Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Santé de Mojtaba Khamenei : spéculations et rumeurs

Invisible depuis son élection comme guide suprême le 8 mars, Mojtaba Khamenei aurait été touché par la même attaque qui a tué son père. Place aux spéculations les plus folles.

À peine nommé, déjà invisible : certains y voient une troublante symétrie entre, d’une part, l’Imam caché Muhammad al-Mahdi, lequel, selon la tradition chiite duodécimaine, est entré en occultation et dont l’âme flotte depuis sur le Barzakh – lieu de transition séparant la mort physique de la résurrection finale. Et, d’autre part, le hojjet al Islam, Mojtaba Khamenei, disparu mystérieusement depuis le 28 février.

En effet, Mojtaba Khamenei, 56 ans, qui a été désigné le 8 mars pour succéder à son père à la tête du régime, demeure introuvable. Une absence inquiétante qui alimente les spéculations les plus folles, fragilisant ainsi le message de continuité que le régime des mollahs cherche à vendre.

Dérive dynastique ?

Cette situation inédite est d’autant plus délicate que le rôle du Guide suprême est central dans l’architecture du pouvoir iranien. Il est aussi commandant en chef des forces armées et incarne l’autorité religieuse suprême du pays selon la doxa chiite du Wilayet al-Faqih.

Pourtant, son accession au pouvoir aura déjà suscité des critiques au sein même du système, certains y voyant une dérive dynastique incompatible avec les principes proclamés de la République islamique. Ajoutons à cela que sa nomination elle-même reste entourée de zones d’ombre. Officiellement, c’est l’Assemblée des experts qui choisit le Guide suprême. Mais plusieurs observateurs soulignent que les circonstances exactes de cette désignation demeurent inconnues. Rien ne permet de savoir précisément comment la décision a été prise ni si d’autres candidats ont été envisagés.

Ces mêmes observateurs soulignent en revanche qu’après la mort d’Ali Khamenei et l’élimination de plusieurs hauts responsables dans les frappes israélo-américaines, le régime devait impérativement éviter toute vacance du pouvoir. Or, désigner immédiatement un nouveau Guide suprême permettait d’envoyer un signal de stabilité, à la fois à la population iranienne et aux ennemis de l’Iran.

Spéculations

Le nouvel homme fort de l’Iran a-t-il été blessé à la suite de la frappe aérienne menée le 28 février par Israël et les États-Unis à Téhéran, dans le cadre de l’opération « Epic Fury » ?

Est-il isolé dans un lieu sécurisé ? A-t-il été exfiltré vers un pays sûr, de peur qu’il soit assassiné à son tour notamment par le Mossad israélien ? Que de questions sans réponses.

Officiellement, les autorités iraniennes affirment qu’il est « sain et sauf », mais aucune information précise n’a été fournie sur son état réel ni sur l’endroit où il se trouve. Selon l’ambassadeur d’Iran à Chypre, Mojtaba Khamenei aurait été touché aux jambes, aux mains et aux bras et pourrait être hospitalisé. D’autres sources évoquent des blessures plus légères, comme une fracture de la jambe ou des coupures au visage.

Certains médias évoquent même des scénarios plus graves, allant jusqu’à affirmer qu’il pourrait être plongé dans le coma. D’autres affirment qu’il serait simplement soigné dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité.

Même à l’étranger, l’incertitude persiste. Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il pensait que Mojtaba Khamenei était « probablement toujours en vie », tout en estimant qu’il était « affaibli ».

Enfin, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, est allé plus loin, assurant que le Guide suprême est « probablement défiguré ».

« Le pouvoir iranien n’est pas en bonne posture. Désespéré et caché, il se tapit dans la clandestinité. C’est ce que font les rats. Nous savons que le nouveau soi-disant dirigeant suprême est blessé et probablement défiguré. Il a publié une déclaration hier (jeudi 12 mars, ndlr), une déclaration plutôt faible, sans intervention vocale ni vidéo. (…) L’Iran regorge de caméras et d’enregistreurs vocaux, alors pourquoi une déclaration écrite ? Je pense que vous savez pourquoi. Son père est mort. Il a peur, il est blessé, il est en fuite, et il manque de légitimité. C’est le chaos pour eux », a-t-il affirmé.

