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BCT : fin du crédit fonds de roulement, quelles parades pour les commerçants ?

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a récemment interdit aux banques de financer le fonds de roulement des entreprises. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de régulations renforcées. Et ce, après la loi sur les chèques et l’interdiction des contrats à durée déterminée (CDD). Elle limite ainsi une fonction traditionnelle des banques : le financement du commerce par le crédit.

Walid Belhaj Amor, expert en développement économique, évoque via sa page officielle les derniers développements liés à cette décision de la BCT. « Cette décision soulève des interrogations sur les impacts potentiels, dans un contexte où les conséquences de la guerre ne sont pas publiquement débattues avec les acteurs économiques » affirme-t-il.

Parmi les effets attendus, on note :

  • Une précarisation accrue des petites structures.
  • Le renforcement des acteurs les plus solides.
  • La réduction de la concurrence.
  • Et le risque d’essor de la rente et de la contrebande.

En interdisant le crédit pour le fonds de roulement, cette mesure, estime Walid Belhaj Amor, pourrait ériger une barrière à l’entrée dans l’activité commerciale. Ce dont l’économie tunisienne ne semble pas avoir besoin actuellement.

Avant d’ajouter : « Du point de vue du ministère des Finances, elle pourrait entraîner une baisse des importations, donc de la consommation – principal moteur de la croissance actuelle –, et une réduction des recettes fiscales issues des droits de consommation et de la TVA. »

Cependant, des contournements possibles ont été identifiés, comme le crédit personnel. Un commerçant en bonne santé financière auprès de sa banque pourrait donc contracter un crédit personnel pour alimenter le compte courant de sa société et obtenir une autorisation d’importation.

Et de fournirt un autre exemple. A savoir celui des sociétés d’import-export. Dans ce cas, le commerçant pourrait externaliser l’opération auprès de telles sociétés.

Ainsi, « cette mesure, adoptée sans concertation apparente, pourrait produire des résultats incertains. Elle intervient alors que le pays fait face à une hausse des prix du pétrole et du fret, avec des marges de manœuvre budgétaires et sociales limitées. En l’absence de stratégie claire, la résilience reste la principale réponse. Ces dynamiques pourraient générer des coûts, entraînant de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt, et donc un surcoût global », conclut-il.

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Leith Ben Becher : « Il aurait fallu davantage de clarté et de concertation autour des mesures de la BCT »

La nouvelle circulaire de la Banque centrale de Tunisie sur le financement des importations non prioritaires suscite des interrogations sur ses effets réels sur l’approvisionnement et sur le marché parallèle.

Joint par téléphone, Leith Ben Becher, agriculteur fondateur de SYNAGRI (Syndicat national des agriculteurs de Tunisie) estime que la circulaire de la Banque centrale de Tunisie sur le financement des importations de produits dits non prioritaires ne devrait pas, en l’état, fragiliser l’approvisionnement en produits de consommation courante. Il estime que la mesure vise surtout certaines catégories de fruits frais ou secs, ainsi que d’autres produits importés jugés non essentiels, sans remettre en cause la sécurité alimentaire nationale.

En tant qu’agriculteur, il précise que cette mesure n’a pas d’impact direct sur son secteur. Il n’a pas non plus relevé d’interdiction ni de restriction concernant les activités agricoles, d’autant qu’il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une interdiction totale. Les pièces détachées ne semblent pas explicitement concernées. En revanche, la mesure pourrait compliquer l’activité de certains professionnels, comme les restaurateurs, les traiteurs ou les pâtissiers.

Sur le fond, il juge cette décision problématique à la fois sur le plan juridique et institutionnel. À ses yeux, la Banque centrale n’est pas dans son rôle de fixer ce type de restrictions, qui relèveraient plutôt du gouvernement et du ministère du Commerce.

Il s’interroge aussi sur l’efficacité réelle d’une telle mesure. La question que beaucoup se posent est simple : est-il nécessaire d’appliquer une telle circulaire aujourd’hui ? Est-elle opportune, au regard des contraintes du moment ?

