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Euro-Cycles propose un dividende de 0,700 dinar malgré un recul de ses résultats

Euro-Cycles SA a publié ses résultats annuels pour l’exercice 2025, arrêtés par son conseil d’administration le 12 mars 2026. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 99,47 millions de dinars, contre 119,63 millions un an auparavant, soit un recul de 16,85 %.

Le bénéfice net individuel s’établit à 8,43 millions de dinars, en retrait de 19,15 % par rapport aux 10,43 millions enregistrés en 2024. Au niveau consolidé, la baisse est plus prononcée : le résultat net du groupe ressort à 7,75 millions de dinars, contre 10,98 millions en 2024, soit une diminution de 29,36 %. Le groupe attribue cette dégradation accélérée à l’effondrement de 78 % du bénéfice de sa filiale Tunindustrie.

Malgré ces résultats en baisse, le conseil d’administration propose la distribution d’un dividende de 0,700 dinar par action. Les actionnaires sont convoqués à l’assemblée générale ordinaire annuelle le 18 juin 2026 au siège social de la société.

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Foued Ghorbali : « La guerre contre l’Iran réveille les blessures profondes des Tunisiens »

Alors que les frappes se multiplient au Proche-Orient et que le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis redessine les équilibres régionaux, la société tunisienne ne reste pas indifférente. Loin d’une lecture uniforme, elle mobilise des registres multiples et parfois contradictoires : la solidarité avec la Palestine comme boussole morale; la méfiance envers toutes les puissances en présence; et un pragmatisme tranquille face aux compromis de la vie quotidienne.

Pour démêler ces perceptions, L’Economiste Maghrébin a rencontré Foued Ghorbali, enseignant-chercheur en sociologie. Notre invité déconstruit les raccourcis d’une lecture binaire et révèle la complexité d’une société qui juge ce conflit à la fois lointain sur la carte et viscéralement proche dans son imaginaire collectif.

 

Ce conflit implique l’Iran, Israël et les États-Unis, trois puissances aux idéologies très différentes. Comment la société tunisienne perçoit-elle ce conflit ? Est-elle vraiment concernée ou est-ce un conflit lointain ?

En Tunisie, ce conflit n’est généralement pas lu de manière purement diplomatique ou militaire. Il est d’abord perçu à travers un registre moral : beaucoup de Tunisiens l’interprètent en fonction d’une hiérarchie de l’injustice. Dans cette lecture, Israël concentre une forte réprobation, non seulement comme État, mais aussi comme symbole d’une violence jugée durable contre les Palestiniens. Les médias tunisiens et une grande partie de l’espace public ont largement relayé cette condamnation, tout en dénonçant le biais pro-israélien des médias occidentaux.

Il existe ensuite un registre géopolitique. Une partie de l’opinion voit l’Iran non pas d’abord à travers son régime ou son identité chiite, mais comme un acteur qui défie Israël et, plus largement, l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Cela ne signifie pas une adhésion profonde au modèle iranien. C’est plutôt une lecture stratégique du type : « L’ennemi de mon ennemi peut devenir, ponctuellement, un point d’appui symbolique ». La perception de l’Occident, en particulier des États-Unis, est ici décisive : l’image américaine en Tunisie s’est nettement dégradée avec la guerre à Gaza, du fait du soutien accordé à Israël.

Il faut aussi souligner un registre identitaire et civilisationnel. Pour beaucoup, ce qui se joue n’est pas seulement un affrontement entre États, mais une séquence de plus dans une histoire régionale où la Palestine reste le cœur émotionnel et politique. Autrement dit, le conflit est perçu comme lointain sur la carte, mais proche dans les imaginaires collectifs. C’est ce qui explique que la société tunisienne se sente concernée, même sans implication directe.

Enfin, il y a un registre pragmatique : certains Tunisiens restent méfiants envers tous les acteurs du conflit. Ils rejettent Israël, critiquent l’Occident pour son double standard; mais ils n’idéalisent pas pour autant l’Iran, qu’ils voient aussi comme une puissance poursuivant ses propres intérêts. Donc, la perception tunisienne n’est pas binaire : elle est à la fois morale, géopolitique, identitaire et pragmatique. C’est précisément cette pluralité de registres qui permet de comprendre pourquoi ce conflit, bien que lointain, produit en Tunisie une si forte intensité symbolique.

Y a-t-il une fracture au sein même de la société tunisienne entre ceux qui soutiennent l’axe de résistance iranien et ceux qui le rejettent ?

Je ne parlerais pas d’une fracture nette, au sens d’une division stable et structurée de la société tunisienne entre « pro-Iran » et « anti-Iran ». Sociologiquement, la réalité est plus nuancée : il existe plutôt des lignes de différenciation, des sensibilités concurrentes, parfois très visibles dans l’espace public, mais qui ne recoupent pas entièrement des camps fixes.

D’abord, il faut souligner un point essentiel : en Tunisie, le consensus le plus fort ne porte pas sur l’Iran, mais sur le rejet d’Israël et le soutien à la cause palestinienne. C’est à partir de ce noyau commun que les divergences apparaissent. La question n’est donc pas : « Etes-vous pour ou contre l’Iran ? » Mais plutôt : comment interprétez-vous le rôle de l’Iran dans la région ?

Une première sensibilité considère l’Iran comme un acteur de résistance, non pas parce qu’elle adhère à son modèle politique ou religieux, mais parce qu’elle voit en lui une puissance qui défie Israël et l’ordre régional soutenu par les États-Unis. Dans cette lecture, l’Iran peut bénéficier d’une légitimité politique indirecte.

Une deuxième sensibilité adopte une position plus critique : elle refuse de transformer l’opposition à Israël en soutien automatique à Téhéran. Pour ces Tunisiens, l’Iran reste un État avec ses propres intérêts, sa logique de puissance et parfois ses propres formes d’autoritarisme. Ils rejettent donc ce qu’ils perçoivent comme une fausse alternative entre hégémonie occidentale et influence iranienne.

