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Sondage : six Allemands sur dix condamnent l’attaque américano-israélienne contre l’Iran

Une majorité d’Allemands condamnent l’attaque américano-israélienne contre l’Iran et expriment leur inquiétude. Et ce, quant à la situation politique internationale et à ses conséquences sur la sécurité et l’économie.

Un sondage DeutschlandTrend a été réalisé récemment pour la première chaîne de la télévision publique allemande ARD. Il indique que 58 % des personnes interrogées jugent l’attaque américano-israélienne contre l’Iran injustifiée. Tandis que 25 % sont d’un avis contraire. Cela signifie que cette attaque est moins désapprouvée que l’opération américaine au Venezuela début janvier, condamnée par 72 % des Allemands. Alors que l’attaque américano-britannique contre l’Irak en 2003 avait été désapprouvée par 80 % d’entre eux.

Par ailleurs, 77 % des personnes interrogées considèrent la situation politique internationale comme une menace pour le peuple allemand. La dernière fois que cette question a été posée, c’était en février 2022, peu avant l’invasion russe de l’Ukraine. A cette époque, 54 % des personnes sondées partageaient alors cet avis. Dans le nouveau sondage, 85 % s’inquiètent de la montée en puissance de la loi du plus fort dans la politique mondiale. Et 80 % d’entre eux du risque des graves perturbations que la situation pourrait occasionner au commerce international. Avec la perspective inquiétante d’une flambée des prix du pétrole. En Allemagne, les premières conséquences sont déjà visibles, le prix des carburants à la pompe dépassant souvent les 2 euros le litre.

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Crise des finances publiques en Tunisie : les économistes prescrivent, les décideurs tergiversent

La Tunisie fait face à une crise budgétaire profonde, aggravée par un contexte géopolitique régional tendu. Des économistes consultés par L’Économiste Maghrébin dressent un diagnostic sévère mais soulignent qu’aucune crise n’est insurmontable, à condition d’agir avec lucidité, courage politique et vision stratégique.

Les tensions déclenchées au Moyen-Orient par les opérations militaires américaines et israéliennes exposent crûment les fragilités structurelles de l’économie tunisienne. Fortement dépendant des importations d’hydrocarbures et de matières premières, le pays voit ses équilibres budgétaires menacés par les perturbations de la navigation au niveau du détroit d’Ormuz et du canal de Suez. Dans ce contexte, la question de la soutenabilité des finances publiques s’impose avec une acuité renouvelée.

Un budget sous perfusion, une croissance en berne

Des économistes consultés par L’Économiste Maghrébin dans le cadre d’un sondage estiment que la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement est aujourd’hui extrêmement réduite. Le taux de croissance réalisé en 2025 n’a atteint que 2,5 %; contre les 3,2 % initialement prévus par la loi de finances 2025. Ce qui s’est traduit mécaniquement par une contraction des recettes fiscales.

La pression fiscale, évaluée à environ 26 % du PIB, l’une des plus élevées du continent africain, ne porte que sur le secteur formel, qui supporte ainsi une charge disproportionnée. Alors que l’économie informelle représente entre 40 et 50 % du tissu économique national selon les estimations de la Banque mondiale. Le déficit de recettes est compensé par un recours croissant à l’emprunt intérieur, désormais proche de la saturation, et par une avance de la Banque centrale de l’ordre de 11 milliards de dinars, consentie sans intérêt sur une durée pouvant atteindre quinze ans. Cette mesure, jugée peu saine par les économistes interrogés, finance essentiellement des dépenses courantes et comporte un risque inflationniste réel, en l’absence de toute contrepartie productive.

 

Le déficit de recettes est compensé par un recours croissant à l’emprunt intérieur, désormais proche de la saturation, et par une avance de la Banque centrale de l’ordre de 11 milliards de dinars, consentie sans intérêt sur une durée pouvant atteindre quinze ans.

 

La structure du budget de l’État reflète l’ampleur du déséquilibre. Les salaires de la fonction publique (23 281,1 millions de dinars en 2025) absorbent à eux seuls 39,8 % des dépenses totales, les charges de financements représentent 11 %, et les subventions 19,8 %. Il ne reste ainsi que moins de 10 % pour le budget d’investissement, dont une fraction seulement est effectivement mobilisée. Ce poste étant systématiquement utilisé comme variable d’ajustement en cours d’exercice.

Le taux d’investissement public est tombé à environ 15,7 % du PIB; contre 24 % en 2010. Privant donc l’économie de l’effet multiplicateur que génèrent normalement les dépenses publiques d’infrastructure. Ainsi, pour chaque milliard de dinars injectés, l’investissement privé induit peut théoriquement atteindre deux à trois milliards.

Entreprises publiques et FMI : deux dossiers devenus explosifs

Par ailleurs, les entreprises publiques constituent un autre foyer majeur de déséquilibre. Autrefois contributrices nettes au budget de l’État, elles en sont aujourd’hui largement dépendantes. Les économistes sondés insistent sur la nécessité de les restructurer, sans nécessairement les privatiser, en séparant clairement la notion de service public – qui justifie un déficit assumé par la collectivité au nom de la cohésion sociale – de celle d’entreprise opérant en concurrence sur un marché – pour laquelle aucune fatalité déficitaire ne saurait être admise.