À cette interrogation, il répond que la décision pose problème à deux niveaux. Le premier est un niveau que l’on pourrait qualifier de philosophico-politico-juridique. S’il s’agit d’interdire l’importation de tel ou tel produit, il faut rappeler que la Tunisie est liée par des engagements internationaux avec l’Union européenne, les pays africains, les pays du Maghreb et d’autres partenaires encore. On ne peut donc plus procéder à ce type de limitation de manière aussi directe.

Certains objecteront qu’il ne s’agit pas d’une interdiction, mais d’une limitation. En pratique, cependant, la différence est souvent minime. La vraie question est donc la suivante : est-ce vraiment à la Banque centrale de prendre ce genre de décision ? Ne revient-il pas plutôt à l’autorité gouvernementale, notamment au ministère du Commerce, d’édicter ce type de normes ou de listes restrictives ? À son sens, la Banque centrale n’a pas vocation directe à fixer de telles restrictions.

Cela nous amène au second point : cette limitation est-elle réellement pertinente ? Au-delà de la question des compétences réglementaires, est-elle réellement opportune ? Ne risque-t-elle pas, au contraire, d’encourager certaines dérives, notamment le commerce illégal ou la contrebande, alors même que l’État cherche justement à les combattre ?

Alors que le pays  dispose de 106 jours de réserves en devises. Sans être spécialiste, on comprend bien qu’en limitant l’importation de framboises séchées, par exemple, on ne soutiendra pas durablement la monnaie nationale ni les réserves en devises.

La mesure est jugée peu opportune, car elle risque de perturber un marché déjà très encadré, notamment celui des véhicules à usage personnel. Leith Ben Becher estime qu’il aurait mieux valu adopter des politiques favorisant le commerce et les exportations, plutôt que des restrictions susceptibles de freiner l’activité économique et d’être mal perçues à l’étranger.

Il souligne aussi que la Tunisie devrait davantage miser sur ses secteurs exportateurs, comme l’agroalimentaire, le textile, la restauration et l’hôtellerie. Il estime aussi que limiter certaines importations tout en demandant l’augmentation des exportations manque de cohérence économique.

Il précise : « Ce sont des décisions d’un autre temps. Personnellement, en tant qu’agriculteur et représentant d’autres agriculteurs, j’estime qu’il aurait été préférable d’adopter des mesures qui stimulent le commerce et renforcent nos exportations dans plusieurs secteurs, notamment le textile, l’habillement, la restauration et l’hôtellerie; mais aussi les exportations de produits agricoles et agroalimentaires phares, comme l’huile d’olive, les produits de la pêche ou les produits transformés. »

Il rappelle que La Tunisie dispose d’un véritable savoir-faire dans plusieurs secteurs, mais que celui-ci reste insuffisamment valorisé. Selon ce point de vue, il serait préférable de soutenir davantage les filières exportatrices plutôt que d’adopter des mesures susceptibles d’être mal perçues à l’étranger. D’autant qu’il serait incohérent de réclamer plus d’exportations tunisiennes tout en limitant, par souci d’économie à court terme, les exportations des autres vers la Tunisie.

Leith Ben Becher conclut que cette décision a des effets bien plus larges qu’une simple mesure technique. Car elle touche directement les consommateurs, les professionnels et les acteurs économiques. Il avertit surtout qu’en voulant encadrer certaines importations, on risque de pousser une partie du commerce vers le marché parallèle et les circuits informels. Il conclut : « Et c’est bien là le danger : alors qu’on pensait bien faire; on peut finir par transférer la demande vers des circuits informels. »

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Phosphate : la Tunisie décroche un prêt de 52 millions de dollars

La Tunisie mise sur la modernisation de son réseau ferroviaire pour redonner de l’élan à sa filière phosphate, fortement pénalisée par des contraintes logistiques persistantes.

Ainsi la commission des Finances de l’ARP a approuvé un prêt de 16 millions de dinars koweïtiens, soit environ 51,9 millions de dollars, via le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES), destiné à financer des infrastructures ferroviaires liées au transport du phosphate.

Ce financement s’inscrit dans un programme plus large de réhabilitation du réseau en deux phases. La première phase  prévoit le renouvellement de 190 km de voies sur plusieurs lignes stratégiques, dont la ligne 21. La seconde phase comprend la réhabilitation de 415 km supplémentaires, la modernisation des tunnels et des gares, ainsi que l’installation d’un nouveau système de signalisation.