Enfin, il existe une troisième posture, plus diffuse, faite de pragmatisme et de méfiance généralisée : elle consiste à considérer que toutes les puissances régionales instrumentalisent la cause palestinienne à des degrés divers. Ainsi, plus qu’une fracture binaire, la société tunisienne est traversée par des lectures concurrentes d’un même conflit. Le clivage réel oppose moins des identités fixes que des manières différentes d’articuler solidarité, souveraineté et lucidité géopolitique.

Ce conflit est souvent présenté comme géopolitique, mais beaucoup le vivent comme religieux. En tant que sociologue, comment distinguez-vous les deux dimensions ?

En tant que sociologue, je dirais qu’il faut distinguer la logique du conflit et la manière dont il est vécu. La logique du conflit est d’abord géopolitique : les États agissent selon des calculs de puissance, de sécurité, d’influence régionale et d’équilibre stratégique. L’Iran, Israël ou les États-Unis ne se déterminent pas principalement à partir de convictions religieuses, mais à partir d’intérêts, de rapports de force et d’objectifs de puissance.

En revanche, au niveau des sociétés, ce même conflit est souvent perçu à travers des catégories religieuses. Pourquoi ? Parce que les populations ne lisent pas les crises internationales avec les instruments de la diplomatie, mais avec des références culturelles, morales et symboliques qui leur sont socialement disponibles. La religion devient alors non pas nécessairement la cause du conflit, mais un langage de son interprétation.

Autrement dit, ce qui est géopolitique dans sa structure peut devenir religieux dans sa réception sociale. Quand une partie de l’opinion parle de chiites, de sunnites, de guerre de civilisation ou de défense de lieux sacrés, elle exprime une mise en sens collective du conflit, pas forcément sa réalité stratégique profonde.

Il faut donc éviter deux erreurs symétriques : dire que ce conflit est purement religieux serait réducteur, mais dire que la religion n’y joue aucun rôle serait tout aussi faux. La religion intervient surtout comme ressource symbolique de mobilisation, comme vocabulaire émotionnel et identitaire, et parfois comme instrument de légitimation politique.

Donc la bonne distinction, sociologiquement parlant, consiste à dire ceci : les États font de la géopolitique; tandis que les sociétés vivent souvent cette géopolitique à travers des cadres religieux, moraux et identitaires.

L’Iran est chiite, la majorité arabe est sunnite. Cette fracture religieuse freine-t-elle ou, au contraire, disparaît-elle face à l’ennemi commun perçu ?

Je dirais que cette fracture religieuse ne disparaît pas complètement, mais qu’elle cesse souvent d’être centrale lorsqu’un ennemi commun est perçu comme plus menaçant ou plus injuste. Sociologiquement, il faut éviter deux simplifications : dire que le clivage sunnite chiite détermine tout serait faux; dire qu’il ne compte plus du tout le serait aussi.

Dans de nombreux contextes arabes, et en Tunisie en particulier, la question palestinienne et le rejet d’Israël produisent un effet de rehiérarchisation symbolique. Autrement dit, face à un conflit où Israël apparaît comme l’adversaire principal, la différence confessionnelle avec l’Iran peut passer au second plan. L’Iran n’est alors pas d’abord regardé comme un acteur chiite, mais comme un acteur qui s’oppose à Israël et, plus largement, à une domination régionale soutenue par les États-Unis.

C’est ce qui permet, ponctuellement, une forme de tolérance politique envers l’Iran, sans adhésion profonde à son modèle. Des analyses récentes sur le Maghreb parlent d’ailleurs de réactions indignées face aux attaques contre l’Iran, mais en même temps prudentes à l’égard de Téhéran.

Mais cette suspension du clivage confessionnel reste partielle et circonstancielle. La mémoire du clivage sunnite chiite, la méfiance envers l’influence iranienne et l’image autoritaire du régime iranien continuent d’alimenter des réserves.

En d’autres termes, l’ennemi commun ne supprime pas la fracture ; il la neutralise partiellement dans certains moments de forte polarisation régionale. Donc, la bonne réponse sociologique est la suivante : la fracture religieuse ne disparaît pas, mais elle devient souvent secondaire lorsque domine un registre plus puissant, celui de la solidarité politique avec la Palestine, du rejet d’Israël ou de la contestation de l’hégémonie occidentale. Le confessionnel reste présent en arrière-plan, mais il n’est pas toujours le principe organisateur principal des perceptions.

Des Tunisiens vivent à Dubaï ou au Qatar, pays qui hébergent des bases militaires américaines. Comment vivent-ils cette contradiction au quotidien, dépendre économiquement d’un système qu’ils rejettent politiquement ?

La contradiction existe, mais elle ne doit pas être dramatisée de manière abstraite. Dans la vie quotidienne, elle est souvent gérée, déplacée ou compartimentée plutôt que vécue comme un conflit permanent de conscience.

D’abord, il faut éviter d’homogénéiser les Tunisiens installés à Dubaï ou au Qatar. Beaucoup ne sont pas engagés politiquement de façon intense. Leur existence est principalement organisée autour du travail, de la stabilité du séjour, de la famille et des obligations économiques. Dans ce cadre, la présence de bases américaines dans le pays de résidence est connue, mais elle n’est pas forcément au centre de leur expérience quotidienne. Les migrants vivent d’abord dans des structures sociales concrètes, pas dans des abstractions géopolitiques.

Ensuite, lorsque cette contradiction est ressentie, elle est souvent traitée sur un mode pragmatique. Travailler dans un pays allié des États-Unis ne signifie pas adhérer à toute son orientation stratégique. Beaucoup distinguent entre l’ordre politique global et leur propre trajectoire de vie. Ils peuvent critiquer les États-Unis, Israël ou certaines guerres, tout en considérant que leur présence dans le Golfe répond avant tout à une nécessité matérielle et familiale.

Il faut aussi ajouter que cette contradiction n’est pas spécifique aux Tunisiens : elle est une caractéristique plus générale des sociétés mondialisées. Des individus peuvent dépendre économiquement d’un système qu’ils contestent moralement ou politiquement. Cela ne relève pas nécessairement de l’hypocrisie, mais d’une dissociation ordinaire entre convictions et conditions d’existence.