Un discours musclé

Toujours est-il que, jeudi 12 mars, la télévision d’État iranienne a bien diffusé un premier message attribué à Mojtaba Khamenei. Mais celui-ci n’a pas été prononcé par le nouveau chef religieux : le  texte a été lu par une présentatrice, tandis qu’à l’écran apparaissait une simple image d’archive générée par IA du fils de l’ancien guide accompagnée d’un drapeau iranien. Ni vidéo récente, ni photographie, ni même enregistrement audio n’ont été fournis ; ajoutant du mystère au mystère.

Et que dit-il dans cette brève apparition ? Le nouveau guide suprême rend hommage à son père, figure emblématique de la République islamique depuis plus de trois décennies, qu’il décrit comme un « trésor éclatant » et une « figure historique éminente ».

Il a également évoqué les lourdes pertes subies par sa famille lors de l’attaque, affirmant avoir perdu non seulement son père, mais aussi son épouse, sa sœur, sa nièce et son beau-frère. Il a raconté avoir vu le corps de son père après sa mort, le décrivant comme « une montagne de ténacité » dont le poing restait serré malgré ses blessures.

Mais au-delà de cet hommage sentimental, le message se veut avant tout politique. Mojtaba Khamenei y promet que l’Iran ne cédera pas face aux États-Unis et à Israël et que le détroit d’Ormuz restera fermé tout en menaçant les pays voisins, qui hébergent des bases militaires américaines, de représailles.

Reste une hypothèse hautement spéculative : et si pour mieux brouiller les cartes, le régime des mollahs cherchait à focaliser les spéculations sur l’état de santé de Mojtaba pendant que d’autres candidats sont négociés en coulisses ?

L’article Santé de Mojtaba Khamenei : spéculations et rumeurs est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Golfe persique : de la guerre du pétrole à la guerre de l’eau ?

Une station de dessalement à Bahreïn a été endommagée dimanche par une attaque de drones iraniens. Et une frappe aurait également touché une usine en Iran. Dans une région où l’approvisionnement en eau potable dépend largement du dessalement, de telles attaques font planer la menace d’une crise humanitaire majeure pour les populations du Golfe, comme pour celles d’Iran.

L’eau sera-t-elle la prochaine arme stratégique dans le conflit armé qui prend de plus en plus d’ampleur au Moyen-Orient ? Les récents incidents autour d’installations de dessalement dans le Golfe persique laissent entrevoir un scénario inquiétant. A savoir celui d’une guerre où la ressource la plus vitale de la région serait directement menacée.

Autrement dit, dans une région où l’eau est plus vitale encore que le pétrole, ces installations constituent des cibles militaires d’une importance capitale.

Voyons les faits. Le 8 mars, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, accusait les États-Unis d’avoir bombardé une usine de dessalement sur l’île de Qeshm Island, située au large du port stratégique de Bandar Abbas. Selon Téhéran, cette attaque  aura perturbé l’approvisionnement en eau d’une trentaine de villages.

En représailles à cet acte hostile, un drone iranien endommagea le lendemain à son tour une station de dessalement à Bahreïn. Laquelle fournit notamment de l’eau potable à une base militaire américaine installée dans l’île.

Ces attaques inédites marquent une évolution dont les conséquences sont imprévisibles. L’eau- une denrée rare et vitale pour cette région, l’une des plus désertiques de la planète- pourrait désormais être utilisée comme levier stratégique et militaire.

Dépendance  et vulnérabilité

Effectivement, l’eau douce étant une ressource quasi inexistante, il  en résulte que la plupart des États de la région reposent essentiellement sur les usines de dessalement pour alimenter leurs populations et leurs économies. Sachant que le Moyen-Orient qui est parsemé de plusieurs milliers d’installations réparties le long des côtes du Golfe, concentre près de 40 % de la capacité mondiale de dessalement.

