«Un des derniers artistes liés à l’École de Tunis vient de rejoindre ses amis là-haut… Hassen Soufy vient de nous quitter», a annoncé la galeriste Aïcha Gorgi sur sa page Facebook ce jeudi 26 mars 2026. Un pilier de la peinture tunisienne moderne tire sa révérence à l’âge de 89 ans.
«J’ai beaucoup de peine aujourd’hui. Il faisait partie des derniers témoins de cette époque exceptionnelle, riche et foisonnante, que la Tunisie a connue sur le plan culturel et artistique.Avec son départ, c’est une page de mémoire, de sensibilité et de création qui s’éloigne encore un peu», ajoute Aïcha Gorgi, la fille d’un autre membre de l’Ecole de Tunis, Abdelaziz Gorgi.
Né en 1937 à Tunis, le défunt était diplômé de l’Ecole des Beaux-arts de Tunis. Il a aussi suivi des études à l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Paris. Il a enseigné la décoration et l’histoire de l’art à l’Ecole des Beaux-arts de Tunis, partageant ainsi son savoir et son expérience avec de nouvelles générations d’artistes.
Sa pratique artistique se concentre principalement sur la peinture, utilisant des techniques comme l’acrylique et l’huile sur papier. Ses œuvres révèlent une approche figurative, avec des sujets variés allant des paysages aux natures mortes et aux figures humaines. Il a participé à plusieurs expositions dans le monde (Etats Unis, Canada, France, Allemagne, Grande Bretagne…)
Le défunt avait contribué au succès et à la notoriété de l’Ecole de Tunis, aux côtés d’autres pionniers comme Yahia Turki, Ammar Farhat, Safia Farhat, Ali Bellagha, Jellal Ben Abdallah, Zoubeïr Turki, Hédi Tourki et autres Abdelaziz Gorgi.
Ce courant artistique est la combinaison de thèmes d’inspiration populaire et d’une image idéalisée de la réalité. Les artistes partagent une certaine idée d’appartenance culturelle commune et contribuent à un art qui se veut authentiquement tunisien par la mise en valeur du patrimoine multiforme de la culture populaire traditionnelle de Tunisie.
La Tunisie a entamé la campagne oléicole 2025-2026 avec un fort dynamisme. Selon les dernières données publiées par l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), entre novembre 2025 et février 2026, les exportations d’huile d’olive ont atteint 184 300 tonnes, contre 123 200 tonnes sur la même période de la campagne précédente, soit une croissance de 49,6 %.
En valeur, les recettes se sont élevées à 2,263 milliards de dinars tunisiens, soit environ 670,6 millions d’euros.
Ce chiffre confirme l’importance stratégique du secteur oléicole dans les exportations agricoles tunisiennes, mais met également en lumière une limite structurelle de ce secteur. La plupart des expéditions se font toujours en vrac, représentant 88,5 % des volumes exportés, tandis que les produits conditionnés représentent 11,5 %, un chiffre toutefois légèrement supérieur aux 10,2 % de la campagne 2024-2025.
En termes de chiffre d’affaires, les produits conditionnés ne représentent que 15,5 %, signe que la marge de valorisation demeure importante.
L’huile d’olive extra vierge représente 87,6 % du volume total exporté.
Concernant les prix, l’augmentation des volumes s’accompagne d’une légère baisse des prix moyens. En février 2026, le prix moyen de l’huile d’olive tunisienne s’établissait à 12,01 dinars le kilogramme (3,56 euros), contre 12,51 dinars (3,71 euros), un an auparavant, ce qui représente une diminution de 4 %.
Selon la catégorie, les prix varient de 9,22 dinars le kilogramme (2,73 €) à 16,07 dinars (4,76 €).
Par destination, l’Union européenne demeure le principal marché, représentant 57,3 % des volumes d’exportation. Viennent ensuite l’Amérique du Nord (19,3 %), l’Asie (12,8 %) et l’Afrique (6,6 %).
Par pays, l’Espagne arrive en tête des importateurs avec 32,1 %, devant l’Italie (20,2 %) et les États-Unis (15,4 %).
Le segment bio est également en croissance, avec 22 300 tonnes exportées au cours des quatre premiers mois de la campagne, pour une valeur de 297,7 millions de dinars (88,2 millions d’euros). Cependant, l’huile d’olive conditionnée reste marginale, avec une part de marché de 8,3 %.
Le prix moyen de l’huile d’olive bio est de 13,32 dinars le kilogramme (3,95 euros), avec un écart marqué entre l’huile d’olive en vrac (12,78 dinars, 3,79 euros) et l’huile d’olive conditionnée (19,32 dinars, 5,73 euros).
Sur ce segment, l’Italie est le premier marché, avec 42 % des volumes, suivie de l’Espagne, des États-Unis et de la France.
Globalement, ces chiffres confirment la compétitivité internationale de l’huile d’olive tunisienne, mais suggèrent également que le véritable défi pour le secteur n’est pas simplement d’accroître les exportations. L’enjeu principal demeure la transformation d’une plus grande part des ventes en valeur ajoutée, en réduisant la dépendance au vrac et en renforçant le positionnement des produits conditionnés sur les marchés étrangers.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, La Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) a réaffirmé son engagement en faveur d’une gestion durable de l’eau, la plaçant au cœur des enjeux de transformation du secteur. Cet engagement se traduit par un objectif clair et mesurable : atteindre 90 % de recyclage des eaux usées d’ici 2030.
Reconnaissant l’importance stratégique de l’eau dans la chaîne de valeur textile, la FTTH a annoncé la mise en œuvre d’actions concrètes, à travers le programme «Transition verte du textile tunisien (TTGT)», afin d’accompagner les entreprises dans l’adoption de pratiques plus responsables, innovantes et efficaces. Elle a également appelé tous les acteurs du secteur textile à intensifier leurs efforts, à investir durablement et à faire de l’eau un levier stratégique pour l’avenir de l’industrie.
À titre indicatif, selon l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), la disponibilité en eau par habitant en Tunisie est d’environ 450 mètres cubes par an, en dessous du seuil de stress hydrique, qui est de 500 mètres cubes. Et la sécheresse enregistrée au cours des cinq dernières années a beaucoup réduit les réserves d’eau dans les barrages dont le taux de remplissage moyen est au-dessous de 50%.
L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), un groupe de réflexion international basé à Tunis, a alerté sur les risques que la guerre au Moyen-Orient pourrait faire peser sur l’économie tunisienne, exhortant les autorités à mettre en œuvre des mesures d’atténuation à court et moyen terme afin de renforcer la résilience nationale face à de telles répercussions.
Dans son rapport intitulé «Guerre au Moyen-Orient : Défis et impacts sur l’économie tunisienne», l’IACE souligne que cette crise pourrait affecter divers aspects de l’économie, notamment les finances publiques, la balance des paiements, l’inflation et la croissance, dans un contexte où la Tunisie demeure fortement dépendante des importations d’énergie.
Une économie très exposée
Dans un contexte international caractérisé par une forte incertitude, la Tunisie figure parmi les économies les plus exposées aux chocs externes, en particulier en raison de sa dépendance aux importations d’énergie.
Le rapport note que la production nationale ne couvre qu’environ 35 % des besoins et que toute hausse prolongée des prix des hydrocarbures ou toute perturbation des flux d’approvisionnement a un impact direct sur les équilibres macroéconomiques.
Selon l’IACE, chaque augmentation de 1 dollar du prix du pétrole pourrait engendrer un coût supplémentaire estimé à 164 millions de dinars.
Le premier impact concerne les finances publiques. La hausse des prix des carburants et du transport international risque d’accroître les charges d’exploitation et d’aggraver les déséquilibres financiers. Des entreprises comme la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg) et la Société tunisienne des industries de raffinage (Stir), déjà dépendantes des subventions publiques, pourraient voir leurs problèmes de liquidités s’accentuer, ce qui pourrait impacter les engagements de l’État. La guerre pourrait renchérir les importations.
Sur le plan extérieur, la balance des paiements constitue un autre point faible. Selon l’institut, près de 98 % du commerce extérieur tunisien s’effectue par voie maritime ; toute perturbation des chaînes logistiques ou augmentation des coûts de transport se traduit donc par des importations plus onéreuses. Conjuguée à la hausse des prix de l’énergie, cette situation pourrait alourdir la facture énergétique et creuser le déficit commercial. Ceci exercerait une pression supplémentaire sur les réserves de change, dans un contexte de faible mobilisation des financements extérieurs.
