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Les Tunisiens attirés par les opportunités d’emploi en Allemagne

Le salon de l’emploi Corp Village, organisé par le Centre d’orientation et de reconversion professionnelle (Corp) de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-allemande (AHK), tenu le 28 mars 2026, à Tunis, a connu un vif succès. Etaient présentes, plus de 40 entreprises recruteuses dans les secteurs IT, industrie, BTP, service client, etc. On a enregistré près de 17 000 inscrits et plus de 2 000 participants. C’est dire l’intérêt qu’accorde les jeunes tunisiens pour le travail à l’étranger et notamment en Allemagne.  

Le directeur exécutif de l’AHK Tunisie, Jörn Bousselmi, a confirmé à Mosaique FM que l’événement avait permis de mener environ 200 entretiens d’embauche directs, dans le but d’offrir aux jeunes de réelles opportunités professionnelles pouvant déboucher sur un contrat de travail. Il a souligné que ce type d’initiative repose sur le principe du bénéfice mutuel et ne se limite pas au simple placement de travailleurs qualifiés à l’étranger.

Tout en soulignant que l’expertise tunisienne est hautement reconnue, en particulier dans les domaines techniques, et en insistant sur l’importance de la maîtrise des langues, notamment de l’allemand, pour les petites et moyennes entreprises (PME), Jörn Boussalmi a expliqué que le salon réunit des institutions de divers secteurs, notamment le transport, la mécanique, l’électronique, la numérisation, ainsi que l’intelligence artificielle. Il met également en exergue des entreprises allemandes et tunisiennes désireuses de se développer à l’international.

De son côté, Kamel Ben Hamida, ingénieur résidant en Allemagne et représentant de l’association Tuniplus, a déclaré que l’association œuvre pour soutenir les jeunes Tunisiens souhaitant travailler en Allemagne en leur offrant gratuitement conseils et accompagnement.

Ce soutien comprend la présentation des opportunités disponibles, la préparation des candidatures, l’obtention des équivalences de diplômes et l’aide à l’intégration dans la société allemande et sur le marché du travail.

Il a souligné que Tuniplus, fondée en 2021, a accompagné plus de 350 jeunes hommes et femmes et aidé nombre d’entre eux à décrocher des contrats de travail, notamment dans des secteurs porteurs comme les transports, en tant que conducteurs de bus et de camions.

Il a également mis en avant le fait que l’Allemagne offre aujourd’hui des perspectives plus larges qu’auparavant, grâce à des procédures simplifiées et à un élargissement des domaines de recrutement couvrant de multiples spécialisations.

De plus, il est désormais possible de travailler ou de chercher un emploi même sans diplôme d’études supérieures, à condition de démontrer ses compétences professionnelles et sa maîtrise de l’allemand.

Ben Hamida a insisté sur le fait que le bénévolat et le développement des compétences personnelles sont essentiels pour améliorer les taux d’insertion, soulignant que la réussite des jeunes Tunisiens à l’étranger repose avant tout sur leur initiative individuelle, soutenue par des réseaux de mentorat et d’entraide en Tunisie comme en Allemagne.

I B.

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Traitement déséquilibré de la guerre au Moyen-Orient par les médias français

Dans la déclaration que nous publions ci-dessous, une soixantaine de journalistes indépendants exerçant en France dénoncent la couverture médiatique de la guerre au Moyen-Orient par les grands médias français, qu’ils qualifient de «défaillante, lacunaire, déséquilibrée et, trop souvent, complaisante envers certains récits officiels», notamment américains et israéliens.   

Nous sommes journalistes, reporters, photojournalistes pigistes et de médias indépendants, exerçant en France et à l’international.

Depuis les attaques conjointes lancées par les États-Unis et Israël sur l’Iran, ainsi que la guerre enclenchée au Liban depuis le 2 mars, nous assistons, indignés, à une couverture médiatique défaillante, lacunaire, déséquilibrée et, trop souvent, complaisante envers certains récits officiels. Une défaillance qui ne date pas d’hier et qui s’inscrit dans une longue histoire de conflits perpétuels, notamment au Liban Sud, dans les territoires palestiniens occupés et à Gaza, où le traitement médiatique reste systématiquement le même : simpliste, orienté et répétitif, donnant l’impression d’un «nouveau» conflit à chaque escalade alors qu’il s’agit en réalité d’une continuité tragique ignorée ou minimisée.

Nous demandons qu’à une guerre asymétrique ne soit pas apposé un traitement médiatique asymétrique.

Sans essentialiser l’ensemble des médias, force est de constater que trop de journaux, de magazines, de chaînes de télévision et de radios produisent une lecture partielle de cette actualité pourtant majeure, aux conséquences humaines, politiques et géopolitiques considérables.

Nous ne comprenons pas les choix éditoriaux concernant les invité·es convié·es à commenter ces événements. Trop souvent, les plateaux sont occupés par des intervenant·es insuffisamment qualifié·es pour analyser des situations d’une telle complexité. Couvrir ces conflits exige pourtant une connaissance fine du terrain, une maîtrise des contextes historiques et une capacité à mobiliser des analyses géopolitiques rigoureuses.

Nous dénonçons également un manque criant de pluralisme. Les prises de parole de représentants israéliens sont fréquentes, parfois hégémoniques, alors même que le chef du gouvernement fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Dans le même temps, les représentants politiques des autres parties impliquées sont marginalisés, disqualifiés ou absents des grands espaces de débat.

Cette asymétrie dans l’accès à la parole contribue à orienter la perception du public et à appauvrir la compréhension du conflit.

Nous condamnons fermement les commentaires de plateau qui, sous couvert d’analyse, relèvent trop souvent de prises de position approximatives ou idéologiques. Ils participent à une déshumanisation des victimes, réduisant les morts iraniens, libanais et palestiniens à des données chiffrées, déconnectées de toute réalité humaine, sociale et historique.

Nous souhaitons également attirer l’attention sur les usages sémantiques profondément différenciés selon les parties concernées. Là où certains «meurent», d’autres sont «tués», voire «assassinés». Là où certaines opérations sont présentées comme des «frappes préventives», d’autres sont immédiatement qualifiées d’«attaques».

Ces choix lexicaux ne sont pas neutres : ils hiérarchisent implicitement les vies et orientent la lecture morale des événements.

De la même manière, le recours au terme «évacuation» pour désigner des déplacements massifs de populations civiles mérite d’être interrogé. Lorsqu’ils sont contraints, organisés sous la menace ou dans un contexte de bombardements, ces déplacements relèvent, en droit international humanitaire, de transferts forcés, voire de déportations.

L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève interdit explicitement «les transferts forcés individuels ou massifs, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé», sauf impératif absolu de sécurité, une exception strictement encadrée et dont l’interprétation ne saurait être extensible à des politiques de déplacement généralisé.

Nous nous indignons de voir certaines informations émanant des autorités américaines ou israéliennes reprises sans distance critique, parfois en temps réel, tandis que des faits documentés concernant des violations du droit international imputables à ces mêmes acteurs sont systématiquement relativisés, minimisés ou entourés de doutes excessifs. Cette asymétrie dans le traitement de la preuve fragilise la crédibilité du travail journalistique.

Nous sommes également préoccupés par la multiplication de chroniqueurs et chroniqueuses présents non pas pour établir des faits, mais pour exprimer des positions idéologiques. Ce glissement brouille la frontière entre information et opinion, au risque de transformer certains espaces médiatiques en chambres d’écho ou en instruments de légitimation politique.

En ce sens, nous appelons nos consœurs et confrères exerçant dans les rédactions télévisées, radiophoniques et de presse écrite à large audience à se montrer à la hauteur de leurs responsabilités. Leur engagement est encadré par des principes clairs, notamment ceux énoncés dans la charte de Munich : recherche de la vérité, vérification des faits, indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques, refus de la manipulation.

Nous les appelons à sortir de l’écueil de l’autocensure, qu’elle soit imposée, intériorisée ou structurelle, qui conduit trop souvent à tordre, simplifier ou édulcorer l’information. En agissant ainsi, c’est le droit fondamental des citoyennes et des citoyens à une information libre, complète et honnête qui est compromis.

Informer, ce n’est pas relayer. Informer, ce n’est pas hiérarchiser les vies. Informer, ce n’est pas choisir ses mots au service d’un récit dominant.

Informer, c’est donner à comprendre, avec rigueur, honnêteté et courage.

Aujourd’hui plus que jamais, face à des conflits d’une gravité extrême, notre responsabilité collective est engagée.

Source : Acrimed

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L’agriculture tunisienne face au défi des petites exploitations

La Tunisie, pays méditerranéen où l’agriculture représente un pilier économique et social majeur, fait face à un défi structurel de taille : la fragmentation de ses terres agricoles. Avec une superficie moyenne par exploitation tournant autour de 10 hectares, et une majorité de petites exploitations de moins de 5 hectares, le secteur agricole tunisien doit réinventer ses modèles de production pour rester compétitif, durable et résilient. Cette réalité, loin d’être une fatalité, peut devenir une opportunité si elle est abordée avec innovation et pragmatisme.