L’enjeu est de taille. Car il faut rappeler que les difficultés de transport ont fortement réduit la capacité de production et d’exportation du secteur, la CPG n’ayant exploité qu’environ 40 % de ses capacités en 2025.

Le projet devrait aussi soutenir l’activité de la SNCFT, dont une part importante des revenus dépend du transport du phosphate. Reste toutefois à sécuriser les financements complémentaires et à maîtriser les délais d’exécution.

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Nabil Fahmi, le nouveau secrétaire général de la Ligue arabe

Le diplomate égyptien Nabil Fahmi a refait surface sur la scène arabe après l’annonce, dimanche, de l’approbation unanime par les ministres arabes des Affaires étrangères au poste de secrétaire général de la Ligue arabe, en succession d’Ahmed Aboul Gheit, en fonction depuis mars 2016 et dont le mandat prendra fin en juin prochain.

Nabil Fahmi devrait prendre ses fonctions le 1er juillet 2026 pour un mandat de cinq ans.

Qui est Nabil Fahmi? 

Nabil Fahmi est né en 1951 dans l’État de New York, alors que son père, Ismaïl Fahmi, exerçait des fonctions diplomatiques aux États-Unis. Ce dernier deviendra plus tard ministre égyptien des Affaires étrangères en 1973, avant de démissionner en 1977 pour protester contre la visite du président Anouar el-Sadate à Jérusalem.

Nabil Fahmi a entamé sa carrière au sein de l’appareil d’État égyptien en 1974, au bureau du président Anouar el-Sadate. Il a ensuite occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment auprès des Nations unies, avant d’être nommé ambassadeur d’Égypte au Japon de 1997 à 1999, puis aux États-Unis de 1999 à 2008.

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Un récital virtuose qui illumine la scène avec un programme éclectique

Entre joie et chagrin d’amour au violon : telle est la signature du récital nippo-européen en hommage à Tomoko Mayeda, qui se tiendra le 31 mars à la Cité de la Culture à 19h, en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis et l’Ambassade du Japon à Tunis.

Ce concert propose un programme captivant, mêlant œuvres japonaises, classiques européennes et perles du répertoire romantique.

Dédié à la mémoire de Tomoko Mayeda, ce récital célèbre la beauté intemporelle de la musique de chambre, où le violon dialogue avec le piano dans une symphonie d’émotions pures.

La soirée s’ouvre avec la Sonate pour violon n°1 en mi bémol majeur de Nobu Koda. Les notes évoquent la poésie japonaise et s’entrelacent comme des pétales de cerisier.

Le cœur du programme est l’Adagio en mi majeur K.261 de Mozart, enrichi d’une cadenza par Paul Badura-Skoda, dédiée à Tomoko Mayeda. Cette méditation touche l’âme par sa pureté angélique.

La soirée culmine avec le premier mouvement de la Sonate pour violon n°1 en sol majeur de Brahms, où lyrisme et puissance fusionnent dans une architecture musicale magistrale.

Ce récital unit Orient et Occident: Nobu Koda offre un violon ardent, tandis que Yuumi Yamaguchi maîtrise un piano nuancé. La musique transcende les frontières, unit les cœurs et offre une joie intemporelle.

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UGTT : victoire de la liste « de la stabilité et du défi »

À l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la compétition fait rage entre la liste « de la stabilité et du défi », menée par Slaheddine Selmi, et la liste « de l’indépendance et de la lutte » pilotée par Farouk Elouari.

Les résultats pour les commissions de contrôle financier et du règlement intérieur sont tombés : triomphe total pour les candidats de la liste de Slaheddine Selmi.

Pour la commission nationale du règlement intérieur, les syndicats ont élu Saleh Jalel, Arbi Yaakoubi, Mihoub Bouarrouj, Sonia Fathali et Sabri Mansi. Ils assureront le respect des statuts et la bonne marche des activités syndicales.