Les chiffres illustrent cette dépendance extrême. Au Koweït, près de 90 % de l’eau potable provient du dessalement. La proportion atteint 86 % à Oman et environ 70 % en Arabie saoudite. Aux Emirats arabes unis, plus de 40 % de l’eau consommée est produite par ces installations. Ces infrastructures ont permis l’émergence des grandes métropoles du Golfe, de Dubaï à Doha en passant par Abu Dhabi. Car, sans eau potable produite par ces infrastructures, ces villes champignons construites au cœur de déserts arides seraient tout simplement inhabitables.

Un talon d’Achille stratégique

Or, cette dépendance aux techniques du dessalement est le véritable talon d’Achille des États du Golfe. Et si, dans le contexte de la guerre qui oppose aujourd’hui l’Iran à la coalition israélo-américaine, ces usines étaient attaquées par des drones ou des missiles iraniens comme ce fût le cas pour le Bahreïn ?

C’est le pire scénario catastrophe pour les monarchies du Golfe. Les experts de la sécurité hydrique avertissent depuis longtemps de ce danger. Déjà en 2010, une analyse de la CIA estimait que la destruction de plusieurs grandes usines de dessalement dans le Golfe pourrait avoir des conséquences plus graves que la perte de toute autre industrie stratégique. Et ce, d’autant que l’emplacement de ces usines de dessalement, généralement construites en surface, le long du littoral, les rend difficiles à protéger efficacement contre les drones, les missiles ou les cyberattaques. Ainsi, une simple attaque informatique pourrait suffire à perturber les processus chimiques essentiels au traitement de l’eau. De plus, ces installations sont souvent étroitement liées aux centrales électriques. Or, une frappe contre l’infrastructure énergétique peut donc indirectement interrompre la production d’eau potable.

Une catastrophe humanitaire

Pour de nombreux experts, cibler les infrastructures hydrauliques constitue une dangereuse ligne rouge. Car, contrairement aux installations militaires ou industrielles, ces infrastructures sont directement liées à la survie des populations civiles.

Un exemple concret ? Si l’immense complexe de dessalement de Jubail qui alimente la ville de Riyad avec ses huit millions d’habitants venait à être gravement endommagé, la capitale saoudienne pourrait se retrouver privée d’eau en moins d’une semaine. Et ce n’est pas de la science-fiction.

Cela étant, l’Iran n’est pas non plus à l’abri d’une crise similaire. Le pays traverse depuis plusieurs années une sécheresse sévère qui a fortement réduit ses réserves d’eau. Ainsi, les barrages alimentant la capitale, Téhéran, ont atteint des niveaux alarmants. Certains réservoirs sont tombés à moins de 5 % de leur capacité, alimentant les inquiétudes quant à une éventuelle pénurie d’eau pour les plus de dix millions d’habitants de la métropole.

Au final, après le pétrole et les voies maritimes, l’eau pourrait devenir le prochain champ de bataille stratégique du Moyen-Orient. Et dans ce conflit qui ne dit pas encore son nom, la ressource la plus précieuse de la région risque bien d’en être la première victime.

L’article Golfe persique : de la guerre du pétrole à la guerre de l’eau ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Guerre au Moyen-Orient : le coup de pouce décisif de Poutine à Téhéran

Selon la presse américaine, Moscou fournirait des renseignements militaires à Téhéran sur de potentielles cibles américaines. Des données qui expliqueraient la sophistication de certaines frappes de l’Iran, en riposte à l’agression du duo israélo-américain.

C’est une information qui pourrait peser lourdement sur la tournure du conflit armé qui oppose les États-Unis et Israël à la République islamique l’Iran. Même si les rapports de force demeurent outrageusement asymétriques entre les belligérants. Ainsi, à en croire des informations relayées par la presse américaine, Moscou aurait fourni des renseignements militaires à Téhéran sur de potentielles cibles américaines. Des données qui auraient permis aux Gardiens de la Révolution de viser certaines cibles américaines – dont des radars d’alerte précoce ou des radars transhorizon « qui coûtent des millions de dollars – avec une précision époustouflante et une « sophistication » insoupçonnée. Et ce, en riposte aux bombardements israélo-américains depuis le 28 février.

