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Houbeb Ajmi : « Fédérer l’innovation face à l’inconnu de demain »

Comment se construit la science aujourd’hui ? Et quels nouveaux modes de collaboration peuvent stimuler l’innovation et la créativité scientifiques ? C’est ce qui ressort de la rencontre-débat du cycle de conférences « Science et Société », organisé par le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI) de l’Université Centrale Group, visant à présenter l’ouvrage La science autrement : les sociabilités créatives de l’École-laboratoire des Houches. L’événement s’est tenu mardi 31 mars 2026, en présence du Pr Armand Hatchuel, professeur émérite à Mines Paris-PSL Université et membre de l’Académie des technologies. La discussion a été animée par Khaled Abdeljaoued et Youssef Ben Othman.

Rencontrée à l’issue de l’événement, Houbeb Ajmi, directrice générale d’Université Centrale, a souligné que l’annonce de la création du CRCI n’était pas un choix impulsif, mais le fruit d’une réflexion stratégique face à une situation qui s’impose d’elle-même. “En réalité, nous avons créé le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI), dont la mission est d’être un catalyseur pour la production de science en Tunisie”, a-t-elle déclaré.

Chez les entreprises, “nous atteignons nos limites ; du côté des universitaires, les publications foisonnent sans valorisation ni impact concret des résultats. Ce sont des éléments d’un écosystème dispersé. Le CRCI vise donc à les fédérer pour contribuer à un pacte transformateur des entreprises, de l’économie et de la société tunisienne”, a-t-elle poursuivi.

Ses axes de travail, transition numérique, transition écologique, RSE, santé et recherche clinique, gouvernance et ressources humaines  sont essentiels pour la Tunisie de demain. Au-delà des projets de recherche, le centre organisera des rencontres pour stimuler les acteurs, les nourrir intellectuellement et booster la créativité collective. Comme l’a souligné Houbeb Ajmi : “Nous manquons d’occasions en Tunisie pour des débats qui sortent du quotidien, pour explorer l’inconnu du monde de demain, non pas avec fierté, mais en toute connaissance de cause, comme l’évoquait Armand”.

Et de conclure : “C’est indispensable pour affronter cet inconnu et trouver des alternatives. Nous prévoyons des rencontres de haut niveau tous les deux mois d’ici la fin de l’année, avec un calendrier déjà établi, et un autre pour l’année prochaine”.

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La CONECT alerte sur les effets de la nouvelle restriction du financement des importations

La CONECT a vivement critiqué la circulaire de la Banque centrale de Tunisie imposant aux importateurs de produits jugés non prioritaires de financer leurs achats sur fonds propres, sans recours au crédit bancaire.

Selon le communiqué de la CONECT, elle estime que cette mesure risque de fragiliser les PME, de réduire la concurrence, de menacer l’emploi et de perturber certaines chaînes d’approvisionnement, y compris dans les secteurs industriels et médicaux.

Toujours selon le communiqué, la CONECT rappelle que ce type de restriction avait déjà été appliqué en 2017 avant d’être abandonné en 2019, faute de résultats jugés convaincants. Elle considère que les grandes entreprises seront mieux armées pour absorber cette contrainte, contrairement aux PME et aux commerçants de taille moyenne, qui pourraient en être de facto exclus.

L’organisation met également en garde contre un impact social et économique plus large, notamment dans le commerce, la distribution, la logistique et les services. Elle souligne aussi que certains produits concernés, à usage médical ou paramédical, pourraient devenir plus rares ou plus coûteux, avec des conséquences sur la santé publique.

La CONECT redoute par ailleurs une perturbation des intrants industriels, susceptible de ralentir la production locale et de pénaliser les exportations. Elle estime enfin que la mesure pourrait favoriser l’informel et la contrebande, tout en alourdissant les procédures administratives pour les entreprises.

Tout en disant comprendre l’objectif de préservation des réserves de change, il est d’autant plus important d’établir un dialogue avec les autorités et les acteurs économiques. Elle plaide pour une révision de la liste des produits concernés, l’exclusion des biens médicaux, une simplification des procédures pour les industriels et une approche plus progressive et concertée.

