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Tunisie et la facture de la hausse des prix du pétrole

Les conséquences désastreuses de l’escalade des tensions au Moyen-Orient, suite au déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, constitue une menace supplémentaire pour l’économie tunisienne en crise depuis 2011 en raison des effets conjugués des pressions internes et externes.

Avec un baril de pétrole brut dépassant les 100 dollars américains ($), le gouvernement est confronté à un nouveau défi : la loi de finances 2026, dont le financement reste en partie incertain, prévoyait un prix moyen du baril de pétrole de seulement 63,3 $. La hausse prévisible ne manquera d’aggraver les difficultés financières du pays qui a du mal à sortir sur les marchés internationaux en raison d’une note souveraine à risque : en février 2026, Fitch Ratings l’avait confirmé à « B- ».  

On sait que chaque dollar de hausse dans le cours du pétrole, qui risque de flamber davantage, coût 140 millions de dinars par an au Trésor public pour maintenir les subventions publiques de produits de première nécessité, ce qui ferait peser un risque de flambée de l’inflation et de gel des investissements.

Dans sa lettre d’information hebdomadaire ‘‘EcoWeek’’ (n° 11-26 du 15 mars 2026), l’économiste Hachemi Alaya écrit : «Il est encore prématuré d’aborder la question des conséquences sur l’économie tunisienne de la guerre contre l’Iran. Mais la vraie ‘‘conséquence’’ qu’il faut redouter c’est qu’elle serve d’alibi pour masquer le cancer qui la ronge de l’intérieur ou pis, de lui imputer l’aggravation de ses maux.»

Tout en soulignant l’aggravation des déséquilibres structurels de l’économie nationale, l’érosion périlleuse de sa compétitivité extérieure, le transfert massif des ressources vers le secteur public et la poursuite de la dégradation de la liberté économique dans sa triple dimension économique, politique et justice, entre autres signaux négatifs risquant d’enfoncer durablement la Tunisie dans la catégorie des pays stagnants, Alaya estime que le vrai risque, c’est de voir le gouvernement se défausser sur la guerre pour justifier ses manquements et retarder encore les réformes structurelles exigées par la situation globale du pays.

Car, au-delà des conséquences économiques de cette guerre qui dépendront fortement de sa durée, de son ampleur et de son issue, «le vrai risque pour l’économie tunisienne c’est d’occulter le cancer qui la ronge de l’intérieur ou pis, d’imputer l’aggravation des déséquilibres et des maux qui la marquent aux conséquences de la guerre», écrit-il.

Cette tentation est de nature, ajoute-t-il, «à embourber encore plus le pays dans l’immobilisme en matière de réformes et la prodigalité à crédit de ses finances publiques.» Ce qui serait «plus dommageable qu’une flambée éphémère du pétrole ou les perturbations dans les approvisionnements en produits céréaliers dont dépend fortement la Tunisie.»

L. B.

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Tunisie-Italie | Les tensions internationales pourraient retarder le projet Elmed

L’entrée en service de l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, prévue pour 2028, pourrait être reportée à 2030 ou 2031 en raison des tensions internationales qui continuent d’affecter la disponibilité des équipements énergétiques depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, à laquelle vient de s’ajouter celle consécutive au déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran.   

Le coût du projet d’interconnexion électrique Elmed entre la Tunisie et l’Italie est estimé à environ 1,014 milliard d’euros, dont 582 millions seront à la charge de la Tunisie. Et selon les estimations du gouvernement, les recettes annuelles générées par cette infrastructure devraient se situer entre 71 et 182 millions d’euros, qui seront partagés à parts égales entre la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg) et son homologue italienne Enel.

Le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, a déclaré que le projet «permettra un échange bidirectionnel d’électricité entre les deux pays, autorisant notamment l’exportation d’énergie produite à partir de sources renouvelables et renforçant le réseau électrique tunisien aux heures de pointe, contribuant ainsi à la sécurité énergétique».

L’entrée en service de l’interconnexion, prévue pour 2028, pourrait toutefois, a noté Chouchane, «être reportée à 2030 ou 2031 en raison des tensions internationales qui continuent d’affecter la disponibilité des équipements énergétiques depuis le début de la guerre russo-ukrainienne», à laquelle vient de s’ajouter celle consécutive au déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran.   

Elmed prévoit de construire une interconnexion électrique sous-marine bidirectionnelle à courant continu (CC) et à haute tension entre la Sicile et la Tunisie, avec un point d’arrivée à terre dans la zone industrielle de Mlaabi, à Menzel Temime, dans le gouvernorat de Nabeul.

Le projet comprend deux stations de conversion – l’une à Menzel Temime et l’autre à Partanna, en Sicile – et un câble sous-marin d’environ 200 kilomètres de long, traversant le détroit de Sicile à une profondeur maximale de 800 mètres. Il aura une capacité de 600 mégawatts et une tension de 500 kilovolts CC. Le projet inclut également l’infrastructure de raccordement terrestre, les systèmes de télécommunications et des dispositifs de surveillance continue du câble.

Un accord de financement et de garantie d’un montant de 43 millions d’euros, soit environ 145 millions de dinars tunisiens, pour la deuxième phase du projet d’interconnexion électrique, a été signé à Tunis le 16 janvier entre le gouvernement tunisien et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

L’accord vise à renforcer le réseau électrique de la Steg par l’installation de lignes de transport aériennes, notamment des lignes d’arrivée et de départ dans le gouvernorat de Nabeul, au nord du pays.

La deuxième phase du projet, appelée Programme de renforcement du réseau, prévoit le renforcement des réseaux de transport à travers la Tunisie. Plus précisément, le projet comprend l’installation d’une ligne aérienne de 400 kV d’environ 85 kilomètres, reliant Grombalia (Nabeul) à Kondar (Sousse), et traversant quatre gouvernorats : Nabeul, Ben Arous, Zaghouan et Sousse.

Le projet inclut également l’installation de lignes aériennes d’arrivée et de départ entre Ezzahra et Grombalia 1, raccordées au poste de transformation de Grombalia 2 (400/225 kV), pour une longueur totale d’environ 10 kilomètres, ainsi que des lignes supplémentaires entre Seltene et Grombalia 1, également raccordées à ce même poste, pour une longueur totale d’environ 10 kilomètres.

L. B. (avec Nova News).

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Le tabagisme chez les jeunes est une urgence sanitaire en Tunisie

Le tabagisme chez les jeunes : 14 % des mineurs âgés de 13 à 15 ans fument. Parallèlement à cette épidémie de tabagisme, le pays connaît une chute vertigineuse de l’activité physique. Ce qui, à terme, risque d’aggraver les problèmes de la santé publique dans le pays : recrudescence des maladies chroniques, pénuries de certaines spécialités médicales en raison de l’exode des médecins, crise financière structurelle de l’assurance maladie, vétusté des infrastructures médicales publiques, etc.   

Parmi les défis auxquels est confronté le système de santé tunisien, celui, structurel, lié à la prévalence précoce du tabagisme chez les jeunes générations. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 14 % des mineurs tunisiens âgés de 13 à 15 ans fument régulièrement des cigarettes, un chiffre qui s’inscrit dans une dégradation générale des modes de vie dans le pays.

Le Dr Olfa Saidi, chef du bureau de l’OMS à Tunis, a souligné que l’expérimentation du tabac touche désormais plus d’un tiers des adolescents scolarisés (35 %), avec des pics de dépendance extrêmement précoce, certaines personnes commençant à fumer dès l’âge de sept ans. Ce phénomène constitue non seulement une urgence sanitaire, mais reflète également de profondes dynamiques socio-économiques.

Le marché du tabac en Tunisie a historiquement été un monopole d’État (Régie nationale des tabacs et des alumettes – RNTA), faisant du secteur une source cruciale de recettes fiscales pour les caisses publiques, mais créant en même temps un paradoxe pour les politiques de prévention.

Parallèlement à l’épidémie de tabagisme, la Tunisie connaît un effondrement de l’activité physique. Les données de l’Observatoire national du sport indiquent que la part de la population active est passée de 35 % en 2009 à 12 % en 2021.

Cette combinaison de tabagisme précoce et de sédentarité risque de compromettre l’avenir du système de santé publique tunisien, en augmentant l’incidence des maladies non transmissibles (MNT), telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires, qui représentent déjà un fardeau insoutenable pour la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnam). Les analystes soulignent que, sans une réforme radicale de la loi sur la vente de tabac aux mineurs et un investissement massif dans les infrastructures sportives scolaires, la Tunisie pourrait se retrouver, au cours de la prochaine décennie, confrontée à une crise sanitaire chronique susceptible de freiner davantage la productivité et la croissance économique d’un pays déjà fragilisé par une transition politique complexe et une fragilité financière persistante.

L. B.

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Hausse des échanges commerciaux entre l Tunisie et l’Italie

Du 1er janvier à fin février 2026, les échanges entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 3,44 milliards de dinars, soit l’équivalent de 1,012 milliard d’euros au taux de change actuel. Ces chiffres proviennent d’une analyse des données commerciales publiée le 12 mars 2026 par l’Institut national de la statistique (INS).

Au cours des deux premiers mois de cette année, les exportations italiennes vers la Tunisie ont atteint 1,565 milliards de dinars (environ 460 millions d’euros), soit une hausse d’environ 11 % par rapport aux 1,393 milliards de dinars (409 millions d’euros) enregistrés au cours des deux premiers mois de 2025.

Les importations italiennes en provenance de Tunisie se sont quant à elles élevées à 1,875 milliards de dinars (551 millions d’euros), en légère baisse par rapport aux 1,905 milliards de dinars (560 millions d’euros) de janvier et février 2025.

L’Italie est le deuxième fournisseur européen de la Tunisie et le troisième au niveau mondial, après la France, qui a exporté pour 1,814 milliards de dinars (533 millions d’euros) de biens et marchandises vers Tunis au cours des deux premiers mois, et la Chine, avec 1,711 milliards de dinars (503 millions d’euros).

Parmi les principaux produits exportés d’Italie vers la Tunisie figurent les matières premières énergétiques (pétrole raffiné), les métaux, les textiles, le cuir et les peaux, le matériel électrique, les matières et produits plastiques, les moteurs, les générateurs et transformateurs, les produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que les installations et machines.

L’Italie importe principalement des vêtements et des chaussures, des pièces et accessoires pour véhicules, des huiles et graisses, des moteurs, des générateurs et transformateurs, des articles en plastique, des produits chimiques et engrais, des produits sidérurgiques et du pétrole brut.

Il est donc évident qu’il existe un important flux de raffinage et de transformation de matières premières ou de produits semi-finis en produits finis entre l’Italie et la Tunisie.

En matière de commerce, la France demeure le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec des échanges d’une valeur de 4,3 milliards de dinars (1,27 milliard d’euros).

Les exportations françaises vers la Tunisie ont totalisé 1,82 milliard de dinars (soit 533 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de 2026, contre 1,347 milliard de dinars (346 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de l’année précédente.

Les importations françaises en provenance de Tunisie ont augmenté de 1,6 % par rapport à janvier et février 2025, passant de 2,15 milliards de dinars (632 millions d’euros) à 2,49 milliards de dinars (732 millions d’euros), ce qui a entraîné un déficit commercial pour la France de 673 millions de dinars (environ 198 millions d’euros).

Rappelons que les échanges commerciaux de la Tunisie avec l’Union européenne (UE) représentent plus de 70 % du total de ses échanges extérieurs.

I. B.

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Tunisie | Le déficit commercial se rétracte mais reste élevé  

Au cours des deux premiers mois de 2026, le déficit commercial de la Tunisie s’est réduit à 2,784 milliards de dinars (environ 830 millions d’euros), contre 3,517 milliards de dinars (environ 1,05 milliard d’euros) enregistrés à la même période en 2025, apprend-on dans une analyse publiée le 12 mars 2026 par l’Institut national de la statistique (INS). Ce déficit reste cependant très élevé eu égard les difficultés financières du pays et l’ampleur de son endettement extérieur dépassant 80% du PIB.  

Au cours des deux premiers mois de 2026, le commerce extérieur tunisien a enregistré des exportations de 10,80 milliards de dinars (environ 3,2 milliards d’euros) et des importations de 13,59 milliards de dinars (environ 4 milliards d’euros). Sur la période janvier-février 2026, les exportations ont progressé de 6,2 % par rapport à la même période en 2025, où elles s’élevaient à 10,169,2 milliards de dinars (environ 3 milliards d’euros).

Les importations, quant à elles, ont légèrement diminué de 0,7 %, passant de 13,69 milliards de dinars (environ 4,1 milliards d’euros) à 13,59 milliards de dinars.

Sous l’effet de cette tendance, le déficit commercial s’est réduit à 2,784 milliards de dinars (environ 830 millions d’euros), contre 3,517 milliards de dinars (environ 1,05 milliard d’euros) enregistrés à la même période en 2025.

Le taux de couverture des importations par les exportations a atteint 79,5 %, contre 74,3 % l’année précédente.

Du point de vue sectoriel, les exportations ont progressé dans les industries mécaniques et électriques (+14,8 %) et dans le secteur agroalimentaire (+6,1 %), soutenues principalement par la hausse des ventes d’huile d’olive, qui ont atteint 1,25 milliard de dinars (environ 374 millions d’euros), contre 1,007 milliard de dinars (environ 301 millions d’euros) l’année précédente.

Les exportations des secteurs des mines, des phosphates et de leurs dérivés (-24,6 %), du textile, de l’habillement et du cuir (-1,8 %) et de l’énergie (-0,5 %) ont toutefois reculé, en partie à cause de la baisse des ventes de pétrole brut, qui sont passées de 372,3 millions de dinars (environ 111 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de 2025 à 239,8 millions de dinars (environ 72 millions d’euros).