Selon les experts militaires, l’Iran a déjà perdu une grande partie de ses capacités de renseignement après les premiers jours de guerre. Or, repérer seul les forces américaines représente un vrai défi. Autrement dit, sans l’aide russe pour fournir ces informations, les dirigeants iraniens seraient nettement moins bien informés, voire aveugles sur certains fronts.

Dans un article publié le 6 mars, le Washington Post révèle que, « selon trois sources officielles proches du renseignement », « la Russie fournit à l’Iran des informations pour attaquer les forces américaines présentes au Moyen-Orient. Le premier indice de l’engagement – même indirect – d’un autre adversaire majeur des États-Unis dans la guerre ».

Une précieuse aide logistique

Ainsi, le prestigieux quotidien de la capitale fédérale cite dans cet article des informateurs qui s’expriment sous couvert d’anonymat. Ces derniers avancent que le renseignement russe – grâce à l’imagerie spatiale produite par ses satellites – apporte une précieuse aide logistique à Téhéran. Des renseignements en temps réel qui permettent de localiser et de frapper des cibles militaires américaines Et notamment des bâtiments de guerre, des avions de chasse, desradars ou encore des bases logistiques.

Ces renseignements, ajoute la même source, ne se limitent pas aux coordonnées GPS. Ils incluent également des recommandations précises sur les modes d’attaque, les armes à utiliser et les vulnérabilités de la cible.

La revanche de Moscou

Et si le Kremlin rendait à Washington la monnaie de sa pièce ? Rappelons que le Pentagone fournit de l’imagerie satellitaire à l’Ukraine pour lui permettre de suivre en temps réel les mouvements des troupes russes et d’évaluer les dommages après les frappes, essentiels à sa défense. Ce renseignement, crucial pour la précision des frappes, soutient l’effort de guerre ukrainien face à l’invasion russe.

« Vladimir Poutine s’est longtemps opposé à ce que les États-Unis fournissent de l’imagerie satellite à l’armée ukrainienne dans le cadre de sa guerre contre l’invasion russe. Et il semble maintenant faire de même », note pertinemment le quotidien britannique The Daily Telegraph.

Dans un tel contexte, il fallait s’attendre à une vive réaction de l’administration américaine. Mais la retenue dont elle a fait preuve est étonnante.

En effet, Donald Trump a qualifié l’éventuelle ingérence russe de « stupide ». Tout en ajoutant, non sans ironie : « Regardez ce qui est arrivé à l’Iran cette semaine. S’ils reçoivent des renseignements, cela ne les aide pas beaucoup ».

Pour sa part, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s’est dit « peu préoccupé ». D’ailleurs, il assurait, vendredi 6 mars, lors d’une interview à l’émission « 60 Minutes » de CBS que les États-Unis « surveillent tout » et intègrent ces informations dans leurs plans de bataille.

« Le peuple américain peut être assuré que son commandant en chef est parfaitement au courant de qui parle à qui » a-t-il argué.

Idem pour la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Celle-ci a déclaré avec son arrogance habituelle aux journalistes : « Cela ne change absolument rien aux opérations militaires en Iran, car nous les anéantissons complètement. »

A ce propos, Karoline Leavitt a refusé de dire si Donald Trump avait parlé au président russe Vladimir Poutine de ce partage de renseignements présumé ou s’il estimait que la Russie devait subir des sanctions. Tout en indiquant qu’elle laisserait le président s’exprimer lui-même sur le sujet.

Un cadeau du ciel

Au final, et nonobstant l’éventualité d’une implication russe, qui reste à prouver, dans le conflit au Moyen-Orient, force est de constater que cette guerre représente une aubaine économique pour la Russie. En effet, avec le détroit d’Ormuz paralysé, l’Asie se tourne vers le brut russe, jusqu’à présent délaissé et bradé à cause des sanctions occidentales.