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L’École des Houches, un modèle de création scientifique toujours inspirant

Dans le cadre du cycle de conférences « Science et Société », organisé par le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI) de l’Université Centrale Group, une rencontre-débat a été consacrée à l’ouvrage La science autrement : les sociabilités créatives de l’École-laboratoire des Houches. L’événement s’est tenu mardi 31 mars 2026 à 18h, en présence du Pr Armand Hatchuel, professeur émérite à Mines Paris-PSL Université et membre de l’Académie des technologies. La discussion a été animée par  Khaled Abdeljaoued et Youssef Ben Othman.

À travers son intervention, le Pr Hatchuel a livré une lecture originale d’un modèle de création scientifique fondé sur l’expérience singulière de l’École de physique des Houches. La rencontre a réuni enseignants-chercheurs, étudiants et acteurs socio-économiques autour d’une double interrogation : comment se construit la science aujourd’hui ? Et quels nouveaux modes de collaboration peuvent stimuler l’innovation et la créativité scientifiques ?

À l’issue de cet événement, le Pr Hatchuel a souligné que le modèle des Houches n’est pas facilement transposable en tant que tel, mais on peut s’y inspirer. 

En revanche, il estime qu’il offre un enseignement précieux sur la manière dont peut s’élaborer une science féconde : « La possibilité de faire avancer une science ou une réflexion profonde suppose à la fois une très grande rigueur dans la description du connu, dans l’exposition de ce que l’on sait, et, à partir de cette première exposition, l’identification des énigmes et des inconnues, à partir desquelles une créativité collective peut se déployer ».

Selon lui, les Houches incarnent à la fois l’exigence académique la plus stricte et un espace d’expérimentation intellectuelle, fait de débats, de séminaires transversaux et de sociabilités montagnardes. “C’est un endroit absolument magique”, a-t-il décrit, rappelant que les participants y vivent ensemble pendant un mois dans des conditions difficiles, entre ascension du Mont-Blanc et travail collectif. Il souligne aussi que la relation traditionnelle entre maîtres et étudiants s’y efface au profit d’une dynamique de recherche commune, souvent prolongée bien au-delà du séjour.

Interrogé sur l’évolution de ces formes de créativité collective à l’heure de l’intelligence artificielle, le Pr Hatchuel a exprimé une certaine réserve quant à la capacité des machines à reproduire une telle dynamique. “Une fois qu’on aura transféré tout un savoir aux robots, rien ne garantit qu’ils seront capables de recréer un nouveau savoir avec autant d’imaginaire et autant de puissance que les Houches”, a-t-il estimé. Et de rappeler que la création scientifique ne se limite pas à produire des idées, mais suppose aussi de bâtir des collectifs capables de les développer dans la durée.

Pour lui, la question du monde scientifique de demain ne se résume pas à une opposition simple entre humains et humanoïdes. “L’avenir est d’autant plus difficile à prévoir qu’on se contente de grandes oppositions simples”, a-t-il observé, refusant les scénarios d’extase ou d’effroi souvent associés à l’IA. Il considère au contraire que chaque transformation technique ouvre de nouveaux espaces de pensée, de nouveaux usages et, surtout, de nouvelles formes d’appropriation par les humains.

Le Pr Hatchuel s’est également montré critique à l’égard des discours catastrophistes. À ses yeux, les annonces répétées sur la fin du travail ou la disparition massive d’emplois relèvent davantage de la rhétorique que de la prospective. “Je pense que ce sont des discours qui servent soit à faire peur, soit à justifier les investissements massifs consacrés à l’IA”, a-t-il affirmé.

En conclusion, il a tenu à rappeler l’enjeu central de l’expérience des Houches : faire dialoguer la rigueur scientifique, la créativité collective et la transmission des savoirs. “J’espère qu’en racontant cette histoire, les gens comprennent le lien entre le collectif, la créativité et la science”, a-t-il résumé, avant de souligner que cette dynamique dépasse largement le seul champ de la physique théorique.

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Le Brent plonge sous les 100 dollars

Les prix du pétrole brut ont chuté le 1er avril 2026, avec le Brent à 100,64 $ le baril (-3,2%) et le WTI à 98,04 $ (-3,3%), après une session volatile marquée par des prises de bénéfices en séance asiatique. C’est ce qu’annoncent des médias occidentaux. 

Il faut dire que le contexte géopolitique y est pour quelque chose. Car on a vu au delà des tensions persistantes au Moyen-Orient, les marchés anticipent une désescalade. Ils parient sur la fin du conflit entre l’Iran, les USA, et le Moyen-Orient qu’ils jugent probable. 