Zouhaïr Ben Amor *

Face au changement climatique, à la raréfaction de l’eau et aux exigences croissantes des marchés, l’agriculture tunisienne doit opérer une transformation profonde. Cette évolution ne peut se faire en imitant les modèles intensifs de grande échelle, mais en capitalisant sur les atouts des petites structures : flexibilité, adaptation rapide, qualité et valorisation des spécificités locales.

L’agriculture de précision : optimiser chaque mètre carré

L’une des réponses les plus prometteuses aux contraintes des petites surfaces réside dans l’agriculture de précision. Cette approche, rendue accessible grâce aux technologies numériques, permet d’optimiser l’utilisation des intrants, de l’eau et du travail sur des parcelles même réduites. L’utilisation de capteurs d’humidité du sol, de stations météorologiques connectées et d’applications mobiles permet aux agriculteurs de prendre des décisions éclairées en temps réel.

L’irrigation goutte-à-goutte, déjà répandue dans certaines régions tunisiennes, peut être couplée à des systèmes automatisés qui ajustent l’apport en eau selon les besoins réels des cultures. Cette technologie, particulièrement adaptée aux climats arides et semi-arides comme celui de la Tunisie, permet d’économiser jusqu’à 50% d’eau par rapport aux méthodes traditionnelles tout en augmentant les rendements. Pour les petits agriculteurs, cela signifie une productivité accrue sans expansion territoriale.

Les drones agricoles, autrefois réservés aux grandes exploitations, deviennent progressivement accessibles aux petits producteurs via des services mutualisés. Ces outils permettent de cartographier les parcelles, d’identifier les zones de stress hydrique ou les foyers de maladies, et d’appliquer les traitements de manière ciblée. Cette précision réduit les coûts, limite l’impact environnemental et améliore la rentabilité des petites surfaces.

La diversification et l’intensification écologique

Sur de petites exploitations, la monoculture présente des risques économiques et agronomiques majeurs. La diversification des cultures constitue une stratégie essentielle pour stabiliser les revenus, enrichir les sols et limiter les risques liés aux fluctuations des marchés ou aux aléas climatiques. Les systèmes agroforestiers, associant arbres fruitiers et cultures annuelles, représentent une option particulièrement adaptée au contexte tunisien.

L’olivier, culture emblématique de la Tunisie, peut être associé à des légumineuses, des céréales ou des plantes aromatiques. Cette polyculture permet non seulement de multiplier les sources de revenus, mais aussi d’améliorer la fertilité des sols grâce aux légumineuses qui fixent l’azote atmosphérique.

Les cultures intercalaires créent également des microclimats favorables et réduisent l’évaporation de l’eau, un atout majeur dans les zones arides.

Le maraîchage intensif biologique représente une autre voie d’avenir. Sur des surfaces réduites, il est possible de produire une grande variété de légumes à haute valeur ajoutée en adoptant des techniques comme les cultures sur buttes, le paillage, le compostage et la rotation rapide des cultures. Ces pratiques, inspirées de la permaculture et de l’agroécologie, permettent d’obtenir des rendements élevés tout en régénérant les sols et en limitant la dépendance aux intrants chimiques.

L’élevage intégré à petite échelle, qu’il s’agisse de volailles, d’ovins ou de caprins, peut compléter les revenus agricoles tout en fournissant du fumier de qualité pour fertiliser les cultures. Ce modèle circulaire, où les déchets d’une activité deviennent ressources pour une autre, maximise l’efficacité de chaque hectare exploité.

La valorisation et la commercialisation directe

Pour qu’une petite exploitation soit viable économiquement, il ne suffit pas de produire efficacement : il faut aussi capter une plus grande part de la valeur créée.

La transformation à la ferme et la vente directe permettent aux agriculteurs de s’affranchir des intermédiaires et d’augmenter significativement leurs marges.

La production d’huile d’olive premium, de confitures artisanales, de fromages fermiers ou de produits séchés représente autant d’opportunités de valorisation.

Les circuits courts, via les marchés de producteurs, les paniers hebdomadaires ou les plateformes de vente en ligne, connaissent un essor en Tunisie, particulièrement dans les zones périurbaines.

Ces canaux permettent aux consommateurs d’accéder à des produits frais et de qualité tout en garantissant aux producteurs une rémunération équitable. Les labels de qualité, qu’ils soient biologiques, équitables ou d’appellation d’origine, constituent des leviers de différenciation et de valorisation.

L’agritourisme représente une autre source de diversification des revenus. Les petites exploitations, souvent situées dans des cadres naturels préservés, peuvent accueillir des visiteurs pour des activités de découverte, des dégustations, voire des séjours à la ferme. Cette activité, qui combine agriculture et tourisme, génère des revenus complémentaires tout en valorisant le patrimoine rural et en sensibilisant le public aux réalités agricoles.

L’organisation collective et la mutualisation

Les petites exploitations, prises isolément, souffrent d’un manque de pouvoir de négociation face aux fournisseurs et aux acheteurs, ainsi que de difficultés à accéder aux équipements coûteux. L’organisation collective, sous forme de coopératives, de groupements d’intérêt économique ou d’associations, constitue une réponse structurelle à ces défis.

La mutualisation des équipements agricoles permet de réduire les coûts d’investissement et d’exploitation. L’achat groupé de tracteurs, de matériel d’irrigation, de chambres froides ou d’unités de transformation devient accessible lorsque plusieurs agriculteurs s’associent. Les Coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma), déjà présentes en Tunisie, méritent d’être développées et modernisées.

L’achat groupé d’intrants (semences, engrais, aliments pour animaux) permet d’obtenir des prix plus avantageux et de négocier des conditions de paiement adaptées. De même, la commercialisation collective, via des centrales d’achat ou des plateformes communes, renforce le pouvoir de négociation des producteurs et assure des débouchés stables.

Les organisations de producteurs jouent également un rôle crucial dans le transfert de connaissances et l’innovation. Les formations collectives, les démonstrations de techniques agricoles et les échanges d’expériences entre pairs accélèrent l’adoption de pratiques performantes. Les réseaux d’agriculteurs, qu’ils soient physiques ou digitaux, constituent des espaces d’apprentissage mutuel et de soutien.

La gestion durable de l’eau et des sols

L’eau constitue la ressource la plus critique pour l’agriculture tunisienne. Face au stress hydrique croissant, les petites exploitations doivent adopter une gestion rigoureuse de cette ressource précieuse. Au-delà de l’irrigation goutte-à-goutte, des techniques comme la récupération des eaux de pluie, l’utilisation d’eaux usées traitées et la sélection de variétés résistantes à la sécheresse s’imposent.

Les bassins de rétention, les citernes et les systèmes de drainage permettent de stocker l’eau pendant les périodes pluvieuses pour l’utiliser durant les mois secs. Ces infrastructures, dimensionnées à l’échelle de petites exploitations, peuvent être soutenues par des programmes d’aide publique ou des financements solidaires.

La santé des sols conditionne la productivité à long terme. L’agriculture de conservation, qui limite le travail du sol, maintient une couverture végétale permanente et privilégie les rotations de cultures, permet de préserver et d’améliorer la fertilité des terres. Ces pratiques réduisent l’érosion, augmentent la matière organique et améliorent la capacité de rétention en eau des sols, autant d’avantages cruciaux pour les exploitations de petite taille.

Le compostage, qu’il soit réalisé à partir de déchets végétaux, de fumiers ou de biodéchets, constitue une source d’engrais organique gratuite et de qualité. Cette pratique, accessible à tous les agriculteurs quelle que soit la taille de leur exploitation, contribue à fermer les cycles de nutriments et à réduire la dépendance aux engrais chimiques importés.

L’accompagnement institutionnel et le financement

L’évolution de l’agriculture tunisienne vers des modèles adaptés aux petites exploitations nécessite un soutien institutionnel fort. Les politiques publiques doivent reconnaître la spécificité de ces structures et adapter les dispositifs d’aide en conséquence. Les subventions à l’investissement, les aides à la conversion vers l’agriculture biologique et les programmes de formation doivent être rendus accessibles aux petits producteurs.

L’accès au financement représente un enjeu majeur. Les institutions financières traditionnelles hésitent souvent à prêter aux petits agriculteurs, considérés comme risqués. Le développement de la microfinance agricole, des systèmes de garantie mutuelle et des fonds de crédit solidaire peut débloquer cette situation. Les plateformes de financement participatif constituent également une alternative intéressante pour financer des projets innovants.