Autre effet collatéral de la guerre en Iran : la flambée des prix du baril de pétrole russe de 40 % en quelques jours. De quoi aider Moscou à financer son effort de guerre en Ukraine. D’autant plus que la tension internationale s’est déplacée au Moyen-Orient et que la paix en Ukraine est le dernier souci des Etats-Unis. M. Poutine s’en frotte les mains.

L’article Guerre au Moyen-Orient : le coup de pouce décisif de Poutine à Téhéran est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Guerre au Moyen-Orient : l’Espagne qui dit non

En 2003, la France refusait de s’aligner sur les USA lors de la guerre en Irak. 23 ans plus tard, elle rentre dans les rangs, et c’est l’Espagne qui reprend l’étendard de la résistance. Et c’est tout à son honneur.

 

Qui a dit que l’Histoire est un perpétuel recommencement ? Dans un discours historique prononcé le 14 février 2003 aux Nations unies par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Dominique de Villepin, la France, puissance alliée des États-Unis, opposa son véto à l’intervention militaire en Irak soupçonné, à tort, de détenir des armes de destruction massive.

« Dans ce contexte, l’usage de la force ne se justifie pas aujourd’hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l’Irak par les inspections. De plus, un recours prématuré à l’option militaire serait lourd de conséquences. Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. La lourde responsabilité et l’immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c’est un vieux pays, la France, d’un Vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs ». Une rhétorique vibrante qui marquera les esprits par la pertinence et l’analyse et la beauté du verbe.

Seul contre tous

Vingt-trois ans plus tard, le scénario se répète, mais le théâtre des opérations se déplace vers l’Iran. Face à l’intervention militaire contre ce pays, l’Europe reste remarquablement silencieuse. Aucun dirigeant ou presque n’ose contester la décision du président américain d’agir sans mandat des Nations unies, et en contournant le Congrès américain, seul contre-pouvoir habilité à déclarer la guerre.

Dans ce concert de prudence excessive et de frilosité, une voix s’élève : celle du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez. Le dirigeant socialiste s’impose comme le seul responsable européen à s’opposer frontalement à l’intervention en Iran. Et pas seulement en paroles.

En effet, Madrid a dans un premier temps condamné les frappes américaines et israéliennes en Iran et dénoncé une « intervention militaire injustifiée et dangereuse », avant de décider de ne pas mettre les bases militaires de Rota et Morón, dans le sud de l’Espagne, à la disposition des Américains pour le ravitaillement en vol de leurs avions de chasse.

Le coup de gueule de Trump

Grosse colère du terrible milliardaire républicain. S’exprimant devant la presse lors d’une rencontre, mercredi 4 mars, à la Maison Blanche, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Donald Trump accusa Madrid d’avoir été «lamentable».

« L’Espagne a été lamentable », a-t-il répété, ajoutant avoir demandé au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de « cesser toute relation » avec le pays. Et de poursuivre : « Nous allons couper tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec l’Espagne ». Tout en déplorant que ce pays soit le seul de l’Otan à n’avoir pas accepté de consacrer 5 % de son PIB à des dépenses en matière de défense, comme le veut le nouvel objectif de l’Otan poussé par Washington.

Relations tendues

C’est que rien ne va plus entre Madrid et Washington. En cause, les positions critiques du gouvernement espagnol sur le soutien inconditionnel américain à Israël et sur la répression sanglante israélienne à Gaza qu’il a qualifiée de « génocide ».

Ajoutons à ces considérations l’annulation par le gouvernement Sanchez, en août 2025, d’un contrat de 6,25 milliards d’euros pour l’achat de nouveaux avions de chasse. Les tensions n’ont fait qu’empirer après que l’Espagne a ensuite interdit, en septembre 2025, le transit d’avions et de navires militaires américains transportant des armes, des munitions ou des équipements destinés à Israël via ses bases. Sans oublier le désaccord majeur sur l’augmentation de 5 % des dépenses militaires des pays de l’Otan exigée par Trump à laquelle Pedro Sanchez s’est opposé.

