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Pétrole : l’Iran ravive la crainte d’une crise inflationniste

La guerre menée par les Américains et les Israéliens contre l’Iran menace de porter un coup dur à l’économie mondiale, déjà fragilisée par la forte hausse des droits de douane imposée par Washington. Selon une analyse de Capital publiée mercredi 4 mars, une augmentation prolongée des prix du pétrole pourrait engendrer une nouvelle vague d’inflation et un ralentissement de la croissance. Ce qui contraindrait les banques centrales à prendre des décisions difficiles.

Pour l’Europe, le maintien de prix de l’énergie élevés plongerait l’économie au bord de la récession. Pour les États-Unis, cela poserait un dilemme crucial à la Réserve fédérale : d’une part, la guerre alimente l’inflation; d’autre part, la Maison Blanche plaide pour une baisse des taux d’intérêt. En Chine, la perte des importations de pétrole iranien bon marché accentue les pressions exercées par les droits de douane américains et une crise du logement prolongée.

La « clé » d’Ormuz

Au début du conflit, les tensions sont vives et l’issue incertaine. Si une désescalade ramenant le prix du pétrole à une moyenne de 65 dollars le baril n’est pas à exclure, les éléments observés jusqu’à présent laissent présager une escalade. La plus grande raffinerie d’Arabie saoudite est à l’arrêt, le Qatar a suspendu les opérations de la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde et le détroit d’Ormuz est quasiment paralysé. Les prix du pétrole et du gaz ont déjà flambé. Les marchés boursiers chutent et les rendements des obligations américaines augmentent. Les marchés se montrant prudents quant à une éventuelle baisse des taux d’intérêt.

Dans un scénario catastrophe, marqué par des hostilités prolongées et une intensification des attaques contre les infrastructures énergétiques, la production pourrait être fortement perturbée. Même avec la protection militaire américaine des pétroliers transitant par le détroit, le risque demeurerait élevé. Car des attaques ciblées par drones pourraient maintenir le corridor de facto fermé, selon les analystes.

A rappeler qu’environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par le détroit d’Ormuz. Selon des données historiques et des études universitaires, une réduction de 1 % de l’offre peut entraîner une hausse des prix de 4 %. Un arrêt prolongé de la production pourrait ainsi faire grimper les prix de 80 % au-dessus des niveaux d’avant-guerre. Tout en atteignant environ 108 dollars le baril et s’y maintenant jusqu’à la fin de l’année.

La hausse des prix de l’énergie pèse sur l’économie en augmentant les coûts pour les ménages et les entreprises, ce qui freine la consommation et ralentit la croissance. Parallèlement, elle alimente l’inflation, notamment dans les secteurs des transports et des produits pétrochimiques. Un enjeu crucial pour les banques centrales est de savoir si les anticipations d’inflation resteront maîtrisées. Dans le cas contraire, le risque d’une spirale inflationniste et de hausse des salaires pourrait les contraindre à un resserrement de leur politique monétaire…

Un coup dur pour l’UE et la Grande-Bretagne

Pour la zone euro et le Royaume-Uni, qui ne disposent pas d’une production nationale significative, l’impact sur le PIB est estimé respectivement à 0,6 % et 0,5 %, avec une inflation en hausse d’environ 1,1 point de pourcentage. L’Europe est également plus vulnérable aux fluctuations des prix du gaz naturel, qui ont flambé suite à la réduction de la production au Qatar.

De son côté, la Chine, grande importatrice de pétrole, serait confrontée à une hausse de l’inflation d’environ 0,8 point de pourcentage dans un scénario de prix de 108 dollars. Bien que les opérateurs du marché estiment que les tensions géopolitiques récentes n’auront qu’un impact limité à court terme sur leurs activités.

Pour sa part, la Russie figure parmi les bénéficiaires. Car la hausse des prix du pétrole pourrait quasiment éliminer son déficit budgétaire. Renforçant ainsi les ressources disponibles pour sa guerre en Ukraine.

Au final, l’histoire montre que les crises géopolitiques au Moyen-Orient peuvent engendrer de graves chocs économiques. Bien que l’économie mondiale actuelle soit moins énergivore et plus diversifiée, un choc pétrolier prolongé en provenance d’Iran pourrait avoir des conséquences importantes et durables sur la croissance, l’inflation et la politique monétaire à l’échelle internationale.

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