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Quand l’ambassadeur américain en Israël se lâche grave

Dans une interview avec le célèbre éditorialiste et commentateur américain de droite Tucker Carlson, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, exprime des idées fort peu diplomatiques voire explosives où, citant le verset (15) de la Genèse dans la Bible, a cru pouvoir affirmer que tout le Moyen-Orient (Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Irak), mais aussi des parties de l’Egypte et l’Arabie saoudite, devrait appartenir aux Juifs.

Mohamed Larbi Bouguerra *

Ces déclarations ont scandalisé le journaliste israélien Gideon Levy qui s’est interrogé dans une chronique parue dans ‘‘Haaretz’’ du 22 février 2026 : «Existe-t-il des accélérateurs d’antisémitisme ou des pourvoyeurs de positions anti-israéliennes plus grands que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout cela à cause d’une promesse biblique délirante faite il y a 3 000 ans ?»

Il est clair que Huckabee n’a jamais lu ‘‘Le traité sur la tolérance’’ de Voltaire qui écrivait en 1763 : «Les mahométans sont des usurpateurs depuis plus de mille ans (du bien des juifs). Si les juifs raisonnaient ainsi aujourd’hui, il est clair qu’il n’y aurait d’autre réponse à leur faire que de les mettre aux galères. Ce sont à peu près les seuls cas où l’intolérance paraît raisonnable.» (Edition Folio, p. 107) 

Ce monsieur Huckabee a été un pasteur chrétien baptiste puis est devenu gouverneur de l’Arkansas puis deux fois candidat à la présidentielle.

En tant que baptiste, il attend la venue du Messie en Terre Sainte. C’est alors, dit la Bible dans l’Apocalypse, qu’il convertira tous les juifs. S’ils refusent, il les passera au fil de l’épée.

Comprenne qui pourra !

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS (Université Paris VI).

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CPJ | Israël a tué 86 journalistes en 2025

Un nombre record de 129 journalistes ⁠et professionnels des ​médias ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2025, dont les deux tiers par Israël, a déclaré mercredi 25 février 2026 le ​Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son dernier rapport.

Le nombre de journalistes tués dans le monde a atteint un record pour la deuxième année consécutive, après 124 décès recensés en 2024, dont les deux tiers également tués par Israël, relève l’organisation indépendante. Le CPJ recense ​depuis plus ‌de 30 ans les attaques contre la presse.

Israël a été responsable de la mort de 86 journalistes en 2025. Ils sont, à plus de 80%, Palestiniens. Dans ce classement du crime abject, l’Etat hébreu devance de très loin le Soudan (9), le Mexique (6), la Russie (4), et les Philippines (3).

L’État hébreu est aussi responsable de 81 % des 47 assassinats ciblés de journalistes classés comme «meurtres» par l’organisation dans son rapport.

«Dans un contexte de tensions croissantes à travers le monde, le mépris d’Israël pour la vie des journalistes – et pour le droit international censé les protéger – est sans précédent», note le rapport. Il ajoute : «Depuis que le CPJ a commencé à compiler ces données en 1992, Israël a tué plus de journalistes que tout autre gouvernement, faisant de la guerre israélo-palestinienne (qui inclut les massacres perpétrés par Israël à Gaza ainsi que ses attaques meurtrières au Liban, au Yémen et en Iran) la plus meurtrière jamais enregistrée pour les journalistes.»

Le CPJ écrit, également : «Si couvrir la guerre est intrinsèquement dangereux, Israël a franchi un nouveau cap en ciblant délibérément et illégalement les journalistes. En 2025, le CPJ a recensé 47 cas de journalistes assassinés en raison de leur travail, Israël étant responsable de 81 % de ces assassinats. Le nombre total de ces assassinats ciblés pourrait être bien plus élevé. Compte tenu des restrictions extrêmes imposées à Gaza, notamment l’interdiction d’accès à la presse étrangère indépendante, la destruction des infrastructures de communication, les déplacements massifs de population et les pertes humaines considérables, il est difficile d’enquêter sur les circonstances de chaque décès. La plupart des preuves contemporaines ayant été détruites, le nombre exact de journalistes palestiniens à Gaza délibérément ciblés par Israël restera peut-être à jamais inconnu.»

I. B.

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Quand un diplomate américain promeut la lecture biblique du « Grand Israël »

Vague d’indignation et de colère dans les capitales arabes et musulmanes suite aux récentes déclarations de l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, selon lesquelles l’Etat hébreu aurait un droit biblique sur une vaste étendue du Moyen-Orient.

