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Trump conspué en Iran et en Amérique

Compte tenu du déclin de ses capacités cognitives, de ses maigres connaissances en matière de gouvernance politique et de stratégie militaire et des flagorneurs ignares qui gravitent autour de lui; il est peu probable que Donald Trump saisisse toute la gravité de la guerre qu’il a déclenchée et qui entre dans son deuxième mois.

En dépit de son caractère tragique, l’étendue des destructions, le nombre des victimes et les répercussions sur l’économie mondiale, le président américain Trump continue de gérer cette crise mondiale à la légère et par des mensonges qu’il débite quotidiennement au cours de très brèves rencontres avec la presse américaine.

Ses « buts » de la guerre changent aussi souvent qu’il change de chemises : élimination du programme nucléaire iranien et son industrie des missiles; renversement du régime et « libération » du peuple iranien. Pour les oublier tous et se concentrer sur un seul objectif : l’ouverture du détroit d’Ormuz.

La responsabilité de la « fermeture sélective » de cette voie d’eau vitale pour le transport de l’énergie et des fertilisants, incombe exclusivement à Trump et Netanyahu, les architectes diaboliques de cette grave crise mondiale.

Qui pourrait honnêtement jeter la pierre à l’Iran d’avoir décidé de se défendre par tous les moyens pour faire face à l’agression de deux puissances nucléaires contre ses élites gouvernantes, ses infrastructures, son peuple, son existence même en tant que pays?

Maintenant que l’objectif de la guerre américano-sioniste devient l’ouverture du détroit d’Ormuz, Trump ordonne à quelques milliers de soldats de débarquer en Iran. Tous les stratèges, y compris dans l’armée américaine, pensent que cette décision est insensée dans le sens où les soldats qui obéiraient aux ordres de Trump, seraient des cibles trop faciles pour l’artillerie iranienne.

Certains commentateurs vont plus loin et suggèrent l’idée terrifiante que Trump aurait la satanique idée de sacrifier à dessein les milliers de soldats américains. Et ce, afin que, si l’Iran les décime, il trouvera le prétexte d’utiliser la bombe nucléaire contre la République islamique…

Cette assertion est soutenue par la psychologie complexe du président américain dont le narcissisme, l’ego surdimensionné et la futile conviction qu’il est le roi de l’Amérique et l’empereur du monde, lui interdisent d’accepter une défaite dans la guerre insensée vers laquelle l’a poussé le chien enragé et génocidaire Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Alors qu’il était convaincu que les premiers bombardements allaient ouvrir la voie au peuple iranien pour renverser le gouvernement et se confondre en remerciements pour l’Amérique, Trump fut foudroyé par la réaction du peuple iranien qui, quotidiennement envahit les grandes villes pour exprimer son soutien à son gouvernement et crier à tue-tête : « Mort à l’Amérique, Mort à Israël ».

Mais les mauvaises surprises du président américain ne s’arrêtent pas là. Aux millions de manifestants iraniens, se sont joint des millions d’Américains samedi 28 mars « dans tous les Etats, toutes les villes et tous les comtés de l’Amérique », criant « No Kings in America » (pas de rois en Amérique), et conspuant Donald Trump pour le mal qu’il fait à son propre pays et au monde dans son ensemble.

Mais Trump n’est pas seulement face au désaveu du peuple qui l’a élu. Des responsables dans son administration se détachent du cercle des flagorneurs trumpistes, pour dire la vérité à leurs concitoyens.

Joe Kent, ancien directeur de la section antiterroriste de la NSA (National Secutity Agency) a remis sa démission qu’il a expliquée par le fait que « l’Iran ne posait aucune menace pour l’Amérique » et que « cette guerre a été décidée par Netanyahu qui a réussi à y engager Donald Trump. »

Un représentant au Congrès est allé plus loin : « Cela fait plus de quarante ans que Netanyahu cherche un président américain idiot pour lui faire sa guerre contre l’Iran. Il l’a finalement trouvé en la personne de Donald Trump. »

De son côté, l’ancienne responsable du service antiterroriste de l’armée américaine, dénonçant avec virulence le bombardement « prémédité » de l’école iranienne qui a causé la mort de 165 écolières, affirma dans un discours public : « Nous prétendons combattre le terrorisme, mais les terroristes, c’est nous. »

Une chose est sûre : Trump ne sera pas arrêté dans sa folie meurtrière par des discours ou des manifestations, mais par la destitution. Il le sera très probablement en novembre prochain quand les Républicains qui le soutiennent perdront les deux chambres. Mais d’ici là, comment sera le monde ?

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L’hégémonie israélienne au Moyen-Orient

L’intervention israélienne en Iran comme au Liban relève moins d’une opération de sécurisation que d’une manifestation de puissance. Il s’agit de faire la démonstration de sa suprématie militaire et de sa capacité hégémonique au Moyen-Orient, grâce au soutien renouvelé des Etats-Unis de Trump. L’occasion de penser le sens et les limites d’une telle hégémonie.

 

L’hégémonie dans les relations internationales 

L’hégémonie se conçoit dans la capacité d’une puissance à créer un « ordre » où sa domination internationale ou régionale est acceptée, repose sur le commandement/l’obéissance, l’intérêt ou encore le principe du gain. Autrement dit, un tel ordre, consensuel, est obtenu suivant divers modes, suivant différents types d’exercice de la puissance hégémonique. La période du système unipolaire de l’après-guerre froide illustre bien le consensus des Etats autour de l’ordre international conçu par la puissance hégémonique américaine. Une acceptation qui a permis un fonctionnement plus fluide du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris pour le vote de résolutions contraignantes.

Il n’empêche, l’exercice de l’hégémonie s’avère difficile au regard des différentes périodes de l’histoire des relations internationales. Si la fin de la guerre froide fut suivie d’un bref moment unipolaire caractérisé par l’« hyperpuissance américaine », l’avènement de la mondialisation a reposé la question de l’hégémonie. Le rapport entre hégémonie et mondialisation est ambivalent, voire paradoxal. D’un côté, la mondialisation rend difficile l’hégémonie; de l’autre, la mondialisation amplifie et durcit les compétitions et les dynamiques d’hégémonie.

 

Lire aussi — Trump : une nouvelle hégémonie des Etats-Unis ?

 

L’hégémonie israélienne

L’hégémonie israélienne repose sur l’indéfectible relation américano-israélienne. Celle-ci est attestée par une série d’indices. Tout d’abord, Israël est le premier destinataire de l’aide financière, civile et militaire étrangère par tête du budget américain. Ensuite, au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, depuis des décennies, les Etats-Unis usent systématiquement de leur veto contre toute proposition de résolution condamnant les actions israéliennes (colonisation de territoires occupés, violation des conventions de Genève, opérations militaires contre les Palestiniens à Gaza ou contre des voisins arabes, comme le Liban).

Toujours sur le plan diplomatique, le 6 décembre 2017, le président D. Trump a reconnu Jérusalem capitale d’Israël et a décidé d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis. Une décision confirmée par le président J. Biden, mais qui demeure isolée sur la scène internationale. La partie Est ou arabe de la « Ville sainte » (selon les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam) est en effet occupée et colonisée par Israël depuis 1967 (« guerre des Six jours »). Une annexion contraire au droit international.