Le bol d’oxygène du tourisme
L’IACE souligne toutefois certains facteurs atténuants, notamment la relative stabilité des transferts de fonds des Tunisiens résidant dans les pays du Golfe et la croissance continue des réservations touristiques, qui pourraient contribuer à limiter l’impact à court terme.
Le rapport de l’IACE met également en lumière les risques inflationnistes. L’augmentation des importations de biens et de matières premières industrielles, conjuguée aux anticipations d’inflation, pourrait entraîner une hausse des prix à la consommation. Le recours à la finance monétaire pour répondre aux besoins budgétaires pourrait accentuer ces pressions.
Concernant la croissance, l’organisation estime que les effets pourraient se manifester par un ralentissement de la demande étrangère, notamment en provenance de la zone euro, principal partenaire économique de la Tunisie. Des secteurs comme le textile, l’habillement et les industries mécanique et électrique semblent particulièrement vulnérables.
Le tourisme pourrait également être affecté par les incertitudes géopolitiques, de même que le transport aérien, susceptible de subir des perturbations liées à la situation régionale.
Par ailleurs, des secteurs stratégiques tels que l’agriculture et l’industrie chimique pourraient rencontrer des difficultés d’approvisionnement en matières premières essentielles.
Afin de renforcer la résilience de l’économie tunisienne face aux chocs externes, l’IACE recommande une série de mesures stratégiques organisées par horizon temporel.
À court terme, une action immédiate est nécessaire pour atténuer l’impact direct du conflit au Moyen-Orient, notamment la constitution et la gestion de stocks stratégiques de produits alimentaires et d’hydrocarbures afin d’amortir les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Un soutien ciblé aux petits exploitants agricoles est également essentiel pour maintenir la production locale et garantir l’approvisionnement national.
Des mesures opérationnelles concrètes
Dans le même temps, l’IACE recommande le lancement d’un programme d’économies d’énergie dans le secteur public, visant à maîtriser la consommation d’énergie par des mesures opérationnelles concrètes. La possibilité d’encourager le télétravail dans certains secteurs est également envisagée, afin de réduire les coûts énergétiques et de transport.
À moyen terme, la sécurité alimentaire doit être renforcée, notamment par le développement de filières céréalières permettant d’atteindre l’autosuffisance en blé dur, grâce à des investissements ciblés visant à améliorer les rendements et à moderniser les techniques agricoles.
L’IACE préconise également une accélération de la transition énergétique, avec un accroissement des investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance aux importations et d’améliorer l’efficacité énergétique.
Alors que, face aux tensions au Moyen-Orient, beaucoup de pays commencent à mobiliser leurs réserves stratégiques de pétrole, la Tunisie a tout intérêt à transformer cette alerte internationale en opportunité d’anticipation. Dans un contexte énergétique incertain, renforcer le transport public peut devenir bien plus qu’une simple amélioration de service : un véritable levier de résilience économique.(Photo : Des tankers bloqués dans le Détroit d’Ormuz).
Houssem Djelassi *
À mesure que les tensions s’intensifient au Moyen-Orient et que le détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole, redevient un point de fragilité majeur pour les marchés internationaux, plusieurs pays activent déjà leurs mécanismes de protection. Le Japon, pourtant doté de moyens financiers considérables, a ainsi entamé l’exploitation d’une partie de ses réserves stratégiques pour se prémunir contre un éventuel choc énergétique prolongé. Ce choix n’est pas anodin : il rappelle qu’en période d’incertitude, la solidité d’un pays ne se mesure pas seulement à sa richesse, mais aussi à sa capacité d’anticipation, à sa lecture des risques et à la rapidité de sa réponse stratégique.
La meilleure protection reste nationale
Pour la Tunisie, le message est clair. Un pays aux marges budgétaires limitées ne peut se permettre d’attendre que la pression extérieure devienne une crise intérieure. La dépendance aux produits pétroliers, combinée au poids déjà important des subventions énergétiques, impose une approche lucide et préventive.
Même si la proximité d’un pays voisin et partenaire stratégique régional comme l’Algérie peut représenter un appui ponctuel, la meilleure protection reste nationale : préparer des scénarios, rationaliser la consommation et orienter les choix publics vers des solutions capables de réduire l’exposition aux chocs internationaux.
C’est précisément dans cette logique que le renforcement récent du parc de bus en Tunisie prend une dimension nouvelle. Ce qui pourrait être perçu comme une simple amélioration du transport urbain et interrégional devient, dans le contexte actuel, un instrument de politique économique à part entière.
Savoir transformer l’anticipation en action
Encourager davantage l’usage du transport collectif, améliorer sa régularité et restaurer sa place dans les habitudes de déplacement permettrait de réduire progressivement la consommation individuelle de carburant, d’alléger indirectement la pression sur les finances publiques et de mieux préparer le pays à d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement.
La vraie leçon de cette séquence internationale est simple : les nations qui traversent le mieux les périodes instables ne sont pas toujours les plus puissantes, mais celles qui savent transformer l’anticipation en action concrète.
La «pause» de cinq jours voulue par Donald Trump dans les frappes militaires prévues contre l’Iran, ciblant spécifiquement les infrastructures énergétiques et électriques, offre un répit au système militaire iranien décentralisé et donne à Trump l’occasion de réfléchir à la manière de s’extraire du piège iranien dans lequel il est tombé. Si un enseignement doit être tiré de cette guerre, à ce stade, c’est que la République islamique a révélé au monde les limites de la superpuissance américaine.
Imed Bahri
Sam Kiley, rédacteur en chef chargé de la politique internationale du journal britannique The Independent, a estimé qu’en reportant sa menace de «détruire» le système énergétique iranien si Téhéran n’ouvrait pas le détroit d’Ormuz, le président américain a révélé les limites de la puissance américaine, limites que ses ennemis comprennent – et sans doute aussi beaucoup de ses généraux – mais que lui ne comprenait pas jusque-là.
Trump affirme que cette «pause» de cinq jours dans son projet de destruction du réseau électrique iranien est le fruit de «discussions très fructueuses» avec Téhéran, discussions niées par l’Iran.
Réaction calibrée de Téhéran
Le président américain a toutefois dû prendre en compte la réaction calibrée de Téhéran à sa menace. «Faites cela et nous ferons sauter toutes les usines de dessalement qui permettent à vos alliés du Golfe de survivre dans le désert, nous bloquerons le détroit d’Ormuz jusqu’à ce que vous répariez toutes nos infrastructures bombardées et nous nous en prendrons à Israël avec encore plus de vigueur», a rétorqué l’Iran dans un premier temps.
Par la suite, Téhéran a semblé revoir ses menaces à la baisse, dans une tentative inhabituelle de se donner une image morale, après que l’Onu a estimé que la destruction des systèmes d’approvisionnement en eau pouvait constituer un crime de guerre.
L’Iran a déclaré qu’il concentrerait ses efforts sur la destruction des centrales électriques du Golfe, lesquelles fournissent l’énergie nécessaire au dessalement de l’eau de mer.
«Le président américain, menteur, a prétendu que les Gardiens de la révolution projetaient d’attaquer les usines de dessalement et de causer des souffrances aux populations des pays de la région», a déclaré le gouvernement iranien par le biais des médias d’État. Et d’ajouter : «Nous sommes déterminés à répondre à toute menace avec la même force de dissuasion qu’elle engendre… Si vous coupez l’électricité, nous la couperons».
Cette «pause» permet aux pays du Golfe de tenter de reconstituer leurs défenses aériennes qui s’amenuisent rapidement. Elle offre un répit au système militaire iranien, désormais très décentralisé, face à une éventuelle offensive. Et elle donne à Trump l’occasion de réfléchir, s’il en est capable, à la manière de s’extraire du bourbier que Téhéran lui a préparé.
Les attaques israélo-américaines contre l’Iran ont provoqué une flambée des prix du pétrole et du gaz naturel et menacent de déclencher une récession mondiale.
À l’approche des élections de mi-mandat en novembre, Trump peut difficilement se permettre une telle hausse des prix dans les stations-service américaines.
Ce cycle de menaces énergétiques a été initié par Israël qui, imitant les tactiques russes en Ukraine, a bombardé le champ gazier iranien de South Pars.
Le Qatar tire sa richesse des mêmes gisements souterrains et, tandis que les prix du gaz naturel liquéfié continuaient de grimper, Trump exigeait qu’Israël cesse ses attaques contre l’Iran. Ces attaques constituent probablement des crimes de guerre.
Une superpuissance peut être vaincue
Les États-Unis et Israël pensaient pouvoir bombarder l’Iran pour provoquer un changement de régime. Ils ont oublié les leçons de l’histoire récente : la menace d’une superpuissance est bien plus efficace que l’exercice de cette puissance.
