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Discours de Trump sur l’état de l’Union : de l’art de dissimuler ce qui dérange

Lors de son discours tant attendu sur l’état de l’Union aux Etats-Unis, Donald Trump a tenu une allocution plate et décousue pour vanter les victoires « rapides, décisives et écrasantes »  de l’armée américaine. Alors que le conflit semble sans issue prévisible.

Et la montagne accoucha d’une souris. Alors que le monde retenait son souffle en attendant le discours du président américain sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est présenté d’un air las à son pupitre tard dans la soirée du mercredi 1 avril. Et ce, avant de lire son prompteur pendant vingt minutes sans annoncer quoi que ce soit de neuf. Puis de s’en aller sans prendre de questions.

Pourtant, Donald Trump aura mis un mois avant de s’adresser directement aux Américains pour expliquer la guerre qu’il a lancée en Iran avec Israël. En effet, il s’était contenté le 28 février, le début de l’offensive « Fureur épique », d’une vidéo préenregistrée, diffusée depuis sa résidence privée de Floride, casquette sur la tête et sans cravate.

Cacher ce qui fâche

Lors de son discours, le milliardaire républicain n’a pas parlé de tout ce qui fâche. Pas un mot sur d’éventuelles troupes au sol, une perspective très impopulaire aux Etats-Unis, même au sein du mouvement MAGA. Les derniers sondages démontrent en effet que deux Américains sur trois s’opposent à cette guerre et pensent que le président fait du mauvais boulot à la tête des forces armées du pays.

Pas un mot sur les quelque 1500 civils iraniens qui ont péri depuis le début des frappes israélo-américaines, dont au moins 150 écolières.

Silence total au sujet du million de Libanais, soit le cinquième du pays, qui a été forcé de fuir pour échapper aux attaques israéliennes, ou encore sur la crise humanitaire qui pointe le nez.

Pas un mot non plus sur la question des réserves d’uranium enrichi de l’Iran. Rien sur les objectifs obscurs et changeants de ce conflit armé qui coûte 1 milliard de dollars par jour aux contribuables américains et 300 millions aux citoyens israéliens.

Sur le plan interne, Donald Trump est passé très rapidement sur le sujet qui préoccupe les Américains et qui lui vaut de sombrer dans les sondages depuis un mois : à savoir la flambée du prix de l’essence. Il s’agit d’un phénomène « de court terme » et l’économie américaine n’a « jamais été aussi forte », a-t-il assuré. Tout en soutenant que le pays ne connaissait « aucune inflation ». Du déni total, démenti des réalités par les chiffres qui ne trompent pas.

Flou artistique

Alors, quoi de neuf dans le discours présidentiel ?  La vérité c’est que le locataire de la Maison Blanche cherchait avant tout à vendre l’image du commandant en chef qui maîtrise la situation- alors que tout semble craquer de partout- et à convaincre ses compatriotes que l’intervention américaine en Iran n’est qu’une simple promenade de santé.

La preuve : les forces armées américaines ont, en quatre semaines, « décimé l’Iran économiquement et militairement », oblitéré ses forces navales et aériennes ainsi que son programme nucléaire. Sauf que l’Iran continue de contrôler le goulot d’étranglement qu’est le détroit d’Ormuz, où transite 20 % de la production pétrolière mondiale. Nuance

Et qu’en est-il du calendrier de sortie du conflit ? C’est le flou total car rien n’a été dit de précis sur la suite des opérations : « Au cours des quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes » a fanfaronné  le président américain. Tout en assurant qu’après trente-deux jours d’opérations militaires, l’Iran ne constituait « vraiment plus une menace ».

Par conséquent, les États-Unis étaient « en bonne voie » pour atteindre tous leurs objectifs militaires, a-t-il indiqué. Assurant dans le même temps que les États-Unis étaient « proches de remplir » leurs objectifs stratégiques en Iran, notamment en empêchant Téhéran de posséder une arme nucléaire.

Et de marteler sur un ton martial : « Nous allons les frapper extrêmement fort. Au cours des deux à trois prochaines semaines, nous allons les renvoyer à l’âge de pierre d’où ils viennent ».