Au final, en défiant ouvertement la première puissance mondiale, le chef du gouvernement espagnol ne risque-t-il pas de s’attirer les foudres du terrible président américain ?

« Je ne pense pas du tout que notre position soit naïve, se défend Pedro Sánchez. Nous ne serons pas complices d’une initiative nuisible au monde et contraire à nos intérêts et à nos valeurs, juste parce que nous avons peur d’éventuelles représailles ».

Chapeau bas.

L’article Guerre au Moyen-Orient : l’Espagne qui dit non est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

De l’Ukraine au Moyen-Orient : ces drones kamikazes qui révolutionnent déjà l’art militaire

Lors de l’opération israélo-américaine contre la République islamique, les États-Unis ont déployé le LUCAS. A savoir, un drone kamikaze bon marché, jetable et ouvertement calqué sur le Shahed iranien. Cette nouvelle technologie des drones permet de saturer à moindre coût les défenses adverses.

Il s’agit, sans aucun doute, d’un virage doctrinal majeur dans l’art militaire. Ainsi, de l’Ukraine au Moyen-Orient, les drones kamikazes à bas coût sont en train de révolutionner la guerre moderne.

L’illustration la plus frappante de ce bouleversement en profondeur de la nouvelle tactique sur les champs de bataille des temps modernes? Lors de l’opération américano-israélienne « Fureur épique » contre l’Iran, les États-Unis ont déployé pour la première fois le LUCAS (Low-Cost Unmanned Combat Attack System), un drone explosif à usage unique. Bon marché, jetable et produit en série, il incarne l’intégration du « high-low mix » : combiner armes sophistiquées et essaims de drones jetables pour saturer les défenses adverses. Cela étant, le drone américain n’est qu’une copie conforme du… Shahed-136 iranien. Lequel a été massivement utilisé par les Gardiens de la révolution pour frapper les bases américaines au Moyen-Orient!

Le média spécialisé Defense and Security Monitor souligne que le LUCAS ressemble comme une goutte d’eau au Shahed-136; mais il présente certaines différences techniques. Sa portée serait d’environ 350 kilomètres, contre 2 000 kilomètres pour le modèle iranien. Et sa charge explosive serait plus faible. Les autorités américaines affirment néanmoins qu’il est technologiquement supérieur. Des essais ont permis de l’associer à des systèmes de communication par satellite, notamment ceux de SpaceX et Viasat, renforçant sa flexibilité opérationnelle.

Parallèlement, l’Iran poursuit l’évolution de sa propre gamme. La version Shahed-136B disposerait d’un rayon d’action supérieur à 4 000 kilomètres et de fonctionnalités améliorées. Ces drones, reconnaissables à leur silhouette et au bruit caractéristique de leur moteur – qui leur vaut le surnom de « cyclomoteurs du ciel » –, sont conçus pour frapper des cibles fixes à partir de coordonnées GPS. Leur simplicité de conception facilite leur production et leur déploiement.

C’est une ironie qui n’aura pas échappé aux spécialistes de l’armement. Ainsi, lors des frappes aériennes contre l’Iran, les Américains adoptent désormais une technologie conçue par Téhéran et utilisée en masse par les Russes en Ukraine où elle a fait preuve d’une redoutable efficacité. Pourquoi ?

Asymétrie économique

Selon les experts militaires, l’armée américaine- grisée par sa supériorité technologique incontestable- s’est focalisée pendant des décennies sur des systèmes de haute technologie, coûteux et d’une extrême sophistication. A l’instar du MQ-9 Reaper, un drone dont le prix oscille entre 20 et 40 millions de dollars, de missiles guidés de haute précision ou encore du fameux Patriot, le système de défense antiaérienne et antimissile le plus cher du monde (il faut compter environ 1 milliard à 1,1 milliard de dollars pour une batterie complète et  3 à 4 millions de dollars par missile pièce).