Du côté des importations, les achats de biens d’équipement (+1,4 %) et de produits énergétiques (+1,7 %) ont progressé. Les importations de biens de consommation (+2,3 %) et de produits alimentaires (+2,6 %) ont également augmenté, tandis que celles de matières premières et de produits semi-finis ont diminué (-6 %).

En termes de répartition géographique, les exportations tunisiennes vers l’Union européenne (UE), qui représentaient 72,1 % du total, ont atteint 7,793 milliards de dinars (environ 2,3 milliards d’euros), contre 7,091,9 milliards de dinars (environ 2,1 milliards d’euros) à la même période en 2025. La hausse a été particulièrement marquée en France (+15,7 %) et en Allemagne (+9,9 %), tandis que des baisses ont été enregistrées en Italie (-1,6 %) et aux Pays-Bas (-25,3 %).

Concernant les pays arabes, les exportations ont fortement progressé vers l’Égypte (+76,4 %) et l’Arabie saoudite (+68,9 %), tandis qu’elles ont reculé vers le Maroc (-45,3 %), l’Algérie (-18,6 %) et la Libye (-29,2 %).

Du côté des importations, celles en provenance de l’UE – représentant 45,6 % du total – ont atteint 6,189 milliards de dinars (environ 1,85 milliard d’euros), contre 5,77 milliards de dinars (environ 1,72 milliard d’euros) au cours des deux premiers mois de 2025. Les achats ont notamment progressé en provenance de France (+26,3 %) et d’Italie (+12,3 %), tandis qu’ils ont reculé en provenance d’Espagne (-5,0 %) et de Grèce (-28,2 %).

Hors UE, les importations ont augmenté en provenance de Turquie (+3,8 %) et d’Inde (+48,9 %), tandis qu’elles ont diminué en provenance de Russie (-59,7 %) et de Chine (-18,1 %).

Par groupe de produits, le déficit commercial global – 2,784 milliards de dinars (environ 830 millions d’euros) – s’explique principalement par le solde négatif des produits énergétiques (-1,886 milliards de dinars, environ 563 millions d’euros), des matières premières et produits semi-finis (-790,7 millions de dinars, environ 236 millions d’euros), des biens d’équipement (-488,4 millions de dinars, environ 146 millions d’euros) et des biens de consommation (-108,8 millions de dinars, environ 32 millions d’euros).

Le secteur alimentaire, quant à lui, a enregistré un excédent de 489,7 millions de dinars (environ 146 millions d’euros).

Finalement, le déficit commercial hors énergie s’est réduit à 898,3 millions de dinars (environ 268 millions d’euros), tandis que le déficit de la balance énergétique a atteint 1,886 milliards de dinars (environ 563 millions d’euros), contre 1,845 milliards de dinars (environ 551 millions d’euros) enregistrés à la même période en 2025.

I. B.

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Business et sécurité dans les pays du Golfe | Le basculement !

Face aux impacts dévastateurs de la guerre israélo-américaine contre l’Iran sur la sécurité des Etats arabes du Golfe, il est important de bien comprendre les enjeux de la stabilité de cette région riche en hydrocarbures et de sa sécurisation future sans les États-Unis, mais avec un danger permanent qui viendra principalement de l’Etat belliciste d’Israël, quels que soient ses dirigeants présents et futurs. (Photo : Le pacte entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, signé le 14 février 1945 sur le croiseur USS Quincy par le roi Abdelaziz ibn Saoud, et le président Franklin Roosevelt, a-t-il encore un sens aujourd’hui ?)

Naamen Bouhamed *

Depuis le déclenchement de cette guerre, l’économie régionale est à l’arrêt.Les salons professionnels sont reportés au second semestre 2026, voire en 2027, ou tout simplement annulés. Tous les événements majeurs, forums mondiaux et championnats de F1 à Djeddah ou Bahreïn, sont annulés pour la saison 2026. Les déplacements et missions professionnels sont conditionnés à la réouverture des aéroports de Dubaï, Doha, Bahreïn, Koweït ou Bagdad, ces infrastructures étant sous la menace des drones iraniens visant des bases militaires américaines à proximité.

Impacts de la guerre dur le commerce mondial

Les exportations d’Europe, d’Asie, d’Afrique, et plus largement celles venant du monde entier, qui naviguaient vers Jebel Ali avant le déclenchement du conflit par Israël et les États-Unis, se retrouvent en situation de congestion portuaire en Inde (port de Nhava Sheva) ou au Kenya (port de Mombasa). Les armateurs comme CMA-CGM, Maersk, MSC et autres cherchent des solutions de déchargement sur des ports situés hors du détroit d’Ormuz, tels que Sohar à Oman ou Khor Fakkan, dans l’émirat de Sharjah, qui dispose d’une ouverture sur la mer d’Oman. Des pénalités, ou «primes de guerre», allant de 800 à 3000 dollars par conteneur sont facturées par les compagnies maritimes aux exportateurs ou aux importateurs.

Jebel Ali, l’un des ports les plus dynamiques du monde, se retrouve malgré lui sous le feu des hostilités.

Tout cela a un coût financier qui se chiffre en plusieurs millions de dollars de perte par jour. Il en va de même pour Emirates ou Qatar Airways, et les aéroports de Dubaï, Doha, Bahreïn ou Abou Dhabi, qui sont des hubs vers l’Asie, sont fermés depuis deux semaines sans pouvoir espérer relancer leurs activités à plein régime avant plusieurs semaines.

Nos exportations, tout comme celles des fournisseurs du monde entier, ne peuvent plus accéder à Jebel Ali, qui est le nœud névralgique de la redistribution sur toute la zone. Le port assurait des connexions quotidiennes vers les ports Hamad à Doha, Manama, Koweït, mais aussi vers l’Iran, le Pakistan, l’Afrique et l’Europe. Jebel Ali n’est pas un simple port, c’est un des axes majeurs de la connectivité maritime mondiale. Il est relié à plus de 140 ports dans le monde.

Avec une capacité de plus de 19 millions d’EVP (équivalent vingt pieds) par an, le port émirati est le plus grand et le plus fréquenté du Moyen-Orient. Il constitue un lien vital entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, ce qui en fait une pierre angulaire du commerce international.

L’impact pour nos exportations sur la zone du Moyen-Orient et du Golfe est majeur. Le port assurait une connectivité dense avec les pays voisins via des services de «feeders» (navires collecteurs) qui représentent 100 % du transport maritime de cette zone, à l’exception de l’Arabie Saoudite avec Djeddah, situé en mer Rouge, qui assure 80 % de ses importations de biens de consommation.

Les pertes économiques globales pour les Émirats arabes unis, suite à ces incidents, ont été estimées à plus de 5 milliards de dollars.

Impacts de la guerre sur les salons et événements

Les salons et événements B2B sont aussi l’une des facettes de l’écosystème de Dubaï, tout comme les événements sportifs de dimension mondiale (F1 à Bahreïn, Abou Dhabi ou Djeddah).

L’ensemble de ces événements et rendez-vous économiques pour nos entreprises exportatrices faisait tourner l’économie de tous ces pays.

À Dubaï, mais aussi à Riyad, Bagdad ou Doha, tous les événements sont reportés, voire annulés. Stephen Carter, Ceo d’Informa (leader mondial des salons professionnels et événements B2B dans la région), avec un portefeuille de salons et d’événements (Gulf Food, Gitex, Middle East Energy, Dubai World Health Expo, Dubai Airshow, LEAP, Saudi Global Health…), qui devait générer plus de 650 millions de dollars de revenus en 2026, voit l’ensemble de ses événements reportés ou annulés.

Lors d’un point de presse, M. Carter a annoncé que le sommet mondial des transports publics, prévu du 21 au 23 avril 2026, est annulé pour cette année. La prochaine édition aura lieu à Hambourg en 2027. Token2049, initialement prévue pour avril 2026, cette conférence majeure sur les cryptomonnaies est reportée à avril 2027. Le Dubai International Boat Show, prévu pour avril 2026, est désormais reprogrammé du 25 au 29 novembre 2026. Enfin, Middle East Energy Dubai, l’exposition qui devait se tenir en avril au Dubai World Trade Centre, est reportée du 1er au 3 septembre 2026.

Pour chacun de ces événements majeurs, ce sont des milliers d’exposants et de visiteurs professionnels venus du monde entier qui ne se déplaceront pas à Dubaï, Riyad, Doha, Bagdad ou Bahreïn avant le second semestre.

Le salon Middle East Energy, c’est entre 50 000 et 70 000 personnes qui ne viendront pas, ce qui impactera les hôtels, les transports aériens et tous les services attenants.

L’ensemble des salons cumulés entre février et septembre prochain représente des centaines de milliers de voyages et de voyageurs d’affaires qui sont soit reportés, soit annulés, donc des pertes nettes qui se chiffrent en millions de dollars pour tous les acteurs économiques vivant de ces activités.

Le transport aérien en chute libre

L’activité aérienne, ce sont 6 millions de passagers touchés par les annulations de vols. Selon Cirium, expert en données sur le trafic aérien, plus de 52 000 vols ont été supprimés entre le 28 février (date du début des bombardements américano-israéliens contre l’Iran) et le vendredi 13 mars. Soit plus de la moitié des plus de 98 000 trajets prévus.

Les plateformes aéroportuaires géantes comme Dubaï et Doha tournent encore au ralenti. Il faut bien comprendre que ces «hubs» ont bâti leur modèle économique sur les passagers en correspondance sur des long-courriers, bénéficiant de leur position au carrefour des liaisons vers et depuis les Amériques, l’Europe, l’Asie et l’Océanie.

La compagnie la plus touchée sur ses programmes de vols au départ du Moyen-Orient est Qatar Airways, qui a dû annuler près de 93 % de ses liaisons, selon Cirium. Etihad, basée à Abou Dhabi, a renoncé à 81,7 % de ses vols au départ, tandis qu’Emirates a réussi à n’annuler «que» 56,5 % de ses décollages de Dubaï, malgré la fermeture de l’aéroport durant les périodes de tension où il a été pris pour cible. Les pertes pour Emirates se chiffrent déjà en centaines de millions de dollars.

La fuite des travailleurs expatriés

Si l’Arabie Saoudite n’est pas touchée par ce phénomène, les trois pays les plus impactés sont les Émirats arabes unis (Dubaï et Abou Dhabi en tête), suivis du Qatar et de Bahreïn, avec des proportions variables. Dubaï a le plus à perdre dans cette situation, tant sur le plan économique que politique. Il faut néanmoins relativiser cette fuite, car la composition de la population de ces pays joue un rôle très important. Sur les 11 millions d’habitants des Émirats, 90 % sont des étrangers, dont 70 à 80 % originaires d’Asie (Inde, Pakistan, Bangladesh, Philippines…).

Ces travailleurs, souvent seuls et envoyant 80 % de leur salaire à leur famille (un revenu vital pour leurs proches), n’ont aucun intérêt à partir, avec le risque de perdre leur «Iqama» (carte de séjour professionnelle).

Ceux qui fuient, ou qui quittent temporairement le pays, sont souvent les Européens ou les «riches» qui ont les moyens et un pied-à-terre dans leur pays d’origine, ainsi qu’un revenu ou une réserve financière de quelques mois pour assurer la sécurité de leur famille en attendant que la situation se calme, avant de revenir reprendre leur activité.

Quel avenir pour la stabilité de la région ?

Mais y aura-t-il un retour à la normale ? Et l’après sera-t-il identique à l’avant ? Car il y aura un avant et un après, et c’est là que les défis de Dubaï ou de Doha vont être mis à rude épreuve.

La question que tout le monde se posera dorénavant est : à quand la prochaine guerre ? Car ce ne sont pas les États-Unis qui ont tiré les premiers, mais Israël qui souhaite la destruction totale de l’Iran. Tant que l’Iran sera debout, l’objectif des décideurs sionistes sera, à un moment ou un autre, de recommencer à bombarder l’Iran, ce qui obligera les États-Unis à intervenir, et les pays du Golfe seront de nouveau les cibles de contre-attaques.

Dans cette configuration de vie entre cessez-le-feu et reprise de la guerre, qu’adviendra-t-il de la stabilité de Dubaï, dont l’économie repose à 90 % sur les services ? Abou Dhabi a son pétrole, Doha son gaz : ils seront impactés, mais dans une moindre mesure sur le long terme.

À lire à ce sujet, l’analyse de Sheikh Khalaf al-Habtoor, l’un des plus importants hommes d’affaires des Emirats, publiée par ‘‘Business Arabia’’ et portant sur les dégâts collatéraux de cette guerre, qui a entraîné les pays du Golfe dans une guerre qui n’est pas la leur, sur les affaires et la stabilité de Dubaï.

Géopolitique de la sécurisation du Golfe  

Il est important de bien comprendre les enjeux de stabilité de cette zone, de sa sécurisation future sans les États-Unis, mais avec un danger permanent qui viendra principalement de l’Etat sioniste, quels que soient ses dirigeants présents et futurs.

Les pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite en priorité, vont devoir revoir toute leur stratégie de défense. L’accord de défense avec le Pakistan, signé en septembre 2025, n’est probablement qu’une étape vers un partenariat de défense plus global qui devra intégrer l’Iran et l’Irak afin de donner un sens à un avenir commun de stabilité et de paix régionale pour tous, comme le souhaite la Chine.