Les limites des opérations militaires menées par les États-Unis pour atteindre des objectifs politiques ont été cruellement démontrées lors de l’invasion de l’Irak en 2003.
L’incompétence des dirigeants des forces d’occupation sous commandement américain a créé les conditions d’une insurrection sanglante qui a conduit à la création de ce qu’on appelle l’État islamique.
Elle a également permis au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien et à ses alliés en Irak, à Damas (le régime d’Assad) et au Liban (le Hezbollah) de prospérer pendant deux décennies.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont combattu en Irak et ont vu les forces menées par les États-Unis en Afghanistan s’enliser et subir de lourdes pertes et ont appris qu’une superpuissance mondiale peut être vaincue à long terme.
Parmi les leçons tirées, il y avait la «menace» proférée par le président Barack Obama d’utiliser la force contre Bachar El-Assad, alors dirigeant de Damas si ses forces employaient des armes chimiques. Assad a utilisé ces armes, interdites internationalement, et les États-Unis sont restés passifs.
Il a peut-être été jugé opportun de laisser Assad au pouvoir et d’abandonner les forces démocratiques et révolutionnaires qui tentaient de le renverser, par crainte de favoriser l’expansion d’Al-Qaïda et de Daech.
Ne pas agir était peut-être la bonne décision, mais Assad et ses commanditaires à Téhéran l’ignoraient. Ils ont pris un risque et ils ont gagné. Les États-Unis n’ont pas eu le courage ni la force d’intervenir.
En réponse à la menace proférée par Trump le week-end dernier de «détruire» les champs pétroliers iraniens, Téhéran a déclaré : «Toute tentative d’attaque des côtes ou des îles iraniennes entraînera le minage de toutes les voies d’accès dans le Golfe avec divers types de mines marines, y compris des mines flottantes pouvant être larguées depuis la côte. Dans ce cas, l’ensemble du Golfe se trouvera pratiquement dans une situation similaire à celle du détroit d’Ormuz pendant longtemps».
La tactique insurrectionnelle iranienne
Il s’agit d’une tactique insurrectionnelle de laquelle les États-Unis et Israël, pourtant forts d’une longue expérience de la lutte contre les insurrections, n’ont pas tenu compte.
Il pourrait également s’agir d’un mensonge. Les Iraniens n’ont peut-être plus la capacité de paralyser l’économie mondiale de cette manière.
La menace de Téhéran était aussi un défi. Les États-Unis prendraient-ils vraiment le risque de parier sur la capacité de l’Iran à bloquer l’accès à 20% du pétrole mondial, à la majeure partie du gaz européen et sur la capacité réelle des Gardiens de la révolution à fermer les usines du Golfe qui produisent au moins 80 % du pétrole de la région ?
Trump a sa propre approche subversive de la communication. Elle déstabilise ses alliés et sert ses ennemis.
Il laisse entendre tour à tour qu’il met fin à la guerre américaine en Iran, puis menace d’une escalade. Il demande l’aide de ses alliés pour ouvrir le détroit d’Ormuz puis les congédie y compris la Grande-Bretagne, les traitant de lâches et désormais inutiles.
Les pays du Golfe ont été entraînés dans la guerre contre l’Iran du fait qu’ils accueillent des bases américaines. Leurs villes resplendissantes ne sont habitables que grâce au gaz et au pétrole. Leur soif n’est étanchée qu’en désalinisant l’eau de mer.
La politique étrangère de l’Iran, sous les Guides successifs, est guidée par une interprétation fondamentaliste du chiisme duodécimain. Ils estiment que l’Iran doit rester une théocratie conservatrice pour créer les conditions nécessaires à la révélation de l’Imam Mahdi.
Cela a engendré une haine obsessionnelle envers l’Amérique et Israël.
L’Iran s’est placé au centre de l’Axe de la Résistance, qui comprenait les Houthis, le Hezbollah, le Hamas, le régime d’Assad et les milices irakiennes. Aujourd’hui, Téhéran n’est pas seulement au centre de cet axe, il est le foyer de la «résistance». Et c’est le président américain qui semble céder.
L’Iran semble avoir autorisé le passage de certains pétroliers indiens et pakistanais dans le détroit d’Ormuz.
Téhéran est peut-être encore sous le choc des frappes aériennes qui ont tué le guide suprême Ali Khamenei et blessé son fils et successeur, Mojtaba, mais le pays exploite les occasions pour isoler Trump.
Rien n’indique que le régime iranien est en train de s’effondrer ni que sa population, longtemps opprimée et victime de violences, se soulève contre lui.
L’Iran tente de faire payer au monde une guerre déclenchée par Trump et Netanyahu, un prix que nul de ses alliés ne veut payer.
L’Iran a montré comment vaincre une superpuissance.
La relation entre Tunis et Paris demeure structurante, omniprésente, asymétrique mais rentière, hégémonique et colonialiste dans ses préceptes fondamentaux. Quand trop ce n’est pas assez…. Car derrière la coopération culturelle et économique se profile une réalité plus dérangeante : celle d’une domination linguistique et symbolique qui enferme la Tunisie dans ce que l’on pourrait appeler le piège de la francophonie.
Moktar Lamari *
Ce piège n’est pas une simple question de langue. Il est historique, politique et économique. La langue française, introduite durant la période coloniale, s’est imposée comme langue de l’administration, du savoir et des élites.
Or, comme l’a magistralement analysé Albert Memmi dans Portrait du colonisé, la domination coloniale ne disparaît pas avec l’indépendance : elle se reconfigure dans les esprits, les pratiques et les structures. La francophonie, dans ce contexte, apparaît moins comme un espace de partage que comme la prolongation d’une hiérarchie ancienne.
Les événements présentés par l’ambassade de France à Tunis en sont une illustration contemporaine. Qu’il s’agisse du Business Forum Afrique-France, de la saison Méditerranée ou des programmes de coopération culturelle, la Tunisie est invitée, encouragée, parfois sommée de participer à des dispositifs conçus ailleurs, selon des logiques définies à Paris.
Asymétrie et diktats
L’asymétrie est subtile mais réelle : la Tunisie s’insère, obligée d’une certaine manière, dans la France qui structure en Tunisie. Faisant comme chez elle.
Cette subordination est honteuse et contreproductive pour la culture et la souveraineté de la Tunisie.
Pour les élites tunisiennes, cette francophonie imposée par la France fonctionne comme une «prison dorée».
Elle offre des opportunités, des réseaux, une reconnaissance internationale. Mais elle enferme aussi dans un espace linguistique très limité, franchouillard, de plus en plus déconnecté des dynamiques globales. Car le monde du savoir, de la technologie et de l’innovation parle aujourd’hui une autre langue : l’anglais.
Le verdict de l’économie
Les données internationales sont sans équivoque. Un expert maîtrisant l’anglais bénéficie en moyenne d’un avantage salarial significatif, souvent estimé à plus de 1000 dollars annuels supplémentaires, et peut voir ses revenus doubler par rapport à ceux limités à un espace linguistique restreint.
Plus fondamentalement, l’accès à la connaissance passe désormais quasi exclusivement par l’anglais : publications scientifiques, innovations technologiques, intelligence artificielle, finance internationale.
Dans ce contexte, la francophonie agit comme un filtre, voire comme un retardateur. Les travaux produits aux États-Unis ou dans les grands centres de recherche anglophones sont souvent traduits en français avec plusieurs années de décalage.
Les universitaires francophones, y compris en France, accusent un retard structurel dans l’appropriation des innovations de rupture. Ce décalage se répercute directement sur des pays comme la Tunisie, qui dépend de ces circuits de diffusion indirects.
Le résultat est un cercle vicieux. Faute de moyens pour accéder directement aux universités anglo-saxonnes, les étudiants tunisiens passent par des intermédiaires francophones. Faute d’exposition à l’anglais, ils restent confinés dans des marchés limités. Et faute d’ouverture linguistique, l’économie tunisienne peine à s’intégrer pleinement dans les chaînes de valeur globales.
Le complexe du colonisé
Mais au-delà de l’économie, il y a une dimension psychologique. Albert Memmi parlait du «complexe du colonisé» : cette tendance à intérioriser la supériorité de l’autre et à chercher sa validation. La francophonie, pour une partie des élites tunisiennes, devient ainsi un refuge identitaire autant qu’un outil de distinction sociale. On s’y réfugie faute de mieux, parfois par conformisme, parfois par naïveté.
Il ne s’agit pas ici de rejeter la France. Elle est un partenaire historique, un espace culturel riche, et pour beaucoup de Tunisiens, un pays d’adoption. Mais l’enjeu est ailleurs : il s’agit de sortir d’une relation exclusive, de rompre avec une dépendance héritée, et de rééquilibrer les horizons.