A noter à cet égard que c’est la guerre en Ukraine qui a brutalement rappelé aux stratèges militaires américains une évidence: la masse compte autant que la qualité. En effet, depuis 2022, la Russie utilise massivement les Shahed-136 fournis par l’Iran- et désormais produits sous licence sous le nom de Geran-2- pour frapper les villes ukrainiennes. Ce conflit a démontré qu’une guerre de haute intensité ne repose pas uniquement sur la supériorité technologique, mais aussi sur la capacité industrielle à produire en masse des systèmes simples et jetables. Le « high-low mix », combinant missiles de croisière ou balistiques sophistiqués et essaims de drones rudimentaires, permet de saturer les défenses et d’ouvrir des brèches.

La tactique de la saturation

En effet, face à des défenses sol-air toujours plus performantes à l’instar du Dôme de fer israélien, l’objectif n’est plus seulement de frapper avec précision et au bon endroit; mais de submerger l’ennemi par des drones bon marché, de le contraindre à engager ses intercepteurs onéreux, de révéler ses positions et d’épuiser au final ses stocks. Ainsi, l’asymétrie économique devient alors une arme redoutable : un Shahed iranien coûte entre 20 000 et 50 000 dollars; alors  qu’un un seul missile Patriot chargé de l’abattre avoisine les 4 millions. A long terme, le déséquilibre financier est insoutenable.

Ainsi, pour chaque dollar investi par l’Iran dans des drones, ses adversaires peuvent dépenser vingt à trente fois plus pour les intercepter. Ce différentiel rappelle l’épisode de la frégate française Languedoc en mer Rouge fin 2023. Attaquée par des drones houthis de type Shahed, elle avait riposté avec des missiles Aster coûtant environ un million d’euros chacun pour neutraliser des engins valant quelques dizaines de milliers de dollars. Cette disproportion illustre la vulnérabilité des grandes puissances face à des armes simples, mais produites en masse.

En définitive, dans la guerre du futur, l’armée qui saura combiner qualité et quantité de l’armement prend l’avantage. Les drones kamikazes low cost ne sont pas seulement des armes bon marché; ils sont le symbole d’un basculement stratégique. Parfois à l’avantage des plus faibles contre les grandes puissances militaires.

L’article De l’Ukraine au Moyen-Orient : ces drones kamikazes qui révolutionnent déjà l’art militaire est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Blocage du détroit d’Ormuz : une arme à double tranchant

Le détroit d’Ormuz est quasiment paralysé depuis que l’Iran a imposé un blocus sur la voie maritime la plus vitale au monde pour le transport du pétrole. Mais attention au retour de la manivelle pour le régime des mollahs.

« On peut commencer la guerre quand on veut, mais on ne la finit pas de même », dixit Machiavel. En élargissant le théâtre des opérations aux eaux internationales, l’Iran impose un nouveau rapport de force : la guerre ne se joue plus seulement dans le ciel, mais sur les routes maritimes vitales de l’économie globale.

Ainsi, en annonçant la fermeture du détroit d’Ormuz, la République islamique aura brutalement déplacé le centre de gravité du conflit. Ce qui n’était jusque-là qu’une guerre de frappes ciblées, de drones et de missiles dans le ciel du Moyen-Orient s’est mué en brasier maritime aux répercussions mondiales. Par ce geste, Téhéran ne se contente plus de riposter dans les airs, mais frappe au cœur du commerce énergétique planétaire. Chaque pétrolier immobilisé, chaque navire détourné, chaque prime d’assurance qui s’envole devient une arme stratégique.

Passage à l’acte

En effet, Téhéran avait annoncé samedi 28 février avoir fermé la navigation dans le détroit, menaçant de prendre les pétroliers navigant aux abords du détroit d’Ormuz pour cible. Tandis que des centaines de navires jettent l’ancre à l’extérieur de ce passage maritime étroit entre l’Iran et la péninsule arabique.

