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Flambée des prix du pétrole et hausse des taux d’intérêt

Les investisseurs doivent se préparer dès maintenant à une hausse des taux d’intérêt en raison de l’escalade de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, avertit Nigel Green, le PDG du cabinet de conseil financier du groupe deVere, alors que les marchés pétroliers sont en pleine tourmente suite aux menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole brut.

Un commandant des Gardiens de la révolution iraniens a déclaré, mardi 3 mars 2026, que le détroit d’Ormuz, principal axe de transport mondial de pétrole brut, était fermé et a menacé d’incendier tout navire tentant de le franchir. Le marché n’a pas manqué de réagir : le Brent a dépassé les 87 dollars le baril après une hausse de plus de 9 % en une seule séance, tandis que le West Texas Intermediate a franchi la barre des 83 dollars, en hausse de plus de 8 %, enregistrant ainsi l’une des plus fortes progressions à court terme depuis plus d’un an.

Une inflation globale

Nigel Green déclare : «Lorsque le prix du pétrole flambe avec une telle ampleur et une telle rapidité, l’inflation ne progresse pas lentement, elle s’accélère brusquement. L’énergie est omniprésente dans toutes les chaînes d’approvisionnement. Une hausse durable du Brent vers 90 dollars modifie fondamentalement les perspectives d’inflation et oblige à revoir les anticipations de taux d’intérêt.» Il poursuit : «Les marchés s’étaient positionnés en prévision de coûts d’emprunt plus faibles, mais ce scénario est désormais remis en question. Un nouveau choc énergétique de cette ampleur réduit la marge de manœuvre pour des baisses de taux et accroît la probabilité que la politique monétaire reste restrictive plus longtemps que prévu par les investisseurs.»

Le PDG de deVere explique : «La hausse des prix du pétrole se répercute directement sur les transports, la logistique, la production alimentaire et les factures d’énergie des ménages. Cette pression se traduit rapidement par une inflation globale, puis se répercute sur l’inflation sous-jacente via les salaires et les décisions de prix des entreprises. Les banques centrales sont parfaitement conscientes de ce mécanisme de transmission.»

Les taux restent élevés

Si les anticipations d’inflation recommencent à augmenter, les autorités monétaires réagiront avec fermeté. Par conséquent, les investisseurs doivent se préparer à ce que «les taux restent élevés jusqu’en 2026, voire augmentent encore si l’inflation persiste».

Sur les marchés obligataires, «les rendements obligataires s’ajustent déjà pour refléter la baisse de confiance dans les baisses de taux à court terme. Le risque de duration s’accentue dans ce contexte», avertit Green.

Le dollar américain attire de nouveau des flux de capitaux vers les valeurs refuges. En période d’escalade géopolitique conjuguée au risque inflationniste, les capitaux se tournent vers les actifs libellés en dollars. «Nous constatons une demande accrue de bons du Trésor et d’obligations de haute qualité, les investisseurs recherchant à la fois rendement et sécurité», souligne l’expert.

À ces niveaux, le pétrole comprime également les marges des entreprises. Celles qui doivent faire face à la hausse de leurs coûts de production devront soit absorber l’impact, soit le répercuter sur les consommateurs.

«Les deux scénarios ont des conséquences sur les prévisions de résultats et la valorisation des actions», souligne le PDG de deVere, qui insiste sur le risque de prolongation du conflit. «Les marchés ne peuvent pas anticiper une résolution rapide. La perturbation de l’un des corridors énergétiques les plus critiques au monde engendre un risque structurel», ajoute-t-il. Et conclut par ce conseil : «Le positionnement des portefeuilles doit tenir compte de la possibilité que les prix élevés du pétrole persistent pendant des mois, et non des jours.»

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Iran | L’ultime bataille des Gardiens de la révolution

Au lendemain de l’avènement de la révolution islamique en Iran et de son accession au pouvoir, l’ayatollah Khomeini était méfiant à l’endroit de l’armée régulière, héritière de celle du Shah. Il avait décidé de fonder une entité, composée de ses plus fidèles affidés, nommée le Corps de Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) dont la mission est d’assurer la pérennité du régime. Au fil des décennies, des guerres, des révoltes réprimées mais aussi à force que le défunt ayatollah Ali Khamenei avançait dans l’âge, le CGRI n’a cessé de gagner en puissance. Aujourd’hui, les Gardiens de la Révolution doivent faire face au feu et à la fureur de la machine de guerre israélo-américaine. C’est la survie du régime et par ricochet la leur qui est menacée. 

Imed Bahri

Dans une enquête consacrée au CGRI publiée dans le Wall Street Journal, David S. Cloud et Benoît Faucon considèrent que les frappes aériennes américaines et israéliennes ont certes tué plusieurs hauts dirigeants iraniens en seulement quelques heures dont le Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, cependant, le vaste appareil sécuritaire qu’ils supervisaient pour assurer la survie du régime demeure intact. 

Le CGRI est principalement connu comme une force armée comptant quelque 200 000 membres paramilitaires. Mais il fonctionne également comme un gouvernement parallèle et une puissance économique, sa mission principale étant de défendre le régime islamique établi après la révolution de 1979 et d’étendre son influence au Moyen-Orient.

Un Etat dans l’Etat

À moins d’être vaincu ou réorienté d’une manière ou d’une autre, le CGRI conservera sa capacité à générer des revenus par des activités illicites et à soutenir des groupes interposés comme les Houthis au Yémen qui harcèlent les États-Unis et leurs alliés.

Le CGRI possède ses propres branches militaires et de renseignement, distinctes des forces armées traditionnelles, et est profondément implanté dans les secteurs économiques du pays.

La Force Al-Qods, unité clandestine, gère les relations de l’Iran avec les groupes armés mandataires de la région, tandis que d’autres composantes du CGRI sont responsables du programme de missiles et de la sécurité intérieure.

Selon des analystes et des dirigeants de l’opposition iranienne, paralyser le CGRI pourrait nécessiter des semaines, voire des mois, de frappes aériennes supplémentaires et d’autres actions militaires. Sans de telles mesures, le régime iranien risque de se maintenir au pouvoir et de devenir encore plus répressif, car les éléments les plus radicaux ayant survécu jusque-là aux frappes américaines et israéliennes vont s’appuyer sur la loyauté du CGRI dans l’espoir d’assurer la pérennité du régime.

Vers un État militaire plus fermé

Mohammed Al-Basha, fondateur de Basha Report, un cabinet de conseil en gestion des risques basé à Washington, estime que l’assassinat de Khamenei renforce les éléments les plus radicaux et militaristes du régime. «Aucune opposition organisée n’est prête à saisir cette opportunité. Le résultat le plus probable n’est pas une réforme mais une consolidation du pouvoir, nous rapprochant d’un État militaire fermé».

Samedi, le président Donald Trump a appelé les Gardiens de la révolution et la police à «s’intégrer pacifiquement» et à «collaborer» avec les citoyens iraniens opposés au gouvernement. «Nous entendons dire que nombre de membres des Gardiens de la révolution, de l’armée, des forces de sécurité et de la police ne veulent plus combattre et recherchent l’immunité», a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.

Un noyau dur d’irréductibles

Cependant, les analystes estiment qu’une rupture des Gardiens de la révolution avec 47 ans de régime islamique rigoriste et d’hostilité envers les États-Unis est le scénario le moins probable à court terme.

Il existe des pragmatiques au sein des Gardiens de la révolution mais leur attachement au fondamentalisme religieux n’en est pas moins fort que celui de Khamenei et des religieux qui ont gouverné à ses côtés. Nombre de leurs dirigeants ont été formés comme combattants lors de la sanglante guerre contre l’Irak dans les années 1980, une période qui a consolidé le rôle central des Gardiens dans le soutien au régime. Sous Khamenei, la domination idéologique s’est encore renforcée, selon les analystes.

Le système politique iranien pourrait évoluer vers une forme de dictature militaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution. Les analystes estiment difficile d’imaginer l’émergence d’une figure comme Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, qui s’est alignée sur Washington depuis l’arrestation de Nicolás Maduro lors d’un raid américain début janvier.

Kasra Aarabi, directeur de la recherche sur les Gardiens de la révolution au sein de United Against Nuclear Iran, une organisation politique opposée au régime iranien, se montre tout aussi pessimiste : «Les Gardiens de la révolution constituent une force très radicale et dogmatique. L’idée qu’ils changent de camp me paraît donc peu probable»

À Téhéran, les Gardiens de la révolution supervisent des bases dans chacun des 22 arrondissements de la ville. Ces bases sont gérées par des membres du Basij, un groupe paramilitaire de volontaires qui a mené la répression gouvernementale contre les manifestants en janvier, selon un rapport d’Aarabi et de Saeid Golkar, professeur associé à l’Université du Tennessee à Chattanooga. Quelque 3 000 installations plus petites des Basij sont également disséminées dans la plupart des quartiers de Téhéran. Et il existe une infrastructure similaire à travers le pays.

Richard Fontaine qui dirige le Center for a New American Security, un groupe de réflexion basé à Washington, déclare sur les réseaux sociaux qu’il serait «extrêmement difficile de renverser le régime sans occuper le pays ni déployer de troupes au sol». Il ajoute : «Les Gardiens de la révolution et les Basij conserveront les armes, contrairement au peuple». 

Alors que les frappes américaines et israéliennes en Iran se poursuivent et s’intensifient, les forces de sécurité ont pris des mesures pour empêcher les manifestants anti-régime de descendre dans la rue, comme ils l’avaient fait en grand nombre en décembre et janvier avant la répression sanglante. La police a installé des points de contrôle dans tout Téhéran, tandis que les Basij organisaient des manifestations anti-américaines dans les universités, souvent foyers de contestation.

