La disponibilité de données fiables sur les sols constitue un fondement technique essentiel pour orienter les politiques agricoles et appuyer les systèmes de production. A cet effet, le renforcement des capacités analytiques des laboratoires nationaux s’inscrit dans les priorités institutionnelles liées à la gestion durable des ressources naturelles.
Dans ce contexte, une formation technique dédiée à la chimie humide appliquée à l’analyse des sols s’est ouverte le 23 mars 2026, au Laboratoire central d’analyses des sols à Tunis.
Organisée par la FAO, en partenariat avec la Direction générale de l’aménagement et de la conservation des terres agricoles (Dgacta), cette activité s’inscrit dans le cadre du programme SoilFER, financé par le Japon. Elle vise à renforcer les capacités nationales en matière de production de données fiables pour une gestion durable des sols et s’appuie sur des dispositifs techniques visant l’harmonisation et la qualité des analyses des sols.
Le projet « Améliorer la gestion intégrée des sols et des cultures pour des systèmes alimentaires durables en Afrique », mis en œuvre dans le cadre du programme SoilFER (« Cartographie des sols au service de systèmes agroalimentaires résilients en Afrique et en Amérique centrale »), appuie le renforcement des capacités techniques nationales. Nora Berrahmouni, directrice adjointe de la Division Terre et Eau de la FAO annonce que « plus de 3 000 échantillons de sols ont été collectés en étroite collaboration avec les partenaires nationaux», ajoutant que «le renforcement des capacités analytiques des laboratoires constitue un élément clé pour améliorer la qualité des diagnostics et soutenir des décisions fondées sur des données fiables».
Vers des protocoles analytiques harmonisés
Cette formation vise à améliorer les compétences analytiques en chimie humide du personnel des laboratoires d’analyses des sols, tant au niveau du laboratoire central que des structures régionales. Elle met l’accent sur l’application de protocoles analytiques harmonisés, la validation des méthodes en conditions de laboratoire et le respect des procédures opératoires normalisées.
Cette initiative contribue à améliorer la disponibilité, la qualité et la comparabilité des données pédologiques, nécessaires à l’élaboration de diagnostics fiables et à l’appui à la prise de décision par les autorités nationales et les acteurs du secteur agricole. Elle s’inscrit également dans un processus d’alignement avec les standards internationaux en matière de qualité analytique et de traçabilité des résultats.
Rafla Attia, directrice des ressources en sols à la Dagcta, a souligné que les progrès réalisés depuis le démarrage du projet reflètent l’engagement des institutions nationales et la coordination entre les différentes parties prenantes impliquées.
Cette session constitue le premier volet d’un cycle de formations comprenant quatre sessions en chimie humide, ainsi qu’une formation complémentaire en chimie sèche (spectroscopie). Elle adopte une approche pratique visant à consolider les bonnes pratiques de laboratoire, renforcer les dispositifs d’assurance qualité et promouvoir le respect des normes de sécurité.
Les activités de formation prévues se poursuivront conformément au calendrier établi, avec l’objectif de renforcer progressivement les capacités techniques des laboratoires partenaires. Ces actions devraient contribuer à une meilleure harmonisation des pratiques analytiques à l’échelle nationale et à la consolidation des systèmes d’information sur les sols, en appui aux politiques agricoles et à la gestion durable des ressources naturelles.
La chambre criminelle spécialisée en matière de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a rejeté lundi 24 mars 2026 la demande de mise en liberté de l’homme d’affaires Maher Chaabane, actif dans les secteurs de l’immobilier et des travaux, et décidé de reporter à une date ultérieure le procès de M. Chaabane et de ses co-accusés, dans une affaire de corruption et de blanchiment d’argent présumés, indique Diwan FM, citant une source judiciaire.
Cette affaire fait suite à une décision antérieure de la chambre d’instruction spécialisée en matière de corruption financière de la cour d’appel de Tunis, qui avait renvoyé les accusés devant la chambre criminelle.
Les accusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs en vue d’attaquer des biens et des personnes, et pour abus de fonction publique afin d’obtenir un avantage illégal et de nuire à l’administration.
L’acte d’accusation parle également de corruption et de faux et usage de faux.
Maher Chaâbane a, déjà, été condamné à une peine de deux ans de prison ferme dans le cadre d’une affaire concernant la constitution de produits illicites à l’étranger sans autorisation de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).
Après plusieurs années de sécheresse dues au changement climatique qui a vu les stocks d’eau dans les 36 barrages que compte la Tunisie atteindre l’un de leurs plus bas niveaux historiques, descendant en 2024 au-dessous de 20% de leur capacité, la situation hydrique de notre pays s’est beaucoup améliorée suite aux fortes pluies tombées au cours des derniers mois dans la plupart des régions, et notamment dans le nord et le centre où se trouve l’essentiel des réserves hydrique du pays.(Photo: Barrage Sidi El Barrak).
Selon le secrétaire d’État chargé des Ressources hydrauliques au ministère de l’Agriculture, Hamadi Habaieb, les réserves d’eau des barrages tunisiens ont enregistré une augmentation de 500 millions de mètres cubes par rapport à l’année précédente, sachant qu’au 21 avril 2025, le taux de remplissage global de ces barrages s’élevait à 37,12 %, soit 880 millions de m³ (Mm³) sur une capacité totale de 2 368 Mm3.
Dans une déclaration faite lors de la première session du Conseil régional de l’eau dans le gouvernorat de Sousse, mardi 24 mars 2026, le secrétaire d’État a expliqué que cette augmentation est principalement due aux fortes précipitations enregistrées sur de courtes périodes, qui ont également contribué à la remontée des nappes phréatiques dans des zones comme Zaghouan et Ben Arous.
M. Habaieb a confirmé qu’aucun rationnement d’eau n’a été mis en place durant l’été dernier, précisant que les interruptions constatées étaient dues à des dysfonctionnements techniques et à des situations d’urgence sur le réseau, et non à une pénurie de ressources disponibles.
Hamadi Habaieb a ajouté que les taux de remplissage des barrages est de 57%, mais il varie d’une région à une autre. Il dépasse 67 % dans le nord et 90 % dans la région du Cap Bon, tandis que les barrages du centre souffrent encore de faibles niveaux de stockage, oscillant entre 12 et 13 %.
Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la pêche a adopté une stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050, qui privilégie l’extension des usines de dessalement d’eau de mer existantes à Djerba, Zarzis, Sfax et Sousse afin d’accroître leur capacité de production.
Par ailleurs, a indiqué le responsable, la Société nationale d’exploitation et de distribution d’eau (Sonede) est confrontée au vieillissement de 20 % de son réseau, long de 59 000 kilomètres et desservant 3,3 millions d’abonnés. Pour garantir la continuité de l’approvisionnement, un système de surveillance en temps réel reliant les différents acteurs à l’administration centrale a été mis en place.
De plus, le déploiement des compteurs intelligents et la télésurveillance des réseaux sont en cours de généralisation, de Djerba à Sfax et Sousse.
Le secrétaire d’État a réaffirmé la volonté de l’État d’exploiter les ressources en eau non traditionnelles, la stratégie visant à utiliser 70 % des eaux ayant subi un traitement tertiaire pour l’irrigation d’ici 2050. Il a souligné l’existence de programmes en cours, menés avec des bailleurs de fonds internationaux, pour généraliser l’utilisation de cette eau sur des territoires internationaux et dans des zones importantes telles que Tunis, Sousse et Sfax.
Une nouvelle session de formation et de création consacrée au Jazz et aux musiques improvisées a démarré le 22 mars 2026 à Tunis. Cet échange est organisé à l’initiative de la Fondation Hasdrubal pour la culture et les arts, en partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Télévision nationale tunisienne, avec le soutien de l’Institut français de Tunisie.
Laurent Jost, directeur musical de la Fondation, a convié, pour l’occasion, Stéphane Payen, directeur du département Jazz et musiques improvisées du CNSMDP, accompagné de 11 membres de cette prestigieuse institution ainsi que le violoniste Zied Zouari accompagné de 22 musiciennes et musiciens tunisiens.
Durant une semaine, artistes et étudiant.e.s partageront expériences et pratiques autour d’un large éventail d’esthétiques, de spécialités instrumentales et vocales (batterie, guitare, contrebasse et basse, piano, saxophone, trompette, trombone, clarinette, flûte, oud, kanun et voix).