Le soutien américain à Israël s’explique par des raisons d’ordre à la fois stratégique (sauvegarde des intérêts stratégiques que représentent l’accès et la sécurité des gisements pétroliers de la région) et immatériel (sentiment partagé par les deux peuples d’être liés, notamment à partir d’une lecture du monde d’inspiration biblique et mystique). Ce soutien a permis à Israël de s’imposer progressivement comme une sorte d’« hyperpuissance régionale ». Ainsi, ce petit pays (sur le plan de la superficie et du poids démographique) est doté de l’une des armées les plus puissantes et modernes au monde.

 

Lire également — Trump : une conception israélienne du monde

Il s’agit de l’unique puissance nucléaire dans la région (même si ce fait n’est toujours pas admis officiellement par les responsables israéliens). Nulle armée ou force paramilitaire de la région ne saurait représenter une menace conventionnelle sérieuse pour Israël.

C’est dans ce contexte que, fort de sa puissance militaro-technologique et du soutien inconditionnel de la première puissance mondiale, Israël est en passe d’imposer une pax israeliana au Moyen-Orient. Le choix de « la paix par la force » est la preuve de la préférence israélienne pour l’affaiblissement et de la fragmentation de son voisinage arabo-persique.

Il n’empêche, derrière la force d’Israël, la séquence risque de se clore à nouveau par une conclusion implacable : son incapacité à ériger une région pacifiée sur la base d’accords politiques.

Une pacification seule à même de faire face à des défis globaux d’une ampleur sans précédent : de la transition énergétique aux effets du dérèglement climatique pour une région caractérisée par la rareté de l’eau, la désertification avancée et les températures extrêmes.

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Quadrilatère au Pakistan : projet pour le détroit d’Ormuz sur le modèle du canal de Suez

Le Pakistan a accueilli dimanche 29 mars des pourparlers avec la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite dans le cadre de ses efforts de médiation pour mettre fin à la guerre en Iran. Les premières discussions ont porté sur des propositions visant à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation, selon des sources proches du dossier.

Les ministres des Affaires étrangères des trois puissances régionales ont atterri à l’aéroport d’Islamabad pour les pourparlers, alors que l’Iran a averti les États-Unis de ne pas lancer d’attaque terrestre et que les prix mondiaux du pétrole ont grimpé en flèche. Selon cinq sources proches du dossier qui se sont confiées à Reuters, les pays réunis au Pakistan ont soumis des propositions à Washington concernant le trafic maritime et l’ouverture du détroit d’Ormuz, dans le cadre d’efforts plus larges visant à stabiliser les flux maritimes.

Environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait chaque jour par le détroit d’Ormuz, mais l’Iran a effectivement bloqué le trafic maritime à cet endroit en réponse aux frappes aériennes américano-israéliennes qui ont débuté il y a un mois.

Propositions pour l’ouverture d’Ormuz

Le Pakistan qui, comme la Turquie, partage une frontière avec l’Iran, a mis à profit ses liens étroits avec Téhéran et Washington pour devenir un acteur diplomatique clé dans ce conflit, aux côtés d’Ankara et du Caire. Des propositions, notamment celles de l’Égypte, avaient été transmises à la Maison Blanche par le Pakistan avant la réunion de dimanche et prévoyaient des redevances similaires à celles du canal de Suez. Deux autres sources pakistanaises ont indiqué que la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite pourraient former un consortium pour gérer le flux de pétrole transitant par cette voie navigable et ont invité le Pakistan à y participer.

La proposition de création d’un consortium de gestion conjointe a été discutée avec les États-Unis et l’Iran, selon les sources. Une première source pakistanaise a indiqué que le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, est en contact régulier avec le vice-président américain J.D. Vance.

De son côté, une source diplomatique turque a indiqué qu’Ankara avait pour priorité d’obtenir un cessez-le-feu. « Garantir le passage sûr des navires pourrait constituer une mesure importante pour instaurer la confiance dans ce dossier », a déclaré une personne, qui a souhaité garder l’anonymat…

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Le pétrole grimpe face à la montée des tensions entre Washington et Téhéran

Les tensions au Moyen-Orient ont ravivé la nervosité sur les marchés pétroliers. Ce qui a entraîné une nette hausse des cours du brut. Jeudi 26 mars vers 13h20, le Brent progressait de 4,66 % à 106,98 dollars. Tandis que le WTI gagnait 4,14 % à 94,06 dollars. C’est ce que rapporte AllNews reprenant une dépêche de l’AFP.

Cette envolée s’explique par les dernières déclarations du président américain Donald Trump sur les négociateurs iraniens, qu’il a qualifiés de « différents » et de « bizarres ». Mais aussi par le démenti de Téhéran concernant l’existence de discussions avec Washington. Ce qui alimente les craintes d’une escalade des tensions, toujours selon la même source.

Par ailleurs, la situation inquiète aussi sur le plan maritime. Une source militaire a averti que l’Iran pourrait ouvrir un « nouveau front » dans le détroit de Bab el-Mandeb en cas d’invasion terrestre américaine. Ce qui serait un scénario susceptible de perturber les échanges entre l’Asie et la mer Rouge.

Au final, les analystes redoutent un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande. D’autant que la capacité d’exportation des pays du Golfe reste sous pression. Selon l’analyste Paola Rodriguez-Masiu de Rystad Energy, les raffineurs européens pourraient en outre faire face à une concurrence plus forte des acheteurs asiatiques dans les prochains mois.

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Trump pousse pour une issue rapide au conflit avec l’Iran

En pleine escalade militaire avec l’Iran, le président américain Donald Trump a exprimé en privé sa volonté d’abréger rapidement le conflit, malgré une posture publique initialement plus offensive, rapporte le Wall Street Journal.

Selon des responsables proches du dossier, le chef de la Maison Blanche s’inquiète des conséquences d’une guerre prolongée au Moyen-Orient, indique le Wall Street Journal. Alors que les opérations militaires se poursuivent, Trump pousse son entourage à identifier des options permettant une sortie rapide du conflit, combinant pression militaire et ouverture diplomatique.

Cette position reflète les tensions internes au sein de son administration. D’un côté, certains responsables plaident pour intensifier les frappes afin d’affaiblir durablement l’Iran. Et de l’autre, plusieurs conseillers redoutent une escalade incontrôlable et ses répercussions économiques et géopolitiques.

Ce revirement de Trump s’explique également par une série de négociations discrètes menées en coulisses par plusieurs puissances régionales. En effet, des responsables égyptiens, turcs, saoudiens et pakistanais auraient multiplié les contacts indirects afin d’éviter une confrontation ouverte. Et ces discussions auraient notamment permis d’ouvrir un canal inédit avec les Gardiens de la Révolution iraniens, acteur central du pouvoir à Téhéran.

Toutefois, les efforts diplomatiques se heurtent à des obstacles majeurs. L’absence d’interlocuteur iranien clairement identifié complique les négociations, notamment après l’élimination de hauts responsables sécuritaires iraniens…

Sous la pression de ses conseillers et des alliés régionaux, et face aux risques d’embrasement généralisé, Washington a finalement choisi de temporiser…

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QatarEnergy invoque la force majeure pour ses approvisionnements en GNL

QatarEnergy a déclaré mardi 24 mars un « cas de force majeure » pour certains contrats d’approvisionnement en GNL à long terme; et ce, suite à la guerre au Moyen-Orient.