Côté commission nationale de contrôle financier, Anouar Chaibi, Habiba Wada, Mohamed Hedi Tarchouni, Mohamed Halim et Mourad Hammouda prendront les rênes. Ils piloteront les comptes, auditeront les opérations, prépareront les rapports congressuels et veilleront à une gouvernance irréprochable des fonds syndicaux.

Ce bureau de 15 membres (au moins 2 femmes, au maximum 4 retraités) est le dernier du genre : le prochain en comptera 13, avec une reconduction limitée à une seule fois (contre trois auparavant) pour tous les postes, y compris secrétaire général.

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Le Nigeria veut investir 900 millions de dollars dans une filière avicole intégrée

 Le Nigeria prépare, avec l’appui de partenaires chinois, un projet de 900 millions de dollars pour développer six grandes fermes avicoles intégrées à travers le pays. Chaque unité devrait produire environ 1 million d’œufs par jour et disposer de ses propres infrastructures, notamment une centrale électrique, un abattoir et un couvoir, afin de renforcer la sécurité alimentaire et réduire le déficit en protéines animales.

Le financement sera étalé sur dix ans : les deux premières fermes seront entièrement prises en charge par l’État nigérian, tandis que les quatre suivantes seront cofinancées avec des investisseurs chinois. Le projet prévoit aussi des exploitations agricoles de 10 000 hectares pour fournir le maïs et le soja nécessaires à l’alimentation des volailles.

Cette initiative intervient alors que la filière avicole nigériane fait face à plusieurs obstacles, dont le coût élevé des intrants, les maladies animales et l’accès limité au financement. Malgré une interdiction des importations de viande de poulet depuis 2003, le marché reste alimenté par des flux illégaux, signe d’une production locale encore insuffisante pour couvrir la demande.

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Le transport aérien domestique reste hors de portée pour une grande partie des Africains

Malgré l’ouverture de nouvelles liaisons, comme celle du Bénin avec Amazone Airlines, les vols intérieurs restent trop chers pour la majorité des Africains. C’est ce qu’a révélé l’agence Ecofin.

Le prix des billets, ajouté aux taxes, au carburant et aux coûts opérationnels, dépasse souvent largement le pouvoir d’achat local.

Dans plusieurs pays, un billet coûte l’équivalent de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines de salaire. Cela explique que le problème n’est pas seulement lié aux prix, mais à une structure économique qui rend l’avion encore inaccessible sur le continent.

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L’Iran ferme le détroit d’Ormuz aux navires liés aux « ennemis »

Les Gardiens de la Révolution ont forcé trois navires à faire demi-tour vendredi, interdisant le détroit aux alliés de l’« ennemi » malgré Donald Trump.  Toutefois, il y a eu des autorisations exceptionnelles pour 26 navires amis  en provenance de la Chine, Grèce, etc.) via un itinéraire alternatif.

Ainsi la première tentative ratée de COSCO depuis la guerre. Ce qui fait que Téhéran assure passages sécurisés aux alliés. Alors que la question pour Donald Trump, il  y voit un signe de négociations.

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L’huile d’olive fait bondir les échanges tuniso-jordaniens

Les exportations tunisiennes vers la Jordanie ont bondi à près de 59 millions de dinars en janvier-février 2026, dopées par l’huile d’olive (4 182 tonnes) fin février. Ce dynamisme a propulsé les échanges bilatéraux à 69,5 millions de dinars, en hausse de 135%, avec des perspectives positives pour fin d’année, selon le Centre de promotion des exportations (CEPEX).

Les produits phares comme les médicaments, consommables médicaux, aliments et déchets minéraux captent 70% des exportations tunisiennes vers ce marché.

Lors d’une rencontre entre Mourad Ben Hassine, PDG du Cepex, et l’ambassadeur de la Jordanie en Tunisie, Abdallah Aburman, les deux parties ont plaidé pour un renforcement de la coopération. Elles visent à exploiter les potentialités dans les secteurs à haute valeur ajoutée, à savoir : agroalimentaire, pharmacie, textile-habillement, et technologies de l’information.

