. Un piège du «faux» 3-5-2 qui rappelle le schéma employé par Ricardo La Volpe lorsqu’il dirigeait la sélection nationale mexicaine, un entraîneur argentin, comme l’actuel sélectionneur équatorien Sebastian Beccacece, homme également à la personnalité affirmée et au look singulier.

Cette disposition a mis les Marocains en difficulté, au point de les voir menés sur un beau tir de John Yeboah Zamora. Ils ont puisé dans leurs ressources pour égaliser en fin de match par Neil El Aynaoui le milieu de l’AS Roma. Autres joueurs en vue au cours de cette rencontre : le toujours vaillant Moises Caicedo, passé par la Lazio et désormais à Chelsea, puis bien évidemment Achraf Hakimi.

Sur la route du Mondial 

Les deux équipes concernées ont donné à voir du spectacle au public, alors qu’une telle affiche aurait très bien pu déboucher sur 0-0 en raison du sentiment d’inconnu qui prédominait auprès de deux équipes qui ne s’étaient jusqu’alors jamais affrontées.

Côté nordafricain, on est attente d’une consolidation et d’un retour à la sérénité après une finale de CAN marquée par la polémique. Les «Lions de l’Atlas» devront gérer, la pression, leurs émotions, à l’image du penalty raté au cours de leur opposition aux Equatoriens.

Pour sa part, la «Tri» obéit à des perspectives bien différentes. Bien qu’absente au Qatar, elle représente une valeur montante. Cette courbe ascendante s’est traduite au niveau des résultats en éliminatoires en battant l’Argentine et en tenant en échec le Brésil. Suite à un travail de fond qui avait été entamé dès 2014, où les hommes au maillot jaune avaient développé un jeu efficace en même temps qu’une certaine esthétique du football. Ils semblent par ailleurs plus enclins à la flexibilité tactique que leurs homologues du royaume maghrébin.

Un point commun rassemble ensuite les deux formations, qui pourrait s’avérer déterminant. C’est celui de la diversité des types physiques des membres qui les composent. Ce qui était un point fort pour des équipes comme le Brésil, la Belgique ou la France notamment de l’époque «BBB» (Black-Blanc-Beur), n’est plus un privilège exceptionnel. En effet, l’Equateur et le Maroc comptent parmi leurs joueurs des protagonistes déclinant un véritable arc-en-ciel de phénotypes. Ce qui donne un style de jeu à l’impact physique afro-latin et afro-maghrébin, et qui pourrait poser des problèmes aux plus grandes équipes.

Du typé européen hispanique Hernan Galindez au négroïde Willian Pacho en passant par le métis hispano-indien Piero Hincapié, la défense équatorienne symbolise cet état de fait.

Quant à l’équipe nationale marocaine, elle compte le défenseur maroco-sénégalais Issa Diop, et un joker comme l’attaquant Amir Richardson. Sans compter l’hispano-marocain Brahim Diaz. Une ouverture qui s’est déjà traduite dans d’autres sports avec le skieur italo-marocain Pietro Tranchina et l’athlète italo-marocaine Nadia Battocletti.

La Coupe du Monde de football est l’occasion de célébrer le multiculturalisme sportif. Avec un match amical comme celui dont nous parlons ici, nous sommes en train d’assister à un magnifique avant-goût de ce qui sera une célébration inédite de par son format et du fait de l’accentuation de la diversité. Nul doute qu’une demi-finale entre Equateur et Maroc aurait tous les atouts pour séduire le public cet été.

Tout comme les Jeux Olympiques, cette Coupe du monde est une fête. Le Maroc avait illuminé Qatar 2022. L’Equateur pourrait bien, lui, insuffler un vent de fraîcheur sur une épreuve qui promet d’être spectaculaire à défaut de garantir encore des certitudes. Pour anticiper tout cela, il suffit de faire appel à la science du sport de haut niveau et à la méta-géographie…

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Tunisie | Deux ans de prison pour l’ex-sélectionneur Sami Trabelsi  

L’ex-sélectionneur de l’équipe de Tunisie de football, Sami Trabelsi, a été condamné à deux ans de prison et à une amende, dans une affaire à caractère bancaire.

La décision a été prise par la Chambre correctionnelle spécialisée dans l’examen des affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis, a indiqué Mosaïque FM en citant une source bien informée. 

L’ancien joueur du Club sportif sfaxien (CSS) et de l’équipe nationale de football a été limogé de la direction technique nationale, début janvier dernier, après avoir qualifié les Aigles de Carthage à la Coupe du monde Fifa 2026 et raté la Coupe arabe et la Coupe d’Afrique de nations. Remplacé par Sabri Lamouchi, il a rejoint Doha, au Qatar, où il loue ses services d’analyste et de chroniqueur de football pour les chaînes beIN Sports.   

I. B.

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