La Tunisie doit repenser sa politique linguistique comme un levier stratégique. Cela implique de renforcer massivement l’apprentissage de l’anglais dès le plus jeune âge, d’encourager la production scientifique directe dans les circuits internationaux, et de multiplier les partenariats avec les universités et entreprises anglo-saxonnes. Il ne s’agit pas de remplacer une dépendance par une autre, mais d’élargir les possibles.
Une langue ce n’est pas neutre
Car une langue n’est jamais neutre. Elle structure l’accès au savoir, conditionne les opportunités économiques et façonne les imaginaires. Tant que la Tunisie restera enfermée dans une francophonie exclusive, elle restera à la périphérie du monde qui innove.
Sortir de cette «prison dorée» est donc une urgence. Non pas contre la France, mais pour la Tunisie. Le savoir et la technologie se créent et se communiquent en anglais, et la Tunisie n’a pas besoin de rentier et intermédiaire francophone pour accéder au progrès.
Dans le tumulte de la guerre au Moyen-Orient, peu de voix attendries s’élèvent pour exprimer leurs émois en faveur de ce pauvre petit pays qu’est le Liban, ce joyau du Moyen-Orient, damné par la géographie, malmené par l’Histoire et qui continue de gémir, victime du cynisme, de l’opportunisme et de l’infamie.
Salah El Gharbi *
En lisant les commentaires sur les réseaux sociaux, on a le sentiment que les téléspectateurs, assis confortablement sur leurs canapés, confondent entre un téléjournal où le drame de la guerre, avec son lot de brutalité et de victimes innocentes et le spectacle d’un match de foot où l’on est amené à vibrer pour l’équipe chère à notre cœur.
Chez ces commentateurs, le spectacle poignant de ces familles libanaises, avec femmes et enfants, désertant leurs logements, condamnés à errer, désespérément, sur les routes, à la recherche de lieux sûrs, où s’abriter, c’était à peine si l’on y accorde de l’attention. Pour eux, ce qui comptait le plus, c’était d’apprendre que les roquettes ou les drones, lancés par Hezbollah, avaient bel et bien réussi à atteindre leurs cibles, provoquant des dégâts chez «l’Ennemi».
Ainsi, le sort de ces centaines de milliers de pauvres gens, qui n’avaient rien demandé et qui ne cherchaient qu’à vivre en paix, dans des conditions dignes, ne nous émeut guère. À quelques milliers de kilomètres du lieu de ces drames humains, au chaud, sirotant notre boisson préférée, on se laisse émerveiller par «le courage et l’audace de ces Combattants d’Allah», qui narguaient l’«Ennemi». Les enjeux politiques, économiques pour le Liban, les motivations idéologiques des uns et des autres, les intérêts financiers et stratégiques qui lient ces «militants» à l’«État des Mollahs», ces fous de Dieu, on n’a rien à cirer.
Damné par la géographie, malmené par l’Histoire
Pas de voix attendries pour exprimer leurs émois en faveur de ce pauvre petit pays qu’est le Liban, ce joyau du Moyen-Orient, damné par la géographie, malmené par l’Histoire et qui continue de gémir, victime du cynisme, de l’opportunisme et de l’infamie. Pourtant, créé par les Français, en 1920, séparé du mont Liban de la Syrie, le nouveau pays était censé protéger une communauté chrétienne pacifique, ouverte et dynamique qui, grâce à sa proximité avec l’Occident, allait être le creuset de la renaissance intellectuelle et littéraire du monde arabe.
Jibran Khalil Gibran, Jorge Zaydan, Elia Abou Madi, Mikhaïl Naïmy…, c’était avec eux, qu’une nouvelle sensibilité littéraire, au début du siècle dernier, allait enchanter les lecteurs arabes, alimenter l’inspiration de toute une génération de créateurs et contribuer à la familiariser avec des valeurs nouvelles comme la tolérance et l’humanisme.
D’ailleurs, j’ai encore souvenir qu’un jour, jeune élève, j’étais en train de lire ‘‘La Belle de Karbala’’, un roman de Jorge Zaydan, quand, soudain, bouleversé par un passage qui rendait compte de l’atroce meurtre de Houssein, le petit-fils du prophète, au cours de la bataille de Karbala, j’eus du mal à retenir mes larmes tellement la séquence était bouleversante.
Ce jour-là, j’ai appris à mon insu, l’extraordinaire pouvoir de la littérature et comment une scène écrite par un chrétien maronite, mettant en scène le tragique meurtre d’un grand symbole de l’Islam chiite, était parvenue à attendrir le jeune agnostique en herbes que j’étais, jusqu’à le faire pleurer.
Hélas, cette dynamique intellectuelle et culturelle humaniste allait, peu à peu, s’étioler, et cet esprit de tolérance et cette fraternité qui transcendaient les barrières confessionnelles ne tardèrent pas à être sacrifiées sur l’autel de la cupidité, de la lâcheté et de la barbarie.
État à la ramasse et population meurtrie
En effet, le fragile équilibre interconfessionnel finit, en 1948, par être bousculé par l’Histoire, avec l’exode de plus de 700 000 palestiniens, fuyant les actions d’intimidation et de terreur orchestrées par les activistes sionistes. Et la migration de cette population de civils, mais aussi de combattants, allait bouleverser, immanquablement, le fragile équilibre, aussi bien politique qu’interconfessionnel, de ce malheureux petit pays. Et ce bouleversement démographique ne tarda pas à engendrer un nouvel équilibre militaro-politique, à faire ressurgir les vieux démons de l’antagonisme confessionnel et à déstabiliser l’entente générale.
Obsédés par la haine que nous nourrissons pour l’«Ennemi», on n’est pas regardants sur les enjeux, ni sur les intérêts complexes, souvent crapuleux, des uns et des autres, sourds aux voix de la détresse des petites gens. Tant qu’on est au chaud, on continue à applaudir les combattants du «Parti d’Allah», vociférer contre les Israéliens et cautionner ceux qui, parmi les libanais et au nom de la «Résistance», prennent en otage, politiquement et militairement, un État à la ramasse et une population impuissante, déboussolée et meurtrie.
On le connaît poète, animant des émissions littéraires sur RTCI. Et voilà qu’il publie son premier roman. Quoi de plus naturel. Le premier roman de Moëz Majed ‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’ (Hykeyet Edition, Tunis, février 2026, 169 pages) se veut un récit à la croisée de l’autobiographie et de la réflexion littéraire.
Dans cette incursion dans l’écriture romanesque, l’auteur ne s’est pas défait de son identité de poète, bien au contraire, il a choisi de raconter une grande figure de la poésie du XXe siècle : Lorand Gaspar, le poète franco-hongrois qui a vécu (et exercé comme chirurgien), en Palestine et en Tunisie, où il a dirigé, dans les années 1980, une revue littéraire ‘‘Alif’’ qui permit l‘éclosion de nombreux talents littéraires tunisiens.
Mais est-ce vraiment un roman sur Lorand Gaspar? Cela n’est pas si sûr, tant il y a d’autres niveaux de lectures et d’autres personnages qui traversent ce récit et qui laissent le lecteur hésitant entre des mondes distincts et pourtant liés les uns aux autres dans une narration archipélique cimentée par un concept sociologique créé par Mark Granovetter à la fin du siècle dernier : la force des liens faibles
‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’, Moez Majedraconte son propre parcours, marqué par une enfance exigeante, notamment à travers la relation forte, parfois dure, qu’il entretient avec son père, un intellectuel passionné de littérature, le célèbre poète Jaafar Majed.
Au fil du livre, cette histoire personnelle se mêle à une fascination pour Lorand Gaspar, poète discret et difficile à cerner, dont la vie a été marquée par l’exil, la guerre et une quête constante de sens.
L’auteur cherche à comprendre qui il était vraiment, mais se rend compte que Gaspar reste insaisissable, comme s’il n’avait laissé que des fragments de lui-même derrière lui. Cette recherche devient alors plus profonde : ce n’est plus seulement une enquête sur un poète, mais une réflexion sur soi.
À travers cette obsession, l’auteur explore son propre rapport à la figure paternelle, à la transmission, et à ce que l’on hérite, consciemment ou non, de ceux qui nous ont précédés.
Le livre aborde aussi des thèmes plus larges comme la littérature, la traduction et la création. Il suggère que toute écriture est une forme de transformation, une manière de traduire le réel et de lui donner un sens personnel.