Le point d’orgue de cette résidence artistique sera marqué par un concert inédit «Jazz et musiques improvisées» qui réunira plus de 30 artistes et sera enregistré par la Télévision nationale tunisienne le samedi 28 mars 2026 à 19h30 au Théâtre des Régions à la Cité de la Culture de Tunis.
Cette soirée exceptionnelle offrira au public une rencontre musicale rare entre des artistes issus de traditions et de parcours différents, dans un esprit d’écoute, de liberté et de création partagée.
Cet événement sera accessible gratuitement aux étudiantes et aux étudiants tunisiens, sur présentation d’un justificatif de scolarité et dans la limite des places disponibles.
Les Tunisien.ne.s font face à une menace chimique invisible mais largement répandue : l’exposition croissante aux phtalates et aux bisphénols, avertit l’agence Tap en se basant sur un rapport publié en janvier 2026 par l’Association de l’éducation environnementale pour les futures générations (AEEFG), en collaboration avec le réseau international Ipen. C’est là un enjeu majeur de santé publique et de protection de l’environnement.
Les phtalates sont utilisés comme plastifiants pour assouplir le PVC (Polychlorure de vinyle, un polymère thermoplastique de grande consommation), tandis que les bisphénols sont employés dans les résines époxydes, lesquelles sont des perturbateurs endocriniens.
Ces substances chimiques, de plus en plus restreintes en Europe, restent présentes sur le marché tunisien souligne ledit rapport intitulé «Situation des phtalates et des bisphénols en Tunisie : expositions et dangers», qui met en évidence une contamination préoccupante de la population et de l’environnement par ces substances nocives.
Les analyses révèlent que 64,7 % des femmes testées présentent des traces de bisphénol A (BPA) dans leurs urines, avec une concentration moyenne de 0,4 ng/mL.
La contamination touche également, les produits de consommation courante. Des niveaux significatifs de phtalates ont été détectés dans des fromages, des médicaments et des cosmétiques.
Dans l’environnement marin, des phénomènes de bioaccumulation ont été observés sur les côtes de Mahdia et de Sfax, aussi bien dans l’eau, les sédiments que les espèces marines.
La particularité de ces substances réside dans leur faible liaison chimique aux matériaux, ce qui facilite leur migration vers l’air, les aliments et le corps humain par ingestion, inhalation ou contact cutané. Même à faibles doses, ils sont associés à des effets sanitaires graves, notamment des troubles de la reproduction et du développement, des maladies métaboliques, cardiovasculaires et certains cancers.
Le rapport met également en lumière le phénomène de «marché de report». En raison du durcissement des réglementations européennes, notamment via le règlement Reach (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals), une législation européenne entrée en vigueur en 2007 pour sécuriser la fabrication et l’utilisation des substances chimiques, certaines substances interdites ou limitées continuent d’être exportées vers des pays moins réglementés.
La Tunisie, fortement dépendante des importations de matières plastiques, voit ainsi ses sources d’approvisionnement se diversifier vers la Turquie et l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud), en plus de partenaires européens comme l’Italie et l’Espagne. Entre 2020 et 2025, période couverte par l’étude, plus de 2 100 tonnes de plastifiants ont été importées, illustrant l’ampleur du phénomène.
Malgré ces risques, le cadre réglementaire tunisien reste limité. La seule mesure spécifique en vigueur est l’interdiction du BPA dans les biberons (bisphénol A, un composé chimique industriel utilisé pour fabriquer des plastiques en polycarbonate), adoptée en 2010.
Les normes actuelles ne prennent pas en compte les effets cumulés et chroniques de ces substances, ce qui accentue la vulnérabilité des populations, notamment des enfants et des nouveau-nés exposés via certains dispositifs médicaux.
Face à cette situation, les auteurs du rapport appellent à une réforme urgente. Ils recommandent l’harmonisation avec les standards internationaux, la mise en place d’un système de surveillance efficace, le renforcement des capacités analytiques, ainsi que la promotion d’alternatives plus sûres.
Selon l’AEEFG et l’IPEN, la Tunisie se trouve aujourd’hui, à un «tournant stratégique». Sans action rapide, le pays risque de devenir une destination privilégiée pour des substances chimiques interdites ailleurs, avec des conséquences durables sur la santé publique et l’environnement.
La transition vers une gestion plus rigoureuse et durable des substances chimiques apparaît ainsi comme une priorité nationale, afin de concilier développement économique et protection des écosystèmes.
Pour rappel, les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques capables d’interférer avec le fonctionnement du système hormonal. Ce système, composé de glandes comme la thyroïde ou les ovaires, régule des fonctions essentielles telles que la croissance, le métabolisme, la reproduction ou encore le sommeil.
Certains composés présents dans des objets du quotidien (plastiques, cosmétiques, emballages alimentaires) peuvent imiter ou bloquer l’action des hormones naturelles, ou perturber leur production. Même à très faibles doses, ces substances peuvent envoyer de «faux signaux» à l’organisme, surtout lors de périodes sensibles comme la grossesse ou l’enfance.
Une exposition répétée à ces substances est associée à des troubles de la fertilité, des anomalies du développement chez l’enfant, des maladies métaboliques comme le diabète, ainsi qu’à certains cancers. Dans la nature, ces substances se dispersent dans l’eau, les sols et les organismes vivants, où elles s’accumulent progressivement. Elles peuvent perturber la reproduction des espèces animales, notamment les poissons, et déséquilibrer les écosystèmes. Leur persistance et leur diffusion rendent leur impact difficile à contrôler, ce qui en fait aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique et de protection de l’environnement.
El Jem et son amphithéâtre romain, également connu sous le nom de Petit Colisée, s’apprêtent à replonger dans l’atmosphère romaine le temps d’un week-end avec la 9e édition du festival Thysdrus, les Journées Romaines d’El Jem, prévue les 28 et 29 mars 2026.Vidéo.
Cet événement, soutenu par Tounes Wijhetouna, l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, Destination Mahdia et la Délégation régionale à la culture de cette ville balnéaire situé au centre-est de la Tunisie, vise à valoriser le patrimoine archéologique de la ville et à renforcer son rayonnement touristique national et international.
Au programme, un spectacle inspiré du mythe d’Orphée et Eurydice au cœur même du Petit Colisée, une conférence sur l’histoire de l’amphithéâtre et de l’antique Thysdrus au musée d’El Djem et une reconstitution de parade militaire romaine sur la place de l’amphithéâtre, suivie d’un grand spectacle sur l’esplanade du site mêlant combats de gladiateurs, danses et musique d’inspiration romaine.
D’un point de vue culturel et touristique, le festival s’inscrit dans la stratégie d’El Djem visant à renforcer son statut de destination patrimoniale de premier plan.
L’amphithéâtre, construit vers 238 après J.-C., est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. Il est reconnu comme un exemple exceptionnel d’architecture romaine en Afrique et comme l’un des amphithéâtres les plus importants au monde par sa taille et son état de conservation. L’AMVPPC le présente également comme l’un des monuments les plus visités de Tunisie.
La visite de l’amphithéâtre inclut également le musée de la ville, accessible avec un billet combiné.
Dans cet appel aux délégué.e.s au congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui se réuniront à partir de demain, mercredi 25 mars 2026, à Monastir, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), plaide pour une direction inclusive qui garantisse l’égalité entre les femmes et les hommes.
Mesdames et Messieurs les délégués,
À l’occasion de la tenue du Congrès national de l’UGTT (Monastir, 25-27-2026), l’Association tunisienne des femmes démocrates, dans le prolongement du mouvement féministe indépendant qui a créé en 1982 le Comité d’étude des questions relatives aux travailleuses au sein de l’UGTT, et qui a toujours entretenu un partenariat étroit avec elle, et se fondant sur ses principes et sa lutte constante pour la défense de l’égalité, de l’égalité des chances et de la parité, elle se voit appelée à adresser cet appel à tous les membres du syndicat et aux participant.e.s à la conférence afin de les inciter à faire des choix cruciaux qui détermineront l’avenir de l’organisation syndicale en tant qu’instrument du mouvement social et en tant qu’avancée historique majeure dans l’histoire de notre pays, à renforcer son rôle historique dans la défense et la promotion des droits économiques et sociaux des travailleurs et travailleuses, et à impliquer autant de syndicalistes femmes que possible dans les instances décisionnelles.