Dans mon ouvrage ‘Réussir l’export en Arabie Saoudite’’, je traite de la construction de l’Arabie d’Ibn Séoud, qui a su, avec intelligence, et face aux Britanniques, réunir les tribus de la péninsule arabique et bâtir le Royaume d’Arabie Saoudite. J’explique aussi le jeu des Britanniques, des Français et enfin des Américains dans cette question du contrôle des territoires depuis le 18e siècle jusqu’à l’entrée en jeu des États-Unis en 1945 et les accords du Quincy avec l’Arabie Saoudite (sécurité contre pétrole). Je reviens sur la façon dont les Britanniques ont signé des accords de protectorat dès 1892 avec les cheikhs du Koweït, de Bahreïn, du Qatar, d’Abou Dhabi, Dubaï, Charjah, Ras el-Khaïmah, Oumm al-Qaïwaïn et Fujaïrah. Le sultanat d’Oman, suite à un conflit franco-britannique, restera un territoire «neutre», même si les Britanniques ont toujours eu un privilège sur Oman.

Je citerai ce qu’a dit le futur roi Abdel Aziz Ibn Saoud, fondateur du Royaume, à Gertrude Bell, agent de liaison britannique basé à Bassora : «Je ne reconnaîtrai d’autre État arabe que celui que j’aurai bâti seul et à la pointe de mon épée…»

Le Pacte du Quincy, signé le 14 février 1945, est plus qu’une alliance, la naissance d’une puissance pétrolière mondiale.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Américains ont pris conscience de l’importance future des gisements pétroliers d’Arabie Saoudite. Le président Franklin D. Roosevelt, de retour de la conférence interalliée de Yalta, fera escale au large de Yanbu (à la grande surprise des Britanniques) et demandera à rencontrer le roi Ibn Saoud au milieu du canal de Suez, sur le croiseur Quincy, le 14 février 1945. Cette rencontre informelle permettra, entre autres, aux compagnies pétrolières américaines de s’approprier les gisements pétroliers saoudiens et de concurrencer ainsi les Britanniques qui s’étaient accaparé les gisements pétroliers en Irak et en Iran.

Les deux dirigeants conviennent d’un accord «Pétrole contre sécurité». Les États-Unis acceptent de protéger militairement le royaume saoudien en échange de son pétrole. Sans oublier que, depuis, la monnaie américaine a un statut hégémonique, en partie parce que 80 % des transactions pétrolières sont effectuées en dollars, mais aussi parce que le riyal saoudien est en parité fixe avec le dollar jusqu’à ce jour. Mais que vaut aujourd’hui cette protection en 2026 ?

Les accords d’Abraham, signés en 2020 sous l’impulsion des États-Unis de Trump, avaient pour objectif d’établir des relations diplomatiques et de renforcer la coopération économique, technologique et sécuritaire entre Israël (l’entité sioniste), les Émirats arabes unis, le Maroc, Bahreïn et le Soudan.

Aujourd’hui, ces accords sont considérés par certains comme un cheval de Troie permettant à l’entité sioniste de déstabiliser les pays arabes et voisins pour ses propres intérêts.

À écouter à ce sujet, l’interview d’un ancien membre du Saudi Shura Council, le cheikh Ahmed Altuwaijri.

L’accord entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, signé le 10 mars 2023, à Pékin, sous l’égide de la Chine, rétablit les relations diplomatiques entre les deux pays, rompues depuis 2016. Cette médiation chinoise marque une désescalade majeure (réouverture des ambassades) et souligne l’influence croissante de Pékin au Moyen-Orient face aux États-Unis.

L’Accord stratégique de défense mutuelle (MSDA) entre l’Arabie saoudite et le Pakistan, signé le 17 septembre 2025, formalise une alliance militaire unique dans la zone. Tout acte d’agression contre l’un est considéré comme une attaque contre les deux, avec une protection nucléaire implicite du Pakistan envers Riyad, redéfinissant l’équilibre sécuritaire régional.

En attendant la suite du déroulement du conflit, nos exportations sont conditionnées à l’augmentation des primes de transport maritime et de risque, ainsi qu’à des délais de livraison qui ne sont plus garantis.

Vigilance et anticipation sont de mise, en attendant une reprise normale des affaires en toute sécurité. Mais pour combien de temps !

* Consultant, président de Alwen International.

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Tunisie | Exode des médecins et crise sanitaire

Le Dr Lilia Zakhama, chef du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure de La Marsa, souligne l’urgence d’une stratégie nationale, face à l’exode des médecins spécialistes tunisiens qui prend une telle ampleur au fil des ans qu’il risque, à terme, de provoquer une crise sanitaire et économique.

L’exode des médecins spécialistes, notamment des cardiologues, constitue une véritable crise sanitaire et économique pour la Tunisie. Selon le quotidien public ‘La Presse’’, cet exode de professionnels hautement qualifiés engendre des coûts directs et indirects insoutenables pour les finances publiques et les familles tunisiennes, fragilise les infrastructures hospitalières et pousse les patients vers le secteur privé ou à se faire soigner à l’étranger.

Chaque spécialiste qui quitte le pays représente un manque à gagner pour l’investissement public : l’État finance la formation de ces professionnels qui exercent ensuite dans des systèmes de santé étrangers.

Ce phénomène engendre des délais d’attente plus longs et une pénurie de soins. Le docteur Lilia Zakhama, chef du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure de La Marsa, citée par le journal, souligne l’urgence d’une stratégie nationale. Elle insiste également sur le fait que l’absence d’outils nationaux pour mesurer l’impact économique de cet exode constitue une «faiblesse structurelle».

La pénurie de cardiologues compromet non seulement la sécurité sanitaire, mais rend aussi les services hospitaliers moins efficaces et plus coûteux à gérer.

Pour remédier à cette situation, les experts proposent une restructuration en profondeur de l’offre de soins, avec la centralisation des activités les plus complexes dans des centres de référence régionaux et la révision des partenariats public-privé.

L’innovation technologique, souligne ‘‘La Presse’’, pourrait jouer un rôle clé. L’intelligence artificielle, correctement intégrée au système national, peut améliorer les diagnostics et optimiser les coûts, à condition de ne pas se limiter à l’achat de logiciels étrangers onéreux, mais plutôt de développer des outils adaptés au contexte tunisien.

La stratégie proposée vise non seulement à former de nouveaux médecins – une opération jugée «économiquement inutile» si elle s’adresse à l’exil – mais aussi à créer un cadre institutionnel qui implique la diaspora médicale. L’objectif est de transformer la fuite des cerveaux en atout grâce à la télémédecine, aux missions temporaires et aux collaborations de recherche, en intégrant les médecins expatriés au tissu économique et scientifique tunisien.

En définitive, endiguer l’exode médical signifie protéger les patients, rationaliser les services hospitaliers, tirer parti des technologies et autonomiser la diaspora. C’est la seule façon pour la Tunisie de transformer un problème de santé publique en une opportunité de développement.

I. B.

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Les pays du Golfe, principale destination des coopérants tunisiens

Les pays du Golfe constituent la principale destination de la coopération technique tunisienne, représentant environ 57 % du total. D’où le risque de voir les flux des coopérants tunisiens vers ces pays affectés par les conséquences économiques et sociales de la guerre israélo-améicaine actuelle contre l’Iran.

Certes, d’autres pays, comme le Canada, l’Allemagne et la France, sont récemment devenus des destinations importantes pour la coopération tunisienne, qui évolue conformément aux mutations régionales et internationales, avec l’émergence de nouveaux marchés, spécialisations et approches, mais ces pays risquent également de se ressentir des conséquences de cette guerre, laquelle est en train de provoquer de forts séismes géopolitiques.

Selon Mosaïque FM, l’Arabie saoudite figure en tête des demandes de recrutement soumises par l’intermédiaire de l’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) depuis le début de 2026, avec 11 postes à pourvoir dans divers secteurs, notamment l’éducation, le génie civil et électrique, et les infrastructures. La Zambie suit avec 8 offres d’emploi au secrétariat du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) à Lusaka, la plus grande ville du pays.

Un nombre équivalent d’offres dans le secteur textile est venu de l’île Maurice, située au large des côtes sud-est de l’Afrique.

La Mauritanie suit avec 5 recrutements dans les domaines du génie civil et hydraulique et de la gestion des travaux publics, et le Canada arrive ensuite avec 4 recrutements dans les secteurs de la restauration, des transports et du paramédical.

L’ATCT a reçu 5 offres d’emploi du Sultanat d’Oman, couvrant les secteurs paramédical, économique et éducatif. Une offre de recrutement a également été reçue de Djibouti dans le secteur de la construction.

Une demande de recrutement et venue d’Allemagne dans le domaine paramédical, et une autre a été reçue du Qatar dans la même spécialisation.

Au 31 décembre 2025, le nombre total de coopérants tunisiens recrutés dans différents pays s’élevait à 27 486, tandis que le nombre de candidatures reçues par l’agence atteignait environ 25 332 à la même date.

Au cours de l’année écoulée, l’agence a enregistré le retour de 1 349 coopérants et 2 902 recrutements, dont 2 478 ont pris leurs fonctions.

Vingt-huit commissions ont supervisé le processus de recrutement, et l’agence a organisé 12 sessions de formation pour 119 stagiaires étrangers, avec la participation de 35 experts, dans le cadre d’accords de partenariat conclus avec plusieurs pays pour promouvoir et investir dans les talents et l’expertise nationaux.

Selon les statistiques de l’agence, en 52 ans d’activité, elle a facilité l’emploi d’environ 75 000 coopérants tunisiens à l’étranger. 2 200 experts tunisiens ont participé à la mise en œuvre de plus de 120 projets d’assistance technique et à la formation de plus de 6 000 professionnels issus de 40 pays arabes et africains dans le cadre de la coopération Sud-Sud, en partenariat avec des organismes de financement internationaux et régionaux et des agences de coopération internationale, selon les statistiques de 2024 publiées par l’agence.

L’ATCT possède sept bureaux répartis dans plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, le Koweït, Oman, les Émirats arabes unis, le Qatar et la Mauritanie.

Les pays du Golfe constituent la principale destination de la coopération technique tunisienne, représentant environ 57 % du total. D’autres pays, comme le Canada, l’Allemagne et la France, sont récemment devenus des destinations importantes pour cette coopération.

La liste des pays avec lesquels la Tunisie collabore techniquement s’allonge.

Initialement, la coopération technique était limitée aux pays du Maghreb. Elle s’est progressivement étendue, du milieu des années 1970 aux années 1980, aux pays d’Afrique subsaharienne, puis aux pays du Golfe, et enfin à d’autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord.

Le développement et l’expansion géographique de la coopération technique tunisienne n’ont pas échappé aux mutations du contexte régional et international. Ces mutations incluent l’émergence de nouveaux marchés et spécialisations, le déclin d’autres, ainsi que l’élaboration de nouvelles approches pour organiser la coopération et atteindre de nombreux objectifs de développement, notamment dans les pays en développement.

Malgré ces défis, cette activité a continué d’évoluer et de s’adapter, obtenant des résultats significatifs en matière de mobilisation de l’expertise tunisienne dans divers pays du monde et dans de multiples spécialisations. Elle a également contribué à la coopération Sud-Sud par la mise en œuvre de projets d’assistance technique et de renforcement des capacités pour les pays en développement, en particulier en Afrique, et par sa participation à de nombreuses initiatives régionales et internationales visant à promouvoir la coopération Sud-Sud au service du développement.

I. B.

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1 700 personnes en attente de greffe rénale en Tunisie  

La professeure Lilia Ben Fatma, spécialiste en néphrologie, hémodialyse et transplantation rénale, a rappelé le nombre de patients en Tunisie actuellement sous dialyse et qui s’élève à 13 000, chiffre qu’elle juge élevé par rapport à la population totale du pays et souligne la nécessité de le réduire dans les années à venir.

Dans une déclaration à Mosaique FM, la professeure Ben Fatma a ajouté que la liste d’attente pour une greffe d’organe compte actuellement 1 700 personnes, tout en insistant sur l’importance de la prévention des maladies rénales, car il s’agit d’une maladie silencieuse, asymptomatique à ses débuts.

La Pre Ben Fatma a souligné que parmi les facteurs contribuant à l’augmentation de la prévalence des maladies rénales figurent le mode de vie moderne, les habitudes alimentaires et la forte prévalence de l’hypertension et du diabète.

Pre Ben Fatma a expliqué qu’une étude menée par la Société tunisienne de néphrologie, d’hémodialyse et de transplantation rénale a démontré qu’environ 40 % des personnes atteintes de diabète et d’hypertension développent une maladie rénale.

Elle a, également, insisté sur l’importance de se soumettre aux examens médicaux nécessaires après le mois de Ramadan, qui s’achèvera ce weekend, compte tenu de l’impact potentiel du jeûne sur certaines fonctions rénales.

Tout en rappelant que les patients souffrant d’hypertension et de diabète présentent le risque le plus élevé de développer une maladie rénale, Pre Ben Fatma a recommandé de boire suffisamment d’eau, de faire de l’exercice régulièrement, et de préférence la marche, d’arrêter de fumer, d’éviter de prendre des médicaments sans avis médical, en particulier le anti-inflammatoires comme ceux liés aux rhumatismes, et de s’abstenir de recourir à des remèdes à base de plantes sans avis médical.

I. B.

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Habermas «dégringole-t-il des hauteurs de la morale»[1] ?

Le 14 novembre 2023, des professeurs de philosophie tunisiens furent consternés par le texte titré «Principe de Solidarité : Une prise de position» (PDS)[2], signé par Jürgen Habermas et trois autres professeurs. Le choc était d’autant plus fort qu’ils venaient d’apprendre, le même jour, que le nombre de palestinien-es tué-es par l’armée et les colons israéliens avait déjà atteint les 1000 victimes. La réaction des professeurs de philosophie fut que, signataire de cette prise de position (PDS), Habermas ne méritait plus d’être une référence crédible et ne pouvait même plus être enseigné. L’objectif de ce texte, intentionnellement tardif, bien qu’écrit avant la mort du philosophe le 14 mars 2026, est de répondre à ce «PDS», qui fut tellement troublant pour quiconque suit l’actualité du conflit israélo-palestinien.