C’est un texte à la fois intime et réfléchi, qui parle de mémoire, d’identité et de quête personnelle, tout en rendant hommage à une grande figure de la poésie.
Le congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a démarré ce mercredi 25 mars 2026 à Monastir sous de mauvais auspices avec la poursuite du climat de suspicions et de divisions qui règne au sein de l’organisation syndicale depuis quelques années.
Le coordinateur de l’opposition syndicale, Taïeb Bouaicha, a d’ailleurs critiqué les conditions dans lesquelles se déroule ce congrès, le qualifiant d’«illégal et illégitime». Ce congrès ne contribuerait pas à résoudre la crise au sein du mouvement syndical, mais l’exacerberait, a-t-il soutenu, soulignant que l’objectif de l’opposition était d’empêcher sa tenue.
Intervenant dans l’émission «Houna Tounes» de Diwan FM, M. Bouaicha a expliqué que des membres de l’opposition syndicale s’étaient rassemblés devant le lieu du congrès, où une altercation a éclaté avec la direction, qui leur a d’abord interdit l’accès à la salle. Ils ont finalement été autorisés à y entrer.
Un nombre de membres dissidents du syndicat comptaient saisir les tribunaux si la conférence était organisée «par la force», a-t-il expliqué, arguant que la nouvelle direction, dans ce cas, serait «entravée» par des recours juridiques, compte tenu de ce qu’il a décrit comme une fracture et un manque de confiance entre la base syndicale et les instances dirigeantes.
Par ailleurs, Bouaicha a souligné que le dépassement de la crise syndicale exigeait l’implication de toutes les structures syndicales et la convocation d’un conseil national dans un délai de six mois, précédée d’un dialogue approfondi aux niveaux régional et local, ainsi que d’assemblées générales de travailleurs, afin d’analyser la crise et de proposer des solutions.
Le dirigeant syndicaliste a également appelé à la destitution des responsables de la crise, tout en insistant pour que ces derniers rendent des comptes à la base syndicale.
Les dissidents reprochent notamment à la direction actuelle, rassemblée autour du secrétaire général sortant Noureddine Taboubi, d’avoir tripatouillé le règlement intérieur de l’organisation, au cours du précédent congrès, pour faire sauter le verrou de la limitation à deux des mandats au secrétariat général afin de s’offrir une prolongation indue et illégale.
Le conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie a indiqué ce mercredi 25 mars 2026, dans un communiqué, avoir reçu notification officielle du retrait de certains lots de lait infantile Aptamil, en précisant que les autres lots disponibles sur le marché sont conformes aux normes européennes en vigueur.
Ce retrait est limité à certains lots et n’affecte pas l’ensemble des produits, a-t-il expliqué, ajoutant qu’il constitue, d’après les données techniques fournies, une mesure de précaution volontaire prise par le fabricant dans le cadre de sa démarche d’amélioration continue de ses formulations et de leur mise en conformité avec les dernières recommandations scientifiques et normes en vigueur sur le marché européen.
Tous les lots non conformes ont été retirés des pharmacies, a rassuré le Conseil, confirmant qu’ils ne présentent aucun risque pour la santé des nourrissons.
Le communiqué précise que les produits Aptamil 1, 2 et 3 pourraient connaître de légères perturbations d’approvisionnement jusqu’à la première semaine d’avril 2026, et que ces produits seront disponibles conformément aux dernières normes européennes.
Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie a exhorté les parents à se fier aux informations officielles et à ne pas se laisser induire en erreur par les rumeurs ou les interprétations erronées circulant sur les réseaux sociaux. Il leur a également conseillé de contacter directement le médecin de leur nourrisson ou d’appeler le numéro vert indiqué sur l’emballage : 3300351 pour toute question.
Aptamil est une marque du groupe Danone via Nutricia. Elle propose une gamme de laits infantiles (1er âge, suite, croissance) adaptés aux besoins nutritionnels des bébés de 0 à plus de 2 ans.
Le Tunisia Africa Business Council (TABC) a organisé, ce mercredi 25 mars 2026 à son siège, une conférence de presse consacrée à la présentation de la 9ᵉ édition de la Conférence internationale Financing Investment and Trade in Africa (Fita2026), qui se tiendra les 28 et 29 avril 2026 à Tunis.
La rencontre a été l’occasion de dévoiler les grandes orientations de Fita2026, placée sous le thème : «Chaînes de valeur africaines : développer des leviers stratégiques pour la transformation du continent».
Dans un contexte où l’Afrique cherche à renforcer son industrialisation, à valoriser ses ressources localement et à accélérer son intégration économique, Fita2026 met l’accent sur le rôle structurant des chaînes de valeur en tant que moteur de transformation économique, de création d’emplois qualifiés et de développement durable.
Une forte mobilisation internationale
Le programme de Fita2026 s’articule autour de plus de 30 sessions réparties sur deux journées, comprenant des panels ministériels et stratégiques consacrés aux infrastructures, à l’industrialisation, au financement et au commerce intra-africain ; des panels thématiques abordant notamment les corridors énergétiques, l’intelligence artificielle, le droit de l’investissement et les technologies vertes ; des side events organisés avec des partenaires internationaux, mettant en avant des opportunités concrètes d’investissement, notamment avec le Canada (pays invité d’honneur international), la Guinée (pays invité d’honneur africain), ainsi que plusieurs pays africains.
Plusieurs workshopsporteront sur l’innovation, l’entrepreneuriat, le textile, l’emploi et les startups africaines.
Il est prévu aussi une Deal Room dédiée à la mise en relation entre porteurs de projets et investisseurs, à travers des rencontres ciblées favorisant la concrétisation de partenariats, ainsi que des rencontres BtoB, BtoG et BtoI visant à renforcer les échanges économiques et les opportunités d’affaires.
Le programme prévoit également une cérémonie de signature de conventions de partenariat, ainsi qu’une session de clôture consacrée aux recommandations stratégiques et aux perspectives futures.
Fita2026se distingue par une mobilisation internationale, avec la participation attendue de décideurs publics, d’institutions financières, d’investisseurs, de patronats, de chambres de commerce, d’entreprises et d’experts, en provenance de plusieurs pays africains, européens, américains et asiatiques.
Plusieurs délégations officielles et économiques prendront également part à l’événement, témoignant de l’intérêt croissant pour le développement de partenariats économiques structurants à l’échelle du continent.
Mobilisation des entreprises tunisiennes
À travers Fita2026, le TABC lance un appel aux entreprises tunisiennes, tous secteurs confondus, à saisir les opportunités offertes par cette plateforme unique.
Dans un contexte où l’Afrique constitue un marché en pleine croissance et un espace stratégique pour le développement des exportations, l’internationalisation et l’investissement, Fita2026représente une opportunité concrète pour identifier de nouveaux marchés et partenaires en Afrique, accéder à des projets structurants à fort potentiel d’investissement, renforcer leur positionnement dans les chaînes de valeur africaines, développer des partenariats industriels, commerciaux et financiers durables, bénéficier de rencontres ciblées avec des décideurs publics, des investisseurs et des institutions internationales
Le TABC encourage ainsi vivement les opérateurs économiques tunisiens à participer activement à cette édition, à s’inscrire dès à présent et à tirer pleinement profit des nombreuses opportunités de networking, de financement et de développement de projets.
La Galerie Alexandre Roubtzoff à La Marsa organise une exposition d’hommage à Habib Bouabana (1942–2002), figure libre et incontournable de la peinture tunisienne à la seconde moitié du 20e siècle.
Peintre maudit, surnommé le «Modigliani tunisien», Habib Bouabana fut un artiste à part, bohème et profondément engagé dans son art. Portraitiste majeur, dans la lignée d’Ammar Farhat, il a su imposer un langage pictural singulier, mêlant poésie, spontanéité et esprit de révolte. Sa peinture, instinctive et indisciplinée, explore avec intensité les formes et les couleurs, donnant naissance à un univers à la fois dérangeant et profondément humain.
À travers cette exposition, la galerie réunit un ensemble d’œuvres provenant de collections privées, conservées depuis plus de 30 ans par des amateurs et proches de l’artiste. Cette sélection met en lumière la richesse et la diversité de son travail, allant des acryliques sur toile aux œuvres sur papier et aux dessins, dans des formats variés.
Plus qu’un hommage, cette exposition est une redécouverte d’un artiste qui a su affirmer son «non» face aux conventions, laissant une empreinte forte dans l’histoire de l’art contemporain en Tunisie. Aujourd’hui, ses œuvres suscitent un intérêt croissant auprès des collectionneurs, tant pour leur puissance expressive que pour leur valeur patrimoniale.
