Hausse explosive du pétrole : Moez Hadidane alerte sur un budget 2026 sous tension
Dans un contexte économique en pleine mutation, face à une hausse du prix du baril dépassant les 100 dollars, la question qui taraude est de savoir comment la Tunisie peut transformer ses défis énergétiques en opportunités de croissance durable. L’analyste financier Moez Hadidane alerte sur l’impact explosif de la hausse du pétrole sur le budget de l’année 2026.
Joint par téléphone, Moez Hadidane décortique les scénarios budgétaires face à la flambée des prix du pétrole. Entre le baril qui flirte désormais autour de 95 dollars contre une hypothèse initiale de 63,3 dollars dans la loi de finances 2026, la compensation des hydrocarbures, fixée à près de 5 milliards de dinars, pourrait exploser. Ce qui fait que chaque dollar de hausse au-delà de la prévision coûte 164 millions de dinars supplémentaires à l’État.
Dans ce contexte Moez Hadidane esquisse un premier scénario modéré, avec un baril moyen à 78 dollars sur l’année (soit +14,7 dollars par rapport à l’hypothèse), entraînant 2,413 milliards de dinars de dépenses additionnelles. Soit 50 % de plus que l’enveloppe initiale. Un second, plus pessimiste, voit le prix stabilisé à 90 dollars (moyenne annuelle de 86,2 dollars, +22,9 dollars). Gonflant alors la facture à 3,7 milliards supplémentaires, portant le total à 8,7 milliards de dinars, une hausse de 70 %.
“L’État a deux choix : absorber le choc via des emprunts supplémentaires, en devises de préférence ou sur le marché local (y compris les 11 milliards auprès de la BCT), creusant ainsi le déficit budgétaire. Ou activer le mécanisme d’ajustement des prix, comme en novembre 2022, avec une hausse potentielle de 30 % des carburants et de l’électricité” explique M.Hadidane. Parmi les 5 milliards de subventions énergétiques, 3,1 milliards iront à la STEG (électricité/gaz) et 1,8 milliard à la STIR (carburants), soulignant un fardeau plus lourd sur l’électricité.
Au-delà de l’impact direct qui frapperait via des hausses à la pompe et sur les factures; l’indirect serait inévitable. Ce qui se traduirait par une inflation importée gonflant les prix des biens importés, des transports et des produits industrialisés.
“Le citoyen doit s’attendre soit à une érosion de son pouvoir d’achat par des prix plus élevés; soit à une dette publique alourdie, reportée sur les budgets futurs” avertit l’expert.
Ainsi Moez Hadidane interpelle : “Les autorités, la société civile et les professionnels sous-estiment l’importance du secteur énergétique pour notre approvisionnement et notre souveraineté. L’État doit mobiliser tous les moyens pour atteindre l’indépendance énergétique, au-delà des stocks actuels qui ne tiendront qu’un ou deux mois si les tensions persistent.”
Il conclut : “J’ai l’impression que les autorités ou la société civile et professionnelle n’ont pas conscience de l’importance du secteur énergie en Tunisie. On dirait qu’on a négligé ce secteur quelque part et on n’a pas conscience de l’importance de l’énergie, soit au niveau de notre approvisionnement, soit au niveau de notre souveraineté. L’État doit vraiment travailler sur ce sujet-là et tous les moyens sont bons, toutes les solutions sont bons pour aboutir à une indépendance énergétique de la Tunisie.”
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