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Loi de finances 2026 : l’indispensable plan B face au choc de la guerre

Alors que la guerre redistribue les cartes de l’économie mondiale, des économistes tirent la sonnette d’alarme : la loi de finances 2026, bâtie sur des hypothèses désormais obsolètes, ne résistera pas au choc pétrolier sans un ajustement courageux. Entre explosion de la facture énergétique, menace sur les récoltes et marges budgétaires quasi inexistantes, ils plaident pour une hausse des prix des carburants – économiquement nécessaire, soulignent-ils, et moralement justifiable.

Pour comprendre la nouvelle donne, L’Économiste maghrébin a sondé un panel d’économistes qui, dès le départ, ont été catégoriques sur un point : la loi de finances 2026 a été élaborée dans un contexte radicalement différent de celui que traverse aujourd’hui le pays. « Le conflit en cours a engendré un choc pétrolier et énergétique d’une ampleur que personne n’avait anticipée lors de l’élaboration du texte budgétaire », ont-ils tenu à expliquer. Mais au-delà de l’énergie, ils rappellent qu’environ un tiers du commerce maritime mondial d’engrais transite par le détroit d’Ormuz. Autrement dit, « les prochaines récoltes s’annoncent donc sous de mauvais auspices, avec des pénuries d’intrants agricoles qui feront inévitablement flamber les cours des céréales et des produits agricoles ». Face à cette équation inédite, ils estiment qu’un ajustement budgétaire ne relève plus de l’option mais de l’urgence.

Sur le plan chiffré, les économistes interrogés livrent un diagnostic on ne peut plus sévère. Le baril de pétrole tourne désormais autour de 108-110 dollars, alors que la loi de finances tablait sur une hypothèse de 63 dollars. Or, chaque dollar supplémentaire sur le baril de pétrole représenterait environ 160 millions de dinars de surcharge pour les finances publiques. L’impact global sur la facture énergétique est estimé à au moins 2 milliards de dollars – dans le meilleur des cas -, ce qui équivaut aux recettes touristiques annuelles du pays. Et encore, à condition que le secteur du tourisme lui-même ne soit pas plombé par la crise, ce qui est loin d’être garanti, l’Europe constituant notre principal marché émetteur, s’inquiètent-ils.

 

« L’impact global sur la facture énergétique est estimé à au moins 2 milliards de dollars – dans le meilleur des cas -, ce qui équivaut aux recettes touristiques annuelles du pays ».

 

Près de 9 milliards de dinars de subvention

Les marges de manœuvre pour absorber ce choc sont, selon eux, extrêmement limitées. Les subventions aux carburants représentent à elles seules le 1/5e du total des subventions de l’État, soit de l’ordre de 8 à 9 milliards de dinars. Toute surcharge supplémentaire sans ajustement se traduirait mécaniquement par une compression des importations : moins de produits alimentaires de première nécessité, moins de matières premières, moins d’équipements. C’est in fine l’investissement et l’ensemble de l’activité productive qui en subiraient les conséquences.

Dans ce contexte, nos interlocuteurs plaident ouvertement pour une hausse des prix des carburants à la pompe. Ils reconnaissent cependant la sensibilité politique de la mesure, d’autant que les ménages sortent d’un mois de Ramadan qui a déjà fortement sollicité leur budget. Mais ils soutiennent qu’il n’existe aucune justification sérieuse pour s’y soustraire davantage.

D’ailleurs, ils soulignent qu’une fenêtre d’opportunité existait depuis longtemps pour procéder à cet ajustement – et qu’elle n’a pas été saisie. Partout dans le monde, y compris dans les pays producteurs, des mesures ont été prises : aux États-Unis, le prix du gallon a bondi de près de 30 % ; en Europe, aucun pays n’a été épargné et tous ont réagi. Ne rien faire, avertissent-ils, c’est s’exposer à une croissance nulle, voire à une récession l’année prochaine – le scénario qu’ils redoutent par-dessus tout.

« Partout dans le monde, des mesures ont été prises : aux États-Unis, le prix du gallon a bondi de près de 30 %. Idem en Europe… Ne rien faire, c’est s’exposer à une croissance nulle, voire à une récession l’année prochaine ».

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Tunisie | La guerre en Iran impactera les salaires et les recrutements

La guerre en Iran va impacter négativement à la fois les recrutements, les salaires et les pensions de retraite, aussi bien dans le secteur public que privé, notamment en Tunisie, estime Hafedh Laamouri, professeur de droit du travail, dans une intervention, ce vendredi 27 mars 2026, dans l’émission ‘‘Ahla Sbeh’’ sur Mosaique FM.

«La Tunisie n’a pas augmenté le prix des carburants contrairement à d’autres pays. Ces hausses sont supportées par le budget des subventions depuis 26 jours», a-t-il expliqué. «Or, chaque augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole entraîne un coût de 150 millions de dinars pour le budget, ce qui signifie que le coût de la hausse du cours du pétrole dépasse actuellement 500 millions de dinars en moins d’un mois», a-t-il ajouté, sachant que la Tunisie importe plus de 60% de ses besoins énergétiques.

Hafedh Laamouri fait part, ainsi, quoique de manière indirecte et à demi-mot, de son étonnement face au manque de réactivité du gouvernement face à la flambée des cours du pétrole dans le monde, lequel est vendu aujourd’hui 109 dollars le baril, alors que la loi de finances tunisienne pour l’année en cours tablait sur un cours moyen d’environ 65 dollars.

M. Laamouri a aussi révélé que le déficit du budget 2026 dépasse celui des années précédentes, car il s’agit d’un budget à forte dimension sociale, et toute mesure sociale engendre un coût pour l’État.

Malgré ces cumuls de coûts pour le budget de l’Etat ou en raison de ces cumuls qui vont être difficilement supportés par la trésorerie publique, le juriste a insisté sur la nécessité de fixer un taux d’augmentation annuel des salaires sur trois ans, tout en tenant compte de la situation économique nationale et internationale.

Enfin, il a estimé que l’augmentation des salaires pourrait entrer en vigueur à partir du 1er mai, à l’occasion de la fête du Travail, avec effet rétroactif à partir de janvier 2026, tout en rappelant que l’augmentation du salaire minimum garanti (Smig) aura un impact important sur les ressources des caisses sociales, qui sont elle aussi en crise depuis plusieurs années.

I. B.

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Trump repousse son ultimatum sur l’Iran

Donald Trump a prolongé, jeudi 26 mars, de dix jours le délai des négociations avec l’Iran et suspendu sa menace de frapper les installations énergétiques iraniennes.

L’administration Trump, par l’intermédiaire d’un groupe de médiateurs (Pakistan, Égypte et Turquie), a demandé à Téhéran de tenir une réunion de haut niveau cette semaine pour discuter d’une proposition américaine visant à mettre fin à la guerre.

Dans un contexte de forte escalade militaire au Moyen-Orient, Donald Trump a toutefois affirmé que l’Iran serait désormais disposé à négocier un accord pour mettre fin au conflit. Une déclaration qui tranche avec la poursuite des affrontements sur le terrain… Mais du côté iranien, le discours est tout autre. Les autorités démentent toute volonté de négocier dans les conditions actuelles et continuent d’afficher une posture de fermeté. Des attaques et ripostes se poursuivent, illustrant l’écart entre les déclarations politiques et la réalité du terrain.

Dans ce climat de tension, les déclarations de Donald Trump apparaissent aussi comme un message adressé à l’opinion publique et aux marchés, cherchant à accréditer l’idée d’une désescalade possible; malgré une situation militaire toujours explosive.

La guerre a fortement perturbé le transport maritime. Elle a entraîné une hausse d’environ 40 % du prix du pétrole brut et une augmentation de près des deux tiers des livraisons de gaz naturel liquéfié à l’Asie. Pour sa part, le prix des engraiss azotés, essentiels à la production alimentaire, a quant à lui progressé d’environ 50 %.

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Ukraine : des armes pourraient être redirigées vers le Moyen-Orient

Le Pentagone envisage de redéployer une partie de l’aide militaire destinée à l’Ukraine vers le Moyen-Orient, selon des informations du Washington Post et reprises par Reuters.

Cette option est actuellement à l’étude dans un contexte de forte intensification des opérations américaines contre l’Iran, qui mettent sous pression les stocks de munitions stratégiques de l’armée américaine.

Parmi les équipements concernés figurent notamment des missiles intercepteurs de défense aérienne financés via un programme de l’OTAN, initialement destinés à renforcer les capacités de Kiev face à la Russie.

