Quand la géographie reprend (vraiment) sa revanche sur l’Histoire (suite…)
Il y a près de deux ans, nous écrivions, dans ces mêmes colonnes, que la géographie finirait par reprendre sa revanche sur une Histoire trop souvent bricolée, instrumentalisée et imposée. Cette lecture semblait peut être excessive, voire pessimiste, mais les événements que nous vivons semblent me donner malheureusement raison : aujourd’hui, de Gaza à la mer Rouge, d’Ormuz à Bab el-Mandeb, les faits parlent d’eux-mêmes. Aurais-je fait une analyse prophétique ? Mais simplement que certaines évidences – comme l’avait déjà pressenti Ibn Khaldoun dans ses Prolégomènes – finissent toujours par s’imposer… souvent dans le fracas.
Les détroits et la géographie : là où se joue vraiment le pouvoir
Pendant que les chancelleries s’échangent des communiqués et que les experts recyclent les mêmes concepts usés, le véritable pouvoir circule ailleurs. Il passe par des lieux que l’on préfère ignorer : ORMUZ ET BAB EL-MANDEB. Deux points minuscules sur la carte… mais qui tiennent la planète par la gorge.
Comme le rappellent régulièrement les analyses stratégiques contemporaines, contrôler les flux vaut désormais plus que contrôler les territoires. Un incident, une milice, un missile mal placé et soudain : les marchés paniquent, les routes commerciales se déroutent, les grandes puissances redécouvrent leur dépendance! Mais rassurons-nous : on continue à parler de “stabilité”.
Le Moyen-Orient : illusion de contrôle, réalité du désordre
Le Moyen-Orient de 2026 n’est plus un échiquier – drôle d’allusion à l’invention perse -, c’est devenu un champ de forces.
– Qatar, Émirats, Koweït : prospérité brillante, mais dépendance structurelle persistante particulièrement des USA.
– Arabie saoudite : transformation ambitieuse, mais équilibre fragile et centre de gravité de l’Islam.
– Iran : puissance patiente, enracinée dans une logique de long terme gérée par des « mollahs barbus en sandales », qui forment des centaines de milliers de cadres et ingénieurs même si elles sont « enfoulardées ».
– Irak, Yémen : États brisés devenus pivots géopolitiques.
– Israël : supériorité militaire, mais enfermement stratégique subissant un rejet qui se développe dans le monde.
Rien de tout cela n’est nouveau surtout que les USA étaient considérés comme chef d’orchestre surtout depuis le développement d’Internet, de l’intelligence artificielle et tutti quanti. Ce qui est nouveau, c’est que plus personne ne parvient à stabiliser l’ensemble. Comme le souligne Gilles Kepel, nous ne sommes plus dans des conflits locaux, mais dans une dynamique globale de confrontation diffuse.
Les États-Unis : puissance dominante… mais dépassée par la complexité
Les États-Unis restent une puissance majeure. Mais ils ne sont plus le chef d’orchestre. Ils sont devenus un acteur parmi d’autres. D’où cette cacophonie dominée par les décibels de Trump qui hurle à tout va et change d‘avis comme il change de cravate. Avec sa brutalité devenue coutumière, il réduit les Européens à leur impuissance stratégique en les traitant de lâches, rappelle aux monarchies du Golfe la nature réelle de leur dépendance lécheuse, sans parler de son mépris souverain pour les dirigeants africains. Bien que son comportement scandalise – et il s’en moque- il met surtout en lumière ce que tout le monde sait déjà : la puissance des USA n’a pas encore disparu mais elle a perdu de sa cohérence, comme l’écrit Emmanuel Todd dans La Défaite de l’Occident.
Israël : peut-il encore gagner des guerres, et après ?
Grâce à l’appui inconditionnel des USA, Israël continue-t-il de dominer militairement ? Par ailleurs, bien que cette domination semble subir maintenant des dégâts, et si par un miracle divin les USA et l’Iran perdent des hommes, chaque Israélien semble être protégé contre toute sorte d’agression ! Mais la question n’est plus, si aucune supériorité technologique ne règle une impasse politique.
Derrière l’action, une interrogation persiste : que veut Netanyahu ? Sécuriser, durer, imposer un fait accompli définitif ? Peut-être tout à la fois. Mais aucune stratégie ne répond à la question fondamentale : que fait-on d’un territoire, d’une population, d’un conflit… après leur destruction ? L’Histoire est pourtant claire et répète à qui veut l’entendre : on ne stabilise pas un vide.
Le pétrole : mythe de la fin, réalité de la dépendance ?
On annonce la fin du pétrole comme on annonçait jadis la fin de l’histoire avec la même assurance et probablement la même erreur. Oui, la transition énergétique existe. Mais non, elle ne supprime pas la dépendance, elle la transforme. Mais tant que les détroits resteront stratégiques, les flux resteront vulnérables et les économies resteront énergivores. De ce fait, le Moyen-Orient restera central.
La faute originelle : avoir ignoré la géographie. Le problème n’est ni religieux ni civilisationnel; il est structurel. On a voulu imposer une Histoire sans respecter la géographie. Et ce, en traçant des frontières artificielles, créant des États bricolés et surtout en déplaçant les peuples. Et comme toujours, la réalité finit par revenir… Avec intérêts.
In fine
Soyons lucides. L’Occident a cru organiser le monde : il en révèle aujourd’hui les limites. Les puissances régionales jouent aux équilibristes… sans filet :
- Israël impose la force faute d’autre action sans horizon politique. Surtout que l’argument de la SHOAH a beaucoup perdu de sa valeur. Il est devant un dilemme qui rappelle de sombres jours « la valise ou le cercueil »…
- Les monarchies du Golfe achètent du temps sans garantie d’éternité.
- L’Iran avance méthodiquement mais jusqu’où ? L’empire perse n’est-il pas éternel ?
- Les États-Unis arbitrent encore, mais leur rôle s’étiole de plus. Et l’American dream devient un drame même pour beaucoup de ses concitoyens.
- L’Europe a quitté le terrain de l’histoire et de la géographie comme un joueur qui a subi un carton rouge à force d’erreurs impardonnables particulièrement en Afrique, son ancien terrain de jeu favori.
Et pendant que chacun prétend maîtriser la situation, une seule chose est certaine : plus personne ne contrôle réellement la trajectoire en cours et on ne sait pas où on va. La vérité est plus dure encore. Ce n’est pas seulement un désordre. C’est un système qui se délite sous les yeux de ceux qui l’ont construit; sans que personne n’ait de solution crédible pour le remplacer. D’autant plus que, à cause d’une géographie capricieuse qui a imposé deux détroits, le pétrole risque d’atteindre les 200 $ le baril avec tous les effets dominos qui en découleraient.
Faut-il rappeler ce qu’avait écrit Ibn Khaldoun : « Lorsque les structures se corrompent, la chute n’est plus une possibilité, elle devient un processus. »
Et dans ce processus : les discours continueront; les alliances changeront; les puissants s’adapteront. Mais les peuples, eux, continueront de payer… toujours. Car on peut se poser la question : quelle erreur a fait un Palestinien de naître Palestinien et un Juif de naître en Israël ?
Pendant ce temps, la Chine attend patiemment son heure … et commence sa domination lentement et sûrement et en silence sans tirer une seule cartouche, si ce n’est une cartouche d’encre pour une imprimante Made in China…
À bon entendeur.
IBTISSEM
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