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Football | Al Ahly du Caire – Espérance de Tunis à huis clos

L’Espérance sportive de Tunis informe ses supporters que le match retour des quarts de finale de la Ligue des champions de la Confédération africaine de football (CAF) contre Al Ahly d’Égypte se jouera à huis clos.

Dans un communiqué publié ce jeudi 5 mars 2026, le club Sang et Or précise que cette décision a été prise par la Commission disciplinaire de la CAF.

Cette sanction du club égyptien suscite une vive polémique et relance le débat sur l’impartialité de l’instance dirigeante du football africain.

Selon des sources concordantes, la Commission disciplinaire de la CAF aurait initialement décidé d’infliger au club cairote une sanction d’un seul match à huis clos (alors qu’Al Ahly méritait au moins 5 matchs de suspension) à la suite des incidents ayant accompagné sa confrontation face au AS FAR de Rabat. Cette sanction devait intervenir dans un souci d’équité, dans la mesure où le club marocain avait déjà été puni après les événements survenus lors du match aller disputé à Rabat.

La plainte déposée par l’AS FAR, accompagnée de rapports officiels détaillant les débordements constatés durant la rencontre, avait servi de base à la décision disciplinaire. L’objectif affiché était alors d’appliquer de manière rigoureuse les règlements de la CAF afin de préserver l’intégrité des compétitions continentales.

Cependant, contre toute attente, l’annonce officielle de cette sanction a été suspendue par le secrétariat général de la CAF.

Initialement prévue pour le 28 février, la publication du verdict a été bloquée à la suite d’interventions internes au sein de l’instance, toujours selon ces mêmes sources. Aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier ce revirement, alimentant ainsi les soupçons et les interrogations.

I. B.

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Tourisme | TUI va développer ses activités en Tunisie

Le PDG du groupe de voyages international TUI, Sebastian Ebel, a annoncé l’intention du groupe de développer ses activités en Tunisie et d’y réaliser de nouveaux investissements lors d’une rencontre qui s’est tenue le mercredi 4 mars 2026 à Berlin, en marge du salon ITB Berlin, avec le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), Mohamed Mehdi Haloui.

Selon un communiqué de l’ONTT, cette initiative fait suite au succès rencontré par le groupe TUI en Tunisie, où il gère 13 hôtels, outre l’acquisition d’un hôtel à Tozeur en 2025. M. Ebel a souligné la compétitivité de la destination tunisienne, mettant en avant la qualité des services proposés par rapport à leurs prix.

Le dirigeant du groupe international a exprimé sa satisfaction quant au succès du Centre d’affaires mondial de Tunisie, que le groupe a établi dans la ville de Sousse, saluant l’excellent niveau d’expertise tunisienne en matière de gestion et de technologies modernes.

I. B.

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La Nuit des Musées de retour en Tunisie

La Nuit des Musées fera son retour en Tunisie, le 13 mars 2026. Ce soir-là de 21h00 à 23h30, dix-huit musées publics ouvriront exceptionnellement leurs portes à travers le pays, dans le cadre du programme culturel du Ramadan.

Cette sixième édition est organisée par l’Agence pour la valorisation du patrimoine et la promotion culturelle, sous l’égide du ministère de la Culture et en collaboration avec l’Institut national du patrimoine (INP).

Le ministère tunisien de la Culture a annoncé la participation du Centre d’interprétation de l’histoire et des monuments de Tunis, qui complétera le circuit muséal par une soirée d’ouverture dédiée à la découverte du patrimoine de la capitale.

Parmi les sites participants figurent le Musée national du Bardo, le Musée paléochrétien de Carthage et les musées archéologiques de Nabeul, Kerkouane, Sousse, Enfidha, Sbeitla, Makthar, Mahdia et El Jem.

L’ouverture du Musée Ribat et du Musée Habib Bourguiba à Monastir, du Musée du patrimoine traditionnel à Djerba, du Musée du Sahara à Douz, du Musée de Moknine et du Musée national des arts islamiques à Raqqada (Kairouan) est également prévue.

L’objectif, selon les organisateurs, est d’élargir l’accès du public aux musées, de promouvoir les activités culturelles en soirée et de renforcer le lien entre les citoyens et le patrimoine national durant le mois sacré, période où la vie sociale et culturelle se poursuit traditionnellement la nuit.

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Autoritarisme, islamisme et absence de la gauche dans les sociétés arabes

Dans de nombreux pays arabes, le pouvoir politique s’est longtemps présenté comme «au-dessus des idéologies». Au nom de la stabilité, de la sécurité nationale ou de la lutte contre l’extrémisme, les régimes autoritaires ont systématiquement neutralisé, interdit ou affaibli les forces idéologiques organisées : partis de gauche, mouvements syndicaux autonomes, courants libéraux structurés. Cette stratégie, présentée comme pragmatique, repose sur une illusion majeure : l’idée qu’une société peut fonctionner sans idéologie. (Photo : Manifestation pro-Saïed, le 17 décembre 2025 à Tunis).

Zouhaïr Ben Amor *

L’histoire politique montre que lorsqu’on exclut toutes les idéologies explicites, on ne supprime pas l’idéologie ; on en impose une autre, implicite, souvent religieuse.

Dans les sociétés où la religion structure déjà les imaginaires collectifs, cette idéologie par défaut prend presque mécaniquement la forme de l’islam politique. L’exemple tunisien est à cet égard paradigmatique : après vingt-trois années de neutralisation méthodique de la gauche et de toute vie idéologique autonome sous Zine El-Abidine Ben Ali, la révolution de 2011 a vu l’émergence fulgurante d’Ennahdha, devenue la force politique dominante.

Cet article défend l’idée que la gauche – entendue comme tradition critique, sociale et rationaliste – constitue le seul contrepoids capable de modérer le dogmatisme religieux dans les sociétés arabes, non par la répression, mais par la production de sens, de justice sociale et de citoyenneté.

L’impossibilité d’une société sans idéologie

Louis Althusser rappelait que l’idéologie n’est pas un simple ensemble d’idées, mais une structure qui organise le rapport des individus à leur réalité sociale (Althusser, Idéologie et appareils idéologiques d’État, 1970). À ce titre, aucune société humaine ne peut s’en passer. La question n’est donc pas de savoir s’il y aura une idéologie, mais laquelle.

Dans les sociétés arabes, la religion joue historiquement un rôle structurant : elle organise le temps, les normes sociales, les rituels et une partie de la morale collective. Lorsque l’État interdit les idéologies politiques modernes – socialisme, libéralisme, nationalisme critique –, il ne fait que laisser la religion occuper l’espace idéologique vacant.

Hannah Arendt a montré que les régimes autoritaires détruisent les médiations intellectuelles et sociales qui permettent aux individus de penser politiquement (Les origines du totalitarisme, 1951). Une fois ces médiations détruites, le retour du religieux comme cadre totalisant devient presque inévitable, car il offre des réponses simples à des sociétés privées de débat.

Ben Ali ou la fabrication d’un islamisme latent

Le régime de Ben Ali illustre parfaitement cette dynamique. Officiellement laïc, moderniste et hostile à l’islam politique, l’État tunisien a en réalité éradiqué toute vie idéologique autonome, en particulier la gauche syndicale, marxiste ou sociale-démocrate. Les partis existaient formellement, mais étaient vidés de toute capacité d’action réelle.

Ennahdha, interdite mais jamais idéologiquement combattue sur le terrain intellectuel, a survécu sous une forme diffuse : réseaux caritatifs, mosquées, solidarités informelles, exil idéologique. Comme l’explique Olivier Roy, l’islamisme prospère moins par excès de religiosité que par absence de concurrence idéologique crédible (L’échec de l’islam politique, 1992).

Ainsi, lorsque l’appareil répressif s’est effondré en 2011, le seul courant disposant d’un capital symbolique, organisationnel et moral était l’islamisme. La gauche, affaiblie, marginalisée, souvent coupée des classes populaires, n’a pas pu jouer son rôle historique de médiation sociale.

L’islamisme comme idéologie de substitution

L’islamisme n’est pas un simple retour du religieux ; c’est une idéologie moderne, au sens où il politise la religion pour répondre à des problèmes contemporains : injustice sociale, corruption, crise morale, domination étrangère. Sayyid Qutb, l’un de ses théoriciens majeurs, proposait déjà une vision totalisante de la société islamique comme alternative aux idéologies occidentales (Signes de piste, 1964).

Mais cette idéologie repose sur une réduction du politique au moral, et du citoyen au croyant. Elle tend à naturaliser l’ordre social, à sacraliser les normes et à délégitimer le conflit politique, pourtant essentiel à toute démocratie.

Sans contre-idéologie structurée, l’islamisme devient la seule grille de lecture disponible. Il n’est alors pas choisi librement : il s’impose par défaut.