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La famille à l’épreuve du numérique

Parler aujourd’hui du numérique dans la famille, ce n’est pas seulement évoquer un sujet de modernité ; c’est poser une question essentielle, presque existentielle : quelle place voulons-nous accorder à la technologie dans nos vies, dans nos foyers, et surtout dans l’éducation de nos enfants ? Nous vivons à une époque où les écrans sont omniprésents, où le virtuel s’invite à toute heure dans nos maisons, souvent sans que nous ayons pris le temps d’en définir les limites ni d’en mesurer les effets.

Or, une famille qui ne réfléchit pas à son usage du numérique risque progressivement de perdre ce qui fait sa force : le dialogue, la présence, l’écoute, et ce lien humain irremplaçable qui se construit à travers les gestes simples du quotidien.

Dans ce contexte, le rôle de la femme arabe, et plus particulièrement de la femme tunisienne, apparaît fondamental. C’est ce qui ressort du forum intellectuel intitulé « Le rôle de la femme arabe dans la conscience numérique de la famille », organisé par la docteure Hanane Youssef en parallèle avec sa 76e édition, dans le cadre d’une coopération avec l’initiative « Une journée sans écrans », fondée par la professeure docteure Mona Al-Hadidi.

Dans son intervention, la professeure docteure Hanan Youssef, professeure des médias et présidente de l’Organisation arabe pour le dialogue et la coopération internationale, a indiqué que ce forum s’inscrivait dans le cadre de la clôture des célébrations de la Journée de la femme, organisées tout au long du mois de mars. Elle a souligné que cette rencontre visait à renforcer le rôle de la femme arabe dans la promotion de la conscience numérique au sein de la famille, face aux défis posés par l’usage excessif des écrans, notamment chez les enfants et les jeunes, afin de favoriser une culture numérique responsable dans la société.

La docteure Hanan Youssef a également mis en avant l’importance de ce forum comme espace de dialogue et d’échange d’expériences entre les élites arabes, tout en rappelant la nécessité de doter la femme des outils lui permettant d’accompagner la famille dans un environnement technologique en constante évolution.

De son côté, la professeure docteure Mona Al-Hadidi, fondatrice de l’initiative « Une journée sans écrans », s’est félicitée de l’écho rencontré par cette initiative, qui contribue, selon elle, à promouvoir la conscience numérique en Égypte auprès de plusieurs institutions. Ont pris part à cette rencontre plusieurs personnalités issues des médias, de l’éducation et du monde académique, dont la présentatrice Inas Gouhar, Samiha Ragheb, la journaliste Nadia Al-Nachar, la professeure docteure Intissar Soghayroun, la professeure docteure Bouchra Al-Hamdani, ainsi que d’autres figures venues de plusieurs pays arabes, parmi lesquels la Tunisie, l’Égypte, la Palestine, le Liban, l’Arabie saoudite, la Syrie et le Yémen  Les intervenants ont présenté plusieurs propositions autour de la conscience numérique et du renforcement du rôle de la femme dans le numérique, tout en appelant à l’élargissement de l’initiative « Une journée sans écrans » à l’échelle arabe.

Les débats ont également été marqués par une forte participation des jeunes, tandis que les participants ont recommandé de soumettre les conclusions du forum aux décideurs et aux institutions concernées, notamment les ministères de l’Éducation, de la Culture et de l’Information.

Une chose est certaine:  la femme se trouve aussi en première ligne pour transmettre une culture du discernement, du juste usage et de la responsabilité. Elle n’est pas seulement celle qui accompagne ; elle est aussi celle qui éclaire. Elle n’est pas seulement celle qui protège ; elle est celle qui éduque, qui oriente et qui alerte, avec douceur, mais aussi avec fermeté lorsque cela s’impose. Dans l’espace familial, elle demeure cette voix qui rappelle que la technologie doit rester un outil au service de l’être humain, et non l’inverse.

La Tunisie, de son côté, porte une responsabilité particulière. Forte de son histoire, de son attachement à l’éducation et de son engagement en faveur de la place de la femme dans la société, elle peut et doit être un modèle dans la construction d’une citoyenneté numérique lucide et équilibrée. Cela suppose une mobilisation collective : celle de la famille, bien sûr, mais aussi de l’école, des médias, des associations et de l’ensemble des acteurs sociaux.