Dans ce contexte, l’ATFD rappelle la Constitution tunisienne, qui a établi le principe d’égalité entre les citoyens masculins et féminins, ainsi que les principes d’égalité des chances et de parité entre les femmes et les hommes dans l’exercice de diverses responsabilités dans tous les domaines, et les lois régissant le travail syndical, notamment le Code du travail, qui a établi la non-discrimination entre les sexes dans son chapitre cinq. L’ATFD fait également référence aux statuts de l’organisation, qui stipulent qu’au moins deux sièges doivent être réservés aux femmes au sein du Bureau exécutif national, ainsi que dans les directions sectorielles et régionales, et qu’au moins un siège doit leur être attribué au sein des instances de contrôle nationales, sectorielles et régionales et autres structures syndicales. L’organisation estime que la situation actuelle exige une nouvelle étape, visant à instaurer davantage de justice, une meilleure représentation des femmes, une plus grande indépendance et une démocratie renforcée au sein des structures de l’UGTT.
Les femmes syndiquées constituent une part importante de la base syndicale et contribuent quotidiennement à l’activité syndicale malgré les difficultés et les obstacles des luttes sociales ; toutefois, elles ne sont pas suffisamment représentées aux postes de décision.
Au vu de ce qui précède, l’ATFD appelle à :
• Renforcer l’égalité des chances afin de garantir l’accès effectif des femmes aux postes de direction ;
• Apporter un soutien concret aux candidates ;
• Reconnaître la compétence et l’engagement des militantes syndicales et leur contribution essentielle à la lutte syndicale ;
• Œuvrer pour que le prochain Bureau exécutif de l’UGTT serve de modèle pour la mise en œuvre de la parité et l’instauration de l’égalité entre les femmes et les hommes, renforçant ainsi la démocratie.
Renforcer la présence des femmes au sein de la direction de l’UGTT n’est pas seulement une question d’égalité, mais un choix stratégique pour une organisation syndicale plus forte, plus représentative et plus alignée sur les aspirations de la société tunisienne dans son ensemble.
Nous vous souhaitons plein succès lors de votre congrès : pour une UGTT inclusive, démocratique et indépendante, qui garantisse l’égalité entre les femmes et les hommes et soit tournée vers l’avenir.
Est-ce la dernière lubie d’un président qui se cherche encore ? Est-il le chef de l’exécutif de la première puissance mondiale ? Le gendarme du monde, comme les commentateurs se plaisent à désigner une Amérique belliqueuse ? Ou un petit plaisantin qui veut chausser le monde à son goût ? Déjà, le 18 février 2024, celui qui était encore ex-président des États-Unis, avait présenté sa ligne de chaussures, l’occasion du «Sneaker Con», à Philadelphie (Photo). Chez lui, la lubie des savates remonte loin…
Mohsen Redissi *
Après avoir été perturbateur de l’économie mondiale en taxant produits et pays, allumeur de feux au Moyen-Orient avec des conséquences très graves sur la sécurité de la planète, le voilà devenu un savetier d’un genre nouveau : sa toute dernière vocation.
D’après le Wall Street Journal, le président Trump aurait une préférence particulière pour une marque de chaussures à 145 dollars la paire, un prix dérisoire pour un président. Son tout dernier caprice serait de lancer une campagne de relooking interne, loin de la Fashion Week de Paris. Trump a considéré, d’un air hautain, que ses proches collaborateurs sont des ringards. Ils seraient tous appelés à porter les chaussures de sa marque préférée, et de la même couleur que lui. Un signe distinctif qu’il érigerait en stade suprême de l’élégance dans les hautes sphères du pouvoir. Imposer pour mieux régner : une forme de pouvoir acceptée ou tolérée dans d’autres contrées lointaines.
Grincement de semelles
Dans cette affaire, joue-t-il le rôle d’un influenceur ayant acquis secrètement, grâce à sa dernière paye, des actions dans une boîte de chaussures ? Ne dit-on pas : charité bien ordonnée commence par soi-même ? Ou s’agit-il d’un souci sincère pour l’apparat de ses proches lieutenants ?
Il y aurait eu un grincement de semelles en Europe pour pareille opération de marketing forcé. Aucun des heureux élus ne s’était plaint : ils ont sûrement ri entre eux, balancé quelques vannes et se sont taquinés les uns les autres. Une collaboratrice de la Maison-Blanche aurait expliqué au WSJ que personne n’a osé décliner l’offre du président, de peur des coups de pompes.
Des secrétaires, en cuir tendre très malléable ou en pâte à modeler, qu’un président serait capable de tanner, découper et polir à sa façon, selon son humeur, voire de tourner en ridicule. Trump s’est exalté en les voyant porter ses cadeaux.
Hélas, un look qui ne serait pas assorti à la rigueur de l’institution, la Maison-Blanche. Un arasement par le bas. Un revers pour la classe politique.
Le mieux serait de leur offrir des babouches pour ne pas se sentir mal à l’aise. Elles seraient plus pratiques pour marcher dans les dédales des ruelles étroites du grand bazar de Téhéran. Ils devraient s’y entraîner. L’armée américaine n’a-t-elle pas régulièrement évoqué dans ses scénarios une confrontation directe d’homme à homme avec l’Iran et son programme nucléaire, notamment autour de la question de l’uranium enrichi ?
Une telle opération de relooking marquerait sans aucun doute le retour du choix unique, celui du dirigeant. Toute différence serait rejetée ou condamnée. Pour un œil averti, cela évoquerait les pratiques de régimes autoritaires, celles de la Russie soviétique ou de la Chine maoïste. Une chemise à col arrondi sans revers porte encore le nom de «col Mao», en référence à la tenue qu’a constamment portée le Grand Timonier et les membres du Comité central. Une mode largement diffusée, adoptée par des générations de jeunes comme un signe d’appartenance, ou d’allégeance, à certains idéaux politiques.
Des écoles publiques et privées, partout dans le monde, ont érigé le port d’une tenue unique comme règle fondamentale pour tous les élèves, filles et garçons, au nom d’une meilleure intégration et d’une forme de pseudo égalité sociale. Les élèves sont censés être égaux et obéir aux mêmes règles dans l’enceinte de l’école.
Chez les adultes, la tenue vestimentaire est le reflet discret de la personne et du personnage, de son appartenance et, en même temps, de son moyen d’expression. Le mental et l’état d’âme se reflètent dans la tenue et dans la façon de s’habiller.
Les chaussures offertes (ou imposées) par Trump sont trop grandes pour les pieds de Marco Rubio.
Soucis de tailles
Le WSJ affirme que le président Trump offrait des godasses à ses lieutenants depuis plusieurs mois. C’est fort possible. Mais pourquoi maintenant, et pourquoi, cette fois-ci, la machine se serait-elle enrayée ? Ni la présidence ni le fabricant fournisseur n’aurait reconduit la commande après les premières prises d’empreintes.
Seul Marco Rubio, secrétaire d’État, n’aurait pas trouvé sa paire. Il aurait reçu des chaussures trop larges : sa pointure serait nettement plus petite que la taille livrée. Trump compte-t-il lui jouer un mauvais tour ? Rubio aurait préféré s’exhiber en chaussures XXL et devenir la risée. C’est le pied !
Rubio serait pratiquement le grand gagnant de l’affaire : il est verni, ayant bénéficié accidentellement de chaussures d’un Schtroumpf. Il n’aurait besoin ni de languettes, ni de lacets, ni de chausse-pied pour se chausser ou se déchausser. C’est extra. Néanmoins, des chaussures inadaptées restent un handicap pour marcher.
Rubio serait mal à l’aise dans ses baskets. Grand par sa stature, mais Petit Poucet dans ses souliers. Donald Trump, son savetier en chef, considérerait-il que son secrétaire d’État n’est plus à la hauteur de la tâche ? Son département serait-il plus grand que sa stature, comme sa pointure ? Il serait peut-être temps pour lui de se retirer, s’il veut sauver la face avant d’être accusé d’avoir entraîné les États-Unis dans une guerre d’usure. Il serait plus judicieux d’aller chercher ailleurs un autre cordonnier et un autre modèle de pantoufle. Aurait-il besoin des bottes de sept lieues pour se retrouver, en quelques enjambées, hors de portée ?
