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L’hégémonie israélienne au Moyen-Orient

L’intervention israélienne en Iran comme au Liban relève moins d’une opération de sécurisation que d’une manifestation de puissance. Il s’agit de faire la démonstration de sa suprématie militaire et de sa capacité hégémonique au Moyen-Orient, grâce au soutien renouvelé des Etats-Unis de Trump. L’occasion de penser le sens et les limites d’une telle hégémonie.

 

L’hégémonie dans les relations internationales 

L’hégémonie se conçoit dans la capacité d’une puissance à créer un « ordre » où sa domination internationale ou régionale est acceptée, repose sur le commandement/l’obéissance, l’intérêt ou encore le principe du gain. Autrement dit, un tel ordre, consensuel, est obtenu suivant divers modes, suivant différents types d’exercice de la puissance hégémonique. La période du système unipolaire de l’après-guerre froide illustre bien le consensus des Etats autour de l’ordre international conçu par la puissance hégémonique américaine. Une acceptation qui a permis un fonctionnement plus fluide du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris pour le vote de résolutions contraignantes.

Il n’empêche, l’exercice de l’hégémonie s’avère difficile au regard des différentes périodes de l’histoire des relations internationales. Si la fin de la guerre froide fut suivie d’un bref moment unipolaire caractérisé par l’« hyperpuissance américaine », l’avènement de la mondialisation a reposé la question de l’hégémonie. Le rapport entre hégémonie et mondialisation est ambivalent, voire paradoxal. D’un côté, la mondialisation rend difficile l’hégémonie; de l’autre, la mondialisation amplifie et durcit les compétitions et les dynamiques d’hégémonie.

 

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L’hégémonie israélienne

L’hégémonie israélienne repose sur l’indéfectible relation américano-israélienne. Celle-ci est attestée par une série d’indices. Tout d’abord, Israël est le premier destinataire de l’aide financière, civile et militaire étrangère par tête du budget américain. Ensuite, au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, depuis des décennies, les Etats-Unis usent systématiquement de leur veto contre toute proposition de résolution condamnant les actions israéliennes (colonisation de territoires occupés, violation des conventions de Genève, opérations militaires contre les Palestiniens à Gaza ou contre des voisins arabes, comme le Liban).

Toujours sur le plan diplomatique, le 6 décembre 2017, le président D. Trump a reconnu Jérusalem capitale d’Israël et a décidé d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis. Une décision confirmée par le président J. Biden, mais qui demeure isolée sur la scène internationale. La partie Est ou arabe de la « Ville sainte » (selon les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam) est en effet occupée et colonisée par Israël depuis 1967 (« guerre des Six jours »). Une annexion contraire au droit international.

Le soutien américain à Israël s’explique par des raisons d’ordre à la fois stratégique (sauvegarde des intérêts stratégiques que représentent l’accès et la sécurité des gisements pétroliers de la région) et immatériel (sentiment partagé par les deux peuples d’être liés, notamment à partir d’une lecture du monde d’inspiration biblique et mystique). Ce soutien a permis à Israël de s’imposer progressivement comme une sorte d’« hyperpuissance régionale ». Ainsi, ce petit pays (sur le plan de la superficie et du poids démographique) est doté de l’une des armées les plus puissantes et modernes au monde.

 

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Il s’agit de l’unique puissance nucléaire dans la région (même si ce fait n’est toujours pas admis officiellement par les responsables israéliens). Nulle armée ou force paramilitaire de la région ne saurait représenter une menace conventionnelle sérieuse pour Israël.

C’est dans ce contexte que, fort de sa puissance militaro-technologique et du soutien inconditionnel de la première puissance mondiale, Israël est en passe d’imposer une pax israeliana au Moyen-Orient. Le choix de « la paix par la force » est la preuve de la préférence israélienne pour l’affaiblissement et de la fragmentation de son voisinage arabo-persique.

Il n’empêche, derrière la force d’Israël, la séquence risque de se clore à nouveau par une conclusion implacable : son incapacité à ériger une région pacifiée sur la base d’accords politiques.

Une pacification seule à même de faire face à des défis globaux d’une ampleur sans précédent : de la transition énergétique aux effets du dérèglement climatique pour une région caractérisée par la rareté de l’eau, la désertification avancée et les températures extrêmes.

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