Stratégie de «défense mosaïque»

Les dirigeants iraniens se préparaient à une attaque contre le régime susceptible d’entraîner l’effondrement de la chaîne de commandement. En février, les Gardiens de la révolution ont annoncé leur intention de réactiver leur stratégie dite de «défense mosaïque», qui permet aux commandants de donner des ordres d’une manière indépendante à leurs unités. Cette stratégie visait spécifiquement à renforcer la résilience du pays face aux attaques extérieures.

Des responsables iraniens ont déclaré que la République islamique avait préparé quatre niveaux de relève pour chaque poste important, y compris les commandants militaires, en prévision d’une campagne militaire prolongée.

Outre Khamenei, les attaques américaines et israéliennes de samedi ont tué le commandant en chef des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour laissant penser que les États-Unis cherchent à affaiblir les Gardiens de la révolution. Cependant, Pakpour a été aussitôt remplacé par Ahmad Vahidi qui affiche à son compteur 47 ans au sein des CGRI qu’il a intégré à leur fondation en 1979. Vahidi a dirigé la Force Al-Qods de 1990 à 1997, il a également dirigé l’appareil de renseignement des CGRI et il a occupé les postes de ministre de la Défense et de ministre de l’Intérieur, un dur parmi les durs. 

Le WSJ rapporte que, selon les analystes, les attaques contre les installations des Gardiens de la révolution pourraient démanteler leur contrôle sur les éléments de rang inférieur et réduire leur capacité à réprimer la dissidence interne.

Dans un communiqué publié après l’annonce de la mort de Khamenei, les Gardiens de la révolution ont juré de «s’opposer fermement aux complots internes et externes et de punir ceux qui attaquent la patrie». Et des responsables politiques ont déclaré que le régime avait élaboré des plans d’urgence en prévision de la mort de Khamenei.

Des fidèles du régime affirment que les services de renseignement iraniens avaient élaboré des plans pour qu’un commandant militaire prenne le pouvoir. La transition d’un régime théocratique vers un régime plus militariste est en cours depuis des années, les Gardiens de la révolution ayant pris le contrôle d’une grande partie de l’économie, établi des groupes qui leur sont fidèles dans les universités et les institutions et infiltré l’armée régulière et le gouvernement.

Il est à signaler qu’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement, appartiennent au CGRI et leur nom circule dans la course à la succession d’Ali Khamenei. 

Dans un message publié samedi sur la plateforme X, Larijani a promis que l’Iran infligerait à Israël et aux États-Unis «une leçon inoubliable». Quant à Ghalibaf, il a joué un rôle dans la coordination de la riposte militaire lors de l’attaque israélienne et américaine contre l’Iran en juin.

Cependant, Golkar, estime que l’instauration d’un régime militaire n’était pas inévitable, surtout si Larijani, Ghalibaf ou leurs successeurs étaient tués.

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Facturation électronique | Réforme nécessaire, transition à mieux piloter

Avec le choix de la généralisation de la facturation électronique, le cap est clair : moderniser l’administration fiscale, renforcer la transparence et réduire l’économie informelle. Le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi, l’a affirmé sans ambiguïté : il n’y aura ni annulation ni retour en arrière. Mais le système mis en place, qui devait être en vigueur depuis le 1er janvier 2026, a connu des couacs organisationnels qui ont empêché sa généralisé.

Abdelwaheb Ben Moussa *     

Sur le principe, difficile de contester l’orientation. La digitalisation fiscale est devenue une norme internationale. Elle améliore la traçabilité, réduit les marges d’opacité et permet un contrôle plus ciblé. À terme, elle peut rendre le système plus équitable et plus efficace.

Mais reconnaître la nécessité d’une réforme n’interdit pas d’en questionner le rythme et la méthode.

Une mutation profonde de la relation fiscale

La facturation électronique ne constitue pas un simple changement d’outil. Elle transforme la relation entre l’État et l’entreprise.

Hier, le contrôle fiscal était ponctuel, souvent déclenché a posteriori. Demain — et déjà aujourd’hui pour certains — chaque facture devient traçable dès son émission. Les écarts de TVA peuvent être détectés automatiquement. Les incohérences apparaissent presque en temps réel.

Cette évolution renforce la transparence. Elle instaure aussi une pression nouvelle, notamment pour les PME et les micro-entreprises qui ne disposent ni de services juridiques internes ni d’équipes informatiques dédiées.

Le principe est vertueux. L’application, elle, est exigeante.

Une transition plus brutale que prévu

Sur le terrain, les retours sont contrastés. Certains logiciels restent perfectibles. Les règles relatives aux annulations et aux avoirs évoluent encore. Les comptables doivent absorber une charge technique supplémentaire.

Rien d’anormal dans une réforme de cette ampleur. Toute transformation structurelle génère une phase d’ajustement. La question n’est donc pas de savoir s’il faut avancer, mais comment.

Une préparation plus progressive, accompagnée de tests élargis et d’un encadrement renforcé des petites structures, aurait probablement réduit les tensions initiales. Beaucoup d’entreprises n’ont pas résisté au principe de la réforme ; elles ont surtout redouté la vitesse d’exécution.

Des gagnants évidents, des acteurs sous pression

Il serait réducteur de ne voir que les difficultés. La réforme crée aussi des opportunités. Les éditeurs de logiciels, les intégrateurs ERP, les cabinets d’audit, les experts en cybersécurité et les prestataires de services numériques bénéficient d’un marché en expansion.

À moyen terme, l’écosystème fintech et la formation professionnelle pourraient également en tirer parti.

En revanche, les entreprises peu digitalisées se trouvent face à un double défi : investissement technologique et montée en compétence. Pour certaines micro-structures, la transition représente un effort financier et organisationnel significatif.

La modernisation produit toujours des gagnants plus rapides que d’autres.

À l’horizon 2030, le contrôle fiscal tunisien pourrait devenir plus automatisé, plus ciblé et potentiellement plus prévisible. Les anomalies détectées en amont permettraient d’éviter des contrôles lourds et tardifs. Si le système est bien calibré, il pourrait réduire l’arbitraire et concentrer les efforts sur les véritables écarts.

C’est là que réside l’enjeu stratégique : passer d’un contrôle réactif à un contrôle intelligent.

Mais cette évolution suppose une stabilité réglementaire, une fiabilité technique et un accompagnement pédagogique continu.

Moderniser, oui. Fragiliser, non.

La digitalisation fiscale est inévitable. Refuser la facturation électronique reviendrait à retarder une évolution structurelle mondiale.

Pour autant, la réussite d’une réforme ne se mesure pas uniquement à la fermeté du calendrier. Elle se mesure à sa capacité d’intégration dans le tissu économique réel, notamment celui des PME qui constituent l’ossature de l’économie tunisienne.

La volonté politique est affirmée. Reste à transformer cette volonté en réussite opérationnelle partagée.

Moderniser, oui. Mais en veillant à ne pas fragiliser ceux que l’on cherche précisément à intégrer davantage dans l’économie formelle.

* Ingénieur en informatique, cadre supérieur du secteur bancaire public.

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Tunisiens à l’étranger: les contacts diplomatiques à connaître dans le Golfe et le Moyen-Orient

Le ministère des Affaires étrangères met l’accent sur la nécessité d’une vigilance renforcée pour les Tunisiens établis dans le Golfe et au Moyen-Orient. Un autre communiqué a été publié hier soir à ce sujet.

Le message reflète une lecture prudente de la conjoncture régionale. Sans annoncer de mesures exceptionnelles, le département appelle les ressortissants tunisiens à se conformer strictement aux directives des autorités des pays d’accueil et les exhorte à maintenir un contact régulier avec les représentations diplomatiques tunisiennes.

En cas de nécessité, les Tunisiens établis dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient sont invités à contacter les missions diplomatiques et consulaires par courrier électronique ou via WhatsApp. Le ministère a diffusé, à cet effet, une liste de contacts des missions diplomatiques et consulaires, incluant numéros de téléphone et adresses électroniques. Et ce, afin de garantir une communication fluide et une prise en charge rapide de toute situation éventuelle. En filigrane, le communiqué rappelle que la situation reste ouverte et nécessite une attention continue.

ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens de l'étranger
Source: ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens de l’étranger

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Consommer tunisien: une journée spéciale sur Express FM

Fidèle à son ADN de «Créateur de valeurs», Express FM, la première radio business de Tunisie, annonce l’organisation d’une journée spéciale dédiée à la production nationale le jeudi 12 mars 2026.

Alors que le mois de Ramadan bat son plein, une période de pic de consommation par excellence, Express FM choisit cette date symbolique pour mettre en lumière l’excellence du «Made in Tunisia» et encourager les citoyens ainsi que les acteurs publics et privés à privilégier le produit local.

En 2026, dans un contexte économique mondial en mutation, le soutien à la souveraineté économique nationale n’est plus une option, mais une nécessité.

Cette journée spéciale lancera le débat autour de plusieurs axes, dont:

  1. Souveraineté Alimentaire & Industrielle: analyse des capacités de production nationale face à la demande nationale et internationale.
  2. Qualité et Innovation: valorisation des entreprises tunisiennes qui réussissent le pari de l’export tout en satisfaisant les exigences locales.
  3. Le Pouvoir d’Achat: comment le “Consommer Tunisien” peut-il offrir un rapport qualité-prix compétitif pour le consommateur tunisien en période d’inflation?