Chassez le Hezbollah, il revient au galop ! Alors que tout le monde le croyait agonisant, le Hezbollah a entrepris une restructuration financière. Concomitamment, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a reconstruit le commandement militaire du Hezbollah après les lourdes pertes subies face à Israël en 2024. Le mouvement libanais surnommé «le joyau de la couronne» de l’Axe de la Résistance a pu ainsi panser ses plaies et se relever vaille que vaille. (Photo : Le Hezbollah poursuit ses attaques contre le nord d’Israël).
Imed Bahri
Reuters a révélé dans une enquête se basant sur deux sources proches du CGRI que le commandement du Hezbollah a été renforcé par l’intégration d’officiers iraniens avant de procéder à une restructuration totale du mouvement libanais et d’élaborer des plans pour la guerre qu’il mène actuellement aux côtés de Téhéran.
Il s’agit de la première restructuration de ce type au sein du Hezbollah, organisation chiite fondée par le CGRI en 1982.
Cette opération témoigne d’une approche directe et intensive après la douloureuse guerre de 2024 qui a notamment vu l’assassinat de son chef Hassan Nasrallah et d’autres hauts commandants.
L’investissement iranien s’est avéré payant, puisque le Hezbollah a pu reconstituer ses capacités de combat à temps pour s’engager dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés de Téhéran après avoir été attaqué par les États-Unis et Israël.
Reuters avait déjà rapporté début mars que le Hezbollah considérait une nouvelle guerre comme inévitable et s’y préparait depuis des mois.
Cette enquête de l’agence met en lumière le rôle du CGRI dans ces préparatifs en se basant sur les témoignages de six sources anonymes ainsi que d’un expert du Hezbollah.
Recyclage des combattants et supervision du réarmement
Deux sources proches des activités du CGRI ont indiqué que les Gardiens, étroitement impliqués auprès du Hezbollah depuis sa création, ont dépêché des officiers pour recycler ses combattants et superviser son réarmement.
Elles ont ajouté que des officiers du CGRI ont également restructuré les structures de commandement du Hezbollah, infiltrées par les services de renseignement israéliens, un facteur qui a permis à Israël d’assassiner plusieurs dirigeants du groupe.
Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré le 12 mars que le Hezbollah demeurait une force importante et dangereuse malgré les pertes subies ces trois dernières années.
Depuis son entrée en guerre le 2 mars, le Hezbollah a tiré des centaines de roquettes sur Israël, provoquant une offensive israélienne qui a fait plus de 1 000 morts au Liban. Les combattants du groupe affrontent les soldats israéliens dans le sud du pays.
On ignore encore comment le Hezbollah, dont la puissance a diminué depuis son apogée il y a quelques années, réagirait à une invasion israélienne de grande ampleur.
Le bureau de presse du Hezbollah, le ministère iranien des Affaires étrangères et le cabinet du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters.
En janvier, Netanyahu avait déclaré que le Hezbollah s’efforçait de se réarmer et de reconstruire son infrastructure avec le soutien de l’Iran.
Démantèlement de la structure pyramidale
Selon deux sources, des officiers des Gardiens de la révolution chargés d’assister le Hezbollah sont arrivés peu après le cessez-le-feu de novembre 2024 et ont commencé leurs opérations malgré la poursuite des frappes israéliennes.
L’une d’elles a précisé que l’opération mobilisait une centaine d’officiers.
Parmi les changements mis en œuvre sous leur direction, on note le remplacement d’une structure de commandement pyramidale par un système décentralisé composé de petites unités ayant une connaissance limitée des opérations des autres, ce qui contribue à maintenir le secret des opérations.
Ces sources ont ajouté que les officiers des Gardiens de la révolution ont également élaboré des plans pour des attaques simultanées de missiles contre Israël lancées depuis l’Iran et le Liban, un scénario mis en œuvre pour la première fois le 11 mars.
Une source sécuritaire libanaise de haut rang a déclaré que des commandants iraniens ont aidé le Hezbollah à réentraîner et à réorganiser son personnel militaire, ajoutant qu’à son avis, les Iraniens sont davantage impliqués dans la gestion du rythme du conflit actuel que dans le choix des cibles.
Une autre source proche du dossier a indiqué que les Gardiens de la révolution avaient dépêché des officiers au Liban en 2024 afin de mener une évaluation complète du Hezbollah après la guerre et avaient pris en charge la supervision directe de sa branche militaire.
Deux autres sources ont affirmé que les Gardiens de la révolution avaient également introduit des conseillers spéciaux au sein du Hezbollah l’année dernière pour l’aider à gérer ses affaires militaires.
Andreas Krieg, maître de conférences au département d’études de sécurité du King’s College de Londres, a déclaré que les Gardiens de la révolution avaient restructuré le Hezbollah en un système plus décentralisé, contrairement à la structure politique hiérarchique qui s’était formée autour de Nasrallah avant sa mort.
Il a ajouté : «Ce modèle décentralisé mis en place aujourd’hui est assez similaire à ce qu’était le Hezbollah dans les années 1980 à savoir de très petites cellules». Il l’a décrit comme une «défense en mosaïque», également utilisée par les Gardiens de la révolution actuellement en Iran.
Le Liban demande le départ des GGRI
Les efforts des Gardiens de la révolution ont coïncidé avec la campagne du gouvernement libanais et de son armée, soutenue par les États-Unis, pour désarmer le Hezbollah, soulignant ainsi les difficultés considérables rencontrées pour atteindre cet objectif.
Selon un responsable libanais qui s’est confié à Reuters, le Liban estime qu’entre 100 et 150 Iraniens présents dans le pays entretiennent des liens avec le gouvernement iranien qui dépassent le cadre des missions diplomatiques traditionnelles, notamment avec les Gardiens de la révolution.
Ce responsable a indiqué que le gouvernement avait demandé à ces personnes de quitter le Liban début mars.
Deux sources proches des activités des Gardiens de la révolution ont affirmé que des officiers de ce corps figuraient parmi les plus de 150 Iraniens ayant quitté Beyrouth à bord d’un vol pour la Russie le 7 mars.
Des membres des Gardiens de la révolution comptent parmi les quelque 500 personnes tuées lors d’attaques israéliennes au Liban durant les 15 mois séparant le cessez-le-feu de 2014 du début du nouveau conflit.
Une douzaine d’autres personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, notamment lors d’une attaque contre un hôtel de Beyrouth le 8 mars, selon ces mêmes sources.
Le CGRI entretient des liens étroits avec le Hezbollah depuis sa fondation dans la vallée de la Bekaa, à l’est du pays, afin d’exporter la révolution islamique iranienne et de contrer les forces israéliennes qui avaient envahi le Liban en 1982.
Qassem Soleimani, commandant éminent du CGRI tué en 2020 par une frappe de drone américaine, a collaboré avec Nasrallah durant la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël. Lorsque des frappes aériennes israéliennes ont coûté la vie à Nasrallah dans sa cachette de la banlieue sud de Beyrouth, un général iranien figurait parmi les victimes.
Nous publions ci-dessous cette lettre ouverte d’un lecteur qui tire la sonnette d’alarme sur l’indisponibilité, souvent pour de longs mois, de médicaments vitaux pour la santé des citoyens, en raison d’une rupture des approvisionnements par la Pharmacie centrale de Tunisie, en butte à de gros problèmes financiers. L’accès aux soins ne doit pas être un droit théorique, mais une réalité concrète.
Ezzeddine Jerbi *
Aujourd’hui, je prends la plume non seulement pour moi-même, mais aussi pour tous les patients invisibles confrontés à une réalité silencieuse : l’indisponibilité de médicaments vitaux.
Atteint d’une pathologie grave nécessitant un traitement spécifique, j’ai obtenu de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), le 20 octobre 2025, une prise en charge pour le médicament Jakavi (Ruxolitinib), reconnu comme thérapie essentielle.
Pourtant, malgré cette décision officielle, ce traitement est indisponible depuis près de cinq mois. Une seule boîte m’a été délivrée. Depuis, plus rien.
Cette situation pose une question fondamentale : à quoi sert un droit reconnu, s’il ne peut être exercé ?
Le Ruxolitinib n’est pas un traitement de confort. Il est vital. Son interruption expose à une aggravation rapide de la maladie, à une dégradation de l’état général, et potentiellement à des conséquences irréversibles.