La vulgarisation agricole et le conseil technique doivent être renforcés et adaptés aux réalités des petites exploitations. Les centres de formation, les fermes-écoles et les programmes de tutorat permettent de transférer les connaissances et les bonnes pratiques. L’utilisation des technologies numériques (applications mobiles, vidéos tutorielles, forums en ligne) démocratise l’accès à l’information et au savoir agricole.

La recherche agronomique doit également orienter ses travaux vers les problématiques spécifiques des petites exploitations : variétés adaptées aux conditions locales, techniques culturales économes en intrants, systèmes de culture diversifiés et résilients. Les partenariats entre instituts de recherche, organisations de producteurs et agriculteurs-innovateurs peuvent accélérer le développement et la diffusion de solutions adaptées.

L’innovation et les nouvelles opportunités

L’agriculture urbaine et périurbaine connaît un développement rapide en Tunisie, notamment autour des grandes villes comme Tunis, Sfax ou Sousse. Sur de très petites surfaces, il est possible de produire des légumes, des herbes aromatiques ou même de pratiquer l’aquaponie (culture de végétaux associée à l’élevage de poissons). Ces systèmes intensifs et innovants répondent à la demande croissante de produits frais locaux et créent des emplois en zone urbaine.

La culture sous serre, qu’elle soit chauffée ou non, permet de prolonger les saisons de production et de cultiver des espèces exigeantes même sur de petites surfaces. Les serres modernes, équipées de systèmes de contrôle climatique et d’irrigation automatisée, offrent des rendements élevés et une production de qualité constante. L’investissement initial peut être amorti grâce aux prix premium obtenus pour des produits hors-saison.

Les plantes aromatiques et médicinales représentent un créneau à haute valeur ajoutée particulièrement adapté aux petites surfaces. La Tunisie dispose d’un patrimoine végétal riche (thym, romarin, verveine, géranium) et d’un savoir-faire reconnu dans la distillation d’huiles essentielles. La production biologique certifiée de ces plantes répond à une demande internationale croissante et génère des revenus substantiels par unité de surface.

L’apiculture constitue une activité complémentaire idéale pour les petites exploitations. Elle nécessite peu d’espace, s’intègre parfaitement aux cultures fruitières et aromatiques, et produit des revenus intéressants. Le miel tunisien, notamment les miels monofloraux d’eucalyptus, d’oranger ou de thym, bénéficie d’une excellente réputation et peut être valorisé sur des marchés de niche.

Vers une agriculture tunisienne résiliente et prospère

L’évolution de l’agriculture tunisienne face au défi des petites exploitations ne passe pas par l’imitation des modèles industriels à grande échelle, mais par l’innovation, la diversification et la valorisation des atouts locaux. Les technologies numériques, l’agroécologie, l’organisation collective et la transformation à la ferme offrent des leviers puissants pour améliorer la productivité, la rentabilité et la durabilité des petites structures agricoles.

Cette transformation nécessite cependant un engagement collectif. Les agriculteurs doivent être accompagnés dans leur transition par des politiques publiques adaptées, un accès facilité au financement et au conseil technique, et des infrastructures rurales modernisées. La recherche agronomique, la formation et la vulgarisation jouent un rôle central dans la diffusion des innovations.

Les petites exploitations tunisiennes, loin d’être un handicap, peuvent devenir le fer de lance d’une agriculture de qualité, respectueuse de l’environnement et ancrée dans les territoires. En combinant savoir-faire traditionnel et innovations technologiques, en privilégiant la qualité sur la quantité et en renforçant les liens entre producteurs et consommateurs, l’agriculture tunisienne peut construire un modèle de développement original, résilient et porteur d’avenir.

Face aux défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire et du développement rural, les petites exploitations tunisiennes disposent de nombreux atouts : flexibilité, capacité d’adaptation, proximité avec les écosystèmes locaux et potentiel d’innovation. L’enjeu est maintenant de mobiliser ces atouts, de lever les obstacles structurels et de créer un environnement favorable à l’épanouissement d’une agriculture à taille humaine, performante et durable.

* Universitaire.

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Equipe de Tunisie de football | L’ère Lamouchi démarre avec une victoire

Pour son premier match sous la direction de l’entraîneur Sabri Lamouchi, l’équipe de Tunisie de football a remporté une victoire 1-0 contre Haïti lors d’’un match amical disputé aujourd’hui, dimanche 29 mars 2026, à Toronto, au Canada, dans le cadre de la préparation des deux équipes pour la phase finale de la Coupe du Monde 2026.

Ce match a offert au nouveau sélectionneur national une occasion précieuse d’évaluer les capacités des nouveaux venus comme Rani Khedira, Rayan Elloumi, Ghaith Zaalouni et Adam Arous.

L’équipe de Tunisie, privée de plusieurs joueurs clés, en particulier en défense (Montasser Talbi et Dylan Bronn) et au milieu de terrain (Hannibal Mejbri), disputera un deuxième match amical contre le Canada le 31 mars.

Sebastian Tounekti, l’attaquant du Celtic Glasgow, a ouvert le score pour la Tunisie à la 7e minute, sur une passe d’Ismail Gharbi, qui évolue à Augsbourg en Allemagne.

Durant ce stage de préparation, Lamouchi travaillera à mieux connaître les joueurs et à évaluer leur préparation physique, technique et mentale, ainsi que leur capacité d’adaptation à ses idées tactiques. Il finalisera ensuite sa sélection lors de la dernière phase de préparation à la Coupe du Monde, qui comprend deux matchs amicaux importants début juin contre l’Autriche et la Belgique.

Il est à noter que l’équipe de Tunisie évoluera dans le groupe F de la Coupe du Monde, aux côtés des Pays-Bas, du Japon et du vainqueur du deuxième barrage européen (Suède ou Pologne). Haïti jouera dans le groupe C avec le Brésil, l’Écosse et le Maroc.
Pour le match d’aujourd’hui, Lamouchi alignait la composition suivante : Sabri Ben Hassen – Adam Arous – Mohamed Amine Ben Hamida – Ghaith Zaalouni (Moataz Nefati) – Mortadha Ben Ouanes – Ellyes Skhiri – Rani Khedira (Mohamed Haj Mahmoud) – Ismail Gharbi (Elias Saad) – Sebastian Tounekti (Louay Ben Farhat) – Khalil Ayari. (Sayfallah Ltaif) – Rayan Elloumi (Hazem Mastouri).

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Colloque à l’ISHTC | Il y a 70 ans, la Tunisie devient indépendante

À l’occasion du 70e anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, l’Institut supérieur d’histoire de la Tunisie contemporaine (ISHTC – Université de Manouba) a tenu un colloque à Yasmine Hammamet sur le thème «Indépendance, luttes, négociations et quête de souveraineté », les 26, 27 et 28 mars 2026, à Yasmine Hammamet. Compte-rendu des débats…

Adel Ben Youssef *

Le comité scientifique de l’ISHTC, composé des professeurs Fayçal Chérif, Ali Aït Mihoub et Bilel Saoudi a souhaité replacer la notion d’indépendance «dans un cadre plus nuancé, en prenant en considération les contraintes objectives qui ont jalonné son cheminement».

Par une approche comparatiste, le colloque visait une réflexion approfondie sur les dimensions politiques, militantes et militaires de la lutte pour l’indépendance, et cherchait à déterminer dans quelle mesure cet événement a réellement abouti à une souveraineté pleine et entière.

L’ouverture a réuni, autour du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mondher Belaid, le recteur de l’Université de Manouba, Pr. Ameur Chérif, la gouverneure de Nabeul, Hana Chouchani.

Aboutissement des sacrifices des aïeux

Le directeur de l’ISHTC, Pr. Khaled Abid, a replacé l’indépendance dans son contexte historique local et international, passant en revue les réalisations de l’État national à l’aube de l’indépendance, notamment en matière d’enseignement et de recherche scientifique. Il a salué le parrainage présidentiel de la manifestation et rappelé les activités de l’ISHTC : colloques, publications et acquisitions d’archives… Il a dénoncé certaines dérives post-14 janvier 2011 qui ont tenté de transformer cette institution de recherche, qui s’apprête à fêter sa cinquantième année dans trois ans, le Programme national de recherche scientifique (lancé en octobre 1979), en simple établissement d’enseignement supérieur, affirmant que «l’ISHTC restera pour toujours le garant de l’histoire et de la mémoire tunisiennes»

Le ministre Belaid a souligné la symbolique de la fête de l’indépendance et les étapes de la lutte nationale contre le colonialisme français. Il a rappelé que le 20 mars 1956 incarne l’aboutissement des sacrifices de nos aïeux et a insisté sur les priorités de l’État indépendant : enseignement, santé et modernisation, en particulier pour la femme.

Le recteur de l’Université de Manouba, Pr. Ameur Cherif, a annoncé l’acquisition par le MESRS d’un grand scanner pour microfilms, qui sera mis à disposition des chercheurs et étudiants de l’ISHTC. Il a aussi rappelé la place de l’ISHTC dans les sciences humaines et sociales en Tunisie et l’engagement de l’université pour le rapatriement et la conservation des archives tunisiennes conservées en France, ainsi que pour le rayonnement national et international de l’institution. 

