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UGTT | Le Congrès de la clarification

Le prochain congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), prévu pour les 25, 26 et 27 mars 2026 à Monastir, est un événement majeur, notamment compte tenu des crises internes que traverse l’organisation syndicale et des défis liés à ses divisions internes, à ses relations avec les autorités politiques et à la situation générale du pays marquée par une stagnation économique et des tensions sociales. (Photo: L’UGTT est appelée à se recentrer sur son rôle syndical).

Latif Belhedi

La date du congrès a été avancée de 2027 à 2026 suite à des mois de conflits internes portant sur plusieurs points litigieux, liés à la gouvernance même de l’organisation, à la gestion démocratique de ses affaires et à son rôle dans le nouveau contexte politique du pays, marqué par une plus grande concentration des pouvoirs et une marginalisation des corps intermédiaires.

Les préparatifs du congrès sont très avancés et l’on s’attend à accueillir 630 délégués, dont 75 membres de l’organe administratif national. Un nombre record de candidatures est également enregistré pour les différentes instances de l’organisation, avec un total de 91 candidats, répartis comme suit : 46 au Bureau exécutif national, 24 à l’a Commission nationale de réglementation interne et 21 à la Commission nationale de contrôle financier.

Parmi les candidats pour le Bureau exécutif figurent Slaheddine Selmi, Othman Jallouli, Tahar Mezzi et Farouk Ayari, tous membres de l’exécutif sortant; Wajih Zaidi, secrétaire général du Syndicat général des transports ; Salouane Smiri, secrétaire général du Syndicat général des travailleurs du pétrole et de la chimie ; Salah Ben Hamed, secrétaire général du Syndicat régional des travailleurs de Gabès ; et Kacem Zemni, secrétaire général du Syndicat régional des travailleurs de Sousse.

Vers une gestion financière plus saine

Des propositions ont également été formulées pour réviser le règlement intérieur, notamment en ce qui concerne la redéfinition des relations entre la direction centrale et les structures de base, ainsi que la définition du cadre de gestion quotidienne du syndicat, en particulier la gestion financière, et en insistant sur une plus grande transparence dans ce domaine.

Début 2026, le cabinet du Premier ministre a décidé de suspendre le prélèvement automatique des cotisations à l’UGTT sur les salaires des employés, cadres et ouvriers. Les responsables syndicaux ont perçu cette décision comme un coup dur porté aux finances de l’organisation, car ces prélèvements représentent la principale source de financement de leurs activités et de leurs structures nationales, régionales et sectorielles. Elle viserait, selon eux, à limiter l’influence de l’UGTT et à réduire son rôle sur la scène nationale.

Les détracteurs de l’organisation, qui lui reprochent d’avoir souvent outrepassé son rôle syndical pour devenir un acteur politique de premier plan, ont vu dans cette décision la fin de la tutelle syndicale sur la vie politique et la consécration de la liberté d’adhésion et du pluralisme syndical.

L’UGTT, qui a condamné cette décision, y voyant une mesure punitive à motivation politique visant à tarir ses financements et à l’asphyxier financièrement, a lancé une campagne nationale de renouvellement automatique des adhésions dont on jugera de l’impact au cours du prochain congrès.

Le départ annoncé de Taboubi

Il convient de noter que le précédent congrès de l’UGTT, qui s’est tenu du 16 au 18 février 2022 à Sfax, a vu la réélection du secrétaire général Noureddine Taboubi, avec plus de 90 % des voix des délégués.

Par ailleurs, les autres membres de sa liste ont remporté une victoire écrasante, obtenant plus de 80 % des suffrages.

Sept membres du Bureau exécutif de 2017 ont été élus, dont cinq qui siégeaient également au Bureau élu lors du Congrès de 2011 : Noureddine Taboubi, Sami Tahri, Hfaiedh Hfaiedh, Anouar Ben Kaddour et Samir Cheffi.

Beaucoup ont cependant contesté ces résultats, reprochant aux dirigeants réélus d’avoir tripatouillé le règlement intérieur pour s’offrir un énième mandat auquel ils n’avaient droit. Ce qui n’a pas manqué de créer des polémiques et de provoquer de fortes divisions au sein de l’organisation. D’où l’intérêt du prochain congrès qui va devoir remettre l’organisation sur le rails d’une gestion plus démocratique et moins clanique de ses affaires. Le départ annoncé de Taboubi et de ses obligés sera sans doute très apprécié, au sein de l’UGTT et sur la scène politique nationale où son image est largement ternie.

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