Derrière ce problème d’approvisionnement, il y a une réalité humaine : celle d’un patient dont l’état de santé dépend d’un médicament absent.
Ce cas n’est probablement pas isolé.
C’est pourquoi j’en appelle aujourd’hui à une prise de conscience urgente et à une action immédiate des autorités sanitaires afin de garantir la continuité des traitements vitaux.
L’accès aux soins ne doit pas être une promesse théorique, mais une réalité concrète.
Il en va de la dignité des patients. Il en va de la responsabilité collective.
Taoufik Ouanes vient de publier un recueil de ses chroniques et entretiens relatifs à l’actualité tunisienne, maghrébine, arabe, euro-méditerranéennes et internationales publiés au cours des quinze dernières années par des médias tunisien, dont Kapitalis, et européens, notamment en Suisse.
Le livre est intitulé ‘‘Ecrits d’une décennie mouvementée. Entre révolte et raison’’ et été préfacé par le journaliste Ridha Kefi, directeur fondateur de Kapitalis, qui présente l’auteur en ces termes : «Taoufik Ouanes n’est pas journaliste ni chroniqueur ni influenceur, mais il est, lui aussi, à sa manière, un ‘‘historien du présent’’, selon la définition du journaliste souvent attribuée à Albert Camus. Car, en tant que juriste, avocat inscrit aux barreaux de Tunis et de Genève, observateur avisé des affaires du monde et ancien fonctionnaire international, mais aussi en tant que citoyen du monde soucieux de la bonne marche des affaires internationales, il résiste rarement à la tentation de donner son avis et sa vision sur ce qui se passe autour de lui, dans son pays natal, la Tunisie, ou d’adoption, la Suisse, mais aussi dans le reste du monde.»
Souvent sollicité par les médias, à Tunis et à Genève, analyser telle ou telle séquence de l’actualité nationale ou internationale, cet avocat d’affaires, qui a aussi été fonctionnaire international auprès des organisations onusiennes ont souvent, apporte sa contribution au débat avec une rigueur factuelle dont s’honorerait les plus rigoureux historiens et une rectitude intellectuelle et morale dont le juriste qu’il est ne se dépare jamais.
«Il suffit de relire ses interventions recueillies dans ce livre pour se rendre compte de l’acuité de son regard, de la profondeur de ses analyses et de la justesse de certaines de ses prévisions. Surtout en ce qui concerne les évolutions qui ont marqué l’histoire contemporaine de la Tunisie dans son environnement maghrébin, africain, arabe et euro-méditerranéen, à partir du tournant de ladite ‘‘révolution’’ de 2011, date charnière qui a ouvert des perspectives inouïes pour un peuple qui a pris enfin son destin en main, mais qui, comme nous l’expliquera l’auteur, a dépensé beaucoup moins d’énergie à construire la démocratie prospère dont il rêve, qu’à transformer ce rêve en cauchemar», écrit Ridha Kefi dans s préface au recueil, dont on recommande la lecture.
La Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis a condamné un jeune homme à 15 ans de prison pour contrefaçon de billets de banque et leur mise en circulation dans des commerces, ainsi que pour utilisation frauduleuse de faux billets pour des achats en ligne, conformément à l’article 185 du Code pénal.
L’enquête a débuté après le dépôt d’une plainte par un étudiant étranger auprès du District de sécurité du quartier d’El Khadra. Il affirmait avoir été escroqué au moyen de faux billets d’un montant total de 2 800 dinars tunisiens, supposé être celui de la vente sur internet d’un téléphone portable.
L’accusé a été arrêté et une machine à imprimer ainsi que des billets contrefaits ont été saisis lors de la perquisition à son domicile. Interrogé, il a avoué avoir imprimé des billets de 20 et 50 dinars tunisiens pour un montant total de 3 000 dinars, rapporte Mosaïque.
Le prix actuel du baril de pétrole, qui atteint 113 dollars, dépasse de 50 dollars les prévisions du budget de l’État tunisien pour cette année, lequel était basé sur un prix de 63 dollars le baril et un budget de subventions d’environ 9,8 milliards de dollars.(Photo : ministère des Finances à Tunis).
La guerre israélo-américaine contre l’Iran a pris une tournure plus dangereuse, les affrontements militaires ciblant les installations de production pétrolière et affectant directement les bases de l’économie mondiale. L’impact de ces frappes s’étend au-delà de l’Iran, des pays du Golfe et d’Israël, touchant la quasi-totalité des pays du monde.
Ce conflit a entraîné une hausse des prix du pétrole de plus de 50 % ce mois-ci, Goldman Sachs relevant sa prévision du prix du Brent pour 2026 de 77 à 85 dollars le baril.
Cette situation s’explique par les perturbations persistantes du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et par l’augmentation des réserves stratégiques, engendrant une pénurie d’approvisionnement sur le marché mondial de l’énergie. Et pas seulement.
Concernant les répercussions de cette pénurie sur la Tunisie, Ridha Chkondali, professeur d’économie à l’Université de Tunis, a déclaré à Mosaique FM, le lundi 23 mars 2026, que le prix actuel du baril de pétrole, qui atteint 113 dollars, dépasse de 50 dollars les prévisions du budget de l’État tunisien pour cette année, lequel était basé sur un prix de 63 dollars le baril et un budget de subventions d’environ 9,8 milliards de dollars. Le renchérissement des cours de l’énergie va nécessiter l’injection d’une enveloppe supplémentaire d’environ 8 milliards de dinars dans le budget de l’État.
Par conséquent, cela met l’État face à trois scénarios possibles.
Le premier consisterait en une hausse des prix des carburants, mais il serait probablement rejeté par le président de la République, car le considèrerait comme une injonction du Fonds monétaire international, ce qu’il réfute catégoriquement.
Le second serait un emprunt de 8 milliards de dinars auprès de la Banque centrale de Tunisie, qui s’ajouterait aux 11 milliards déjà contractés, portant le montant à un niveau considérable et risquant d’avoir des répercussions négatives sur l’économie tunisienne par la relance de l’inflation dont le taux est déjà assez haut.
L’État peut aussi opter pour le report d’un an de la mise en œuvre des projets programmés pour 2026, sachant plus que le budget de développement prévu est estimé à environ 8 milliards de dinars, soit un montant proche de la variation en pourcentage des prix du pétrole.
Autre possibilité offerte : le report de trois années du recrutement de 53 000 nouveaux employés et de l’augmentation des salaires prévus pour cette année, afin d’atténuer les difficultés que pourraient engendrer la forte hausse des prix du pétrole due à l’escalade de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, sachant que ces prix devraient atteindre un niveau que l’État tunisien pourrait ne pas être en mesure de supporter.
Dans ce contexte, Ridha Chkondali a proposé une série de mesures urgentes que l’État devrait adopter. Il a suggéré, en premier lieu, la création d’une cellule de crise composée d’experts nationaux chargés de suivre quotidiennement l’évolution de la situation au Moyen-Orient, d’étudier différents scénarios et d’envisager des mesures et des politiques susceptibles d’aider la Tunisie à surmonter une éventuelle crise.
Il a également proposé l’adoption d’une loi de finances rectificative ou d’une loi de finances d’urgence incluant des propositions visant à atténuer les répercussions négatives que pourrait avoir ce conflit sur l’économie nationale.
Près de quinze ans après la révolution tunisienne, sa capitale attire les visiteurs désireux de participer à une effervescence créative aussi exaltante que fragile. Reportage du New York Times sur un Tunis secret, à la fois intime et offert, mais toujours fascinant par l’énergie de ses jeunes et de ses créateurs.
Tyler Donohue
Sur les toits de Tunis, l’appel à la prière du soir laissa place aux sons d’un DJ qui lançait la soirée avec un mélange de disco et de mezoued, musique tunisienne aux accents de cornemuse. Ce contraste saisissant reflétait parfaitement l’atmosphère de cette ville méditerranéenne, carrefour de l’Europe, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Tunis donne l’impression d’une ville qui se réinvente sans cesse. À Sidi Bou Saïd, banlieue perchée sur une falaise surplombant le golfe de Tunis, des portes bleu cobalt s’ouvrent sur des concept stores et des ateliers de mode éthique. En plein centre-ville, des collectifs d’artistes organisent des projections de films dans d’anciens immeubles. Des hommes âgés sirotent un espresso et jouent aux cartes sous des ventilateurs de plafond, à deux pas d’espaces accueillants pour les jeunes et la communauté LGBTQ+.