Pourquoi la gauche est structurellement indispensable

La gauche, historiquement, n’est pas seulement une force politique ; elle est une tradition intellectuelle fondée sur la critique, la rationalité, l’égalité et la justice sociale. De Marx à Gramsci, de Rosa Luxemburg à Edward Said, elle a toujours articulé le social, le politique et le culturel.

Antonio Gramsci insistait sur la notion d’hégémonie culturelle : une idéologie ne triomphe pas par la force, mais parce qu’elle devient le sens commun (Gramsci, Cahiers de prison). Dans les sociétés arabes, l’islamisme a conquis cette hégémonie faute d’alternative crédible.

La gauche peut modérer le dogmatisme religieux non en l’attaquant frontalement, mais en proposant une lecture sociale des injustices, réhabilitant le citoyen face au croyant, réintroduisant le conflit politique légitime, et défendant l’autonomie de la raison.

La répression ne produit pas la sécularisation

L’un des grands malentendus des régimes autoritaires arabes a été de croire que la répression du religieux produirait la laïcité. L’histoire montre l’inverse. Comme l’explique Talal Asad, la sécularisation est un processus culturel et politique long, jamais imposé par décret (Formations of the Secular, 2003).

En interdisant le débat, les régimes ont sacralisé la religion. Ce qui est interdit devient pur, moral, incorruptible. La gauche, au contraire, désacralise en politisant : elle ramène les discours religieux à des enjeux sociaux concrets.

Comparaison avec l’Amérique latine et l’Europe du Sud

L’expérience internationale confirme ce diagnostic. En Amérique latine, la montée de la théologie de la libération – inspirée par la gauche – a permis de désamorcer le conservatisme religieux en l’articulant à la justice sociale (Gustavo Gutiérrez, Théologie de la libération, 1971).

En Espagne et au Portugal, la transition démocratique post-dictatoriale a été portée par des forces de gauche capables de canaliser les héritages religieux sans les nier, mais en les subordonnant au politique (Manuel Castells, La transition démocratique en Espagne, 1981).

Le cas tunisien : une gauche absente, un islamisme dominant

En Tunisie, la faiblesse de la gauche après 2011 n’est pas seulement organisationnelle ; elle est aussi culturelle. Coupée des quartiers populaires, souvent enfermée dans un discours élitiste, elle n’a pas su concurrencer l’islamisme sur le terrain du sens.

Pourtant, comme le soulignait Mohamed Charfi, la modernité politique ne peut être importée ; elle doit être produite de l’intérieur (Islam et liberté, 1998). La gauche tunisienne a manqué cette production.

Réhabiliter l’idéologie pour éviter le dogme

Exclure les idéologies dans les pays arabes ne produit ni neutralité ni stabilité. Cela revient à institutionnaliser une idéologie implicite, religieuse, non débattue, non critiquée. L’expérience de Ben Ali l’a démontré : en éradiquant la gauche, il a préparé le terrain à un islamisme hégémonique.

La véritable alternative n’est pas entre autoritarisme et islamisme, mais entre vide idéologique et pluralisme critique. Dans ce pluralisme, la gauche joue un rôle irremplaçable : elle est la seule tradition capable de transformer la foi en choix privé et la politique en espace commun.

Sans gauche, le dogme prospère. Avec elle, la religion redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une conviction parmi d’autres, et non une idéologie par défaut.

* Universitaire.

Références bibliographiques (sélection)

Althusser, L. (1970). Idéologie et appareils idéologiques d’État.

Arendt, H. (1951). Les origines du totalitarisme.

Asad, T. (2003). Formations of the Secular.

Charfi, M. (1998). Islam et liberté.

Gramsci, A. (1975). Cahiers de prison.

Qutb, S. (1964). Signes de piste.

Roy, O. (1992). L’échec de l’islam politique.

Said, E. (1978). L’Orientalisme.

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Gaz | Le Qatar souffre, les États-Unis se gavent !

Les exportateurs américains de gaz naturel liquéfié (GNL) s’efforcent de tirer profit de la flambée des prix de 50% sur les marchés européens et asiatiques, provoquée par la guerre en Iran et la perturbation des approvisionnements en provenance du Qatar, acteur majeur du marché du GNL. Le Financial Times indique que deux des plus grands producteurs américains, Venture Global et Cheniere Energy, augmentent leur production de GNL depuis leurs installations du Texas et de la Louisiane et accélèrent la mise en service de nouvelles capacités de production, tandis que les consommateurs, du Royaume-Uni au Japon, se préparent à des pénuries d’approvisionnement. (Photo : Les installations opérationnelles de QatarEnergy dans la ville industrielle de Ras Laffan).

Imed Bahri

Les négociants et autres acheteurs de GNL américain –autrefois surnommé «molécules de liberté» par l’administration Trump– réorientent également leurs cargaisons pour profiter de cette hausse des prix, tandis que les acheteurs se livrent une concurrence féroce pour sécuriser leurs approvisionnements.

«Avec la plus grande capacité de production de GNL disponible au monde, les États-Unis joueront un rôle crucial durant cette crise historique du marché», a déclaré Mike Sable, PDG de Venture Global, à l’intention des investisseurs lundi. Venture Global est prêt à contribuer au maintien de la stabilité du marché et de l’approvisionnement.

Menace de crise énergétique majeure

Des analystes ont averti que la perte de GNL qatari pourrait déclencher une nouvelle crise énergétique majeure, quatre ans seulement après la pénurie de gaz russe qui avait fait flamber les prix en Europe et durement affecté l’économie du continent avant l’arrivée des livraisons de gaz américain.

Lundi, l’action de Venture Global a clôturé en hausse de près de 20%, tandis que celle de Cheniere a progressé de 5,6 %, les investisseurs pariant sur le fait que les deux géants de l’exportation de GNL profiteraient de la flambée des prix sur le marché spot (le marché spot du gaz est un marché de gros où le gaz est acheté et vendu pour une livraison immédiate ou à très court terme reflétant les conditions instantanées de l’offre et de la demande). 

Le Center for LNG, un groupe de pression du secteur, a indiqué que les fournisseurs américains vendent leurs cargaisons selon un tarif FOB (free on board *, ce qui permet aux négociants de réorienter les livraisons américaines après l’achat et offre une bien plus grande flexibilité en période de crise.

Charlie Riddell, directeur exécutif du centre, a déclaré : «La flexibilité des destinations du GNL américain permet aux exportateurs et à leurs clients de réacheminer les cargaisons en cas de tensions géopolitiques. Cependant, aucun fournisseur ne peut immédiatement en remplacer un autre à grande échelle».

La crise a éclaté lorsqu’une attaque de drone iranienne a contraint l’usine de GNL de Ras Laffan, exploitée par Qatar Energy, à fermer ses portes. Cette usine produit environ un cinquième de l’approvisionnement mondial. L’entreprise n’a fourni aucune information sur l’étendue des dégâts subis par l’usine ni sur une éventuelle reprise de la production.

Le GNL en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis transite également par le détroit d’Ormuz, que Téhéran a décidé de fermer en réponse à la guerre israélo-américaine contre l’Iran.

Hausse des cours du GNL en Europe

En Europe, les prix du gaz naturel ont bondi de 39% pour atteindre 44,51 € par mégawattheure, leur plus haut niveau depuis près d’un an. Au Royaume-Uni, les prix du gaz naturel ont également grimpé de 45% pour s’établir à 113,79 pence par thermie. En revanche, aux États-Unis, les prix du gaz naturel n’ont augmenté que de 3,5 %, s’établissant à 2,96 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu).

Les États-Unis ont dépassé le Qatar et l’Australie pour devenir le premier exportateur mondial de GNL en 2023, avec plus de 100 millions de tonnes expédiées à l’étranger l’année dernière. Plusieurs nouveaux terminaux sont actuellement en construction, mais leur mise en service n’est prévue que dans plusieurs mois, voire plusieurs années.

L’immense terminal de Golden Pass, situé sur la côte texane du golfe du Mexique -projet soutenu par ExxonMobil et Qatar Energy-, devrait commencer à produire du GNL d’ici quelques semaines, mais il lui faudra des mois pour atteindre sa pleine capacité.

Selon les analystes, les producteurs américains ne pourront pas compenser une pénurie prolongée d’approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.

«Rien ne peut remplacer le GNL qatari», a déclaré Saul Kavonic, responsable de la recherche énergétique à la banque d’investissement MST Marquee. Il a ajouté : «Si l’arrêt se prolonge, ou pire, si l’infrastructure de GNL est endommagée, cela pourrait provoquer un choc sur le marché du gaz encore plus important que celui de 2022, lorsque la Russie a interrompu ses livraisons de gaz par gazoduc vers l’Europe. Les prix du gaz pourraient à nouveau atteindre les sommets historiques de 2022».