Ridha Chennoufi *

j’ai jugé qu’il serait plus sage de savoir comment Habermas pourrait réagir à la riposte de l’armée israélienne, qui ne pouvait être, comme à l’accoutumée, que disproportionnée. Ce qui fut attesté dès le 17 octobre 2023 par le bombardement de l’hôpital Ahli Arab à Gaza qui fit des centaines de morts. Maintenant que nous passons à l’année 2026, une riposte sous forme de commentaire à «Principe de Solidarité» (PDS) est tout à fait concevable.

1- Le texte intégral de «Principe de Solidarité : Une prise de position », signé par Habermas et trois autres professeurs, publié le 13 Novembre 2023, affirme ceci :

«Le massacre perpétré par le Hamas, avec l’intention déclarée d’anéantir toute vie juive, a provoqué une riposte israélienne. La manière dont cette riposte, justifiée par principe, est menée fait l’objet de vifs débats ; les principes de proportionnalité, la nécessité d’éviter les pertes civiles et la perspective d’une paix future devant guider cette riposte. Cependant, malgré toute la préoccupation suscitée par le sort du peuple palestinien, le jugement est totalement faussé lorsque les actions israéliennes sont qualifiées d’intentions génocidaires.

En particulier, les actions d’Israël ne justifient en aucun cas les réactions antisémites, surtout pas en Allemagne. Il est intolérable que des Juifs en Allemagne soient à nouveau victimes de menaces contre leur vie et doivent craindre des violences physiques dans les rues. L’identité démocratique de la République fédérale, fondée sur l’obligation de respecter la dignité humaine, est liée à une culture politique pour laquelle, à la lumière des crimes de masse de l’époque nazie, la vie juive et le droit d’Israël à exister sont des éléments centraux, particulièrement dignes de protection. Cet engagement est fondamental pour notre coexistence politique. Les droits fondamentaux à la liberté et à l’intégrité physique, ainsi qu’à la protection contre la diffamation raciste, sont indivisibles et s’appliquent à tous sans distinction. Ceux qui, dans notre pays, ont cultivé des sentiments et des convictions antisémites sous divers prétextes et qui voient aujourd’hui une occasion propice de les exprimer sans vergogne doivent également s’y conformer». 

Comme on peut le constater, l’intention de Habermas est de soutenir indéfectiblement l’État israélien et de condamner le Hamas (les Palestiniens), ainsi que tous ceux qui en Allemagne ou ailleurs critiquent la riposte du gouvernement israélien. Pour un lecteur impartial, une telle approche reproduisant le schéma ami-ennemi ne peut être qu’injuste. Pour éviter ce schéma, je vais commenter les phrases qui me semblent essentielles en les mettant dans leur contexte.

2) Commentaire de quelques phrases choisies

A) La première phrase : «Le massacre perpétré par le Hamas … est l’œuvre des antisémites».

Cette phrase n’est certainement pas l’œuvre de Habermas, mais probablement celle de ses cosignataires qui semblent croire que seuls les juifs sont sémites. Ce faisant, ils se sont permis de balayer d’un revers de main la définition du mot sémite (subst. et adj.) donnée par l’orientaliste juif Moritz Steinschneider (1816-1907) depuis le 19e siècle, et plus tard, par l’Académie française selon laquelle le mot sémite désigne «les populations originaires du Proche et du Moyen-Orient, dont le principal caractère commun est l’usage d’une langue appartenant à la famille des langues sémitiques. Les peuples sémites, qui regroupaient notamment dans l’Antiquité les Assyriens, les Araméens, les Cananéens, les Hébreux, les Moabites, les Phéniciens, désignent aujourd’hui les Juifs et les Arabes».[3] Donc, les Arabes qui ont une interprétation extrémiste de l’Islam peuvent être anti-juifs, mais jamais antisémitismes, de même que les juifs peuvent être islamophobes, mais jamais antisémites. Tout porte à croire que les trois cosignataires ont préféré suivre le journaliste australien David Ewan Marr qui a réussi à propager l’idée selon laquelle seuls les juifs sont sémites tandis que tous ceux qui les critiquent, même s’ils sont israéliens, sont antisémites !

Ceci étant dit, il est vrai que Hannah Arendt a défini l’antisémitisme comme étant une idéologie raciale, apparu sous le régime nazi. Mais, cela n’a rien à voir avec le conflit israélo-palestinien qui est avant tout politique et colonial. 

B) La deuxième phrase : «Le massacre perpétré par le Hamas, avec l’intention déclarée d’anéantir toute vie juive…».

Voici une phrase que Habermas utilise souvent. En effet, lors d’un entretien avec Giovanna Borradori, par exemple, cette dernière a posé à Habermas la question suivante : «qu’entendez-vous au juste par terrorisme ?[4]». «Le terrorisme des Palestiniens, a-t-il dit, reste un peu un terrorisme à l’ancienne. Ici, il s’agit de tuer, d’assassiner ; le but est d’annihiler de manière aveugle des ennemis, femmes et enfants compris» En d’autres termes, selon Habermas, la forme spécifiquement palestinienne du terrorisme est la barbarie et l’inhumanité.[5] Pour comprendre cette phrase, il convient de savoir comment Habermas l’a utilisée en 2015. 

Suite aux attentats du 13 Novembre 2015 en France, Habermas  avait repris la même phrase :  «Nous pouvons considérer cesbarbares comme des ennemis, et nous devons lutter contre eux, inconditionnellement ; mais, si nous voulons vaincre cette barbarie sur le long terme, nous ne devons pas nous leurrer quant à ses raisons, qui sont complexes».[6] Habermas n’utilise pas le mot  «barbare» selon le sens que lui donnaient les Grecs, à savoir l’autre ou l’Etranger, mais de Lemkin, pour lequel l’acte barbare comme l’acte de vandalisme relèvent du génocide. 

Habermas utilise le terme de «barbarie» le 13 novembre 2015 et le 7 octobre 2023. Toutefois, le 13 septembre 2015, il avait insisté pour que la riposte soit toujours mesurée et il avait surtout pris soin de rappeler que le terrorisme est le produit de la colonisation de cette région du Proche-Orient par les puissances occidentales et déclaré que cet esprit colonial perdure encore jusqu’à aujourd’hui, donnant l’exemple de «l’intervention américaine en Irak (2003) décidée par George W. Bush, qui a bafoué les règles du droit international».

En effet, dit-il, «un regard rétrospectif sur le 11-Septembre 2001 ne peut que nous conduire à constater, comme nombre de nos amis américains, que la ‘‘guerre à la terreur’’ de Bush, Cheney et Rumsfeld a abîmé la constitution politique et mentale de la société américaine. Le Patriot Act adopté à l’époque par le Congrès, encore en vigueur aujourd’hui, porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, et touche à la substance même de la Constitution américaine».

De plus, «l’extension fatale de la notion de combattant ennemi, qui a légitimé Guantanamo[7] et d’autres crimes»[8] enlève aussi toute crédibilité à cette Constitution. Il termine l’interview par cette phrase : «La réaction irréfléchie aux attentats du 11-Septembre… explique en bonne part la propagation d’une mentalité incarnée aujourd’hui par une personnalité aussi innommable que Donald Trump, candidat aux primaires républicaines… Ne pouvons-nous pas, comme les Norvégiens en 2011, après l’effroyable attentat commis sur l’île d’Utoya, résister au premier réflexe du repli sur soi face à l’inconnu incompréhensible et de l’agression contre l’‘‘ennemi intérieur’’».[9]

Le lecteur de cette prise de position de 1915 ne peut que reconnaître la noblesse morale de son auteur et c’est sur elle que nous devons continuer à commenter la prise de position (PDS) du 13 novembre 2023 même si nous prenons le risque d’être surpris que les deux déclarations s’opposent en certains points importants :

a) Avec son «Principe de Solidarité» (PDS), Habermas semble ignorer complètement l’histoire du conflit israélo-palestinien. Lorsqu’il affirme que «le massacre perpétré par le Hamas» a pour seule «intention d’anéantirtoute vie juive», il ne fait que donner raison à Horkheimer d’avoir affirmé en 1958, après la lecture de son habilitation, que Habermas n’avait aucun sens de l’histoire («Historisch ahnunsgslos»)[10] : «Les normes que Habermas tire du ‘‘jeune Marx’’, qu’il oppose au Marx plus âgé, doivent être fort maigres. D’abord parce que la période d’avant mars (Vormärz) était celle des slogans et des programmes, et surtout parce que l’œuvre de Marx n’a perdu de sa substance que durant ses années londoniennes. Ensuite, parce que ce Monsieur Habermas dialecticien, sous prétexte de critique immanente, adhère en réalité lui-même aux normes de (Vormärz) et se voit donc contraint d’ignorer presque tout ce qui relie les écrits de cette époque à la première moitié du XXe siècle, c’est-à-dire, avant tout, ce qui constitue leur essence même.  L’affirmation répétée par Habermas de la révolution comme essence innée de la philosophie semble historiquement dénuée de toute compréhension.[11] En effet, dans sa déclaration du 13 Novembre, Habermas avait aussi ignoré qu’avant l’attaque du Hamas, l’État d’Israël avait commis des massacres à l’encontre des Palestiniens dont par exemple 1) Le massacre de Deir Yassin  (village à l’ouest de Jérusalem) perpétré par 120 terroristes de l’Irgoun et du Lehi, qui a fait 254 morts palestiniens (1948), 2) Le massacre de Tantoura, perpétré par la brigade israélienne Alexandroni, qui a fait selon l’historien israélien Teddy Katz entre 200 et 250 morts palestiniens, 3) Le massacre de Sabra et Chatila (commis (1982) par les milices chrétiennes phalangistes, alliées d’Israël, à l’encontre des Palestiniens.

Il est important et rassurant que des Israéliens ont donné une lecture sereine et surtout juste et objective du conflit israélo-palestinien. Le 16 novembre 2023, José Brunner[12] a donné une interview au cours de laquelle il a déclaré :«Les tendances antidémocratiques de la société israélienne sont largement imputables aux années d’occupation. Certains estimaient que la situation du pays sous Netanyahu était indissociable de celle des territoires occupés. À ce moment-là, nous étions moins préoccupés par la politique d’occupation en tant que telle que par le fait que l’évolution autoritaire, qui s’est manifestée dans la réforme judiciaire, découlait de l’occupation.»[13] C’est dire à quel point Habermas et ses compagnons se sont lourdement trompés en jugeant l’attaque du Hamas sans toute contextualisation historique.

Pour José Brunner «le coup de force juridico-politique d’un gouvernement antidémocratique et colonisateur, surtout le fait que le totalitarisme colonial est la source du totalitarisme intérieur».

Habermas et ses compagnons ont fait preuve de déni en affirmant que la riposte israélienne est justifiée puisqu’elle tient compte des principes de proportionnalité alors que ces principes ont toujours été bafouées par l’armée israélienne. Brunner, lui, l’a reconnu: «La stratégie d’Israël a toujours consisté à contrer toute vulnérabilité par une force militaire écrasante en cas d’attaque. C’est encore le cas aujourd’hui : l’attentat terroriste du Hamas est suivi de bombardements massifs qui font un très grand nombre de victimes civiles.»  Cet extrait montre bien la différence entre ceux qui savent de quoi ils parlent, les Israéliens respectables, et ceux qui veulent être plus royalistes que le roi.

b) Avant «Principe de Solidarité», Habermas s’était opposé farouchement à la politique belliqueuse et immorale de l’innommable Donald Trump. Depuis sa prise de position du 7 Octobre 2023 jusqu’à aujourd’hui, il soutient farouchement Benjamin Netanyahu qui applique à la lettre la politique autoritaire, belliqueuse et colonialiste de Donald Trump. Le lien fusionnel entre Trump et Netanyahu apparaît avec éclat dans le projet grotesque et exécrable «Gaza : Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation Trust» qui propose une relocalisation «volontaire» temporaire ou permanente des plus de 2 millions d’habitants de Gaza, soit vers d’autres pays comme la Libye, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, l’Indonésie ou le Somaliland !

 C) La troisième phrase : «…à la lumière des crimes de masse de l’époque nazie, la vie juive et le droit d’Israël à exister sont des éléments centraux, particulièrement dignes de protection».

Ici, Habermas ressasse une phrase culte que tous les chanceliers allemands qui ont succédé à Konrad Adenauer ont utilisée à chaque fois qu’Israël s’est trouvé en conflit avec lesPalestiniens.

Par exemple, le 12 novembre 2023, c’est-à-dire la veille de la publication de «Principe de Solidarité», le Chancelier Olaf Scholz déclare : «la sécurité d’Israël relève pour l’Allemagne de la raison d’État». De fait, cela veut dire que l’Allemagne doit s’unir avec Israël pour mettre fin à l’attaque du Hamas. A priori, aider un allié lorsqu’il subit une injustice est un acte acceptable, voire louable, à condition toutefois que cette aide soit conforme au droit international et ne se transforme pas en une autre injustice dont serait victime l’agresseur. Malheureusement, Habermas, à travers «PDS», s’est approprié la phrase de Scholz : «la seule place pour l’Allemagne en ce moment, est d’être aux côtés d’Israël». Cette affirmation perd toute crédibilité parce que tout le monde sait que l’État israélien a non seulement gagné toutes les guerres contre les pays arabes, mais colonisé des territoires palestiniens, grâce aux États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France. Tous ces États savent qu’avec leur soutien ils rendent obsolète le plan de partage de la Palestine de 1947 et œuvrent à l’établissement du Grand Israël.

