Bourse et conflits au Moyen-Orient: comment ajuster sa stratégie d’investissement?
La Bourse de Tunis n’a pas échappé au mouvement baissier des marchés financiers dès les premiers échanges de cette semaine. Elle vient de clôturer la séance d’aujourd’hui sur une baisse de 0,53%, après le -0,83% d’hier.
Dans ce contexte, il est logique d’observer une correction surtout que le Tunindex a terminé les deux premiers mois de l’année sur une note positive de +11,89%.
Pour les investisseurs, confrontés à l’escalade des tensions entre les États-Unis/Israël et l’Iran, avec les pays du Golfe qui se sont trouvés dans le piège, la prise de décision est complexe.
Nous allons établir un bilan, non exhaustif, des facteurs et considérations à prendre en considération avant d’acheter ou de vendre le titre d’une société de la Cote.
1. L’exposition aux risques de perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales
Toute société dont la production dépend de composants transitant par la région (notamment par voie maritime via le détroit d’Ormuz ou la mer Rouge) est vulnérable.
Les perturbations entraînent des retards de livraison et une flambée des taux de fret maritime et aérien. Les entreprises qui opèrent avec le modèle juste-à-temps sont les plus exposées, car elles ne disposent pas de stocks tampons suffisants.
2. La nature des matières premières et le risque de hausse des prix
Au-delà du pétrole brut, c’est tout un pan des matières premières qui est sous tension. Une flambée durable renchérit les coûts de production pour presque toutes les industries et réduit le pouvoir d’achat des ménages.
Le conflit peut affecter le transport d’autres minerais et produits agricoles, créant des tensions inflationnistes sur des secteurs variés.
3. Inflation et banques centrales
Une hausse durable des prix du pétrole complique la lutte contre l’inflation. Cela renforce les attentes selon lesquelles la Réserve fédérale américaine sera moins susceptible de baisser ses taux d’intérêt, ce qui peut peser sur l’économie mondiale.
Cela conduira à un dollar plus fort, pénalisant les entreprises exportatrices en euro par exemple, comme la majorité des entreprises tunisiennes.
4. La sensibilité des revenus et des carnets de commandes au Moyen-Orient
Les entreprises qui réalisent une part significative de leurs ventes au Moyen-Orient peuvent voir leur chiffre d’affaires chuter en cas de récession régionale.
En fin de compte, il n’y a pas de recettes prédéfinies. Chaque stratégie dépend du degré de tolérance au risque et de l’horizon d’investissement.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’une entreprise cumulant plusieurs de ces risques pourrait voir sa valorisation fortement corrigée. À l’inverse, les sociétés capables de répercuter la hausse des coûts (prix de marché), avec une faible exposition géographique directe et une structure de bilan saine (peu de dettes) pourraient mieux résister à la tempête.
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