Ces contrats portent sur des livraisons à des clients en Italie, en Belgique, en Corée du Sud et en Chine. QatarEnergy indique qu’elle continue d’évaluer l’impact sur ses opérations et qu’elle évalue l’impact et le calendrier des réparations.

Le leader mondial de l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) a noté que les attaques de missiles contre les installations de Ras Laffan avaient causé des dégâts importants.

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61 % des Américains désapprouvent la guerre contre l’Iran

La cote de popularité du président Donald Trump a chuté ces derniers jours à son plus bas niveau depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. Cela est dû, entre autres, à la hausse des prix du carburant et la désapprobation généralisée de la guerre qu’il a lancée contre l’Iran. C’est ce que révèle un sondage Reuters/Ipsos publié mardi 24 mars.

Le nouveau sondage révèle que seuls 36 % des Américains approuvent le bilan de Trump à la Maison Blanche jusqu’à présent.

L’opinion des Américains sur Trump s’est considérablement détériorée en ce qui concerne la gestion du coût de la vie. Les prix de l’essence ayant explosé depuis les attaques lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février.

Seuls 25 % des répondants approuvaient la gestion du coût de la vie par Trump, une question qui était au cœur de sa campagne présidentielle de 2024.

En outre, seul un Républicain sur cinq désapprouve son bilan à la Maison Blanche, un chiffre stable par rapport à la semaine dernière. Cependant, la proportion de Républicains qui désapprouvent sa gestion du problème du coût de la vie est passée de 27 % à 34 %…

Cependant, la popularité de Trump ne semble pas avoir d’incidence sur les intentions de vote des Républicains qui cherchent à conserver la majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre. Environ 38 % des électeurs inscrits estiment que les Républicains sont plus compétents pour gérer l’économie américaine, contre 34 % pour les Démocrates.

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Monnaie – Chronique d’une indépendance sous tension

Il est des moments où les certitudes économiques se fissurent sous la pression de l’histoire. La monnaie, que l’on croyait neutre, technique, presque froide, redevient soudain un instrument profondément politique. La récente inflexion des projections de la Banque centrale européenne n’est pas un simple ajustement statistique : elle révèle une transformation plus profonde, presque philosophique, du rôle des banques centrales dans un monde désormais dominé par les chocs géopolitiques. La guerre au Moyen-Orient, en ravivant le spectre d’une inflation énergétique, agit comme un révélateur brutal : l’indépendance monétaire, longtemps érigée en dogme, se heurte aujourd’hui à la réalité d’un monde instable où l’économie ne peut plus être pensée hors du politique.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais ils ne disent pas tout. Une inflation attendue à 2,6 % en 2026, une croissance ramenée à 0,9 % : derrière ces données se dessine une tension fondamentale, presque tragique, entre deux impératifs contradictoires. Stabiliser les prix ou soutenir l’activité ? Agir ou attendre ? La BCE se retrouve enfermée dans ce dilemme classique, mais exacerbé par la nature même du choc.

Car cette inflation n’est pas le produit d’un excès de demande. Elle est importée, énergétique, géopolitique. Elle échappe, en grande partie, aux leviers traditionnels de la politique monétaire. En ce sens, elle met en échec l’héritage intellectuel de Milton Friedman, pour qui l’inflation relevait avant tout d’un phénomène monétaire. Le réel, une fois encore, déborde la théorie.

Dans cette configuration, relever les taux revient à agir sur les symptômes plutôt que sur les causes. C’est contenir la demande intérieure sans pouvoir infléchir le prix du pétrole ou du gaz. C’est, en somme, accepter une forme de sacrifice économique au nom de la crédibilité monétaire.

Mais peut-on encore parler de crédibilité lorsque les instruments apparaissent impuissants face à l’origine du choc ? La question, longtemps théorique, devient aujourd’hui concrète.

Banques centrales : entre indépendance proclamée et dépendance réelle

Depuis plusieurs décennies, l’indépendance des banques centrales s’est érigée en principe presque intangible. Elle était censée assurer la discipline monétaire, prémunir contre les dérives inflationnistes des gouvernements et stabiliser les anticipations. Les travaux de Robert Barro, bien connus de nos étudiants, ont conféré à cette doctrine une base théorique robuste : pour être crédible, la politique monétaire devait être affranchie des aléas et des cycles politiques.

Mais l’histoire récente a profondément ébranlé cette architecture. La crise financière de 2008, puis la pandémie, ont transformé les banques centrales en acteurs centraux de la stabilisation économique. Elles ont injecté des liquidités massives, soutenu les marchés, parfois même financé indirectement les États. Loin d’être des institutions neutres, elles sont devenues des piliers du système.

Aujourd’hui, avec le retour des chocs géopolitiques, une nouvelle étape est franchie. La BCE ne réagit plus seulement à des déséquilibres économiques internes ; elle doit intégrer des variables exogènes, imprévisibles, souvent violentes. Elle devient, malgré elle, un acteur du monde.

Les anticipations des grandes institutions financières – J.P. Morgan, Barclays, Morgan Stanley – traduisent cette mutation. Elles ne se contentent plus d’analyser des fondamentaux économiques; elles tentent d’anticiper des décisions prises dans un environnement saturé d’incertitudes politiques. Le calendrier des hausses de taux, désormais envisagé dès avril avec des prolongements en juin, juillet ou septembre, devient lui-même tributaire d’événements qui échappent à la sphère économique.

Dans ce contexte, l’indépendance apparaît comme une fiction utile mais incomplète. Elle existe dans les statuts, mais elle se heurte aux contraintes du réel.

Le langage des banquiers centraux : une rhétorique de l’incertitude

Les mots ont changé. Ils sont devenus plus prudents, mais aussi plus chargés. Lorsque François Villeroy de Galhau (3*) évoque un conflit « plus long, plus intense », il ne se contente pas de décrire une situation géopolitique : il prépare les esprits à une inflexion monétaire. Le discours des banquiers centraux, autrefois technique, s’est mué en un exercice d’équilibriste, où chaque phrase doit à la fois rassurer et alerter.

Cette évolution n’est pas anodine. Elle traduit une transformation profonde du rôle des banques centrales dans la formation des anticipations. Comme l’a montré Paul Krugman (4*), la politique monétaire est aussi une politique des attentes. Or, dans un monde incertain, ces attentes deviennent elles-mêmes instables.

La BCE doit ainsi naviguer entre deux écueils : agir trop tôt et risquer de casser la croissance, ou agir trop tard et perdre le contrôle de l’inflation. Ce dilemme, déjà présent en 2022, revient aujourd’hui avec une intensité accrue. Mais cette fois, l’institution semble déterminée à ne pas répéter les hésitations du passé.

L’onde de choc européenne et ses résonances tunisiennes

Pour la Tunisie, cette séquence européenne n’est pas un simple épisode lointain. Elle constitue une onde de choc aux multiples canaux de transmission, économiques, financiers et sociaux.

Le premier de ces canaux est monétaire. Un resserrement des taux en zone euro tend à renforcer l’attractivité de la devise européenne, ce qui exerce une pression sur le dinar. Dans un pays où les équilibres extérieurs sont fragiles, cette dynamique peut rapidement se traduire par une dépréciation, alimentant à son tour l’inflation importée.