 

Tout au long de la journée du 12 mars, de 07h00 à16h00, les auditeurs d’Express FM auront rendez-vous avec des Entretiens avec les décideurs économiques sur les stratégies de soutien à l’industrie locale, un zoom sur l’artisanat moderne, l’agroalimentaire, le textile et les services digitaux tunisiens, les portraits d’entrepreneurs qui ont fait le choix du “Made in Tunisia” et qui rayonnent à l’échelle nationale et internationale et des débats sur les défis de la distribution et du packaging pour rendre le produit tunisien plus attractif.

Rappelons que chaque achat d’un produit tunisien est un investissement dans l’emploi de nos jeunes et dans la solidité de notre économie. Pour cela, Express FM invite l’ensemble de ses partenaires, les organisations patronales, les artisans et les consommateurs à se joindre à cette dynamique sur les ondes et sur ses plateformes digitales.

#ConsommerTunisien2026.

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Voici le top 7 des sites les plus visités au monde en 2026

Google domine le web mondial. YouTube règne sur la vidéo. ChatGPT surprend tout le monde. Voici les 7 sites qui captivent la planète en janvier 2026.

Google.com attire 94,8 milliards de visites par mois. C’est plus que les 5 suivants réunis. Des milliards de recherches quotidiennes, en 150 langues. Maps, Images, Actualités… Tout ramène chez Google. Android et Chrome boostent son empire mobile.

YouTube suit avec 49,7 milliards de visites. C’est la TV du XXIe siècle. Tutoriels, sports, podcasts: le contenu explose sur mobile. Les pubs ciblées rapportent gros. La télé traditionnelle perd du terrain.

Facebook (9,5 milliards) et Instagram (6,1 milliards) tiennent bon. Facebook unit familles et communautés. Instagram séduit les jeunes avec ses Reels, comme TikTok. Meta s’adapte et gagne.

ChatGPT arrive 5e, avec 5,5 milliards. L’IA générative explose en 3 ans. On l’utilise pour e-mails, code, apprentissage. L’utilisateur délègue ses idées à la machine. Google pourrait trembler.

Reddit (5,1 milliards) et Wikipedia (4,3 milliards) complètent le top. Reddit buzz avec des discussions vraies. Wikipedia, gratuit et en 330 langues, résiste aux géants.

Les 7 sites les plus visités (janvier 2026, Semrush)

# Site Visites/mois Description
1 google.com 94,8 Mds Moteur dominant
2 youtube.com 49,7 Mds Vidéo mondiale
3 facebook.com 9,5 Mds Réseau historique
4 instagram.com 6,1 Mds Influenceurs visuels
5 chatgpt.com 5,5 Mds IA en explosion
6 reddit.com 5,1 Mds Forums communautaires
7 wikipedia.org 4,3 Mds Encyclopédie gratuite

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L’assassinat de Khamenei, un jour d’infamie qui aura des conséquences

La guerre américaine actuelle contre l’Iran décidée sans consultation du Congrès, à l’instigation de Netanyahu, réalise d’autres objectifs que ceux proclamés par ses auteurs, en particulier l’interdiction de tout approvisionnement chinois en pétrole dans le Golfe hors de tout contrôle américain, ainsi que le renforcement de la supériorité militaire d’Israël sur les pays de la région, à même de lui permettre d’annexer sans opposition notable les territoires arabes de l’Euphrate au Nil ainsi que le dit la Bible, selon ses seuls intérêts et besoins, en s’assurant les conditions économiques adéquates à son développement au détriment des peuples de la région.

Dr Mounir Hanablia *

Les férus de la seconde guerre mondiale se souviendront du célèbre passage du discours du Président Roosevelt, qualifiant le 7 décembre 1941, date de l’attaque japonaise contre Pearl Harbour, de «jour d’infamie».

En effet des discussions avaient lieu entre des représentants des deux nations au moment où l’attaque s’était produite. Les Iraniens et les Américains s’étaient séparés à l’issue de discussions difficiles sans conclure, et pourtant ces derniers n’ont pas hésité à déclencher les hostilités, en arguant d’une «fenêtre d’opportunité»

Il y a des normes dans les relations internationales que l’on pensait définitivement établies. Depuis la paix de Westphalie de 1648, les rapports entre États obéissent à certaines règles dans le but d’éviter les conflits armés, et lorsqu’ils sont inévitables, d’atténuer les horreurs semblables à celles dont la Guerre de Trente Ans a été le théâtre.

Le droit international ignoré par les puissants

Ainsi un protocole a été établi visant à épargner l’intégrité physique des rois, afin que les réalités issues des conflits armés qui sont l’exception se traduisent par des accords perpétuant la paix. Ce ne fut pas là une nouveauté.

Si on en revient aux guerres féodales en Europe, les seigneurs et les rois, faits prisonniers, étaient épargnés puis libérés contre rançons conséquentes.

Or depuis le génocide de Gaza perpétré par l’armée israélienne utilisant les armes américaines les plus sophistiquées, ces normes que l’on qualifie depuis la création de l’Onu de droit international sont ignorées non par les instances chargées de les établir et de les contrôler, mais par les belligérants les plus puissants.

Il y a eu l’enlèvement du président vénézuélien en exercice par l’armée américaine agissant sous les ordres du président Trump.

On se souvient qu’en juin dernier à l’issue de la guerre des 12 jours menée par Israël contre l’Iran, l’armée américaine avait effectué un bombardement massif sur les installations nucléaires de Ferdaous et Natanz alors que des discussions se poursuivaient pour obtenir l’abandon du programme iranien d’enrichissement de l’uranium.

Il y a trois jours une opération militaire américaine de grande envergure a débuté par l’assassinat des plus hauts dirigeants iraniens, et particulièrement Ali Khameneï, l’autorité ultime de l’Etat dans son pays, dans un bombardement massif de son domicile où pas moins de trente bombes de grande puissance ont été utilisées. Qu’ils aient été qualifiés de «clique de voyous» par le commanditaire de leur exécution importe peu.

Un vengeur tombé de la Bible

Le fait notable est la mort de l’ancien président Ahmadinejad dans les mêmes circonstances à son domicile dans un bombardement. Il était devenu la bête noire des sionistes lorsqu’il avait appelé à la destruction de l’État d’Israël.

Ainsi et dans une guerre du XXIe siècle menée grâce à la collaboration d’Amazon, Google, Elon Musk et l’intelligence artificielle, Netanyahu s’adjugeait-il l’aura d’un vengeur tombé de la Bible. Or le droit divin ne s’accorde que peu avec les conventions de Genève protégeant les populations civiles contre les méfaits de la guerre, en particulier lorsqu’il s’agit d’usurpation de territoire et de nettoyage ethnique. Et on peut donc comprendre l’insistance du Président Trump à créer ce fameux Conseil de la Paix réservé aux milliardaires, et à liquider les instances internationales issues de l’Onu qui ont inculpé son sbire et mentor de génocide.

Dans ces conditions il paraît douteux qu’il y eût eu préalablement à cela une quelconque volonté de résoudre pacifiquement le conflit.

Il faut en effet noter que les discussions engagées pour obtenir la dénucléarisation de l’Iran avaient abouti à des concessions substantielles par ce pays. Elles auraient donc pu se poursuivre pour en obtenir davantage. Mais selon de nombreux commentateurs, la guerre avait déjà été décidée depuis le 29 janvier dernier, date de la visite effectuée par Netanyahu à Mar-a-Lago, lieu de résidence de Donald Trump.

Il faut donc convenir que tout cela n’avait été qu’une mise en scène destinée à permettre à l’armée américaine de parfaire ses préparatifs. Une fois achevés, la mise en branle de la machine de guerre devenait inévitable.

Il est inutile de rappeler toutes les péripéties qui ont jalonné le cours des relations irano-américaines, en 1953 avec le renversement de Mossadegh, ou depuis 1979, date de la révolution islamique, la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran, la mort des 250 marines dans une attaque suicide à Beyrouth en 1983, en passant par le soutien américain apporté à Saddam Hussein pour envahir l’Iran durant une guerre de huit ans.

Néanmoins, lorsque ses ambitions nucléaires eurent été avérées, ce pays a été soumis à un embargo international visant à asphyxier son économie.

De fausses négociations pour préparer une vraie agression

Le Plan d’action global commun établi sur un programme nucléaire contrôlé par les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique en 2015 et avalisé par le président Obama, dont on pensait qu’il marquerait la fin du contentieux, a été dénoncé par son successeur Trump immédiatement après son élection, à l’instigation du premier ministre israélien Netanyahu. L’embargo contre l’Iran a donc été renforcé. Jusqu’à ce que l’annonce par Netanyahu du projet de normalisation politique avec l’Arabie Saoudite et du programme de corridor économique depuis les rives de l’Océan Indien jusqu’à Israël, à travers la péninsule arabique, les Emirats arabes unis et la Jordanie, constitue le facteur décisif à l’origine du 7 octobre 2023, et de l’irruption du Hamas, du Hezbollah, et des Houthis du Yémen, sur le théâtre des opérations.

Le programme envisagé ferait d’Israël la plaque tournante économique et financière du Moyen Orient au même titre que Singapour en Asie, tout en marginalisant le Canal de Suez et le détroit d’Ormuz, une perspective que nul régime politique en Iran ne peut accepter, pour ne pas dire l’un quelconque déjà soumis à un embargo sévère et ayant d’autant plus de raisons de miser sur l’énergie nucléaire.

