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Le David perse contre le Goliath sioniste

Un récit biblique rapporte l’histoire du combat entre David le juif et le Goliath philistin, un géant, qui avait massacré l’armée d’Israël. C’est bien sûr David qui remporta le combat, grâce à un lance-pierre et un caillou qui frappa le géant entre les yeux et qui le tua, permettant à David de le décapiter avec l’épée du mécréant. Les Philistins, selon certaines sources, habitaient Gaza. Mais toute ressemblance avec les Palestiniens n’est qu’un pur hasard. Bien sûr il ne s’agit que d’un mythe, dont le message est clair. La force de la foi est supérieure à toutes les armes aussi sophistiquées soient-t-elles. 

Mais voilà que ce mythe fondateur du sionisme se retourne contre ses créateurs. Après plus d’un mois de bombardements massifs qui dépassent la puissance des bombardements effectués lors de la seconde guerre mondiale, selon un général (à la retraite) français, sur un média pro sioniste, l’Iran, cette ancienne Perse, non seulement continue de résister, mais augmente en puissance ses attaques contre les intérêts américains et sionistes. Et notamment en Israël en provoquant des morts et des dégâts matériels jamais prévus par les agresseurs, selon tous les analystes.

Contrairement à ce que raconte l’histoire, le Goliath n’est ici que la coalition américano-sioniste et le David n’est que l’armée iranienne (ou perse).

Ormuz, quand tu nous tiens…

Quant au caillou, ce n’est pas comme on peut le croire, les missiles supersoniques, quoiqu’ils y soient pour quelque chose dans le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, mais c’est la fermeture aux bateaux ennemis de l’Iran, du détroit d’Ormuz. C’est le caillou qui a été enfoncé dans le front de la coalition américano-sioniste et particulièrement entre les yeux de Donald Trump.

D’ailleurs le mot Ormuz provient du mot persan Hermez, qui n’est que le nom d’un des rois qui avaient régné sur la Perse dans l’Antiquité. En contrôlant totalement le détroit et en empêchant les bateaux considérés comme ennemis d’y passer, l’Iran a non seulement augmenté ses exportations de pétrole essentiellement vers la Chine, mais a du coup étranglé l’économie mondiale, contrôle par les USA. Puisque plus de 90 % du pétrole mondial transite par Ormuz.

Il faut reconnaître que les Iraniens n’ont pas seulement du pétrole, mais aussi des idées ! Tous les stratèges et analystes s’accordent à dire que les conséquences d’un tel acte sont catastrophiques pour les économies occidentales, en général, mais aussi pour l’économie américaine elle-même. Tout se passe comme si le géant américain, en soulevant la pierre iranienne, l’a laissée retomber sur ses pieds. Car comme l’a avoué le Président américain, dans une de ses envolées lyriques, c’est le contrôle du pétrole iranien qui est l’objectif ultime de cette guerre. Et mêmes ceux qui l’ont déclenchée ne lui ont pas fixé des objectifs politiques, buts suprêmes de toute guerre, depuis la naissance de l’humanité.

Avec le contrôle d’Ormuz, l’Iran vient d’utiliser l’arme fatale. Celle qui peut toucher des milliards de citoyens à travers le monde et particulièrement les Etats pétroliers du Moyen-Orient. Celle qui fait aussi le bonheur de la Russie qui voit son pétrole jadis interdit, à cause de sa guerre en Ukraine, inonder les marchés européens et en plus à des prix jamais espérés.

C’est le même Trump qui a annoncé la fin de l’embargo sur le pétrole russe. Que les USA soient le pays qui a les plus grandes réserves d’or noir ne changera rien à la donne. Car les prix des autres matières premières s’envolent aussi et l’inflation bat un record aux USA mêmes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la promesse d’une Amérique plus riche et plus puissante, faite par Donald Trump lors de sa campagne électorale, vole en éclat. Et ceci, quelle que soit l’issue de cette guerre. La base électorale de Trump chancelle et risque de se retourner contre lui, pas seulement, il est vrai, à cause de la crise énergétique; mais aussi à cause de la question de l’augmentation des droits de douanes qui ont fait grimper tous les produits importés. Or, sans cette base électorale, Trump risque de s’affaiblir gravement et d’une façon irrévocable. Ce qui explique son désarroi et le fait qu’il annonce la chose et son contraire. Tout laisse à penser que cette guerre risque de se retourner contre son déclencheur, la coalition USA-Israël.

La menace d’un débarquement massif des troupes US pour « libérer » le détroit, semble être uniquement faite pour obliger les Iraniens à reculer et à leur faire peur. Cependant, ces derniers ne semblent pas avoir peur, car cette guerre impérialiste a les ressoudés autour du régime actuel, du moins pour le moment. La question démocratique ne peut être que le fruit d’un processus interne et ne peut être imposée à coup de bombes ou de missiles. Surtout provenant de l’ennemi historique et héréditaire des Iraniens en particulier et des musulmans en général. Les assassinats de leurs chefs religieux et militaires ne peuvent que renforcer la popularité des Gardiens de la révolution.