La clôture du colloque s’est déroulée en présence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, qui a souligné l’attention portée à l’histoire nationale, rappelant que la création du ministère de la Culture en 1961 fut un pari du gouvernement de l’indépendance, et a souligné que la culture est un pilier de développement durable, offrant des réponses créatives aux défis contemporains.

Le réalisme de Bourguiba a prévalu

La conférence d’ouverture, donnée par l’ancien directeur de l’Institut supérieur du mouvement national (ISMN) et spécialiste en histoire contemporaine, Pr. Noureddine Dougui, a porté sur «L’indépendance de la Tunisie : une genèse difficile». Le conférencier a retracé les étapes du mouvement national depuis l’occupation du territoire le 24 avril 1881, jusqu’au déclenchement de la lutte armée après le congrès du Néo-Destour le 18 janvier 1952 à Sidi Mahrez, après l’échec des négociations franco‑tunisiennes suite à la note du 15 décembre 1951.

Avec l’escalade de la résistance armée, la France a fini par proposer l’autonomie interne : le 31 juillet 1954, Pierre Mendès-France prononce son discours à Carthage, ouvrant la voie à un accord avec le Néo-Destour et Habib Bourguiba autorisé de rentrer en Tunisie le 1er juin 1955 ; les conventions du1er et du 3 juin 1955, signées par Edgar Faure et Tahar Ben Ammar, instituent l’autonomie interne.

Les négociations pour l’indépendance totale butaient sur le veto des milieux coloniaux «Les Prépondérants», mais grâce au réalisme de Bourguiba, la Tunisie obtient finalement son autonomie totale et le protocole du 20 mars 1956 est signé au Quai d’Orsay par le ministre français des Affaires étrangères Christian Pineau et le Premier ministre tunisien Tahar Ben Ammar, dix‑huit jours après la fin du protectorat français au Maroc. Ces reconnaissances s’inscrivent aussi dans le contexte de la volonté française de préserver l’Algérie sous sa domination après le déclenchement de la guerre de libération le 1er   novembre 1954.

Les sept séances scientifiques ont accueilli 30 communications présentées par des spécialistes venus de 11 pays : Tunisie, France, Espagne, Italie, Grande‑Bretagne, Algérie, Maroc, Libye, Égypte, Liban et Palestine. Côté tunisien, les universités de la Manouba, de Tunis I, d’El Manar, de Sousse et de Jendouba étaient représentées.

Parmi les intervenants français figuraient Pr. Pierre Vermeren, ami de longue date de la Tunisie et du Maroc, Anne Clair Bonneville et Alya Aghlan (de Paris I Panthéon‑Sorbonne). L’Université de Castille‑La Mancha (Espagne) était représentée par Pr. Miguel Hernando de Larramendi et l’Université de Pérouse (Italie) par Pr. Laura Morreale.

Les collègues du Liban et de Palestine n’ont pas pu se rendre en Tunisie en raison du conflit militaire au Moyen‑Orient. Néanmoins, le directeur de l’ISHTC a maintenu leurs noms sur l’affiche officielle et demandé à des collègues de lire les résumés de leurs communications. 

Les intervenants mêlaient historiens, chercheurs confirmés et deux enseignants en sociologie, audiovisuel, anthropologie, presse…. Parmi eux, le jeune chercheur et diplomate Youssef Tlili (petit‑ fils du leader national Ahmed Tlili) qui a présenté un entretien inédit de 75 pages réalisé par l’écrivain et journaliste pakistanais Ahmad Ikbel avec son grand- père lors de son séjour aux États‑Unis en 1951. Cet entretien sera publié par l’ISHTC, a indiqué son directeur. 

Les débats qui ont suivi les communications ont été intenses et de haut niveau, abordant toutes les questions sans réserve.

En somme, le colloque international de l’ISHTC constitue une réussite sur tous les plans et marque un tournant important dans la recherche sur l’indépendance de la Tunisie.

* Université de Sousse.

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Le poème du dimanche | ‘‘Nachwah’’ (1) de Abdellatif Laâbi

Né en 1942 à Fès, au Maroc, Abdellatif Laäbi est poète, romancier, essayiste, traducteur, auteur pour jeunesse.

Fondateur en 1966 de la revue Souffles qui jouera un grand rôle dans la littérature contestataire au Maroc et au Maghreb, son œuvre sera l’expression d’un engagement intellectuel qui le mènera en prison de 1972 à 1980. Il s’exile en France en 1985 où il vit. Son œuvre, importante, est couronnée de nombreux prix et distinctions littéraires. Prix Goncourt de la poésie, 2009.

Tahar Bekri

Quel poète

profane ou mystique

n’a pas célébré le vin ?

Avec son masculin khamr

et son féminin khamrah

la langue arabe a rendu androgyne

la « fille du raisin »

Mais que sont les échansons devenus ?

Reviendra-t-il

le temps des commensaux ?

« Ah ! Verse-moi du vin

et dis tout haut qu’il s’agit bien là de vin (2)»

Foin des censures

des « tu penses comme moi ou je te tue »

des livres que l’on ne touche

que si l’on est propre

comme un sou neuf

des « identités meurtrières »

(merci, Amin Maalouf)

des machines à fabriquer la haine

à brasser le vent des idées creuses

et venimeuses

Ah ! foin, foin…

Je tombe de fatigue

Allons !

cher échanson

verse-moi

verse-nous du vin

Khamr

khamrah

cette fille androgyne

du raisin

Extrait de ‘‘Un dernier pour la route’’, à paraître aux éditions Le Castor Astral (Remerciements à l’auteur).

1) En arabe, griserie, euphorie, extase.

2) Abu Nowas (VIIIe-IXe siècle), né en Iran et mort à Bagdad, célèbre pour sa poésie bachique et érotique.

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Décès de Liamine Zéroual | Ancien président et vétéran de la guerre d’indépendance

Liamine Zeroual, l’ancien président de la République algérienne, vétéran de la Guerre d’indépendance et acteur central des années de turbulence des années 1990, est décédé ce samedi soir, 28 mars 2026, à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja à Alger, des suites d’une longue maladie, a annoncé la Présidence de la République dans son communiqué officiel rendant hommage à «un homme de convictions, un serviteur de l’Algérie et un acteur de sa paix et de sa stabilité».

Né le 3 juillet 1941 à Batna, dans le massif des Aurès, Liamine Zéroual rejoint très jeune l’Armée de libération nationale (ALN) pour lutter contre la colonisation française. Cette expérience forge son caractère et son engagement pour le service de la nation.

Après l’indépendance, il poursuit une carrière militaire ascendante, culminant avec sa nomination comme ministre de la Défense en 1993, dans un pays plongé dans la violence et l’instabilité politique.

En 1994, alors que l’Algérie est au cœur de la guerre civile, Zéroual devient président de la République. Sa présidence, officialisée par l’élection de 1995, se déroule dans un contexte dramatique : massacres, attentats et tensions politiques extrêmes. Confronté à la nécessité de maintenir l’État en équilibre, il adopte une approche mêlant fermeté et dialogue, tentant d’ouvrir des voies de réconciliation avec certains groupes armés et de préserver la cohésion nationale.

Son mandat est marqué par des choix délicats : maintien de la sécurité dans un climat de terreur, réformes institutionnelles limitées mais symboliques, et équilibre entre pouvoir civil et militaire. Sa décision de ne pas se représenter en 1999 est interprétée comme un geste de respect de l’institution présidentielle, un refus de personnaliser le pouvoir et une volonté de privilégier l’intérêt du pays.

Au-delà de la politique, Zéroual reste pour beaucoup la figure du militaire-républicain engagé, attaché à la défense de l’État et conscient des responsabilités historiques de sa génération. Son parcours illustre les défis de l’Algérie post-indépendance : construire la stabilité d’un État jeune tout en gérant des crises profondes et durables.

La disparition de Zéroual suscite de nombreux hommages. Des anciens responsables politiques, militaires et intellectuels saluent son engagement et sa rigueur. Les citoyens, sur les réseaux sociaux et dans les médias, se remémorent ses discours et son action durant la guerre civile, exprimant respect et gratitude pour son rôle dans l’histoire du pays.

Aujourd’hui, l’Algérie se recueille. L’histoire retiendra Liamine Zéroual comme un serviteur de la nation, militaire et président à la fois, dont le nom restera gravé dans la mémoire collective. De sa jeunesse dans les Aurès à la présidence de la République, il aura incarné le combat pour l’indépendance, puis la responsabilité dans les heures les plus difficiles du pays.