On n’en finira pas de sitôt avec la question iranienne

La question iranienne peut donc être momentanément écrasée sous les bombes, mais elle n’en continuera pas moins à l’avenir à se poser avec acuité, même après le départ des mollahs. Il ne faut pas oublier que l’ambition du Shah d’Iran était déjà de doter son pays de la technologie nucléaire et on peut se demander si cela n’avait pas été la véritable raison pour laquelle il avait été délaissé par ses parrains américains.

D’autre part, la question de la légitimité de l’usage de la violence par les grandes puissances, en dehors des lois internationales, reste posée. Le gouvernement israélien renvoie l’origine de la guerre au 7 octobre et à la pluie de missiles qui s’est abattue sur son territoire depuis Gaza, le Sud Liban, et le Yémen.

En réalité, sa gestion génocidaire de la guerre à Gaza n’a eu dès le départ qu’un but, créer les conditions politiques et militaires adéquates nécessitant l’intervention américaine pour frapper l’Iran et abattre son régime. Or, des raisons propres, l’Amérique en avait: l’’interdiction aux Chinois de l’accès au pétrole iranien; le rétablissement de son prestige, terni par son incapacité à assurer la liberté de navigation à l’entrée de la mer Rouge, sérieusement entravée par les Houthis; le solde définitif des comptes avec ceux jugés responsables de la prise d’otage de l’ambassade en 1979, des enlèvements et des attentats de Beyrouth dans les années 80 qui constituaient pourtant des réponses à l’invasion israélienne du Liban et à la destruction de Beyrouth en 1982.

De tout ceci on peut conclure plusieurs choses. La guerre américaine actuelle décidée sans consultation du Congrès, à l’instigation de Netanyahu, réalise d’autres objectifs que ceux proclamés par ses auteurs, en particulier l’interdiction de tout approvisionnement chinois en pétrole dans le Golfe hors de tout contrôle américain, ainsi que le renforcement de la supériorité militaire d’Israël sur les pays de la région, à même de lui permettre d’annexer sans opposition notable les territoires arabes de l’Euphrate au Nil ainsi que le dit la Bible, selon ses seuls intérêts et besoins, en s’assurant les conditions économiques adéquates à son développement au détriment des peuples de la région. Que le colonialisme israélien et l’impérialisme américain aient trouvé là une occasion de plus de réaliser leurs objectifs ne peut être nié.

Cependant, les liquidations bibliques des dirigeants et des présidents risquent de ne pas s’avérer suffisantes au Moyen-Orient ou ailleurs pour dissuader les peuples de lutter pour recouvrer leurs droits nationaux et s’assurer les moyens de défendre leurs pays contre les agresseurs. Et l’intelligence artificielle est une arme à double tranchant. Si le président américain et le Premier ministre israélien forts d’une supériorité technologique qui ne peut être qu’éphémère, continuent d’assassiner ainsi leurs ennemis, il faut s’attendre à ce qu’un jour ou l’autre, ils soient eux-mêmes liquidés. Cela s’était déjà produit à Dallas en novembre 1963. L’Amérique continuera sans doute à mener des guerres d’agression. Mais si les peuples de la terre n’ont plus foi en sa parole, comment pourra-t-elle s’assurer sans s’épuiser les collaborations nécessaires à sa paix et à sa sécurité ?   

* Médecin de libre pratique.

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L’Iran à l’instant de vérité | Le drapeau rouge et le vide 

La mort d’Ali Khamenei, annoncée le 1ᵉʳ mars 2026 dans le sillage de frappes israélo-américaines visant des centres stratégiques iraniens, ne referme pas une époque : elle l’ouvre brutalement. L’Iran se tient aujourd’hui dans cet instant suspendu : entre cuirasse et métamorphose. Une métamorphose qui suppose un risque plus grand encore : celui d’exister sans ennemi.

Manel Albouchi

Depuis 1989, le Guide suprême n’était pas seulement un chef religieux. Il était le point d’agrégation des tensions, l’instance d’arbitrage ultime, le filtre symbolique entre la nation et le chaos du monde. Sa succession ne sera pas uniquement religieuse ; elle sera stratégique.

La faille du système

Khamenei n’occupait pas seulement une fonction institutionnelle. Il tenait une place psychique totale. Il était ce pare-excitation freudien par lequel la nation métabolisait l’agression du monde. Il absorbait l’angoisse extérieure pour la transformer en discours, en Loi, en direction. Dans l’imaginaire collectif, il portait l’archétype du Père primordial : celui qui tient la frontière, qui nomme l’ennemi, qui garantit la continuité. Et, lorsque le Père tombe, les projections se retirent brutalement. La structure reste debout mais la peau se fissure.  

Une économie psychique d’Etat

Depuis la guerre Iran-Irak (1980–1988), la République islamique a structuré sa matrice autour d’un mot «résistance» : résistance militaire, résistance économique, résistance culturelle. Et cette doctrine n’est pas pure rhétorique. Elle a produit une dissuasion asymétrique (missiles, réseaux régionaux alliés), une adaptation prolongée aux sanctions, une autonomie relative dans certains secteurs stratégiques.

Mais toute architecture défensive finit par devenir structure mentale. Ce qui fut stratégie est devenu identité et ce qui fut réponse est devenu réflexe. La résistance est devenue une économie psychique d’État : le monde attaque, la nation souffre, la souffrance prouve l’existence, l’existence justifie la rigidité.  

Un Moi-peau rigide  

Didier Anzieu parlait du Moi-peau comme de cette enveloppe qui protège le sujet contre la désintégration. L’Iran a construit un Moi-peau collectif solide, épais, presque cuirassé. La protection est devenue rigidité, la cohésion compression et la peau trop épaisse a fini par étouffer la respiration interne. Toute fissure peut être vécu comme une écorchure menaçant la survie même du corps national.

La mort du Guide est une entaille majeure : elle traverse la cuirasse et expose la vulnérabilité longtemps contenue.

Une architecture sous tension  

Le régime iranien repose sur une structure duale : institutions élues (présidence, Parlement) et tutelle théocratique exercée par le Guide suprême, le Conseil des gardiens et le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Depuis 1989, Khamenei jouait le rôle d’équilibriste entre ces pôles. Son autorité personnelle limitait les conflits ouverts entre conservateurs pragmatiques, factions sécuritaires et religieux doctrinaires. Son décès redistribue les lignes de force :

– le CGRI pourrait consolider son poids politique et économique ;

– les factions conservatrices chercheront à verrouiller la continuité idéologique ; 

– les segments réformistes, marginalisés ces dernières années, pourraient tenter de rouvrir un espace discursif.

La transition ne sera pas un simple passage de témoin. Elle redéfinira l’équilibre entre autorité religieuse, pouvoir sécuritaire et légitimité populaire.    

Le drapeau rouge

À Jamkaran, le drapeau rouge s’est levé. Il renvoie au sang injustement versé, à Karbala, au martyre de l’imam Hussein, à cette mémoire qui ne meurt pas.

Dans la tradition chiite, ce n’est pas un simple étendard : c’est une invocation. Le sang appelle justice. Sur le plan géopolitique, le message est double :

– à l’extérieur : signaler que la réponse sera calibrée ;

– à l’intérieur : transformer le deuil en unité, la sidération en mobilisation.

Mais psychiquement, le geste va plus loin. Le drapeau rouge agit comme un activateur collectif. Il simplifie l’angoisse. Il canalise la colère. Il soude la communauté autour d’une équation archaïque : le sang appelle le sang. La blessure cesse d’être effraction brute, elle devient message.

Hisser le drapeau rouge, c’est passer du chaos à la mise en scène. Lier l’énergie traumatique. Ce qui était sidération devient rituel. Ce qui était perte devient Loi.

Freud parlait de compulsion de répétition : on rejoue ce que l’on ne parvient pas à transformer en souvenir. À force de répéter le trauma, on finit par en faire une identité.

Ce drapeau est ambivalent : il unit et il enferme. Il offre une cohésion immédiate par la colère, mais il installe la nation dans une boucle mémorielle où la vie ne se conçoit qu’à travers la répétition du sacrifice.

Or une société ne peut vivre indéfiniment dans la dramaturgie du martyre sans épuiser ses forces vitales.  

La question existentielle  

La résistance est l’architecture d’État iranien et son identité profonde. Pourtant, la faille ouverte par la disparition de Khamenei contient une possibilité : «La blessure est l’endroit par où la lumière entre.» Encore faut-il accepter que la lumière transforme ce qu’elle éclaire.

La disparition du Père confronte l’Iran à son ombre collective : violence refoulée, désir de reconnaissance, fatigue générationnelle, aspiration à la normalité, mais aussi fierté nationale et refus de l’humiliation.

Les questions sont désormais existentielles. Le régime colmatera-t-il la brèche par la répétition aveugle ? Ou acceptera-t-il que cette déchirure devienne un espace de transformation ? Peut-on passer de la mémoire du sang à un projet de vie ? Peut-on survivre autrement qu’en résistant ?

L’Iran se tient aujourd’hui dans cet instant suspendu : entre cuirasse et métamorphose. Une métamorphose qui suppose un risque plus grand encore : celui d’exister sans ennemi.

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De Téhéran à Tel Aviv | La guerre continue de faire rage

Alors que les raids aériens menés par Israël et les Etats-Unis se poursuivent, ce lundi 2 mars 2026, contre l’Iran, où ils ont touché 13 villes et causé 555 morts depuis samedi matin, Téhéran continue de cibler des bases militaires américaines dans les pays du Golfe et les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré lundi avoir lancé un barrage de missiles visant les villes israéliennes de Tel-Aviv et de Haïfa, mais aussi Jérusalem-Est. (Ph. De la fumée s’élève d’une zone entourant l’ambassade des États-Unis à la suite d’une frappe, à Bayan, au Koweït, le 2 mars 2026.)