Terrible méprise du milliardaire républicain. Sait-il que l’ancienne Perse, vieille de 5000 ans d’histoire, forme environ 230 000 à 234 000 ingénieurs par an ? Sait-il encore qu’elle se positionne parmi les leaders mondiaux en nombre de diplômés dans les domaines des sciences, technologie, ingénierie et mathématiques ? Et enfin, a-t-il connaissance qu’une part importante des diplômés en ingénierie en Iran sont des femmes ?

Platitude

Commentaires de la presse internationale sur la teneur du discours présidentiel. « Si l’on copiait-collait ses publications sur Truth Social de ces derniers jours, on n’obtiendrait plus ou moins ce discours à la nation», conclut la BBC. Les journalistes suisses du Temps évoquent tout simplement un « non-événement ». Mais la palme de l’ironie mordante revient au quotidien britannique The Telegraph qui titrait, féroce : «  Fatigué, Donald Trump ne sait plus quoi dire ». Tout est dit.

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Après Ormuz, l’accès à la mer Rouge bientôt bloqué par les Houthis ?

L’enjeu est de taille. Les Houthis, alliés de l’Iran, menacent désormais de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, au sud de la mer Rouge. Donnant ainsi un nouveau coup dur au trafic commercial maritime. Eclairage.

Au poker menteur joué par Donald Trump, Téhéran avance ses pions comme dans une partie d’échecs. Ainsi, dans un énième volte-face, le président américain, qui avait pourtant promis le 20 mars de n’envoyer des troupes américaines « nulle part », a décidé dix jours plus tard de mobiliser deux groupes de Marines ainsi que 2 000 parachutistes de la 82ème division aéroportée, avec possibilité de déployer 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient en cas de besoin. Objectif revendiqué ? Briser les reins militairement du régime iranien, lui porter le coup de grâce en le frappant au portefeuille. Et ce, par le biais d’une invasion terrestre à haut risque de l’île iranienne stratégique de Kharg, d’où partent environ 90 % des exportations de brut de l’Iran. Mais c’était sans compter avec les Houthis.

Un détroit stratégique

Réaction froide et non moins terrifiante de l’Iran : en cas d’invasion terrestre américaine de l’Ile de Kharj ou des trois îlots stratégiques d’Abou Moussa, la Grande Tunb et la Petite Tunb occupés par l’Iran depuis 1971 et revendiqués par les Émirats arabes unis, les Gardiens de la révolution ouvriront un « nouveau front » dans un détroit clé pour le trafic maritime mondial, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. Et ce, par le biais des Houthis, le groupe armé pro-iranien qui a déjà revendiqué samedi dernier sa première attaque contre Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Faut-il rappeler que le détroit de Bab el-Mandeb, 27 kilomètres de large et plus de 70 km de long, est l’un des couloirs de navigation les plus fréquentés au monde entre le Yémen et Djibouti où on recense des installations militaires françaises, mais aussi américaines et chinoises.

En temps normal, ce canal par où passe environ 15 % du trafic commercial maritime, joue un rôle central pour l’acheminement du pétrole et du gaz des pays du Golfe vers l’Europe. Les pétroliers partent des ports du golfe Persique, passent par le détroit d’Ormuz, traversent celui de Bab el-Mandeb puis remontent la mer Rouge pour atteindre l’Europe via le canal de Suez.

De plus, ce passage au sud de la mer Rouge est aussi très utilisé par les containers remplis de produits asiatiques destinés au marché européen. Autrement dit, si perturber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz était en mesure d’impacter principalement l’Asie; bloquer le trafic au niveau du golfe d’Aden devrait également pénaliser durement le Vieux continent.

Mais ce sera surtout l’Arabie saoudite qui en payera les frais. Grâce à l’oléoduc Est-Ouest, Riyad tente de livrer l’Asie depuis son port de Yanbu sur la mer Rouge en passant par le détroit de Bab el-Mandeb. Or, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, c’est devenu un point de passage essentiel pour relier le port de Yanbu, en Arabie saoudite, seul hub qui permet au royaume de dérouter une partie des volumes qui sont bloqués à cause de la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz orchestrée par l’Iran.