Cette réorientation potentielle intervient alors que les forces américaines multiplient les frappes dans la région. Le commandement central américain (CENTCOM) affirme avoir déjà visé des milliers de cibles en Iran afin de réduire ses capacités militaires et son influence régionale.

Face à ces tensions, le Pentagone assure vouloir garantir que les forces américaines et leurs alliés disposent des ressources nécessaires pour mener leurs opérations, sans toutefois préciser si cette réallocation se fera au détriment direct de l’Ukraine…

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La Banque de France revoit à la baisse ses prévisions de croissance

La guerre au Moyen-Orient commence à peser concrètement sur les perspectives économiques françaises. Face à la flambée des prix de l’énergie, la Banque de France a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027. Elle prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,9 % en 2026 et une inflation à 1,7 %. 

« L’activité s’est avérée plus résiliente qu’attendu fin 2025, et devrait également l’être au premier trimestre 2026 sur la base des dernières enquêtes conjoncturelles disponibles », estime la Banque de France. « Mais la hausse des prix de l’énergie et la détérioration du contexte géopolitique pèseraient ensuite sur l’économie française ».

L’institution estime que le conflit, en perturbant les marchés énergétiques mondiaux, accentue les risques inflationnistes et freine l’activité. La hausse des prix du pétrole et du gaz, déjà perceptible, pourrait réduire le pouvoir d’achat des ménages et alourdir les coûts pour les entreprises.

Dans ce scénario, l’inflation devrait s’établir selon elle à 1,7 % cette année (après 0,9 % en 2025), puis à 1,4 % l’an prochain « dans un contexte de détente des prix de l’énergie ». La croissance repartirait ensuite à la hausse en 2028, à 1,2 % (+0,1 point par rapport aux dernières prévisions), « tirée par un rebond des exportations et de la demande intérieure privée », avec une inflation à 1,6 %.

La Banque de France envisage aussi deux scénarios plus défavorables, avec des hausses plus fortes et plus durables du prix des hydrocarbures, et donc une inflation nettement révisée à la hausse.

Si l’impact immédiat reste encore contenu, les économistes redoutent surtout des effets différés. Une prolongation du conflit pourrait ralentir davantage l’économie française, en pesant sur la consommation, l’investissement et les échanges internationaux.

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Monnaie – Chronique d’une indépendance sous tension

Il est des moments où les certitudes économiques se fissurent sous la pression de l’histoire. La monnaie, que l’on croyait neutre, technique, presque froide, redevient soudain un instrument profondément politique. La récente inflexion des projections de la Banque centrale européenne n’est pas un simple ajustement statistique : elle révèle une transformation plus profonde, presque philosophique, du rôle des banques centrales dans un monde désormais dominé par les chocs géopolitiques. La guerre au Moyen-Orient, en ravivant le spectre d’une inflation énergétique, agit comme un révélateur brutal : l’indépendance monétaire, longtemps érigée en dogme, se heurte aujourd’hui à la réalité d’un monde instable où l’économie ne peut plus être pensée hors du politique.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais ils ne disent pas tout. Une inflation attendue à 2,6 % en 2026, une croissance ramenée à 0,9 % : derrière ces données se dessine une tension fondamentale, presque tragique, entre deux impératifs contradictoires. Stabiliser les prix ou soutenir l’activité ? Agir ou attendre ? La BCE se retrouve enfermée dans ce dilemme classique, mais exacerbé par la nature même du choc.

Car cette inflation n’est pas le produit d’un excès de demande. Elle est importée, énergétique, géopolitique. Elle échappe, en grande partie, aux leviers traditionnels de la politique monétaire. En ce sens, elle met en échec l’héritage intellectuel de Milton Friedman, pour qui l’inflation relevait avant tout d’un phénomène monétaire. Le réel, une fois encore, déborde la théorie.

Dans cette configuration, relever les taux revient à agir sur les symptômes plutôt que sur les causes. C’est contenir la demande intérieure sans pouvoir infléchir le prix du pétrole ou du gaz. C’est, en somme, accepter une forme de sacrifice économique au nom de la crédibilité monétaire.

Mais peut-on encore parler de crédibilité lorsque les instruments apparaissent impuissants face à l’origine du choc ? La question, longtemps théorique, devient aujourd’hui concrète.

Banques centrales : entre indépendance proclamée et dépendance réelle

Depuis plusieurs décennies, l’indépendance des banques centrales s’est érigée en principe presque intangible. Elle était censée assurer la discipline monétaire, prémunir contre les dérives inflationnistes des gouvernements et stabiliser les anticipations. Les travaux de Robert Barro, bien connus de nos étudiants, ont conféré à cette doctrine une base théorique robuste : pour être crédible, la politique monétaire devait être affranchie des aléas et des cycles politiques.

Mais l’histoire récente a profondément ébranlé cette architecture. La crise financière de 2008, puis la pandémie, ont transformé les banques centrales en acteurs centraux de la stabilisation économique. Elles ont injecté des liquidités massives, soutenu les marchés, parfois même financé indirectement les États. Loin d’être des institutions neutres, elles sont devenues des piliers du système.

Aujourd’hui, avec le retour des chocs géopolitiques, une nouvelle étape est franchie. La BCE ne réagit plus seulement à des déséquilibres économiques internes ; elle doit intégrer des variables exogènes, imprévisibles, souvent violentes. Elle devient, malgré elle, un acteur du monde.

Les anticipations des grandes institutions financières – J.P. Morgan, Barclays, Morgan Stanley – traduisent cette mutation. Elles ne se contentent plus d’analyser des fondamentaux économiques; elles tentent d’anticiper des décisions prises dans un environnement saturé d’incertitudes politiques. Le calendrier des hausses de taux, désormais envisagé dès avril avec des prolongements en juin, juillet ou septembre, devient lui-même tributaire d’événements qui échappent à la sphère économique.

Dans ce contexte, l’indépendance apparaît comme une fiction utile mais incomplète. Elle existe dans les statuts, mais elle se heurte aux contraintes du réel.

Le langage des banquiers centraux : une rhétorique de l’incertitude

Les mots ont changé. Ils sont devenus plus prudents, mais aussi plus chargés. Lorsque François Villeroy de Galhau (3*) évoque un conflit « plus long, plus intense », il ne se contente pas de décrire une situation géopolitique : il prépare les esprits à une inflexion monétaire. Le discours des banquiers centraux, autrefois technique, s’est mué en un exercice d’équilibriste, où chaque phrase doit à la fois rassurer et alerter.

Cette évolution n’est pas anodine. Elle traduit une transformation profonde du rôle des banques centrales dans la formation des anticipations. Comme l’a montré Paul Krugman (4*), la politique monétaire est aussi une politique des attentes. Or, dans un monde incertain, ces attentes deviennent elles-mêmes instables.

La BCE doit ainsi naviguer entre deux écueils : agir trop tôt et risquer de casser la croissance, ou agir trop tard et perdre le contrôle de l’inflation. Ce dilemme, déjà présent en 2022, revient aujourd’hui avec une intensité accrue. Mais cette fois, l’institution semble déterminée à ne pas répéter les hésitations du passé.

L’onde de choc européenne et ses résonances tunisiennes

Pour la Tunisie, cette séquence européenne n’est pas un simple épisode lointain. Elle constitue une onde de choc aux multiples canaux de transmission, économiques, financiers et sociaux.

Le premier de ces canaux est monétaire. Un resserrement des taux en zone euro tend à renforcer l’attractivité de la devise européenne, ce qui exerce une pression sur le dinar. Dans un pays où les équilibres extérieurs sont fragiles, cette dynamique peut rapidement se traduire par une dépréciation, alimentant à son tour l’inflation importée.

Le second canal est financier. La hausse des taux européens renchérit le coût du capital à l’échelle mondiale. Pour une économie comme la Tunisie, déjà confrontée à des contraintes de financement, cela signifie un accès plus difficile et plus coûteux aux marchés internationaux. La dette devient plus lourde, les marges de manœuvre budgétaires plus étroites.

Mais c’est peut-être par le canal réel que l’impact sera le plus durable. Une croissance européenne affaiblie réduit la demande adressée aux exportations tunisiennes. Elle pèse sur le tourisme, sur les investissements, sur l’ensemble des flux qui relient la Tunisie à son principal partenaire économique.

À cela s’ajoute la question énergétique. La hausse des prix du pétrole et du gaz, amplifiée par les tensions géopolitiques, frappe directement une économie dépendante des importations. Elle alimente l’inflation, creuse le déficit extérieur et fragilise le pouvoir d’achat.