Une irrésistible énergie créative
Il y a environ un an, je suis venue à Tunis pour la première fois sur un coup de tête, après un vol à 50 dollars depuis Londres. Je m’attendais à une capitale balnéaire tranquille. Au lieu de cela, j’ai découvert une ville à l’énergie créative irrésistible. Elle semblait authentique et spontanée. Tous ceux que je rencontrais étaient en train de créer quelque chose : un café, une marque de vêtements, une exposition. Depuis, attirée par cette effervescence, j’y suis retournée à de nombreuses reprises.
Le tourisme en Tunisie se redresse et se rapproche des niveaux d’avant la pandémie. La Tunisie reste exempte de visa pour les courts séjours des citoyens des États-Unis, du Canada et de la plupart des États membres de l’Union européenne, et un taux de change favorable rend les voyages abordables. Des vols directs la relient aux principaux aéroports européens, et les visiteurs peuvent séjourner dans des hôtels magnifiquement restaurés comme le Dar Ben Gacem dans la médina (à partir de 360 dinars, environ 120 dollars, la nuit) ou dans des hôtels en bord de mer comme la Résidence à Gammarth (à partir de 900 dinars).
L’essor actuel de cette ville semble improbable : une effervescence culturelle se produit au moment même où le régime autocratique du président Kaïs Saïed restreint la vie publique, dans un pays qui ressent encore les contrecoups de sa révolution de 2011. Pourtant, cette tension entre optimisme et incertitude contribue à l’enthousiasme ambiant.
Matinée sur la Méditerranée
Le long de la corniche de La Marsa, promenade du bord de mer, l’air matinal était vif, chargé d’embruns et de diesel. Des joggeurs longeaient la digue, tandis que des pêcheurs jetaient leurs lignes dans les vagues. La Méditerranée contournait le promontoire en direction des colonnes de l’antique Carthage. Depuis les banlieues balnéaires de La Marsa et Gammarth, Tunis s’étend vers l’intérieur des terres, s’enroulant autour de deux lacs. L’agglomération compte environ 2,5 millions d’habitants, bien que la ville proprement dite soit beaucoup plus petite.
Je me suis réfugiée chez Bleue Deli, un café de la rue Habib Thameur. La lumière du soleil inondait les carreaux jaunes et blancs à travers les fenêtres ouvertes. L’expresso sifflait de la machine, et l’odeur beurrée du mlawi, une galette tunisienne moelleuse (5 dinars), flottait depuis la rue. Des adolescents tunisiens branchés sirotaient des smoothies et bavardaient en arabe et en français.
Katherine Li Johnson et Reem Alhajjaj ont ouvert Bleue en 2021 après s’être rencontrées. «Nous avions un besoin personnel en ce sens du style de vie. Une cuisine authentiquement locale, ultra-fraîche et non frite pour un goût exceptionnel – car les produits tunisiens sont vraiment incroyables», explique Mme Li Johnson.
Elles gèrent également Sociale, un espace de coworking et un lieu de rencontre convivial et sans prétention, situé sur le toit. «On peut venir prendre un café, rester déjeuner et profiter de ce temps pour explorer la moitié de la ville. C’est comme le centre commercial de notre enfance : on y va sans but précis, et on y trouve toujours quelque chose», ajoute Mme Li Johnson.
Un voyage dans le passé
À dix minutes en taxi (5 dinars) le long de l’avenue Habib Bourguiba, les ruines bimillénaires de Carthage, capitale d’une civilisation qui rivalisait jadis avec la Rome antique, contrastent avec la modernité de Tunis. Thermes romains, amphithéâtres en ruine et colonnes brisées émergent d’un tapis de fleurs sauvages.
J’ai partagé la splendeur silencieuse des thermes d’Antonin (entrée : 12 dinars) avec seulement quelques autres visiteurs. Étrangement, aucune zone n’était interdite d’accès et j’ai pu déambuler librement sur le site antique. La signalétique était discrète, laissant libre cours à mon imagination.
À quelques minutes de là en taxi, le musée du Bardo (entrée : 13 dinars) était lui aussi paisible. Installé dans un palais hafside du XVe siècle aux façades de grès clair et aux portes en cèdre sculptées à la main, il abrite une collection impressionnante de mosaïques romaines d’une telle finesse qu’elles semblent pixélisées, racontant des histoires fragmentées de conquêtes et de siècles de bouleversements.
La lumière de fin de matinée filtrait à travers les moucharabiehs, ces traditionnels treillis de bois, inondant des pièces vides à l’exception des mosaïques, dont certaines s’élevaient du sol au plafond. En explorant ces pièces, je perdais la notion du temps, dérivant entre les époques punique, islamique et ottomane.
Recettes fraîches et ambiance futuriste
Dans un entrepôt sans charme du quartier des arts, un îlot de studios et d’ateliers reconvertis, les effluves de sésame grillé et d’oignons caramélisés annonçaient l’heure du déjeuner. Konbini, un café tuniso-japonais tenu par Shérine Ben Salem et Chanh Vo, arbore des murs en béton aux couleurs primaires et une boule disco suspendue au-dessus d’un comptoir garni d’onigiri et de bocaux de harissa maison.
«Nous voulions quelque chose de familier, mais aussi d’un peu déroutant», explique Mme Ben Salem en déplaçant une pile de vieux magazines.
La carte reflète ce mélange : des bentos garnis de poisson local et de tomates de Nabeul, une région agricole côtière au sud-est de Tunis ; des brioches au sésame ; et des légumes braisés au miso. Un repas complet coûte environ 40 dinars, et la clientèle, composée de skateurs, d’architectes, de mères de famille et d’artistes, allait et venait, passant d’une phrase à l’autre entre l’arabe, l’anglais et le français.
Après le déjeuner, M. Vo m’a conduit par un escalier métallique jusqu’à une sorte de grenier à vêtements rempli de portants de t-shirts vintage, de vestes en cuir et de vêtements patchwork à la fois nostalgiques et futuristes.
M. Vo souleva une chemise de nuit «Tortues Ninja» qu’il avait transformée en kimono. «En découvrant les friperies d’ici, j’ai commencé à acheter des vêtements avec l’envie de les métamorphoser, en leur insufflant un esprit punk et une poésie esthétique», expliqua-t-il.
Peu après, je me retrouvai à Fripe Bab El Falla, un immense marché aux puces, à fouiller parmi des piles de vêtements de marque déclassés et de basiques du quotidien, des robes encore étiquetées, une avalanche d’escarpins en cuir et des chemises d’homme impeccables. Je trouvai ma perle rare, une chemise en lin à 9 dinars, en croisant un groupe de jeunes filles à la recherche de la robe parfaite pour un rendez-vous galant et des tantes marchandant des tricots.
Un après-midi de détente
En milieu d’après-midi, la ville s’était apaisée sous la chaleur. Les rues se vidèrent, les volets s’entrouvrirent et le bourdonnement de la circulation s’estompa, laissant place au bruit de la mer. Au bout d’une ruelle résidentielle tranquille, j’ai découvert Maïs Luncheonette, un café récemment ouvert, arborant le minimalisme familier des cafés de quartier, de Stockholm à Brooklyn : bois clair, murs beiges et lattes au matcha (15 dinars) servis dans de la vaisselle artisanale en grès. Tout en savourant mon café, je réfléchissais à la multiplication de ces établissements, plus fréquentés par les expatriés et les touristes que par les locaux, y voyant le reflet à la fois du creusement des inégalités sociales dans le pays et de l’attrait international croissant de la ville.
J’avais besoin de me ressourcer, voire de faire une sieste. J’ai emprunté des rues adjacentes, où les enfants sortaient de l’école et où les chiens somnolaient à l’ombre, pour rejoindre un hammam du quartier : un bain public sans prétention, dissimulé derrière une porte anonyme, où des femmes en peignoirs de coton se déplaçaient au milieu des volutes de vapeur. Pour 75 dinars, j’ai passé une heure à me faire exfolier, rincer et masser à l’huile de jasmin avant de retourner dans la rue.
Quand je suis sortie, la lumière avait doré les toits. Les commerçants remontaient leurs auvents et une odeur de sardines grillées s’échappait d’un étal voisin. La ville semblait se remettre de la chaleur de l’après-midi.