Toutefois, les risques d’approvisionnement élevés maintiendront la prudence des marchés. Ce qui fait que l’évolution des prix dépendra de la rapidité du rétablissement des chaînes d’approvisionnement et de la stabilité du détroit d’Ormuz.

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Moncef Achour: « Pour une relance lucide du dialogue social »

Dans l’ombre du congrès de l’UGTT à Monastir, l’analyse de Moncef Achour, revient sur l’importance du dialogue tripartite: État, syndicat, patronat  qui n’est pas une formalité, mais un levier vital contre les crises. Atténuant les clivages idéologiques, cette nouvelle direction syndicale ouvre une opportunité inédite : repenser les relations sociales dans un esprit de co-construction, loin des crispations stériles, pour restaurer la confiance et affronter les défis économiques actuels.

La nouvelle direction syndicale gagne en légitimité. L’enjeu ? « Une recomposition globale des relations tripartites, dans un esprit de responsabilité partagée. Depuis l’indépendance, la Tunisie brille par sa tradition de dialogue et de compromis. Même en temps de crise, un minimum  de reconnaissance mutuelle perdure. Ce patrimoine reste un levier clé pour un climat apaisé », a fait savoir Moncef Achour.

Le congrès révèle une évolution : atténuation des clivages idéologiques et des alignements partisans. Cela pave la voie à un syndicalisme recentré sur les vrais enjeux socio-économiques, loin de la polarisation politique.

L’État, via le ministère des Affaires sociales, doit jouer les médiateurs actifs  non des gestionnaires passifs. Comme l’affirmait Moncef Achour : « Le dialogue social n’est pas une concession, mais le socle de la stabilité nationale ».
L’urgence : des rencontres régulières entre gouvernement, UGTT et patronat, pour apaiser les tensions et rebâtir la confiance. À l’approche des réunions de l’OIT, une cohésion tunisienne renforcerait notre image ; une fragmentation l’affaiblirait.
L’histoire l’enseigne : Bourguiba et Hached, Nouira et Achour ont progressé par convergences intelligentes.

Moncef Achour le soulignait : « Les pactes contractuels triomphent des affrontements ; ils construisent l’avenir ». À l’inverse, les crispations génèrent des blocages coûteux, intenable en ces temps de crises économiques. À qui profite une relation dégradée ? Quel coût pour un dialogue affaibli à long terme ?

En somme, la Tunisie appelle un dialogue vivant, tourné vers les solutions. Passer de la méfiance à la co-construction : un choix stratégique, non nostalgique, pour sauvegarder notre modèle unique.

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BCT : interdiction du crédit-import, leçon de 2017 ou boomerang économique ?

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a interdit aux banques de financer le fonds de roulement des entreprises pour l’importation de produits non prioritaires. Cette mesure s’inscrit dans un train de régulations renforcées, après la loi sur les chèques et l’interdiction des contrats à durée déterminée (CDD). Elle remet en cause une fonction traditionnelle des banques : le crédit au commerce. Désormais, les importateurs doivent bloquer, sur leurs fonds propres, des dépôts couvrant 100 % de la valeur des biens importés. Que pense l’expert économique-développement du secteur privé et des PME, Mounir Ben Guirat de cette circulaire ?

Joint par téléphone, l’expert économique  Mounir Ben Guirat y voit un retour d’expérience : « Cette mesure fait écho à une décision identique de 2017, visant à soulager les pressions sur la balance des paiements en limitant volume et valeur des importations, dans un contexte économique tendu où la rationalisation des devises est impérative. »

Théoriquement efficace, pratiquement limitée

Théoriquement, elle porte ses fruits, selon lui : « Une bonne partie des importateurs, sans fonds propres suffisants, cesseront ces activités. » Mais practiquement, le risque d’échec plane : « Elle reproduira l’échec de 2017 sans mesures complémentaires. A savoir, un contrôle rigoureux des importations, des sanctions strictes et la maîtrise du marché parallèle. Des produits comme les fruits secs, chocolats ou parfums y affluent illégalement. »

Conséquences et risques internationaux

Alors quelles seront les retombées ? Mounir Ben Guirat alerte : « Les grands importateurs, bien capitalisés, accapareront le marché et doperont le circuit noir. Pire, cette barrière non tarifaire exposera la Tunisie à des litiges avec les instances internationales; malgré sa solidité juridique. »

Pour un impact positif : une stratégie holistique

Il plaide pour une vision globale : « La circulaire doit s’appuyer sur un contrôle renforcé des importateurs et une lutte accrue contre le marché noir, via une rationalisation des devises, une supervision accrue et des incitations aux secteurs prioritaires. Ainsi, on évite les effets boomerang sur l’économie réelle. »

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BCT : fin du crédit fonds de roulement, quelles parades pour les commerçants ?