Le second canal est financier. La hausse des taux européens renchérit le coût du capital à l’échelle mondiale. Pour une économie comme la Tunisie, déjà confrontée à des contraintes de financement, cela signifie un accès plus difficile et plus coûteux aux marchés internationaux. La dette devient plus lourde, les marges de manœuvre budgétaires plus étroites.

Mais c’est peut-être par le canal réel que l’impact sera le plus durable. Une croissance européenne affaiblie réduit la demande adressée aux exportations tunisiennes. Elle pèse sur le tourisme, sur les investissements, sur l’ensemble des flux qui relient la Tunisie à son principal partenaire économique.

À cela s’ajoute la question énergétique. La hausse des prix du pétrole et du gaz, amplifiée par les tensions géopolitiques, frappe directement une économie dépendante des importations. Elle alimente l’inflation, creuse le déficit extérieur et fragilise le pouvoir d’achat.

Ainsi, la Tunisie se retrouve à la croisée des vulnérabilités : monétaire, financière, commerciale et énergétique.

Repenser l’indépendance à l’échelle nationale : le cas tunisien

Dans ce contexte, le débat sur l’indépendance des banques centrales prend une dimension particulière. La Banque centrale de Tunisie, comme ses homologues, est confrontée à une équation complexe : contenir l’inflation sans étouffer une économie déjà fragile.

Mais la question dépasse le cadre strict de la politique monétaire. Elle renvoie à la cohérence globale du « policy mix ». Comme le souligne Olivier Blanchard (5*), la coordination entre politique monétaire et politique budgétaire est devenue essentielle dans un monde marqué par des chocs multiples.

Pour la Tunisie, cela implique de sortir d’une approche fragmentée des politiques économiques. La lutte contre l’inflation ne peut reposer uniquement sur les taux d’intérêt. Elle nécessite une stratégie plus large, intégrant la politique énergétique, la politique industrielle et la gestion des équilibres extérieurs.

L’indépendance de la banque centrale, dans ce cadre, ne doit pas être remise en cause, mais repensée. Non pas comme une séparation stricte, mais comme une articulation intelligente entre différentes sphères de décision.

Vers une économie de l’incertitude permanente

Au fond, ce que révèle la séquence actuelle, c’est l’entrée dans une nouvelle ère. Une ère où les chocs ne sont plus exceptionnels mais permanents, où l’incertitude devient la norme, où les frontières entre « économie » et « géopolitique » s’effacent.

Dans ce monde, les banques centrales ne peuvent plus se contenter d’être des gardiennes de la stabilité des prix. Elles doivent devenir des institutions capables d’absorber les chocs, d’orienter les anticipations, de participer à la résilience globale des économies.

Mais cette transformation a un prix : celui de la fin de l’illusion de neutralité. La politique monétaire est, et restera, profondément politique.

Pour la Tunisie, l’enjeu est clair. Il ne s’agit pas seulement de s’adapter aux décisions de la BCE, mais de construire une capacité interne de résistance et d’anticipation. Cela suppose des réformes structurelles, mais aussi une réflexion renouvelée sur le rôle de l’État, des institutions et des politiques économiques.

Car dans un monde incertain, la véritable indépendance n’est peut-être pas celle des banques centrales, mais celle des économies elles-mêmes.

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(2*) Robert Joseph Barro est un macroéconomiste américain, né le 28 septembre 1944 à New York et professeur d’économie à l’université Harvard. Barro est connu pour ses contributions en macroéconomie, notamment ses travaux sur la croissance économique et les effets des politiques fiscales. Il est considéré comme un économiste de tendance libérale classique voire libertarien, influençant les débats économiques contemporains.

(3*) François Villeroy de Galhau est né le 24 février 1959 à Strasbourg. Il est un ancien élève de l’ENA et inspecteur des finances, ayant rejoint la direction du Trésor en 1988.

(4*) Paul Krugman né le 28 février 1953, est un économiste américain renommé et professeur à l’Université de Princeton, connu pour ses contributions à la théorie du commerce international. Krugman écrit sur des sujets économiques variés tels que la distribution des revenus, la fiscalité, la macroéconomie et il est éditorialiste au New York Times. En plus de ses travaux académiques, Paul Krugman a reçu le Prix Nobel d’économie pour ses avancées dans la compréhension des échanges internationaux.

(5*) Olivier Blanchard est un économiste français né le 27 décembre 1948. Il est principalement connu pour ses contributions à la macroéconomie, et pour avoir été l’économiste en chef du Fonds monétaire international entre 2008 et 2015.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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L’ultimatum de Trump et le défi de l’Iran

Plusieurs commentateurs à travers le monde se demandent si réellement Donald Trump est en possession de toutes ses facultés mentales et cognitives pour continuer à exercer sa fonction, en cette période chargée de dangers sans précédent pour la paix mondiale depuis les années 30 du siècle dernier.

Les interrogations sur l’aptitude du président américain et sur sa capacité à gérer la grave crise dans laquelle il a engagé son pays et le monde se réfèrent à ses déclarations contradictoires, incohérentes et désordonnées. En effet, le rythme de l’incohérence des propos, des affirmations et des décisions de Trump s’est brusquement accéléré depuis la fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz.

La décision de l’Iran de prendre le contrôle de cette voie maritime vitale pour la sécurité énergétique de la planète semble désorienter Donald Trump. Tout d’abord, il a réagi par l’indifférence : « Nous n’avons pas besoin de détroit, parce que nous ne dépendons pas du pétrole du Golfe ». Puis, très vite il change d’avis et appelle ses alliés et même la Chine à envoyer leurs forces navales pour escorter les pétroliers.

Jusqu’à présent, la Chine n’est pas affectée par la « fermeture sélective » du détroit, puisque ses pétroliers peuvent passer. Le problème se pose pour les alliés européens très dépendants du pétrole du Golfe.

Mais malgré cette dépendance, ils ont refusé quand même les appels à l’aide du président américain qui, ayant retiré sa « belle armada » dans l’océan Indien loin des missiles et des drones iraniens, n’a pas eu froid aux yeux en demandant aux autres d’amener leurs navires de guerre au Golfe pour sécuriser le détroit d’Ormuz !

Le refus rationnel des Européens de s’engager dans une guerre, au déclenchement de laquelle ils ont tant mis en garde, a provoqué la fureur du président américain qui l’a qualifié de « trahison ». Il a ainsi traité ses alliés de « lâches » et s’est déchainé contre l’OTAN, la décrivant comme « un tigre en papier ».

S’étant convaincu qu’aucun pays au monde ne répondra à ses appels à l’aide, Trump a choisi de s’engager dans une nouvelle escalade en lançant un ultimatum à l’Iran. Il exige désormais l’ouverture du détroit à la circulation dans les 48 heures, sinon « tous les réseaux électriques et énergétiques de l’Iran seront détruits ».