Car l’enjeu n’est pas seulement technique ; il est aussi culturel, éducatif et profondément humain. C’est précisément le sens de l’initiative « Un jour sans écrans ». Non pas pour diaboliser le progrès, ni pour s’enfermer dans la nostalgie d’un passé révolu, mais pour offrir un temps de respiration, de recul et de rééquilibrage.

Un jour sans écrans, c’est un jour pour se retrouver, pour se parler, pour lire, pour jouer, pour regarder autrement ceux qui nous entourent. C’est une invitation à redonner toute sa valeur à l’instant partagé, à la présence réelle et à la parole vivante.

Pour relever ce défi, il faut des femmes conscientes, des mères engagées, des familles vigilantes, des éducateurs présents et une société tout entière décidée à préserver l’équilibre entre l’ouverture au monde et la fidélité aux valeurs qui la construisent.

La rencontre s’est achevée par une prestation de l’assistante Neda Al-Mansi, qui a interprété les chansons « Noss El Donia » et « Watani Habibi Al-Watan Al-Akbar ».

 

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BCT : le taux Directeur demeure inchangé à 7%

La Banque centrale de Tunisie (BCT) dévoile ses derniers indicateurs monétaires au 26 mars 2026. Ils témoignent d’une politique prudente dans un environnement économique tendu.

Le Taux du Marché Monétaire (TM) se fixe à 6,99 %, en légère hausse. Tandis que le Taux Directeur demeure inchangé à 7,00 %. Sur un mois, le Taux Moyen Mensuel (TMM) de février culmine à 6,99 %. Et le Taux de Rémunération de l’Épargne (TRE) pour mars s’établit à 6,00 %, relève la BCT.

Côté changes, les cours moyens des principales devises au 25 mars confirment une fermeté du dinar : 1 USD à 2,9199 TND; 1 EUR à 3,3903 TND; 1 GBP à 3,9251 TND; 1 CAD à 2,1305 TND; 1 000 JPY à 18,4515 TND; 10 MAD à 3,1501 TND; et 1 LYD à 0,4608 TND. Ces niveaux, accessibles via TUNIBOR et la courbe des taux, reflètent une gestion serrée des flux.

Ainsi, les principaux indicateurs macroéconomiques inspirent confiance. En effet, le compte courant du Trésor affiche un solde positif de 2 236 MDT. Tandis que les avoirs nets en devises atteignent 25 103 MDT couvrant 106 jours d’importations. Alors que les billets en circulation s’élèvent à 28 448 MDT et le volume de refinancement global totalise 11 109 MDT.

Ces chiffres solides, au cœur des débats sur la circularité récente limitant les importations non prioritaires, renforcent la résilience tunisienne face aux chocs externes.

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Sami Jallouli plaide pour un portefeuille structuré de projets

La diplomatie tunisienne doit revoir sa posture face à des questions clés telles que celle de l’immigration et bien d’autres. Ainsi le politologue Sami Jallouli appelle, via sa page fb, à une transition de la diplomatie tunisienne passant d’une posture défensive à une logique offensive, centrée sur les intérêts concrets et la stratégie; plutôt que sur l’émotion ou la dépendance à un seul partenaire.

Sami Jallouli critique l’approche réactive de Tunis qui laisse systématiquement l’autre partie prendre l’initiative des visites et des agendas. Ce qui conforte une vision héritée de la supériorité de l’Europe, notamment italienne, en tant que donateur ou investisseur.

Face à la peur européenne sur deux dossiers clés, notamment sur les questions d’immigration et de sécurité énergétique, il insiste sur le fait que la Tunisie possède des leviers stratégiques majeurs (position géographique, transit, énergie solaire) et doit les transformer en conditions explicites de coopération : reconversion de la dette en projets de développement, investissements directs, ouverture des marchés, contreparties sur les frontières et la sécurité.  Il rejette catégoriquement le rôle de gardien de frontières de l’Europe.

A cet effet, il conclut que la Tunisie doit imposer une contrepartie claire à Rome, Bruxelles et Paris, mais aussi à la Libye et l’Algérie, en fondant ces relations sur le principe de « énergie contre sécurité » et une intégration économique régionale.