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a récemment interdit aux banques de financer le fonds de roulement des entreprises. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de régulations renforcées. Et ce, après la loi sur les chèques et l’interdiction des contrats à durée déterminée (CDD). Elle limite ainsi une fonction traditionnelle des banques : le financement du commerce par le crédit.

Walid Belhaj Amor, expert en développement économique, évoque via sa page officielle les derniers développements liés à cette décision de la BCT. « Cette décision soulève des interrogations sur les impacts potentiels, dans un contexte où les conséquences de la guerre ne sont pas publiquement débattues avec les acteurs économiques » affirme-t-il.

Parmi les effets attendus, on note :

  • Une précarisation accrue des petites structures.
  • Le renforcement des acteurs les plus solides.
  • La réduction de la concurrence.
  • Et le risque d’essor de la rente et de la contrebande.

En interdisant le crédit pour le fonds de roulement, cette mesure, estime Walid Belhaj Amor, pourrait ériger une barrière à l’entrée dans l’activité commerciale. Ce dont l’économie tunisienne ne semble pas avoir besoin actuellement.

Avant d’ajouter : « Du point de vue du ministère des Finances, elle pourrait entraîner une baisse des importations, donc de la consommation – principal moteur de la croissance actuelle –, et une réduction des recettes fiscales issues des droits de consommation et de la TVA. »

Cependant, des contournements possibles ont été identifiés, comme le crédit personnel. Un commerçant en bonne santé financière auprès de sa banque pourrait donc contracter un crédit personnel pour alimenter le compte courant de sa société et obtenir une autorisation d’importation.

Et de fournirt un autre exemple. A savoir celui des sociétés d’import-export. Dans ce cas, le commerçant pourrait externaliser l’opération auprès de telles sociétés.

Ainsi, « cette mesure, adoptée sans concertation apparente, pourrait produire des résultats incertains. Elle intervient alors que le pays fait face à une hausse des prix du pétrole et du fret, avec des marges de manœuvre budgétaires et sociales limitées. En l’absence de stratégie claire, la résilience reste la principale réponse. Ces dynamiques pourraient générer des coûts, entraînant de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt, et donc un surcoût global », conclut-il.

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Leith Ben Becher : « Il aurait fallu davantage de clarté et de concertation autour des mesures de la BCT »

La nouvelle circulaire de la Banque centrale de Tunisie sur le financement des importations non prioritaires suscite des interrogations sur ses effets réels sur l’approvisionnement et sur le marché parallèle.

Joint par téléphone, Leith Ben Becher, agriculteur fondateur de SYNAGRI (Syndicat national des agriculteurs de Tunisie) estime que la circulaire de la Banque centrale de Tunisie sur le financement des importations de produits dits non prioritaires ne devrait pas, en l’état, fragiliser l’approvisionnement en produits de consommation courante. Il estime que la mesure vise surtout certaines catégories de fruits frais ou secs, ainsi que d’autres produits importés jugés non essentiels, sans remettre en cause la sécurité alimentaire nationale.

En tant qu’agriculteur, il précise que cette mesure n’a pas d’impact direct sur son secteur. Il n’a pas non plus relevé d’interdiction ni de restriction concernant les activités agricoles, d’autant qu’il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une interdiction totale. Les pièces détachées ne semblent pas explicitement concernées. En revanche, la mesure pourrait compliquer l’activité de certains professionnels, comme les restaurateurs, les traiteurs ou les pâtissiers.

Sur le fond, il juge cette décision problématique à la fois sur le plan juridique et institutionnel. À ses yeux, la Banque centrale n’est pas dans son rôle de fixer ce type de restrictions, qui relèveraient plutôt du gouvernement et du ministère du Commerce.

Il s’interroge aussi sur l’efficacité réelle d’une telle mesure. La question que beaucoup se posent est simple : est-il nécessaire d’appliquer une telle circulaire aujourd’hui ? Est-elle opportune, au regard des contraintes du moment ?

