S&P place la note souveraine de l’Irak sous surveillance négative
L’agence de notation S&P Global a décidé, le mardi 17 mars, de placer la note souveraine à long terme de l’Irak (« B- ») sous surveillance négative. Cette décision reflète une inquiétude croissante quant à la capacité du pays à faire face à un choc externe majeur : l’effondrement brutal de sa production pétrolière, dans un contexte de forte escalade géopolitique au Moyen-Orient.
Selon les estimations évoquées, la production irakienne serait passée d’environ 4,2 millions de barils par jour (bpj) à seulement 1,2 million bpj. Une chute de près de 70 %, directement liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, axe vital par lequel transite une grande partie des exportations mondiales de pétrole. Une telle contraction de la production signifie donc une chute immédiate des revenus de l’État, compromettant : le financement des salaires publics, les subventions énergétiques, les investissements dans les infrastructures et la stabilité sociale
Dans ce contexte, les infrastructures énergétiques, les routes maritimes et les capacités logistiques régionales sont fortement perturbées, affectant en premier lieu des pays exportateurs comme l’Irak.
L’Irak est particulièrement vulnérable à ce type de choc : le pétrole représente environ 90 % des recettes publiques et constitue plus de 95 % des exportations du pays.
Pourquoi S&P envisage une dégradation
La mise sous surveillance négative par S&P Global indique qu’une dégradation de la note est probable à court terme si la situation persiste. Plusieurs facteurs de risque sont identifiés : détérioration rapide des finances publiques, pression sur les réserves de change, risque de déficit budgétaire massif et fragilité politique interne accrue.
Une baisse de la note souveraine rendrait plus coûteux, voire difficile, l’accès de l’Irak aux marchés internationaux de financement.
Si le conflit perdure, l’Irak pourrait entrer dans une crise économique majeure, combinant chute des revenus, tensions sociales et instabilité politique. À l’inverse, une désescalade rapide et la réouverture des voies d’exportation seraient essentielles pour éviter une dégradation de sa note souveraine et limiter les effets d’un choc pétrolier global.
L’article S&P place la note souveraine de l’Irak sous surveillance négative est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.