Scott Shelton, expert en énergie chez TP ICAP, une société de courtage, a déclaré que les États-Unis ne disposent pas de capacités de production suffisantes pour absorber une forte hausse des prix. «Nous expédierons autant que possible», a-t-il affirmé, tout en précisant que «même si les prix doublent, nos capacités restent limitées»

Venture Global vend un peu plus de 30% de ses cargaisons de GNL au prix spot, contre moins de 10% pour Cheniere, ce qui explique en partie la forte hausse de son cours de bourse lundi.

Cependant, les analystes estiment que les négociants disposant de cargaisons FOB et pouvant les vendre sur le marché libre réaliseront également des gains substantiels.

Alex Monton, analyste chez Rapidan Energy Group, a déclaré : «Les négociants en matières premières disposant de stocks américains, les filiales commerciales de Cheniere et de Venture Global, ainsi que tous ceux qui ont acheté du gaz américain et peuvent le vendre sur les marchés internationaux, en tireront profit. Ils peuvent désormais vendre ces cargaisons à des prix jusqu’à 50% plus élevés».

* L’équivalent en français est le terme «franco à bord» qui signifie que la marchandise est achetée ou vendue sans les frais du transport principal et autres frais et taxes y afférents et sans les assurances.

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Affaire «Orange» | Le CRLDHT s’interroge sur l’«ampleur inouïe des sanctions»

Dans un communiqué publié le 4 mars 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), une Ong tunisienne basée en France, exprime sa «profonde préoccupation» à la suite du jugement rendu, le 2 mars, par la Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis, relevant du Pôle judiciaire économique et financier, dans l’affaire dite «Orange», relative à la décision adoptée lors du Conseil ministériel restreint du 18 janvier 2018 concernant le dossier de l’homme d’affaires Marouane Mabrouk et la question du gel de ses avoirs en Europe.

Ont notamment été condamnés dans cette affaire l’ancien chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’ancien ministre des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, Mabrouk Korchid, l’ancien ministre de la Communication et de l’Economie numérique, Mohamed Anouar Maarouf, l’ancien conseiller auprès du chef de gouvernement chargé des investissements Lotfi Ben Sassi, ancien ministre des Relations avec les institutions constitutionnelles, la société civile et les droits de l‘homme Mehdi Ben Gharbia, l’ancien ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, l’ancien ministre des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, et l’ ancien directeur général d’El Karama Holding Adel Grar.

Le tribunal a condamné tout ce beau monde à 6 ans d’emprisonnement, une amende individuelle de 800 millions de dinars, une condamnation solidaire supplémentaire de 800 millions de dinars au profit de l’État et l’interdiction d’exercer toute fonction publique.

Ces montants conduisent, de facto, à une exposition financière théorique de 1 600 millions de dinars par personne condamnée.

S’agissant de Marouane Mabrouk, qui est au centre de l’affaire, il a été condamné par la même juridiction, le 2 mars, dans une première affaire distincte concernant une société lui appartenant. Il a écopé de 14 ans de prison, assortis de lourdes amendes financières et de la confiscation de biens. À cette peine se sont ajoutés 6 ans de prison supplémentaires prononcés dans l’affaire relative à la levée du gel de ses avoirs, portant ainsi le cumul des condamnations à 20 ans de réclusion.

Le CRLDHT rappelle la décision objet des poursuites, intervenue dans un cadre formel de Conseil ministériel, en janvier 2018, et qui visait à soutenir la demande de retrait du nom de l’homme d’affaires de la liste européenne de gel, afin de permettre une opération de cession d’actions, à condition qu’une garantie bancaire tunisienne à première demande d’un montant de 32 millions de dinars soit fournie au profit de l’État.

«Ce montant avait été fixé sur la base d’une estimation du ministère de la Justice évaluant à environ 7 millions d’euros les avoirs supposés concernés à l’étranger. Le mécanisme retenu prévoyait que la garantie puisse être exécutée immédiatement en cas de jugement définitif établissant l’illégalité des fonds », précise de CRLDHT, en rappelant que «cette décision collective a été prise dans un cadre gouvernemental collégial, adossée à un mécanisme de garantie financière, intervenue dans un contexte de négociations diplomatiques officielles entre la Tunisie et la France et présentée comme un arbitrage économique et souverain.»

L’Ong rappelle, également, que «certains ministres ayant participé au même Conseil ministériel ne figurent pas parmi les personnes condamnées. Or les débats au sein du Conseil auraient révélé deux orientations : 1- un courant favorable à une levée du gel sans condition ; 2-un courant favorable à une levée assortie de garanties financières. La décision finale adoptée était un compromis : levée contre garantie.»

Tout en s’interrogeant sur «quels critères juridiques précis la responsabilité pénale a-t-elle été individualisée dans le cadre d’une décision gouvernementale prise collectivement», le CRLDHT pose la question de «la proportionnalité et la nature des sanctions financières», estimant que les montants prononcés apparaissent sans rapport direct avec celui estimé des avoirs concernés (environ 7 millions d’euros).

«L’ampleur inouïe des sanctions prononcées — cumulant des amendes individuelles vertigineuses et une condamnation solidaire d’un montant identique — ne relève plus d’une justice ordinaire», affirme l’Ong, qui conclut à une «expropriation totale et durable» des accusés voire à une «mise à mort patrimoniale».

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Eau et sécurité au Moyen-Orient | Leçons de la crise iranienne

La raréfaction hydrique est un enjeu de sécurité nationale pour l’Iran. Mais pas seulement. Dans l’ensemble des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, cette raréfaction agit comme un multiplicateur de fragilités : elle accentue les pressions économiques, alimente l’exode rural, et peut exacerber les tensions existantes. L’eau, par sa raréfaction progressive, redessine la carte des vulnérabilités et des puissances. Les pays qui feront de sa gestion un facteur de cohésion interne et de coopération régionale seront mieux armés pour les décennies à venir. (Photo : Le Zayandeh Rud, fleuve historique d’Ispahan, connaît des assecs réguliers).

El Habib Ben Amara *

En novembre 2025, le président iranien Massoud Pezeshkian a formulé une alerte dont la portée dépasse de loin les agendas diplomatiques habituels : Téhéran, métropole de 15 millions d’habitants, pourrait devoir envisager des mesures de rationnement, puis une évacuation partielle de sa population. La cause n’en est ni une menace militaire extérieure, ni une insurrection, mais un facteur plus structurel et, à terme, plus déterminant pour la stabilité du pays : l’épuisement de ses ressources en eau.

Cette déclaration, loin d’être une hypothèse de spécialiste, actait une réalité mesurable : les réservoirs alimentant la capitale sont à 12 % de leur capacité. Les nappes phréatiques, soumises à un pompage intensif depuis des décennies, s’affaissent jusqu’à 30 centimètres par an dans certaines zones urbaines, un phénomène géotechnique aux conséquences directes sur l’intégrité des infrastructures et la sécurité des populations.

L’été 2024 avait déjà constitué un signal faible : coupures d’eau quotidiennes, températures dépassant les 40°C, millions d’Iraniens confrontés à la chaleur et à la sécheresse simultanées.

Quelques mois avant sa disparition en mai 2024, le président Ebrahim Raïssi avait lancé un appel désespéré, promettant une récompense d’un million de dollars à quiconque proposerait une solution viable pour sauver Téhéran de la soif. Cette offre, restée sans réponse concrète, illustrait l’impuissance des approches conventionnelles face à l’ampleur du défi.

Origines structurelles de la crise hydrique iranienne

L’Iran, berceau des qanats, ces galeries souterraines vieilles de 2 500 ans permettant un captage gravitaire et durable de l’eau, disposait d’un patrimoine technique adapté à son environnement aride. Le pays compte encore environ 70 000 de ces ouvrages. Leur fonctionnement, qui ne mobilise que l’eau naturellement renouvelée par les précipitations, leur valait le qualificatif de «sources éternelles».

Cependant, les données disponibles indiquent une transformation profonde de ce rapport à la ressource. Selon les estimations, environ la moitié de ces structures ont vu leur débit diminuer ou tarir en raison de la baisse généralisée des nappes. Comme le souligne le directeur du Centre des qanats de Kerman, «l’histoire ne nous pardonnera pas ce que les puits profonds ont fait à nos qanats.»

La politique de développement engagée à partir des années 1950 a privilégié des infrastructures de grande échelle. Le programme de construction de barrages, qui a doté le pays de plus de 600 ouvrages, souvent sur des cours d’eau au débit modeste, répondait à des objectifs de modernisation agricole et de sécurité alimentaire. Parallèlement, plus d’un million de puits équipés de pompes puissantes ont été forés.