L’exposition sera ouverte du 28 mars au 18 avril 2026, tous les jours sauf dimanche.
Alors que la guerre israélo-américaine contre l’Iran est à sa quatrième semaine, les calculs et les considérations en coulisses ayant aboutis à son déclenchement continuent d’être dévoilés et il devient de plus en plus évident que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a joué un rôle décisif en poussant le président américain Donald Trump à s’engager dans cette aventure.(Photo: Des Iraniens observent les destructions provoquées par les raids israélo-américains sur Téhéran).
Imed Bahri
Selon le New York Times, le directeur du Mossad David Barnea aurait affirmé à Netanyahu, lors des préparatifs de l’attaque conjointe, qu’il pouvait déclencher un soulèvement en Iran qui renverserait le régime et mettrait fin rapidement à la guerre.
Le journal cite des sources américaines selon lesquelles Netanyahu aurait adopté le plan du Mossad et convaincu Trump que l’objectif affiché était réaliste. Cependant, quelques jours après le début du conflit, Netanyahu semblait frustré, constatant que la promesse n’avait pas été tenue et craignant chaque jour davantage que Trump ne mette fin à la guerre.
Barnea prétendait que son service était en mesure de galvaniser l’opposition iranienne, déclencher des émeutes et autres actes de rébellion susceptibles d’entraîner la chute du régime iranien. Il a également présenté cette proposition à de hauts responsables de l’administration Trump lors d’une visite à Washington à la mi-janvier.
Le NYT explique que malgré le scepticisme de hauts responsables américains quant à la faisabilité du plan, Netanyahu et Trump l’ont adopté avec optimisme. Ils pensaient qu’assassiner les dirigeants iraniens dès le début du conflit combiné à une série d’opérations de renseignement visant à encourager un changement de régime, entraînerait un soulèvement populaire qui mettrait rapidement fin à la guerre.
La «révolution» toujours attendue
Le quotidien américain rappelle que Trump avait auparavant exhorté les Iraniens, au début du conflit, à prendre leur destin en main et à s’emparer du pouvoir, après leur avoir conseillé de se mettre à l’abri des bombardements.
La guerre est dans sa quatrième semaine et aucune révolution n’a éclaté en Iran et, selon les évaluations des services de renseignement israéliens et américains, le régime iranien est aujourd’hui affaibli mais intact et la crainte de la répression a réduit la probabilité d’un soulèvement ou de l’entrée de groupes armés étrangers.
Le NYT, s’appuyant sur douze sources aux États-Unis, en Israël et ailleurs (principalement de hauts responsables en fonction ayant pour la plupart requis l’anonymat), avertit que, malgré la conviction qu’Israël et les États-Unis pourraient contribuer à déclencher de nouvelles manifestations en Iran, voire une véritable rébellion, la réalité est tout autre. Au lieu de se désintégrer de l’intérieur, le gouvernement iranien s’est retranché dans ses positions, a intensifié le conflit et a pris pour cible des camps, des villes, des navires et des installations énergétiques dans le Golfe.
Depuis le premier discours de Trump, les cercles officiels américains ont largement abandonné le débat sur un changement de régime en Iran même si certains l’espèrent encore.
Des frustrations en coulisses
Netanyahu affirme toujours que la campagne aérienne sera appuyée par des forces terrestres. «On ne peut pas faire de révolutions depuis les airs, il faut une composante terrestre et plusieurs possibilités existent à cet égard que nous ne dévoilerons pas ici. Il est trop tôt pour dire si le peuple iranien profitera des conditions que nous créons pour descendre dans la rue, et je l’espère, car nous œuvrons à cet objectif. Mais en fin de compte, cela dépend de vous, peuple iranien», a déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse jeudi 19 mars.
Cependant, Netanyahu lui-même a exprimé sa frustration en coulisses quant à l’incapacité du Mossad à tenir ses promesses d’inciter à un soulèvement en Iran. Lors d’une réunion de sécurité quelques jours après le début de la guerre, Netanyahu s’est exclamé avec colère que Trump pouvait arrêter la guerre du jour au lendemain et que les opérations du Mossad n’avaient encore rien donné.
Si de nombreux détails du plan du Mossad restent classifiés, l’un de ses volets prévoyait l’instrumentalisation des minorités surtout les groupes armés kurdes avec lesquels le Mossad entretient des liens historiques, option non utilisée jusque-là.
L’ancien chef du Mossad Yossi Cohen a déclaré au NYT avoir abandonné l’idée d’encourager une révolution iranienne et a réduit les ressources financières qui y étaient allouées après avoir conclu qu’il faudrait que des millions de personnes descendent dans la rue, comme lors de la révolution de 1979, ce qui est un scénario peu probable.
Cependant, Barnea a modifié la stratégie du Mossad l’an dernier, face à la probabilité accrue d’une opération militaire israélo-américaine conjointe, en allouant des ressources considérables à un changement de régime par la création du chaos en Iran après une guerre violente et l’assassinat de ses dirigeants.
Même si la révolution n’a pas encore eu lieu et même si Netanyahu n’est pas satisfait du fait que le plan du Mossad n’a pas pu aboutir jusque-là, les milieux israéliens n’ont toujours pas perdu espoir.
Aucun organisme officiel israélien n’a encore commenté les informations publiées dans le NYT. De son côté, l’ancien chef de la division politico-sécuritaire du ministère de la Défense, le général Amos Gilad, s’est contenté de déclarer que l’expérience passée avait démontré l’échec des tentatives de changement de régime par la force militaire, faisant allusion au Liban lors de la guerre israélienne de 1982.
L’auteur de ‘‘Target Iran’’, Scott Ritter, est un ex-officier des services de renseignements des Marines américains, en Irak lors de la guerre du Golfe, devenu inspecteur des Nations-Unies en Irak entre 1994 et 1998. Son livre publié en 2006, s’est avéré prophétique. Ainsi la campagne militaire actuelle américano-sioniste contre l’Iran avait déjà été envisagée dans ses moindres détails par l’administration du président Bush fils immédiatement après les attaques du 11 septembre 2001, lorsqu’il avait désigné les pays composant l’axe du mal, l’Irak, l’Iran, et la Corée du Nord, puis défini la nouvelle doctrine américaine de défense, celle de la guerre préventive, qu’Israël n’avait jamais cessé d’appliquer depuis sa création en 1948.
Dr Mounir Hanablia *
Le premier élément de l’axe du mal de Bush, la Corée du Nord, finit par quitter le traité de non-prolifération nucléaire lorsqu’il apparut évident à son président que l’aide économique promise à son pays contre l’abandon de son programme nucléaire n’était qu’un chantage déguisé destiné à lui faire quitter le pouvoir.
Il faut dire que la Corée du Nord n’étant pas un Etat riche n’intéressait que peu l’administration américaine qui estimait les troupes dont elle disposait en Corée du Sud suffisantes pour brider les gesticulations belliqueuses du voisin nordiste dont on avait appris à s’accommoder des quelques essais balistiques ou nucléaires comme autant de nuisances ennuyeuses mais sans conséquences.
L’Iran dans le viseur depuis 1994
Les Etats Unis et Israël avaient déjà l’Iran dans le viseur depuis 1994 lorsque les Iraniens avaient tenté de se fournir en missiles sur le marché ex soviétique après l’implosion de l’Union Soviétique, puis essayé une collaboration dans les domaines balistique et nucléaire avec la Corée du Nord qui avait finalement tourné court.
En fait, l’Etat sioniste depuis cette époque, grâce à ses puissants relais américains, en utilisant comme relais un soi-disant Conseil de la résistance iranienne pourtant investi par une organisation labellisée terroriste par le Département d’Etat , Mujahedin Khalq, n’a cessé d’attirer l’attention sur les dangers selon lui représentés par le programme nucléaire iranien visant à développer la bombe atomique, particulièrement lorsque l’administration américaine a commencé en 2002 à préparer son opinion publique à une prochaine campagne militaire contre l’Irak de Saddam Hussein.
En fait, les Israéliens étaient parfaitement conscients que l’Irak ne représentait plus aucune menace militaire crédible, mais les gesticulations guerrières de leur puissant allié dans l’après 11-Septembre et la frénésie de la guerre mondiale contre le terrorisme concordaient avec leurs desseins, non seulement d’interrompre le programme nucléaire iranien, mais aussi et surtout d’abattre le régime des Mollahs. Et à ce titre l’invasion de l’Irak en 2003 et la chute de Saddam Hussein avaient constitué le précédent nécessaire, par l’usage d’une campagne de désinformation aussi massive que les armes de destruction en servant de prétexte et finalement demeurées introuvables.