Ainsi, la question nationale, comme pour tous les peuples de la région et du monde arabo-musulman, prime sur la question démocratique. Dans la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein qui a duré sept ans, les jeunes pasdarans de l’époque, marchaient sur les mines avec autour du cou les clefs du paradis. Mais l’Iran actuel n’est pas l’Iran de l’époque. Et en cas de débarquement de troupes US ou autres, il faut s’attendre à une résistance armée farouche et puissante; même si le régime tomberait et serait remplacé par un autre inféodé aux USA. L’Iran n’est pas le Venezuela et l’Islam chiite n’est pas le marxisme léninisme des anciens guérilléros latino-américains. Et ce, sans compter les cinq mille ans de civilisation perse.

La fin du mythe de la puissance américaine

Alors que sur le plan économique, la Chine est en cours de devenir la première puissance économique, la suprématie économique des USA tient essentiellement à la puissance du dollar. Une partie des alliés de l’Iran commerce avec l’Empire du milieu en utilisant le yuan. Ce qui constitue une menace sérieuse pour la suprématie économique américaine. Comme le disait un dicton de Mao Tsé Toung : « L’impérialisme américain est un tigre en papier ». On peut le paraphraser en disant que c’est un tigre en dollars.

Certes les USA restent la plus grande puissance militaire, puisqu’ils sont les seconds en termes de bombes nucléaires après la Russie. Mais on ne gagne pas une guerre comme celle contre l’Iran avec le nucléaire. Car, comme le disent les experts, elle est asymétrique, d’un nouveau genre d’asymétrie. C’est aussi une guerre technologique. Et l’Iran semble avoir fait une avancée surprenante dans ce domaine, aidé certes, par la Chine et la Russie, qui ne cherchent qu’à engluer cet ennemi commun dans une guerre de longue haleine pour l’affaiblir considérablement.

Depuis la guerre de Corée, les Américains ont remporté toutes les batailles qu’ils avaient engagées mais ils ont perdu toutes les guerres, la dernière étant celle de l’Afghanistan. Même au cas où ils engagent leurs troupes terrestres, ils ne pourront jamais contrôler ce pays de 100 millions d’habitants et au relief hostile à toute invasion étrangère. La guerre embrasera alors toute la région, où les minorités chiites existent partout dans les pays de la région. C’est le Vietnam, le Laos et le Cambodge réunis. L’on peut alors deviner qui l’emportera à la fin.

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Indépendance et dépendance, l’indispensable débat

Le débat sur l’indépendance de la Tunisie, soixante-dix ans après la signature du protocole de l’indépendance entre Tahar Ben Ammar, alors président du conseil de l’Etat beylical et Christian Pinau, ministre français des Affaires étrangères du gouvernement Guy Mollet, le 20 mars 1956, à 17h et 40 mn au Quai d’Orsay, tourne actuellement au pugilat. Entre ceux qui considèrent que la Tunisie avait totalement acquis son indépendance ce jour là et ceux qui semblent émettre des doutes, à ce sujet.

En tout cas, l’Etat tunisien, sous le gouvernement actuel, n’a pas fait preuve d’un grand enthousiasme pour fêter ce jour historique. Ni drapeaux, ni discours pour l’occasion; et encore moins des rassemblements ou des remises de décorations. Tout se passe comme si le 20 mars est un jour férié comme les autres, n’eut été les félicitations du Président de la République Française, Emanuel Macron à son homologue le Président de la République Tunisienne Kaïs Saïed.

Il faut dire, que par un curieux concours du hasard, le 20 mars est tombé le jour même de l’Aïd, où le peuple entier est en fête. Cela n’a pas empêché les citoyens tunisiens, fiers de cette indépendance, de le fêter à leur façon sur les réseaux sociaux. Tout en critiquant l’absence ou la timidité des instances gouvernementales, à ce propos. Mais en réalité, c’est encore un faux débat, qui s’installe même parmi les élites politiques. En dehors du Parti destourien Libre (PDL), qui a constamment fêté les anniversaires de la République, les autres partis, souvent bavards, gardent un silence suspect. L’UGTT elle-même qui était un pilier de cette indépendance a préféré se taire. Embourbée, il est vrai, dans ses conflits internes, surtout à l’approche de son congrès.

L’Indépendance dans la dépendance

Ce n’est pas un jeu de mots. C’est ce qu’annonce explicitement le protocole d’accord de l’Indépendance. D’ailleurs le mot le plus approprié est la fin du protectorat. Le texte original, écrit en français probablement par Alain Savary, secrétaire d’Etat aux Affaires marocaines et tunisiennes, et qui avait participé activement aux négociations avec la délégation tunisienne où figuraient, outre Tahar Ben Ammar, les deux grands dirigeants destouriens, Mongi Slim et Béhi Ladgham, stipule :

« La France reconnait solennellement l’indépendance de la Tunisie. Il en découle :

  1. Que le traité conclu entre la France et la Tunisie le 12 mai 1881 ne peut plus régir les rapports franco-tunisiens.
  2. […] ;
  3. L’exercice de la Tunisie de ses responsabilités en matière d’affaires extérieures, de sécurité et de défense ainsi que la constitution d’une armée nationale tunisienne.

…….