Ainsi, la Tunisie se retrouve à la croisée des vulnérabilités : monétaire, financière, commerciale et énergétique.

Repenser l’indépendance à l’échelle nationale : le cas tunisien

Dans ce contexte, le débat sur l’indépendance des banques centrales prend une dimension particulière. La Banque centrale de Tunisie, comme ses homologues, est confrontée à une équation complexe : contenir l’inflation sans étouffer une économie déjà fragile.

Mais la question dépasse le cadre strict de la politique monétaire. Elle renvoie à la cohérence globale du « policy mix ». Comme le souligne Olivier Blanchard (5*), la coordination entre politique monétaire et politique budgétaire est devenue essentielle dans un monde marqué par des chocs multiples.

Pour la Tunisie, cela implique de sortir d’une approche fragmentée des politiques économiques. La lutte contre l’inflation ne peut reposer uniquement sur les taux d’intérêt. Elle nécessite une stratégie plus large, intégrant la politique énergétique, la politique industrielle et la gestion des équilibres extérieurs.

L’indépendance de la banque centrale, dans ce cadre, ne doit pas être remise en cause, mais repensée. Non pas comme une séparation stricte, mais comme une articulation intelligente entre différentes sphères de décision.

Vers une économie de l’incertitude permanente

Au fond, ce que révèle la séquence actuelle, c’est l’entrée dans une nouvelle ère. Une ère où les chocs ne sont plus exceptionnels mais permanents, où l’incertitude devient la norme, où les frontières entre « économie » et « géopolitique » s’effacent.

Dans ce monde, les banques centrales ne peuvent plus se contenter d’être des gardiennes de la stabilité des prix. Elles doivent devenir des institutions capables d’absorber les chocs, d’orienter les anticipations, de participer à la résilience globale des économies.

Mais cette transformation a un prix : celui de la fin de l’illusion de neutralité. La politique monétaire est, et restera, profondément politique.

Pour la Tunisie, l’enjeu est clair. Il ne s’agit pas seulement de s’adapter aux décisions de la BCE, mais de construire une capacité interne de résistance et d’anticipation. Cela suppose des réformes structurelles, mais aussi une réflexion renouvelée sur le rôle de l’État, des institutions et des politiques économiques.

Car dans un monde incertain, la véritable indépendance n’est peut-être pas celle des banques centrales, mais celle des économies elles-mêmes.

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(2*) Robert Joseph Barro est un macroéconomiste américain, né le 28 septembre 1944 à New York et professeur d’économie à l’université Harvard. Barro est connu pour ses contributions en macroéconomie, notamment ses travaux sur la croissance économique et les effets des politiques fiscales. Il est considéré comme un économiste de tendance libérale classique voire libertarien, influençant les débats économiques contemporains.

(3*) François Villeroy de Galhau est né le 24 février 1959 à Strasbourg. Il est un ancien élève de l’ENA et inspecteur des finances, ayant rejoint la direction du Trésor en 1988.

(4*) Paul Krugman né le 28 février 1953, est un économiste américain renommé et professeur à l’Université de Princeton, connu pour ses contributions à la théorie du commerce international. Krugman écrit sur des sujets économiques variés tels que la distribution des revenus, la fiscalité, la macroéconomie et il est éditorialiste au New York Times. En plus de ses travaux académiques, Paul Krugman a reçu le Prix Nobel d’économie pour ses avancées dans la compréhension des échanges internationaux.

(5*) Olivier Blanchard est un économiste français né le 27 décembre 1948. Il est principalement connu pour ses contributions à la macroéconomie, et pour avoir été l’économiste en chef du Fonds monétaire international entre 2008 et 2015.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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La flambée du diesel met en danger la rentabilité minière

La guerre au Moyen-Orient fait peser une nouvelle menace sur l’industrie minière mondiale, en particulier sur les producteurs de minerai de fer, confrontés à une hausse brutale de leurs coûts d’exploitation.

En première ligne : le diesel, carburant essentiel pour les engins miniers et le transport. La flambée des prix de l’énergie, provoquée par les perturbations dans le détroit d’Ormuz, renchérit considérablement les opérations. Selon des estimations relayées ce lundi par Reuters, une hausse de seulement 0,10 dollar du diesel pourrait se traduire par des centaines de millions de dollars de coûts supplémentaires pour les grands groupes miniers.

Cette pression intervient dans un contexte déjà tendu. Le conflit perturbe les flux énergétiques mondiaux, entraînant une hausse généralisée des prix du pétrole et du gaz, mais aussi des coûts logistiques et d’assurance maritime.

Les compagnies minières, fortement dépendantes de l’énergie fossile, voient ainsi leurs marges se réduire. Le secteur du minerai de fer est particulièrement exposé, car l’extraction, le transport et le traitement du minerai reposent massivement sur des carburants comme le diesel.

Au-delà de l’énergie, la guerre affecte également les chaînes d’approvisionnement. Les perturbations du trafic maritime et la hausse des coûts de fret compliquent l’acheminement des matières premières. Tandis que certaines routes commerciales deviennent plus risquées ou plus coûteuses.

Face à cette situation, plusieurs groupes tentent d’anticiper. Certains accélèrent leurs stratégies de transition énergétique, notamment en électrifiant leurs équipements ou en réduisant leur dépendance au diesel. Mais ces transformations nécessitent des investissements lourds et du temps.

Si le conflit devait s’intensifier ou se prolonger, les analystes redoutent un impact durable sur l’ensemble de la chaîne industrielle, de l’extraction minière à la production d’acier. Déjà fragilisé par des coûts élevés et une demande incertaine, le secteur pourrait subir un nouveau choc, avec des répercussions sur les prix mondiaux des matières premières.

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Message symbolique ou vrai avertissement ?

En ciblant la base de Diego Garcia, à près de 4 000 kilomètres de son territoire, ou encore le réacteur nucléaire de Dimona en Israël, Téhéran démontre ses capacités à changer la donne géostratégique. Décryptage.

 

C’est un message clair, net et précis. En cherchant à atteindre la base américano-britannique de Diego Garcia, en plein milieu de l’océan Indien, et en frappant deux villes du sud d’Israël situées à proximité d’un centre stratégique de recherche nucléaire dans le désert du Néguev, Téhéran adresse un avertissement solennel à Tel-Aviv, à Washington et aux états-majors et chancelleries occidentales : en dépit de la supériorité écrasante de la coalition israélo-américaine, l’ancien Empire perse est loin de plier le genoux. Il est même en mesure de riposter et de faire mal à ses agresseurs. Très mal, et pas qu’en paroles.

En effet, et à la surprise générale, l’Iran a tenté, vendredi 20 mars 2026, de frapper « sans succès » la base américano-britannique de Diego Garcia.

Située sur un atoll isolé de l’archipel des Chagos, au cœur de l’océan Indien, à mi-chemin entre l’Afrique et l’Indonésie, cette base est l’une des deux bases britanniques que les États-Unis ont eu l’autorisation d’utiliser pour des « opérations défensives spécifiques contre l’Iran », avec celle de Fairford dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Le Wall Street Journal avait rapporté, citant plusieurs responsables américains, que l’Iran avait tiré deux missiles balistiques vers Diego Garcia, mais qu’aucun des deux n’a touché sa cible, l’un ayant connu une défaillance en vol, et l’autre ayant été intercepté par un missile tiré par un navire de guerre américain…

Prouesse technique

Sauf que la distance parcourue par les missiles iraniens, soit 3 800 km, interpelle. L’Iran dispose de missiles balistiques capables de frapper bien au-delà de son environnement régional en visant même Rome, Berlin voire Paris. Ce n’est pas une découverte pour les experts, mais une démonstration concrète.

En d’autres termes, ces tirs laissent supposer que les missiles iraniens ont une portée supérieure à celle que le régime iranien avait bien voulu admettre jusqu’à présent. Sachant que le ministre des Affaires étrangères du pays, Abbas Araghtchi, a déclaré en février dernier que l’Iran avait « délibérément » limité la portée de ses missiles à environ 2 000 kilomètres. Pourquoi cacher une telle prouesse technique ? Mystère.

Rappelons à ce propos qu’Iran Watch, un organisme du Wisconsin Project on Nuclear Arms Control, affirme pour sa part que l’Iran possède des missiles opérationnels d’une portée de 4 000 kilomètres. D’un autre côté, le centre de recherche et d’éducation israélien Alma estime que la portée maximale des missiles iraniens était d’environ 3 000 kilomètres. Toutefois, il a précisé avoir connaissance de rapports faisant état du développement d’armes à plus longue portée.