Faut-il encore une preuve des liens singuliers qui unissent une large frange des Evangéliques américains à Israël ? En effet, leur soutien à l’État hébreu ne relève pas seulement de l’alliance stratégique : il s’enracine dans une conviction idéologique profonde, celle du sionisme chrétien. Un courant théologique qui considère la création de l’État d’Israël comme l’accomplissement direct des prophéties bibliques et qui constitue politiquement un puissant lobby pro-israélien aux États-Unis, favorisant à titre d’exemple la colonisation de la Cisjordanie occupée, la Judée-Samarie (Yehuda we-Shomron en hébreu), pour s’étendre à la politique étrangère américaine au Proche-Orient.

Prophétie biblique

Dès lors, rien d’étonnant à ce que Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis à Tel-Aviv, et un ancien pasteur baptiste connu pour être l’un des chrétiens évangéliques les plus ardents en faveur d’Israël et de sa politique de colonisation, affirme qu’Israël aurait, selon la tradition biblique, un droit sur des terres s’étendant sur une large partie du Moyen-Orient. Une déclaration qui a suscité une onde de choc, de vives protestations et une vague de colère et de réprobation à travers la région.

Ainsi, citant l’Ancien Testament pour justifier les velléités expansionnistes de l’État hébreu, l’ambassadeur américain qui était interrogé vendredi 20 février par le  journaliste vedette de la droite américaine, Tucker Carlson, sur un verset de la Genèse évoquant une promesse divine faite à Abraham d’une terre s’étendant « du fleuve d’Egypte, le Nil, jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate », a souligné qu’une telle interprétation couvrirait une large partie du Moyen-Orient, incluant le Liban, la Syrie, la Jordanie ainsi que des régions d’Arabie saoudite et d’Irak.

« Je pense que c’est exact, a-t-il insisté. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient ». Tout en ajoutant sans détour : « Ce serait bien s’ils prenaient tout », en s’appuyant sur sa lecture de la Bible !

Cherchant en suite à minorer l’impact de ses propos incendiaires, le diplomate américain a expliqué, visiblement gêné, que ce sujet « n’était pas sur la table ». Car selon lui, les Israéliens « ne demandent pas de reprendre tout cela. Mais ils demandent au moins de récupérer les terres qu’ils occupent actuellement, où ils vivent maintenant, qu’ils possèdent légitimement et qui constituent un refuge sûr pour eux ». Bref, il cherchait à tout prix  à blanchir l’occupation des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, en place depuis 1967.

Face aux critiques, l’ambassadeur américain persiste et signe. Il a publié samedi dernier deux messages sur X pour préciser sa position sur d’autres sujets abordés lors de l’entretien, dont la définition du sionisme. Mais il n’est pas revenu sur ses propos concernant le contrôle par Israël de territoires du Moyen-Orient.

Des propos « dangereux et incendiaires »

Le tollé soulevé par ces déclarations que des pays du monde arabe et musulman ont qualifiées de « dangereuses et incendiaires » est immense. Ces propos interviennent dans un climat de tensions persistantes en Cisjordanie occupée. Le 15 février, pour la première fois depuis 1967, le gouvernement israélien a approuvé l’enregistrement de vastes secteurs du territoire comme « propriété de l’Etat », une décision perçue comme facilitant l’expansion des colonies et le renforcement du contrôle administratif.

D’ailleurs, le gouvernement israélien a pris la semaine dernière deux décisions d’une importance capitale. D’abord, l’annulation d’une loi datant de la période où la Cisjordanie était sous l’administration de la Jordanie avant la guerre de juin 1967, laquelle loi interdisait la vente de terres à des non-musulmans dans cette région. Ensuite, le lancement d’un processus d’enregistrement foncier qui actera un titre de propriété israélienne sur ces terres. Une première depuis l’occupation de 1967.

Rappelons à ce propos le communiqué de condamnation des propos de l’Ambassadeur américain dimanche 22 février a été signé par seize pays dont, notamment, l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Jordanie, les Emirats arabes unis, le Qatar, l’Indonésie et la Turquie; ainsi que la Ligue des Etats arabes et l’Organisation de la coopération islamique.