L’ambiance se préparait pour la soirée
En début de soirée, la musique commençait à résonner dans les cafés. Une foule – de jeunes Tunisiens et des voyageurs qui avaient entendu parler de l’événement – se pressait dans la cour devant la galerie Selma Feriani, où se déroulait le vernissage. Ouverte en 2013, Selma Feriani est l’une des premières galeries privées d’Afrique du Nord à promouvoir l’art conceptuel et multidisciplinaire, présentant des artistes du Maghreb et du bassin méditerranéen.
Je me suis jointe à un groupe qui se dirigeait vers Les Indécis, un petit restaurant branché niché au cœur des ruines de Carthage. En m’asseyant, j’ai reconnu de nombreux visages de la galerie. En consultant le menu saisonnier en constante évolution, j’ai commandé du bar avec du citron confit (30 dinars), de la burrata écrasée avec des pistaches (27 dinars) et un verre de thé à l’hibiscus doux-amer (6 dinars).
Les tables étaient suffisamment proches pour capter des bribes de conversations : un journaliste débattait de la prochaine Biennale de Venise ; une femme ouvrait un studio de Pilates à Tunis ; une autre élaborait un programme de résidence d’artistes autour d’un bol d’olives. Chacun, semblait-il, était en train de construire quelque chose.
Plus tard dans la soirée, j’ai pris un taxi pour remonter la côte jusqu’à Gammarth, le quartier décontracté de la ville, avec ses clubs de plage. Sur le toit d’un club, de la musique pop arabe résonnait dans les haut-parleurs. On m’a tendu un mocktail à la menthe. De là, je pouvais apercevoir les ruines de Carthage, ses minarets et la lueur rose fluo d’un club voisin — une ville antique se fondant dans le futur.
Lionel Jospin, l’ancien Premier ministre socialiste (1997-2002), artisan de la gauche plurielle, est mort ce lundi 23 mars 2026, à l’âge de 88 ans, a annoncé l’AFP, en citant sa famille. Il était affaibli depuis plusieurs années par la maladie, qui finalement l’aura emporté.
La mort de l’homme de l’union des gauches résonne dans le contexte singulier des déchirements de la gauche au lendemain de l’annonce des résultats des élections municipales sur les alliances qu’elle doit (ou pas) mener, notamment avec le parti de l’ancien dirigeant socialiste et actuel leader de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélonchon.
Né en 1937 à Meudon, Lionel Jospin a d’abord suivi un parcours d’excellence, passant par Sciences Po Paris puis l’ENA. Sa formation intellectuelle et sa rigueur ont souvent été soulignées, unanimement, à gauche comme à droite. Et lui a permis de marquer profondément le Parti Socialiste sous la direction de François Mitterrand et de devenir une figure majeure du paysage politique français, notamment pendant les cinq années qu’il a passé à la tête du gouvernement.
Ayant mené le PS à la victoire lors des législatives anticipées de 1997, il est devenu le Premier ministre d’une cohabitation longue et complexe avec la Droite menée par le président Jacques Chirak.
Pendant son mandat, Jospin a mis en place des réformes marquantes comme les 35 heures ou le Pacs, tout en bénéficiant d’une conjoncture économique favorable. Il incarnait une forme de socialisme réaliste et rigoureux.
Sa trajectoire politique s’est brutalement arrêtée au soir du 21 avril 2002. Son élimination dès le premier tour de l’élection présidentielle face à Jean-Marie Le Pen a constitué un véritable traumatisme politique, pour lui comme pour la gauche. Sa décision immédiate de se retirer de la vie politique active a été perçue comme un geste de dignité et de responsabilité. Mais avait aussi beaucoup déçu.
Par la suite, Lionel Jospin est resté une voix écoutée, s’exprimant ponctuellement sur les enjeux de société et la vie de son parti, sans jamais chercher à revenir au premier plan. L’image qu’il laisse est celle d’un homme d’État intègre, droit dans ses bottes, qui aura tenté de concilier conviction et pragmatisme au sommet de l’État.
On ne peut qu’être perplexe face à l’incroyable placidité du gouvernement en Tunisie, pays qui importe 60% de ses besoins énergétiques, face à l’actuelle crise de l’énergie dans le monde, avec un prix du baril de Brent à 111 dollars ce lundi 23 mars 2026, alors que budget de l’Etat pour l’actuelle exercice tablait sur un cours moyen d’environ 63,3 dollars. (Photo : Ruptures de stocks. E4T).
L’économiste Moktar Lamari n’est pas le premier à avoir tiré la sonnette d’alarme en espérant que le gouvernement se réveille enfin de sa torpeur, regarde la situation en face et nous explique ce qu’il entend faire pour passer ce très mauvais cap sans gros dégât, sachant que sa marge de manœuvre budgétaire et financière est étriquée.
Dans un article publié sur son blog E4T, sous le titre «Pétrole en feu, assiettes sous tension : risques de pénurie alimentaire en Tunisie», il avertit : «Ce n’est plus une hypothèse théorique, mais un risque vraisemblable et tangible. L’escalade militaire autour de l’Iran, les menaces répétées sur le détroit d’Ormuz — par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial — et la volatilité extrême des marchés de l’énergie dessinent une perspective inquiétante : celle d’un choc d’approvisionnement et une explosion des prix qui pourrait rapidement atteindre les foyers tunisiens.»
Rappelant le principe de précaution, qui doit inspirer tout acte de gouvernance, l’économiste ajoute à qui veuille entendre : «Dans un pays structurellement dépendant des importations alimentaires et énergétiques, l’équation est simple : quand le pétrole flambe, l’assiette trinque.» Eh oui, explique-t-il, «la transmission du choc est mécanique. Une hausse durable du baril au-delà de 100 dollars renchérit immédiatement les coûts de transport maritime, qui représentent une part significative du prix final des denrées importées. Elle alourdit également la facture énergétique de l’agriculture mondiale — irrigation, engrais azotés (fortement dépendants du gaz), transformation industrielle — et désorganise des chaînes logistiques déjà fragilisées par les crises successives.» Ce qui ne tarde pas de perturber l’approvisionnement, de créer des pénuries de certains produits et des hausses de prix «jusque dans les épiceries de quartier».
Et Moktar Lamri de rappeler que la Tunisie importe plus de la moitié de ses besoins en énergie et en céréales, dépend à 100 % des importations de soja et de larges volumes de maïs, et reste fortement exposé aux marchés internationaux pour les huiles végétales. Ainsi que pour le blé, le lait, la viande, le sucre le café, etc.
Qu’a prévu le gouvernement pour faire face à ce choc qui s’annonce aussi dur que celui provoqué il y a quelques années par la pandémie de Covid 19 ? Comme il n’a pas communiqué (ou pas encore) sur ce sujet d’une extrême gravité, on peut craindre qu’il soit à court d’idées et de solutions.
«Se préparer, ce n’est pas céder à l’alarmisme. C’est reconnaître une réalité : dans un monde instable, la sécurité alimentaire devient une responsabilité partagée. Entre État et citoyens, entre marchés et ménages. Car lorsque le pétrole s’embrase, ce ne sont pas seulement les barils qui flambent. Ce sont aussi les équilibres fragiles qui remplissent — ou vident — les assiettes», conclut Moktar Lamari.
Israël a déjà éliminé une grande partie des directions qui l’entourent. Les cimetières du Moyen-Orient sont pleins à craquer des tombes d’hommes d’État, de commandants, de scientifiques, de journalistes et même d’intellectuels qu’Israël a assassinés. Un État qui tue autant de dirigeants ne peut être un membre respectable de la communauté des nations.
Gideon Levy *
Deux hommes en cravate, souriants, traversent le hall d’un immeuble de bureaux. Leur anglais est soigné. «Je suis vivant, mais j’ai cette carte», dit l’un d’eux en sortant de la poche de sa veste une carte à poinçonner comme celles qu’on utilisait autrefois dans les bus israéliens, bus qu’il n’a d’ailleurs jamais pris.
«Ne la lisez pas», dit-il à son compagnon, faisant semblant de lui cacher la carte. Le second détourne le regard. «Aujourd’hui, j’ai effacé deux noms sur cette carte, et vous voyez combien il m’en reste à faire sur cette série», dit le premier, tout en partageant le secret.