« Si l’ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n’importe où ailleurs sur notre territoire, ou s’il cherche à porter atteinte à l’Iran par des manœuvres navales dans le golfe Persique et la mer d’Oman, nous ouvrirons d’autres fronts en guise de surprise ». Ainsi a prévenu un responsable militaire iranien.

Une guerre par procuration ?

Bluff ou menace réelle ?  Téhéran pourrait actionner son levier le plus redouté dans la zone : les rebelles houthis du Yémen. Sachant que depuis 2014, l’Iran les soutient, notamment par la fourniture d’armes, de technologies et de formations, permettant au groupe d’utiliser des missiles, des drones et des mines marines. Aujourd’hui, ils sont devenus l’un des alliés les plus puissants et les plus fidèles de l’Iran dans la région.

Rappelons d’autre part qu’en 2023, lors de la guerre dans la bande de Gaza déclenchée par l’attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023, les Houthis avaient réussi à ralentir le trafic en mer Rouge et dans le canal de Suez à coups de drones et de missiles. Ce qui avait contraint le trafic maritime à prendre un grand détour en passant par la route du Cap-de-Bonne-Espérance, la pointe sud de l’Afrique.

En 2024, ils avaient notamment conduit des attaques sur des navires marchands, disant agir en solidarité avec les Palestiniens. Et ce, en ciblant des navires accusés de liens avec Israël. Ce qui avait provoqué une réduction durable du transit maritime par la zone.

Dans cette escalade, un cap symbolique est également franchi : les Houthis revendiquent samedi 28 mars des tirs de missiles en direction d’Israël. L’armée israélienne confirme les lancements et active ses systèmes de défense aérienne. Bien qu’il n’y ait pas de rapports précis sur les destructions, le déclenchement de l’alerte aérienne dans plusieurs villes israéliennes témoigne de la gravité de la situation.

Risque d’escalade

Le message politique, lui, est limpide. Les Houthis promettent de poursuivre leurs frappes « jusqu’à la fin de l’agression » et affichent leur disponibilité à combattre aux côtés de l’Iran en cas d’embrasement régional.

Leur entrée dans le conflit « marque une escalade grave » et risque d’avoir « des conséquences majeures », notamment pour la stabilité régionale et le commerce mondial. C’est ce qu’avertit un rapport rédigé par le sérieux institut britannique Chatham House pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Le retour au calme dans cette région, l’une des plus explosives au monde, ne semble, hélas, pas pour demain.

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Pourquoi le métal jaune plonge, alors que la guerre fait rage?

ANALYSE. Vendu massivement par des pays qui ont besoin de billets verts pour s’approvisionner en pétrole dont les prix flambent à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz, le métal jaune ne joue plus son rôle de valeur refuge en période de crise.

 

C’est un paradoxe, mais seulement en apparence. Contre toute attente, la guerre au Moyen-Orient ne l’a pas propulsé vers de nouveaux sommets. Bien au contraire, l’or, traditionnellement perçu comme valeur refuge contre les soubresauts géopolitiques, a décroché brutalement, effaçant en quelques séances une large part de ses gains accumulés depuis le 28 février, date du début des frappes coordonnées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

Ainsi, l’or aura enchaîné sept séances de baisse. Jeudi 26 mars, l’once a chuté de plus de 6 % pour s’établir à 4 500 dollars. Depuis son dernier pic, atteint juste après le début de l’intervention militaire des États-Unis et d’Israël, le métal jaune a cédé 17 %.

Même tendance pour l’argent, qui a perdu plus de 13 % jeudi, à 65,5 dollars. Depuis le début du mois, le recul du métal gris s’élève à 30 %.

Ruée vers l’or

Faut-il rappeler qu’en raison de la montée des tensions au Moyen-Orient, les investisseurs se sont rués vers l’or, propulsant l’once au-delà des 5 400 dollars, flirtant même avec des records historiques. Mais cette courbe vertigineuse n’a été que de courte durée. Très vite, la mécanique s’est inversée et ce métal précieux a entamé une chute rapide, entraînant dans son sillage l’argent, bien plus durement encore.