Ce communiqué exprime « leur ferme condamnation et leur profonde préoccupation ». Tout en affirmant leur « rejet catégorique » des propos de Mike Huckabee. Lesquels, disent-ils « constituent une menace grave pour la sécurité et la stabilité de la région ». L’Iran s’est joint au concert de critiques par la voix de son ministère des Affaires étrangères, qui a accusé le représentant américain de révéler par ses propos « la complicité active des États-Unis » dans les « guerres d’agression expansionnistes » menées par Israël contre les Palestiniens.

D’autre part, une haute responsable de l’ONU a estimé que les mesures prises par Israël équivalaient à une « annexion progressive de facto ». Alors que Tel-Aviv a annexé Jérusalem-Est et une partie du plateau syrien du Golan. Une condamnation unanime qui a été même reprise par la presse israélienne. Cette dernière a noté que les déclarations de l’ambassadeur américain ravivent « toutes les peurs » qu’inspire le sionisme dans la région.

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Du Nil à l’Euphrate | Quand la Bible devient carte géopolitique

Les civilisations humaines prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété de l’Etat d’Israël, né en 1948 d’un arrangement entre puissances occidentales, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente dans le monde.

Yahya Ould Amar *

Les empires disparaissent ; les textes demeurent. Mais aucun verset d’un livre saint n’a jamais servi pour tracer une frontière reconnue par le droit des nations. Si l’on devait fonder la géopolitique contemporaine sur l’antériorité ou les promesses les plus anciennes, le monde redeviendrait instantanément ingouvernable.

Aux États-Unis, les nations amérindiennes pourraient revendiquer l’intégralité du territoire ; en Europe, les royaumes médiévaux réapparaîtraient sous forme de prétentions territoriales contemporaines ; en Méditerranée, les héritiers de Carthage, de Rome invoqueraient leurs anciens empires ; au Proche-Orient, chaque dynastie disparue redessinerait les frontières selon ses propres souvenirs, en Asie, les empires disparus revendiqueraient leurs anciennes provinces.

L’histoire humaine est une succession de conquêtes, de migrations, de métissages et de recompositions. Si chaque présence ancienne devenait un titre de propriété éternel, aucun État moderne ne survivrait.

C’est pourtant une brèche de cette nature qu’a entrouverte Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël nommé en 2025 par le président Donald Trump, lorsqu’il a affirmé dans un entretien avec Tucker Carlson que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pouvait fonder une légitimité territoriale contemporaine d’Israël sur cette partie du Moyen Orient — allant jusqu’à ajouter : «ce serait bien s’ils prenaient tout». Ce n’est pas une simple déclaration théologique. C’est un glissement conceptuel aux conséquences diplomatiques majeures. Car cet ambassadeur ne parle jamais seulement en croyant, il parle au nom de la première puissance mondiale.

Prise au sérieux, cette interprétation implique bien davantage qu’une formule symbolique. Elle suggère l’effacement de la Jordanie, du Koweït et du Liban, l’amputation de larges portions de l’Égypte — dont le Canal de Suez —, de l’Arabie saoudite incluant Médine, ainsi que de vastes territoires irakiens et syriens. Autrement dit, elle superpose un récit théologique ancien à des souverainetés contemporaines internationalement reconnues, dont certaines plongent leurs racines bien au-delà de l’époque patriarcale évoquée par la Genèse. Parler de «prendre tout» revient à envisager une refonte radicale de la carte régionale au détriment de peuples établis et d’États constitués.

Les civilisations mésopotamiennes prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente.

La Genèse n’est pas un cadastre

La Genèse est un texte fondateur des traditions abrahamiques, dont nous sommes pour la plupart les héritiers. Elle appartient au patrimoine spirituel de milliards d’êtres humains. Mais la Genèse n’est pas un cadastre. Elle n’est ni une convention frontalière ni un traité international.

Entre le Nil et l’Euphrate, bien avant qu’Abraham ne devienne figure de foi pour les monothéistes, vivaient déjà des peuples multiples — Cananéens, Amorites, Hourrites, Égyptiens, Mésopotamiens. Des cités se sont élevées, des empires ont dominé, des langues se sont croisées, des civilisations se sont succédées. Le Croissant fertile fut l’un des berceaux de l’agriculture, de l’écriture, de la ville.

L’histoire de cette région ne se résume pas à un seul récit fondateur, aussi central soit-il pour la tradition juive ; elle s’inscrit dans une continuité plurimillénaire où se sont succédé et mêlées de nombreuses civilisations.