Il plaide « pour une diversification stratégique vers les États‑Unis, afin de briser le monopole européen et de durcir notre position dans les négociations ». Enfin, il appelle à la mise en place d’un portefeuille de projets structuré, l’activation de l’influence tunisienne à l’étranger et une relation réinventée avec le voisinage, où la Tunisie impose ses propres priorités plutôt que de subir les agendas des autres.

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Afreximbank mise sur huit startups pour bâtir les rails du commerce africain

Afreximbank a lancé au Caire la première promotion de son programme accélérateur numérique (23 au 27 mars 2026) destiné à soutenir huit startups africaines et de la diaspora actives dans les paiements transfrontaliers, la logistique, l’IA, l’export agricole et le financement commercial.

Sélectionnées parmi plus de 1 600 candidatures, ces jeunes entreprises bénéficieront d’un accompagnement stratégique, d’un accès au marché et d’un financement pouvant aller jusqu’à 250 000 dollars, sous réserve d’évaluation. L’initiative vise à renforcer les infrastructures numériques du commerce intra-africain et à accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf.

Rappelons que la ZLECAf dispose déjà de son cadre juridique, adopté et ratifié par 49 pays. Ce qui est un progrès considérable.
Il s’agit désormais de mettre en place des mécanismes concrets, en collaboration avec le secteur privé, les entrepreneurs, innovateurs et start-ups.

Lire aussi – Cynthia Gnassingbé-Essonam : « La ZLECAf, unique chance pour bâtir le marché africain du futur »

Afreximbank veut ainsi se positionner comme un acteur central de l’intégration économique du continent, en reliant innovation technologique, commerce et expansion régionale.

 

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UGTT: entre revendications sociales et bataille interne

La phase des débats généraux du congrès de l’UGTT a pris fin  avant le vote des rapports et des résolutions ainsi que le lancement de l’élection d’un nouveau bureau exécutif. 

Au-delà des informations circulées, le congrès se déroule dans un climat de fortes tensions internes et de revendications sociales marquées, avec 46 candidats pour 15 sièges au bureau exécutif.

Les délégués appellent notamment à rouvrir le dialogue social national, à lever les restrictions qui touchent l’action syndicale, à relancer les négociations salariales et à défendre le pouvoir d’achat. 

Lire aussi: L’UGTT revient à la règle des deux mandats consécutifs

Toujours selon les informations fournies, le texte soumis au congrès réclame aussi le rétablissement du droit au détachement syndical et à la retenue directe, ainsi que des mesures plus favorables pour les retraités, les salariés du privé et les diplômés au chômage.

En somme, le retour à la règle des deux mandats consécutifs pour le bureau exécutif a mis fin aux tensions internes et ce via  une logique de recomposition de la gouvernance syndicale.

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Amnesty International appelle à la libération de Abir Moussi

Amnesty International a appelé les autorités tunisiennes à libérer immédiatement Abir Moussi et à abandonner toutes les poursuites engagées contre elle. L’organisation estime qu’elle est détenue arbitrairement et poursuivie uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits à la liberté d’expression et de réunion.

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L’Iran émerge-t-il comme nouvelle puissance régionale au Moyen-Orient ?

Les conflits Iran-Israël, englobant le Moyen-Orient et les États-Unis, commencent à prendre la forme d’un affrontement sans fin.  Leur issue reste incertaine. La question clé est de savoir si la guerre au Moyen-Orient s’arrêtera, et à quel prix ?

Pour Ezzeddine Zayani, ancien diplomate, la réponse n’est pas évidente. Sur sa page Facebook officielle, il observe que le duo Donald Trump et Netanyahou n’a pas réussi, un mois après le début des hostilités, à imposer son plan. De son côté, l’Iran a résisté aux attaques visant ses infrastructures civiles et militaires, et semble désormais chercher à poser ses conditions pour un cessez-le-feu.

Ezzeddine Zayani, photo prise dans les locaux de l’Economiste Maghrebin

En d’autres termes, Donald Trump, engagé dans un conflit rapidement déclenché depuis Tel Aviv, parviendra-t-il à en sortir sans affaiblir sa position ?