Enfin, l’idée d’un rejet politique uniforme doit elle-même être nuancée. Tous ne lisent pas la guerre contre l’Iran de la même façon et tous ne se situent pas dans une opposition explicite aux États du Golfe. Le plus juste, sociologiquement, est donc de parler non d’une contradiction absolue, mais d’un ajustement quotidien entre contraintes économiques, réserves morales et pragmatisme migratoire.

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Boom des exportations : la Tunisie triple ses ventes de chaussures au Brésil

Les exportations tunisiennes de chaussures vers le Brésil ont enregistré une progression spectaculaire au cours des deux premiers mois de 2026, avec une hausse de 216,3 % en volume, selon des données publiées par l’Association brésilienne des industries de la chaussure (Abicalçados) et relayées par l’Agence de presse arabe brésilienne.

Le Brésil a importé 3 416 paires de chaussures tunisiennes en janvier et février 2026, contre seulement 1 080 paires sur la même période en 2025. En valeur, ces importations ont atteint 64 400 dollars, soit une augmentation de 236,1 %. Le prix moyen par paire s’est établi à 18,85 dollars, en hausse de 6,3 % par rapport aux 17,74 dollars enregistrés l’année précédente.
Les chaussures tunisiennes occupent un positionnement intermédiaire au sein des importations brésiliennes : leur tarif moyen dépasse celui des produits indonésiens (17,58 dollars) et chinois (2,54 dollars), mais reste bien en deçà des articles en provenance des États-Unis (37,94 dollars) et d’Italie (245,56 dollars).

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90 % du bénéfice reversé aux actionnaires : Attijari Bank joue la carte de la fidélisation

Attijari Bank a dégagé un bénéfice net de 232,1 millions de dinars au titre de l’exercice 2025. Il est quasi identique à celui de l’exercice précédent (232,4 MDT). C’est ce qu’annonce un communiqué publié à l’issue de la réunion du Conseil d’Administration qui se tenait le 20 février 2026.

Si la performance opérationnelle reste stable, c’est la politique de distribution qui retient l’attention. Le Conseil d’Attijari Bank propose de verser 4,200 dinars par action; contre 5 dinars l’exercice précédent. Soit un recul de 16 % du dividende unitaire. Ce repli s’explique par une augmentation significative du nombre de titres. En effet, le capital de la banque est passé de 42 à 50 millions d’actions; à savoir : une hausse de 19 %.

Par ailleurs, l’enveloppe totale de dividendes distribuée reste en réalité constante à 210 millions de dinars. Ce qui représente près de 90,5 % du résultat net. Un taux de distribution particulièrement élevé qui témoigne de la volonté de la banque de maintenir la rémunération de ses actionnaires à un niveau soutenu.

Au final, les états financiers individuels et consolidés ont été soumis aux Commissaires aux Comptes. Et ce, conformément aux procédures en vigueur. Les actionnaires sont convoqués en Assemblée Générale Ordinaire le vendredi 10 avril 2026 au siège social de la banque. A l’ordre du jour, notamment, l’approbation des comptes et la distribution des dividendes.

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Refus de visa : le député Marouane Ziane veut mettre fin au jackpot des prestataires

Le député Marouane Ziane, membre du Conseil national des régions et des districts, a déposé une initiative législative. Elle imposerait aux sociétés intermédiaires de visa le remboursement de 50 % de leurs honoraires à tout demandeur tunisien dont le dossier est rejeté.

Le contexte est alarmant. Chaque année, plus d’un Tunisien sur cinq essuie un refus de visa, principalement vers l’espace Schengen. Pourtant, les prestataires conservent aujourd’hui l’intégralité de leurs frais, quelle que soit l’issue de la procédure. Des milliers de citoyens subissent ainsi des pertes financières sans aucun recours.

La proposition va bien au-delà du simple remboursement partiel. Elle impose d’abord une séparation claire entre les droits consulaires versés aux ambassades et les commissions facturées par les opérateurs privés. Elle introduit ensuite un encadrement strict des centres de collecte opérant en Tunisie. Elle renforce enfin les mécanismes de contrôle de leurs prestations.

Cette initiative répond à une demande sociale forte. De nombreux citoyens dénoncent depuis longtemps l’opacité tarifaire de certains prestataires et le poids financier des procédures de visa.

Marouane Ziane a donc publiquement appelé les institutions concernées à soutenir cette proposition. Il la présente comme un outil de transparence et de rééquilibrage dans un secteur jusqu’ici peu régulé.

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Kaouther Ben Hania signe la seule nomination africaine aux Oscars

La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania figure parmi les nominés aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international avec The Voice of Hind Rajab. Le long métrage est la seule production africaine à avoir atteint la liste finale cette année.

Sept pays du continent avaient soumis un film à l’Académie. Aucun autre n’a franchi l’étape de la nomination. L’Égypte était représentée par Happy Birthday de Sarah Goher, Madagascar par Disco Afrika: A Malagasy Story de Luck Razanajaona, le Maroc par Calle Málaga de Maryam Touzani, le Sénégal par Demba de Mamadou Dia, l’Afrique du Sud par The Heart is a Muscle d’Imran Hamdulay et l’Ouganda par Kimote de Hassan Mageye.

Un récit entre documentaire et fiction

Le film revient sur les derniers instants de Hind Rajab, une fillette palestinienne de six ans tuée le 29 janvier 2024 à Gaza alors qu’elle était coincée dans un véhicule sous les tirs de l’armée israélienne.  Dans un entretien accordé au quotidien canadien The Globe and Mail, Kaouther Ben Hania explique avoir choisi de préserver la spontanéité des réactions des acteurs en limitant les prises. Ceux-ci ont entendu pour la première fois la voix de la fillette et le contenu des échanges au moment du tournage, via leurs oreillettes.

Parcours international

Présenté en compétition à la Mostra de Venise à l’été 2025, le film a remporté le Grand Prix du jury le 6 septembre. Sa projection a également donné lieu à une ovation debout de 23 minutes et 50 secondes, dépassant le record établi en 2006 par Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.