Les effets cumulés de ces choix sont aujourd’hui quantifiables. Sur vingt ans, l’Iran a perdu plus de 210 kilomètres cubes d’eau stockée dans ses aquifères. Une étude récente a identifié que 32 des 50 aquifères les plus surexploités au monde se trouvent en Iran. L’agriculture, qui représente environ 90 % de la consommation totale, a vu ses prélèvements augmenter alors que les rendements des points d’extraction diminuaient : le nombre de forages a doublé depuis 2000, mais les volumes extraits ont baissé de 18 %.

La compaction des aquifères, conséquence de leur surexploitation, entraîne un phénomène d’affaissement des sols qui concerne désormais plus de 3,5 % du territoire national. Des villes historiques comme Ispahan ou Yazd enregistrent des fissures sur leur bâti. Les hydrologues avertissent que cette perte de capacité de stockage est en grande partie irréversible : «Une fois qu’un affaissement significatif se produit, une grande partie de la capacité de stockage est perdue de façon permanente.»

Parallèlement, les écosystèmes emblématiques du pays subissent des transformations majeures. Le lac d’Ourmia a perdu plus de 90 % de sa superficie. La zone humide de Hamoun s’est transformée en marais salants. Le Zayandeh Rud, fleuve historique d’Ispahan, connaît des assecs réguliers.

Stratégies comparées de gestion de la rareté : le cas israélien

À titre comparatif, l’examen des politiques hydriques mises en œuvre par Israël offre un contraste éclairant. Confronté à des contraintes arides similaires, cet État a développé une stratégie articulée autour de plusieurs axes :

Valorisation maximale des ressources : plus de 90 % des eaux usées sont traitées et réutilisées pour l’agriculture, constituant un taux de recyclé parmi les plus élevés au monde ;

Développement du dessalement : cinq grandes installations fournissent désormais près de 75 % de l’eau potable, grâce à des technologies d’osmose inverse dont les applications industrielles ont été localement perfectionnées ;

Efficience agricole : plus de 90 % des surfaces cultivées sont équipées de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, une technologie dont l’industrialisation a été réalisée localement dès les années 1960. Cette maîtrise technologique, fruit d’investissements constants et d’une planification rigoureuse, a transformé une contrainte naturelle en avantage comparatif, le secteur exportant pour plus de deux milliards de dollars de technologies hydriques annuellement.

Géopolitique de la ressource : la gestion de l’eau dans cette région ne peut être dissociée de son contexte territorial. Dès 1919, les documents fondateurs du mouvement sioniste intégraient la maîtrise des ressources en eau dans la définition des «frontières économiques» nécessaires au projet d’État. Le plateau du Golan, conquis en 1967 et annexé en 1981, fournirait selon diverses estimations entre un quart et un tiers de l’approvisionnement en eau israélien.

Sur la frontière libanaise, les fleuves Wazzani et Hasbani, affluents du Jourdain, ont été l’objet d’incidents diplomatiques récurrents. Des déclarations officielles israéliennes ont évoqué l’idée d’une zone tampon s’étendant jusqu’au Litani, ce qui placerait de facto cette ressource sous influence israélienne.

L’accord de paix avec la Jordanie de 1994 contenait des dispositions hydriques substantielles, engageant Israël à fournir annuellement 50 à 75 millions de mètres cubes d’eau au royaume hachémite. En 2025, des menaces de suspension de ces livraisons ont été formulées par des responsables israéliens, illustrant le potentiel de l’eau comme instrument de pression diplomatique.

En Cisjordanie, l’ordonnance militaire n°92 de 1967 a déclaré que «toutes les eaux de la région sont propriété publique», plaçant les ressources sous contrôle de l’autorité israélienne.

Les disparités de consommation sont documentées : selon les données de B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits humains, la consommation moyenne par habitant dans les colonies israéliennes est d’environ 247 litres par jour, tandis que la population palestinienne dispose de moins de 80 litres quotidiennement, ce chiffre pouvant tomber sous les 30 litres dans certaines zones rurales.

Les enseignements stratégiques

L’observation des dynamiques régionales récentes suggère une corrélation entre stress hydrique et instabilité. Dans les années précédant le conflit syrien, les précipitations avaient diminué d’environ 25 %, entraînant l’effondrement des récoltes et la mort du cheptel. Les migrations rurales massives qui en ont résulté ont contribué aux tensions sociales et à la fragilisation politique du pays.

Ce mécanisme n’est pas propre à la Syrie. Dans l’ensemble des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, la raréfaction de la ressource en eau agit comme un multiplicateur de fragilités : elle accentue les pressions économiques, alimente l’exode rural, et peut exacerber les tensions existantes.

Un constat s’impose : les transitions politiques, quelles qu’elles soient, n’ont pas d’effet mécanique sur les cycles hydrologiques. Un changement de régime ne reverse pas le sens de l’affaissement des sols, ne désalinise pas les terres agricoles, n’augmente pas les précipitations. La sécurité durable d’un territoire dépend moins de son étiquette politique que de sa capacité à retenir, infiltrer et régénérer sa ressource en eau.

Les tensions sur les bassins transfrontaliers illustrent cette dimension. La mise en service du barrage de Pashdan par l’Afghanistan en août 2025 permet à ce pays de contrôler jusqu’à 80 % du débit de l’Harirud, menaçant directement l’approvisionnement de Mashhad, deuxième ville d’Iran.

Pour une stratégie de résilience hydrique

Les hydrologues recommandent une réallocation significative des financements, jusqu’ici concentrés sur les grands barrages et les transferts interbassins, vers des solutions de plus petite échelle mais à plus haut rendement hydrologique. La recharge artificielle des nappes par les eaux de crue, technique dont l’efficacité a été démontrée par des chercheurs iraniens dès les années 1990, permettrait de réorienter vers les aquifères jusqu’à 80 % des eaux de ruissellement actuellement perdues.

Un ensemble de techniques, inspirées de l’agroécologie et des savoir-faire ancestraux, peut être déployé sans dépendance technologique extérieure :

Demi-lunes : excavations en croissant de deux à quatre mètres de diamètre sur les terrains en pente, captant le ruissellement et permettant des plantations ;

Seuils en pierre : alignements de pierres perpendiculaires à la pente, ralentissant l’écoulement et favorisant l’infiltration ;

Petits barrages en terre : ouvrages de quelques mètres de haut dans les lits d’oueds, retenant les crues et rechargeant les nappes alluviales ;

Reforestation stratégique : plantation d’essences locales adaptées à l’aridité (pistachier sauvage, amandier, genévrier) sur les piémonts déforestés ;

Captage de brouillard : installation de filets dans les zones montagneuses où le brouillard est fréquent, technique éprouvée au Maroc, au Chili et au Pérou.

Ces solutions présentent l’avantage de la rapidité de mise en œuvre (résultats visibles en deux à quatre ans), du faible coût, et de la création d’emplois ruraux.

Le gisement inexploité des eaux usées est estimé entre 1,2 et 2 milliards de mètres cubes annuellement. Des solutions techniques existent, des zones humides artificielles à la phytoremédiation, en passant par la recharge contrôlée des nappes après traitement approprié. Leur avantage stratégique majeur est leur faible dépendance aux importations et leur résilience face aux contraintes extérieures.

Les piliers d’une souveraineté hydrique durable

L’analyse de la situation hydrique iranienne conduit à plusieurs observations structurantes.

Premièrement, la crise actuelle résulte de l’interaction de facteurs multiples : choix de développement hérités de plusieurs décennies, modalités de gouvernance de la ressource, et contraintes externes ayant limité l’accès aux technologies et à la coopération internationale.

Deuxièmement, la comparaison avec d’autres stratégies régionales montre que la rareté peut être abordée comme un défi technique et planificateur, mais aussi comme un levier géopolitique, avec des implications différenciées selon les contextes territoriaux.

Troisièmement, les solutions existent et sont pour partie accessibles de manière autonome. Leur mise en œuvre suppose une réorientation des priorités d’investissement et une reconnaissance de la gestion de l’eau comme enjeu central de sécurité nationale.

Quatrièmement, l’histoire récente de la région rappelle que les crises environnementales peuvent agir comme des accélérateurs de fragilisation politique et sociale. Ignorer cette dimension, c’est prendre le risque de voir les tensions hydriques se transformer en facteurs d’instabilité plus larges.

Au-delà du cas iranien, ces enseignements concernent l’ensemble des pays des zones arides, du Maghreb au Machreq, du Sahel au Golfe. La préservation du patrimoine hydraulique ancestral, la généralisation des techniques d’économie d’eau, la récupération des eaux de pluie, la lutte contre l’érosion des sols et le développement du recyclage des eaux usées ne sont pas des politiques sectorielles parmi d’autres. Elles constituent les piliers d’une souveraineté durable face aux défis climatiques et géopolitiques du siècle.

L’eau, par sa raréfaction progressive, redessine la carte des vulnérabilités et des puissances. Les pays qui feront de sa gestion un facteur de cohésion interne et de coopération régionale seront mieux armés pour les décennies à venir.