Soubresauts

Dès lors, comment expliquer les brusques soubresauts des métaux précieux, alors même que le conflit au Moyen-Orient, initialement présenté par l’administration américaine comme une simple formalité, s’enlise et risque désormais de se transformer en une guerre régionale à l’issue incertaine ?

Primo, la raison tient à un besoin urgent de liquidités. La guerre ayant fait exploser les prix des hydrocarbures, notamment en raison des menaces sur le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce énergétique mondial. Résultat : États et investisseurs se sont lancés dans une course effrénée au billet vert. Or, pour s’en procurer, ils ont massivement liquidé leurs avoirs en or et en argent. Ainsi, en quelques séances, le métal jaune est passé du statut de refuge à celui de réserve de cash. Situation de crise oblige.

« Compte tenu de l’ampleur de sa hausse avant le conflit, explique un courtier spécialisé dans le trading de produits financiers, le métal précieux a en effet frôlé fin janvier 5 600 dollars l’once, un record historique. En liquidant l’or et l’argent, les investisseurs ont pu récupérer des dollars, la devise dans laquelle s’échangent les hydrocarbures comme le pétrole, dont les cours ont explosé avec le blocage du détroit d’Ormuz et les frappes sur les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient ».

Et de prédire : « Après des années de constitution de stocks, on s’attend à ce que les pays du Moyen-Orient, en particulier, se débarrassent d’une grande partie de leurs réserves d’or, alors que leurs revenus provenant de l’énergie s’écroulent ».

Ajoutons à cette frénésie vers le métal jaune les turbulences ayant impacté les liaisons aériennes entre les grandes places de négoce, notamment entre Londres, Dubaï et l’Asie ; sachant que le Moyen-Orient, avec 270 tonnes d’or achetées l’an dernier par des particuliers (bijoux, barres, pièces), représentait près de 10% de la demande privée mondiale, et que Dubaï est la plaque tournante essentielle pour l’acheminement de l’or vers l’Asie et notamment l’Inde.

Secundo, sur le plus long terme, la crainte d’une inflation dopée par la flambée du prix des hydrocarbures devrait contraindre la Réserve fédérale américaine, tout comme d’autres grandes banques centrales, à relever ses taux d’intérêt. De telles hausses feraient du dollar et des obligations d’État américaines des valeurs refuges plus attractives que les métaux précieux. « L’or ne rapporte aucun rendement et est donc moins intéressant », là « où les liquidités pourraient bientôt offrir des retours plus élevés », explique Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Mouvement de bascule

Tertio, le retour en force du dollar. Boosté par la flambée des prix de l’énergie et son statut de valeur refuge ultime, le billet vert s’apprécie fortement et impacte, dans un mouvement de bascule, l’or, dont le prix évolue à l’inverse de la devise américaine. Plus le dollar grimpe, plus l’or devient cher pour les investisseurs étrangers et, par conséquent, moins attractif.

À noter enfin que la chute des cours de l’argent suit une logique parallèle mais spécifique. Métal clé pour les panneaux solaires, les véhicules électriques ou encore les centres de données nécessaires au secteur de l’intelligence artificielle, il est étroitement lié à la conjoncture économique. Or, la guerre au Moyen-Orient fait planer la menace d’un ralentissement de la croissance mondiale, d’où une baisse prévisible de la demande industrielle et un prix sous pression.

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Un « Plan B » pour le pétrole saoudien ?

Confrontée à une crise inédite, l’Arabie saoudite active un plan d’urgence vieux de plusieurs décennies. A savoir : relier ses installations pétrolières d’Abqaiq situées à l’Est du royaume au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Quand un projet conçu à l’origine comme une roue de secours devient La solution miracle. Ainsi, pour contourner la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel passe 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial et afin de continuer d’exporter son pétrole en toute sécurité alors qu’elle a été contrainte de réduire sa production de près de 1,5 million de barils par jour, l’Arabie saoudite vient d’activer l’oléoduc Petroline. Celui-ci a été construit en 1982 au milieu de la guerre entre l’Iran et l’Irak, quand le conflit menaçait déjà la stabilité du golfe Persique et qui traverse le pays de l’Est à l’Ouest reliant les installations pétrolières d’Abqaiq, près du golfe Persique, au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Pari gagnant

Pourtant, cet oléoduc ne jouait pas un rôle de premier plan avant le déclenchement de la guerre. Car « il a été pensé comme une police d’assurance pour le pétrole saoudien en cas de perturbation dans le détroit d’Ormuz ». C’est ce qu’explique une spécialiste des questions de sécurité énergétique au Centre for Eastern Studies, un groupe de réflexion polonais.