Parmi les producteurs exécutifs figurent les réalisateurs oscarisés Alfonso Cuarón et Jonathan Glazer, ainsi que les acteurs Brad Pitt, Joaquin Phoenix et Rooney Mara.

Cette nomination constitue la troisième pour Kaouther Ben Hania aux Oscars, après L’Homme qui a vendu sa peau en 2020 et Les Filles d’Olfa en 2023. Elle devient ainsi la première réalisatrice arabe et africaine à totaliser trois nominations à la cérémonie. Pour cette édition, The Voice of Hind Rajab est en compétition avec The Secret Agent (Brésil), It Was Just an Accident (France), Sentimental Value (Norvège) et Sirāt (Espagne).

Une présence africaine limitée

Par ailleurs, l’actrice britanno-nigériane Wunmi Mosaku est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation d’Annie dans Sinners de Ryan Coogler. Le film, situé dans le Mississippi ségrégationniste des années 1930, a obtenu 16 nominations aux Oscars, un record pour cette édition. Dans un entretien accordé au média OkayAfrica, l’actrice explique que la préparation du rôle l’a amenée à renouer avec une partie de ses origines culturelles. Elle souligne également avoir suivi plusieurs années de cours de yoruba, un apprentissage qui s’est intensifié dans les mois précédant le tournage. Wunmi Mosaku concourt face à Amy Madigan pour Weapons, Teyana Taylor pour One Battle After Another et à Inga Ibsdotter Lilleaas et Elle Fanning pour Sentimental Value.

La présence africaine aux Oscars reste néanmoins limitée. Même dans la catégorie du meilleur film international, les nominations sont majoritairement dominées par les productions européennes. Dans les catégories masculines d’interprétation, aucun acteur né sur le continent africain ne figure parmi les nominés cette année.

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Hédi Ben Nasr : « Les États-Unis n’ont pas tiré les leçons de l’histoire »

Depuis le 28 février 2026, la guerre entre l’Iran et les États-Unis est une réalité tangible. L’ancien ambassadeur et diplomate, Hédi Ben Nasr, en décrypte les ressorts géopolitiques profonds et ses conséquences économiques potentielles pour la Tunisie, dans une analyse qui replace le conflit dans le cadre plus large de la recomposition du système international.

Dans une interview à paraître dans le prochain numéro de L’Économiste maghrébin (n°941 – du 25 mars au 8 avril 2026, Hédi Ben Nasr situe le conflit bien au-delà d’une confrontation régionale. Pour lui, ce qui se déroule aujourd’hui reflète une mutation profonde de l’ordre mondial, dans sa transition de l’unipolarité vers la multipolarité. « Ce qui se passe actuellement ne concerne pas la Tunisie seule, mais englobe la structure du système international dans son avenir », déclare-t-il.

Au cœur de son analyse se trouve la position stratégique de la région de l’Asie occidentale et l’Afrique du Nord. Selon Ben Nasr, cette zone concentre les grandes voies maritimes mondiales, notamment le détroit de Bab-el-Mandeb, l’océan Indien, le canal de Suez, la mer Méditerranée et le détroit de Gibraltar, ce qui en fait, selon sa formule, « le nombril du globe habité ». Il y ajoute la dimension des ressources naturelles : hydrocarbures, gaz, et à l’horizon, les énergies alternatives dont le solaire. C’est sur ces richesses que se concentre, estime-t-il, l’intérêt des économies occidentales, qu’il présente comme moteur premier du conflit. Le conflit s’inscrit, selon lui, dans la vision stratégique que « l’Occident, sous la direction des États-Unis, a toujours poursuivie afin d’assurer la suprématie de sa position dans le monde ».

Ben Nasr replace cette confrontation dans une dynamique amorcée selon lui depuis le début de la deuxième décennie du siècle. Depuis lors, soutient-il, le monde vit un « affrontement Est-Ouest » qui n’est plus une guerre d’idéologies mais un conflit d’intérêts. La guerre opposant la Russie à l’Alliance atlantique, et non l’Ukraine, précise-t-il, en serait une facette parmi d’autres. Sur les États-Unis, il estime qu’ils « n’ont pas tiré les leçons de l’histoire », citant leurs engagements militaires au Vietnam, en Irak, en Syrie et au Yémen. Il évoque également ce qu’il décrit comme un glissement vers une vision du « Grand Israël », qui, selon lui, s’affranchit de la légitimité internationale pour puiser ses références dans les textes religieux. Il qualifie Israël d’« entité fonctionnelle » inscrite dans ce conflit global pour la domination.

Sur l’Iran, Ben Nasr adopte un regard qu’il qualifie lui-même de factuel. Il observe que quarante ans de sanctions ont conduit Téhéran à développer une industrie militaire et technologique autonome, à former des ingénieurs en grand nombre et à constituer des capacités humaines complètes. Il précise que ce constat n’est pas un éloge de l’Iran mais une lecture de la réalité, ajoutant que les actions de Téhéran dans la région s’inscrivent selon lui dans une stratégie à long terme.

Pour la Tunisie, Ben Nasr identifie l’énergie comme premier vecteur d’impact : importatrice nette, le pays serait directement exposé à la hausse des coûts énergétiques générée par le conflit dans le Golfe. Au-delà de l’énergie, il anticipe une contraction du commerce extérieur, des importations et des exportations à l’échelle mondiale. Il cite l’exemple des secteurs industriels tributaires de composants importés, dans un contexte où l’Allemagne, l’un des grands producteurs mondiaux d’automobiles, traversait déjà des difficultés avant le déclenchement des hostilités. Cette récession, selon Ben Nasr, ne serait pas l’apanage des seuls pays importateurs : les nations productrices de pétrole, notamment celles de la péninsule arabique, en subiraient également les effets. Face à l’ampleur des bouleversements en cours, Ben Nasr appelle à mesurer la vulnérabilité de la Tunisie dans un ordre international en pleine recomposition, dont les contours définitifs restent, à ce stade, encore incertains.