* Analyste stratégique  (sécurité hydrique et géopolitique).

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Flambée des prix du pétrole et hausse des taux d’intérêt

Les investisseurs doivent se préparer dès maintenant à une hausse des taux d’intérêt en raison de l’escalade de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, avertit Nigel Green, le PDG du cabinet de conseil financier du groupe deVere, alors que les marchés pétroliers sont en pleine tourmente suite aux menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole brut.

Un commandant des Gardiens de la révolution iraniens a déclaré, mardi 3 mars 2026, que le détroit d’Ormuz, principal axe de transport mondial de pétrole brut, était fermé et a menacé d’incendier tout navire tentant de le franchir. Le marché n’a pas manqué de réagir : le Brent a dépassé les 87 dollars le baril après une hausse de plus de 9 % en une seule séance, tandis que le West Texas Intermediate a franchi la barre des 83 dollars, en hausse de plus de 8 %, enregistrant ainsi l’une des plus fortes progressions à court terme depuis plus d’un an.

Une inflation globale

Nigel Green déclare : «Lorsque le prix du pétrole flambe avec une telle ampleur et une telle rapidité, l’inflation ne progresse pas lentement, elle s’accélère brusquement. L’énergie est omniprésente dans toutes les chaînes d’approvisionnement. Une hausse durable du Brent vers 90 dollars modifie fondamentalement les perspectives d’inflation et oblige à revoir les anticipations de taux d’intérêt.» Il poursuit : «Les marchés s’étaient positionnés en prévision de coûts d’emprunt plus faibles, mais ce scénario est désormais remis en question. Un nouveau choc énergétique de cette ampleur réduit la marge de manœuvre pour des baisses de taux et accroît la probabilité que la politique monétaire reste restrictive plus longtemps que prévu par les investisseurs.»

Le PDG de deVere explique : «La hausse des prix du pétrole se répercute directement sur les transports, la logistique, la production alimentaire et les factures d’énergie des ménages. Cette pression se traduit rapidement par une inflation globale, puis se répercute sur l’inflation sous-jacente via les salaires et les décisions de prix des entreprises. Les banques centrales sont parfaitement conscientes de ce mécanisme de transmission.»

Les taux restent élevés

Si les anticipations d’inflation recommencent à augmenter, les autorités monétaires réagiront avec fermeté. Par conséquent, les investisseurs doivent se préparer à ce que «les taux restent élevés jusqu’en 2026, voire augmentent encore si l’inflation persiste».

Sur les marchés obligataires, «les rendements obligataires s’ajustent déjà pour refléter la baisse de confiance dans les baisses de taux à court terme. Le risque de duration s’accentue dans ce contexte», avertit Green.

Le dollar américain attire de nouveau des flux de capitaux vers les valeurs refuges. En période d’escalade géopolitique conjuguée au risque inflationniste, les capitaux se tournent vers les actifs libellés en dollars. «Nous constatons une demande accrue de bons du Trésor et d’obligations de haute qualité, les investisseurs recherchant à la fois rendement et sécurité», souligne l’expert.

À ces niveaux, le pétrole comprime également les marges des entreprises. Celles qui doivent faire face à la hausse de leurs coûts de production devront soit absorber l’impact, soit le répercuter sur les consommateurs.

«Les deux scénarios ont des conséquences sur les prévisions de résultats et la valorisation des actions», souligne le PDG de deVere, qui insiste sur le risque de prolongation du conflit. «Les marchés ne peuvent pas anticiper une résolution rapide. La perturbation de l’un des corridors énergétiques les plus critiques au monde engendre un risque structurel», ajoute-t-il. Et conclut par ce conseil : «Le positionnement des portefeuilles doit tenir compte de la possibilité que les prix élevés du pétrole persistent pendant des mois, et non des jours.»

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Recherche de 6 pêcheurs disparus au large de Kélibia

Les garde-côtes ont reçu, le 1er mars 2026, un signalement concernant la disparition d’un bateau de pêche en haute mer au large de Kelibia. Le bateau avait quitté le port de pêche de cette cité balnéaire du gouvernorat de Nabeul le 24 février.

C4est ce qu’a déclaré le porte-parole de la Garde nationale, le général de brigade Houssemeddine Jebabli, à Mosaique FM, ajoutant que les opérations de recherche et de sauvetage avaient débuté immédiatement après le signalement de la disparition du bateau, qui avait six membres d’équipage à son bord. Un hélicoptère de la Garde nationale effectue actuellement des recherches aériennes en renfort des recherches maritimes, a-t-il encore précisé, mais les pêcheurs sont toujours introuvables.

I. B.  

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Poursuivi en justice pour avoir comparé Kairouan à «l’île d’Epstein» !

Ce n’est pas une blague, même si elle y ressemble beaucoup : plusieurs avocats du barreau de Kairouan ont porté plainte contre un jeune homme pour propos injurieux envers cette ville du centre de la Tunisie, tenus dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Dans cette vidéo, le jeune homme a comparé (ô sacrilège !) le gouvernorat de Kairouan à «l’île d’Epstein», provoquant l’indignation de nombreux Kairouanais, rapporte Mosaïque.

L’avocat Mohamed Faleh Chebbi a confirmé sur Facebook que le parquet avait autorisé l’ouverture d’une enquête qui sera menée par une unité de police judiciaire de la capitale des Aghlabides qui, comme tout le monde sait, est une cité vertueuse.

Au rythme où évolue les choses en Tunisie, il va falloir bientôt tourner sa langue trente-six-mille fois avant d’ouvrir la bouche. Et la fermer une fois pour toute serait un bien moindre mal. Les avocats sont les premiers avertis !

I.B.

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Affaire Belaïd | 23 ans de prison pour le juge Bechir Akremi

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis a condamné l’ancien procureur de la république Bechir Akremi à 23 ans de prison.

Selon Diwan FM, citant une source judiciaire, cette condamnation, prononcée mardi 3 mars 2026, fait suite à deux affaires liées à l’assassinat de Chokri Belaid.

Bechir Akremi a été condamné, à 10 ans de prison pour avoir délibérément négligé son devoir d’arrêter un accusé afin de le soustraire aux poursuites judiciaires et dissimulé la vérité en utilisant sa fonction.

Le même tribunal a également condamné Béchir Akremi, Habib Ellouze, dirigeant d’Ennahdha, et Hassen Ben Brik à 13 ans de prison pour avoir prêté leur aide à des individus impliqués dans des actes terroristes. Au terme de leur peine, les trois prévenus seront placés sous surveillance administrative pendant 3 ans, a rapporté Mosaïque.

Le Béchir Akremi est accusé par les membres du comité de défense du dirigeant de gauche d’avoir dissimulé, au cours des investigations, des documents relatifs à l’affaire Belaïd. Ils lui reprochent aussi d’avoir été poche du parti islamiste Ennahdha et d’avoir cherché à dissimuler des preuves impliquant des personnes appartenant à cette mouvance.  

Ce que le concerné dément catégoriquement, imputant la disparition de certaines pièces aux dysfonctionnements de l’appareil judiciaire, justifiant du fait qu’il n’était pas le seul magistrat à avoir traité le dossier.  

I. B.

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Pedro Sánchez, voix de la sagesse dans un Occident devenu fou

Pedro Sánchez est aujourd’hui l’unique voix de raison dans une Europe qui a vendu son âme aux fomenteurs de guerres et de génocides israélo-américains, une Europe en perdition et qui se fait sans cesse humilier par Donald Trump et Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre socialiste espagnol est le seul à faire entendre sa différence dans une Europe «incapable» de critiquer les méthodes de ce le tandem diabolique qui sème le feu et la mort dans un Moyen-Orient à la dérive, et qui risque de déstabiliser dangereusement le monde.

Sánchez a été jusque-là le seul dirigeant européen à dénoncer l’attaque israélo-américaine en Iran, au nom du respect du droit international, en se démarquant, une nouvelle fois, de ses partenaires sur le Vieux Continent.

Qu’il s’agisse du conflit israélo-palestinien, du financement de l’Otan, du Venezuela ou, plus récemment, de l’Iran, le Premier ministre espagnol adopte régulièrement un discours très opposé à celui du président américain.

Pour Sánchez, la guerre menée par les États-Unis et Israël depuis le 28 février est «irresponsable», «illégale» et «contrevient aux règles du droit international». C’est pourquoi l’Espagne n’y contribuera pas, a-t-il expliqué, considérant que les agissements israélo-américains, «qui n’ont bénéficié ni du soutien des Nations unies ni même de celui du Congrès américain», auront des «conséquences imprévisibles pour la planète».

Suite aux menaces du président américain Donald Trump de rompre les relations commerciales avec Madrid en raison de sa position sur le conflit, M. Sánchez a déclaré, lors d’une allocution télévisée à la nation, ce mercredi 4 mars 2026 : «C’est ainsi que commencent les grandes catastrophes de l’humanité. On ne peut pas jouer avec le destin de millions de personnes.»

