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Iran | Qui succédera à l’ayatollah Ali Khamenei ?

La question est sur toutes les lèvres : Qui va succéder à l’ayatollah Ali Khamenei et devenir le nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran ? Le poste est la clé de voûte d’un système qui repose sur la théorie du velayat-e faqih (tutelle du jurisconsulte) et c’est à l’Assemblée des Experts que va échoir la responsabilité d’élire le successeur de Khamenei qui a occupé le poste pendant presque 37 ans. 

Imed Bahri

Le quotidien londonien arabophone Al Quds al Arabi est revenu sur cette échéance importante qui intervient en pleine guerre israélo-américaine contre la République islamique et indique que les préparatifs s’accélèrent en vue de l’élection d’un successeur au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, assassiné par Israël et les États-Unis le samedi 28 février 2026 au matin. L’attaque, menée par l’aviation israélienne, a ciblé le bureau et la résidence de Khamenei, avenue Pasteur, à Téhéran, alors qu’il présidait une réunion du Conseil supérieur de la défense. Trente bombes ont été larguées sur ce lieu où se trouvait le Guide.  

Un conseil provisoire aux commandes

Afin d’éviter un vide du pouvoir, l’article 111 de la Constitution iranienne stipule qu’un conseil provisoire composé de trois membres exerce les pouvoirs du Guide suprême en cas de décès, de démission ou de destitution de ce dernier.

Le conseil provisoire actuel est composé de Massoud Pezeshkian en sa qualité de président de la République, Gholamhossein Mohseni Ejei en sa qualité de chef du pouvoir judiciaire et l’ayatollah Ali Reza Arafi, désigné par le Conseil des gardiens de la Constitution (organe iranien cumulant les fonctions de Conseil constitutionnel et de Commission électorale). 

L’urgence d’élire le Guide suprême est dictée par la nécessité de préserver la stabilité intérieure dans le pays, étant donné que le Guide suprême est la plus haute autorité politique, religieuse et militaire du pays. Il incarne vilayat-e faqih dans le système de la République islamique et est également le Commandant suprême des forces armées.

Conformément à la Constitution iranienne, l’élection du Guide suprême relève de la compétence de l’Assemblée des experts, appelée en persan «Majlis-e Khabargan-e Rahbari». Cette assemblée est composée de 88 membres, élus au suffrage universel direct, pour un mandat de huit ans. Le peuple iranien renouvelle donc son élection tous les huit ans. L’Assemblée exerce diverses fonctions dont celle d’élire le Guide suprême. Elle a également le pouvoir de contrôler l’action du Guide suprême et de le révoquer ou de le confirmer dans ses fonctions, à condition qu’il soit jugé apte à remplir ses devoirs sur les plans religieux, politique, intellectuel et physique.

Le Guide suprême est élu au scrutin secret, et le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés par les membres présents est déclaré Guide suprême. L’Assemblée des experts n’a élu le Guide suprême qu’une seule fois et ce, en juin 1989, jour du décès de l’Imam Khomeini, fondateur de la République islamique, lorsque Khamenei a été élu à ce poste.

Khamenei, alors président de la République (il l’a été de 1981 à 1989), n’était pas un candidat pressenti pour succéder à Khomeini. Cependant, Hashemi Rafsanjani (président de 1989 à 1997) a relaté une anecdote qui a bouleversé la donne. Il a déclaré que lors d’une rencontre avec Khomeini, il l’avait interrogé sur son choix de successeur, ce à quoi Khomeini aurait répondu: «Vous avez Khamenei».

Khamenei annonça son refus de briguer la succession de Khomeini mais l’Assemblée des experts l’élut Guide suprême. On peut donc affirmer que le décideur ultime concernant le successeur de Khomeini était Khomeini lui-même, conformément au souhait rapporté par Rafsanjani.

Ces dernières années, le débat s’est intensifié quant à la personne qui succédera au Guide suprême Khamenei s’il venait à disparaître, compte tenu de son âge avancé de 86 ans (il est né le 17 juillet 1939).

Ce besoin est devenu encore plus pressant suite aux menaces directes des États-Unis et d’Israël d’assassiner Khamenei surtout durant la guerre israélo-américaine contre l’Iran en juin 2025.

Spéculation sur le nom du nouveau Guide

Khamenei avait proposé plusieurs noms pour lui succéder mais ces noms sont restés secrets. Par conséquent, l’Assemblée des experts devrait avoir la tâche aisée d’élire le nouveau Guide suprême, surtout après l’assassinat de Khamenei par Israël.

Toute discussion concernant le nom du nouveau dirigeant iranien relève encore de la spéculation. Auparavant, l’ancien président Ebrahim Raissi qui avait à la fois un profil théocratique et politique était pressenti mais il a trouvé la mort dans un accident d’hélicoptère le 19 mai 2024, accident qui aurait été causé par une panne technique lors de son retour d’une brève visite en Azerbaïdjan (allié d’Israël) mais les circonstances de cette mort demeurent suspectes. 

Un autre nom qui circule est celui de Mojtaba, le fils de Khamenei. Proche de son père depuis des années, il a accès à tous les dossiers clés concernant l’Iran et ses alliés dans la région. Il entretient également des relations privilégiées avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), acteur majeur de la scène iranienne.

Le nom de l’ancien président Hassan Rouhani est également évoqué. Sous sa présidence, l’accord nucléaire de 2015 a été conclu sous l’égide de Barack Obama, dans le cadre du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu et l’Allemagne).

Le nom d’Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, a aussi été mentionné, mais ses chances sont moindres car ce n’est pas un religieux.

Parmi les autres noms qui circulent figurent Mohsen Ejei, actuel chef du pouvoir judiciaire, l’ayatollah Ali Reza Arafi, membre du Conseil de direction intérimaire et l’ayatollah Sadeq Larijani, ancien chef du pouvoir judiciaire (frère d’Ali Larijani).

D’autres noms, plus surprenants, pourraient également être évoqués, connus seulement de Khamenei et de son entourage. Toutefois, il est clair que les qualités les plus importantes que le nouveau dirigeant devra posséder, outre son rang religieux, seront sa détermination à affronter les États-Unis et Israël après qu’ils ont lancé leur deuxième guerre contre l’Iran et assassiné Khamenei.

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