Assassin et fier de l’être
«Vous savez ce qui est bien ?» demande le second. «Mon nom ne figure pas sur cette carte.» Les deux éclatent d’un rire qui détend l’atmosphère. «Vous êtes sur la liste des gentils», rassure le premier son ami. «Épaule contre épaule, nous nous débarrassons de ces fous furieux», dit-il en sortant à nouveau la carte de sa poche. «Nous les éliminons», se vante-t-il. «J’adore ça», répond son ami.
Ce n’est pas une série criminelle, ni un film de mafia, ni des assassinats dans la pègre, ni des tueurs à gages. Il s’agit du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et de l’ambassadeur des USA en Israël, Mike Huckabee, qui envisage un État juif du Nil à l’Euphrate à leur image et à leur ressemblance, et qui tirent fierté d’actes de meurtre. Il n’y a pas d’autre mot pour le décrire. Netanyahou a publié la vidéo sur ses comptes de réseaux sociaux, fier d’être un parrain de la pègre. Il joue bien son rôle.
Crossing names off the list is good – doing it shoulder to shoulder with our American friends is even better.
— Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו (@netanyahu) March 17, 2026
Mais Netanyahou n’a pas besoin de faire preuve de talent d’acteur : la vidéo est fidèle à la réalité, ce n’est pas une fiction, mais un documentaire. Israël comme organisation criminelle, Netanyahu comme le chef de la mafia. Lui et les auteurs de la vidéo méritent des éloges pour leur honnêteté et leur volonté de montrer les choses telles qu’elles sont. Israël comme une mafia. Il devrait avoir honte d’en être fier. La Bulgarie utilisait autrefois des parapluies empoisonnés pour éliminer des dissidents et en a aujourd’hui honte. Israël tue par frappes aériennes et en tire fierté.
Pendant qu’il se réjouit, l’imagination s’emballe, et les médias ainsi que le public tremblent d’excitation à chaque assassinat.
Israël a déjà éliminé une grande partie des directions qui l’entourent. Les cimetières du Moyen-Orient sont pleins à craquer des tombes d’hommes d’État, de commandants, de scientifiques, de journalistes et même d’intellectuels qu’Israël a assassinés. Du poète Ghassan Kanafani à Beyrouth en 1972 au haut responsable iranien de la sécurité Ali Larijani à Téhéran en 2026, les cartes de la mort d’Israël se remplissent, jusqu’à ce qu’elles soient remplacées par de nouvelles.
La cible de l’assassinat, qui n’a pas été assassinée parce qu’elle n’est jamais née, ni la victime de l’assassinat sans successeur. Une seule différence entre les séries criminelles et les assassinats réels : sur Netflix, il reste parfois une place pour s’interroger sur la légitimité des actes. Dans le true crime israélien, ces questions ne se posent pas. Ils sont considérés non seulement comme légitimes, mais aussi comme une source de fierté.
Deviner la prochaine cible
Quelle est la meilleure chose qu’Israël ait faite ces deux dernières années ? L’opération des bipeurs ? Une fierté nationale pour avoir estropié des centaines de personnes et tué des dizaines d’autres ? Ou peut-être l’élimination de Hassan Nasrallah et de ses hommes, de Yahya Sinwar et de son frère Mohammed, de l’ayatollah Ali Khamenei et de ses étudiants, de Khan Younès à Téhéran. Quel beau monde nous avons créé.
Les commentateurs des médias israéliens rivalisent pour deviner la prochaine cible et celle d’après, traçant des X. Le Premier ministre et l’ambassadeur tournent une vidéo écœurante sur les assassinats ciblés. «J’adore ça», dit l’ambassadeur, les yeux pétillants. Mais au-delà du prétentieux «quels héros nous sommes», on ne peut échapper à la vérité : l’assassinat est un euphémisme pour le meurtre. Ses planificateurs et ses exécutants sont des meurtriers. Un État qui tue autant de dirigeants ne peut être un membre respectable de la communauté des nations.
Quand le Premier ministre se vante de sa carte de pointage meurtrière, il n’est pas étonnant que des policiers des frontières assassinent une famille palestinienne pour le plaisir. Quand l’ambassadeur usaméricain dit qu’il «adore ça», il ne faut pas s’étonner du dégoût qu’inspire son pays.
La guerre est une chose laide. Les assassinats politiques n’en sont pas une composante inévitable ; ce sont des actes de meurtre.
La Tunisie présente un paradoxe économique particulier : malgré un accès quasi universel aux infrastructures de base essentielles, le pays continue de faire face à des défis économiques structurels et territoriaux persistants.(Photo: Pont de Radès).
Les données de l’Institut national de la statistique (INS) confirment que la Tunisie est l’un des pays les mieux équipés d’Afrique du Nord en matière de couverture des services publics domestiques.
En 2023, l’accès au réseau d’eau potable atteignait 91,7 % des ménages, desservant environ 11,7 millions de personnes contre 7,5 millions en 1994.
De même, le secteur de l’électricité a quasiment atteint la saturation, le taux de raccordement passant de 86,8 % en 1994 à 99,9 % en 2023.
Ces résultats sont le fruit de décennies d’investissements publics soutenus, notamment à travers des programmes d’électrification rurale et d’extension du réseau d’eau.
Cependant, ces progrès en matière de services publics sont contrebalancés par d’importantes lacunes dans d’autres domaines d’infrastructures critiques, en particulier l’assainissement.
Dégradation de la qualité de vie
Bien que le pourcentage de ménages raccordés au réseau public d’assainissement soit passé de 39,1 % en 1994 à 65,4 % en 2023, environ 2,146 millions de ménages restent non raccordés. Cette disparité entre l’accès à l’eau et la couverture sanitaire constitue un obstacle majeur pour les politiques publiques, car des réseaux d’assainissement incomplets contribuent à la pollution environnementale et dégradent la qualité de vie dans les zones rurales et périurbaines.
Au-delà des statistiques techniques, ces infrastructures de base n’ont pas suffi à protéger le pays des difficultés économiques plus générales. L’environnement macroéconomique tunisien demeure contraint par une dette publique élevée, des pressions inflationnistes et une croissance atone, le chômage – notamment chez les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur – restant une source persistante de préoccupation sociale.
Si le gouvernement continue de privilégier les grands projets, tels que l’agrandissement prévu de l’aéroport de Carthage (1 milliard de dollars) et la modernisation du réseau routier programmée pour 2026, les experts soulignent que les infrastructures physiques, à elles seules, ne constituent pas une solution miracle. Une reprise durable nécessitera d’aller au-delà du simple renforcement des capacités et de s’attaquer également aux goulets d’étranglement structurels, d’améliorer la logistique et de réformer le climat institutionnel et d’affaires afin de mieux attirer les investissements et de stimuler la création d’emplois.
L’Association tunisienne de rhéologie (Trheos), présidée par Professeure Dorra Ghorbel, organise son 1er workshop international sur le thème : «Rhéologie et développement durable».
Ce workshop, qui se tiendra les 10 et 11 avril 2026 à l’Institut national des sciences appliquées de Tunis (Insat), mettra l’accent sur la manière dont la rhéologie, la science de l’écoulement et de la déformation de la matière, peut révolutionner les matériaux et les processus industriels respectueux de l’environnement.
Organisé sous le patronage de Professeure Nadia Mzoughi Aguir, présidente de l’Université de Carthage, en collaboration avec l’Insat, l’Institut national de recherche agronomique de Tunisie (Inrat) et son projet PR2I-D4P2 MIFASG, l’Ecole supérieure des industries alimentaires de Tunis (Esiat), Symbio Club et Chem Club Insat, et avec les support des sociétés NETZSCH, HTDS, Anton Paar, LED, TA Instruments, Pharmalabo, Esilab et Brookfield, vise à combler le fossé entre la recherche en rhéologie et les objectifs urgents en matière de durabilité.
Le Workshop international Trheos 2026 facilitera les discussions entre experts internationaux sur les sujets suivants : conception de matériaux écoresponsables ; bioéconomie et biopolymères ; durabilité alimentaire, produits de santé et de soins durables ; mise en œuvre et durabilité ; efficacité énergétique et gestion des ressources et des déchets.
Il s’agit pour les participants d’aller au-delà de la théorie pour présenter des applications concrètes dans lesquelles la rhéologie contribue à une économie verte et circulaire, à l’utilisation rationnelle des ressources, à une consommation responsable et à la réduction de l’impact environnemental.