I. B.

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De Kairouan à Tunis | Les portes de la médina

La Tunisie accueille la quatrième édition de Biben L’Mdina, une initiative culturelle qui allie patrimoine historique et technologies numériques selon un parcours en deux temps : d’abord à Kairouan les 4 et 5 mars, puis à Tunis du 12 au 15 mars 2026. Organisé par le Tunis International Center for Digital Cultural Economy (Ticdce), cet événement propose une interprétation contemporaine des centres historiques durant le mois de Ramadan. Vidéo.

Selon les organisateurs, le projet vise à transformer monuments, remparts, zaouias et espaces historiques en lieux d’expérimentation visuelle et narrative, grâce à la cartographie, la réalité virtuelle, la réalité augmentée et l’intelligence artificielle. L’objectif est d’offrir une expérience immersive capable de réinterpréter la mémoire urbaine sans la remplacer, mais en la rendant accessible, grâce aux langages numériques contemporains, même aux plus jeunes.

La première étape se déroulera dans la médina de Kairouan, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le parcours traversera certains des lieux emblématiques de la ville de Kairouan, notamment Bab El Jelladine et la zaouïa de Sidi Abid.

Dans ce même esprit, le projet cartographique Biben L’Mdina s’inscrit dans le cadre du Festival de la Médina de Kairouan, avec des projections prévues au complexe culturel, sur la place Bab El Jelladine et au mausolée de Sidi Obeid al Gharyani.

La seconde étape se poursuivra dans la médina de Tunis, berceau du projet. Le parcours débutera place de la Kasbah et se dirigera vers le mausolée d’Abdallah Torjman, le tombeau du Soldat inconnu, Bab Mnara et l’Institut national du patrimoine, en passant également par des édifices historiques tels que Dar Hussein, Dar Mohsen, Dar El Sfaxia et Dar Rachidia. Un itinéraire conçu pour allier flânerie urbaine, découverte architecturale et installations numériques.

Pour la scène culturelle tunisienne, Biben L’Mdina confirme sa position parmi les formats de Ramadan les plus emblématiques, alliant valorisation du patrimoine, innovation technologique et découverte nocturne des espaces historiques, à un moment où les médinas sont de nouveau au cœur de la vie sociale et culturelle du pays.

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2 510 migrants débarqués en Italie en février 2026

Selon le Haut comité pour les réfugiés (HCR), 2 510 personnes ont débarqué sur les côtes italiennes en février 2026. Ce chiffre représente une augmentation de 72 % par rapport au mois précédent (1 457), mais une baisse par rapport à 2025. Ces migrants illégaux étaient partis de Libye et de Tunisie, mais la Libye est, au cours du mois indiqué, le principal pays de départ, représentant environ 93 % des arrivées par voie maritime en Italie.

Selon les statistiques publiées le 3 mars par le HCR, 64 % des personnes arrivées en février ont débarqué à Lampedusa. Parmi les autres ports de débarquement figurent Pozzallo, Livourne, Ravenne, Pantelleria, Vibo Valentia, Trapani, Catane, Tarente et Marsala.

«Au moins six personnes sont décédées», indique l’agence onusienne, d’après les témoignages recueillis par son personnel concernant deux incidents survenus en février près des côtes italiennes, sur la route de la Méditerranée centrale. «Ce chiffre est sous-estimé car il repose uniquement sur les informations recueillies par les équipes du HCR lors du débarquement en Italie», souligne l’agence.

Au cours des deux premiers mois de l’année, 3 967 arrivées par voie maritime ont été enregistrées, soit une baisse par rapport à la même période en 2025 (6 808). Depuis début 2026, la Libye est le principal pays de départ, représentant 85 % des arrivées par voie maritime en Italie (93 % au cours des deux premiers mois de 2025). La Tunisie demeure le deuxième pays de départ, représentant 10 % des arrivées par voie maritime (3 % au cours de la période janvier-février 2025).

En 2026, la Sicile demeure la région la plus touchée par les arrivées par la mer à l’échelle nationale, notamment Lampedusa, qui a enregistré 63 % de ces arrivées au cours des deux premiers mois de l’année (contre 82 % sur la même période en 2025).

Concernant les nationalités d’origine, les plus représentées en février étaient le Bangladesh (20 %), la Somalie (9 %), le Pakistan (7 %), l’Égypte (6 %), le Soudan (5 %), l’Algérie (5 %), la Guinée (3 %), l’Iran (2 %), la Côte d’Ivoire (1 %) et la Tunisie (1 %).

En février, les mineurs non accompagnés représentaient 13 % des arrivées par la mer en Italie, contre 11 % sur la même période l’année précédente. De janvier à février 2026, 16 % des personnes ont été secourues par des ONG en Méditerranée.

D’après les données de l’Organisation internationale pour les réfugiés (OIM – Projet sur les migrants disparus), 606 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée au cours des deux premiers mois de 2026 (hors route du Nord-Ouest africain), dont 503 sur la route centrale (83 %). À la même période l’année précédente, on dénombrait 287 décès, dont 141 sur la route centrale.

I. B. (avec ANSAmed).

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Iran | L’ultime bataille des Gardiens de la révolution

Au lendemain de l’avènement de la révolution islamique en Iran et de son accession au pouvoir, l’ayatollah Khomeini était méfiant à l’endroit de l’armée régulière, héritière de celle du Shah. Il avait décidé de fonder une entité, composée de ses plus fidèles affidés, nommée le Corps de Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) dont la mission est d’assurer la pérennité du régime. Au fil des décennies, des guerres, des révoltes réprimées mais aussi à force que le défunt ayatollah Ali Khamenei avançait dans l’âge, le CGRI n’a cessé de gagner en puissance. Aujourd’hui, les Gardiens de la Révolution doivent faire face au feu et à la fureur de la machine de guerre israélo-américaine. C’est la survie du régime et par ricochet la leur qui est menacée. 

Imed Bahri

Dans une enquête consacrée au CGRI publiée dans le Wall Street Journal, David S. Cloud et Benoît Faucon considèrent que les frappes aériennes américaines et israéliennes ont certes tué plusieurs hauts dirigeants iraniens en seulement quelques heures dont le Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, cependant, le vaste appareil sécuritaire qu’ils supervisaient pour assurer la survie du régime demeure intact. 

Le CGRI est principalement connu comme une force armée comptant quelque 200 000 membres paramilitaires. Mais il fonctionne également comme un gouvernement parallèle et une puissance économique, sa mission principale étant de défendre le régime islamique établi après la révolution de 1979 et d’étendre son influence au Moyen-Orient.

Un Etat dans l’Etat

À moins d’être vaincu ou réorienté d’une manière ou d’une autre, le CGRI conservera sa capacité à générer des revenus par des activités illicites et à soutenir des groupes interposés comme les Houthis au Yémen qui harcèlent les États-Unis et leurs alliés.

Le CGRI possède ses propres branches militaires et de renseignement, distinctes des forces armées traditionnelles, et est profondément implanté dans les secteurs économiques du pays.

La Force Al-Qods, unité clandestine, gère les relations de l’Iran avec les groupes armés mandataires de la région, tandis que d’autres composantes du CGRI sont responsables du programme de missiles et de la sécurité intérieure.

Selon des analystes et des dirigeants de l’opposition iranienne, paralyser le CGRI pourrait nécessiter des semaines, voire des mois, de frappes aériennes supplémentaires et d’autres actions militaires. Sans de telles mesures, le régime iranien risque de se maintenir au pouvoir et de devenir encore plus répressif, car les éléments les plus radicaux ayant survécu jusque-là aux frappes américaines et israéliennes vont s’appuyer sur la loyauté du CGRI dans l’espoir d’assurer la pérennité du régime.

Vers un État militaire plus fermé

Mohammed Al-Basha, fondateur de Basha Report, un cabinet de conseil en gestion des risques basé à Washington, estime que l’assassinat de Khamenei renforce les éléments les plus radicaux et militaristes du régime. «Aucune opposition organisée n’est prête à saisir cette opportunité. Le résultat le plus probable n’est pas une réforme mais une consolidation du pouvoir, nous rapprochant d’un État militaire fermé».

Samedi, le président Donald Trump a appelé les Gardiens de la révolution et la police à «s’intégrer pacifiquement» et à «collaborer» avec les citoyens iraniens opposés au gouvernement. «Nous entendons dire que nombre de membres des Gardiens de la révolution, de l’armée, des forces de sécurité et de la police ne veulent plus combattre et recherchent l’immunité», a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.

Un noyau dur d’irréductibles

Cependant, les analystes estiment qu’une rupture des Gardiens de la révolution avec 47 ans de régime islamique rigoriste et d’hostilité envers les États-Unis est le scénario le moins probable à court terme.