Selon lui, “ une issue sera trouvée à cette guerre, mais elle entraînera inévitablement l’émergence d’une grande puissance régionale : l’Iran. Grâce à la réponse ferme du couple américano-israélien, l’Iran a démontré ses capacités militaires, plaçant l’empire perse jusque-là en retrait  au rang des puissances majeures. Contrairement à la Turquie, sollicitée par l’Occident pour des missions régionales en échange de contreparties, l’Iran pourrait jouer un rôle central dans la reconfiguration de la région”, poursuit-il.

Il souligne que les acteurs déterminés inspirent le respect, plus que les discours populistes. Les pays du Golfe devraient réévaluer leurs relations sécuritaires avec l’Iran, malgré leur discrétion sur le sujet.

Avant d’ajouter: “ Ils ne renonceront pas forcément au soutien sécuritaire occidental, notamment américain, mais cette guerre leur a permis de tester son efficacité et de réaliser que l’Occident n’est pas une solution infaillible. Un meilleur traitement des populations chiites dans les pays du Golfe pourrait favoriser de nouvelles relations avec cette puissance iranienne en ascension, facilement touchée par les missiles iraniens.”.

Au-delà des faits actuels, quelle lecture complémentaire peut-on proposer, bien que non définitive ?

Ezzeddine Zayani note que “Israël, malgré les revers subis qui remettent en cause son image d’invincibilité, ne restera pas inactif et pourrait susciter d’autres conflits pour restaurer sa position”. Selon lui, ce pays est associé à une stratégie de tensions récurrentes.

Il ajoute : “À mon sens, Israël ne capitulera pas. Les pays de la région doivent donc renforcer leur coopération et établir une entente pour contrer ces dynamiques. Par ailleurs, le régime iranien devrait assouplir sa politique intérieure. »

Et de conclure : « L’autoritarisme religieux et les mesures répressives ont été exploitées par les adversaires de l’Iran pour le déstabiliser, notamment via des mercenaires recrutés par des services de renseignement étrangers. Cette guerre pourrait-elle marquer un réveil et une prise de conscience pour une région souvent influencée de l’extérieur ? “

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L’UE durcit le ton sur l’immigration

Les eurodéputés ont approuvé jeudi un durcissement des sanctions contre les migrants irréguliers. Cela ouvre la porte à leur transfert vers des « centres de retour » installés en dehors de l’Union européenne. C’est ce que rapporte les différents médias occidentaux. 

Critiquées par les défenseurs des droits humains, ces dispositions s’inscrivent dans une vague de resserrement législatif. Et ce, en réponse aux pressions pour freiner les arrivées des migrants irréguliers dans les 27 pays de l’UE.  

Ce feu vert lance des négociations pour un texte final. Ainsi, la réforme autorise l’ouverture de centres de réadmission hors UE pour les demandeurs d’asile déboutés. De même qu’elle impose des peines plus lourdes de détention et l’interdiction d’entrée aux réfractaires au départ.

Les divisions persistent : la France et l’Espagne doutent de leur efficacité; tandis que l’International Rescue Committee (IRC) les qualifie de « failles juridiques insurmontables ».  » Hors du territoire européen, rien ne garantit le respect des droits humains », alerte Marta Welander de l’ONG.

Pourtant, le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas explorent déjà des options, selon une source diplomatique. Les partisans de ces mesures y voient un frein aux traversées irrégulières. Les opposants rappellent les échecs passés : le plan britannique vers le Rwanda abandonné; ou les centres italiens en Albanie freinés par des blocages juridiques et un faible recours.

Proposé par la Commission en décembre 2025, ce paquet a reçu l’aval des États membres. Les pourparlers porteront sur les pouvoirs d’inspection des forces de l’ordre.

70 ONG avaient mis en garde en février contre une dérive vers un modèle « à l’américaine », comparable aux pratiques répressives de l’ICE sous Donald Trump.

Face au durcissement de l’opinion publique boostant l’extrême droite aux élections, les gouvernements européens serrent la vis; malgré une baisse des arrivées en 2025. Bruxelles vise désormais à booster les retours effectifs : seuls 20% des ordonnances de quitter le territoire sont exécutées aujourd’hui.

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