L’Iran a répondu à cet ultimatum qui expire ce lundi 23 mars par le défi : « Si vous détruisez nos réseaux électriques et énergétiques, nous détruirons les réseaux électriques et énergétiques d’Israël et ceux des pays du Golfe qui fournissent l’électricité et l’énergie aux bases militaires américaines. »

Entre temps, la guerre continue sans relâche. L’’Iran continue de résister. Malgré les lourdes pertes humaines et en infrastructures civiles et militaires, des millions d’Iraniens défilent quotidiennement dans les villes iraniennes en soutien à leur gouvernement, à leur Etat et à l’intégrité de leur territoire.

Trump et Netanyahu étaient à mille lieux de penser que l’Iran possède un tel arsenal et une telle maitrise des techniques de la guerre asymétrique. Nul n’a prévu par exemple que l’Iran soit capable de forcer le porte-avion Abraham Lincoln, symbole de la puissance américaine, à quitter la scène et à aller réparer ses dommages loin de la portée des missiles iraniens.

Par ailleurs, la nuit de samedi 21 à dimanche 22 mars restera dans les annales comme la nuit « la plus difficile » que les Israéliens ont vécue depuis la création de leur Etat. Peu de temps après qu’Israël a attaqué les alentours du site nucléaire d’Abouchehr, l’Iran a répondu par une attaque dévastatrice des environs du site de Dimona et de la ville voisine d’Arad.

La réponse iranienne, à la consternation des agresseurs, a démontré la vulnérabilité du « site le plus secret et le plus protégé de la planète ». Une réponse sous forme d’avertissement : « Si vous détruisez Bouchehr, Dimona sera détruit. »

Alors, la question brûlante qui se pose en Israël est jusqu’à quand les Israéliens supporteront-ils les nuits blanches entassés dans les abris, et les dévastations de plus en plus étendues que subissent leurs villes ? L’étonnant est qu’il n’y a encore aucune réaction ni tentative de déloger du pouvoir Benyamin Netanyahu, ce génocidaire maniaque, qui a mis la région entière et son pays à feu et à sang.

En attendant la réponse de Trump au défi iranien, le monde retient son souffle.

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La flambée du diesel met en danger la rentabilité minière

La guerre au Moyen-Orient fait peser une nouvelle menace sur l’industrie minière mondiale, en particulier sur les producteurs de minerai de fer, confrontés à une hausse brutale de leurs coûts d’exploitation.

En première ligne : le diesel, carburant essentiel pour les engins miniers et le transport. La flambée des prix de l’énergie, provoquée par les perturbations dans le détroit d’Ormuz, renchérit considérablement les opérations. Selon des estimations relayées ce lundi par Reuters, une hausse de seulement 0,10 dollar du diesel pourrait se traduire par des centaines de millions de dollars de coûts supplémentaires pour les grands groupes miniers.

Cette pression intervient dans un contexte déjà tendu. Le conflit perturbe les flux énergétiques mondiaux, entraînant une hausse généralisée des prix du pétrole et du gaz, mais aussi des coûts logistiques et d’assurance maritime.

Les compagnies minières, fortement dépendantes de l’énergie fossile, voient ainsi leurs marges se réduire. Le secteur du minerai de fer est particulièrement exposé, car l’extraction, le transport et le traitement du minerai reposent massivement sur des carburants comme le diesel.

Au-delà de l’énergie, la guerre affecte également les chaînes d’approvisionnement. Les perturbations du trafic maritime et la hausse des coûts de fret compliquent l’acheminement des matières premières. Tandis que certaines routes commerciales deviennent plus risquées ou plus coûteuses.

Face à cette situation, plusieurs groupes tentent d’anticiper. Certains accélèrent leurs stratégies de transition énergétique, notamment en électrifiant leurs équipements ou en réduisant leur dépendance au diesel. Mais ces transformations nécessitent des investissements lourds et du temps.

Si le conflit devait s’intensifier ou se prolonger, les analystes redoutent un impact durable sur l’ensemble de la chaîne industrielle, de l’extraction minière à la production d’acier. Déjà fragilisé par des coûts élevés et une demande incertaine, le secteur pourrait subir un nouveau choc, avec des répercussions sur les prix mondiaux des matières premières.

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Saison touristique 2026 en Tunisie : faut-il anticiper une stratégie de crise ?

La guerre au Moyen-Orient réveille de vieux démons: amalgames, peur de voyager, risque d’explosion des coûts du transport aérien. Un type de crise qui ne connaît pas les frontières et qui pourrait impacter lourdement une destination touristique comme la Tunisie.

Passée la phase d’hébétement et d’attentisme provoquée par la conjonction d’un contexte géopolitique explosif au Moyen-Orient et d’un calendrier marqué par le Ramadan, le tourisme tunisien ne peut plus se permettre d’observer. Le temps de la contemplation doit céder la place à celui de l’action.

Car les signaux s’accumulent et convergent: les amalgames, bien connus du secteur, refont surface sur certains marchés émetteurs, alimentant un climat de défiance. Dans ce contexte, le silence et le déni constituent des facteurs aggravants. L’expérience l’a démontré : en matière touristique, l’absence de discours est souvent interprétée comme un aveu de fragilité.

Niveau de booking inquiétant

Les premières remontées de terrain sont préoccupantes. Les niveaux de réservation enregistrés sur plusieurs marchés affichent un net recul par rapport à la même période de l’an dernier. On parle même de certaines annulations. Cette tendance, si elle se confirme, pourrait annoncer une saison estivale sous tension. Le climat anxiogène qui prévaut actuellement agit comme un puissant inhibiteur de la décision de voyage, particulièrement sur les destinations perçues, à tort ou à raison, comme exposées à des risques régionaux.

À cette incertitude s’ajoute une contrainte économique majeure : la hausse des prix de l’énergie. La flambée du baril de pétrole aura mécaniquement un impact sur le transport aérien, avec des répercussions attendues sur les tarifs des billets et des affrètements. Une telle évolution risque d’éroder davantage la compétitivité-prix qui constitue l’atout majeur de la destination tunisienne.

Dans ce contexte, le risque est réel de voir la Tunisie subir, une fois encore, les conséquences d’événements exogènes, comme ce fut le cas lors de la guerre du Golfe en 1991 ou après les attentats du 11 septembre 2001. Ces précédents doivent servir de rappel : l’inaction ou les réponses tardives se paient durablement.

L’Europe du sud comme valeur refuge

Plus préoccupant encore, les arbitrages des clientèles européennes pourraient se faire au détriment de la Tunisie. En période d’incertitude, les flux touristiques ont tendance à se replier vers des valeurs refuges. Les grandes destinations balnéaires du sud de l’Europe, notamment Espagne et Grèce, disposent d’un avantage comparatif en termes de perception de sécurité et de proximité. Positionnées sur un segment similaire, elles pourraient capter une partie des reports de clientèle au détriment de la Tunisie.

Face à cette situation, la mise en place urgente d’un dispositif de veille et de pilotage de crise apparaît indispensable. Un comité dédié, capable d’analyser en temps réel les évolutions de la demande et d’ajuster les réponses, permettrait d’éviter une dégradation incontrôlée de la saison.

Rassurer la clientèle

La stratégie à adopter doit également évoluer en profondeur. Il ne s’agit plus uniquement de promouvoir une destination, mais de rassurer, de démontrer et de créer un lien de proximité avec les marchés. Le tourisme, dans le contexte actuel, ne vend plus seulement un produit ou une expérience : il vend avant tout une tranquillité d’esprit.