Dans le respect de leur souveraineté, la France et la Tunisie conviennent de définir ou compléter les modalités d’une interdépendance librement réalisée entre les deux pays, en organisant leur coopération dans les domaines où les intérêts sont communs, notamment, en matière de défense et de relations extérieures.

Les accords entre la France et la Tunisie établiront les modalités du concours que la France apportera à la Tunisie dans l’édification de l’armée nationale. »

En résumé ce texte, signé par Taher Ben Ammar, président tunisien du conseil, parle de l’indépendance dans l’interdépendance. A aucun moment la base militaire de Bizerte occupée par la France n’est mentionnée. La libération totale de tout le territoire tunisien et l’évacuation de l’armée française de Bizerte, faites dans le sang (La guerre de Bizerte) n’a été que le fait de Bourguiba, au détriment de la France et du Général De Gaulle (1961). C’est ce que le combattant suprême appelait, « La politique des étapes ». Cependant, l’indépendance de la Tunisie n’a jamais été totale, car aucun pays et aucun Etat au monde ne peuvent être totalement indépendants. Prétendre le contraire, c’est verser dans la démagogie pure et simple, surtout dans le monde actuel, où toutes les nations, tous les pays et tous les Etats sont économiquement, industriellement, technologiquement, financièrement et même militairement, interdépendants. Être souverain actuellement, c’est choisir avec qui, on est interdépendant, en tenant à servir l’intérêt national, qui est devenu très complexe et surtout très changeant.

Choisir nos dépendances

Comme la liberté, l’indépendance est toujours relative. Elle n’est jamais absolue. Mêmes les grandes puissances, comme les USA, la Russie ou la Chine sont dépendants des autres, parfois même de leurs pires adversaires. Tous les pays du monde dépendent du dollar, qui est totalement sous le contrôle des USA, d’où la tentative de s’en affranchir par les BRICS.

Être un pays souverain, c’est pouvoir choisir son interdépendance, dans le seul intérêt national. Faut-t-il encore définir ce qu’est l’intérêt national ! Car ce dernier bouge énormément, en fonction des circonstances nationales et internationales. C’est pouvoir choisir ses alliés stratégiques et économiques. Evidement les vrais choix ne sont nullement idéologiques ou religieux, bien que l’histoire et la géographie nous imposent d’appartenir à des ensembles religieux (la Tunisie est un pays dont la religion est l’Islam selon notre constitution), ethniques (arabe), géographiques (maghrébins, africains, méditerranéen) ou tout simplement économiques (Accord avec l’UE). Dans tous ces rapports avec ces mondes, on sacrifie une partie de notre souveraineté, dans l’intérêt de notre pays.

Il en ressort que plus nous développons nos relations, plus nous préservons notre souveraineté, aussi relative soit-t-elle. Car elle ne peut en aucun cas être un slogan de propagande ou un geste de fierté déplacée. C’est d’ailleurs, le rôle de notre MAE de trouver toujours les mots justes aux bons moments pour l’affirmer, sans arrogance et sans provoquer des réactions hostiles.

La guerre des mots actuellement en cours, entre l’Iran d’un côté, les USA et Israël de l’autre côté, illustre parfaitement, dans cette guerre d’un nouveau genre, la complexité du langage diplomatique, ainsi que ses limites traditionnelles. Trump, le Président de la plus grande puissance de tous les temps, en voulant souffler le chaud et le froid en même temps, bafoue toutes les règles, non pas seulement du droit international, mais aussi du code diplomatique.

La Tunisie, traditionnellement prudente dans ces circonstances, fait preuve d’un mutisme exagéré, au risque de perdre une certaine crédibilité acquise de longue date. Il est des questions sur lesquelles on ne peut pas se taire, car l’intérêt national exige qu’on soit à côté de nos amis, mais aussi du côté du droit et contre les agressions de pays souverains comme l’Iran. En condamnant, les attaques iraniennes aussi contre les pays frères et amis, la Tunisie a aussi défendu ses intérêts. La complexité de la situation au Moyen-Orient ne doit pas nous empêcher de prendre des positions courageuses, car il y va de nos relations futures et de notre crédibilité. C’est même une occasion en or d’affirmer notre présence et de préparer notre avenir dans un monde qui change trop rapidement.

C’est ainsi qu’on peut donner un sens à notre indépendance et qu’on pourrait prétendre un jour jouer un rôle plus grand.

Au moment où l’Union européenne, notre partenaire économique principal, bat de l’aile, et que les Etats européens, sont carrément abandonnés par leur allié stratégique les USA, et au moment où ce dernier tente une percée au Maghreb, une diplomatie tunisienne active pour essayer de replâtrer ce qui reste du Maghreb Arabe peut être un choix judicieux. Surtout que notre voisin algérien tente de s’adapter à la nouvelle situation dans la région et que la question du Sahara Occidental semble être en cours de résolution. Le rêve du Grand Maghreb uni, qui a bercé nos dirigeants lors des indépendances, peut servir à positionner notre pays; alors que que des grands changements s’annoncent dans la région. La souveraineté et l’indépendance, c’est aussi cela. Prendre rendez-vous avec l’Histoire !

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