Or depuis l’occupation de ce pays, il apparaissait que le régime iranien voisin de l’Irak constituerait inévitablement la prochaine cible du bellicisme américain. D’autant que l’Iran, signataire du traité de non-prolifération nucléaire, commençait sur la question de l’enrichissement de son uranium à avoir maille à partir avec les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), aiguillonnés par l’administration américaine et son bouillant représentant à l’Onu, le néo-conservateur John Bolton, auteur de la fameuse étude dite ‘‘American New Century’’.
L’Iran avait accepté de se soumettre aux inspections de l’AIEA parce que la Troïka européenne composée de la France, la Grande-Bretagne, et l’Allemagne, lui avaient reconnu par la déclaration de Téhéran le droit à disposer du nucléaire, conformément aux lois internationales qui n’excluaient pas l’enrichissement du combustible. Néanmoins, ils en avaient demandé l’arrêt, étant susceptible de conduire à la production de la bombe atomique, en assurant qu’en échange ils collaboreraient au programme nucléaire iranien, qu’ils établiraient avec le pays des relations commerciales sans restriction, tout en facilitant son adhésion à l’Organisation internationale du commerce (OIC).
Mais c’était compter sans la détermination américano-israélienne de torpiller tout effort de conciliation, d’abord en niant les droits de l’Iran, en prenant comme prétexte l’existence d’un programme nucléaire secret dont l’AIEA n’aurait pas connaissance, avec pour preuves les traces d’uranium fortement enrichi détectés par les inspecteurs ainsi que la disparition d’un kilo et demi de combustible.
Le tandem américano-israélien exigeait de l’AIEA le transfert du dossier au Conseil de Sécurité de l’Onu afin que ce dernier prenne les mesures de rétorsion nécessaires, pouvant aller comme dans le cas de l’Irak à l’intervention militaire.
Or pour l’Agence l’Iran avait certes tenté de dissimuler certains aspects de son programme, mais rien dans le droit international ne lui faisait obligation de se soumettre aux inspections auxquelles d’une manière générale il avait collaboré sans jamais renoncer à la possibilité d’y mettre fin.
Néanmoins ce que demandaient les Américains c’était d’apporter la preuve que l’Iran n’était pas en train d’acquérir l’arme nucléaire, et naturellement l’Agence n’était pas en mesure de le faire.
Un climat de défiance générale
En fait, il est apparu que l’intransigeance américano-israélienne sur le nucléaire avait pour objectif d’instaurer le climat de défiance générale qui conduirait comme dans le cas précédent à l’intervention militaire et au remplacement du régime iranien par un autre, soumis et prooccidental ; au nom de la libération du peuple de ses oppresseurs.
Cependant ce plan de déstabilisation fut mis à mal par les difficultés rencontrées par les occupations en Irak et en Afghanistan, devenues rapidement impopulaires en Amérique même et occasionnant des pertes humaines et matérielles exorbitantes.
Dans ces conditions il est apparu que la campagne envisagée contre le troisième élément de l’axe du mal était au-dessus des forces à la disposition d’une administration aussi belliciste que celle de Bush fils.
Néanmoins la résistance en Irak fut portée au passif du régime iranien qui en fut tenu pour responsable, tout comme il le fut lorsque le Hezbollah s’opposa victorieusement à l’invasion israélienne, d’abord en obligeant les envahisseurs à évacuer le sud Liban après 18 ans d’occupation en 2000, ensuite en les empêchant de le réoccuper en 2006 lors de la guerre des 33 jours.
C’est ainsi que l’Iran, en plus du contentieux sur le nucléaire fut dès lors considéré par le Lobby sioniste et ses alliés néoconservateurs américains comme la tête de tous les mouvements de résistance contre l’occupation américano-sioniste, dans les différents pays occupés, qu’il conviendrait d’écraser préalablement pour établir le nouveau Moyen-Orient sous pavillon israélien.
Le monde vers l’abime
Le livre s’est conclu sur la nécessité pour l’Amérique de dissocier ses intérêts de ceux d’Israël et de mettre un terme à l’influence néfaste du lobby pro-israélien sur la politique américaine.
Cependant, c’est en tenant compte de l’importance de l’Iran que le président Obama préféra en 2015, en collaborant avec les Européens, résoudre la question du nucléaire dans ce pays par le Plan d’action globale conjoint, un contrôle international en échange d’une levée progressive des sanctions économiques, en dépit des véhémentes protestations de Netanyahou. Ce à quoi Obama aurait répondu ; «si on ne le fait pas ce sera la guerre et les missiles iraniens pleuvront sur Israël».
Le premier ministre israélien eut le dernier mot lorsque Donald Trump se retira de l’accord conclu par son prédécesseur en aggravant les sanctions internationales. Et il finit par l’entraîner dans une guerre qu’aucun intérêt américain ne justifiait.
Nous en sommes actuellement à une trêve de cinq jours dont rien ne dit qu’elle sera définitive et à de nouvelles négociations. Lorsqu’on a vu la tournure prise par les précédentes, on ne peut pas être très optimistes.
Le président américain aurait-il pris la mesure des dégâts causés à l’économie de son propre pays par la hausse vertigineuse des prix des hydrocarbures consécutive à la fermeture du Détroit d’Ormuz ? Même le bombardement de la centrale nucléaire de Dimona ne semble pas avoir mis fin à la folie meurtrière d’un premier ministre israélien probablement en proie à un syndrome de Massada évolué. Jusqu’à quand une poignée de sionistes criminels auront ils toute latitude de conduire le monde vers l’abime ?
‘‘Target Iran: The Truth About the White House’s Plans for Regime Change’’, de Scott Ritter, Nation Books, 12 septembre 2006, 316 pages.
Le Plan 2026-2030, finalisé et prochainement soumis au Parlement, place les banques publiques au cœur du financement de ses ambitions. Transition énergétique, soutien aux PME, investissement productif : des objectifs légitimes. Mais une question dérangeante reste sans réponse : ces institutions ont-elles le capital humain nécessaire pour les exécuter ? Les chiffres disponibles invitent au doute.
Abdelwaheb Ben Moussa *
Dans une tribune publiée sur Kapitalis, j’alertais sur le verrou bureaucratique qui étouffe l’investissement en Tunisie. La réforme de l’administration est une condition nécessaire. Elle n’est pas suffisante.
Il existe un second verrou, moins visible, tout aussi paralysant : la gouvernance du capital humain dans les banques publiques chargées de financer l’économie.
Ce n’est pas une question secondaire. Ce sont ces institutions qui orientent le crédit, stabilisent le système financier et fluidifient l’investissement productif. Quand elles dysfonctionnent, c’est l’ensemble de la chaîne de transmission des politiques économiques qui se grippe. Et les signaux de dysfonctionnement s’accumulent.
Un brain drain silencieux qui saigne le secteur
Le premier chiffre à retenir : selon un rapport de l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites), près de 95 000 Tunisiens hautement qualifiés ont quitté le pays entre 2011 et 2021. Le gouverneur de la Banque Centrale estimait en avril 2024 que ce phénomène coûte 200 millions de dollars par an à l’économie nationale.
Dans le secteur bancaire, ce phénomène est aggravé par trois facteurs combinés : l’érosion des salaires réels par l’inflation, la dépréciation du dinar et des perspectives de carrière bridées par des structures peu méritocratiques.
Les banques publiques, contraintes dans leur politique salariale par leurs tutelles, sont les plus exposées. Les meilleurs profils partent. Et leur remplacement coûte entre une et deux fois leur salaire annuel — une perte invisible dans les bilans, bien réelle dans les capacités opérationnelles.
Quatre risques RH qui convergent
La fragilité du capital humain dans les banques publiques s’organise autour de quatre dimensions. Organisationnelle d’abord : turnover des talents, absence de plans de succession pour les postes critiques, écart générationnel croissant entre des effectifs seniors formés à la banque de guichet et des exigences actuelles en data, en cybersécurité et en finance structurée.
Financière ensuite : dans certaines entités, la masse salariale dépasse 55 % des charges d’exploitation, soit bien au-delà de la norme sectorielle internationale de 40 à 45 %. Un ratio qui grève la compétitivité sans pour autant se traduire par une meilleure performance.
Technologique également : des systèmes d’information fragmentés, une résistance culturelle à l’intelligence artificielle, des accès mal gérés qui exposent les institutions aux cyberattaques. Installer un système performant dans une organisation dont les circuits décisionnels sont fragmentés ne règle rien — cela ne fait que numériser le dysfonctionnement.
