BCT : fin du crédit fonds de roulement, quelles parades pour les commerçants ?
La Banque centrale de Tunisie (BCT) a récemment interdit aux banques de financer le fonds de roulement des entreprises. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de régulations renforcées. Et ce, après la loi sur les chèques et l’interdiction des contrats à durée déterminée (CDD). Elle limite ainsi une fonction traditionnelle des banques : le financement du commerce par le crédit.
Walid Belhaj Amor, expert en développement économique, évoque via sa page officielle les derniers développements liés à cette décision de la BCT. « Cette décision soulève des interrogations sur les impacts potentiels, dans un contexte où les conséquences de la guerre ne sont pas publiquement débattues avec les acteurs économiques » affirme-t-il.
Parmi les effets attendus, on note :
- Une précarisation accrue des petites structures.
- Le renforcement des acteurs les plus solides.
- La réduction de la concurrence.
- Et le risque d’essor de la rente et de la contrebande.
En interdisant le crédit pour le fonds de roulement, cette mesure, estime Walid Belhaj Amor, pourrait ériger une barrière à l’entrée dans l’activité commerciale. Ce dont l’économie tunisienne ne semble pas avoir besoin actuellement.
Avant d’ajouter : « Du point de vue du ministère des Finances, elle pourrait entraîner une baisse des importations, donc de la consommation – principal moteur de la croissance actuelle –, et une réduction des recettes fiscales issues des droits de consommation et de la TVA. »
Cependant, des contournements possibles ont été identifiés, comme le crédit personnel. Un commerçant en bonne santé financière auprès de sa banque pourrait donc contracter un crédit personnel pour alimenter le compte courant de sa société et obtenir une autorisation d’importation.
Et de fournirt un autre exemple. A savoir celui des sociétés d’import-export. Dans ce cas, le commerçant pourrait externaliser l’opération auprès de telles sociétés.
Ainsi, « cette mesure, adoptée sans concertation apparente, pourrait produire des résultats incertains. Elle intervient alors que le pays fait face à une hausse des prix du pétrole et du fret, avec des marges de manœuvre budgétaires et sociales limitées. En l’absence de stratégie claire, la résilience reste la principale réponse. Ces dynamiques pourraient générer des coûts, entraînant de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt, et donc un surcoût global », conclut-il.
L’article BCT : fin du crédit fonds de roulement, quelles parades pour les commerçants ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.