La «raison d’Etat» n’est pas autre chose que «l’état d’exception» selon Carl Schmitt. Les deux appellations désignent la décision prise par l’autorité politique suprême lorsqu’elle juge que l’État est face à un danger imminant et ordonne aux forces armées et à tous les citoyens d’utiliser tous les moyens pour vaincre l’ennemi présumé. La raison d’Etat, comme l’état d’exception, ne tient compte ni du droit national ni du droit international, ni de la morale. Tous les deux ne peuvent être que bannis par toute personne saine d’esprit et juste, qu’elle soit arabe, israélienne ou allemande. 

Ce qui est malheureux, c’est que l’Allemagne agit actuellement contre son intérêt et contre la déclaration de l’Onu de 1948, contre les pays arabes qui ont accepté la normalisation avec Israël et prouvé par conséquent qu’ils ne sont pas contre l’existence d’Israël mais contre le refus de l’Allemagne de l’existence d’un État palestinien.

Ce qui est déplorable, c’est que Madame Annalena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères, ose déclarer au parlement fédéral allemand : «Si les terroristes du Hamas se retranchent derrière des personnes, derrière des écoles […], des lieux civils peuvent également perdre leur statut de protection, car les terroristes les utilisent comme bouclier.» [14] Madame la ministre n’a fait que reprendre l’ordre d’extermination officiel de l’innommable général Von Trotha (Namibie 2 octobre 1904) : « Le peuple herero doit […] quitter le territoire. Si le peuple ne s’exécute pas, je l’y forcerai en utilisant le Groot-Rohr (canon). À l’intérieur des frontières allemandes, chaque Herero [souligné par CD] avec ou sans arme, avec ou sans bétail, sera fusillé. Je n’accepterai plus désormais les femmes et les enfants, je les renverrai à leur peuple ou les ferai abattre. Voici ma déclaration au peuple herero.»[15]

Les hommes et femmes politiques devraient avoir honte de tenir ce discours qui ne sert ni Israël, ni encore moins l’État allemand.[16]

Au sujet de la raison d’État, Isabel Ruck a écrit : «Le service scientifique du Bundestag avait ainsi déjà émis des réserves dans un rapport de vingt-trois pages sur l’utilisation de cet argument. On peut y lire que 1) ‘‘la raison d’État est […] une catégorie a-juridique, un concept opposé au droit’’ ; 2) ‘‘dans la tradition de pensée libérale et de droit naturel, l’idée de raison d’État s’oppose à l’idée de droit et d’État de droit’’ ;3)‘‘l’Allemagne veut néanmoins incarner et défendre cette idée’’».[17] Et on ose encore s’accrocher religieusement à ce culte de la «déraison d’État» !

Quant au lien entre raison d’État et moralité, nous savons tous qu’en politique les intérêt matériels et économiques dépassent de loin le droit et la morale.

C’est ainsi que Konrad Adenauer, qui revint sur l’avènement des relations germano-israéliennes lors d’une allocution télévisée prononcée le 4 janvier 1966, expliqua qu’il avait «essayé de réaliser la réconciliation avec les juifs à cause de l’injustice qu’ils avaient subie et parce qu’ilssont une force dans le monde».[18]

Lorsque nous relisons ces propos d’Adenauer, nous comprenons mieux leur importance, puisque, comme par hasard, du 5 au 10 juin 1967, l’État d’Israël a montré à quel point «les juifs sont une force dans le monde» : en 6 jour, Israël a réussi à occuper le Sinaï, le plateau du Golan, la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

Mais, pour être juste et précis, la vraie force d’Israël repose sur les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.

En effet, et pour ne prendre qu’un exemple, je rappelle que suite à la guerre des Six jours (1967), Moshe Dayan, s’adressant à des étudiants, avait déclaré : «Nous avons conféré à notre État une expansion telle que ses frontières actuelles s’étendent d’El-Kantara l’Egyptienne à Al-Kounaytirah la Syrienne. Votre tâche à vous, la génération montante, sera de défendre ces frontières et les repousser encore plus loin» [19] . Mais Moshe Dayan aurait dû leur dire que cet exploit était impossible sans le soutien de ses alliés. Lors de la guerre du 6 octobre 1973, ce soutien a été crucial, car Israël a été battu par l’Egypte, mais sauvée surtout par les États-Unis. Dans son ouvrage ‘‘A la recherche d’une identité’’, le président Anouar El-Sadate relate les  évènements qui l’ont conduit à accepter le cessez-le-feu bien qu’il était victorieux et capable de continuer la guerre.[20] Son allié, Leonid Brejnev, dirigeant de l’URSS de 1964 à 1982, le pressait d’accepter le cessez-le-feu dès les premiers jours, alors qu’il venait de réussir à prendre le dessus sur l’armée israélienne[21], allant jusqu’à prier le président de la Yougoslavie de le convaincre de se plier à cette injonction. Mais dès qu’il récupéra les territoires qui ont été conquis en 1967 par Israël et constaté que «les Américains participaient aux combats en approvisionnant Israël en armes complètement nouvelles qui avaient seulement fait l’objet d’essais», il accepta le cessez-le-feu.

D) La quatrième phrase : «…malgré toute la préoccupation suscitée par le sort du peuple palestinien, le jugement est totalement faussé lorsque les actions israéliennes sont qualifiées d’intentions génocidaires».

Voici la phrase que Habermas n’aurait pas dû accepter et cela pour une raison très simple :

a) Dès la formation du mouvement sioniste, la grande partie de ses membres, voulait «reprendre le grand Israël» sauf ceux qui étaient pour un État binational ou pour la solution des deux États. Le grand Israël devait se réaliser par étapes, c’est-à-dire en occupant le plus possible de territoires à chaque fois que l’État israélien est attaqué. C’est pourquoi, pour Netannyahu et ses consorts toutes les attaques visant Israël étaient «les biens-venues».

De plus, Habermas aurait dû prévoir que la riposte d’Israël pouvait aboutir à un génocide et par conséquent, ne pas soutenir indéfectiblement une seule partie et devenir aux yeux des professeurs de philosophie tunisiens pratiquement le seul philosophe garant d’un génocide possible. Face à ce jugement, une question se pose : 

Pour quelles raisons Habermas, du 13 octobre 2023 jusqu’à sa mort, est-il resté attaché à son «Principe de Solidarité» alors que des instances juridiques internationales ont affirmé qu’Israël est bien en train de perpétrer un génocide ? Pour répondre à cette question, il est utile de rappeler que certains Allemands, y compris Habermas, ont du mal à admettre qu’ils sont capables de commettre une «barbarie» telle que le génocide.          

b) Habermas et la tardive reconnaissance des génocides commis par l’Allemagne coloniale.   

L’Allemagne a réussi à se présenter aux Allemands, dont bien évidemment Habermas, comme l’État qui a commis un seul génocide contre les Juifs allemands (41-45), mais qui n’a jamais commis des actes  génocidaires dans ses colonies africaines.[22] Ce n’est qu’en 2021 que l’État allemand a reconnu pour la première fois avoir commis un génocide contre les Hereros et les Nama : «Nous qualifierons maintenant officiellement ces événements pour ce qu’ils sont du point de vue d’aujourd’hui : un génocide», a déclaré le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, dans un communiqué.[23]Les colons allemands avaient tué des dizaines de milliers d’Herero et de Nama dans des massacres commis entre 1904 et 1908, considérés par de nombreux historiens comme «le premier génocide du XXe siècle.»[24]

3) Habermas face à la question du génocide, entre reconnaissance et non reconnaissance.

Le 27 Juillet 2021, le journaliste du Frankfurter Rundschau, Harry Nutt, a publié un texte intitulé«Antony. Dirk Moses, Attaque contre le caractère unique de l’Holocauste.» 

Dans cet article, l’historien affirme, contrairement à Habermas, que l’idée de la singularité de l’holocauste n’est pas fondée sur des bases solides parce qu’elle est «une sorte de catéchisme» qu’«il est temps d’abandonner… une idéologie d’État qui impose un langage codé».[25]

Pour Antony Dirk Moses cette idéologie a permis de faire en sorte que les massacres destructeurs commis par les Allemands dans leurs anciennes colonies soient à jamais effacés. Or, pour lui, il suffit de déconstruire cette idéologie pour prouver qu’il existe bien une analogie entre les anciens massacres et l’Holocauste. Alors que pour Habermas, l’holocauste est un fait transhistorique qu’on ne peut comparer à d’autres génocides, pour Antony Dirk Moses une telle affirmation est insensée, car l’holocauste n’est qu’une reproduction à une plus grande échelle du génocide commis par les Allemands en Namibie. 

Le16 septembre 2021, Habermas donne un entretien au Neue Zürcher Zeitung (Gazette zurichoise) dans lequel il répond à plusieurs questions dont certaines nous intéressent particulièrement parce qu’elles montrent à quel point il a révisé ses anciennes croyances. [26] A la question «Est-il permis de comparer l’extermination des Juifs par les nationaux-socialistes à d’autres faits historiques?», Habermas affirme cette fois qu’il est possible de comparer certains faits historiques anciens avec d’autres qui sont actuels. Mais, a-t-il renoncé clairement à la phrase culte «la sécurité d’Israël est une raison d’État» ainsi qu’à son attachement à l’idée du caractère unique du génocide commis par les Nazis ? Rien n’est moins sûr ! Ce qui est sûr, c’est qu’il est resté jusqu’à sa mort attaché à sa déclaration du 13 novembre 2023 refusant de répondre à un journaliste qui lui a demandé de s’exprimer sur la manière dont l’État israélien mène la guerre contre les palestiniens.

a) Le caractère génocidaire de la riposte israélienne.

La convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948, article 2, définit le génocide comme étant «un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national , ethnique , racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe ; b) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; C) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entrainer sa destruction physique totale ou partielle ; d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; e) transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.»

b) Procédure engagée par l’Afrique du Sud contre l’État d’Israël le 29 décembre 2023

Un mois et demi seulement après «Principe de Solidarité», l’Affrique du Sud a engagé une procédure contre l’État d’Israël auprès de la Cour internationale de justice, au titre de la Convention contre le génocide à l’égard des Palestiniens de la bande de Gaza et «de longues années d’apartheid», tout en «demandant initialement à la Cour de rendre une mesure conservatoire de protection».

Le 26 janvier 2024 la CIJ rend une décision au titre de la convention contre le génocide ordonnant à Israël d’empêcher tout éventuel acte génocidaire.  Mais la cour déclare qu’«au moins certains des actes et omissions dont l’Afrique du Sud allègue qu’ils ont été commis par Israël à Gaza semblent pouvoir relever des dispositions de la Convention sur le génocide»[27]

Suite à cette décision et comme toujours, le gouvernement israélien a accusé la CIJ d’être antisémite. Mais qu’elle a été la position de Habermas, du 13 octobre 2023 jusqu’à sa mort ?

Nous savons qu’il a affirmé dans «Principe de Solidarité» que «malgré toute la préoccupation suscitée par le sort du peuple palestinien, le jugement est totalement faussé lorsque les actions israéliennes sont qualifiées d’intentions génocidaires». Pourtant, Le 22 novembre 2023, 207 professeur-es de philosophie, dont Nancy Fraser et Judith Butler, signent une pétition dans laquelle ils : 

«lancent un appel à tous les professeur-es de philosophie où qu’ils se trouvent à se joindre à eux pour condamner le massacre en cours à Gaza, et soutenir le peuple palestinien, dans sa lutte contre le système d’apartheid et la colonisation du territoire reconnu par l’0NU en 1948»[28];

– «présentent les actes commis par Israël qui prouvent qu’un génocide a commencé et risque de prendre une dimension catastrophique». [29] 

Le1erJanvier 2025, l’ONG Al-Haq affirme que «les violences génocidaires perpétrées par Israël contre les Palestiniens à Gaza continuent de s’intensifier», que «depuis la toute première semaine de son génocide, Israël a méthodiquement vidé de vastes étendues de la bande de Gaza de ses habitants en émettant illégalement des ordres d’évacuation», que «plus de 90 % de la population de Gaza a été déplacée de force de ses foyers et abris temporaires, la plupart à de nombreuses reprises, vers de prétendues ‘‘zones de sécurité’’, qui sont en réalité, conçues intentionnellement pour anéantir toute vie qui y trouve refuge.» L’ONG ajoute : «Israël prétend agir conformément à ses obligations légales alors qu’en réalité, il fournit une preuve supplémentaire de son intention génocidaire, puisqu’il utilise ces mesures pour commettre et contribuer à des actes de génocide, notamment des meurtres, des atteintes graves à l’intégrité physique et mentale, et la création de conditions destinées à détruire les Palestiniens de Gaza.»[30]

Le 27 Octobre 2025, Amnesty International affirme : «Plus d’un mois après l’annonce d’un cessez-le-feu et la libération de tous les otages israéliens en vie, les autorités israéliennes continuent de commettre un génocide contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée en continuant de soumettre délibérément ces personnes à des conditions de vie destinées à provoquer leur anéantissement physique, sans montrer aucun signe de changement dans leurs intentions.»[31] «Le cessez-le-feu risque de créer l’illusion dangereuse d’un retour à la normale pour les gens qui vivent à Gaza. Si les autorités et les forces israéliennes ont réduit l’ampleur de leurs attaques et autorisé l’entrée d’une aide humanitaire limitée à Gaza, le monde ne doit toutefois pas se laisser berner. Le génocide perpétré par Israël n’a pas pris fin», a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale de l’ONG.[32]

Malgré les positions prises par ces institutions, Habermas est resté indifférent, et lorsqu’un journaliste lui a demandé ce qu’il pensait de la manière dont l’État israélien continuait de mener une guerre contre le Hamas, il a évité de répondre en arguant qu’il ne lui revient pas de juger la politique de l’État israélien.

