L’apaisement verbal de Trump fait relativement chuter le baril
Les prix du pétrole ont chuté dès la soirée du lundi 9 mars après que le président américain, Donald Trump, a averti que l’Iran serait frappé « vingt fois plus fort » s’il tentait d’arrêter les flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Il ajoute que le conflit avec le pays pourrait bientôt prendre fin.
Le Brent, référence internationale du brut, était en baisse de près de 11 % à 88,36, avant de franchir de nouveau la barre des 90 dollars.
Situé entre Oman et l’Iran, le détroit est une route de transit vitale pour les marchés énergétiques mondiaux. Environ 13 millions de barils ont transité par cette voie en 2025, représentant environ 31 % des flux mondiaux de pétrole par voie maritime.
Lors d’une conférence de presse, Donald Trump a également déclaré que la guerre contre l’Iran prendra fin « très bientôt » et que les prix du pétrole baisseront. Ces commentaires semblent avoir apaisé les inquiétudes concernant un éventuel choc d’approvisionnement énergétique et la perturbation des flux pétroliers.
Un repli durable ?
S’agit-il d’une baisse durable ou d’une note d’optimisme momentanée sur les marchés ? Les places financières ont encore du mal à assimiler l’ampleur de la perturbation, notant que pendant des décennies, les traders supposaient qu’aucun pays ne serait autorisé à fermer le détroit d’Ormuz, le point de passage le plus critique au monde pour le pétrole. Le fait que cela se soit produit est complètement calamiteux et inattendu. Même pendant les tensions des années 1980, cette voie navigable n’a jamais été complètement fermée.
Pour l’instant, les marchés semblent parier que la situation ne peut pas durer longtemps et que la navigation dans le détroit finira par être rétablie.
Le bon sens suppose qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions concrètes. Il faut attendre de voir comment les autorités iraniennes vont réagir aux propos du président et si l’Iran attaquera ou non des infrastructures pétrolières dans les heures à venir.
Possible libération de millions de barils stockés
L’autre point à suivre est la décision de coordination des ministres de l’Énergie des pays du G7 lors d’une réunion virtuelle plus tard dans la journée de ce mardi 10 mars. Ils vont discuter d’un possible déstockage des réserves pétrolières d’urgence visant à atténuer les perturbations de l’offre. Ces discussions font suite à une réunion des ministres des Finances du G7 tenue le 9 courant, au cours de laquelle les responsables ont envisagé de puiser dans les réserves stratégiques mais sans parvenir à une décision.
Les États-Unis estiment qu’un déstockage conjoint de 300 à 400 millions de barils, soit environ 25 à 30 % des réserves totales du groupe de 1,2 milliard de barils, serait approprié.
Pour la Tunisie, ce qui se passe est un point positif, puisque chaque dollar de moins dans les prix signifie un allègement de taille pour les finances publiques. Il faudra encore quelques semaines avant que les marchés se stabilisent, et la prudence est exigée d’ici là.
L’article L’apaisement verbal de Trump fait relativement chuter le baril est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.