«Parmi les cibles de cette dixième salve figurent une frappe ciblée contre le complexe gouvernemental du régime sioniste à Tel-Aviv, des attaques contre des centres militaires et de sécurité à Haïfa et une frappe contre Jérusalem-Est», secteur occupé et annexé par Israël, a indiqué la milice armée iranienne dans un communiqué, diffusé par la télévision d’État.

Crash d’avions de combat américains

Sur un autre plan, plusieurs avions de combats américains se sont écrasés au Koweït lundi matin mais les équipages ont survécu, a annoncé le ministère koweïtien de la Défense.

«Les autorités compétentes ont immédiatement lancé les opérations de recherche et de sauvetage, et procédé à l’évacuation des équipages et à leur transfert vers l’hôpital», a rapporté le porte-parole du ministère, en précisant que le personnel qui était à bord était dans un état «stable». La cause de l’incident n’a pas été précisée.

A Bahreïn, l’Etat arabe le plus proche de l’Iran dirigé par une famille régnante sunnite mais habité par une population à majorité chiite, «les groupes terroristes et leurs admirateurs ont l’intention de s’en prendre aux citoyens américains à l’étranger», a prévenu l’ambassade américaine à Manam, ajoutant que «ces groupes continuent de planifier d’éventuelles attaques à Bahreïn. Les terroristes peuvent frapper sans prévenir». Aussi l’ambassade conseille-t-elle ses ressortissants de «faire preuve de prudence et de vigilance».

Le prix du pétrole flambe

Sur le plan économique,les prix du pétrole ont flambé lundi, dépassant brièvement 80 dollars le baril avant de modérer leurs gains, le conflit engagé par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran faisant redouter des perturbations de l’offre de brut, alors que les investisseurs s’interrogent sur l’évolution de la crise.

Le Brent, référence internationale de l’or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s’afficher à 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d’année.

Suite à l’attaque de deux navires dimanche au large des Emirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à «éviter» la région. Le prix des assurances devient prohibitif, et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage.

I. B.

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Iran | Le champ de la guerre s’étend dangereusement

L’attaque militaire israélo-américaine contre l’Iran, qui entre dans son troisième jour ce lundi 2 mars 2026, a ouvert une boîte de Pandore qu’il va être difficile de fermer avec un élargissement du champ de bataille à toute la région du Moyen-Orient et même au-delà, ce qui fait craindre de graves débordements et des conséquences géopolitiques et économiques graves. Car l’inquiétude gagne désormais des Etats censés être situés loin du champ de bataille, notamment la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Turquie, où les ondes de choc se font sentir et les inquiétudes grossissent.   

Au troisième jour de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, l’armée israélienne continue de mener lundi des frappes «à grande échelle» sur Téhéran et vise également le Hezbollah, qui a pour la première fois dans le conflit attaqué Israël depuis le Liban.

Des attaques de missiles ont frappé des immeubles résidentiels dans l’ouest de l’Iran lundi, ont rapporté les médias locaux.

«La ville de Sanandaj a été la cible de tirs de missiles ennemis et plusieurs immeubles résidentiels proches du commissariat de Sanandaj ont été détruits», a rapporté l’agence de presse Fars. L’agence de presse Tasnim a publié une dépêche similaire, sans mentionner de bilan.

Des explosions ont aussi été entendues à Jérusalem, ainsi que dans la région de Tel-Aviv, dans le centre d’Israël, où les sirènes ont retenti après l’annonce par l’armée de tirs de missiles iraniens.

«Il y a peu de temps, les forces armées israéliennes ont identifié des missiles lancés depuis l’Iran vers le territoire de l’État d’Israël», a indiqué l’armée, ajoutant que la défense antiaérienne avait été activée pour les intercepter, et appelant la population à gagner les abris.

L’armée israélienne a averti lundi qu’elle comptait «intensifier» ses frappes au Liban visant le Hezbollah en représailles de tirs de roquettes du mouvement chiite vers son territoire.

«Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter», a écrit le général Rafi Milo, chef du commandement nord, dans un communiqué de l’armée sur Telegram, assurant que le mouvement allait «payer le prix fort» pour son soutien à Téhéran.

«Nous avons lancé une offensive contre le Hezbollah», a expliqué le chef d’état-major israélien, le général de division Eyal Zamir. Le mouvement chiite libanais avait lancé des roquettes contre Israël dimanche, entraînant donc une riposte militaire de Tsahal.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 30 morts et près de 150 blessés au Liban, a rapporté lundi le ministère libanais de la Santé, au moment où l’armée israélienne menace d’intensifier ses raids contre le Hezbollah après des tirs.

Par ailleurs, de fortes explosions ont été entendues à Doha (Qatar), à Dubaï (Émirats arabes unis) et à Manama (Bahreïn). Des journalistes de l’AFP ont indiqué avoir entendu plusieurs fortes détonations dans les capitales qatarie et bahreïnie, ainsi que dans la ville la plus peuplée des Émirats arabes unis.

Bahreïn a annoncé lundi qu’une personne avait été tuée dans les frappes iraniennes, la première dans le pays, portant à cinq le nombre de morts dans les États du Golfe depuis samedi.

«Un incendie s’est déclaré à bord d’un navire étranger dans la ville industrielle de Salman, à la suite de la chute de débris provenant d’un missile intercepté. L’incendie a causé la mort d’un travailleur asiatique et de graves blessures à deux autres», a indiqué le ministère de l’Intérieur en ajoutant que le feu avait été «maîtrisé et éteint».

Une épaisse fumée noire s’élève lundi de l’ambassade des États-Unis au Koweït, a rapporté un journaliste de l’AFP dans l’émirat du Golfe.

Des sirènes avaient retenti plus tôt dans la capitale koweïtienne tandis que les autorités ont dit avoir intercepté un nombre indéterminé de drones visant le pays.

«Ne venez pas à l’ambassade», a invité l’ambassade américaine dans un communiqué, faisant état d’une «menace persistante d’attaques de missiles et de drones» et précisant que le personnel de l’ambassade était «confiné sur place».

Le Koweït a déclaré que sa défense aérienne avait intercepté lundi un nombre indéterminé de drones visant le pays, mais qu’aucun blessé n’était à déplorer, selon l’agence de presse officielle de cet émirat du Golfe riche en pétrole.

Selon le directeur général de la défense civile au ministère koweïtien de l’Intérieur, Mohammed Almansouri, cité par l’agence Kuna, la défense aérienne koweïtienne a intercepté «un certain nombre de cibles aériennes hostiles à l’aube aujourd’hui».

«Il a également affirmé que la situation dans le pays était stable et qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter», a ajouté l’agence. Au moins une personne a été tuée et 32 autres blessées au Koweït, toutes de nationalité étrangère, depuis le début des frappes de représailles iraniennes, a déclaré dimanche le ministère de la Santé.

Au moins deux drones ont été abattus tôt lundi près d’une base à l’aéroport d’Erbil en Irak, a constaté un photographe de l’AFP.

Depuis le lancement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, des drones ont été interceptés à plusieurs reprises au-dessus d’Erbil, qui abrite un consulat américain et des troupes américaines.

Le groupe armé pro-iranien Kataeb Hezbollah, pris pour cible à plusieurs reprises depuis le début de la campagne israélo-américaine contre l’Iran, a annoncé lundi que de nouvelles frappes avaient touché une base militaire où il est présent en Irak.

«Trois frappes ont touché Jurf al-Nasr», a déclaré à l’AFP une source du Kataeb Hezbollah, faisant référence à une base militaire qui sert de bastion principal au groupe armé.

L’Iran a préparé l’après Khamenei

L’ayatollah Ali Khamenei a été tué samedi par les bombardements israéliens et américains en Iran, ainsi qu’un certain nombre de responsables. Est-ce que cela suffira à renverser la République islamique et provoquer un changement de régime ? «Non, pas du tout», estime le Général (2S) Dominique Trinquand, expert en relations internationales. «Les Iraniens avaient prévenu qu’ils avaient préparé la suite. Il y a un triumvirat qui s’est mis en place. Il y a à chaque fois un second ou un troisième ou un quatrième qui prend place», explique-t-il ce lundi matin au micro de France 2. «D’où l’importance d’avoir des frappes importantes pendant longtemps pour arriver à détruire progressivement toute cette hiérarchie.»

Israël et les États-Unis espèrent désormais que le peuple iranien saisisse cette occasion pour renverser les mollahs de l’intérieur. Mais là encore, «c’est un peu une incertitude», rappelle Dominique Trinquand. «Quarante jours après les massacres du mois de janvier, on disait que personne n’allait sortir dans la rue. Pas du tout ! Des manifestations ont continué. J’ai vu des images de villes iraniennes où des jeunes arrachaient les portraits du guide suprême. Il y a un peu d’espoir derrière cela. Mais on le saura d’ici 15 jours à peu près», poursuit l’ancien chef de la mission militaire française auprès de l’Onu.

Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a rejeté lundi toute négociation avec les États-Unis, dont il a accusé le président Donald Trump d’avoir semé «le chaos» au Moyen-Orient avec l’offensive lancée avec Israël.

«Nous ne négocierons pas avec les États-Unis», a déclaré M. Larijani sur X. «Trump a plongé la région dans le chaos avec ses ’rêves illusoires’ et s’inquiète désormais de nouvelles pertes parmi les forces américaines», a-t-il ajouté.

I. B. (avec agences).

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Guerre d’Iran | Les faux calculs de Donald Trump !