Djamal Guettala 

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Djerba accueille Desertif’actions 2026 dans un contexte de crise climatique

Le sommet international Desertif’actions 2026 sur la résilience régionale face aux crises climatiques s’est déroulé du 25 au 28 mars 2026 à l’Institut supérieur d’études technologiques (ISET), à Djerba, Tunisie. Cette 6e édition a réuni plus de 300 participants internationaux : représentants de la société civile, chercheurs, scientifiques, ONG, associations, institutions publiques et/ou privées, collectivités territoriales, etc.

Latif Belhedi

Pendant trois jours, les participants ont pris part à des séances plénières, des ateliers thématiques, des travaux de groupe, des discussions et des dialogues. Le but étant de coconstruire un plaidoyer fondé sur des solutions concrètes et pertinentes, afin d’influencer les décisions de la COP17.

Les thèmes abordés sont la transformation des systèmes agricoles et/ou d’élevage sédentaires ; le soutien aux systèmes de production mobiles (avec un accent mis sur le pastoralisme) ; la gestion régionale des ressources en eau ; et la gestion durable des territoires.

L‘urgence d’agir dans un contexte de crise

Les débats entre les décideurs, experts, responsables institutionnels et acteurs de terrain ont tourné autour d’un enjeu commun : faire face à la dégradation des terres et aux sécheresses dans un contexte mondial marqué par des crises multiples.

Les participants ont posé les bases d’un dialogue collectif, en mettant en lumière l’urgence d’agir, la nécessité de renforcer la coopération internationale et l’importance de solutions concrètes, ancrées dans les réalités des territoires.

Entre interventions de haut niveau et messages portés par la communauté internationale, un appel clair a été lancé : accélérer l’action, renforcer les partenariats et transformer les engagements en résultats.

Entre 2000 et 2019, plus d’1,4 milliard de personnes ont été touchées par des sécheresses. Ce chiffre de la FAO témoigne de l’ampleur du phénomène, dont la fréquence et l’intensité ne cesse de s’accroître au fil du temps.

Au cœur des échanges lors du sommet Désertif’actions : les réponses que peuvent offrir les politiques publiques. Car aujourd’hui, le sujet est moins technique que politique.

Pour faire face à ces épisodes climatiques extrêmes, un certain nombre de solutions existent, mais elles sont trop souvent confinées dans des zones «tests» ou bien requièrent des changements systémiques. Les développer à l’échelle de territoires nécessite des outils et des stratégies politiques pas simples à mettre en œuvre.

Dans le cadre du sommet, l’Observatoire du Sahara et du Sahel, une Ong onusienne basée à Tunis, a organisé un atelier consacré aux moyens d’améliorer la couverture médiatique des enjeux de la désertification.

Le rôle crucial des médias

Cet atelier a permis à plusieurs experts et professionnels des médias d’échanger et de discuter, afin d’explorer comment mieux communiquer les recommandations du sommet au grand public et aux décideurs.

Les discussions ont mis en lumière le rôle crucial des médias pour simplifier les enjeux environnementaux, sensibiliser le public et favoriser l’engagement face aux défis de la désertification. L’importance de développer des méthodes de communication innovantes, capables de capter l’attention du public et de transmettre clairement les messages, a également été soulignée.

Les discussions ont par ailleurs insisté sur la nécessité de continuer à couvrir les questions de désertification avant, pendant et après les événements internationaux, afin de les intégrer au débat public et de soutenir les efforts déployés pour les combattre.

Elles ont appelé à renforcer le rôle des médias en tant que partenaire clé dans la diffusion des recommandations environnementales et le soutien des politiques de lutte contre la désertification et de construction d’un avenir plus durable.

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Tunisie | Liste des nouveaux dirigeants de l’UGTT

Les nouveaux membres du bureau exécutif de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) ont été élus dans la nuit du 27 au 28 mars 2026, au terme de son congrès ouvert le 25 mars à Monastir et qui s’est déroulé dans une atmosphère très tendue. Ils sont tous issus de la liste «Fidélité et Défi» conduite par Slaheddine Selmi (Photo). Nous reproduisons ci-dessous les résultats des élections et la liste des nouveaux dirigeants de la centrale syndicale.

Slaheddine Selmi (344 voix) : nouveau secrétaire général. Il a précédemment occupé le poste de secrétaire général adjoint, chargé de la fonction et des établissements publics. Il a également dirigé la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques;

Othman Jallouli (318 voix) : membre sortant du Bureau exécutif ;

Tahar Mezzi Barbari (345 voix) : secrétaire général adjoint chargé du secteur privé ;

Jibran Bouraoui (297 voix) : secrétaire général du Syndicat régional du travail de Sousse ;

Salah Ben Hamed (241 voix) : secrétaire général du Syndicat régional du travail de Gabès ;

Selouane Smiri (383 voix) : secrétaire général de la Fédération générale des industries pétrolières et chimiques ;

Ahmed Jaziri (373 voix) : secrétaire général de la Fédération générale des banques, des institutions financières et des compagnies d’assurance ;

Slim Bouzidi (299 voix) : secrétaire général du Syndicat général de l’électricité et du gaz;

Fakhreddine Laouiti (289 voix) : secrétaire général du Syndicat général de la métallurgie et de l’électronique ;

Wajih Zaidi (400 voix) : secrétaire général de l’Union générale des transports ;

Samia Ammar Hajji (288 voix) : dirigeante syndicale ;

Nahla Sayadi (324 votes) : dirigeante syndicale ;

Boulbaba Selmi (330 voix) : secrétaire général du Syndicat général des agents de maîtrise ;

Taïeb Bahri (299 voix) : secrétaire général du Syndicat général de la construction et du bois ;

Mabrouk Toumi (294 voix) : dirigeant syndical.

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Tunisie | Prêt de 90 M$ de la BM au profit des populations vulnérables

La Banque mondiale a annoncé un financement supplémentaire de 90 millions de dollars au gouvernement tunisien pour soutenir un projet visant à renforcer le développement social et à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables.

Ce financement s’appuie sur les résultats obtenus par le projet initial, d’un coût de 700 millions de dollars et mis en œuvre sur cinq ans, rapporte la Banque mondiale dans un communiqué publié vendredi 27 mars 2026 à Washington.

Ce projet a permis de verser des aides d’urgence à plus de 895 000 familles afin d’atténuer l’impact de la pandémie de Covid19, d’étendre le programme de protection sociale à plus de 386 000 familles et d’octroyer des allocations familiales à plus de 150 000 enfants de moins de cinq ans.

Soutien à de nouveaux groupes

Le nouveau financement vise à consolider les acquis en étendant les allocations familiales à environ 450 000 enfants âgés de 6 à 18 ans issus de familles pauvres ou à faibles revenus, contribuant ainsi à réduire le décrochage scolaire et à améliorer l’accès à l’éducation.

Le projet prévoit également la création d’un fonds national dédié au soutien des personnes handicapées, destiné à financer des programmes spécialisés favorisant leur intégration sociale et professionnelle.

Alexandre Arrobbio, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Tunisie, a déclaré que ce financement témoigne de l’engagement de l’institution internationale à soutenir la Tunisie dans la construction d’un système de protection sociale plus inclusif et résilient.
Il a ajouté que l’augmentation des allocations familiales et le renforcement du soutien aux personnes handicapées permettraient de protéger les familles les plus vulnérables et d’offrir de meilleures perspectives aux enfants.

Un registre national des bénéficiaires

 De son côté, Mohamed El Aziz Ben Ghachem, spécialiste principal de la protection sociale à la Banque mondiale, a confirmé que les réformes envisagées vont au-delà des transferts monétaires et comprennent la modernisation du système de ciblage, la création d’un registre national unique des bénéficiaires, le lancement de programmes pilotes d’inclusion économique et le renforcement de la coordination entre les différents programmes de soutien.

Une partie du financement sera consacrée à l’accélération de la numérisation du système de protection sociale par la création d’un registre national unique des bénéficiaires et le développement des moyens de paiement numériques.
Le projet soutiendra également des initiatives d’inclusion économique combinant travail indépendant et emploi salarié, afin de permettre aux familles bénéficiaires de s’intégrer au marché du travail et de renforcer leur autonomie.

Ces réformes devraient contribuer à la mise en place d’un système de protection sociale moderne, intégré et fondé sur les données, garantissant sa viabilité financière et son efficacité à long terme.

I. B.

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La saison du zhar est de retour à Nabeul

À Nabeul, au cœur du Cap Bon, le printemps embaume à nouveau le parfum intense du zhar, la fleur de bigaradier ou oranger amer qui rythme le calendrier agricole et familial de la région depuis des générations. Selon les estimations d’Imed Bey, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche, la récolte saisonnière de fleurs d’oranger dans le gouvernorat pourrait atteindre entre 11 000 et 14 000 tonnes cette année, confirmant l’importance symbolique et économique d’un secteur qui reste l’un des plus emblématiques du pays.