Il serait malhonnête d’ignorer que la notion de «terre promise» occupe une place centrale dans la tradition juive et qu’elle constitue pour des millions de croyants un élément fondateur d’identité spirituelle. Mais une mémoire religieuse, aussi légitime soit-elle, ne se confond pas avec une norme juridique internationale. La foi structure des consciences ; elle ne délimite pas des souverainetés. Cela n’ôte rien à la réalité historique du lien plurimillénaire du peuple juif à cette terre, attesté par toutes les religions monothéistes et l’histoire, ni à la légitimité internationale issue du processus onusien de 1947 et de la reconnaissance de l’État d’Israël. La question n’est pas celle de l’existence d’Israël, mais celle des fondements invoqués pour redéfinir ses frontières.

Cette terre n’a jamais été l’espace exclusif d’un seul peuple. Au fil des siècles, des populations juives et arabes y ont coexisté, parfois en tension, parfois en proximité. Le droit international contemporain, notamment à travers la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies en 1947, a d’ailleurs envisagé la création de deux États — l’un juif, l’autre arabe — reconnaissant ainsi l’existence de deux légitimités nationales sur un même territoire.

Lorsqu’on se place du point de vue du croyant, l’ordre du monde et le déploiement de son histoire ne relèvent pas du hasard ni de la seule volonté humaine, mais d’une souveraineté divine. Pour celui qui croit, la création, les nations, les événements et leurs enchaînements procèdent d’un dessein qui dépasse l’homme. Pour le croyant, l’histoire s’inscrit dans une relation à Dieu et dans une promesse qui relève de la foi. Mais précisément parce que cette conviction relève de l’adhésion spirituelle, elle ne peut être transposée mécaniquement dans l’ordre juridique international. La foi engage la conscience ; le droit engage les peuples.

Du mythe au droit

Depuis 1945, la Charte des Nations unies repose sur un principe simple qui est l’interdiction de l’acquisition territoriale par la force et la reconnaissance mutuelle des États souverains. C’est précisément pour empêcher, entre autres, la résurgence des légitimations mythologiques de l’expansion territoriale que l’ordre juridique international a été construit.

Car si la théologie devient doctrine territoriale, alors l’histoire des évolutions humaines — migrations, métissages, souverainetés construites — pourrait être suspendue au profit d’une interprétation d’un récit antique.

Le Proche-Orient n’est pas une carte biblique en attente d’accomplissement. C’est un espace habité, souverain, traversé de mémoires concurrentes et d’équilibres fragiles. L’Égypte n’est pas une métaphore ; c’est l’une des plus anciennes continuités étatiques de l’histoire humaine, structurée bien avant l’émergence du prophète Abraham dans les récits bibliques. L’Irak et la Syrie sont les héritiers des premières cités mésopotamiennes, des royaumes araméens, des civilisations assyriennes et babyloniennes, toutes antérieures aux traditions abrahamiques. La Jordanie, le Liban, le Koweït, l’Arabie saoudite — dont la ville sacrée de Médine occupe une place centrale dans l’histoire de l’islam — ne sont pas des espaces symboliques interchangeables, ce sont des États souverains, reconnus, porteurs d’identités historiques façonnées au fil des siècles.

Ce qui trouble, au fond, n’est pas qu’un homme de foi interprète un verset biblique. C’est que cette interprétation soit formulée par un diplomate représentant la première puissance mondiale. La diplomatie moderne repose sur la reconnaissance mutuelle des souverainetés et sur l’équilibre fragile des puissances. Introduire dans ce langage la logique d’une promesse sacrée, c’est déplacer le débat du terrain juridique vers celui de l’absolu. Et l’absolu, en politique internationale, n’a jamais été un facteur de paix.

La théologie devient doctrine implicite

Les déclarations de l’ambassadeur américain en Israël, validant l’idée que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pourrait fonder une légitimité territoriale contemporaine, ne relèvent pas d’une simple opinion personnelle. Elles introduisent, dans le langage diplomatique d’une superpuissance, une référence théologique comme possible source de droit politique. Or depuis 1945, l’ordre international repose sur la souveraineté des États et l’intangibilité des frontières reconnues. Substituer à ce cadre juridique une lecture littérale d’un texte sacré revient à déplacer la légitimité du consensus international vers l’absolu religieux — un terrain par nature non négociable.