Il existe des pragmatiques au sein des Gardiens de la révolution mais leur attachement au fondamentalisme religieux n’en est pas moins fort que celui de Khamenei et des religieux qui ont gouverné à ses côtés. Nombre de leurs dirigeants ont été formés comme combattants lors de la sanglante guerre contre l’Irak dans les années 1980, une période qui a consolidé le rôle central des Gardiens dans le soutien au régime. Sous Khamenei, la domination idéologique s’est encore renforcée, selon les analystes.

Le système politique iranien pourrait évoluer vers une forme de dictature militaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution. Les analystes estiment difficile d’imaginer l’émergence d’une figure comme Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, qui s’est alignée sur Washington depuis l’arrestation de Nicolás Maduro lors d’un raid américain début janvier.

Kasra Aarabi, directeur de la recherche sur les Gardiens de la révolution au sein de United Against Nuclear Iran, une organisation politique opposée au régime iranien, se montre tout aussi pessimiste : «Les Gardiens de la révolution constituent une force très radicale et dogmatique. L’idée qu’ils changent de camp me paraît donc peu probable»

À Téhéran, les Gardiens de la révolution supervisent des bases dans chacun des 22 arrondissements de la ville. Ces bases sont gérées par des membres du Basij, un groupe paramilitaire de volontaires qui a mené la répression gouvernementale contre les manifestants en janvier, selon un rapport d’Aarabi et de Saeid Golkar, professeur associé à l’Université du Tennessee à Chattanooga. Quelque 3 000 installations plus petites des Basij sont également disséminées dans la plupart des quartiers de Téhéran. Et il existe une infrastructure similaire à travers le pays.

Richard Fontaine qui dirige le Center for a New American Security, un groupe de réflexion basé à Washington, déclare sur les réseaux sociaux qu’il serait «extrêmement difficile de renverser le régime sans occuper le pays ni déployer de troupes au sol». Il ajoute : «Les Gardiens de la révolution et les Basij conserveront les armes, contrairement au peuple». 

Alors que les frappes américaines et israéliennes en Iran se poursuivent et s’intensifient, les forces de sécurité ont pris des mesures pour empêcher les manifestants anti-régime de descendre dans la rue, comme ils l’avaient fait en grand nombre en décembre et janvier avant la répression sanglante. La police a installé des points de contrôle dans tout Téhéran, tandis que les Basij organisaient des manifestations anti-américaines dans les universités, souvent foyers de contestation.

Stratégie de «défense mosaïque»

Les dirigeants iraniens se préparaient à une attaque contre le régime susceptible d’entraîner l’effondrement de la chaîne de commandement. En février, les Gardiens de la révolution ont annoncé leur intention de réactiver leur stratégie dite de «défense mosaïque», qui permet aux commandants de donner des ordres d’une manière indépendante à leurs unités. Cette stratégie visait spécifiquement à renforcer la résilience du pays face aux attaques extérieures.

Des responsables iraniens ont déclaré que la République islamique avait préparé quatre niveaux de relève pour chaque poste important, y compris les commandants militaires, en prévision d’une campagne militaire prolongée.

Outre Khamenei, les attaques américaines et israéliennes de samedi ont tué le commandant en chef des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour laissant penser que les États-Unis cherchent à affaiblir les Gardiens de la révolution. Cependant, Pakpour a été aussitôt remplacé par Ahmad Vahidi qui affiche à son compteur 47 ans au sein des CGRI qu’il a intégré à leur fondation en 1979. Vahidi a dirigé la Force Al-Qods de 1990 à 1997, il a également dirigé l’appareil de renseignement des CGRI et il a occupé les postes de ministre de la Défense et de ministre de l’Intérieur, un dur parmi les durs. 

Le WSJ rapporte que, selon les analystes, les attaques contre les installations des Gardiens de la révolution pourraient démanteler leur contrôle sur les éléments de rang inférieur et réduire leur capacité à réprimer la dissidence interne.

Dans un communiqué publié après l’annonce de la mort de Khamenei, les Gardiens de la révolution ont juré de «s’opposer fermement aux complots internes et externes et de punir ceux qui attaquent la patrie». Et des responsables politiques ont déclaré que le régime avait élaboré des plans d’urgence en prévision de la mort de Khamenei.

Des fidèles du régime affirment que les services de renseignement iraniens avaient élaboré des plans pour qu’un commandant militaire prenne le pouvoir. La transition d’un régime théocratique vers un régime plus militariste est en cours depuis des années, les Gardiens de la révolution ayant pris le contrôle d’une grande partie de l’économie, établi des groupes qui leur sont fidèles dans les universités et les institutions et infiltré l’armée régulière et le gouvernement.

Il est à signaler qu’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement, appartiennent au CGRI et leur nom circule dans la course à la succession d’Ali Khamenei. 

Dans un message publié samedi sur la plateforme X, Larijani a promis que l’Iran infligerait à Israël et aux États-Unis «une leçon inoubliable». Quant à Ghalibaf, il a joué un rôle dans la coordination de la riposte militaire lors de l’attaque israélienne et américaine contre l’Iran en juin.

Cependant, Golkar, estime que l’instauration d’un régime militaire n’était pas inévitable, surtout si Larijani, Ghalibaf ou leurs successeurs étaient tués.

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Facturation électronique | Réforme nécessaire, transition à mieux piloter

Avec le choix de la généralisation de la facturation électronique, le cap est clair : moderniser l’administration fiscale, renforcer la transparence et réduire l’économie informelle. Le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi, l’a affirmé sans ambiguïté : il n’y aura ni annulation ni retour en arrière. Mais le système mis en place, qui devait être en vigueur depuis le 1er janvier 2026, a connu des couacs organisationnels qui ont empêché sa généralisé.

Abdelwaheb Ben Moussa *     

Sur le principe, difficile de contester l’orientation. La digitalisation fiscale est devenue une norme internationale. Elle améliore la traçabilité, réduit les marges d’opacité et permet un contrôle plus ciblé. À terme, elle peut rendre le système plus équitable et plus efficace.

Mais reconnaître la nécessité d’une réforme n’interdit pas d’en questionner le rythme et la méthode.

Une mutation profonde de la relation fiscale

La facturation électronique ne constitue pas un simple changement d’outil. Elle transforme la relation entre l’État et l’entreprise.

Hier, le contrôle fiscal était ponctuel, souvent déclenché a posteriori. Demain — et déjà aujourd’hui pour certains — chaque facture devient traçable dès son émission. Les écarts de TVA peuvent être détectés automatiquement. Les incohérences apparaissent presque en temps réel.

Cette évolution renforce la transparence. Elle instaure aussi une pression nouvelle, notamment pour les PME et les micro-entreprises qui ne disposent ni de services juridiques internes ni d’équipes informatiques dédiées.

Le principe est vertueux. L’application, elle, est exigeante.

Une transition plus brutale que prévu

Sur le terrain, les retours sont contrastés. Certains logiciels restent perfectibles. Les règles relatives aux annulations et aux avoirs évoluent encore. Les comptables doivent absorber une charge technique supplémentaire.

Rien d’anormal dans une réforme de cette ampleur. Toute transformation structurelle génère une phase d’ajustement. La question n’est donc pas de savoir s’il faut avancer, mais comment.

Une préparation plus progressive, accompagnée de tests élargis et d’un encadrement renforcé des petites structures, aurait probablement réduit les tensions initiales. Beaucoup d’entreprises n’ont pas résisté au principe de la réforme ; elles ont surtout redouté la vitesse d’exécution.

Des gagnants évidents, des acteurs sous pression

Il serait réducteur de ne voir que les difficultés. La réforme crée aussi des opportunités. Les éditeurs de logiciels, les intégrateurs ERP, les cabinets d’audit, les experts en cybersécurité et les prestataires de services numériques bénéficient d’un marché en expansion.

À moyen terme, l’écosystème fintech et la formation professionnelle pourraient également en tirer parti.

En revanche, les entreprises peu digitalisées se trouvent face à un double défi : investissement technologique et montée en compétence. Pour certaines micro-structures, la transition représente un effort financier et organisationnel significatif.

La modernisation produit toujours des gagnants plus rapides que d’autres.

À l’horizon 2030, le contrôle fiscal tunisien pourrait devenir plus automatisé, plus ciblé et potentiellement plus prévisible. Les anomalies détectées en amont permettraient d’éviter des contrôles lourds et tardifs. Si le système est bien calibré, il pourrait réduire l’arbitraire et concentrer les efforts sur les véritables écarts.

C’est là que réside l’enjeu stratégique : passer d’un contrôle réactif à un contrôle intelligent.

Mais cette évolution suppose une stabilité réglementaire, une fiabilité technique et un accompagnement pédagogique continu.

Moderniser, oui. Fragiliser, non.