Réaction immédiate du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui s’est empressé de déclarer, non sans fébrilité, que Téhéran « essaie certainement de se doter de missiles balistiques intercontinentaux », ajoutant que le pays des mollahs est « sur la voie qui lui permettrait un jour de développer des armes capables d’atteindre le territoire continental américain ». Bref, la vieille rengaine assidue repetere depuis la guerre de l’Irak.

Défaillances

Et les agresseurs de la République islamique ne sont pas au bout de leurs peines. Un jour plus tard, deux missiles iraniens se sont abattus dans la nuit du 21 au 22 mars sur les villes d’Arad et Dimona – qui abrite l’arsenal d’armes nucléaires non déclaré d’Israël ; déjouant ainsi le « Dôme de fer » israélien, pourtant considéré comme l’un des systèmes de défense les plus performants du monde.

« Plus de 100 personnes ont été blessées samedi 21 mars par des frappes iraniennes dans les villes de Dimona et Arad, dans le sud d’Israël, après que les défenses aériennes israéliennes ont échoué à intercepter au moins deux missiles balistiques », se lamente The Times of Israel. Ajoutant que « les médias d’État iraniens ont affirmé que ces frappes visaient le centre de recherche nucléaire israélien, situé à environ 10 kilomètres de Dimona et 30 kilomètres d’Arad, en représailles à une attaque américaine présumée contre le site d’enrichissement d’uranium iranien de Natanz, survenue plus tôt dans la journée », précise la même source.

In fine, pourquoi le système israélien a-t-il failli à sa mission alors que son taux de réussite se situe généralement entre 80 et 90 % ? « Ce Dôme de fer est efficace, mais pas infaillible. C’est au moment de l’interception que l’intercepteur n’a pas bien fonctionné. Il reste soit l’erreur humaine, soit le dysfonctionnement de l’intercepteur », explique un expert militaire.

Toujours est-il que « les frappes iraniennes, qui ont réussi à déjouer les redoutables défenses aériennes de l’État hébreu, démontrent que Téhéran est toujours en mesure d’infliger des dégâts; même après trois semaines de frappes aériennes dévastatrices menées par les États-Unis et Israël », résume The New York Times.

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Les marchés pétroliers suspendus à l’ultimatum américain

Les prix du pétrole évoluent dans un climat d’accalmie relative, alors que les marchés restent suspendus aux développements autour du détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce énergétique mondial.

Après une période de forte volatilité liée à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, les cours semblent marquer une pause. Le prix du brut Brent atteint 113,30 dollars le baril lundi 23 mars; après avoir clôturé vendredi à son plus haut niveau depuis juillet 2022.

Le prix du pétrole brut américain West Texas Intermediate (WTI) a continué de progresser de plus de 2 % et a dépassé les 100 dollars le baril, avant de se stabiliser à 99,90 dollars le baril, après des gains de 2,27 % lors de la séance précédente, selon Reuters.

Cette stabilisation demeure toutefois fragile, les investisseurs adoptant une posture attentiste face aux menaces américaines visant à garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz.

L’ultimatum lancé par le président américain, exigeant l’ouverture totale du détroit d’Ormuz, continue d’alimenter les incertitudes. Une escalade militaire ou un blocage prolongé de cette voie stratégique — par laquelle transite une part essentielle du pétrole mondial — pourrait provoquer un nouveau choc sur les marchés.

Dans ce contexte, les opérateurs surveillent de près l’évolution de la situation géopolitique, conscients que tout incident majeur pourrait relancer la flambée des prix. Les risques restent élevés, notamment en raison des tensions persistantes entre les États-Unis, l’Iran et leurs alliés respectifs dans la région.

Malgré ce relatif apaisement, les fondamentaux du marché demeurent sous pression. Les perturbations potentielles de l’offre, combinées à une demande encore soutenue, entretiennent un climat d’incertitude durable.

Ainsi, le marché pétrolier oscille entre prudence et nervosité, dans l’attente d’un signal clair sur l’évolution du conflit et sur la sécurité des flux énergétiques dans le Golfe.

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Ormuz sous verrou : l’Afrique au bord d’un choc alimentaire majeur

La guerre en Iran fait vaciller bien plus que les équilibres géopolitiques. Elle menace désormais directement l’assiette de millions d’Africains. Comme le souligne Afrique Emergent, la fermeture du détroit d’Ormuz – passage stratégique de seulement 34 kilomètres – a brutalement interrompu un tiers du commerce mondial d’engrais. En pleine saison des semis en Afrique de l’Est, ce blocage agit comme une bombe à retardement.

Au Kenya, en Tanzanie ou en Somalie, les agriculteurs attendent des cargaisons qui n’arriveront pas. Derrière l’effondrement du trafic maritime – passé de 129 à seulement 4 navires par jour début mars – se dessine une rupture critique des chaînes d’approvisionnement, alerte Afrique Emergent. Plus d’un million de tonnes d’engrais sont immobilisées dans le Golfe, tandis que les prix s’envolent déjà, aggravant la pression sur des économies déjà très fragiles.

Les conséquences pourraient être dévastatrices. Sans engrais azotés, les rendements du maïs pourraient par exemple chuter de plus de 40 %, faisant planer le spectre d’une crise alimentaire dès 2026-2027. Contrairement aux crises précédentes, aucune alternative logistique viable n’existe : Ormuz est un verrou total.

Même l’Afrique du Nord vacille. Dépendante d’intrants venus du Golfe, sa production est fragilisée. Seule l’Algérie, grâce à sa production locale, dispose d’une marge de manœuvre — insuffisante toutefois pour compenser à l’échelle du continent.

Le calendrier agricole, lui, n’attend pas. Chaque semaine perdue aujourd’hui se traduira demain par des champs moins productifs, des marchés sous tension et des populations plus vulnérables. Une crise silencieuse, mais imminente.

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Khalil Laabidi : « l’instabilité au Moyen-Orient redistribue la carte mondiale des investissements »

Dans un contexte géopolitique marqué par l’instabilité croissante au Moyen-Orient, la Tunisie dispose d’atouts comparatifs susceptibles d’attirer les entreprises qui quittent Dubaï et les pays du Golfe, mais elle doit lever de toute urgence les obstacles structurels qui freinent son attractivité. C’est ce qu’a estimé Khalil Laabidi, conseiller en investissement et fiscal et ancien directeur général de la FIPA, dans une déclaration accordée à L’Économiste maghrébin.

Selon notre interlocuteur, les crises géopolitiques majeures, si elles constituent des tragédies humaines, redistribuent également la carte mondiale des investissements. Il observe ainsi un mouvement de départ d’entreprises établies à Dubaï et dans les pays du Golfe, des pays historiquement perçus comme stables mais désormais considérés comme des zones à risque de contagion. Ces entreprises, précise-t-il, activent leurs plans de contingence et cherchent des destinations alternatives, parmi lesquelles Singapour occupe une place de choix en tant que cinquième écosystème mondial de startups. Khalil Laabidi rappelle à cet égard que la Tunisie s’était trouvée dans une situation comparable lors du déclenchement du conflit russo-ukrainien, et que le phénomène actuel est d’une ampleur et d’une dangerosité supérieure.

Face à cette recomposition, l’ancien directeur général de la FIPA identifie trois piliers sur lesquels la Tunisie doit s’appuyer pour capter ces flux d’investissement. Le premier est la proximité géographique. Le pays se situe à deux heures à deux heures trente de vol en moyenne des capitales européennes, ce qu’il qualifie d’avantage comparatif considérable par rapport à des destinations asiatiques. Toutefois, explique-t-il, cet atout naturel risque d’être neutralisé par les faiblesses logistiques du pays. Il cite à ce titre le Chandler Good Government Index 2025 (CGGI), qui classe la Tunisie au 106e rang sur 120 pays en matière de logistique, soulignant que ce classement constitue un signal d’alarme tout autant qu’une marge de progression importante, à condition de consentir des investissements significatifs dans les ports, les routes, les autoroutes et les services diplomatiques économiques.

 

Il s’appuie sur le Global Startup Ecosystem Index 2025, qui place la Tunisie au 82e rang mondial et au 7e rang africain, avec une croissance de l’écosystème startup de 15,3 % par an, et au 4e rang continental en matière d’entrepreneuriat numérique.