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Chute du déficit commercial de 733 MDT

La Tunisie a enregistré un déficit commercial de 2 784,2 millions de dinars (MDT) durant les deux premiers mois de 2026, soit en net recul par rapport aux 3 517 MDT affichés à la même période de 2025.

 

Les exportations ont atteint 10 803,1 MDT contre 10 169,2 MDT un an plus tôt, soit une hausse de 6,2%, tandis que les importations ont légèrement reculé de 0,7 %, s’établissant à 13 587,4 MDT contre 13 686,2 MDT. Le taux de couverture s’est amélioré à 79,5 % contre 74,3 % sur la même période de l’année précédente. 

Du côté des exportations, les industries mécaniques et électriques ont enregistré la progression la plus significative avec une hausse de 14,8 %, suivies des industries agro-alimentaires en hausse de 6,1 %, portées notamment par les ventes d’huile d’olive qui ont atteint 1 252,3 MDT contre 1 007,6 MDT en 2025.

À l’inverse, le secteur des mines, phosphates et dérivés a accusé un repli de 24,6 %, le textile, habillement et cuirs de 1,8 %, et l’énergie de 0,5 %, sous l’effet d’une baisse des ventes de pétrole brut, tombées à 239,8 MDT contre 372,3 MDT.

Sur le plan des importations, les biens de consommation ont progressé de 2,3 %, les produits alimentaires de 2,6 %, les produits énergétiques de 1,7 % et les biens d’équipement de 1,4 %. En revanche, les matières premières et demi-produits ont reculé de 6 %.

L’Europe reste le premier partenaire

Sur le plan géographique, l’Union européenne demeure le premier partenaire commercial de la Tunisie, absorbant 72,1 % de nos exportations pour une valeur de 7 793,4 MDT contre 7 091,9 MDT en 2025. Dans ce cadre, les ventes vers la France ont progressé de 15,7 % et vers l’Allemagne de 9,9 %, mais ont reculé vers l’Italie de 1,6 % et les Pays-Bas de 25,3 %.

Vers les pays arabes, les exportations ont fortement progressé avec l’Égypte de 76,4 % et l’Arabie saoudite de 68,9 %, alors qu’elles ont fortement chuté avec le Maroc de 45,3 %, la Libye de 29,2 % et l’Algérie de 18,6 %.

Du côté des importations, l’Union européenne représente 45,6 % du total, avec 6 189,4 MDT contre 5 770,3 MDT en 2025. Les achats ont augmenté en provenance de France de 26,3 % et d’Italie de 12,3 %, tandis qu’ils ont diminué en provenance d’Espagne de 5 % et de Grèce de 28,2 %.

Hors Union européenne, les importations en provenance de l’Inde ont bondi de 48,9 % et de Turquie de 3,8 %, alors qu’elles ont fortement chuté en provenance de Russie de 59,7 % et de Chine de 18,1 %.

L’énergie, principal creuset du déficit commercial

La décomposition du déficit commercial révèle que les produits énergétiques constituent le principal poste déficitaire avec 1 886 MDT, suivis des matières premières et demi-produits avec 790,7 MDT, des biens d’équipement avec 488,4 MDT et des biens de consommation avec 108,8 MDT.

Le groupe alimentaire enregistre pour sa part un excédent de 489,7 MDT. Hors énergie, le déficit de la balance commerciale se limite à 898,3 MDT, tandis que le déficit énergétique s’établit à 1 886 MDT contre 1 845,4 MDT durant les deux premiers mois de 2025.

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La KfW allemande mise jusqu’à 10 millions d’euros sur l’emploi en Tunisie

La Facilité Investissements pour l’emploi (IFE) lance le 20 mars 2026 un appel à proposition de projets en Tunisie. Les entreprises privées, les organisations publiques et les structures à but non lucratif peuvent y participer. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 1er juin 2026.

Les projets retenus bénéficient de subventions de cofinancement comprises entre 800 000 et 10 millions d’euros. Ces subventions couvrent entre 25 et 90 % du coût total de l’investissement. En contrepartie, les projets doivent générer des emplois durables dans le secteur privé tunisien. Les investissements éligibles concernent les unités de production, les équipements, le développement de compétences et la formation de la main-d’œuvre.

Par ailleurs, l’IFE introduit en 2026 une nouvelle composante. Les candidats peuvent désormais solliciter un cofinancement supplémentaire pour des mesures de formation vers le marché du travail allemand. Toutefois, cette option reste réservée aux dossiers présentant un projet solide de création d’emplois en Tunisie. Elle couvre la construction de salles de formation, la formation linguistique et le renforcement des compétences techniques. De plus, les dossiers incluant cette composante bénéficient d’une priorité lors de l’évaluation.

Le processus de sélection se déroule en deux étapes. D’abord, l’IFE présélectionne les candidats sur la base de leurs notes conceptuelles. Ensuite, elle invite les candidats retenus à soumettre des propositions détaillées. Ces propositions font alors l’objet d’une évaluation approfondie. Les candidats sélectionnés reçoivent finalement un contrat de subvention.

La KfW Banque de Développement a créé l’IFE dans le cadre de l’Initiative spéciale « Emploi décent pour une transition juste » du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement. Aujourd’hui, elle opère dans huit pays partenaires africains sous la marque Invest for Jobs.

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Gouvernance Tunisair : les actionnaires minoritaires appelés aux urnes le 31 mars

Tunisair tiendra une assemblée générale élective destinée à ses actionnaires minoritaires le mardi 31 mars 2026 à 10h00, au siège social de la compagnie. Un seul point figure à l’ordre du jour : l’élection d’un représentant des actionnaires minoritaires au Conseil d’Administration pour un mandat de trois ans.

Sont concernés par cette convocation les actionnaires détenant individuellement au plus 0,5 % du capital social, ainsi que les investisseurs institutionnels dont la participation individuelle ne dépasse pas 5 % du capital.

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SOTUVER dans le viseur d’un repreneur néerlandais : la Bourse suspend le titre

Dès ce jeudi 12 mars 2026, l’action SOTUVER ne s’échange plus sur le marché boursier tunisien. La suspension de cotation fait suite à une opération capitalistique d’envergure, dont l’examen vient d’être officiellement confié au CMF.