Enfin, et c’est la plus structurelle des fragilités : l’ingérence dans les nominations. Elle crée des asymétries de compétences au sommet, démotive les cadres méritocratiques et installe une culture où la prudence excessive devient la norme de comportement — un poison lent pour toute institution chargée de prendre des décisions économiques rapides et fondées.
Une réforme conditionne toutes les autres
Ces quatre dimensions partagent une racine commune : une gouvernance du capital humain insuffisamment structurée.
Dans toute institution financière, la performance résulte d’une chaîne claire : identifier le risque, l’évaluer, l’arbitrer, en assumer la responsabilité. Quand cette chaîne est fragmentée, chaque maillon en pâtit.
Réformer ne signifie pas tout centraliser. Cela signifie clarifier trois choses : qui décide quoi, selon quels critères documentés, et avec quelle responsabilité réelle.
Une décision de recrutement qui nécessite six niveaux de validation, une promotion fondée sur l’équilibre informel des influences plutôt que sur la performance, une procédure interne qui ne s’applique pas uniformément — ce sont autant de signaux d’une gouvernance qui étouffe l’initiative et décourage les talents.
Deux scénarios et une seule sortie
Sans réforme de la gouvernance du capital humain, le Plan 2026-2030 affronte deux risques symétriques. Soit la prudence excessive s’installe : le crédit circule au ralenti, les dossiers s’accumulent, les projets se financent ailleurs ou ne se financent pas. Soit, sous pression politique, une prise de risque mal structurée compense l’immobilisme précédent — au prix d’équilibres financiers déjà fragiles.
La sortie par le haut est connue : une gouvernance clarifiée génère de la prévisibilité, la prévisibilité génère la confiance, la confiance génère l’investissement. Ce cercle vertueux n’est pas une formule abstraite — c’est la condition concrète pour que les ambitions du Plan trouvent un bras armé à la hauteur.
La Tunisie ne manque pas de plans. Elle manque d’institutions capables de les exécuter. Et cette capacité se construit — ou se détruit — dans les banques publiques, chaque jour, par des décisions de recrutement, de nomination et d’arbitrage qui ne font jamais la une des journaux.**
* Ingénieur informatique et cadre bancaire.
** Cet article a été rédigé avec l’assistance d’un outil d’intelligence artificielle pour l’affinement du style, la structuration du propos et la vérification des données.
La 4ᵉédition des Rencontres sectorielles du Cetime, dédiée au secteur des industries électriques, électroniques et mécatroniques, se tiendra le jeudi 26 mars 2026 au siège de l’Utica, sous le thème : «Le Cetime, votre partenaire stratégique pour réussir la transition énergétique et écologique».
Après le succès de la 1ère édition de ces rencontres organisée le 27 février 2025, le Cetime souhaite poursuivre cette initiative de réflexion et d’échange collaboratif visant à élaborer et à mettre en œuvre les recommandations concrètes au profit des secteurs industriels.
Ces rencontres, organisées en collaboration avec l’Utica, Fedelec, Cluster Elentica, Cluster Mécatronic, Tunisian Automotive Association, CRMN, Novation City, Insat et Tunac, sont une plateforme de networking, conçue pour encourager les échanges et les collaborations entre les acteurs des différents secteurs industriels, les incitant à débattre des enjeux spécifiques, à explorer des opportunités de partenariats et à stimuler l’innovation. L’objectif principal est de renforcer les liens entre acteurs publics et privés, tout en facilitant l’émergence de solutions concrètes, adaptées et durables. Cette approche collaborative favorise la création de projets mesurables et pérennes.
Cette édition s’inscrit dans un contexte national et international marqué par l’accélération des politiques de transition énergétique et écologique, l’augmentation des exigences en matière de décarbonation industrielle et l’entrée en vigueur du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), la montée des exigences en matière d’efficacité énergétique et d’économie circulaire, et le renforcement de la compétitivité des entreprises du secteur des industries électriques, électroniques et mécatroniques par l’intégration de solutions innovantes et durables.
Créé en 1982 pour accompagner le développement du secteur industriel en Tunisie, le Cetime emploie plus de 120 personnes et dispose de 2 directions régionales à Sousse et à Sfax ; 18 laboratoires de contrôle pour offrir aux industriels les prestations d’analyse et d’essais dans ses domaines de compétence ; une équipe technique compétente qui assure des missions, d’expertises, de conseil, d’assistance, d’accompagnement, de formation et de qualification du personnel des entreprises industrielles.
La disponibilité de données fiables sur les sols constitue un fondement technique essentiel pour orienter les politiques agricoles et appuyer les systèmes de production. A cet effet, le renforcement des capacités analytiques des laboratoires nationaux s’inscrit dans les priorités institutionnelles liées à la gestion durable des ressources naturelles.
Dans ce contexte, une formation technique dédiée à la chimie humide appliquée à l’analyse des sols s’est ouverte le 23 mars 2026, au Laboratoire central d’analyses des sols à Tunis.
Organisée par la FAO, en partenariat avec la Direction générale de l’aménagement et de la conservation des terres agricoles (Dgacta), cette activité s’inscrit dans le cadre du programme SoilFER, financé par le Japon. Elle vise à renforcer les capacités nationales en matière de production de données fiables pour une gestion durable des sols et s’appuie sur des dispositifs techniques visant l’harmonisation et la qualité des analyses des sols.
Le projet « Améliorer la gestion intégrée des sols et des cultures pour des systèmes alimentaires durables en Afrique », mis en œuvre dans le cadre du programme SoilFER (« Cartographie des sols au service de systèmes agroalimentaires résilients en Afrique et en Amérique centrale »), appuie le renforcement des capacités techniques nationales. Nora Berrahmouni, directrice adjointe de la Division Terre et Eau de la FAO annonce que « plus de 3 000 échantillons de sols ont été collectés en étroite collaboration avec les partenaires nationaux», ajoutant que «le renforcement des capacités analytiques des laboratoires constitue un élément clé pour améliorer la qualité des diagnostics et soutenir des décisions fondées sur des données fiables».
Vers des protocoles analytiques harmonisés
Cette formation vise à améliorer les compétences analytiques en chimie humide du personnel des laboratoires d’analyses des sols, tant au niveau du laboratoire central que des structures régionales. Elle met l’accent sur l’application de protocoles analytiques harmonisés, la validation des méthodes en conditions de laboratoire et le respect des procédures opératoires normalisées.
Cette initiative contribue à améliorer la disponibilité, la qualité et la comparabilité des données pédologiques, nécessaires à l’élaboration de diagnostics fiables et à l’appui à la prise de décision par les autorités nationales et les acteurs du secteur agricole. Elle s’inscrit également dans un processus d’alignement avec les standards internationaux en matière de qualité analytique et de traçabilité des résultats.
Rafla Attia, directrice des ressources en sols à la Dagcta, a souligné que les progrès réalisés depuis le démarrage du projet reflètent l’engagement des institutions nationales et la coordination entre les différentes parties prenantes impliquées.
Cette session constitue le premier volet d’un cycle de formations comprenant quatre sessions en chimie humide, ainsi qu’une formation complémentaire en chimie sèche (spectroscopie). Elle adopte une approche pratique visant à consolider les bonnes pratiques de laboratoire, renforcer les dispositifs d’assurance qualité et promouvoir le respect des normes de sécurité.
Les activités de formation prévues se poursuivront conformément au calendrier établi, avec l’objectif de renforcer progressivement les capacités techniques des laboratoires partenaires. Ces actions devraient contribuer à une meilleure harmonisation des pratiques analytiques à l’échelle nationale et à la consolidation des systèmes d’information sur les sols, en appui aux politiques agricoles et à la gestion durable des ressources naturelles.
La chambre criminelle spécialisée en matière de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a rejeté lundi 24 mars 2026 la demande de mise en liberté de l’homme d’affaires Maher Chaabane, actif dans les secteurs de l’immobilier et des travaux, et décidé de reporter à une date ultérieure le procès de M. Chaabane et de ses co-accusés, dans une affaire de corruption et de blanchiment d’argent présumés, indique Diwan FM, citant une source judiciaire.
Cette affaire fait suite à une décision antérieure de la chambre d’instruction spécialisée en matière de corruption financière de la cour d’appel de Tunis, qui avait renvoyé les accusés devant la chambre criminelle.
Les accusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs en vue d’attaquer des biens et des personnes, et pour abus de fonction publique afin d’obtenir un avantage illégal et de nuire à l’administration.
L’acte d’accusation parle également de corruption et de faux et usage de faux.
Maher Chaâbane a, déjà, été condamné à une peine de deux ans de prison ferme dans le cadre d’une affaire concernant la constitution de produits illicites à l’étranger sans autorisation de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).