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Message symbolique ou vrai avertissement ?

En ciblant la base de Diego Garcia, à près de 4 000 kilomètres de son territoire, ou encore le réacteur nucléaire de Dimona en Israël, Téhéran démontre ses capacités à changer la donne géostratégique. Décryptage.

 

C’est un message clair, net et précis. En cherchant à atteindre la base américano-britannique de Diego Garcia, en plein milieu de l’océan Indien, et en frappant deux villes du sud d’Israël situées à proximité d’un centre stratégique de recherche nucléaire dans le désert du Néguev, Téhéran adresse un avertissement solennel à Tel-Aviv, à Washington et aux états-majors et chancelleries occidentales : en dépit de la supériorité écrasante de la coalition israélo-américaine, l’ancien Empire perse est loin de plier le genoux. Il est même en mesure de riposter et de faire mal à ses agresseurs. Très mal, et pas qu’en paroles.

En effet, et à la surprise générale, l’Iran a tenté, vendredi 20 mars 2026, de frapper « sans succès » la base américano-britannique de Diego Garcia.

Située sur un atoll isolé de l’archipel des Chagos, au cœur de l’océan Indien, à mi-chemin entre l’Afrique et l’Indonésie, cette base est l’une des deux bases britanniques que les États-Unis ont eu l’autorisation d’utiliser pour des « opérations défensives spécifiques contre l’Iran », avec celle de Fairford dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Le Wall Street Journal avait rapporté, citant plusieurs responsables américains, que l’Iran avait tiré deux missiles balistiques vers Diego Garcia, mais qu’aucun des deux n’a touché sa cible, l’un ayant connu une défaillance en vol, et l’autre ayant été intercepté par un missile tiré par un navire de guerre américain…

Prouesse technique

Sauf que la distance parcourue par les missiles iraniens, soit 3 800 km, interpelle. L’Iran dispose de missiles balistiques capables de frapper bien au-delà de son environnement régional en visant même Rome, Berlin voire Paris. Ce n’est pas une découverte pour les experts, mais une démonstration concrète.

En d’autres termes, ces tirs laissent supposer que les missiles iraniens ont une portée supérieure à celle que le régime iranien avait bien voulu admettre jusqu’à présent. Sachant que le ministre des Affaires étrangères du pays, Abbas Araghtchi, a déclaré en février dernier que l’Iran avait « délibérément » limité la portée de ses missiles à environ 2 000 kilomètres. Pourquoi cacher une telle prouesse technique ? Mystère.

Rappelons à ce propos qu’Iran Watch, un organisme du Wisconsin Project on Nuclear Arms Control, affirme pour sa part que l’Iran possède des missiles opérationnels d’une portée de 4 000 kilomètres. D’un autre côté, le centre de recherche et d’éducation israélien Alma estime que la portée maximale des missiles iraniens était d’environ 3 000 kilomètres. Toutefois, il a précisé avoir connaissance de rapports faisant état du développement d’armes à plus longue portée.

Réaction immédiate du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui s’est empressé de déclarer, non sans fébrilité, que Téhéran « essaie certainement de se doter de missiles balistiques intercontinentaux », ajoutant que le pays des mollahs est « sur la voie qui lui permettrait un jour de développer des armes capables d’atteindre le territoire continental américain ». Bref, la vieille rengaine assidue repetere depuis la guerre de l’Irak.

Défaillances

Et les agresseurs de la République islamique ne sont pas au bout de leurs peines. Un jour plus tard, deux missiles iraniens se sont abattus dans la nuit du 21 au 22 mars sur les villes d’Arad et Dimona – qui abrite l’arsenal d’armes nucléaires non déclaré d’Israël ; déjouant ainsi le « Dôme de fer » israélien, pourtant considéré comme l’un des systèmes de défense les plus performants du monde.

« Plus de 100 personnes ont été blessées samedi 21 mars par des frappes iraniennes dans les villes de Dimona et Arad, dans le sud d’Israël, après que les défenses aériennes israéliennes ont échoué à intercepter au moins deux missiles balistiques », se lamente The Times of Israel. Ajoutant que « les médias d’État iraniens ont affirmé que ces frappes visaient le centre de recherche nucléaire israélien, situé à environ 10 kilomètres de Dimona et 30 kilomètres d’Arad, en représailles à une attaque américaine présumée contre le site d’enrichissement d’uranium iranien de Natanz, survenue plus tôt dans la journée », précise la même source.

In fine, pourquoi le système israélien a-t-il failli à sa mission alors que son taux de réussite se situe généralement entre 80 et 90 % ? « Ce Dôme de fer est efficace, mais pas infaillible. C’est au moment de l’interception que l’intercepteur n’a pas bien fonctionné. Il reste soit l’erreur humaine, soit le dysfonctionnement de l’intercepteur », explique un expert militaire.

Toujours est-il que « les frappes iraniennes, qui ont réussi à déjouer les redoutables défenses aériennes de l’État hébreu, démontrent que Téhéran est toujours en mesure d’infliger des dégâts; même après trois semaines de frappes aériennes dévastatrices menées par les États-Unis et Israël », résume The New York Times.

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