Paolo Paluzzi

Ce même directeur a expliqué que le secteur peut compter sur quatre structures professionnelles actives dans les zones rurales de Korba, Beni Khiar, Dar Chaabane et Nabeul, ainsi que sur deux coopératives.

La principale difficulté réside cependant dans la récolte, qui continue d’être effectuée selon des méthodes traditionnelles et requiert une main-d’œuvre qualifiée. Le manque de cueilleurs qualifiés, a souligné M. Bey, a un impact direct sur la qualité finale du produit.

Un savoir-faire féminin et familial

En termes de prix, une wazna, soit quatre kilogrammes de fleurs, se vend actuellement autour de 20 dinars (6 euros), alors que les producteurs auraient besoin d’un seuil d’au moins 30 dinars (9,1 euros) pour couvrir leurs coûts et assurer une marge viable.

Mais à Nabeul, le zhar n’est pas qu’une simple culture. C’est un rituel saisonnier, un savoir-faire féminin et familial, un code d’hospitalité. Entre mars et avril, la récolte se fait à la main, avec une extrême délicatesse, et que les fleurs sont ensuite utilisées pour la distillation de l’eau de fleur d’oranger, un ingrédient essentiel de la cuisine locale. Le zhar parfume le café, les pâtisseries, le couscous et les conserves, et est également présent lors des occasions sociales les plus solennelles, de l’accueil des invités aux mariages, où l’eau de fleur d’oranger reste associée à la chance et à la prospérité.

Le néroli, levier du marketing local

Derrière cet univers domestique se cache une filière haut de gamme. La distillation de la fleur de bigaradier produit le néroli, l’une des essences les plus recherchées en parfumerie internationale. Selon Onudi Tunisie et des sources de l’industrie des parfums, la production d’un seul kilogramme de néroli nécessite environ 1 000 kilogrammes de fleurs, et la valeur à l’exportation de l’huile essentielle peut varier entre 3 000 et 5 000 euros par kilogramme.

Une étude de l’Apia souligne également que la première unité de production de néroli à Nabeul remonte à 1903 et que cette culture demeure un élément important de la tradition familiale du Cap Bon, dont le savoir-faire se transmet de génération en génération. Ce n’est pas un hasard si, ces dernières années, la Tunisie a cherché à faire du néroli un levier pour le marketing local.

En 2025, la «Route des Fleurs de Bigaradier» a été présentée à Nabeul. Cet itinéraire, soutenu par les institutions tunisiennes et le projet Pampat-Onudi, vise à fédérer agriculture, artisanat, gastronomie, cosmétiques et tourisme expérientiel autour d’un produit emblématique de la région, bien au-delà de la saison des récoltes.

Dans cette mosaïque de parfums et de savoir-faire, le néroli reste un petit bijou de la Tunisie méditerranéenne : une matière première précieuse qui nourrit la mémoire, l’économie et le prestige international. Et tandis que le pays tente également de relancer ses exportations d’agrumes, visant à augmenter les expéditions d’oranges maltaises vers la France à environ 15 000 tonnes au cours de la saison 2025-2026, à Nabeul, la fleur continue de raconter l’histoire de la partie la plus intime de la chaîne d’approvisionnement, celle qui pousse dans les cours, passe par les alambics et finit par se retrouver dans les parfums de luxe.

Traduit de l’italien.

Source : Ansamed.

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Volkswagen aux petits soins pour Israël

Selon le Financial Times, Volkswagen est en discussion avec le fabricant du Dôme de fer israélien pour passer de la fabrication de voitures à celle de moyens de défense antimissile. Un projet avec le groupe public israélien Rafael Advanced Defence Systems prévoit d’utiliser l’usine du constructeur automobile allemand à Osnabrück pour produire des pièces de défense aérienne.

En vertu de l’accord actuellement en discussion, l’usine d’Osnabrück, qui rencontre des difficultés, pourrait fabriquer des composants du système de défense aérienne Dôme de fer, propriété du groupe public israélien.

«Ce partenariat serait l’exemple le plus marquant à ce jour de la manière dont l’industrie automobile allemande, dont les bénéfices se sont effondrés face à la concurrence croissante de la Chine et à une transition hésitante vers le véhicule électrique, cherche des partenariats avec le secteur florissant de la production militaire», note le Financial Times. Qui ajoute : «Les deux entreprises espèrent sauver les 2 300 emplois du site situé en Basse-Saxe, dans l’ouest de l’Allemagne, qui était menacé de fermeture, et espèrent vendre les systèmes à des gouvernements européens.»

VW fabrique déjà des camions militaires dans le cadre d’une coentreprise entre sa filiale MAN et le groupe d’armement allemand Rheinmetall. Mais le partenariat avec Rafael marquerait un retour majeur de VW dans l’armement, après que le constructeur a produit des véhicules militaires et la bombe volante V1 pour la Wehrmacht d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après avoir aidé les Nazis à casser du juif, VW va s’investir, quatre-vingt dix ans après, dans un partenariat juteux avec les Sionistes israéliens. Comme quoi, chassez le naturel, il revient au galop. Volkswagen applique sa devise : avec les tueurs, on se fait plus de bakchich qu’avec leurs victimes.

I. B.

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IACE | Pour sortir du surendettement des ménages en Tunisie

L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a publié, jeudi 26 mars 2026, une note d’analyse intitulée «Diagnostic, enjeux et solutions en Tunisie», où il analyse les tenants et les aboutissants de ce phénomène préoccupant et propose des solutions pour y faire face de manière structurelle et efficace.

«Alors que des dispositifs institutionnels solides, commissions de surendettement, observatoires statistiques, cadres juridiques protecteurs, permettent à plusieurs États de détecter, traiter et prévenir les crises d’endettement, la Tunisie demeure confrontée à un vide structurel : absence de définition légale, de données consolidées, et d’institutions dédiées à la régulation du crédit», constate d’emblée l’étude, qui passe en revue les solutions apportées à ce problème par des pays comme la France où, en 2024, 134 803 dossiers ont été traités les autorités compétentes, et abouti à un effacement total des dettes pour 34,7% d’entre eux.

«À l’inverse, en Tunisie, le recours massif au crédit informel, l’absence de couverture sociale universelle et la fragmentation des réponses institutionnelles transforment un problème de solvabilité en crise sociale», souligne l’IACE, en rappelant, qu’en 2024, le taux de fragilité budgétaire par habitant atteint environ 171%, un seuil bien au-delà de la viabilité internationalement reconnue.

L’IACE, qui a déjà alerté sur les risques macroéconomiques du surendettement non encadré, dans une première note-diagnostique sur le sujet publiée en avril 2019, propose, dans sa nouvelle étude, une feuille de route opérationnelle, fondée sur trois piliers concrets : la régulation ex ante (prévention via encadrement des ratios dette/revenu et transparence contractuelle), la transparence (traitement amiable via médiation et accompagnement budgétaire) et la réhabilitation (sortie de crise via effacement ciblé et réintégration financière).

«Ces trois piliers s’appuient sur une triple légitimité : juridique (projet de loi n° 113/2020), empirique (cartographie fine des vulnérabilités, notamment Centre-Ouest et Sud-Ouest) et internationale (meilleures pratiques adaptées au contexte tunisien)», précise l’étude qui démontre que le surendettement des ménages en Tunisie ne relève plus d’un phénomène marginal, mais d’une crise structurelle profondément ancrée dans la fragilité budgétaire généralisée, l’absence de programmes de protection sociale adaptés et la dégradation continue du pouvoir d’achat.

«Porté par une inflation ciblée sur les biens essentiels, notamment alimentaires, et exacerbé par la précarité du marché du travail, le surendettement touche aujourd’hui des centaines de milliers de ménages en situation de fragilité financière aiguë, y compris des classes moyennes urbaines auparavant épargnées. Il frappe de manière disproportionnée les familles nombreuses et se répercute directement sur les enfants, compromettant leur santé, leur éducation et leur avenir économique», soulignent les auteurs pour qui les solutions ne peuvent être «ni purement individuelles ni exclusivement répressives», maisdoivent être «systémiques, graduées et différenciées».

D’où l’urgence de cartographier le phénomène via un observatoire national, de réguler l’octroi du crédit par le plafond du ratio dette/revenu individuel (40 % pour la consommation, 50 % pour l’immobilier), d’instaurer une justice sociale à travers une loi de rétablissement personnel, et de prévention à long terme par une éducation financière intégrée dès l’école.

«Le surendettement en Tunisie n’est pas seulement une question de solvabilité : c’est un indicateur de la vulnérabilité croissante des ménages face aux chocs économiques, et un signal d’alerte pour la cohésion sociale et la stabilité macroéconomique», note encore l’étude en conclusion. Elle ajoute : «Agir vite et agir bien n’est plus une option. C’est une nécessité nationale, exigeant une combinaison équilibrée de régulation, de transparence et de réhabilitation ; les trois piliers d’une sortie durable de crise.»

Lire l’intégralité de l’étude.