Cela implique des actions immédiates et ciblées : renforcer la communication de réassurance, mobiliser les prescripteurs de voyage, intensifier la présence sur les marchés prioritaires et clarifier le positionnement de la destination. Les moyens qui existent doivent être engagés sans délai. Et plus si nécessaire.

Sur le plan du transport aérien, des mesures d’accompagnement devront également être envisagées pour préserver l’accessibilité de la destination, quitte à dépasser certains cadres habituels. L’enjeu est d’éviter une rupture de compétitivité qui serait difficilement rattrapable à court terme. Tourisme et Transport doivent donc converger vers une stratégie unique et concertée.

Attention au bradage

En revanche, une ligne rouge doit être clairement posée : celle du bradage dans l’hôtellerie. Recourir à une baisse massive des prix pour compenser un déficit de demande serait une erreur stratégique. L’histoire du tourisme tunisien a toujours montrer que ces pratiques fragilisent durablement la valeur de la destination et enferment le secteur dans une logique de dépendance dont il est difficile de sortir.

La saison 2026 se joue dès maintenant. L’anticipation, la réactivité et la cohérence des actions seront déterminantes. À défaut, le secteur pourrait se retrouver, une fois encore, en position de subir, contraint de gérer l’urgence plutôt que de maîtriser sa trajectoire.

Hédi HAMDI

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Les lignes de fracture d’un monde sous tension : stagflation globale et vulnérabilités maghrébines

Il y a des moments dans l’histoire économique où les chiffres cessent d’être de simples indicateurs pour devenir des signaux d’alerte. Nous sommes précisément à l’un de ces points de bascule. La guerre au Moyen-Orient ne constitue pas seulement un épisode géopolitique de plus dans une région coutumière des tensions ; elle agit comme un révélateur brutal des déséquilibres accumulés au cœur de l’économie mondiale. L’avertissement formulé par Joseph Stiglitz (**) prend, dans ce contexte, une résonance particulière : la stagflation n’est plus un risque théorique, elle redevient une possibilité tangible. Et dans cette recomposition accélérée, le Maghreb se retrouve à la croisée des vulnérabilités, des fractures et des recompositions stratégiques.

 

La notion de stagflation, longtemps reléguée aux crises pétrolières du XXe siècle, réapparaît aujourd’hui dans un contexte profondément transformé. Elle n’est plus seulement le produit d’un choc énergétique, mais le résultat d’une combinaison complexe de facteurs de fractures : déséquilibres monétaires, fragmentation commerciale, tensions géopolitiques et mutation technologique.

Aux États-Unis, cette dynamique prend une forme particulièrement préoccupante. La croissance, bien que positive en apparence, repose sur des bases étroites et déséquilibrées. L’essor de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques masque une réalité plus contrastée : celle d’une économie dont les moteurs traditionnels – industrie, consommation de masse, investissement productif – montrent des signes d’essoufflement.

Dans ce contexte, le choc géopolitique agit comme un amplificateur. Il ne crée pas la crise, il en accélère la manifestation. L’augmentation brutale des prix de l’énergie, combinée à une incertitude généralisée, perturbe les mécanismes d’ajustement traditionnels et enferme l’économie dans une dynamique contradictoire : inflation persistante et croissance atone.

Le détroit d’Ormuz : épicentre d’un choc systémique

Au cœur de cette séquence se trouve un point géographique dont l’importance dépasse largement sa taille : le détroit d’Ormuz. En temps normal, il constitue une artère fluide du commerce mondial. En période de crise, il devient un verrou stratégique capable de désorganiser l’ensemble du système énergétique global.

La flambée des prix du pétrole qui a suivi son blocage n’est pas un simple épisode spéculatif. Elle traduit une réalité structurelle : la dépendance persistante de l’économie mondiale aux hydrocarbures. Malgré les discours sur la transition énergétique, le pétrole demeure le socle invisible de la production, du transport et des échanges.

Cette dépendance confère au choc actuel une dimension systémique. Il ne s’agit pas seulement d’une hausse des coûts énergétiques, mais d’un renchérissement généralisé de l’ensemble des chaînes de valeur. Chaque secteur, de l’agriculture à l’industrie, en passant par les services, se trouve affecté, directement ou indirectement.

L’incertitude comme nouvelle variable économique dominante

L’un des aspects les plus marquants de la crise actuelle réside dans l’ampleur de l’incertitude qu’elle génère. Cette incertitude n’est pas seulement liée à la durée du conflit ou à l’évolution des prix de l’énergie ; elle concerne l’ensemble des règles du jeu économique.

Les entreprises, confrontées à des politiques commerciales imprévisibles et à des coûts de production volatils, hésitent à investir. Les ménages, de leur côté, adoptent des comportements de précaution, réduisant leur consommation et augmentant leur épargne. Ce double mouvement contribue à freiner la croissance, renforçant ainsi les risques de stagnation.

Dans ce contexte, les outils traditionnels de politique économique montrent leurs limites. Les banques centrales, en particulier, se trouvent dans une situation délicate. Relever les taux pour contenir l’inflation risque d’aggraver le ralentissement économique ; les maintenir à un niveau bas pourrait alimenter davantage les tensions inflationnistes. Ce dilemme illustre parfaitement la nature stagflationniste de la crise.

Le paradoxe du dollar et la crise de confiance

Un autre élément clé de cette séquence réside dans l’évolution inattendue du dollar. Contrairement aux schémas classiques, la montée du protectionnisme ne s’accompagne pas d’une appréciation de la monnaie américaine. Au contraire, celle-ci tend à s’affaiblir.

Ce phénomène traduit une transformation plus profonde : l’érosion de la confiance dans le système économique américain. Les politiques commerciales erratiques, combinées à une polarisation politique accrue, contribuent à fragiliser la crédibilité des États-Unis en tant que pilier du système monétaire international.

La faiblesse du dollar agit alors comme un multiplicateur d’inflation. En renchérissant le coût des importations, elle alimente la hausse des prix, neutralisant les effets attendus des mesures protectionnistes. Cette dynamique renforce le caractère auto-entretenu de la stagflation.

Le Maghreb face à une triple contrainte : énergie, finances et stabilité sociale

Dans ce paysage global sous tension, les économies du Maghreb apparaissent particulièrement exposées. Leur vulnérabilité repose sur une triple contrainte qui se renforce mutuellement : dépendance énergétique, fragilité budgétaire et sensibilité sociale à l’inflation.

Pour la Tunisie, le choc pétrolier se traduit immédiatement par une dégradation des équilibres externes. L’augmentation de la facture énergétique alourdit le déficit commercial, exerce une pression sur les réserves en devises et limite la capacité d’intervention de l’État.

Sur le plan budgétaire, la situation est tout aussi préoccupante. Le maintien des mécanismes de subvention devient de plus en plus coûteux, tandis que les marges de financement se réduisent. Cette contrainte budgétaire limite la capacité de l’État à amortir le choc pour les ménages et les entreprises.

Mais c’est peut-être sur le plan social que les implications sont les plus sensibles. L’inflation, en particulier celle liée à l’énergie et aux produits de base, affecte directement le pouvoir d’achat. Dans des économies où la consommation constitue un moteur essentiel de l’activité, cette érosion peut rapidement se traduire par un ralentissement généralisé.