Ce qui est sur la table : B.A GLASS B.V, entité de droit néerlandais, qui ambitionne de prendre pied au sein de la Société Tunisienne de Verreries en s’appropriant 16 204 636 actions, soit 41,28 % du capital. Le prix retenu pour cette transaction s’établit à 13,020 dinars l’action.

La genèse de l’opération remonte au 16 décembre 2025, date à laquelle un protocole de cession a été formalisé entre l’acquéreur et quatre entités cédantes : la Compagnie financière d’investissement (CFI), Assurance Lloyd, INDINVEST et Lloyd Vie. C’est sur la base de cet accord préalable que la demande d’autorisation a été déposée auprès du régulateur boursier le 10 mars 2026.

Le CMF, désormais saisi du dossier, n’a pas encore rendu son arbitrage. L’instance a toutefois précisé que sa position sera communiquée par voie d’avis, sans en fixer l’échéance. La suspension du titre SOTUVER demeure en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

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BH Leasing clôture 2025 sur un bénéfice en recul à 2,7 millions de dinars

Le Conseil d’administration de BH Leasing s’est réuni le 4 mars 2026 et a arrêté les comptes de l’exercice 2025. Ils font ressortir un résultat net bénéficiaire de 2,7 millions de dinars; contre 3,9 millions de dinars un an auparavant. Soit un repli de 1,2 million de dinars sur un an.

Ce fléchissement trouve son origine dans deux facteurs distincts. D’une part, la masse salariale a pesé plus lourd, sous l’effet de l’entrée en vigueur de la loi n°9-2025 du 21 mai 2025 relative aux contrats de travail, dont l’application a généré une charge supplémentaire de 1,2 million de dinars. D’autre part, les autres produits financiers ont reculé d’un montant équivalent. Et ce, en raison de la contraction du taux de rémunération des placements.

Le bénéfice dégagé sera intégralement affecté en résultat reporté, sans distribution de dividendes à ce stade. Par ailleurs, le conseil d’administration a décidé de convoquer les actionnaires en Assemblée générale ordinaire le mercredi 15 avril 2026 à 11h00. Le lieu de la réunion sera précisé ultérieurement.

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GSCI 2025 : eau, énergie, innovation, le triple déficit tunisien

Accélérer la transition énergétique, moderniser la gouvernance, réduire les fractures territoriales : telle est la feuille de route que dessine pour la Tunisie le dernier baromètre mondial de Solability.

Ces préconisations ne surgissent pas du vide. Elles découlent d’un constat chiffré que l’édition 2025 du Global Sustainable Competitiveness Index (GSCI) rend difficilement contestable : avec 45,12 points sur 100, le pays se situe sous le seuil mondial moyen, au 105e rang d’un classement qui embrasse la quasi-totalité des États de la planète, 192 au total. Seule nuance africaine à ce tableau : six nations du continent devancent la Tunisie, ce qui lui vaut néanmoins une sixième position sur la scène régionale.

Que mesure exactement cet instrument ? Depuis sa création en 2012, le GSCI ambitionne de dépasser les approches classiques de la compétitivité en y intégrant une dimension temporelle : non pas la richesse produite aujourd’hui, mais la capacité d’un pays à la reproduire demain, sans consumer les ressources — naturelles, humaines, institutionnelles — qui en conditionnent la pérennité.

Pour y parvenir, le think tank helvético-coréen Solability agrège plus de 250 indicateurs quantitatifs, puisés auprès des grandes institutions internationales, Banque mondiale, FMI, Nations unies, OCDE, en croisant l’état actuel des données avec les trajectoires enregistrées sur dix ans.

C’est précisément cet examen longitudinal qui met en lumière les vulnérabilités tunisiennes les plus profondes. Deux d’entre elles dominent l’analyse. D’abord, une tension structurelle autour des ressources vitales : l’eau et l’énergie, dont la disponibilité s’érode sous l’effet conjugué de la raréfaction naturelle et d’une exploitation qui outrepasse les capacités de régénération, faisant du pays une économie particulièrement exposée aux chocs extérieurs.

Ensuite, un déficit chronique d’investissement dans l’intelligence productive : la faiblesse des budgets alloués à la recherche et au développement, combinée à un système de formation dont l’adéquation avec les réalités du marché du travail demeure insuffisante, bride toute ambition d’ascension technologique.

À ces deux failles s’ajoute un environnement macroéconomique peu propice : croissance atone, chômage persistant, tissu productif insuffisamment diversifié, gouvernance économique perfectible et déséquilibres marqués entre régions et catégories sociales. Autant de facteurs qui s’alimentent mutuellement et freinent l’émergence d’un modèle de développement robuste.

Renforcer l’efficacité dans l’usage des ressources naturelles, amplifier l’effort public en faveur de l’innovation, revoir les mécanismes de gouvernance et corriger les inégalités spatiales : ce sont là, selon Solability, les chantiers prioritaires sur lesquels la Tunisie devra concentrer son énergie pour inverser une trajectoire que les données de 2025 jugent, pour l’heure, insuffisamment ambitieuse.

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De la résilience à la rupture : la classe moyenne tunisienne sous pression

La classe moyenne tunisienne, longtemps perçue comme le socle du contrat social et un pilier de stabilité, se trouve aujourd’hui dans une situation de fragilité inédite. C’est le constat sans appel que dresse une note d’analyse publiée par l’Association des économistes tunisiens (ASECTU), sous la plume de l’économiste Fatma Mabrouk.  

La note, intitulée « Quand les crises redessinent la classe moyenne en Tunisie : Vulnérabilités révélées et résilience en action », rappelle d’emblée que la classe moyenne ne se réduit pas à un critère de revenu. Elle repose sur la stabilité professionnelle, l’accès aux services essentiels et la capacité à maintenir un certain niveau de vie Trois dimensions aujourd’hui sévèrement mises sous pression. L’accumulation de chocs économiques, sociaux et environnementaux a engendré une érosion accélérée du pouvoir d’achat : inflation, hausse du coût des services, pénuries et pression fiscale fragilisent des ménages pourtant situés au-dessus du seuil de pauvreté, mais désormais exposés à un risque réel de déclassement social.