En outre, la rupture avec le Fonds monétaire international prive la Tunisie d’une double ressource : un prêt d’environ 1,9 milliard de dollars à taux concessionnels; et, plus encore, la caution de bonne conduite qui permet d’accéder aux marchés financiers internationaux à des conditions favorables. L’absence de cet adossement se traduit par des coûts d’emprunt très élevés, pénalisant davantage une trésorerie déjà sous tension.

 

La rupture avec le Fonds monétaire international prive par ailleurs la Tunisie d’une double ressource : un prêt d’environ 1,9 milliard de dollars à taux concessionnels; et, plus encore, la caution de bonne conduite qui permet d’accéder aux marchés financiers internationaux à des conditions favorables.

 

Nos économistes rappellent à cet égard que les réformes réclamées par l’institution de Bretton Woods, notamment la rationalisation des dépenses de subvention et la réduction de la masse salariale dans les entreprises publiques, sont des mesures d’origine essentiellement locale, dont la pertinence est reconnue par les spécialistes tunisiens eux-mêmes.

Assainir d’abord, relancer ensuite

Pour sortir de cette impasse, les économistes sondés préconisent une combinaison de politique d’offre et de relance par la demande, dont le dosage devra être subtil. Du côté de l’offre, l’allégement de la pression fiscale sur les entreprises, la baisse du coût du crédit, le taux directeur ramené récemment à 7 %, mais le taux moyen d’emprunt toujours à deux chiffres, ainsi que l’amélioration de l’environnement des affaires, sont des priorités absolues.

Du côté de la demande, estime l’un des économistes interrogés par L’Economiste Maghrébin, une relance par la consommation reste risquée en l’absence de réserves de change suffisantes, dans la mesure où elle entraîne mécaniquement une hausse des importations et des tensions inflationnistes.

Mais tous sont d’accord pour souligner que la condition préalable à toute relance demeure l’assainissement budgétaire : « Stopper l’hémorragie des dépenses courantes, rationaliser les effectifs de la fonction publique, dont le sureffectif est estimé à plus de 250 000 agents, et opérer un redéploiement vers les secteurs en tension, notamment la santé et l’éducation. »

La réforme des subventions est également jugée incontournable. Le coût actuel, estimé à 12 milliards de dinars, bénéficie indistinctement aux résidents comme aux non-résidents en Tunisie et alimente des gaspillages massifs. De ce fait, suggèrent les experts, « un ciblage progressif, accompagné de transferts directs aux ménages les plus vulnérables, estimés entre 60 et 70 dinars par famille, permettrait de récupérer des ressources considérables, tout en préservant la cohésion sociale ».

Sur le front des recettes, l’élargissement de l’assiette fiscale, en intégrant progressivement l’économie informelle, est présenté comme un levier décisif. L’évasion fiscale représenterait plusieurs milliards de dinars par an, un montant comparable au déficit budgétaire.

 

De ce fait, suggèrent les experts, « un ciblage progressif, accompagné de transferts directs aux ménages les plus vulnérables, estimés entre 60 et 70 dinars par famille, permettrait de récupérer des ressources considérables tout en préservant la cohésion sociale ».

 

Transition énergétique et financement extérieur : des leviers encore sous-exploités

La transition énergétique est identifiée comme une priorité stratégique de premier ordre. Et ce, compte tenu du stress hydrique que connaît le pays et du déficit chronique en gaz et en pétrole. La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique tunisien, rappellent-ils, s’élève actuellement à seulement 3 à 4 %. Alors que l’objectif fixé pour 2030 est d’atteindre 30 %. Des crédits bonifiés destinés à financer cette transition sont disponibles sur les marchés internationaux.

« La finance islamique et la finance verte sont également citées comme des sources de financement alternatives sous-exploitées. A l’instar de ce que pratiquent déjà le Nigeria, le Ghana ou l’Égypte ». C’est ce qu’explique l’un de nos vis-à-vis. L’exportation et le tourisme de qualité, présenté comme une exportation à domicile, sont aussi identifiés comme des générateurs essentiels de devises. Ils sont indispensables pour soutenir la demande intérieure sans alimenter les déséquilibres de la balance commerciale.

En définitive, les économistes consultés par L’Economiste Maghrébin s’accordent à dire que le diagnostic tunisien est connu depuis des années. Ce qui fait défaut, ce n’est ni la compétence ni la lucidité analytique. Ce qui manque c’est bien la maîtrise de l’ingénierie des réformes et la capacité décisionnelle à prioriser. D’ailleurs, tiennent-ils à le rappeler, « la ligne de partage ne passe plus entre gauche et droite; mais entre politiques efficaces et politiques inefficaces ». Et de poursuivre : « La crise, aussi sévère soit-elle, demeure gérable. Et ce, à condition que le sacrifice à consentir soit équitablement partagé et que chaque milliard emprunté serve à créer de la richesse; non à entretenir le train de vie de l’État. »

Voilà qui est dit.

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