 

Le deuxième pilier mis en avant par notre interlocuteur est le capital humain et le dynamisme de l’écosystème des startups. Il s’appuie sur le Global Startup Ecosystem Index 2025, qui place la Tunisie au 82e rang mondial et au 7e rang africain, avec une croissance de l’écosystème startup de 15,3 % par an, et au 4e rang continental en matière d’entrepreneuriat numérique. Ces performances constituent, selon lui, un argument de poids que le pays ne valorise pas suffisamment, faute d’une diplomatie économique active et de budgets de communication adéquats.

Le troisième pilier évoqué est le cadre juridique. Khalil Laabidi reconnaît que la Tunisie dispose d’un arsenal législatif destiné à attirer les investisseurs étrangers, mais il pointe une distorsion profonde entre les textes et leur application sur le terrain. Il cite le rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale, selon lequel le problème tunisien n’est pas l’absence de lois mais la lenteur de leur exécution. Le conseiller fiscal mentionne notamment des textes d’application du code de l’investissement toujours en attente, ainsi que la non-création d’une instance unique d’investissement pourtant attendue.

 

« La guerre au Moyen-Orient est une tragédie certes, mais elle crée un appel d’air. La Tunisie a les ailes pour voler, mais faut-il urgemment dégager les obstacles sur la piste de décollage. »

 

L’ancien directeur général de la FIPA s’étend également sur d’autres facteurs de fragilité. Il note la dégradation de l’indice de liberté des affaires, passé de 85 dans les années 1990 à 57 % aujourd’hui, ainsi que les lourdeurs bureaucratiques et la lenteur de la digitalisation des services publics. Notre invité contraste cette situation avec celle de Singapour, qui traite un dossier d’investissement en vingt-quatre heures. Sur le plan continental, il rappelle que la concurrence est vive : le Rwanda occupe la première place africaine dans le classement Business Ready avec un score de 67,94, suivi du Maroc.

Pour saisir cette opportunité, selon notre interlocuteur, des actions immédiates s’imposent : le lancement de missions économiques ciblées vers les pays du Golfe, la mise en place d’un traitement prioritaire et effectif des dossiers d’investissement en provenance de ces zones, ainsi que des efforts de communication sur la stabilité macroéconomique et la qualité des fondamentaux institutionnels du pays. Khalil Laabidi conclut en résumant la situation par une formule : « la guerre au Moyen-Orient est une tragédie certes, mais elle crée un appel d’air. La Tunisie a les ailes pour voler, mais faut-il urgemment dégager les obstacles sur la piste de décollage. »

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Donald Trump contesté jusque dans son propre camp

Joe Kent, un ancien agent de la CIA à la tête de l’agence américaine responsable de lutter contre le terrorisme, vient de démissionner avec fracas. Et ce, en affirmant qu’il « ne pouvait en toute conscience » soutenir la guerre menée par l’administration Trump.

Il a osé dire dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Pourtant rien ne prédestinait Joe Kent, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, à prendre la tête de la partie isolationniste du camp MAGA de Trump. Lequel est traditionnellement hostile à toute intervention militaire à l’étranger et notamment à la guerre en Iran.

Un signe qui ne trompe : en dépit d’un front uni au début de l’opération Epic Fury, nom de code de l’opération militaire conjointe menée par les Etats-Unis et l’Etat hébreu, la patience de la base électorale du président américain semble atteindre progressivement ses limites. Y compris pour ceux, au sein de l’administration, qui pressent le président d’y mettre fin rapidement.

Démission fracassante

Et c’est un fidèle parmi les fidèles de Donald Trump qui vient de contredire publiquement son patron. Ce dernier affirmant fin février, la main sur le cœur, que les frappes des Etats-Unis et d’Israël étaient « nécessaires » pour éliminer les « menaces imminentes » de Téhéran.

En effet, Joe Kent, un ancien officier des forces spéciales américaines et de la CIA annonça avec fracas, mardi 17 mars sur le réseau social X, sa démission « avec effet immédiat » de ce poste stratégique qui est au cœur de l’appareil de sécurité des États-Unis où les informations issues de la CIA, du FBI, du Pentagone et d’autres services de renseignement sont centralisées, coordonnées et analysées. Il s’agit du premier haut-responsable de l’administration républicaine à démissionner en raison de la guerre lancée par Trump contre l’Iran aux côtés d’Israël, le 28 février. Et ce n’est qu’un début.

La main d’Israël

En effet, dans sa lettre adressée à Donald Trump, le haut responsable du renseignement américain invoque notamment des réserves quant à la guerre menée par l’administration Trump contre l’Iran, sous la pression d’Israël. Il lui rappelle également sa promesse de campagne de ne plus entrer dans des guerres interminables au Moyen-Orient qui « ont volé les vies précieuses de nos patriotes ». Il sait de quoi il parle puisque sa propre épouse a été tuée dans un attentat-suicide en Syrie, en 2019.

« En tant que veuf de guerre ayant perdu ma chère épouse Shannon dans un conflit fabriqué par Israël, je ne puis soutenir l’envoi de la prochaine génération au combat, pour mourir dans une guerre qui ne profite en rien » poursuit-il.

Par conséquent, écrit-il, « je ne peux en toute conscience soutenir la guerre. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation. Et il est évident que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ».

Et d’évoquer avec force détails le noyautage en profondeur des instances américaines : « Au début du mandat de cette administration, de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains ont mené une campagne de désinformation qui a complètement sapé [le] programme America First et a alimenté des sentiments pro-guerre afin d’encourager un conflit avec l’Iran. »

Le président a été « trompé » sur le fait qu’« il existait une voie claire vers une victoire rapide », ajoute-t-il. Et de conclure : « C’était un mensonge ». Tout en rappelant avec pertinence une tactique identique utilisée par Israël pour entraîner les États-Unis dans la guerre « désastreuse » en Irak, entre 2003 et 2011.

Du courage à en revendre

Or, il fallait du cran pour oser contredire publiquement le terrible Donald Trump en pleine guerre contre l’Iran. Un courage salué d’ailleurs par l’éditorialiste Tucker Carlson, longtemps défenseur de Donald Trump avant de devenir l’un des critiques les plus virulents de cette guerre :  « Joe est l’homme le plus courageux que je connaisse. Et on ne peut pas le prendre pour un fou », a-t-il déclaré. « Il quitte un emploi qui lui donnait accès à des renseignements de très haut niveau. Les néoconservateurs vont maintenant tenter de le détruire pour cela. Il le sait et l’a fait malgré tout ».

« C’est un type bien. Mais je pense qu’il est un peu faible du point de vue de la sécurité. […] C’est plutôt pas mal qu’il démissionne au final, car il a dit que l’Iran ne représentait pas une menace […] Ce ne sont pas des personnes intelligentes ». Ainsi répliqua sèchement Donald Trump aux journalistes au crime de lèse-majesté, depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche.

Visiblement irrité par les propos de l’ancien agent de la CIA suggérant qu’il a été instrumentalisé par Benjamin Netanyahu; le président américain s’insurge contre l’idée d’avoir été entraîné sournoisement, lui, l’homme le plus puissant du monde, dans un conflit qu’il croyait éclair et qui tourne désormais au bourbier.

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ECLAIRAGE – Le monde vacille, la Tunisie encaisse

Il est des chocs qui ne préviennent pas, mais qui révèlent tout. Lorsque les marchés deviennent fébriles, que le pétrole franchit à nouveau des seuils critiques et que les grandes puissances monétaires suspendent leur souffle, les économies les plus exposées ne disposent d’aucun luxe d’attente. Elles encaissent. La conjoncture, marquée par les tensions au Moyen-Orient et l’attentisme des banques centrales, agit ainsi comme un révélateur brutal des fragilités structurelles de Tunisie. Dans ce théâtre global de l’incertitude, chaque variation du baril du pétrole, chaque déclaration de la Réserve fédérale américaine, chaque frémissement du dollar se traduit, localement, par des arbitrages douloureux.

 

Le retour d’un pétrole durablement au-dessus des 100 dollars n’est pas une simple donnée de marché. Il constitue une ligne de fracture. Pour une économie importatrice nette d’hydrocarbures comme la Tunisie, la hausse du brut agit immédiatement comme un choc budgétaire.

Le déficit énergétique, déjà chronique, se creuse mécaniquement. La facture extérieure s’alourdit, tandis que les finances publiques sont placées sous tension. Le système de compensation, pilier fragile de la stabilité sociale, se retrouve à nouveau sous pression. Faut-il absorber le choc en creusant le déficit ou le transférer vers les prix domestiques au risque d’une crispation sociale ?