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Tunisie | Les restrictions aux importations font débat   

La circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) imposant aux importateurs de produits qualifiés de «non prioritaires» de mobiliser leurs fonds propres pour financer leurs importations, en vue de préserver les réserves en devises du pays, lesquelles risquent d’être rognées par la forte hausse des cours d’énergie suite à la guerre contre l’Iran, suscite une certaine perplexité en raison notamment de la définition même de ce qui est prioritaire et de ce qui ne l’est pas.

Les opérations d’importation des produits classés comme «non prioritaires» doivent désormais être intégralement couvertes par les importateurs sur leurs propres fonds.

Commentant cette décision, l’expert-comptable et professeur d’université Hatem Fathallah a déclaré que «l’imposition de l’autofinancement des importations non prioritaires n’est pas une simple mesure technique, mais bien une intervention significative sur le marché des importations», ajoutant que cette décision a des conséquences à la fois positives et négatives.

Dans une interview accordée à l’émission ‘‘60 Minutes’’ sur Diwan FM, M. Fathallah a expliqué que l’objectif annoncé de cette décision est de préserver les réserves de change et de réduire au maximum le déficit commercial, qui, rappelons-le, n’a cessé de se creuser au cours des douze dernières années, dépassant 21 milliards de dinars en 2025, contre «seulement» 13 milliards de dinars en 2014, année du déclenchement de la révolution.

M. Fathallah a toutefois noté que la définition des biens essentiels et non essentiels fait encore l’objet de discussions, soulignant que la liste de ces produits publiée par le BCT inclut des articles tels que les voitures particulières et les moyens de transport, ainsi que les appareils électroménagers comme les réfrigérateurs, les lave-linges, les climatiseurs et les fours à micro-ondes, qui sont considérés comme essentiels par beaucoup.

Les biens véritablement essentiels comprennent le blé, dont la Tunisie importe l’essentiel de ses besoins, les médicaments, et les matières premières nécessaires à la production industrielle, en plus des énergies de base, dont les pénuries pourraient engendrer de graves problèmes dans le pays.

I. B.

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La Tunisie pourrait être un «refuge» pour certains investissements

A la faveur des tensions en cours suite à la guerre israélo-américaine contre l’Iran et ses répercussions sur les économies du Moyen-Orient, les pays d’Afrique du nord, notamment la Tunisie, pourrait renforcer sa position en tant que destination attractive pour les investissements.

C’est, en tout cas, ce qu’affirme le directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (Fipa) Jalel Tebib, dans une récente interview avec l’agence officielle Tap, estimant que les derniers développements survenus dans les pays du Golfe pourraient faire de la Tunisie un «refuge» pour les investisseurs étrangers, notamment ceux orientés vers les grands marchés européens.

Le responsable a expliqué que grâce à sa proximité géographique avec l’Europe, la Tunisie se positionne naturellement comme une destination stratégique pour ces investissements étrangers, notamment, en provenance d’Asie du Sud-est, de l’Europe et de l’Europe de l’Est, qui ont déjà exprimé leur volonté d’investir en Tunisie afin de rapprocher les chaines d’approvisionnement du consommateur européen.

A la fin de l’année 2025, la Tunisie est parvenue à attirer des flux d’investissements dépassant les 3,5 milliards de dinars et les prévisions tablent sur 4 milliards de dinars pour l’année 2026, grâce notamment à l’attractivité du secteur industriel qui a accaparé la plus grande part de ces investissements, notamment les projets d’énergies renouvelables.

 Les données publiées révèlent que la répartition par pays du flux des investissements directs internationaux hors énergie place les partenaires traditionnels de la Tunisie, la France, l’Allemagne et l’Italie en tête de liste.

Les mêmes indicateurs dévoilent, en outre, l’entrée de nouveaux acteurs économiques à la recherche d’un climat d’affaires pourvoyeur de compétences logistiques et capable d’accéder rapidement aux marchés mondiaux, ce qui permettra d’augmenter la contribution de l’investissement étranger au produit intérieur brut (PIB). Celle-ci devra osciller entre 3 et 4% à la fin de cette année.

Dans ce contexte, les cadres législatifs jouent un rôle de premier plan pour rassurer l’investisseur étranger à travers notamment la mise en place de garanties légales, des incitations financières et fiscales attractives.

Pour ce faire, la Tunisie a entrepris plusieurs mesures visant à améliorer le climat d’investissement, notamment, la simplification des procédures pour les investisseurs, à travers la suppression de plusieurs autorisations et la révision en cours de la loi sur l’investissement.

En termes de promotion, les structures gouvernementales œuvrent à concrétiser une nouvelle stratégie visant à attirer les IDE directs qui prend en considération les changements survenus sur la scène internationale en matière d’investissement.

Cette stratégie se focalise sur les secteurs à haute valeur ajoutée comme les industries automobiles et aéronautiques, pharmaceutiques, numérique, électromécaniques, alimentaires, sans oublier le textile-habillement qui reste un pilier important.

La même stratégie vise à renforcer le taux d’intégration dans le secteur automobile qui devra passer de 40 à 55% en 2026, outre l’adoption d’une approche sectorielle basée sur la matrice pays/secteur afin d’orienter les efforts vers les activités les plus rentables.

Cette approche cible également le renforcement des outils de communication directe avec les investisseurs et le ciblage des entreprises capables de créer des chaînes d’approvisionnement intégrées.

Il s’agit, également, d’adopter une approche basée sur des canaux numériques modernes, d’unifier les programmes promotionnels et d’élargir leur portée.

Par ailleurs, les autorités œuvrent à développer des services d’accompagnement en organisant des visites régulières auprès des entreprises étrangères et en simplifiant les procédures administratives relatives aux permis, aux visas et aux opérations de dédouanement, en plus de l’appui aux plans d’élargissement et de la facilitation de l’accès au financement et au foncier.

Cette stratégie mettra en exergue les atouts compétitifs du pays, notamment ses ressources naturelles, sa situation géographique et son capital humain contribuant ainsi à orienter les investissements vers des secteurs prometteurs, le but étant d’attirer des investissements qualitatifs et à développer les partenariats entre les entreprises locales et étrangères.

Avec Tap.

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Réunion à Tunis de la Commission militaire mixte italo-tunisienne

«À Tunis, lors d’une rencontre avec le ministre de la Défense nationale de la République tunisienne, Khaled Shili, nous avons examiné les relations entre nos deux nations, dans le cadre plus large des dynamiques de défense et de sécurité en Méditerranée, au Sahel et en Afrique du Nord, zones d’intérêt stratégique pour l’Italie et l’ensemble du continent.»

Ce commentaire a été rédigé par le sous-secrétaire à la Défense, Matteo Perego di Cremnago, en mission en Tunisie où, le 26 mars 2026, accompagné de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, il a eu une rencontre qualifiée de «cordiale et productive» avec le ministre de la Défense nationale.

La réunion, selon un communiqué, représente une importante opportunité d’approfondir le partenariat stratégique entre l’Italie et la Tunisie, une «coopération fondée sur une amitié historique, une confiance mutuelle et des objectifs communs, qui constitue un élément central de la dynamique économique, de défense et de sécurité de la Méditerranée, du Sahel et de l’Afrique du Nord, zones d’intérêt stratégique pour l’Italie et l’ensemble du continent», a souligné le responsable italien.

En marge de la rencontre ce dernier a participé à la vingt-septième réunion de la Commission militaire mixte italo-tunisienne.

Au cours des discussions, l’engagement de l’Italie, notamment dans le cadre du plan Mattei, en faveur d’un modèle de coopération fondé sur des relations d’égal à égal a été réaffirmé.

«La sécurité de l’Italie et de l’Europe est étroitement liée à la sécurité, au développement et à la stabilité de l’Afrique», a souligné M. Perego.

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Ukraine / Iran | Quand l’ordre mondial vacille…

«Novus Ordo Seclorum», la devise latine signifiant «Nouvel Ordre des Siècles», figurant au revers du Grand Sceau des États-Unis et sur le billet de 1 dollar, se fragilise. Le monde ne s’effondre pas. Mais il n’est plus certain de lui-même. Et ne sait plus où il va. Et cette incertitude, désormais la chose au monde la mieux partagée, par les riches comme par les pauvres, n’est pas sans conséquence sur les équilibres géopolitiques, l’économie mais aussi l’inconscient des peuples.

Manel Albouchi

Pendant des décennies, un équilibre s’est imposé. Il reposait sur trois piliers : le pétrole, le dollar et la puissance militaire. Structuré depuis la Bretton Woods et consolidé par des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI), cet ordre mondial a permis de stabiliser les échanges, d’organiser les alliances et de sécuriser les flux énergétiques.

Dans les années 70, l’arrimage du pétrole au dollar a renforcé cette architecture. Le système du pétrodollar a durablement lié le triptyque. Et ce modèle a tenu non seulement parce qu’il était efficace, mais parce qu’il était perçu comme fiable.