À cette interrogation, il répond que la décision pose problème à deux niveaux. Le premier est un niveau que l’on pourrait qualifier de philosophico-politico-juridique. S’il s’agit d’interdire l’importation de tel ou tel produit, il faut rappeler que la Tunisie est liée par des engagements internationaux avec l’Union européenne, les pays africains, les pays du Maghreb et d’autres partenaires encore. On ne peut donc plus procéder à ce type de limitation de manière aussi directe.

Certains objecteront qu’il ne s’agit pas d’une interdiction, mais d’une limitation. En pratique, cependant, la différence est souvent minime. La vraie question est donc la suivante : est-ce vraiment à la Banque centrale de prendre ce genre de décision ? Ne revient-il pas plutôt à l’autorité gouvernementale, notamment au ministère du Commerce, d’édicter ce type de normes ou de listes restrictives ? À son sens, la Banque centrale n’a pas vocation directe à fixer de telles restrictions.

Cela nous amène au second point : cette limitation est-elle réellement pertinente ? Au-delà de la question des compétences réglementaires, est-elle réellement opportune ? Ne risque-t-elle pas, au contraire, d’encourager certaines dérives, notamment le commerce illégal ou la contrebande, alors même que l’État cherche justement à les combattre ?

Alors que le pays  dispose de 106 jours de réserves en devises. Sans être spécialiste, on comprend bien qu’en limitant l’importation de framboises séchées, par exemple, on ne soutiendra pas durablement la monnaie nationale ni les réserves en devises.

La mesure est jugée peu opportune, car elle risque de perturber un marché déjà très encadré, notamment celui des véhicules à usage personnel. Leith Ben Becher estime qu’il aurait mieux valu adopter des politiques favorisant le commerce et les exportations, plutôt que des restrictions susceptibles de freiner l’activité économique et d’être mal perçues à l’étranger.

Il souligne aussi que la Tunisie devrait davantage miser sur ses secteurs exportateurs, comme l’agroalimentaire, le textile, la restauration et l’hôtellerie. Il estime aussi que limiter certaines importations tout en demandant l’augmentation des exportations manque de cohérence économique.

Il précise : « Ce sont des décisions d’un autre temps. Personnellement, en tant qu’agriculteur et représentant d’autres agriculteurs, j’estime qu’il aurait été préférable d’adopter des mesures qui stimulent le commerce et renforcent nos exportations dans plusieurs secteurs, notamment le textile, l’habillement, la restauration et l’hôtellerie; mais aussi les exportations de produits agricoles et agroalimentaires phares, comme l’huile d’olive, les produits de la pêche ou les produits transformés. »

Il rappelle que La Tunisie dispose d’un véritable savoir-faire dans plusieurs secteurs, mais que celui-ci reste insuffisamment valorisé. Selon ce point de vue, il serait préférable de soutenir davantage les filières exportatrices plutôt que d’adopter des mesures susceptibles d’être mal perçues à l’étranger. D’autant qu’il serait incohérent de réclamer plus d’exportations tunisiennes tout en limitant, par souci d’économie à court terme, les exportations des autres vers la Tunisie.

Leith Ben Becher conclut que cette décision a des effets bien plus larges qu’une simple mesure technique. Car elle touche directement les consommateurs, les professionnels et les acteurs économiques. Il avertit surtout qu’en voulant encadrer certaines importations, on risque de pousser une partie du commerce vers le marché parallèle et les circuits informels. Il conclut : « Et c’est bien là le danger : alors qu’on pensait bien faire; on peut finir par transférer la demande vers des circuits informels. »

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Phosphate : la Tunisie décroche un prêt de 52 millions de dollars

La Tunisie mise sur la modernisation de son réseau ferroviaire pour redonner de l’élan à sa filière phosphate, fortement pénalisée par des contraintes logistiques persistantes.

Ainsi la commission des Finances de l’ARP a approuvé un prêt de 16 millions de dinars koweïtiens, soit environ 51,9 millions de dollars, via le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES), destiné à financer des infrastructures ferroviaires liées au transport du phosphate.

Ce financement s’inscrit dans un programme plus large de réhabilitation du réseau en deux phases. La première phase  prévoit le renouvellement de 190 km de voies sur plusieurs lignes stratégiques, dont la ligne 21. La seconde phase comprend la réhabilitation de 415 km supplémentaires, la modernisation des tunnels et des gares, ainsi que l’installation d’un nouveau système de signalisation.