L’Algérie et la Libye : des amortisseurs relatifs mais fragiles

Dans cet environnement, les pays exportateurs d’hydrocarbures du Maghreb, comme l’Algérie et la Libye, bénéficient d’un effet d’aubaine à court terme. La hausse des prix du pétrole améliore leurs recettes d’exportation et renforce leurs positions budgétaires.

Cependant, cet avantage reste fragile. Il dépend étroitement de l’évolution des prix internationaux et ne résout pas les défis structurels liés à la diversification économique. Par ailleurs, une dépendance excessive aux hydrocarbures expose ces économies à une volatilité accrue, limitant leur capacité à planifier sur le long terme.

Vers une reconfiguration stratégique du Maghreb

Au-delà des risques immédiats, la crise actuelle ouvre également un espace de réflexion stratégique pour le Maghreb. Elle met en lumière la nécessité d’une transformation profonde des modèles économiques.

La question énergétique apparaît comme centrale. La transition vers les énergies renouvelables n’est plus seulement un enjeu environnemental, mais une impératif de souveraineté économique. Le potentiel solaire et éolien de la région constitue un atout majeur, encore largement sous-exploité.

Par ailleurs, la recomposition des chaînes de valeur mondiales offre une opportunité de repositionnement. La proximité géographique avec l’Europe pourrait permettre au Maghreb de s’imposer comme une plateforme industrielle et logistique alternative, dans un contexte de relocalisation partielle des activités.

Enfin, la coopération régionale, longtemps entravée par des considérations politiques, apparaît plus que jamais nécessaire. Une intégration économique renforcée permettrait de mutualiser les ressources, d’élargir les marchés et d’accroître la résilience face aux chocs externes.

In fine : entre vulnérabilité et nécessité de transformation

La crise actuelle agit comme un révélateur impitoyable des fragilités du système économique mondial. Elle rappelle que la stabilité apparente des dernières décennies reposait sur des équilibres précaires, aujourd’hui remis en cause.

Pour le Maghreb, l’enjeu dépasse la gestion conjoncturelle du choc. Il s’agit d’engager une transformation structurelle capable de réduire les vulnérabilités et de saisir les opportunités offertes par la recomposition en cours.

Car dans un monde marqué par l’inc neertitude et la fragmentation, la capacité d’adaptation ne suffit plus. Seule une stratégie proactive, fondée sur la diversification, l’innovation et la coopération, permettra de transformer les crises en leviers de développement.

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(**) Joseph Stiglitz est un économiste américain de renom, né le 9 février 1943. Il est principalement connu pour ses travaux sur l’asymétrie d’information et sa critique virulente du néolibéralisme et de la gestion de la mondialisation. 

Points clés de sa carrière

  • Prix Nobel : il a reçu le prix Nobel d’économie en 2001 (partagé avec George Akerlof et Michael Spence) pour ses analyses des marchés où les participants ne disposent pas des mêmes informations.
  • Fonctions officielles : il a été président du Conseil des conseillers économiques du président Bill Clinton (1995-1997) et économiste en chef de la Banque mondiale (1997-2000).
  • Enseignement : il est actuellement « University Professor » à l’Université de Columbia. 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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L’eau, nouvelle arme de guerre au Moyen-Orient ?

À la veille de la Journée mondiale de l’eau, la présidente du Réseau arabe pour la souveraineté alimentaire, Razan Zuayter a averti que l’intensification des conflits au Moyen-Orient, notamment la guerre contre l’Iran, accentue fortement les menaces sur la sécurité hydrique, en raison du ciblage croissant des infrastructures liées à l’eau. Elle a souligné, dans une interview accordée à l’agence TAP, que l’utilisation de l’eau comme arme constitue une menace directe et grave, susceptible d’affecter des millions de personnes dans une région déjà marquée par une rareté extrême de cette ressource.

Elle considère que les attaques récentes contre des installations de dessalement, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis entre autres, illustrent une escalade préoccupante, avec des conséquences immédiates sur l’approvisionnement en eau potable. Elle rappelle que de telles pratiques ne sont pas nouvelles, évoquant des exemples récurrents dans plusieurs conflits, notamment en Palestine, où la destruction et la pollution des infrastructures hydrauliques aggravent la vulnérabilité des populations.

Razan Zuayter explique que les répercussions pourraient être particulièrement sévères pour les pays dépendant du dessalement, certains États du Golfe reposant jusqu’à 90 % sur cette technologie. Une interruption prolongée entraînerait des pénuries rapides, paralysant les grandes villes et provoquant crises sanitaires, déplacements de populations et perturbations économiques majeures.

Face à ces risques, elle insiste sur la nécessité d’adopter des mesures urgentes, incluant le renforcement de la coopération régionale, l’amélioration de la gestion de l’eau et la diversification des sources. Elle plaide également pour une diplomatie de l’eau fondée sur des accords contraignants afin de protéger les infrastructures et garantir une gestion équitable et durable des ressources.

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Frappe sur Téhéran : le chef de la Sécurité iranienne dans le flou, Israël revendique

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé ce mardi 17 mars 2026 l’assassinat du secrétaire général du Conseil de sécurité nationale iranien, Ali Larijani. Et ce, lors d’une frappe sur Téhéran survenue dans la soirée de lundi. Nous ne disposons d’aucune confirmation de l’Iran à ce stade.

Plus tôt, l’armée israélienne avait indiqué avoir pris pour cible Ali Larijani dans le cadre de cette même frappe sur Téhéran. Tout en précisant que son sort demeurait inconnu. Elle avait par ailleurs annoncé l’élimination du commandant des forces Basij iraniennes, Gholam Reza Soleimani, ainsi que de son adjoint, au cours d’une frappe conduite dans la soirée de lundi. De son côté, l’Iran n’a délivré aucune confirmation concernant le commandant des Basij. Des médias officiels iraniens ont toutefois indiqué qu’Ali Larijani s’apprêtait à prononcer une allocution « prochainement ».

L’armée israélienne a confirmé avoir visé Ali Larijani à Téhéran la veille. Tout en précisant qu’elle procédait toujours à l’évaluation des résultats de la frappe et que son sort restait indéterminé.

Si la confirmation de son décès advenait, Ali Larijani serait le plus haut responsable iranien tué depuis l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, le premier jour de la guerre.

Ancien négociateur nucléaire et proche allié d’Ali Khamenei, Larijani avait été aperçu à Téhéran vendredi, participant aux marches de la Journée de Jérusalem.

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Sous pression en Iran, Trump reporte sa visite en Chine

Le président américain Donald Trump a annoncé, lundi le 16 mars, qu’il reportait d’un mois sa rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping. La visite était prévue pour fin mars.

Trump a justifié sa décision parce que préoccupé par la gestion de la guerre contre l’Iran, insistant sur la nécessité pour lui de rester aux États-Unis pendant cette période.

Trump a évoqué pour la première fois l’idée de reporter le sommet il y a une semaine, appelant au passage la Chine et d’autres pays à l’aider à faire pression sur l’Iran pour qu’il rouvre le détroit d’Ormuz.

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Qatar-Tunisie | Programmation de vols de rapatriement jusqu’au 28 mars

Dans un communiqué publié ce lundi 16 mars 2026, l’ambassade de Tunisie à Doha a annoncé la programmation prochaine de plusieurs vols de rapatriement.

