Finance mondiale : Tunis ne remplit pas les critères du GFCI 2026
Le dernier Global Financial Centres Index (GFCI), publié en mars 2026, confirme une réalité persistante : l’Afrique reste encore en marge de la hiérarchie mondiale des grandes places financières. Si plusieurs villes du continent apparaissent dans le classement international, leur poids demeure limité face aux hubs dominants de la finance mondiale globale. En tant que place financière, Tunis ne figure pas parmi les 120 recensées et donc parmi les sept africaines classées
Quelques signaux d’émergence se dessinent toutefois, portés par des centres qui gagnent progressivement en visibilité auprès des investisseurs et des acteurs financiers. C’est ce que révèlent plusieurs médias spécialisés du contient en finance mondiale.
Casablanca et Maurice top 50
Le rapport recense 120 centres financiers dans le monde. Parmi eux, seules sept villes africaines figurent dans le classement principal, illustrant l’ampleur du chemin à parcourir pour le continent. En tête du classement africain, Casablanca se positionne au 49ᵉ rang mondial, suivie de près par Maurice, classée 50ᵉ. Ces deux places constituent aujourd’hui les principaux points d’ancrage financiers du continent. C’est ce que rapporte afrique.le360.ma.
Plus loin dans le classement apparaît Kigali, qui occupe la 72ᵉ place mondiale. La capitale rwandaise s’est progressivement imposée ces dernières années comme un hub financier émergent en Afrique de l’Est, bénéficiant d’un environnement réglementaire jugé favorable et d’une stratégie assumée de développement du secteur financier.
Ces positions restent toutefois modestes au regard de la domination exercée par les grands centres internationaux. Mais les centres africains évoluent ainsi dans un second cercle régional; malgré certains progrès enregistrés ces dernières années. L’évolution du classement révèle néanmoins des trajectoires contrastées entre les différentes places africaines. Certaines villes progressent, portées par des réformes réglementaires, le développement des infrastructures financières ou l’essor des services numériques. D’autres enregistrent au contraire des reculs, illustrant la sensibilité de ces centres aux perceptions internationales et aux conditions économiques locales.
Domination occidentale
Quant aux premières places du classement mondial, elles demeurent occupées par des métropoles comme New York, Londres ou Singapour. Lesquelles concentrent une part considérable des flux financiers internationaux. Aucun centre africain n’intègre aujourd’hui les premiers rangs du classement global. Ce qui souligne une insertion encore partielle du continent dans les circuits financiers mondiaux.
Dans la région Moyen-Orient et Afrique, la hiérarchie est par ailleurs largement dominée par les hubs du Golfe, notamment Dubaï, Abu Dhabi et Doha. Ils disposent d’infrastructures financières plus matures et d’une forte connectivité internationale.
Concernant la méthodologie du GFCI, elle combine données économiques objectives et évaluations réalisées par des professionnels de la finance. Cette approche met particulièrement en avant plusieurs facteurs déterminants pour l’attractivité d’une place financière : la stabilité réglementaire; la qualité des infrastructures; la profondeur des marchés; et la capacité à attirer des talents internationaux.
Tiens, stabilité réglementaire et qualité des infrastructures, dites-vous ! Dommage, Tunis n’apparaît nulle part dans les perspectives.
Les centres africains susceptibles de progresser
Au-delà du classement actuel, le rapport identifie également plusieurs centres africains susceptibles de renforcer leur influence dans les prochaines années. Dans les perspectives établies par les professionnels interrogés, Maurice arrive en tête des villes africaines les plus citées, avec 33 mentions. Elle est suivie par Kigali, citée 27 fois; tandis que Casablanca recueille 23 citations.
Ces perspectives témoignent d’un intérêt croissant pour certaines places financières africaines. Et ce, dans un contexte marqué par la transformation progressive des économies du continent. L’urbanisation rapide, la digitalisation des services financiers et l’émergence de nouveaux marchés de capitaux contribuent à renforcer le potentiel de ces hubs.
Classement des centres financiers africains (GFCI 39, 2026)

Pour autant, le paysage financier africain demeure fragmenté. Les centres du continent fonctionnent encore largement comme des pôles régionaux relativement isolés, avec peu d’interconnexions entre eux. À l’échelle mondiale, les places les plus performantes se distinguent justement par leur forte intégration dans des réseaux financiers internationaux, facilitant la circulation des capitaux et des compétences.
Le défi pour l’Afrique consiste donc à consolider ses hubs existants tout en renforçant leur connectivité régionale et internationale. Le développement d’infrastructures modernes, l’amélioration des cadres réglementaires et l’essor des technologies financières pourraient constituer des leviers déterminants pour renforcer la compétitivité du continent dans la finance mondiale.
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