L’enjeu est de taille. Car il faut rappeler que les difficultés de transport ont fortement réduit la capacité de production et d’exportation du secteur, la CPG n’ayant exploité qu’environ 40 % de ses capacités en 2025.

Le projet devrait aussi soutenir l’activité de la SNCFT, dont une part importante des revenus dépend du transport du phosphate. Reste toutefois à sécuriser les financements complémentaires et à maîtriser les délais d’exécution.

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Nabil Fahmi, le nouveau secrétaire général de la Ligue arabe

Le diplomate égyptien Nabil Fahmi a refait surface sur la scène arabe après l’annonce, dimanche, de l’approbation unanime par les ministres arabes des Affaires étrangères au poste de secrétaire général de la Ligue arabe, en succession d’Ahmed Aboul Gheit, en fonction depuis mars 2016 et dont le mandat prendra fin en juin prochain.

Nabil Fahmi devrait prendre ses fonctions le 1er juillet 2026 pour un mandat de cinq ans.

Qui est Nabil Fahmi? 

Nabil Fahmi est né en 1951 dans l’État de New York, alors que son père, Ismaïl Fahmi, exerçait des fonctions diplomatiques aux États-Unis. Ce dernier deviendra plus tard ministre égyptien des Affaires étrangères en 1973, avant de démissionner en 1977 pour protester contre la visite du président Anouar el-Sadate à Jérusalem.

Nabil Fahmi a entamé sa carrière au sein de l’appareil d’État égyptien en 1974, au bureau du président Anouar el-Sadate. Il a ensuite occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment auprès des Nations unies, avant d’être nommé ambassadeur d’Égypte au Japon de 1997 à 1999, puis aux États-Unis de 1999 à 2008.

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Un récital virtuose qui illumine la scène avec un programme éclectique

Entre joie et chagrin d’amour au violon : telle est la signature du récital nippo-européen en hommage à Tomoko Mayeda, qui se tiendra le 31 mars à la Cité de la Culture à 19h, en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis et l’Ambassade du Japon à Tunis.

Ce concert propose un programme captivant, mêlant œuvres japonaises, classiques européennes et perles du répertoire romantique.

Dédié à la mémoire de Tomoko Mayeda, ce récital célèbre la beauté intemporelle de la musique de chambre, où le violon dialogue avec le piano dans une symphonie d’émotions pures.

La soirée s’ouvre avec la Sonate pour violon n°1 en mi bémol majeur de Nobu Koda. Les notes évoquent la poésie japonaise et s’entrelacent comme des pétales de cerisier.

Le cœur du programme est l’Adagio en mi majeur K.261 de Mozart, enrichi d’une cadenza par Paul Badura-Skoda, dédiée à Tomoko Mayeda. Cette méditation touche l’âme par sa pureté angélique.

La soirée culmine avec le premier mouvement de la Sonate pour violon n°1 en sol majeur de Brahms, où lyrisme et puissance fusionnent dans une architecture musicale magistrale.

Ce récital unit Orient et Occident: Nobu Koda offre un violon ardent, tandis que Yuumi Yamaguchi maîtrise un piano nuancé. La musique transcende les frontières, unit les cœurs et offre une joie intemporelle.

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UGTT : victoire de la liste « de la stabilité et du défi »

À l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la compétition fait rage entre la liste « de la stabilité et du défi », menée par Slaheddine Selmi, et la liste « de l’indépendance et de la lutte » pilotée par Farouk Elouari.

Les résultats pour les commissions de contrôle financier et du règlement intérieur sont tombés : triomphe total pour les candidats de la liste de Slaheddine Selmi.

Pour la commission nationale du règlement intérieur, les syndicats ont élu Saleh Jalel, Arbi Yaakoubi, Mihoub Bouarrouj, Sonia Fathali et Sabri Mansi. Ils assureront le respect des statuts et la bonne marche des activités syndicales.

Côté commission nationale de contrôle financier, Anouar Chaibi, Habiba Wada, Mohamed Hedi Tarchouni, Mohamed Halim et Mourad Hammouda prendront les rênes. Ils piloteront les comptes, auditeront les opérations, prépareront les rapports congressuels et veilleront à une gouvernance irréprochable des fonds syndicaux.

Ce bureau de 15 membres (au moins 2 femmes, au maximum 4 retraités) est le dernier du genre : le prochain en comptera 13, avec une reconduction limitée à une seule fois (contre trois auparavant) pour tous les postes, y compris secrétaire général.