Une telle attitude suffit pour juger qu’il a pris une position qui va à l’encontre de sa philosophie et qui donne raison à ceux qui n’osent plus le considérer comme le philosophe garant de la morale.

Il reste toutefois évident que du point de vue de la déontologie professionnelle, les professeur-es de philosophie doivent encourager les étudiants à lire tous les philosophes : Habermas doit être enseigné comme doivent l’être Heidegger et Carl Schmitt, entre autres, auxquels des reproches du même genre peuvent être adressés.

* Professeur de philosophie – Université de Tunis.

Notes :


[1] Habermas, Bestialité et humanité-Une guerre à la frontière du droit et de la morale, Forum franco-allemand 2000,  

[2] Grundsätze der Solidarität. Eine Stellungnahme, Forschungszentrums für Normative Orgnungen der Goethte-Universität Frankfurt, 13 Novembre, 2023 

[3] Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition (actuelle)

[4] Le « concept » du 11 Septembre, Dialogues à New York, octobre-décembre 2001, avec Giovanna Borradori : Derrida-Habermas, p. 65

[5] Rafael Lemkin utilise les termes barbarie et vandalisme comme étant des actes génocidaires.

[6] Jürgen Habermas, Le djihadisme, une forme moderne de réaction au déracinement, propos recueillis par Nicolas Weill (Journal Le Monde, publié 19 Novembre 2015. 

[7] Le camp de Guantanamo de 2001 est situé à Cuba sur une base militaire américaine, justifié par le président George W. Bush afin de fonder juridiquement la décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain, prenant appui sur l’extraterritorialité de la base. Wikipédia

[8] Jürgen Habermas, Le djihadisme, une forme moderne de réaction au déracinement.

[9] Idem

[10] Max Horkheimer, Der dialektische Herr Habermas, lettre à Theodor W. Adorno, 27 Septembre 1958

 [11] Idem.  

[12] José Brunner est professeur émérite à la faculté de droit Buchmann et à l’Institut Cohen d’histoire et de philosophie des sciences de l’université de Tel Aviv.

[13] » Institut für Sozialforschung , Interview mit José Brunner : « Les deux camps nourrissent une peur existentielle légitime. »

[14] Extrait du discours de la ministre Annalena Baerbock devant le Bundestag, 10 octobre 2024.

[15] Extrait de Wikipédia « Génocide des Héroros er Namas » .

[16] Madame la ministre des affaires étrangères Annalena Baerbock, actuellement, présidente de l’Assemblée générale des Nations-Unies.

[17]  Isabel Ruck, La raison d’État a-t-elle toujours raison ? Le cas de l’Allemagne face à la guerre contre Gaza, note 13 29/10/2024.  elle renvoie à une note 13 de son article : »« Entstehung, Wandel und Entwicklung des Staatsräsons-Begriff in Deutschland », Deutscher Bundestag Wissenschaftlicher Dienst, novembre 2023..

[18] Charlotte Restif, Allemagne, Palestine : la diplomatie impossible ? L’influence israélienne sur la politique étrangère allemande au Proche-Orient, Deutsch Kron, 1973 : 4.

[19] Anouar El-Sadate, A la recherche d’une identité, Histoire de ma vie, 1978.

[20] Quelques jours après le déclanchement de la guerre « Kissinger a déclaré à Golda Meir : « Vous avez perdu la guerre, il faut vous y résoudre » Anouar El-Sadate P. 370

[21] Idem

[22] Christine de Gemeaux, Une politique mémorielle allemande sélective face aux anciennes colonies d’Afrique, p. 41-53.

[23] Colonialisme : l’Allemagne reconnaît avoir commis «un génocide» en Namibie, Le Monde Afrique le 28 mai 202

[24] Idem

[25] A. Dirck Moses : Attaque contre le caractère unique ou singulier de l’Holocauste, publié le 27 juillet 2021 par Harry Nutt   Frankfurter Rundschau

[26] Et maintenant ? L’Holocauste est unique. Mais peut-être pas tout à fait ? – Jürgen Habermas intervient dans le débat sur la culture mémorielle allemande. (Thomas Ribi).

[27] Wikipédia Afrique du Sud c. Israël (convention contre le génocide) note 17

[28] Réponse à « Principes de solidarité. Une prise de position », Dignité pour tous, 22 novembre 2023.

[29] Idem.

[30] Al-Haq publie un nouveau rapport intitulé « Comment dissimuler un génocide : le rôle des ordres d’évacuation et des zones de sécurité dans la campagne génocidaire israélienne à Gaza » 1er janvier 2025.

[31] Titre de l’article de Amnesty Israël et Territoire palestinien occupé. Le génocide des Palestinien·ne·s commis par Israël à Gaza se poursuit sans relâche malgré le cessez-le-feu.

[32] idem.

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Aïd el-Fitr | Trois jours de congé pour les fonctionnaires publics

Le cabinet du Premier ministre a annoncé qu’à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, les fonctionnaires, les employés des collectivités territoriales et des établissements publics à vocation administrative bénéficieront de trois jours de congé, les 20, 21 et 22 mars 2026.

Les horaires de travail d’hiver reprendront le lundi 23 mars 2026, selon l’horaire suivant :

* Du lundi au jeudi : de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30.

* Le vendredi : de 8h00 à 13h00 et de 14h30 à 17h30.

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Marzouki et Kilani condamnés à 5 ans de prison

La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis spécialisée dans les affaires de terrorisme a condamné par contumace l’ancien président Moncef Marzouki et l’ancien bâtonnier Abderrazak Kilani à cinq ans de prison ferme avec exécution immédiate pour incitation à la haine contre l’État.

Selon Diwan FM, citant une source judiciaire, cette même chambre avait récemment prononcé une peine distincte de 22 ans de prison ferme à l’encontre de Marzouki et Kilani pour des infractions du même acabit.

I. B.

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Rejet de la demande de mise en liberté de Lotfi Mraihi

La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a rejeté, lundi 16 mars 2026, la demande de mise en liberté de Mohamed Lotfi Mraihi, secrétaire général de l’Union populaire républicaine (UPR) et candidat à la présidentielle de 2019.

Le procès du médecin pneumologue, poursuivi avec d’autres personnes, pour délits bancaires et financiers et blanchiment d’argent, a été reporté au 10 avril, indique Diwan FM, citant une source judiciaire.

Incarcéré depuis le 3 juillet 2024 et condamné, le 19 juillet 2025, à 8 mois de prison pour achat de voix et à une inéligibilité présidentielle à vie, Lotfi Mraihi considère qu’il est un prisonnier politique et qu’il est poursuivi en justice pour avoir critiqué le président de la république, rejetant toutes les charges retenues contre lui.

I.B.

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«Décrochage historique» de la Tunisie en matière de liberté économique  

La plus grande menace pour l’économie tunisienne, ce n’est pas la hausse des cours mondiaux de l’énergie suite à la guerre israélo-américaine contre l’Iran, même si celle-ci va creuser davantage les déséquilibres macroéconomiques de l’Etat et son déficit budgétaire déjà préoccupants, mais l’absence (ou le report sine die) des réformes structurelles nécessaires qui risque d’enfoncer durablement le pays dans la catégorie des pays stagnants.

Latif Belhedi

Dans ce contexte, l’économiste Hachemi Alaya a tiré la sonnette dans sa lettre d’information hebdomadaire ‘‘EcoWeek’’ (n° 11-26 du 15 mars 2026) en soulignant ce qu’il a appelé le «décrochage historique» de la Tunisie dans l’Economic Freedom Index publié par la Heritage Foundation. Notre pays y a obtenu, en effet, en 2026, son plus mauvais score (48,1/100 points) et son plus mauvais rang (156e/176) depuis 1995, année où il a signé son accord d’association avec l’Union européenne. Ce score vaut à la Tunisie d’intégrer la catégorie des pays où la liberté économique est «réprimée».

Conclusion de l’économiste, qui passe en revue les résultats d’autres études internationales corroborant ce «décrochage historique» de notre pays en matière de liberté, «dans sa triple dimension politique, économique et État de droit» : «Sans réforme de la justice et sans libéralisation économique, la prospérité économique de la Tunisie restera plafonnée. Il importe peu que les indicateurs macroéconomiques soient bons, les investisseurs étrangers resteront frileux sans une amélioration de l’État de droit.»

Entre lourdeurs administratives, instabilité monétaire et corruption, le climat des affaires ne cesse de se dégrader, provoquant stagnation économique, chômage élevé, notamment chez les jeunes, et fuite des compétences à l’étranger.

On est décidément loin, très loin, des dynamiques entrepreneuriales des années 1990-2000 qui ont vu la Tunisie enregistrer une croissance annuelle moyenne de 5 % et être classée parmi les pays pré-émergents.   

* * *

Nous traduisons, par ailleurs, ci-dessous la fiche ‘Tunisie’ du l’Economic Freedom Index 2026 :

«L’indice de liberté économique de la Tunisie s’élève à 48,1, la plaçant au 156e rang mondial selon l’Indice de liberté économique 2026. Ce score a baissé d’un point par rapport à l’année dernière, et la Tunisie se classe 11e sur 14 pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord. Son indice de liberté économique est inférieur aux moyennes mondiales et régionales. L’économie tunisienne est considérée comme «réprimée» selon l’Indice 2026.

La Tunisie traverse une transition difficile et des réformes plus profondes, notamment des mesures visant à renforcer le système judiciaire et à lutter plus efficacement contre la corruption, sont indispensables pour améliorer la gouvernance politique et économique. Le cadre réglementaire demeure opaque et inefficace. Le marché du travail, à la fois rigide et stagnant, n’a pas permis de générer une croissance dynamique de l’emploi. Les entreprises publiques continuent d’influencer les prix. Le gouvernement a mis en œuvre des taux d’imposition plus élevés, dont une taxe de 40 % sur les banques et les compagnies d’assurance, afin de réduire le déficit chronique.»

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Les monarchies du Golfe à l’heure du choix stratégique

La guerre contre l’Iran a déplacé les lignes militaires mettant fin à la fiction de la protection américaine qui repose sur un calcul de priorités, de coûts, de risques. Or un calcul se révise. Pendant des décennies, les monarchies du Golfe ont cru pouvoir convertir leur rente en sécurité durable en achetant des armes, hébergeant des bases, déléguant l’essentiel de la dissuasion à Washington. La guerre des Etats-Unis et Israël contre l’Iran a révélé la faiblesse de ce modèle. Le parapluie sécuritaire cesse d’être un bouclier lorsqu’il transforme le territoire qu’il couvre en cible avancée.

Yahya Ould Amar *

Cette dépendance est aussi monétaire et financière. Le pétrole des monarchies du Golfe est vendu en dollars et leurs excédents sont largement placés dans des actifs libellés dans cette devise, au premier rang desquels les obligations du Trésor américain.

Les monnaies de la région sont arrimées au dollar avec une parité quasi-fixe ; leurs fonds souverains déploient l’essentiel de leurs portefeuilles sur les marchés financiers américains ; leurs importations stratégiques — de l’armement aux technologies — se règlent dans cette même monnaie, tandis que de grands fonds américains détiennent des participations dans une partie du système bancaire régional. Autrement dit, une part significative de la richesse du Golfe est structurellement dollarisée.

Cette architecture du pétrodollar a longtemps reposé sur un pacte implicite, les monarchies du Golfe fournissent l’énergie et recyclent leurs excédents financiers dans des actifs en dollars renforçant de facto la demande en cette devise, tandis que les États-Unis garantissent la stabilité du système et la sécurité des routes maritimes par lesquelles transitent pétrole et commerce international, eux-mêmes largement libellés en dollars.

Mais lorsque la garantie sécuritaire devient incertaine, l’équilibre se fragilise. La dollarisation des richesses expose ces économies à des arbitrages stratégiques qu’elles ne maîtrisent pas entièrement, tandis que les investissements et engagements internationaux au Moyen-Orient pourraient être réévalués – fortement à la baisse – à la lumière d’un risque géopolitique désormais plus direct.

Les monarchies du Golfe découvrent qu’en s’insérant trop profondément dans l’architecture de défense des intérêts d’une puissance extérieure, elles entrent aussi dans la logique de ses conflits. Dès lors, la dépendance apparaît comme une perte de maîtrise de sa propre sécurité.

Ces pays importent ainsi des ennemis, un calendrier, parfois des guerres. Car dans un conflit majeur entre puissances, les petits États riches cessent rapidement d’être maîtres de leur position, leurs ports, leurs infrastructures, leurs capitaux et leurs territoires deviennent des enjeux que l’un des protagonistes cherchera à contrôler afin d’empêcher qu’ils ne renforcent le camp adverse.

C’est là le vrai tournant. La guerre contre l’Iran leur a appris qu’ils étaient faibles ; elle leur a appris que la richesse ne dispense jamais de penser sa propre survie.

La révélation de la guerre

La guerre contre l’Iran a révélé trois faits que les pays du Golfe ne peuvent plus contourner.

D’abord, les limites de la protection extérieure, même la première puissance militaire du monde ne peut garantir, à coût supportable, l’inviolabilité d’un espace saturé de missiles, de drones, de frappes indirectes et de menaces sur les infrastructures critiques.

Ensuite, la guerre moderne a surtout consacré l’usage massif des technologies de détection, de guidage, de drones, de missiles, de guerre électronique, tandis qu’elle relègue les chars lourds et une large part des quincailleries héritées du siècle précédent au rang d’armes obsolètes, coûteuses et inadaptés.