Le monde dans un entre-deux  

Aujourd’hui, nous ne sommes ni face à un effondrement, ni dans une stabilité retrouvée. Nous sommes dans ce que l’on peut appeler un espace liminal : un moment de transition où les structures anciennes persistent, tandis que les nouvelles ne sont pas encore stabilisées. Dans cet entre-deux, les repères deviennent flous :  les certitudes s’érodent, les équilibres se tendent.  

Les crises récentes en donnent une première lecture. La guerre entre la Russie et l’Ukraine a déjà profondément perturbé les marchés énergétiques. Avec la guerre en Iran, la hausse des prix du gaz et du pétrole ne va pas cesser ce qui se répercutera sur les prix du transport, des engrais, des céréales et autres produits agricoles, entraînant des pénuries alimentaires et une hausse de l’inflation dans de nombreuses régions du monde. Mais ces phénomènes ne sont pas seulement économiques. Ils signalent une transformation plus profonde : le système fonctionne encore, mais il ne produit plus le même sentiment de sécurité.  

Un système sous contrainte

Ces évolutions peuvent être éclairées à travers une grille simple : la pyramide de Maslow. Lorsque le besoin le plus fondamental («se nourrir») est affecté, ce n’est pas seulement l’économie qui vacille. C’est l’ensemble de la structure sociale qui est fragilisée. Les tensions remontent ensuite dans le système : insécurité économique, instabilité sociale, polarisation politique…

Autrement dit, ce qui commence à la base finit par affecter l’ensemble de l’ordre mondial.

Dans le même temps, les équilibres globaux évoluent. Des stratégies de dédollarisation émergent, notamment dans le cadre des Brics. Des accords commerciaux en monnaies locales se développent. Les chaînes d’approvisionnement se fragmentent sous l’effet des rivalités et des sanctions.

Le monde évolue vers une configuration plus multipolaire, où plusieurs centres de pouvoir coexistent sans qu’un cadre unique ne s’impose clairement. Ce mouvement ne marque pas la disparition de l’ordre actuel, mais sa transformation progressive.

L’Iran : point de tension révélateur

Dans ce contexte, certains espaces concentrent les enjeux. L’Iran en est un exemple central. Par sa position stratégique (notamment autour du détroit d’Ormuz) et par son rôle dans les équilibres énergétiques, il se trouve au cœur des tensions régionales et internationales. Mais au-delà de ces éléments, il joue aussi un rôle de révélateur. Ce qui s’y cristallise dépasse les intérêts nationaux : il s’agit d’une expression des tensions d’un système global en transition.  

Une dimension reste souvent sous-estimée dans l’analyse géopolitique : celle de l’inconscient collectif. Un ordre mondial ne repose pas uniquement sur des institutions ou des rapports de force. Il repose aussi sur des représentations partagées : la croyance dans la stabilité d’une monnaie, la confiance dans les alliances, l’idée que le système est durable. Lorsque ces représentations se fragilisent, même sans rupture immédiate, l’ensemble devient plus instable.

Le système international continue de fonctionner. Le dollar reste dominant. Les échanges se poursuivent. Mais quelque chose a changé. Ce n’est pas seulement l’équilibre des puissances. C’est la manière dont cet équilibre est perçu. Ce qui vacille aujourd’hui, ce n’est pas seulement un ordre mondial, c’est la croyance qu’il était immuable. Dans cet espace liminal, le monde ne disparaît pas. Il se redéfinit. Et dans ces moments de transition, une chose devient décisive : la capacité à lire non seulement les faits visibles, mais aussi les transformations invisibles qui traversent les sociétés et l’inconscient collectif.

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Tunisie | La guerre en Iran impactera les salaires et les recrutements

La guerre en Iran va impacter négativement à la fois les recrutements, les salaires et les pensions de retraite, aussi bien dans le secteur public que privé, notamment en Tunisie, estime Hafedh Laamouri, professeur de droit du travail, dans une intervention, ce vendredi 27 mars 2026, dans l’émission ‘‘Ahla Sbeh’’ sur Mosaique FM.

«La Tunisie n’a pas augmenté le prix des carburants contrairement à d’autres pays. Ces hausses sont supportées par le budget des subventions depuis 26 jours», a-t-il expliqué. «Or, chaque augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole entraîne un coût de 150 millions de dinars pour le budget, ce qui signifie que le coût de la hausse du cours du pétrole dépasse actuellement 500 millions de dinars en moins d’un mois», a-t-il ajouté, sachant que la Tunisie importe plus de 60% de ses besoins énergétiques.

Hafedh Laamouri fait part, ainsi, quoique de manière indirecte et à demi-mot, de son étonnement face au manque de réactivité du gouvernement face à la flambée des cours du pétrole dans le monde, lequel est vendu aujourd’hui 109 dollars le baril, alors que la loi de finances tunisienne pour l’année en cours tablait sur un cours moyen d’environ 65 dollars.

M. Laamouri a aussi révélé que le déficit du budget 2026 dépasse celui des années précédentes, car il s’agit d’un budget à forte dimension sociale, et toute mesure sociale engendre un coût pour l’État.

Malgré ces cumuls de coûts pour le budget de l’Etat ou en raison de ces cumuls qui vont être difficilement supportés par la trésorerie publique, le juriste a insisté sur la nécessité de fixer un taux d’augmentation annuel des salaires sur trois ans, tout en tenant compte de la situation économique nationale et internationale.

Enfin, il a estimé que l’augmentation des salaires pourrait entrer en vigueur à partir du 1er mai, à l’occasion de la fête du Travail, avec effet rétroactif à partir de janvier 2026, tout en rappelant que l’augmentation du salaire minimum garanti (Smig) aura un impact important sur les ressources des caisses sociales, qui sont elle aussi en crise depuis plusieurs années.

I. B.

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Les dessous de la crise du lait en Tunisie

La Tunisie fait face actuellement à une crise du lait, marquée par la stagnation des prix de production, le coût élevé de l’alimentation animale et la diminution du cheptel. Ce qui n’est pas sans conséquences économiques et sociales pour le pays, qui fait face à de graves problèmes de financement de ses importations.

Parmi les conséquences de cette situation : la pénurie de beurre qui refait surface. Dans de nombreuses régions du pays, supermarchés et commerces de détail affichent des rayons vides, tandis que le gouvernement tente d’endiguer la crise en distribuant des quantités exceptionnelles, qui restent insuffisantes.

La situation reste marquée par des tensions sur l’approvisionnement, que les acteurs du secteur associent directement à la crise plus générale de la filière laitière.

Pour une révision du prix à la production

Selon Ali Klabi, vice-président de la Chambre nationale du lait et des produits laitiers, relevant de l’Utica, la centrale patronale, la disparition du beurre des magasins est liée au déclin structurel de la production laitière et, surtout, à la baisse de la teneur en matières grasses du lait.

À l’origine du problème, explique M. Klabi, se trouve le déséquilibre entre les coûts de production et les prix du lait à la production, qui sont restés inchangés depuis novembre 2022.

La pression sur les marges a contraint de nombreux éleveurs à réduire leurs dépenses en alimentation animale, ce qui impacte directement la qualité du lait et, par conséquent, la disponibilité de la crème nécessaire à la production de beurre. M. Klabi réclame une révision du prix à la production, avec une augmentation progressive de 300 millimes.

Cette crise s’inscrit dans un contexte de détérioration plus générale du secteur.

Le ministre de l’Agriculture, Ezzedine Ben Cheikh, a indiqué fin novembre 2025 que la Tunisie avait perdu environ 20 % de son cheptel bovin, attribuant ce déclin à des sécheresses successives, à des pénuries d’eau et à la hausse des prix mondiaux des aliments pour animaux.

Sur le plan structurel, l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP) indique que le secteur de l’élevage bovin emploie environ 112 000 éleveurs, confirmant ainsi son importance socio-économique.

La souveraineté alimentaire remise en question

Des signes de contraction sont apparus également au niveau régional. Dans la région de Mahdia, l’un des principaux centres de production laitière, les ventes de beurre ont chuté de 3 à 4 tonnes par jour en 2020 et 2021 à environ 2 tonnes par jour cette année.

Parallèlement, la production laitière dans les régions du Sahel et du Centre-Est a diminué de 35 % ces quatre ou cinq dernières années, selon le Centre laitier de Mahdia.

À court terme, le ministère du Commerce a annoncé la mise sur le marché de quantités supplémentaires de beurre et de farine afin d’apaiser les tensions sur le marché apparues lors des fêtes de l’Aïd El-Fitr.

Toutefois, sans ajustements plus profonds des prix à la production et du coût de l’élevage, cette pénurie risque de rester le symptôme d’une crise plus générale de la souveraineté alimentaire, avec des répercussions possibles sur d’autres produits laitiers.

I. B.

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