 

Lire aussi – Crise des finances publiques en Tunisie : les économistes prescrivent, les décideurs tergiversent

 

Dans cette équation, le pétrole devient un facteur de souveraineté. Non pas parce que la Tunisie en produit, mais précisément parce qu’elle en dépend.

Inflation importée : la mécanique silencieuse de l’appauvrissement

L’inflation, souvent perçue comme un phénomène abstrait, prend ici une dimension concrète et quotidienne. Elle s’infiltre dans les coûts de transport, dans les prix alimentaires, dans les biens intermédiaires. Elle devient une mécanique silencieuse d’érosion du pouvoir d’achat.

Dans un pays où la dépendance aux importations reste élevée, chaque tension géopolitique se transforme en inflation importée. Et lorsque cette inflation s’installe dans la durée, elle modifie les comportements : les ménages réduisent leur consommation, les entreprises reportent leurs investissements, l’économie ralentit.

Le danger n’est pas seulement une hausse des prix. C’est l’installation d’un climat d’incertitude économique où les anticipations deviennent défensives.

Banques centrales : le temps suspendu des décisions impossibles

Au cœur de cette séquence, les banques centrales avancent avec prudence. La Banque centrale européenne (BCE), comme la Réserve fédérale américaine, semblent privilégier l’attentisme face à un choc encore difficile à quantifier.

Mais cette pause apparente ne signifie pas détente. Les taux restent élevés, les conditions financières demeurent restrictives et les marchés restent hypersensibles au moindre signal.

Pour la Banque centrale de Tunisie (BCT), l’équation est encore plus complexe. Il ne s’agit pas seulement d’arbitrer entre inflation et croissance, mais de composer avec des contraintes externes sur lesquelles elle n’a aucune prise.

 

Lire également – Choc pétrolier au Golfe : la Tunisie serait-elle au bord de l’explosion inflationniste ?

 

Relever les taux pour contenir l’inflation ? Cela risque d’étouffer une économie déjà fragile. Les maintenir ? C’est prendre le risque d’une dérive inflationniste et d’une pression accrue sur le dinar.

Dans cette configuration, la politique monétaire n’est plus un levier souverain. Elle devient un exercice d’équilibriste.

Le dollar fort : une pression invisible mais constante

Lorsque le dollar se renforce, ce n’est pas seulement une question de parité monétaire. C’est une onde de choc silencieuse pour les économies dépendantes.

La majorité des importations stratégiques de la Tunisie, notamment énergétiques, est libellée en dollars. Ainsi, chaque appréciation du billet vert renchérit automatiquement la facture extérieure. Le dinar, pris en étau entre inflation et déséquilibres extérieurs, subit des pressions récurrentes.

Ce mécanisme nourrit une spirale bien connue : dépréciation monétaire, inflation importée, érosion du pouvoir d’achat. Une dynamique difficile à enrayer sans réformes structurelles profondes.

Marchés financiers : la contagion de la prudence

La nervosité des marchés européens, perceptible à travers des indices comme le CAC 40 ou le EuroStoxx 50, traduit une montée de l’aversion au risque. Cette prudence n’épargne pas les marchés émergents.

La Bourse de Tunis (BVMT), bien que relativement isolée, n’évolue pas en vase clos. Le retrait des investisseurs étrangers, la contraction de la liquidité et l’attentisme des acteurs locaux peuvent freiner la dynamique du marché.

Dans ce contexte, les opportunités existent, mais elles deviennent sélectives. Les secteurs générant des revenus en devises ou moins dépendants des importations pourraient résister. Mais l’ensemble reste dominé par une logique de prudence.

Ralentissement mondial : le choc différé mais inévitable

Les mises en garde de l’OCDE sur un ralentissement potentiel de la croissance mondiale ne relèvent pas de la simple anticipation. Elles annoncent un choc différé.

Pour la Tunisie, dont les principaux partenaires économiques se trouvent en Europe, un ralentissement du commerce mondial se traduit directement par une baisse des exportations. Les secteurs industriels, déjà fragilisés, pourraient en subir les conséquences.

Le tourisme, autre pilier des entrées en devises, reste également vulnérable à l’incertitude géopolitique. Or, dans un contexte de tensions prolongées, les flux touristiques deviennent plus volatils.

Une économie sous contrainte : entre adaptation et dépendance

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse la conjoncture. C’est la capacité de résilience de l’économie tunisienne qui est mise à l’épreuve.

Chaque crise internationale rappelle la même réalité : la dépendance énergétique, la fragilité des équilibres extérieurs et la limitation des marges de manœuvre macroéconomiques. Tant que ces vulnérabilités persistent, chaque choc exogène se transforme en crise interne.

Mais dans cette contrainte réside aussi une opportunité. Celle de repenser le modèle économique, d’accélérer la transition énergétique, de renforcer la production locale et de diversifier les partenaires commerciaux.

Du choc subi à la stratégie choisie

Le monde entre dans une phase de désordre durable, où les crises ne sont plus des accidents, mais des composantes du système. Dans cet environnement, la Tunisie ne peut plus se contenter de subir.

La hausse des cours du pétrole, les tensions géopolitiques et l’attentisme monétaire mondial ne sont que les symptômes d’un basculement plus profond. Face à cette nouvelle réalité, l’enjeu n’est plus seulement de résister, mais de transformer.

Dans un monde instable, la véritable souveraineté ne réside pas dans l’absence de chocs, mais dans la capacité à les absorber, les anticiper et, surtout, à en faire des leviers de mutation économique.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Washington et Téhéran échangeraient discrètement pour tenter d’endiguer la guerre

Alors que la guerre entre l’Iran et les États-Unis s’intensifie, des contacts directs ont récemment eu lieu entre responsables des deux pays, selon plusieurs sources américaines.

Ces échanges ont impliqué l’émissaire spécial de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Ils constituent le premier canal de communication directe connu entre Washington et Téhéran depuis le début de la guerre il y a plus de deux semaines, rapporte Axios, lundi 16 mars.

Selon des responsables américains, Araghtchi aurait envoyé plusieurs messages à Witkoff afin d’explorer des pistes permettant de mettre fin au conflit. Cependant, il n’est pas encore clair si ces discussions ont débouché sur des avancées concrètes.

Donald Trump a reconnu publiquement que l’Iran avait pris contact avec les États-Unis, tout en exprimant des doutes quant à l’autorité réelle des interlocuteurs iraniens pour négocier un accord.

Un haut responsable américain a par ailleurs indiqué au même média que Washington avait rejeté une demande iranienne portant sur des réparations pour les dommages subis durant les frappes. Et l’administration Trump laisserait la porte ouverte à un arrangement plus large qui pourrait permettre à l’Iran de réintégrer l’économie mondiale, notamment via la reprise de ses exportations pétrolières.

Du côté iranien, les autorités ont publiquement nié toute négociation visant un cessez-le-feu. Plusieurs responsables américains estiment également que l’influence d’Araghtchi dans les décisions stratégiques du régime reste limitée…

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, semblait être au courant de ces tractions. Il a demandé des éclaircissements à la Maison Blanche après avoir appris que des responsables de l’administration Trump pourraient communiquer avec le régime iranien, ont indiqué deux sources au fait du dossier.

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Sécuriser le détroit d’Ormuz : l’appel à l’aide de Trump froidement reçu

Les États-Unis peinent à rallier leurs alliés à une coalition navale destinée à sécuriser le détroit d’Ormuz, une artère stratégique pour le commerce mondial de l’énergie. Alors que la guerre contre l’Iran continue de bouleverser la région.

Lors d’une conférence de presse à Washington lundi 16 mars, Trump a déclaré que de nombreux pays lui avaient assuré être prêts à apporter leur aide, mais a exprimé sa frustration face à la présence d’un grand nombre de troupes américaines chez certains alliés de longue date : « Certains sont très enthousiastes, d’autres moins. Il s’agit de pays que nous aidons depuis de très nombreuses années. Nous les avons protégés de terribles menaces extérieures, et pourtant, ils n’étaient pas si enthousiastes. Et le niveau d’enthousiasme compte pour moi ».

Rappelons que Trump a appelé, dimanche 15 mars, plusieurs pays à participer à une mission visant à protéger la navigation dans ce passage maritime crucial. Environ 20 % du pétrole et du gaz liquéfié transportés par voie maritime dans le monde transitent habituellement par ce détroit, situé entre l’Iran et Oman.

Selon le président américain, les pays dépendant du pétrole du Golfe devraient contribuer à la protection de cette route énergétique. Washington affirme avoir contacté au moins sept pays pour discuter de l’envoi de navires militaires afin d’escorter les pétroliers.