Enfin, acheter des armes n’équivaut pas à maîtriser la guerre. Un arsenal importé ne remplace ni une doctrine, ni une industrie, ni une compétence, ni une autonomie de décision.

Le diagnostic est implacable, les pays du Golfe sont confrontés à un problème de souveraineté stratégique. Tant que la sécurité reposait sur la rente, les bases alliées et la supériorité technologique occidentale, cette dépendance pouvait sembler rationnelle. Mais dès lors que le territoire peut être frappé vite, à bas coût, en profondeur et de façon répétée, la logique change. Une raffinerie, un port, un aéroport ou un site vital de dessalement d’eau deviennent des points de pression permanents.

Le vrai sujet des guerres asymétriques est d’être résilient, de posséder les moyens industriels, scientifiques, humains et institutionnels de faire durer plus longtemps une confrontation.

Premier choix : la soumission stratégique

Le premier choix des pays du Golfe est celui de l’alignement assumé sur le bloc américano-israélien. Il a sa logique, et il faut la prendre au sérieux.

Dans un environnement instable, marqué par la prolifération des missiles, la guerre électronique, les drones et l’incertitude nucléaire, s’adosser à la seule architecture militaire encore capable d’intégrer renseignement, défense antimissile, supériorité aérienne, cyberdéfense et profondeur logistique peut sembler rationnel. Pour les pays du Golfe, cette option offre l’accès à des technologies avancées, garanties politiques, coopération sécuritaire, protection diplomatique et insertion dans un système de puissance déjà organisé.

Vue sous cet angle, la dépendance n’apparaît pas comme une faiblesse, mais comme une méthode de survie à court terme dans un monde hiérarchisé où les puissances moyennes n’ont pas toujours les moyens de leur autonomie.

Mais cette stratégie a un prix, et ce prix finit par peser sur la substance même de la souveraineté. Ce prix est aussi politique, historique et symbolique. L’alignement sur le bloc américano-israélien entraîne une reconfiguration de la position arabe sur la question palestinienne. Les accords de normalisation ont déjà déplacé le centre de gravité régional, la cause palestinienne, longtemps présentée comme le socle du consensus diplomatique arabe, tend à devenir une variable secondaire dans une architecture de sécurité dominée par d’autres priorités, au premier rang desquelles l’endiguement de l’Iran chiite et l’intégration technologique et militaire avec Israël.

Mais cette évolution s’inscrit dans un processus plus large de recomposition du Moyen-Orient où certains projets stratégiques — intégration économique régionale, corridors énergétiques et sécuritaires, redéfinition des équilibres territoriaux — pourraient progressivement reléguer les droits nationaux palestiniens à la périphérie du nouvel ordre régional.

Dans ce contexte, l’idée d’un «remodelage» du Moyen-Orient renvoie à la possibilité d’un système régional stabilisé autour de rapports de puissance assumés et de faits accomplis.

Pour les monarchies du Golfe, la difficulté est donc profonde. En se rapprochant d’Israël pour des raisons stratégiques, elles risquent d’apparaître comme les partenaires d’une transformation régionale qui marginalise une cause demeurée centrale dans les opinions arabes et musulmanes. La sécurité obtenue à court terme s’accompagnerait ainsi d’un coût plus diffus de l’érosion progressive de la légitimité politique et symbolique des monarques dans leur propre environnement.

S’aligner sur Washington et Tel-Aviv c’est entrer dans une chaîne de dépendance technique, doctrinale et politique dont il devient difficile de sortir. On reçoit des systèmes, mais on ne maîtrise ni leur architecture profonde, ni leur maintenance complète, ni les conditions réelles de leur emploi. Surtout, on hérite d’un agenda stratégique qui n’est pas le sien. L’alliance dissuade certains adversaires, mais elle en désigne d’autres. À terme, le risque est de ne plus être un acteur qui choisit ses engagements, mais un territoire intégré à la logique de guerre d’autrui. Le confort de la protection se transformerait alors en servitude.

Ainsi, un pouvoir cesse d’être pleinement souverain lorsqu’il ne définit plus seul la hiérarchie de ses menaces, la limite de ses concessions. À ce stade, il ne protège plus ses intérêts ; il administre localement un ordre stratégique conçu par d’autres. La dépendance devient alors plus profonde que la simple alliance, car elle finit par paraître naturelle.

La vraie servitude moderne est là, pas dans la disparition des formes de l’État, mais dans l’aliénation de sa volonté.

Deuxième choix : la neutralité armée

L’autre voie est celle de la neutralité armée. Elle part de l’idée que dans un monde instable, un État ne demeure libre qu’à la condition de ne dépendre d’aucun protecteur unique pour sa survie. La neutralité armée signifie donc le refus de l’alignement exclusif. Elle vise à parler à tous, commercer avec plusieurs pôles de puissance, diversifier les partenariats, tout en bâtissant une capacité propre de dissuasion, de résilience et de décision.

Pour les pays du Golfe, ce choix offrirait un avantage décisif de réduction du risque d’être entraînés dans des conflits qui ne sont pas les leurs tout en augmentant leur marge de manœuvre face aux Etats-Unis, la Chine, l’Europe, l’Inde, la Turquie ou l’Iran.

Mais la neutralité n’a de sens que si elle est adossée à une force réelle. Sans cela, elle n’est qu’un mot commode pour désigner l’impuissance. Être neutre dans une région saturée d’armements suppose bien davantage que l’achat d’équipements sophistiqués. Il faut une base industrielle capable de produire, entretenir et adapter les systèmes militaires, un tissu scientifique et technologique solide, des infrastructures protégées, une doctrine claire et une chaîne de commandement efficace.

La véritable question, est-ce que les monarchies du Golfe disposent du vivier scientifique, des institutions académiques et de la culture stratégique nécessaires pour soutenir une telle ambition ? Une base industrielle de défense ne s’achète pas sur étagère. Elle se construit dans le temps long, à travers l’éducation, la recherche, la formation des élites techniques et la capacité de l’État à porter des programmes complexes sur plusieurs décennies. C’est à ce niveau que se joue la possibilité réelle d’une neutralité armée.

Une autre trajectoire théorique existerait pourtant. Autour du Golfe s’étend un vaste bassin de compétences scientifiques et techniques, de l’Afrique du Nord à l’Égypte, jusqu’au Pakistan, où se trouvent des universités anciennes, des écoles d’ingénieurs de haut niveau, des chercheurs et des élites techniques capables d’alimenter un écosystème régional d’innovation et de production. En s’ouvrant davantage, ce qui est peu probable, à ces ressources humaines et en organisant une coopération scientifique et industrielle à l’échelle de cet espace, les monarchies du Golfe pourraient progressivement renforcer la base intellectuelle et technologique nécessaire à une forme de neutralité armée crédible. Une telle stratégie supposerait toutefois un changement d’échelle dans la conception de leur environnement régional.

Jusqu’à présent, malgré l’ampleur de leurs capacités financières, les investissements du Golfe dans la structuration industrielle et scientifique de cet espace sont restés limités. Les flux financiers ont souvent pris la forme de soutiens ponctuels ou d’initiatives répondant aux cadres des institutions internationales de développement plutôt que celle d’une politique durable de co-construction économique et technologique avec les sociétés de leur voisinage.

En réalité, la neutralité armée suscite une objection immédiate, les monarchies du Golfe sont trop peu peuplées, trop dépendantes et trop liées aux circuits occidentaux pour prétendre à une autonomie stratégique réelle. Ils n’ont ni la culture stratégique ni la profondeur historique nécessaires pour soutenir une telle trajectoire.

Certes, la culture stratégique n’existe pas à l’état naturel, elle se construit sous la pression du risque, les épreuves, par l’éducation, les institutions, l’expérience, la formation des élites civiles et militaires.

La neutralité armée coûte chère, prend du temps, impose de rompre avec la facilité des achats clés en main et avec l’illusion selon laquelle la richesse dispense de produire sa propre sécurité.

Entre la neutralité stricte et l’alignement servile, on peut imaginer qu’il existe une voie praticable, celle d’une autonomie relative, imparfaite, mais suffisante pour empêcher que la prospérité du Golfe reste à jamais suspendue à la volonté, aux priorités et aux guerres des autres.

Or c’est précisément la masse stratégique qui fait défaut. Les projets évoquant la constitution d’une armée commune des monarchies du Golfe, d’une centaine de milliers d’hommes relèvent davantage de la mise en scène politique que d’une capacité militaire décisive.

Dans une région saturée de missiles balistiques, de drones longue portée, de forces terrestres et de puissances disposant de centaines de milliers de soldats équipés et entrainés, une force régionale de cent mille hommes pèserait peu dans l’équation stratégique. Elle ne disposerait ni de l’autonomie satellitaire, ni du renseignement global, ni de la profondeur logistique, ni des architectures intégrées de défense antimissile qui constituent aujourd’hui le véritable cœur de la puissance militaire moderne.

Autrement dit, même armée, cette neutralité resterait dépendante.

Les monarchies du Golfe incarnent une forme paradoxale de puissance, une richesse financière considérable, mais sans la masse démographique, industrielle et scientifique qui transforme l’argent en puissance stratégique durable. Elles sont des puissances de capitaux, non des puissances de guerre.

Dans ces conditions, la neutralité armée apparaît moins comme une stratégie que comme une aspiration. Faute de pouvoir produire seules leur sécurité dans un environnement géopolitique aussi complexe, les monarchies du Golfe demeurent structurellement ramenées vers l’option qui leur garantit la survie immédiate, c’est-à-dire  l’arrimage au système de sécurité dominé par les États-Unis et Israël, au risque d’entamer l’érosion de la légitimité des monarques aux yeux de leurs propres sociétés, où la cause palestinienne demeure un horizon moral que les calculs politiques ne parviennent jamais tout à fait à dissoudre.

L’extension asiatique

Ce qui s’y joue concerne toutes les puissances moyennes qui vivent sous protection extérieure tout en redoutant d’en payer le prix. De Taipei à Tokyo, de Séoul à Manille, une même interrogation, jusqu’où une grande puissance peut-elle encore protéger ses alliés sans les mettre en premières lignes d’un affrontement qui les dépasse ?

Le Golfe fonctionne ici comme un laboratoire. Il montre qu’un dispositif de sécurité peut rassurer en temps de paix, puis devenir, en temps de crise, un mécanisme d’exposition. Il rappelle qu’adosser sa défense à une puissance, c’est aussi entrer dans sa géographie de guerre, dans ses priorités, dans ses seuils d’escalade, dans ses arbitrages.

L’Asie regarde donc le Golfe comme une préfiguration. Le XXIe siècle ne laissera pas beaucoup de place aux puissances moyennes passives. Il les forcera à choisir entre deux positions : rester des partenaires protégés, mais stratégiquement dépendants, ou construire une autonomie relative, coûteuse mais durable.

En ce sens, de Riyad à Taipei, une même question s’impose, sur deux fronts distincts, que vaut une alliance lorsque le prix de la protection devient voisin du prix de l’exposition ?

Le Golfe devient ainsi un miroir stratégique dans lequel les alliés asiatiques de Washington observent leur propre avenir.

Enfin, les monarchies du Golfe ont bâti un système fondé sur la rente et la protection extérieure. Tant que l’ordre international restait stable, ce compromis pouvait fonctionner. Mais dans un monde de frappes à longue portée, de rivalités entre puissances et de guerres hybrides, ce modèle montre ses limites pour des petits pays riches.

L’alignement garantit une protection mais entraîne dans les logiques de conflit des autres et de soumission. L’autonomie promet la souveraineté mais exige un effort historique de transformation scientifique, industrielle et stratégique.

C’est là que se joue l’avenir du Golfe. Les monarchies disposent du capital et de la stabilité politique nécessaires pour engager cette transformation, mais elles ne disposent pas encore de la masse stratégique qui la rend crédible à court terme et moyen termes. Elles resteront donc, pour un temps, arrimées à l’architecture de sécurité américano-israélienne.

Pourtant la question posée par la guerre dépasse la seule région. Elle concerne toutes les puissances moyennes qui prospèrent sous protection extérieure. Le XXIᵉ siècle les place devant une alternative simple. Accepter une sécurité dépendante et les contraintes qui l’accompagnent, ou entreprendre la construction lente et coûteuse d’une puissance propre.

Le Golfe entre dans ce moment où la richesse ne suffit plus et où l’histoire demande autre chose qu’un équilibre financier. Elle demande une stratégie.

* Economiste, banquier et financier.

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Guerre du Golfe | Le supplice chinois de Trump

Et si la guerre actuelle en Iran était un plan mûrement établi par les stratèges états-uniens sacrifiant l’Ukraine, livrant l’Europe à la dépendance du gaz russe, et soumettant tous les Etats pétroliers du Moyen-Orient aux saccages de la guerre, avec en perspective un gigantesque marché de reconstruction dont les entreprises américaines seraient bien évidemment les premières à bénéficier.

Dr Mounir Hanablia *

On n’en est plus à une mystification près. Le plus étonnant dans la mort annoncée puis démentie du premier ministre sioniste , ce n’est pas les six doigts de la main dont l’a doté la cyberguerre, mais plutôt la manière avec laquelle il est apparu sur les télévisions occidentales, et sans doute israéliennes, en train de siroter un café dans un lieu inconnu en s’exprimant en hébreu pour dire qu’il «mourait d’envie» de prendre un café, montrant à la caméra ses cinq doigts, et, avec un regard complice et un geste suggestif signifiant la raclée, qu’il était pressé parce qu’il devait s’occuper de choses en cours en Iran et au Liban.