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Le Nigeria veut investir 900 millions de dollars dans une filière avicole intégrée

 Le Nigeria prépare, avec l’appui de partenaires chinois, un projet de 900 millions de dollars pour développer six grandes fermes avicoles intégrées à travers le pays. Chaque unité devrait produire environ 1 million d’œufs par jour et disposer de ses propres infrastructures, notamment une centrale électrique, un abattoir et un couvoir, afin de renforcer la sécurité alimentaire et réduire le déficit en protéines animales.

Le financement sera étalé sur dix ans : les deux premières fermes seront entièrement prises en charge par l’État nigérian, tandis que les quatre suivantes seront cofinancées avec des investisseurs chinois. Le projet prévoit aussi des exploitations agricoles de 10 000 hectares pour fournir le maïs et le soja nécessaires à l’alimentation des volailles.

Cette initiative intervient alors que la filière avicole nigériane fait face à plusieurs obstacles, dont le coût élevé des intrants, les maladies animales et l’accès limité au financement. Malgré une interdiction des importations de viande de poulet depuis 2003, le marché reste alimenté par des flux illégaux, signe d’une production locale encore insuffisante pour couvrir la demande.

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Le transport aérien domestique reste hors de portée pour une grande partie des Africains

Malgré l’ouverture de nouvelles liaisons, comme celle du Bénin avec Amazone Airlines, les vols intérieurs restent trop chers pour la majorité des Africains. C’est ce qu’a révélé l’agence Ecofin.

Le prix des billets, ajouté aux taxes, au carburant et aux coûts opérationnels, dépasse souvent largement le pouvoir d’achat local.

Dans plusieurs pays, un billet coûte l’équivalent de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines de salaire. Cela explique que le problème n’est pas seulement lié aux prix, mais à une structure économique qui rend l’avion encore inaccessible sur le continent.

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L’Iran ferme le détroit d’Ormuz aux navires liés aux « ennemis »

Les Gardiens de la Révolution ont forcé trois navires à faire demi-tour vendredi, interdisant le détroit aux alliés de l’« ennemi » malgré Donald Trump.  Toutefois, il y a eu des autorisations exceptionnelles pour 26 navires amis  en provenance de la Chine, Grèce, etc.) via un itinéraire alternatif.

Ainsi la première tentative ratée de COSCO depuis la guerre. Ce qui fait que Téhéran assure passages sécurisés aux alliés. Alors que la question pour Donald Trump, il  y voit un signe de négociations.

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L’huile d’olive fait bondir les échanges tuniso-jordaniens

Les exportations tunisiennes vers la Jordanie ont bondi à près de 59 millions de dinars en janvier-février 2026, dopées par l’huile d’olive (4 182 tonnes) fin février. Ce dynamisme a propulsé les échanges bilatéraux à 69,5 millions de dinars, en hausse de 135%, avec des perspectives positives pour fin d’année, selon le Centre de promotion des exportations (CEPEX).

Les produits phares comme les médicaments, consommables médicaux, aliments et déchets minéraux captent 70% des exportations tunisiennes vers ce marché.

Lors d’une rencontre entre Mourad Ben Hassine, PDG du Cepex, et l’ambassadeur de la Jordanie en Tunisie, Abdallah Aburman, les deux parties ont plaidé pour un renforcement de la coopération. Elles visent à exploiter les potentialités dans les secteurs à haute valeur ajoutée, à savoir : agroalimentaire, pharmacie, textile-habillement, et technologies de l’information.

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La famille à l’épreuve du numérique

Parler aujourd’hui du numérique dans la famille, ce n’est pas seulement évoquer un sujet de modernité ; c’est poser une question essentielle, presque existentielle : quelle place voulons-nous accorder à la technologie dans nos vies, dans nos foyers, et surtout dans l’éducation de nos enfants ? Nous vivons à une époque où les écrans sont omniprésents, où le virtuel s’invite à toute heure dans nos maisons, souvent sans que nous ayons pris le temps d’en définir les limites ni d’en mesurer les effets.

Or, une famille qui ne réfléchit pas à son usage du numérique risque progressivement de perdre ce qui fait sa force : le dialogue, la présence, l’écoute, et ce lien humain irremplaçable qui se construit à travers les gestes simples du quotidien.