La digitalisation fiscale est inévitable. Refuser la facturation électronique reviendrait à retarder une évolution structurelle mondiale.

Pour autant, la réussite d’une réforme ne se mesure pas uniquement à la fermeté du calendrier. Elle se mesure à sa capacité d’intégration dans le tissu économique réel, notamment celui des PME qui constituent l’ossature de l’économie tunisienne.

La volonté politique est affirmée. Reste à transformer cette volonté en réussite opérationnelle partagée.

Moderniser, oui. Mais en veillant à ne pas fragiliser ceux que l’on cherche précisément à intégrer davantage dans l’économie formelle.

* Ingénieur en informatique, cadre supérieur du secteur bancaire public.

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Mille et une nuits à Téhéran | Shahrayar tout feu tout flammes

Le soir venu, le ciel de l’Iran, pays des shahs, s’illumine, il est tout feu tout flamme. Une stratégie bien connue et bien rodée depuis par les forces occidentales. Frapper l’ennemi quand il s’y attend le moins. La nuit ne porte plus conseil : elle est devenue synonyme d’angoisse et augure de longues heures de prières muettes et de douâs (supplications).

Mohsen Redissi *

Les appels à la clémence d’Allah sont chaque fois interrompus par les fracas des bombes touchant les bâtiments. Des cris de douleur d’hommes et de femmes ayant perdu des proches derrière chaque déflagration. Hélas, leurs lamentations sont couvertes par les sanglots longs des blessés profondément touchés dans leur chair.

L’espace aérien iranien est traversé de part en part par de toute sorte d’objets volants reconnaissables à la traîne que chaque missile laisse derrière lui. Les naïfs les prendront pour des étoiles filantes. Du missile balistique tiré de très loin, visible que lorsqu’il entre dans l’atmosphère via une traînée de nuages en forme de cloche qu’il laisse derrière lui, au missile de croisière, le Tomahawk, aussi tranchant dans les guerres modernes que son ancêtre, la hache de guerre des amérindiens.

Tous pour Israël

Dans ce contexte de guerre céleste, il est plus facile pour les populations de passer de vie à trépas. Leur unique tort est de ne pas avoir pu voir la mort venir, tombée des cieux comme par enchantement. Une mort pas très douce, bénie par les nouveaux dieux de la guerre. Un châtiment. On se croirait en enfer. A chacun sa baraka.

La Société des Nations hostiles à l’Iran (SDN-HI) formée de superpuissances, adversaires farouches du régime des mollahs, est un soutien indéfectible publiquement, militairement et diplomatiquement, d’Israël au détriment de toute convenance, entraînant ainsi un déséquilibre dans tout le Moyen-Orient.

Cette nouvelle Société des nations considère que le règne des mollahs doit prendre fin sous prétexte que ses dirigeants sont sans indulgence aucune envers les revendications de leur peuple. Elle a décidé d’un commun accord avec l’allié et donneur d’ordre israélien d’éliminer l’éminence grise et spirituelle du régime en menant des frappes à l’intérieur de l’Iran.

Des histoires sans fin

L’histoire américaine avec l’Iran semble être une histoire sans fin. C’est le seul pays au Proche-Orient, y compris Israël et hormis le Yémen, qui ne dépend pas des dons des Américains et de leurs larges subsides, ou de leur protection militaire pour rester en place dans le cas d’un conflit avec un pays voisin.

Jadis, Shéhérazade avait inventé le conte à épisodes pour calmer les ardeurs et le penchant meurtrier de Shahrayar gardant ainsi la tête sur les épaules.

Shahrayar, personnage dominateur et manipulateur, excelle dans le maniement de la carotte et du bâton. Dans son bureau ovale, il a su doser son langage soporifique à bon escient, laissant croire que son équipe est en discussion avec les parties adverses pour trouver une solution à leurs différends, faisant planer en même temps sur leur tête le spectre d’une intervention militaire. Son épée de Damoclès est une armada de bâtiments de guerre qui ont mouillé dans les eaux territoriales en Méditerranée de l’Est et dans le golfe Persique. La forme suprême de la dissuasion.

Pendant des mois et des mois, Shéhérazade et Shahrayar se racontent des histoires dont l’entracte est l’enrichissement de l’uranium, créant ainsi un fort suspense et une tension palpable dans les déclarations de chacune des parties. Puis, les discussions reprennent aussitôt directement ou via des émissaires. Ce stratagème dure pendant plus de mille et une nuits, depuis des lustres. Le monde ne croit plus à ces histoires sans fin.

Shéhérazade multiplie les histoires et fait preuve d’ingéniosité pour garder la tête sur les épaules. Shahrayar lui fait planer le spectre d’une confrontation inéluctable qui engendrerait la désolation. L’objectif prioritaire et la finalité de Washington est de faire taire les centrifugeuses iraniennes et l’abandon du développement de missiles balistiques. D’autres exigences peuvent être mises sur la table de dissuasion.

Finalement, Shahrayar, fatigué de ce jeu macabre, a estimé qu’un changement de régime en Iran serait sa meilleure option. Il a joué son dernier coup en lançant sur l’Iran une opération militaire d’envergure avec son allié israélien «Fureur épique». Échec et mat, comble pour la civilisation du Shatranj.

* Fonctionnaire à la retraite.

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Tunisie | Quatorze ans de prison pour Marouane Mabrouk  

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a condamné hier, lundi 2 mars 2026, l’homme d’affaires Marouane Mabrouk à des peines totalisant 14 ans de prison et à une amende de 100 millions de dinars.

Mabrouk a été condamné à 6 ans de prison pour «détournement de fonds publics», en lien avec la décision des autorités tunisiennes, en 2018, de lever le gel de ses avoirs auprès de l’Union européenne.

Il a également été condamné à 5 ans de prison pour blanchiment d’argent et pour avoir exploité les privilèges liés à sa fonction et à ses activités professionnelles et sociales, en plus d’une amende initiale de 100 000 dinars, assortie d’une seconde de 100 millions de dinars.

Par ailleurs, il a écopé d’une peine de 3 ans de prison pour «utilisation de ses fonctions, en tant que dirigeant d’une société d’État, en vue d’obtenir des avantages indus pour autrui et au détriment de l’administration».

L’homme d’affaires a ainsi été condamné à une peine totale de 14 ans de prison.

Dans la première affaire, l’ancien directeur général d’Al Karama Holding Adel Grar, et les anciens ministres, Mehdi Ben Gharbia, Mohamed Ridha Chalghoum, Mohamed Anouar Maarouf, Khémais Jhinaoui et Lotfi Ben Sassi ont été également condamnés à 6 ans de prison.

L’ancien chef du gouvernement Youssef Chahed et l’ex-ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières Mabrouk Korchid, ont, aussi, été condamnés, par contumace, à la même peine, avec exécution immédiate.

Trois autres ministres ont bénéficié d’un non-lieu, rapporte Mosaïque FM.

I. B.

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Alerte sanitaire en Algérie concernant des sardines tunisiennes

Une alerte sanitaire a été émise en Algérie concernant les sardines tunisiennes en conserve, potentiellement dangereuses pour la santé publique. L’avertissement a été émis par la Direction de la pêche de la province d’El Tarf, frontalière de la Tunisie, suite à la commercialisation de sardines à l’huile d’olive sous la marque tunisienne El Manar, qui affirme n’avoir enregistré aucune réclamation en Tunisie.

Dans une note d’information, les autorités locales mettent en garde contre la consommation de ce produit, dont la teneur en histamine dépasse les limites autorisées et peut provoquer une intoxication alimentaire. Il est conseillé aux consommateurs de ne pas acheter les emballages concernés et à ceux qui en ont déjà acheté de ne pas les consommer.

La Direction de la pêche recommande également de contacter le centre de santé le plus proche en cas de symptômes tels que réactions cutanées, maux de tête, nausées, diarrhée ou autres signes évocateurs d’une intoxication alimentaire. Les services compétents, assure-t-on, suivent la situation en coordination avec les agences spécialisées afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé publique.

L’alerte a également été relayée sur les réseaux sociaux par l’Association algérienne de protection des consommateurs, qui a précisé que l’histamine se forme suite à une mauvaise conservation du poisson ou à une rupture de la chaîne du froid et qu’elle n’est pas éliminée par la cuisson ou la mise en conserve.

Par ailleurs, l’association indique qu’un lot du même produit a également fait l’objet, en janvier dernier, d’un rappel en France, selon un avis publié sur la plateforme gouvernementale RappelConso.

En réaction, la société El Manar a publié un communiqué où elle a expliqué que le retrait de son produit du marché français répondait à une démarche purement préventive, ajoutant qu’elle a immédiatement effectué de nouvelles analyses approfondies sur le lot incriminé, ainsi que sur des lots commercialisés sur le marché tunisien où aucune réclamation n’a été enregistrée, a-t-elle assuré.

I. B.

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