Pas de journalistes, pas d’interview, pas d’accompagnant. En fait, personne ne pourra témoigner l’avoir vu. Et cette apparition pose donc problème pour ce qu’elle a été : plutôt fantomatique ! 

Les dirigeants iraniens, eux, ont été plus courageux ; avec l’aviation ennemie vrombissant au-dessus de leurs têtes et les caméras de Téhéran investies par les hackers de la CIA et du Mossad, ils ont osé descendre dans la rue à la rencontre de citoyens subissant stoïquement des bombardements terroristes. On peut dire qu’ils se sont plus conformés à l’image du chef de guerre du XXe siècle établie par Winston Churchill durant les bombardements nazis de Londres, que ne l’a fait le dirigeant sioniste qui s’en est toujours prétendu l’admirateur et le disciple.

Un mort en cache souvent un autre

Pourtant, si la rumeur de sa mort a dépassé le niveau du vraisemblable pour atteindre celui du probable, c’est que la réalité de la guerre en Israël aujourd’hui ne soustrait aucun habitant du pays à ses dangers. C’est donc peut être ce qu’on a voulu signifier au sioniste moyen imbu de ses préjugés racistes islamophobes et de son inébranlable conviction en une hypothétique supériorité juive le plaçant au-dessus de tout jugement humain quand il s’agit d’assassiner des Arabes : que son premier ministre n’étant pas plus à l’abri que lui, il n’aurait qu’à se terrer dans son abri en espérant que les missiles iraniens qui pleuvent dru malgré le «dôme de fer» rouillé censé le protéger ne lui tombent pas sur la tête. Il reste que Netanyahu, s’il s’agit bien de lui, aurait pu être à Londres, Paris, Berlin, ou Washington, ou bien encore sur l’un des porte-avions américains croisant en Méditerranée.

Ayant rempli sa mission, celle de mener un président américain sur le sentier de la guerre pour la défense des intérêts israéliens, sa présence n’est plus indispensable, la conduite de la guerre incombant aux généraux.

Cependant, si l’on s’en réfère aux déclarations attribuées à Scott Ritter, l’ancien espion des marines devenu inspecteur des Nations Unies en Irak puis opposant résolu et déclaré après les mensonges de Bush Fils et Tony Blair sur les armes irakiennes, ce n’est pas Netanyahu mais son frère qui serait mort, ainsi que le monstrueux et abject ministre judéo-nazi Ben Gvir. Or de ces deux derniers, il n’y a encore aucune nouvelle.

Saignée interminable au Moyen-Orient

On peut bien sûr légitimement se demander dans quelle perspective s’insèrent les déclarations les plus crédibles sur cette guerre, celles d’anciens militaires et diplomates américains, qui disposent donc des sources nécessaires pour en avoir une idée précise sur le terrain, de laquelle ils brossent d’ailleurs des tableaux qui pour être vagues n’en sont pas moins globalement plausibles. Il est difficile de penser qu’ils agissent contre les intérêts de leur pays, même en ayant à sa tête une administration aussi controversée que l’actuelle. Et on a vu de quel bois l’administration américaine se chauffait quand il s’agissait de renseignements confidentiels divulgués au public. Le cas Julian Assanges est là pour le confirmer.

Si donc, on considère que le rôle de ces analystes serait dans une certaine mesure de nous dérouter, on peut considérer que l’intérêt des stratèges du Pentagone serait de faire passer pour les lubies d’un Président à moitié fou ou en butte à un chantage -il en a vu pourtant d’autres- un plan mûrement établi sacrifiant l’Ukraine, livrant l’Europe à la dépendance du gaz russe, et soumettant tous les Etats pétroliers du Moyen-Orient aux saccages de la guerre, avec en perspective un gigantesque marché de reconstruction dont les entreprises américaines seraient bien évidemment les premières à bénéficier.

Ce qui rend la perspective de la folie affleurant la méthode probable, c’est que les stratèges américains ont bien pris soin de régler la question du Venezuela avant de se lancer dans leur guerre du Golfe Persique.

Dans ces conditions, le supplice chinois de Trump serait-il une saignée interminable au Moyen-Orient, en occultant une autre, prochaine, à Taiwan ?

Il faudrait pour cela que l’armée chinoise dispose d’un accès illimité au carburant nécessaire à la guerre, dont Trump s’attache méthodiquement à réquisitionner les robinets. Mais le jeu en vaudrait la chandelle puisque l’île contrôle 90% du marché mondial des microprocesseurs. Le monde n’est décidément pas au bout de ses (mauvaises) surprises.

* Médecin de libre pratique.   

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Fatma Riahi | ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’

Dans son deuxième long métrage ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’, en cours de développement, la réalisatrice tunisienne Fatma Riahi examine le rôle de son père dans un complot manqué visant à renverser le premier président de la république. Elle analyse l’impact de ses choix politiques sur la famille après son emprisonnement et comment cela a façonné sa propre vie.

Ce film, produit par la réalisatrice en coproduction avec Nomadis Images (Dora Bouchoucha et Lina Chaabane) et SVP Production (Omar Ben Ali), a été sélectionné pour le Pitching Forum du Festival international du documentaire de Thessalonique, qui s’est déroulé du 5 au 15 mars 2026.

‘‘Mon père a tué Bourguiba’’ est un voyage profondément personnel pour la réalisatrice, qui puise dans les archives familiales pour raconter l’histoire de son père, membre d’un groupe ayant planifié un coup d’État militaire en 1987 contre le régime d’Habib Bourguiba, premier président du pays après l’indépendance.

Le complot a échoué – le titre du film est inspiré d’une remarque malencontreuse faite par la petite sœur de la réalisatrice, alors âgée de cinq ans, à un gardien de prison – et pourtant, ses conséquences ont bouleversé la vie familiale et personnelle de Riahi. À partir de photos de famille et de lettres échangées il y a plus de trente ans avec son père alors qu’il était en prison, la réalisatrice tente de comprendre ses choix et leur impact «sur la petite fille que j’étais et sur la femme que je suis devenue», confie-t-elle au magazine Variety, lors d’en entretien à Thessalonique.

Riahi — dont le premier long métrage, ‘‘A Haunted Past’’, a été présenté en avant-première à l’IDFA en 2018 — a expliqué que si ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’ est intimement lié à la politique de l’époque, «ce n’est pas un film politique».

Surmonter la fracture

«J’ai grandi tiraillée entre deux idées apparemment opposées : la vision politique de mon père et celle que défendait Bourguiba», a-t-elle déclaré. Et d’ajouter : «Plutôt que de résoudre cette contradiction, le film m’a permis de l’appréhender et d’en accepter toute la complexité.» En confrontant ces points de vue divergents, elle espère que, grâce à ce travail de réflexion, elle et d’autres pourront surmonter la fracture qui continue de diviser la Tunisie aujourd’hui : «Peut-être cela nous aidera-t-il à nous comprendre et à nous accepter mutuellement, malgré nos différences et nos divergences d’opinions», dit-elle.

Considéré comme le «père de la Tunisie», Bourguiba a dirigé le pays pendant trois décennies après l’indépendance du pays. Malgré ses idées progressistes, il était largement perçu comme un dirigeant autoritaire et un despote. Le père de Riahi, Mabrouk, était quant à lui membre du «Groupe de sécurité», un mouvement idéologiquement plus conservateur, islamiste en l’occurrence, déterminé à renverser le régime de Bourguiba.

En novembre 1987, la veille du coup d’État que Mabrouk et ses complices projetaient de lancer, le Premier ministre Zine El Abidine Ben Ali réussit à renverser le régime et à assigner Bourguiba à résidence. Deux mois plus tard, Mabrouk et ses acolytes furent arrêtés et emprisonnés par le gouvernement Ben Ali.

Le choix d’un père

Ce fut un tournant pour Riahi et sa famille, qui, dans les années qui suivirent, subirent un harcèlement systématique de la part du régime et de ses partisans – simplement parce qu’ils avaient été entraînés dans «un conflit que je n’avais pas choisi, un conflit causé par les choix de mon père», a-t-elle déclaré.

Pourtant, durant toutes ces années tumultueuses – et même après la mort de son père en 2005 – la famille est restée silencieuse sur son calvaire : «Je parlais rarement de ce qui était arrivé à notre famille, sauf à un cercle très restreint d’amis proches. Ce silence était dicté par la peur», a déclaré Riahi.

Tout a basculé en 2011, lorsqu’un soulèvement populaire a finalement renversé le régime honni de Ben Ali. Dans les années qui ont suivi, la Tunisie a mis en place une Commission Vérité et Dignité. Riahi et sa sœur ont été convoquées pour témoigner durant l’été 2017, aux côtés de milliers d’autres opposants au gouvernement de Ben Ali, victimes de persécutions et de harcèlement en raison de leurs opinions. Ce fut, a-t-elle confié, «le moment décisif qui m’a poussée à réaliser ce film».

Punition collective

«C’était la première fois que je parlais devant une caméra, devant des inconnus, et même devant ma sœur, de cette période de l’histoire de notre famille», a déclaré la réalisatrice. En racontant les souffrances endurées par sa famille à cause de la politique de punition collective de Ben Ali, Riahi a «découvert le pouvoir de la confession». Par la suite, elle a réalisé : «Je voulais en parler davantage.»

‘‘Mon père a tué Bourguiba’’ n’est cependant pas qu’un dialogue avec le passé. Se remémorant son propre parcours vers la maternité, Riahi a souligné qu’elle réfléchit de plus en plus à l’héritage qu’elle transmet à ses deux enfants, consciente que – pour le meilleur ou pour le pire – ses choix pourraient façonner leur vie, tout comme ceux de son père ont influencé la sienne.

«J’essaie de ne pas transmettre de traumatisme, de peur ou de tristesse à mes enfants», a-t-elle déclaré. «Je parle à mon fils aîné de la révolution, de la Tunisie et de son grand-père, mais je reste très sélective. En même temps, grâce à ce film, mes enfants sont indirectement impliqués dans ce passé, même si ce n’est que symboliquement», a-t-elle enchaîné. «J’éprouve parfois un sentiment partagé à ce sujet, mais j’y vois aussi un aspect positif. Apprendre l’histoire, pratiquer l’honnêteté et être encouragés à questionner le passé peuvent les rendre plus conscients, moins craintifs et moins silencieux que nous ne l’étions.»

‘‘A Haunted past (Absences)’’, premier long métrage documentaire de la réalisatrice, est sorti en 2018. C’est le portrait d’une famille tuniso-bosniaque. Taoufik, condamné pour terrorisme, est livré à son sort : il s’occupe seul de ses trois filles, encore en âge d’adolescence.

L. B. (Avec Variety).  

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Une startup tunisienne remporte le To Do Award 2026

WildyNess, la plateforme tunisienne de travel-tech, a reçu le prestigieux To Do Award 2026 pour le tourisme socialement responsable à l’ITB Berlin. Ce prix, remis par l’Institut pour le Tourisme et le Développement, salue les efforts pionniers de WildyNess pour connecter les voyageurs à des expériences authentiques gérées par les communautés locales.

Sur la «Green Stage» de l’ITB Berlin, le co-fondateur et Ceo Achraf Aouadi a partagé son émotion : «Il y a trois ans, j’étais intimidé et dépassé par l’ampleur de ce salon. Hier, j’étais sur scène. Ce prix est une validation de notre thèse : l’avenir du voyage n’est pas dans le volume, mais dans l’authenticité et l’impact.» 

Achraf a tenu à partager ce succès avec Dorra, Senior Project Manager (à ses côtés sur scène), et Sadok, Operations Manager, pour leurs deux années de travail acharné.

Cette reconnaissance internationale couronne une année charnière. Après avoir atteint 300 000 $ de ventes organiques sans marketing payé, WildyNess a récemment clôturé une levée de fonds pré-seed menée par Bridging Angels et African Diaspora Network.

La co-fondatrice Rym Bourguiba précise : «Nous sommes ingénieurs de métier et voyageurs de cœur. Notre plateforme comble un fossé : 80 % des voyageurs cherchent des activités locales en ligne, mais seulement 5 % des prestataires sont réservables. Nous numérisons l’âme du tourisme tunisien.»

Le jury a loué le modèle B2B2C de WildyNess, qui co-crée des expériences avec plus de 100 micro-entreprises locales.

Forte de ce prix et de ce nouveau capital, la startup tunisienne accélère son expansion vers l’Algérie, l’Arabie Saoudite, Oman et les Émirats Arabes Unis.

Communiqué.

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Football | Les 16 arbitres de l’élite sanctionnés par la FTF

La direction nationale de l’arbitrage relevant de la Fédération tunisienne de football (FTF) a annoncé ce dimanche 15 mars 2026 la suspension de 16 arbitres de l’élite pour des durées variables (deux semaines, un mois, jusqu’à la fin de la saison).

Voici la liste des arbitres concernés et de leurs sanctions :

Khalil El Jary suspendu pour deux semaines ;

Seif Ouertani : un mois ;

Aymen Ismail : un mois ;

Amir El Ayadi : un mois ;

Montassar Belarbi : un mois ;

Nidhal Ben Letaief : un mois ;

Houssem Ben Sassi : un mois ;

Nizar Riahi : un mois ;

Amir Horchani : un mois ;

Ferjani Ben Mna : un mois ;

Chedly Charfi : un mois ;

Iheb Ben Kilani : un mois ;

Malek Assili : un mois ;

Houssem Belhaj Ali : jusqu’à la fin de la saison ;

Ahmed Nouira et Rayan Taghourti : pour une durée indéterminée et transfert de leurs dossiers au bureau fédéral.

La suspension entre en vigueur à partir de la date du dernier match dirigé et ayant fait l’objet de litige.

I. B.

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