Une résilience à double tranchant

Face à ces chocs, les ménages tunisiens ne sont pas restés passifs. La migration, la diversification des revenus et le recours accru aux solidarités informelles constituent autant de stratégies d’adaptation qui permettent d’amortir les effets des crises. Toutefois, l’économiste souligne que ces mécanismes génèrent des coûts sociaux et économiques importants, notamment en termes de précarisation et de fuite des compétences, révélant ainsi une résilience davantage contrainte que choisie.

L’auteure plaide pour la mise en place d’un dispositif public intégré combinant protection sociale adaptée, accès au financement, sécurisation de l’emploi et valorisation stratégique de la migration circulaire, afin de restaurer la capacité de projection de la classe moyenne et sa contribution à une croissance inclusive. Cette stratégie se doit d’être à la fois progressive et capable de consolider les mécanismes d’adaptation déjà mobilisés par les ménages, tout en créant des opportunités économiques durables et inclusives.

La formalisation de l’économie informelle comme levier structurant

Le renforcement et l’accélération de la formalisation de l’économie informelle apparaissent comme une priorité, dans la mesure où ces activités constituent un filet de sécurité central face à l’instabilité des revenus. Une approche progressive et inclusive de la formalisation permettrait de sécuriser les moyens de subsistance, d’améliorer l’accès à la protection sociale et au financement formel, tout en renforçant la productivité et l’intégration des acteurs concernés dans l’économie nationale. Parallèlement, la diversification des sources de revenus et le développement de l’auto-entrepreneuriat sont présentés comme des leviers complémentaires pour stimuler l’innovation et réduire la dépendance des ménages à une seule activité professionnelle. Des secteurs tels que l’e-commerce, l’agriculture urbaine, les énergies renouvelables, l’artisanat modernisé et les services numériques ouvrent à cet égard de nouvelles perspectives de création de valeur, sous réserve d’un accompagnement ciblé.

La diaspora, un atout stratégique encore sous-exploité

La migration circulaire et le transfert de compétences constituent, selon la note, un potentiel stratégique encore insuffisamment exploité. Facilitée par des accords bilatéraux avec les pays d’accueil, la migration circulaire offre la possibilité aux migrants de revenir périodiquement en Tunisie pour investir, partager leurs compétences et contribuer à des projets locaux. Pour la classe moyenne, cela représente une opportunité de stabiliser les revenus grâce aux transferts de fonds, tout en bénéficiant indirectement de la création d’emplois, de transferts technologiques et d’investissements productifs. L’optimisation de cet effet suppose la mise en place de dispositifs d’accompagnement au retour, d’incitations fiscales pour l’investissement productif et de programmes de transfert de savoir-faire, en collaboration avec les associations de migrants et le secteur privé.

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Kaies Samet : « La guerre au Moyen-Orient aggrave une conjoncture économique déjà fragilisée »

Kaies Samet, Maître de conférences en sciences économiques, analyse, dans une déclaration accordée à l’Economiste Maghrébin, les répercussions du conflit régional au Moyen-Orient sur l’économie tunisienne. Entre flambée du prix du pétrole, perturbation des routes maritimes, tensions sur les finances publiques et pouvoir d’achat des ménages en berne, il dresse un tableau préoccupant pour les années 2026 et 2027, tout en écartant l’existence de solutions immédiates.

Notre invité rappelle que les guerres ont toujours produit des effets directs et mesurables sur l’économie mondiale, en particulier à travers la variable pétrolière. Il souligne que le prix du baril a d’ores et déjà franchi le seuil de cent dollars, un niveau qu’il qualifie d’extrêmement préoccupant, non seulement pour la Tunisie, mais pour l’ensemble des économies de la planète. Le pétrole est en effet une ressource utilisée dans pratiquement tous les secteurs d’activité, à commencer par les transports. Ce qui implique que toute hausse significative de son cours se répercute mécaniquement sur l’ensemble de la chaîne économique et détériore la situation de nombreux pays.

Double exposition de la Tunisie : importations et routes maritimes

L’économiste identifie deux mécanismes de transmission principaux. Le premier est direct : la Tunisie étant un pays importateur de pétrole, elle supporte intégralement le renchérissement du baril. Le second passe par les routes maritimes : les tensions en mer Rouge ont conduit à une réduction sensible du nombre de navires empruntant cette voie stratégique. Cette contraction de l’offre de transport maritime entraîne, par le jeu classique de la loi de l’offre et de la demande, une hausse des coûts et des prix.

Kaies Samet précise à cet égard que le budget de l’État tunisien pour l’exercice en cours a été construit sur la base d’un prix du baril fixé à soixante-quinze dollars. L’écart entre cette hypothèse de départ et la réalité des marchés soulève dès lors de sérieuses interrogations quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers, dans un contexte de ressources déjà limitées.

Des budgets 2026 et 2027 sous forte pression

Le maitre de conférences en sciences économiques estime que les effets négatifs seront particulièrement marqués prochainement. Il souligne que personne n’avait anticipé une telle évolution au moment de l’élaboration du budget. Ce qui rend la situation d’autant plus difficile à gérer. Pour 2027, l’économiste juge que les répercussions pourraient être encore plus sévères si le conflit se prolonge. Il appelle à une anticipation rigoureuse et à une préparation budgétaire plus proactive, impliquant sans doute des arbitrages et des sacrifices à différents niveaux de dépense publique.

Un pouvoir d’achat des ménages en péril

L’économiste tunisien prévoit une dégradation sensible du pouvoir d’achat des citoyens. Le renchérissement du pétrole se répercutera d’abord sur le coût des matières premières utilisées dans la production, puis sur le prix des produits finis, en raison notamment de la hausse des coûts de transport. Il note que le secteur des transports se situe en Tunisie à des niveaux encore raisonnables comparativement à d’autres pays, notamment ceux du Golfe, mais que la situation est susceptible de se dégrader rapidement.