Suite à cet ultimatum, et au deuxième jour de frappes iraniennes dans le Golfe en représailles à l’attaque israélo-américaines contre l’Iran, des agences de sécurité maritime ont rapporté dimanche 1er mars que deux navires ont été attaqués aux abords de ce détroit, au large des Émirats arabes unis et d’Oman. Un premier navire, au large des côtes d’Oman, a été touché « par un projectile inconnu au-dessus de la ligne de flottaison. Bien que la salle des machines ait d’abord été signalée comme étant en feu, il a désormais été indiqué que l’incendie est sous contrôle ». C’est ce qu’a indiqué l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans un incident distinct, un autre « navire  a été touché par un projectile inconnu, provoquant un feu. Il a été maîtrisé et le navire a l’intention de poursuivre son voyage », a ajouté la même agence.

Enjeu géostratégique

Dès lors, n’est-il pas prévisible que le blocus de facto du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce énergétique mondial, n’aboutisse fatalement à l’internationalisation du conflit au Moyen-Orient. Un objectif que le régime des mollahs semble atteindre contre vents et marées ?

Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir la carte géographique de la région. Situé entre l’Iran et Oman, le détroit d’Ormuz est un goulet d’étranglement par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, constituant ainsi la principale voie de navigation qui relie les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde. Mais, ce passage d’eau est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur, 50 kilomètres environ (largeur navigable : environ 9 km en deux voies de ~3 km chacune + une zone tampon d’environ 3 km) et de sa profondeur qui n’excède pas 60 mètres. Le hic c’est qu’une fermeture, même partielle, affecterait directement les grandes puissances importatrices d’énergie en Europe et en Asie, notamment la Chine, le Japon ou encore l’Inde. Il en résulte une flambée immédiate des prix du pétrole susceptible de se transformer en  une crise locale en choc économique global.

Vers un nouveau choc pétrolier ?

Pour preuve, le cours du baril de Brent, la référence internationale de l’or noir, avait intégré avant même le conflit une prime de risque géopolitique croissante pour s’afficher à plus de 72 dollars  et les prix de l’or noir pourraient grimper au-delà des 120 dollars, un niveau plus vu depuis des années. Et ce, en cas de guerre prolongée avec un embrasement régional et des ruptures d’approvisionnement.

Toutefois, même si les pays de l’organisation de l’OPEP dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, ainsi que, dans une moindre mesure, le Koweït et l’Irak augmentent leur production, ils restent très dépendants du bon fonctionnement du détroit d’Ormuz pour exporter.

« Cela dit, il est également possible que les prix du brut chutent rapidement en cas de cessation rapide des combats. Permettant ainsi la reprise de la production pétrolière normale et du transport maritime dans la région », relèvent les analystes d’Eurasia Group.

Mais il n’y a pas que le pétrole et le gaz qui risquent de manquer. « Environ 33 % des engrais mondiaux, y compris le soufre et l’ammoniac, transitent par le détroit d’Ormuz », selon le cabinet d’analyse Kpler. Car, chargés sur des cargos au Qatar, en Arabie saoudite ou aux Emirats arabes unis, ces fertilisants ont des destinations diverses : Inde, Chine, Brésil, mais aussi des pays africains. Et, comme une large partie des engrais est fabriquée en utilisant massivement du gaz ou du pétrole, la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre en Iran devrait aussi avoir un effet boule de neige sur les tarifs des engrais.

Mais, attention à l’effet boomerang. Ainsi, un blocage total du détroit serait toutefois un « suicide » pour l’Iran, estime un analyste de l’International Crisis Group (ICG). « L’Iran utilise cette voie maritime pour vendre son pétrole à la Chine. Et une telle fermeture lui aliénerait son principal partenaire économique, qui dépend des importations énergétiques du Golfe pour environ 25 % de ses besoins », conclut-il.

Au final, le blocus du détroit d’Ormuz ne serait pas seulement un épisode supplémentaire des tensions au Moyen-Orient : il toucherait aux flux énergétiques mondiaux, aux équilibres militaires régionaux et aux intérêts stratégiques des grandes puissances. Autant de facteurs qui en feraient un catalyseur d’internationalisation du conflit.

L’article Blocage du détroit d’Ormuz : une arme à double tranchant est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