Lors de son entrée en politique il y a dix ans, le promoteur immobilier new-yorkais faisait de l’opposition aux guerres déclenchées par les présidents américains son mantra et assurait qu’il sera le président qui ne déclenchera aucune guerre. Force est de constater aujourd’hui que Donald Trump et son acolyte le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont déclenché la guerre la plus dangereuse depuis le début de ce XXIe siècle, une guerre dont personne ne peut prédire ni quand et ni comment elle va prendre fin. 

Imed Bahri

Les éditorialistes américains qui sont loin d’être des groupies du régime iranien sont très inquiets après le déclenchement de cette guerre hasardeuse par les deux apprentis sorciers américain et israélien et la contestent vivement. 

Dans son analyse dans les colonnes du Washington Post, Jason Willick a commencé par rappeler que l’invasion malavisée de l’Irak en 2003 par le président George W. Bush a bouleversé le cours de la politique américaine d’une manière que peu auraient pu prévoir. Sans cette guerre, les Démocrates n’auraient peut-être pas désigné Barack Obama, qui a fait campagne sur un programme pacifiste, comme candidat à la présidence en 2008.

Et sans cette guerre, les Républicains n’auraient peut-être pas choisi Donald Trump en 2016. Cette intervention coûteuse et prolongée a gravement fragilisé l’establishment républicain, affaiblissant ainsi la candidature de Jeb Bush (ex-gouverneur de Floride et frère de George W. Bush) à la présidence. Il y a dix ans, Trump a stupéfié le monde politique en critiquant la guerre en Irak devant un public républicain en Caroline du Sud, un État profondément conservateur, et en remportant facilement l’État.

Encore une guerre pour un changement de régime !

Après tous ces rebondissements, les États-Unis se trouvent aujourd’hui dans une situation étonnamment similaire à celle de 2003. Une fois de plus, un président républicain mène une guerre pour un changement de régime. Et une fois de plus, la cible est une dictature du Moyen-Orient hostile aux États-Unis mais pas suffisamment puissante pour dominer la région.

Une fois de plus, la raison invoquée pour cette guerre est double : empêcher l’État ciblé d’acquérir des armes de destruction massive et offrir un avenir meilleur à sa population en changeant son gouvernement.

Bush a baptisé son invasion de l’Irak «Opération Liberté irakienne». Trump a déclaré samedi au Washington Post : «Je veux simplement la liberté pour le peuple iranien»

L’important n’est pas qu’une guerre contre l’Iran en 2026 suive la même trajectoire que la guerre d’Irak. Contrairement à Bush, Trump n’a pas constitué de forces terrestres massives, le plan semble privilégier les bombardements massifs plutôt qu’une occupation physique prolongée.

Cependant, les guerres se déroulent rarement comme prévu et même un conflit plus limité peut avoir des répercussions imprévues.

Au moins, l’administration Bush a longuement défendu sa politique irakienne auprès de l’opinion publique américaine. Au moins, le Congrès a débattu et autorisé le recours à la force. Et au moins, les États-Unis ont lancé la guerre lorsque le Moyen-Orient apparaissait comme la principale source de menaces pour leur sécurité et lorsqu’ils étaient suffisamment puissants pour disposer de réserves militaires considérables.

Ce dernier point est crucial. Rares sont ceux qui considèrent aujourd’hui le Moyen-Orient, avec sa production économique relativement faible et son importance moindre pour l’approvisionnement énergétique américain, comme toujours vital pour la sécurité des États-Unis, contrairement à ce qui se passait pendant la guerre contre le terrorisme (après le 11 septembre 2001) ou la guerre froide. Les administrations Obama, Biden et Trump ont toutes insisté sur la nécessité pour les États-Unis de concentrer leur attention ailleurs.

Trump s’est-il trompé de menace… et de cible ?

Pourtant, les préparatifs de guerre contre l’Iran ont mobilisé dans la région environ un tiers de la flotte active de l’US Navy et peut-être une proportion encore plus importante de son aviation. Ceci survient au moment même où les États-Unis sont censés dissuader les menaces émanant de forces bien plus puissantes –la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie–, des forces qui ont déjà la capacité de dominer des régions du monde plus vastes et plus importantes.

En juin dernier, Trump est intervenu dans la guerre des douze jours, frappant des sites nucléaires iraniens avec des armes que seuls les États-Unis possèdent. Cela lui a permis de négocier la fin du conflit et a donné aux États-Unis un plus grand poids pour jouer un rôle de médiateur dans un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza. Cette attaque, cependant, place les États-Unis dans la position de déclencher une guerre contre l’Iran plutôt que de mettre fin à un conflit déjà en cours.

Cette attaque risque d’être peu fructueuse si les capacités nucléaires iraniennes sont la cible principale. Bien que l’administration américaine ait peut-être exagéré l’année dernière en affirmant que les sites nucléaires iraniens avaient été «complètement détruits», l’attaque conjointe israélo-américaine a indéniablement causé des dégâts importants. La plupart des rapports crédibles indiquent que l’Iran n’a guère progressé dans la reconstruction de son programme nucléaire depuis juin dernier.

Téhéran est affaibli et isolé depuis que ses alliés ont déclenché l’opération Déluge d’Al-Aqsa le 7 octobre 2023. Pour certains bellicistes, c’était une raison supplémentaire d’attaquer maintenant et de changer le régime alors qu’il est au plus bas. Mais c’est jouer avec le feu. Il n’y a pas de paix durable dans le monde, les États-Unis peuvent tout au plus espérer que leurs adversaires soient faibles et contenus. L’Iran était dans cette situation. Alors, pourquoi prendre le risque de changer les rapports de force au Moyen-Orient avec une guerre de changement de régime alors que le statu quo était acceptable ?

De hauts responsables militaires auraient mis en garde contre une possible pénurie de munitions si les États-Unis entraient en guerre contre l’Iran. Une frappe limitée contre des installations nucléaires est une chose, une campagne soutenue pour renverser le régime –ce que les États-Unis tentent actuellement– ​​en est une autre. Cela souligne les concessions que les États-Unis feraient à la Russie et à la Chine.

Une guerre intense, prolongée et couteuse en perspective

Le Pentagone dépendrait des mêmes munitions rares nécessaires pour intercepter les missiles iraniens et pour défendre les forces américaines en cas de crise en Europe de l’Est ou dans le Pacifique occidental. Même la guerre des douze jours menée par Israël contre l’Iran a considérablement réduit les stocks de défense aérienne du Pentagone et cette guerre pourrait être encore plus intense et prolongée.

L’intervention de l’administration Trump au Venezuela pour arrêter Nicolás Maduro a été un modèle d’usage limité de la force –l’incursion n’a duré que quelques heures– afin de maximiser la pression sur un régime récalcitrant. Mais cette «présence légère» a été possible précisément parce que l’administration s’est abstenue de rechercher un changement total de régime, préférant un compromis avec le numéro deux de Maduro, Delcy Rodriguez, pour qu’elle dirige le pays. Démanteler l’ensemble du système bolivarien, sans parler de l’instauration d’un nouveau, aurait exigé un investissement militaire américain bien plus important.

Si l’aventure de Trump en Iran tourne mal, il est peu probable que ce soit de la même manière que la guerre en Irak, qui a coûté la vie à des milliers d’Américains en près de neuf ans de guerre et d’occupation. Trump a tiré les leçons de ce fiasco.

Cependant, le pire scénario pourrait être un conflit qui dévasterait des régions de l’Iran sans pour autant instaurer un régime plus docile, tout en gaspillant des munitions en abondance et en mettant gravement en péril les intérêts américains dans d’autres parties du monde.

Quelles pourraient être les conséquences politiques d’un tel désastre ? La figure de droite la plus en vue à s’opposer à une guerre contre l’Iran est Tucker Carlson, célèbre journaliste et figure importante du mouvement trumpiste Maga. Cette voix influente s’est de plus en plus focalisée sur les Juifs et Israël, à un moment où le sentiment américain envers l’État hébreu s’est refroidi. Si Trump a remporté l’investiture républicaine en 2016 en partie grâce au mécontentement des électeurs républicains face à l’invasion de l’Irak par la direction du parti, il faut se méfier : une guerre ratée en Iran pourrait en réalité renforcer les chances de Carlson de prendre le contrôle du parti.

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L’Iran continue de cibler des bases US dans les pays du Golfe  

L’Iran a multiplié les tirs de missiles ce dimanche 1er mars 2026, quelques heures après l’annonce de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient, qui ont touché plusieurs pays arabes : Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Liban, Koweït, Irak et Oman. (Ph. Doha touché par un missile iranien, ce dimanche matin 1er mars 2026).

Selon un communiqué de l’armée iranienne, relayé par la télévision d’État, ce dimanche 1er mars 2026, «les pilotes des forces aériennes de la République islamique d’Iran ont bombardé avec succès des bases américaines dans des pays du Golfe persique et dans la région du Kurdistan en Irak au cours de plusieurs phases d’opérations», en représailles aux frappes israéliennes et américaines menées contre l’Iran. De fortes explosions ont ainsi été entendues ce matin dans l’est de Riyad, capitale de l’Arabie saoudite, selon des habitants et des informations rapportées par l’AFP.

Plusieurs détonations puissantes ont été entendues, provoquant l’inquiétude des résidents. Une épaisse fumée noire a été observée s’élevant dans le ciel de la zone touchée, sans que les autorités saoudiennes ne communiquent immédiatement sur l’origine des explosions ni sur d’éventuelles victimes.

De son côté, l’armée israélienne a annoncé ce matin avoir détruit environ la moitié des stocks de missiles de Iran, depuis le début des frappes menées conjointement avec les Etats-Unis contre des cibles militaires iraniennes.