D’ailleurs, personne n’a alors vraiment fait attention à la construction de ce pipeline, que l’Arabie saoudite n’utilisait jusqu’à présent qu’à la marge et « essentiellement pour ses besoins internes en fournissant du pétrole aux raffineries qui se trouvent sur la côte saoudienne le long de la mer Rouge », précise la même source.

Et ce, d’autant plus que le passage par le détroit d’Ormuz a toujours été considéré comme beaucoup plus avantageux par Ryad pour ses exportations. En effet, il est beaucoup moins cher d’exporter depuis le golfe Persique où se trouvent les principaux champs pétroliers saoudiens. De plus, c’est plus rapide et facile pour les Saoudiens de transporter ce pétrole vers leurs principaux clients qui se trouvent en Asie et qui sont, donc, plus proches du détroit d’Ormuz que de la mer Rouge.

Des difficultés d’ordre technique

Pour autant, le recours à Petroline ne saurait résoudre tous les problèmes posés par la guerre en Iran. D’une part, cet oléoduc ne permettra d’acheminer qu’une fraction du brut saoudien, laissant une partie des exportations des autres producteurs de la région, en l’occurrence, le Koweït,  l’Irak ou encore Bahreïn, sur la paille.

D’autre part, l’infrastructure, en service depuis plus de quarante ans, n’a jamais été exploitée à pleine capacité sur une longue durée. L’augmentation soudaine des volumes transportés s’apparente donc à un véritable test grandeur nature pour Aramco, le géant public saoudien.

Enfin, la capacité du terminal pétrolier de Yanbu reste limitée. Puisque l’installation ne peut exporter qu’environ 4,5 millions de barils bruts par jour. Et ce, quand la production réelle actuelle de l’Arabie saoudite oscille généralement entre 9 et 10 millions de barils par jour.

La menace des Houthis

Ajoutons aux problèmes le casse-tête chinois de la menace des Houthis, ce groupe armé yéménite, allié de l’Iran qui a réussi depuis le 7 octobre à assoir sa domination sur la mer Rouge.

En effet, les tankers qui reçoivent leur chargement à Yanbu, avant de traverser la mer Rouge pour ravitailler les pays asiatiques en pétrole, pourraient être exposés à des attaques, si les houthistes décidaient de soutenir leur allié iranien. Déjà, en réaction à la guerre, le groupe avait attaqué en octobre 2023 des bateaux marchands en mer Rouge accusés d’entretenir des liens, directs ou indirects, avec les Etats-Unis ou Israël. Dans ce contexte, un pétrolier saoudien devient, par définition, une cible potentielle.

Passeront-ils à l’action ? Pour l’heure, les Houthis semblent temporiser avant de s’en prendre à des cibles en mer Rouge au nom de leur soutien à l’Iran. Moins alignés idéologiquement sur Téhéran que le Hezbollah libanais, ils ont été sévèrement éprouvés par les frappes américaines et israéliennes menées depuis 2023. À cela s’ajoute une trêve précaire conclue avec le gouvernement yéménite reconnu, appuyé par l’Arabie saoudite.

N’empêche que dans ce contexte régional sous tension, la position de Riyad demeure empreinte d’ambiguïté. Ancien adversaire frontal des Houthis dans le conflit yéménite, le royaume bénéficie aujourd’hui d’une accalmie relative dans ses relations avec les rebelles yéménites. Bref, cette détente fragile ne saurait toutefois offrir la moindre garantie durable quant à la sécurité de ses intérêts maritimes.

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