L’expert universitaire insiste sur l’interdépendance de la chaîne des prix : une hausse du pétrole entraîne une augmentation en cascade de l’ensemble des coûts. L’inflation, déjà présente, risque ainsi de s’accélérer et de peser davantage sur le quotidien des ménages, rendant la vie plus chère dans un pays qui souffre déjà d’une conjoncture économique défavorable.

Aucune solution miracle en vue

Kaies Samet se montre particulièrement prudent sur ce point, et affirme ne pas souhaiter induire l’opinion en erreur.

Il souligne d’abord que la pression fiscale est déjà très élevée, représentant selon lui environ 85 % des ressources fiscales de l’État. Dans ces conditions, toute augmentation supplémentaire de la charge fiscale, qu’elle pèse sur les personnes physiques ou sur les entreprises, lui paraît difficilement envisageable. La population supporte déjà, à ses yeux, un niveau de pression fiscale proche de l’asphyxie.

Il écarte également la piste d’une réduction des subventions comme levier d’ajustement immédiat. Si des ressources alternatives pourraient théoriquement être mobilisées, l’économiste reconnaît qu’il ne voit pas de solutions véritablement efficaces et rapides permettant de sortir le pays de cette situation, surtout si la crise venait à s’aggraver.

Le seul voeu : que le conflit ne s’étende pas

Notre expert est explicite : le seul souhait raisonnable qu’il formule pour le pays est que le conflit ne s’étende pas davantage et ne se prolonge pas dans le temps. Il rappelle que la Tunisie, pays aux ressources financières limitées, ne dispose pas des marges de manœuvre nécessaires pour absorber un choc économique de grande ampleur.

Selon notre invité, la Tunisie est encore loin d’avoir achevé sa transition énergétique et ne dispose pas, à ce stade, de capacités suffisantes pour se tourner vers des sources d’énergie de substitution aux énergies fossiles, notamment le gaz et le pétrole. Dans ce contexte, il estime que si la guerre devait se prolonger, l’économie tunisienne en subirait davantage les conséquences.

Dès lors, ajoute-t-il, la seule solution susceptible de limiter les dégâts à court terme demeure l’arrêt du conflit. Si les hostilités devaient se poursuivre et si leurs retombées économiques devaient prendre une dimension catastrophique à l’échelle internationale, la Tunisie, dont la situation économique est déjà fragilisée, se retrouverait dans une position encore plus précaire.

L’économiste conclut en affirmant clairement qu’il n’existe dans ce scénario aucune sortie de crise à portée de main, et qu’il serait illusoire de prétendre le contraire.

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Tunisie : 69 783 salles de classe, soit +63 % en 30 ans

Le nombre de salles de classe dans l’enseignement de base et secondaire s’élève à 69 783 pour l’année scolaire 2022-2023; contre 42 786 en 1994-1995. Soit une augmentation de 63 %. C’est ce qu’indique l’INS dans le « Rapport annuel sur les indicateurs d’infrastructure 2023 ».

Le nombre d’établissements d’enseignement supérieur atteint 207 en 2022-2023; contre 83 en 1994-1995. Parmi eux, 80 sont des établissements privés; contre 18 en 1994-1995. Le réseau de formation professionnelle compte quant à lui 197 centres en 2023; contre 136 en 1994. Le nombre de salles spécialisées et de laboratoires dans les établissements du secondaire a progressé de 3 183 en 1994-1995 à 12 803 en 2023.

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Réseau d’eau potable : 91,7 % des ménages tunisiens raccordés en 2023

Le nombre de bénéficiaires de l’eau potable atteint 11,7 millions d’habitants en 2023. Ce qui porte le taux national de desserte à 98,5 %; contre 84,7 % en 1994. Telles sont les données affichées par  l’INS dans son « Rapport annuel sur les indicateurs d’infrastructure 2023 ». Le taux de branchement des ménages au réseau d’eau potable s’établit à 91,7 % en 2023; contre 70,1 % en 1994.

Cependant des disparités régionales persistent. En effet, si les gouvernorats de Tunis, Monastir et Manouba affichent un taux de desserte de 100 %. À l’opposé, Kairouan enregistre le taux le plus bas avec 90,5 %. Et Jendouba présente le taux de branchement des ménages le plus faible du pays, à 69,8 %, relève l’Institut National de la Statistique (INS) – Tunisie.

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Infrastructures culturelles en Tunisie : une hausse marquée depuis 1994

Le réseau culturel public tunisien comprend 442 bibliothèques et 241 maisons de la Culture en 2023. Des chiffres en progression depuis respectivement les 289 et 184 dénombrées en 1994. C’est ce qu’il ressort du « Rapport annuel sur les indicateurs d’infrastructure 2023 », de l’INS.

Le réseau comprend également 24 institutions de musique et de danse à l’échelle nationale. Les prévisions pour 2024 anticipent 443 bibliothèques et 244 maisons de la Culture.

La région du Centre-Est concentre 98 bibliothèques publiques, soit la densité la plus forte du pays. Le Centre-Ouest en recense 55 et le Sud-Est 56, selon la répartition régionale relevée par l’INS.

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Médenine, Nabeul, Sousse : le trio qui fait la loi dans le tourisme tunisien

Le parc hôtelier tunisien classé comprend 905 établissements pour un total de 231 026 lits à la fin de l’année 2023; contre 800 hôtels et 226 153 lits en 2004. C’est ce que révèle l’INS dans le « Rapport annuel sur les indicateurs d’infrastructure 2023 », publié récemment. 

La capacité d’hébergement est concentrée dans trois gouvernorats : Médenine totalise 53 114 lits; Nabeul 50 839 lits; et Sousse 48 292 lits. Ces trois gouvernorats regroupent à eux seuls 65,7 % de la capacité hôtelière nationale.

Les projections pour 2024 prévoient 913 hôtels classés pour une capacité de 232 106 lits. La Tunisie dispose par ailleurs de huit aéroports, dont un réalisé en partenariat public-privé, et de huit ports commerciaux.

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