Dans un discours télévisé, le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne, a affirmé que les frappes ont permis de «détruire environ la moitié des stocks de missiles du régime iranien» et d’empêcher la production d’au moins 1 500 nouveaux missiles. Il a ajouté que l’Iran produisait récemment des dizaines de missiles sol-sol par mois, avec un objectif d’augmenter la cadence de production à plusieurs centaines par mois.

Tôt ce matin, Donald Trump avait publié ce message de menace sur son réseau social : «L’Iran vient d’annoncer qu’il allait frapper très durement aujourd’hui, plus durement qu’il ne l’a jamais fait auparavant. Il vaut mieux qu’ils ne le fassent pas, cependant, parce que si c’est le cas, nous les frapperons avec une force jamais vue jusque-là !».

En Israël, la situation reste extrêmement tendue ce matin. Un immeuble de Tel-Aviv avait été éventré hier par un missile iranien d’une charge explosive d’environ 500 kg, créant un cratère dans le sol de plusieurs mètres de diamètre. Plusieurs immeubles du quartier sont devenus méconnaissables par le souffle de l’explosion. Le bilan des frappes iraniennes sur le territoire hébreu s’élève à un mort, une femme d’une cinquantaine d’années; et plusieurs dizaines de blessés. Une nouvelle salve de missiles risque de s’abattre aussi aujourd’hui sur Israël.

I. B.

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Moyen-Orient | La Tunisie condamne toute violation du territoire d’un État

Suite aux raids militaires israélo-américains contre l’Iran, la Tunisie a affirmé suivre avec une profonde préoccupation et une vive inquiétude la dangereuse escalade militaire dans la région et les risques potentiels d’extension du conflit et du chaos, ainsi que la grave menace que cela représente pour la paix et la sécurité régionales et internationales.

«Dans cette situation extrêmement dangereuse, la Tunisie a réaffirmé son attachement au respect du principe de souveraineté des États et a condamné toute agression contre le territoire d’un État ou toute violation de son intégrité territoriale», a indiqué un communiqué publié dimanche matin, 1er mars 2026, par le ministère des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, soulignant dans ce contexte son «rejet absolu de toute attaque contre les territoires des États arabes frères», sans nommer aucun des auteurs desdites attaques, soit Israël et les Etats-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre.

La Tunisie a exprimé sa pleine solidarité avec le Royaume d’Arabie saoudite, l’État du Koweït, l’État du Qatar, le Royaume de Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Royaume hachémite de Jordanie et la République d’Irak, selon le même communiqué.

«Forte de son attachement à la fraternité arabo-islamique et de son adhésion indéfectible aux principes du droit international et au règlement pacifique des différends, la Tunisie a appelé toutes les parties à cesser immédiatement leurs opérations militaires, à faire preuve de retenue, à reprendre les négociations et à éviter toute nouvelle escalade afin de protéger les vies innocentes et de préserver les ressources des peuples de la région», précise le communiqué.

La Tunisie a aussi souligné la nécessité pour le Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités et de prendre toutes les mesures nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

I. B.

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La guerre en Iran fait planer une menace de choc pétrolier

Les marchés mondiaux s’apprêtent à ouvrir lundi 2 mars 2026 dans une période de forte volatilité, suite à la confirmation par le président américain Donald Trump du lancement d’importantes opérations militaires américaines contre l’Iran. Cette annonce aggrave considérablement les tensions le long de l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. (Ph. Détroit d’Ormuz par où transite 20% du pétrole mondial).

Le Brent a clôturé la semaine près de son plus haut niveau en sept mois, à environ 73 dollars le baril, après une hausse d’environ 16 % depuis le début de l’année. Les opérateurs sur le marché de l’énergie anticipent désormais des fourchettes de prix beaucoup plus larges pour la semaine prochaine, plusieurs scénarios évoquant un baril à 80 dollars en cas de perturbation ou de menace crédible des flux d’approvisionnement.

Environ 20 % du pétrole brut échangé dans le monde et une proportion similaire de gaz naturel liquéfié transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz, soit environ 13 millions de barils de pétrole par jour.

Nigel Green, fondateur et PDG du cabinet de conseil financier deVere Group, affirme que l’ampleur des risques inhérents à cette zone géographique influencera fortement la valorisation des actifs.

Les marchés de l’énergie entrent dans une phase de réajustement des prix, sous l’effet du risque opérationnel plutôt que de la spéculation.

Près d’un cinquième du flux mondial de pétrole brut transitant par un seul corridor maritime, même une faible probabilité de perturbation engendre une prime de risque structurel plus élevée. Il n’est pas nécessaire que la production de pétrole soit physiquement interrompue pour que les prix fluctuent fortement. Les coûts d’assurance, les modifications d’itinéraires de transport et la constitution de stocks de précaution suffisent à comprimer les anticipations d’offre.

Les capacités de production excédentaires restent limitées à l’échelle mondiale. Celles de l’Opep sont concentrées chez quelques producteurs du Golfe, tandis que les stocks commerciaux dans les pays de l’OCDE sont inférieurs aux moyennes de long terme. Une perturbation durable, même d’un million de barils par jour, représenterait environ 1 % de l’offre mondiale, ce qui suffirait à modifier l’équilibre d’un marché déjà préparé à une croissance modérée de la demande.

Le PDG de deVere explique que les investisseurs doivent se préparer à une transmission rapide des fluctuations entre les différentes classes d’actifs.

Les actions, les obligations, les devises et les matières premières s’ajusteront simultanément. Une hausse de 10 à 15 dollars du prix du pétrole brut exercerait une nouvelle pression à la hausse sur l’inflation globale aux États-Unis, en Europe et en Asie.

«Les banques centrales qui devaient envisager des baisses de taux plus tard cette année seront confrontées à un calcul plus complexe si le prix de l’énergie influence à nouveau les prix à la consommation et les anticipations d’inflation», explique Nigel Green.

Les rendements des bons du Trésor américain ont déjà montré leur sensibilité aux risques géopolitiques, les flux vers les valeurs refuges ayant comprimé les rendements à long terme ces derniers jours. L’or s’est raffermi, les investisseurs se protégeant contre les risques extrêmes.

Le dollar américain et le yen japonais attirent des investissements défensifs, tandis que les devises des marchés émergents à bêta élevé devraient subir une nouvelle pression à la vente si la volatilité s’accélère.

Nigel Green ajoute : «Les marchés se concentreront sur la durée et le confinement. Une campagne militaire courte et bien définie déclencherait probablement une flambée des prix du pétrole et un bref repli des marchés actions, suivi d’une stabilisation une fois les voies maritimes sécurisées.»

Un conflit de plusieurs semaines faisant peser une menace crédible sur le détroit d’Ormuz amplifierait la volatilité et maintiendrait les prix de l’énergie à un niveau élevé jusqu’au deuxième trimestre.

Les économies asiatiques sont particulièrement vulnérables. Des pays comme l’Inde, la Corée du Sud et le Japon dépendent fortement des flux énergétiques du Golfe. L’Inde, à elle seule, importe près de la moitié de son pétrole brut via le détroit d’Ormuz. La hausse des prix du pétrole creuserait les déficits des comptes courants, exercerait une pression sur les monnaies locales et compliquerait la politique monétaire dans toute la région.

«Les importateurs d’énergie en Asie subiront des pressions immédiates si le prix du pétrole brut se maintient au-dessus de 80 dollars», déclare Nigel Green.

«La faiblesse des devises, conjuguée à la hausse des coûts des carburants, resserre les conditions financières sans même une modification des taux d’intérêt. Les marchés boursiers de ces économies, notamment dans les secteurs des transports, de l’industrie manufacturière et les secteurs à forte volatilité, sont vulnérables à une réévaluation rapide des prix», ajoute-t-il.

Les prévisions de bénéfices des entreprises pourraient également évoluer. Les compagnies aériennes, les prestataires logistiques et les industriels sont particulièrement sensibles à la hausse durable des coûts des carburants. L’inflation des coûts des intrants comprimerait les marges, à moins que les entreprises ne parviennent à répercuter la hausse des prix sur les consommateurs.

Nigel Green conclut : «La semaine prochaine s’ouvre sur des marchés confrontés à de graves risques géopolitiques qui s’ajoutent à un environnement macroéconomique déjà fragile. Le pétrole, les taux d’assurance maritime, les rendements des obligations souveraines et les indices de volatilité fourniront les premiers signaux d’orientation.»

La clarté quant à l’évolution du conflit déterminera si cette prime énergétique restera circonscrite ou si elle se transformera en un défi inflationniste et de croissance plus large pour l’économie mondiale.

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Du Nil à l’Euphrate | L’Amérique, Israël et les Etats du Golfe contre l’Iran

La guerre menée contre les pays musulmans depuis la déclaration Balfour en 1917 a connu un nouveau développement avec l’attaque aérienne américaine contre l’Iran, soutenue semble-t-il par l’aviation israélienne opérant on peut le supposer beaucoup plus dans le registre politique que véritablement militaire. (Ph. Le Proche et Moyen-Orient sur un volcan israélo-américain).

Dr Mounir Hanablia *

Sauver les apparences s’avère dans le contexte essentiel, en mettant en exergue la participation de l’Etat sioniste, désormais ouvertement accusé par de nombreux Américains de faire assumer son sale boulot à leur pays.

En effet, que peut apporter l’armée sioniste à l’armada américaine ?