Mais plusieurs partenaires clés ont déjà exprimé leurs réticences. Le Japon et l’Australie ont indiqué qu’ils ne prévoyaient pas d’envoyer de bâtiments de guerre pour sécuriser le détroit, malgré l’appel de Washington.

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a expliqué que son pays étudiait encore ses options dans le respect de son cadre juridique et de sa Constitution pacifiste, qui limite les opérations militaires à l’étranger.

Du côté australien, le gouvernement a également précisé qu’aucune demande officielle n’avait été formulée pour l’envoi de navires et qu’une telle contribution n’était pas envisagée à ce stade.

L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie ont déclaré de leur côté n’avoir aucun projet immédiat d’envoyer des navires pour aider à rouvrir cette voie navigable stratégique, que l’Iran a effectivement fermée à l’aide de drones et de mines navales.

« Nous n’avons pas le mandat des Nations unies, de l’Union européenne ou de l’OTAN requis par la Loi fondamentale », a déclaré le chancelier allemand, Friedrich Merz, à Berlin. Tout en ajoutant que Washington et Israël n’avaient pas consulté l’Allemagne avant de déclencher la guerre. C’est pourquoi la question de savoir comment l’Allemagne pourrait s’impliquer militairement ici ne se pose pas.

Ces refus illustrent les divisions entre Washington et ses alliés au moment où la guerre contre l’Iran perturbe fortement les marchés énergétiques et la sécurité maritime dans le Golfe. Le détroit d’Ormuz est devenu un point névralgique du conflit, l’Iran étant accusé d’avoir menacé ou entravé le passage de navires commerciaux dans cette zone stratégique.

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La guerre en Iran menace l’économie égyptienne, avertit Fitch

L’agence d’analyse économique Fitch Solutions pense que l’économie de l’Égypte figure parmi les marchés émergents les plus vulnérables aux répercussions économiques du conflit en Iran et de l’escalade militaire au Moyen-Orient.

L’analyse de l’institution, publiée lundi 16 mars 2026, indique que plusieurs facteurs rendent l’économie égyptienne particulièrement exposée à une aggravation des tensions régionales, notamment la dépendance du pays aux importations énergétiques et sa forte sensibilité aux fluctuations du commerce maritime. Environ 10 % des importations égyptiennes transitent par le détroit d’Ormuz, contre environ 3,4 % des exportations. Ce qui expose le pays à d’éventuelles perturbations du trafic maritime.

Une perturbation prolongée dans cette zone stratégique pourrait entraîner une hausse des coûts du transport et de l’énergie. Cela accentuerait les pressions inflationnistes déjà élevées dans le pays.

Le rapport souligne également que l’instabilité géopolitique pourrait provoquer une sortie de capitaux des marchés émergents, les investisseurs cherchant des actifs plus sûrs. Ce phénomène risquerait de peser sur la monnaie égyptienne et sur les flux financiers vers les marchés obligataires et boursiers du pays.

Dans un contexte de forte dette publique et d’inflation persistante, une prolongation du conflit pourrait donc compliquer davantage la gestion macroéconomique du pays. Les autorités égyptiennes devront notamment surveiller l’évolution des prix de l’énergie, des flux d’investissement et de la stabilité du taux de change.

Plus largement, la guerre en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz provoquent déjà des turbulences sur les marchés financiers internationaux et renforcent les risques économiques pour plusieurs économies émergentes dépendantes des importations d’énergie.

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Israël à court de missiles face aux frappes iraniennes alerte Washington

Israël a averti les États-Unis qu’il disposait désormais de réserves critiques de missiles intercepteurs. Et ce, alors que la guerre contre l’Iran met fortement sous pression son système de défense antimissiles.

Selon des responsables américains cités par des médias internationaux, les stocks d’intercepteurs destinés à neutraliser les missiles balistiques ennemis ont été largement entamés par l’intensité des frappes iraniennes. L’ampleur et la fréquence des attaques ont obligé les systèmes de défense israéliens à tirer un nombre élevé de projectiles pour protéger le territoire et les infrastructures stratégiques.

Les autorités israéliennes ont informé Washington de la situation, reconnaissant que leurs capacités d’interception à longue portée pourraient devenir insuffisantes si le conflit se prolongeait. Les responsables américains indiquent toutefois que les États-Unis ne connaissent pas la même pénurie, même si la guerre suscite des inquiétudes sur l’usure des stocks d’armements sophistiqués.

Cette tension sur les réserves était en partie anticipée. Selon un responsable américain, Washington était conscient depuis plusieurs mois que l’État hébreu disposait de capacités limitées en missiles intercepteurs, notamment après les précédentes confrontations militaires avec Téhéran.

La pression s’est accentuée avec l’évolution des attaques iraniennes, certaines intégrant des munitions multiples ou fragmentées. Ce qui oblige les systèmes de défense à tirer davantage d’intercepteurs pour neutraliser chaque menace.

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La vigilance s’impose

Le pire était à craindre et le pire s’est produit sans qu’on y prenne garde à force de nous polariser sur nos points de friction tuniso-tunisiens. Les frappes américano-israéliennes sur l’Iran au mépris du droit international rappellent celles, de triste souvenir, de l’effondrement de l’Irak. Elles ont provoqué une déflagration mondiale dont on a peine à mesurer les conséquences. Même prétexte fallacieux, même narratif mensonger. Seule certitude : le droit de la force s’est substitué à la force du droit. L’empire américain, sur le déclin, est devenu l’otage d’Israël, plus sûr et plus dominateur que jamais, assuré de surcroît de la complicité européenne. Donald Trump, en maître absolu du monde, n’a jamais fait mystère de son désir de détruire l’Iran. La question était de savoir quand, à quel jour de la semaine et à quelle heure, pour ne pas paniquer les marchés financiers, il déclenchera le pire scénario de l’horreur, la destruction massive de l’Iran.

Le pays des mollahs, qui n’est pas dupe des manœuvres israélo-américaines, laissait entendre qu’en cas d’agression, il s’en prendrait aux bases américaines, qu’il étendrait le brasier à l’ensemble de la région. Et qu’il fermerait le détroit d’Ormuz par où transitent 20% des exportations mondiales de pétrole et d’engrais chimiques. Dans cette guerre asymétrique, l’Iran se sert du choc pétrolier comme seule arme de dissuasion, avec pour principal effet : un vrai désastre économique en perspective.

« Nous payons le prix de nos errements de ces quinze dernières années, en laissant dépérir notre activité pétrolière. Pas ou peu de permis de recherche accordés, absence d’exploration et de forage de nouveaux puits, pas de maintenance non plus, ne serait-ce que pour limiter la baisse tendancielle de la production ».

 

Les marchés ont réagi aussitôt. Les banques centrales se font déjà moins accommodantes pour prévenir les risques d’inflation. Au quatrième jour de la guerre, le prix du baril a bondi de 60 à plus de 90 dollars. Il n’est pas exclu, il est même probable qu’il s’élève à des niveaux jamais atteints, au grand dam des pays importateurs de carburant. La fermeture du détroit d’Ormuz va contraindre les navires à un détour par la corne de l’Afrique, avec les conséquences que l’on devine. Allongement de la durée de livraison, envol des coûts de transport et des frais d’assurance. A quoi s’ajoute la désorganisation du commerce mondial, au grand désarroi des pays à faibles revenus, voire à revenus intermédiaires, enlisés pour beaucoup dans les sables mouvants de l’endettement. Les répercussions sur l’ensemble des secteurs d’activité sont instantanées, mécaniques. L’envolée du prix du carburant se propage partout et touche tous les produits.

La Tunisie, déjà sous haute pression budgétaire, n’y échappe pas. Elle serait même plus durement impactée par l’explosion des prix du pétrole, en l’absence de stock stratégique qui lui permette d’atténuer le choc pétrolier en attendant une détente sur les marchés. Nous payons le prix de nos errements de ces quinze dernières années, en laissant dépérir notre activité pétrolière. Pas ou peu de permis de recherche accordés, absence d’exploration et de forage de nouveaux puits, pas de maintenance non plus, ne serait-ce que pour limiter la baisse tendancielle de la production. De 100 000 barils par jour – c’est proche de l’autosuffisance -, on est tombé à près de 20 000 barils/jour. Notre dépendance énergétique n’a jamais été aussi grande. Elle explique à elle seule une grande partie de l’étendue des déficits jumeaux – budget de l’Etat et balance commerciale. Le solde des échanges extérieurs qui était au rouge va passer au rouge vif. D’autant que dans la foulée, il faut s’attendre à une hausse généralisée à l’import du cours des matières premières, des prix des céréales et des biens de consommation.