Suite à des concertations régulières avec les services compétents de la compagnie Qatar Airways, l’ambassade informe la communauté tunisienne que des vols seront planifiés jusqu’au 28 mars 2026.

Cette initiative vise à assurer le retour des citoyens tunisiens encore bloqués au Qatar suite à des visites familiales ou touristiques ainsi qu’à offrir une possibilité aux Tunisiens résidents souhaitant regagner le pays durant la période à venir.

L’ambassade a toutefois tenu à préciser que ces vols conservent un caractère exceptionnel. Le rétablissement du programme régulier de Qatar Airways reste suspendu à une décision officielle de reprise, une fois que la situation sera totalement revenue à la normale.

Les voyageurs concernés sont invités à se rapprocher des services de l’ambassade pour plus de détails sur les modalités de réservation.

Y. N.

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Le choc du Moyen-Orient sur l’aviation africaine

La guerre au Moyen-Orient frappe durement les compagnies aériennes africaines. Certaines font déjà état de pertes dues aux annulations de vols et à la hausse des coûts opérationnels.

Ethiopian Airlines, la plus grande compagnie aérienne du continent, annonce une perte de 137 millions de dollars en une seule semaine. C’est ce qu’indique un rapport de Business Insider publié le 11 mars.  A cet égard, la compagnie a suspendu ses vols vers dix destinations de la région du Moyen-Orient.

En outre, d’autres compagnies africaines d’aviation, comme Kenya Airways, Air Tanzania et RwandAir, pourraient connaître des difficultés opérationnelles similaires dans les semaines à venir. Et ce, notamment en raison de la hausse des prix du carburant d’aviation liée à l’augmentation du coût du pétrole.

Ce manque de vols vers les pays du Golfe incite certaines compagnies aériennes internationales à ajouter des services vers l’Asie et l’Afrique. Lesquels contournent les hubs du Moyen-Orient. Ainsi, la compagnie allemande Lufthansa a déclaré qu’elle proposait plusieurs vols supplémentaires, dont deux entre Francfort et Le Cap. Tout en évoquant une demande croissante pour des « vols long-courriers à court préavis ».

Enfin, les experts du secteur préviennent que le conflit pourrait faire grimper les coûts de l’aviation à l’échelle mondiale si la hausse des prix du pétrole persistait.

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Economie tunisienne et crise énergétique | 7 milliards de dinars à trouver

Comment gérer la crise énergétique engendrée par la guerre israélo-américaine actuelle contre l’Iran ? Nous avons besoin de dollars et d’euros, pas de dinars de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Utiliser les fonds de la BCT ferait grimper l’inflation jusqu’à 15 %, pénalisant les classes moyennes et populaires et ruinant le dinar.

Larbi Ben Bouhali *

Le président Kaïs Saïed n’a d’autre choix que de se préparer aux répercussions de la guerre d’Iran :

1. Plus de 100 000 Tunisiens travaillent dans les pays du Golfe, et nous ignorons combien d’entre eux perdront leur emploi.

2. Le prix du pétrole brut a dépassé 92 dollars le baril de Brent, et celui du gaz naturel a augmenté de 20 % en une seule semaine, ce qui entraînera un déficit énergétique et commercial plus important cette année et l’année prochaine.

3. Les petites et moyennes entreprises auront des difficultés à augmenter leur chiffre d’affaires cette année en raison de la hausse des coûts de l’énergie et de l’augmentation des frais de financement et d’assurance.

4. Le taux de chômage pourrait atteindre 17 %, et le chômage des jeunes dépasser 40 %.

Option 1 : L’article 11 du budget 2026 autorise le gouvernement tunisien à lever 7 milliards de dinars sur le marché obligataire islamique. Le président Kaïs Saïed, avec l’appui de la BCT, pourrait solliciter l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar pour financer le gouvernement tunisien par le biais de ces obligations.

Option 2 : La Bourse de Tunis a progressé de 35 % en 2025, et la liquidité y dépasse 8 milliards de dinars. Le gouvernement tunisien pourrait introduire en bourse 5 % des actions de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et 5 % des actions de la la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) afin d’utiliser le produit de cette vente pour combler le déficit budgétaire. Il pourrait également racheter ces actions après cinq ans, une fois l’économie tunisienne redressée.

Option 3 : L’an dernier, j’ai recommandé au gouvernement tunisien de recourir aux services du FMI pour redresser l’économie tunisienne, puisqu’il respectait déjà les conditions du Fonds sans contracter d’emprunts. Aujourd’hui, le gouvernement tunisien pourrait solliciter un financement de 3 milliards de dollars auprès du FMI pour faire face à la crise d’approvisionnement énergétique, porter ses réserves de change à l’équivalent de 150 jours d’importations, renforcer le dinar et relancer l’économie tunisienne.

Traduit de l’arabe.

* Expert financier.

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Guerre en Ukraine : Une commission internationale créée pour statuer sur les réparations

Trente-cinq pays européens et partenaires ont signé mardi à La Haye un traité établissant une Commission internationale des réclamations pour l’Ukraine, chargée d’examiner et de statuer sur les demandes d’indemnisation liées aux destructions causées par l’invasion russe, ont annoncé les organisateurs.

La nouvelle instance, placée sous la coordination du Conseil de l’Europe, aura pour mission d’évaluer les dommages matériels et humains résultant de la guerre déclenchée par la Russie en février 2022 et de décider des montants de réparations à accorder, sans toutefois préciser à ce stade les mécanismes de paiement.

Une étape juridique, sans garantie de compensation immédiate

La commission s’inscrit dans la continuité du Registre des dommages pour l’Ukraine, créé il y a près de deux ans et qui a déjà recensé plus de 80 000 demandes de réparation émanant de particuliers, d’entreprises et d’institutions ukrainiennes.

Aucune modalité concrète de versement n’a encore été arrêtée. Les discussions portent notamment sur l’utilisation d’avoirs russes gelés en Europe, ainsi que sur d’éventuelles contributions des États membres, un sujet juridiquement et politiquement sensible au sein de l’Union européenne.

Zelensky : « La responsabilité est le chemin vers la paix »

Présent à la conférence aux côtés de plusieurs dirigeants européens, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué la création de la commission, estimant que la responsabilisation de Moscou constituait « le véritable point de départ d’un chemin vers la paix ».

« Cette guerre et la responsabilité de la Russie doivent devenir un exemple clair, afin que d’autres n’optent pas pour l’agression », a-t-il déclaré, appelant à faire respecter « les règles qui gouvernent le monde ».

Pressions européennes sur les avoirs russes gelés

L’Union européenne a gelé plusieurs centaines de milliards d’euros d’avoirs russes depuis le début du conflit. Leur éventuelle utilisation pour financer la reconstruction de l’Ukraine fait l’objet de débats intenses, notamment à l’approche d’un sommet européen consacré à l’aide financière à Kyiv.

Selon la Banque mondiale, le coût de la reconstruction de l’Ukraine était estimé à 524 milliards de dollars fin 2024, un montant qui ne prend pas en compte les dégâts causés par les frappes russes les plus récentes sur les infrastructures énergétiques et civiles.

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