Tout cela était attendu. La mise en scène a suivi un scénario comparable à ce qui s’était passé lors de la seconde guerre du Golfe en 1991. Diabolisation de la cible, menaces y compris nucléaires, puis déclenchement de l’agression au moment propice après des discussions purement formelles servant à donner le change.

L’alliance de fondamentalismes

Les ripostes iraniennes contre les bases américaines ont déjà été condamnées par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe les abritant qui les ont considérées comme attentatoires à leur souveraineté.

On peut en déduire que les États du Golfe sont partie prenante dans le conflit, et que, connaissant le Président Trump, ils en assument le coût financier.

La seule grande surprise aura été le déclenchement de la guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan un ou deux jours avant l’attaque américaine. Il s’est avéré que le régime moyenâgeux et en faillite des Talibans était capable d’envoyer des drones contre ses adversaires, et s’il est encore trop tôt pour en déterminer l’origine, l’implication de l’Inde est très probable. Il s’agirait là de l’alliance contre nature de deux fondamentalismes, le musulman et le hindou. 

Hasard ou pas, quelques jours avant, le Premier ministre indien Modi, le boucher du Gujarat, dont l’islamophobie n’est plus à démontrer, s’était en effet rendu en visite officielle en Israël. 

Si on considère que le Pakistan constitue le lieu de transit de la «Road and Belt» qui par voie terrestre relie le Xinjiang à la mer d’Oman et au port de Gwadar, le conflit pakistano-afghan s’insère alors parfaitement dans une logique visant à en interdire l’accès à la Chine.

Le Pakistan, prochain sur la liste ?

Le lien est donc désormais bien établi entre le Golfe arabo-persique et l’encerclement du colosse chinois à partir de l’Afghanistan.

L’État iranien privé de ses infrastructures essentielles et de ses voies de communications résistera-t-il ?

L’objectif clairement défini par les agresseurs est la chute du régime. Cela dépendra aussi beaucoup du peuple iranien, dont le patriotisme n’est plus à démontrer. Mais si l’Iran tombe, il est à parier que le prochain sur la liste sera le Pakistan, puissance nucléaire dont la destruction servira autant les intérêts des sionistes que des fanatiques hindous. 

Quant à la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Egypte, elles n’ont qu’à bien se tenir !  

* Médecin de libre pratique.

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Trump annonce la mort de l’ayatollah Ali Khamenei

Le président américain Donald Trump a annoncé, ce samedi 28 février 2026, la mort du Guide suprême de la République islamique d’Iran, Ali Khamenei.

Selon Trump, Ali Khamenei est mort lors des premiers raids aériens israélo-américains lancés ce matin. Le président américain a justifié cette attaque par la nécessité d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

Il a par ailleurs explicitement appelé le peuple iranien à « prendre le contrôle de son gouvernement », affirmant que « l’heure de leur liberté était arrivée ». « Les frappes sur l’Iran vont continuer sans interruption tout au long de la semaine », a-t-il ajouté dans son message.

Notons que, pour l’heure, Téhéran n’a pas confirmé l’information concernant la mort de l’ayatollah Ali Khamenei.

Y. N.

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Affaire Daboussi | Le CRLDHT demande la libération de Bhiri et Ounissi

Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a exprimé son inquiétude suite aux jugements rendus dans l’affaire du décès de Jilani Daboussi.

Dans un communiqué, le CRLDHT estime que les condamnations prononcées contre des dirigeants du mouvement Ennahdha soulèvent de graves interrogations. Il fait référence au verdict du tribunal de première instance de Tunis qui a prononcé, le 24 février 2026, des peines de quatre ans de prison ferme à l’encontre de Noureddine Bhiri, ancien ministre de la Justice d’Ennahdha, et de Mondher Ounissi, président par intérim du même parti.

« Comment expliquer que des ministres ou conseillers soient tenus pénalement responsables dans ce dossier, alors que de nombreux décès de détenus ont été enregistrés ces dernières années sans que la responsabilité politique des autorités successives ne soit engagée ? », s’interroge le CRLDHT, évoquant par ailleurs une « temporalité sélective et de graves irrégularités procédurales ».

Tout en réaffirmant son attachement au droit à un procès véritablement équitable, au respect strict des droits de la défense, à l’indépendance et à l’impartialité de la justice, ainsi qu’à la protection effective de la dignité et de la santé des personnes détenues, le CRLDHT a appelé à la libération de Noureddine Bhiri et de Mondher Ounissi.

Y. N.

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Iran | Ali Khamenei, l’homme à abattre

En lançant des raids aériens ce matin, samedi 28 février 2026, contre plusieurs villes en Iran, les Israël et les Etats-Unis n’ont pas fait mystère de leur principal objectif : atteindre la tête du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran. Les Iraniens le savent et ils semblent avoir pris des dispositions pour le mettre à l’abri des bombes. Il reste à savoir jusqu’à quand.   

La télévision publique israélienne Kan a indiqué dans une alerte publiée sur son compte X, en citant «une source israélienne» que «parmi les cibles de l’attaque figurent le guide suprême Khamenei et le président Pezeshkian».

À l’antenne, un journaliste a également cité le nom d’Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême et ancien secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale.

«Dans la première salve, nous avons visé des cibles de haut rang, des personnes impliquées dans des plans visant à détruire Israël», a déclaré une source de sécurité israélienne lors d’un point de presse, refusant toutefois de confirmer l’identité des cibles. Il n’a pu, également, confirmer si ces objectifs avaient été atteints.

Un responsable iranien a, pour sa part, déclaré à Reuters que l’ayatollah Khamenei n’est pas à Téhéran et qu’il a été transféré dans un lieu sûr, sachant que le bureau du Guide, situé au quartier Pasteur, au centre de Téhéran, a été visé lors de l’attaque de ce matin, mais les résultats de cette attaque ne sont pas encore connus.

Les médias ont également rapporté des coupures de lignes de téléphonie mobile dans certaines parties de l’est et de l’ouest de Téhéran, ainsi qu’une connexion Internet limitée dans certaines zones, à la suite de l’attaque conjointe américano-israélienne sur la capitale.

On rapporte, par ailleurs, qu’un important dispositif de sécurité est déployé à Téhéran, où plusieurs rues sont bloquées autour du quartier de la résidence de Khamenei, après les premières frappes israélo-américaines.

En mettant Khamenei en tête de liste des dirigeants iraniens à abattre, les responsables israéliens et américains pensent, sans doute à tort, qu’en l’éliminant le régime tomberait aussitôt comme un fruit mûr. Or, tous les spécialistes de l’Iran savent que le système iranien est beaucoup plus complexe et sophistiqué dans son organisation politique et militaire, et qu’il en faudrait sans doute plus que la liquidation du guide suprême pour en venir à bout. D’où l’aventurisme irresponsable de ceux qui ont déclenché, ce matin, une guerre qui risque d’être plus longue et plus couteuse que prévu, et pas seulement pour l’Iran.  

La rapidité de la riposte iranienne surprend ses assaillants

Selon l’analyste libanais Nidal Zahawi, président du Centre d’études anthro-stratégique, «l’échec de la première frappe à éliminer tous les dirigeants militaires et sécuritaires iraniens a constitué un tournant», considérant que ce fait, ainsi que «la riposte iranienne rapide et organisée», ont donné à Téhéran un avantage moral et politique dans la première phase du conflit.

Dans une déclaration à Mosaïque, Zahawi a déclaré : «L’issue de la guerre ne peut être décidée à ce stade, mais les premiers indicateurs  semblent aller en faveur de l’Iran, et non d’Israël et des États-Unis», justifiant son analyse par trois facteurs principaux : la première frappe n’a pas pleinement atteint ses objectifs stratégiques, la rapidité et l’ampleur de la riposte iranienne, et la «crédibilité de l’armée iranienne» qui a démontré sa capacité à cibler les bases militaires américaines dans la région.

I. B.

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Iran | Vers une nouvelle guerre du Golfe ?

La guerre déclenchée ce matin, samedi 28 février 2026, par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran risque de déborder sur toute la région du Moyen-Orient. C’est ce qu’indiquent, en tout cas, les premiers développements : l’Iran multipliant les attaques de missiles contre des bases américaines dans les pays du Golfe. (Photo: Base américaine d’Al-Udaid, au Qatar).

Après les attaques militaires israélo-américaines de ce matin contre plusieurs villes en Iran, des sirènes d’alerte ont été entendues à Jérusalem, en Israël, où l’on redoute des attaques de missiles.

Dans le même temps, des bases américaines à Bahreïn et au Qatar ont été visées par des missiles iraniens et des explosions ont été signalées au Koweït et à Ryad, en Arabie saoudite, dans ce qui ressemble à des ripostes de l’Iran aux frappes américaines et israéliennes.

Plusieurs explosions ont été entendues samedi à Doha, près de la base militaire d’Al-Udeid, la plus grande installation américaine de la région, alors que le ministère qatari de la Défense a annoncé avoir intercepté plusieurs missiles visant cet État du Golfe.

Abou Dhabi ciblé par des missiles.

Des médias bahreïnis ont rapporté la chute d’un missile au centre de la capitale de Bahreïn, accompagnée du déclenchement des sirènes d’alerte, appelant les citoyens à se rendre dans le lieu le plus sûr à proximité. C’est une base américaine du pays qui a été frappée dans «une attaque de missile».

En ciblant des bases américaines dans ces pays alliés des Etats-Unis, et pour certains amis d’Israël, l’Iran semble avoir choisi d’élargir le champ de bataille à toute la région du Golfe dans ce qui ressemble à une fuite en avant suicidaire, mais dont les conséquences pourraient être catastrophiques, et pas seulement pour l’Iran.

Latif Belhedi

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