« L’agression israélo-américaine sur l’Iran et l’embrasement de la région, au risque de plonger dans le chaos l’économie mondiale, vont couper court à notre effort de redressement amorcé en 2025. Cela va ramener à son plus bas étiage le compteur de la croissance et nous voler notre propre espoir d’expansion économique et sociale ».

L’inflation, à peine relativement maitrisée (5% en 2025), repartira de nouveau à la hausse. Et peut-être aussi le taux directeur de la BCT, gardien de la stabilité des prix. Le spectre de la récession pourrait être de retour. L’hypothèse d’une croissance pas loin de zéro (+2.5 % en 2025) parait assez probable si le conflit perdure. Les effets se font déjà sentir au sein de l’UE, notre principal partenaire, de surcroît en butte aux nouveaux droits dé douane américains. On sait ce qui nous attend en retour. Car quand l’UE éternue, la Tunisie a une poussée de fièvre, du fait de nos interactions et de notre interdépendance.

Les nuages qui planaient sur l’économie nationale se sont à peine dissipés que, déjà, il faut nous préparer à une nouvelle cure d’austérité et craindre une rechute de la production, de l’emploi et des revenus. L’éclaircie aura été de très courte durée. L’Etat social tant promis ne sera pas pour aujourd’hui et sans doute aussi pas pour demain. Si la guerre livrée contre l’Iran s’éternise sans qu’il y ait un cessez-le-feu et dans l’hypothèse où le prix du pétrole s’envole à n’en pas finir, il est à craindre que des jours sombres se profilent à l’horizon. Une nouvelle flambée des prix sur fond de stagnation économique – stagflation – pourrait alourdir le climat social, déjà hautement inflammable en raison de la dégradation de l’emploi et du pouvoir d’achat. Les pénuries et files d’attente pourraient refaire leur apparition, si rien n’est fait pour les prévenir. Elles seraient d’une tout autre échelle et d’une tout autre gravité que ce que nous avons connu jusque-là. L’agression israélo-américaine sur l’Iran et l’embrasement de la région, au risque de plonger dans le chaos l’économie mondiale, vont couper court à notre effort de redressement amorcé en 2025. Cela va ramener à son plus bas étiage le compteur de la croissance et nous voler notre propre espoir d’expansion économique et sociale. Il faut nous préparer, en prévision de l’Aïd al Adha – qui est déjà dans tous les esprits -, à davantage de sobriété et sans doute même de sacrifice.

« Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un accord avec le FMI. Les mesures d’assainissement qu’il propose relèvent d’une vision partagée. Avec en perspective des possibilités de financement qui s’étendent jusqu’au fin fond de la planète finance islamique, dont on sous-estime l’apport au développement du pays ».

 

On aurait souhaité un meilleur scénario de la géopolitique sans tensions mondiales, à l’heure de la mise en œuvre du plan de développement 2026-2030. L’Etat sera confronté à des choix cornéliens entre les dépenses de fonctionnement et les investissements d’avenir qui seraient une fois de plus – et sans doute davantage que par le passé – renvoyés aux calendes grecques, sous le poids de l’urgence et de la dictature de l’immédiat. Ce qui sonnera définitivement le glas de l’investissement et de la croissance. Nécessité fait loi : c’est peut-être le moment de nous réconcilier avec le FMI, de renouer le fil des discussions, de conclure un accord, de faire taire nos divergences qui n’en sont pas.

Nous nous sommes appliqués à faire du FMI sans le FMI, de manière tout aussi brutale, sans profiter des facilités de financement auxquelles on aurait eu droit. Négocier avec le FMI sur des bases saines, s’engager dans un processus de réformes structurelles que nous jugeons nous-mêmes utiles, nécessaires et in – contournables, faire entendre notre voix dans le concert des nations, n’a rien d’humiliant. C’est même le contraire. L’honneur est sauf, la dignité préservée et notre souveraineté jamais égratignée ou limitée. C’est d’une certaine manière un véritable point de passage sans lequel on ne peut, ni aujourd’hui ni demain, compter sur nous-mêmes. Au-delà des facilités de paiement et de financement du FMI à des conditions concessionnelles aux effets salutaires sur les comptes de la nation assez abîmés, sa caution nous ôte une épine du pied. Elle rassurera les marchés, les organismes financiers et jusqu’aux Etats frères et amis qui nous boudent ou font mine de s’en désintéresser. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un accord avec le FMI. Les mesures d’assainissement qu’il propose relèvent d’une vision partagée. Avec en perspective des possibilités de financement qui s’étendent jusqu’au fin fond de la planète finance islamique, dont on sous-estime l’apport au développement du pays.

L’endettement extérieur n’est pas condamnable en soi, ce qui l’est en revanche, c’est le mauvais usage qu’on en fait. S’endetter pour réaliser de grands projets structurants ? Oui et mille fois oui. Sinon, comment, dans l’état actuel de nos finances publiques, mener à bon port le plan de développement 2026-2030 ? Le risque serait de privilégier les dépenses courantes et le train de vie de l’Etat en sureffectif et peu productif. Car cela se saurait et nous vaudra l’hostilité des marchés et des bailleurs de fonds institutionnels. Le recours au financement intérieur – via surtout l’Institut d’émission -, au nom du compter-sur-soi, n’aura pas un meilleur effet. L’état de santé de l’économie et de la société pourrait même empirer. Une chose est sûre : il ne résiste pas aux ondes de choc dévastatrices de l’apocalypse qui ravage le Moyen-Orient. La vigilance s’impose.

« L’endettement extérieur n’est pas condamnable en soi, ce qui l’est en revanche, c’est le mauvais usage qu’on en fait. S’endetter pour réaliser de grands projets structurants ? Oui et mille fois oui. Sinon, comment, dans l’état actuel de nos finances publiques, mener à bon port le plan de développement 2026-2030 ? Le risque serait de privilégier les dépenses courantes et le train de vie de l’Etat en sureffectif et peu productif »..

Cet édito est disponible dans le mag. de l’Economiste Maghrébin n°940 du 11 au 25 mars 2026.

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Tunisiens en Arabie saoudite : l’ambassade se veut rassurante

Alors que les tensions régionales suscitent des inquiétudes, la représentation diplomatique tunisienne à Riyad assure que la situation sécuritaire reste stable et que les quelque 30 000 Tunisiens présidents dans le Royaume sont en sécurité. L’ambassade affirme suivre de près l’évolution de la situation et maintenir un dispositif d’assistance permanent.

Sécurité assurée et vie quotidienne stable

L’ambassade de Tunisie en Arabie saoudite a tenu à rassurer la communauté tunisienne face au climat de tensions dans la région. Vendredi 13 mars 2026, Mohamed El-Moez Gara Ali, le chargé d’affaires par intérim, a affirmé sur la Radio nationale que tous les Tunisiens présents dans le Royaume – résidents, visiteurs ou pèlerins – se portent bien.

Selon lui, la situation sécuritaire est « sûre et stable » et la vie quotidienne se déroule presque normalement. L’espace aérien saoudien demeure ouvert et les chaînes d’approvisionnement fonctionnent sans perturbation majeure. Les autorités saoudiennes auraient pris les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des habitants et la continuité des services essentiels.

Pour suivre l’évolution de la situation, l’ambassade à Riyad et le consulat général à Djeddah ont mis en place une cellule de veille et maintiennent des canaux de communication ouverts en permanence. Les citoyens sont invités à se référer uniquement aux sources officielles et à éviter les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.

Assistance renforcée pour résidents, visiteurs et pèlerins

Depuis le début de la crise, le 28 février dernier, la mission diplomatique tunisienne a pris en charge plusieurs catégories de ressortissants. Les Tunisiens non-résidents en visite ou en transit ont pu regagner la Tunisie grâce à l’ouverture de passages terrestres depuis le 3 mars et à l’octroi de 235 visas d’urgence.

Les résidents tunisiens dans les autres pays du Golfe bénéficient également d’un accompagnement administratif pour faciliter leur transit ou leur retour dans ces pays. Les pèlerins, eux, continuent de voyager grâce aux vols réguliers et charters reliant la Tunisie aux villes saintes. Entre le 4 et le 9 mars, 172 pèlerins ont ainsi regagné la Tunisie en toute sécurité.

Malgré quelques perturbations ponctuelles dans certains aéroports, aucun vol n’a été annulé. L’ambassade reste mobilisée 24 heures sur 24, avec l’appui d’une communauté tunisienne solidaire et disciplinée.

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