Dans ce contexte, le rôle de la femme arabe, et plus particulièrement de la femme tunisienne, apparaît fondamental. C’est ce qui ressort du forum intellectuel intitulé « Le rôle de la femme arabe dans la conscience numérique de la famille », organisé par la docteure Hanane Youssef en parallèle avec sa 76e édition, dans le cadre d’une coopération avec l’initiative « Une journée sans écrans », fondée par la professeure docteure Mona Al-Hadidi.

Dans son intervention, la professeure docteure Hanan Youssef, professeure des médias et présidente de l’Organisation arabe pour le dialogue et la coopération internationale, a indiqué que ce forum s’inscrivait dans le cadre de la clôture des célébrations de la Journée de la femme, organisées tout au long du mois de mars. Elle a souligné que cette rencontre visait à renforcer le rôle de la femme arabe dans la promotion de la conscience numérique au sein de la famille, face aux défis posés par l’usage excessif des écrans, notamment chez les enfants et les jeunes, afin de favoriser une culture numérique responsable dans la société.

La docteure Hanan Youssef a également mis en avant l’importance de ce forum comme espace de dialogue et d’échange d’expériences entre les élites arabes, tout en rappelant la nécessité de doter la femme des outils lui permettant d’accompagner la famille dans un environnement technologique en constante évolution.

De son côté, la professeure docteure Mona Al-Hadidi, fondatrice de l’initiative « Une journée sans écrans », s’est félicitée de l’écho rencontré par cette initiative, qui contribue, selon elle, à promouvoir la conscience numérique en Égypte auprès de plusieurs institutions. Ont pris part à cette rencontre plusieurs personnalités issues des médias, de l’éducation et du monde académique, dont la présentatrice Inas Gouhar, Samiha Ragheb, la journaliste Nadia Al-Nachar, la professeure docteure Intissar Soghayroun, la professeure docteure Bouchra Al-Hamdani, ainsi que d’autres figures venues de plusieurs pays arabes, parmi lesquels la Tunisie, l’Égypte, la Palestine, le Liban, l’Arabie saoudite, la Syrie et le Yémen  Les intervenants ont présenté plusieurs propositions autour de la conscience numérique et du renforcement du rôle de la femme dans le numérique, tout en appelant à l’élargissement de l’initiative « Une journée sans écrans » à l’échelle arabe.

Les débats ont également été marqués par une forte participation des jeunes, tandis que les participants ont recommandé de soumettre les conclusions du forum aux décideurs et aux institutions concernées, notamment les ministères de l’Éducation, de la Culture et de l’Information.

Une chose est certaine:  la femme se trouve aussi en première ligne pour transmettre une culture du discernement, du juste usage et de la responsabilité. Elle n’est pas seulement celle qui accompagne ; elle est aussi celle qui éclaire. Elle n’est pas seulement celle qui protège ; elle est celle qui éduque, qui oriente et qui alerte, avec douceur, mais aussi avec fermeté lorsque cela s’impose. Dans l’espace familial, elle demeure cette voix qui rappelle que la technologie doit rester un outil au service de l’être humain, et non l’inverse.

La Tunisie, de son côté, porte une responsabilité particulière. Forte de son histoire, de son attachement à l’éducation et de son engagement en faveur de la place de la femme dans la société, elle peut et doit être un modèle dans la construction d’une citoyenneté numérique lucide et équilibrée. Cela suppose une mobilisation collective : celle de la famille, bien sûr, mais aussi de l’école, des médias, des associations et de l’ensemble des acteurs sociaux.

Car l’enjeu n’est pas seulement technique ; il est aussi culturel, éducatif et profondément humain. C’est précisément le sens de l’initiative « Un jour sans écrans ». Non pas pour diaboliser le progrès, ni pour s’enfermer dans la nostalgie d’un passé révolu, mais pour offrir un temps de respiration, de recul et de rééquilibrage.

Un jour sans écrans, c’est un jour pour se retrouver, pour se parler, pour lire, pour jouer, pour regarder autrement ceux qui nous entourent. C’est une invitation à redonner toute sa valeur à l’instant partagé, à la présence réelle et à la parole vivante.

Pour relever ce défi, il faut des femmes conscientes, des mères engagées, des familles vigilantes, des éducateurs présents et une société tout entière décidée à préserver l’équilibre entre l’ouverture au monde et la fidélité aux valeurs qui la construisent.

La rencontre s’est achevée par une prestation de l’assistante Neda Al-Mansi, qui a interprété les chansons « Noss El Donia » et « Watani Habibi Al-Watan Al-Akbar ».

 

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