Une doctrine territoriale fondée sur une promesse divine transforme le désaccord politique en affrontement existentiel. Elle discrédite la posture de médiation des États-Unis, alimente les radicalités régionales et rouvre la porte à une diplomatie identitaire où les récits sacrés concurrencent le droit international. Si chaque nation revendiquait ses frontières au nom de ses écritures, l’équilibre mondial serait rapidement submergé par des absolus rivaux. L’enjeu dépasse donc la polémique, il interroge la nature même de la diplomatie contemporaine et la capacité des grandes puissances à distinguer conviction personnelle et responsabilité stratégique.

Une onde de choc régionale

Évoquer favorablement une extension territoriale israélienne «du Nil à l’Euphrate» revient, pour des millions de citoyens arabes, à suggérer l’effacement symbolique de leurs États. En Egypte où la stabilité repose sur un équilibre délicat entre souveraineté nationale et coopération sécuritaire avec Israël, une telle rhétorique ne peut qu’alimenter les discours nationalistes et fragiliser les autorités modérées. En Iraq et en Syrie, pays marqués par les guerres et recompositions territoriales, l’idée d’une légitimation religieuse de l’expansion israélienne réactive des mémoires coloniales et des peurs existentielles. Ce n’est pas seulement une provocation théologique — c’est une négation explosive de souverainetés reconnues et d’équilibres régionaux déjà fragiles.

L’Iran, qui se présente comme défenseur de la cause palestinienne pourrait instrumentaliser ces propos pour renforcer l’idée d’un affrontement civilisationnel. Les groupes armés non étatiques y trouveraient une justification supplémentaire pour radicaliser leurs bases. Même les États signataires des accords d’Abraham, engagés dans une normalisation pragmatique avec Israël, se verraient placés sous pression intérieure, comment défendre un rapprochement stratégique si la perspective d’une expansion sacrée devient audible dans le discours diplomatique américain ?

Ironie ultime, cette rhétorique pourrait également fragiliser Israël. La sécurité à long terme d’un État ne repose pas sur l’adhésion à une vision maximaliste, mais sur la reconnaissance mutuelle et la stabilité régionale. En accréditant l’idée d’un horizon territorial illimité, on complique toute solution négociée, on éloigne les compromis nécessaires et on alimente les discours de ceux qui, de part et d’autre, refusent toute coexistence. Dans une région où chaque mot peut devenir étincelle, la diplomatie devrait apaiser les braises — non souffler dessus.

L’Amérique, puissance juridique ou puissance identitaire ?

Au-delà du Moyen-Orient, cette polémique touche au cœur même du leadership américain. Depuis 1945, les États-Unis se sont présentés comme les architectes d’un ordre international fondé sur des règles, des institutions et un droit commun. Leur puissance ne reposait pas seulement sur la force militaire, mais sur une autorité normative, celle d’un pays qui défendait la stabilité des frontières et la primauté du droit. Si un discours officiel laisse désormais place à une justification territoriale d’inspiration théologique, c’est cette crédibilité qui s’écroule. Car si l’on redessine des cartes au nom d’un récit sacré ici, pourquoi d’autres puissances n’invoqueraient-elles pas ailleurs leurs empires passés, leurs dynasties ou leurs mythes fondateurs ?

L’Amérique veut-elle demeurer la puissance qui arbitre et stabilise, ou glisser vers une diplomatie identitaire où la politique étrangère épouse des convictions religieuses et culturelles particulières ?

Lorsque la diplomatie devient le prolongement d’une ferveur électorale, la frontière entre mandat démocratique et mission sacrée se trouble dangereusement.

La ligne rouge entre mythe et responsabilité

Les civilisations ont besoin de récits, mais la diplomatie est un exercice de responsabilité. Lorsque la référence du «Nil à l’Euphrate» glisse du registre spirituel vers celui de la politique étrangère, elle ne réactive pas seulement une promesse ancienne ; elle ravive des peurs actuelles, durcit les positions et fragilise des équilibres déjà instables. Le Moyen-Orient n’est pas une abstraction théologique, mais un espace peuplé, structuré par des souverainetés reconnues et par une histoire longue, complexe, faite de strates successives. Il est impossible d’ignorer la dynamique réelle des sociétés humaines.

Il ne s’agit pas d’exclure la foi de la sphère publique, mais de rappeler qu’entre conviction personnelle et parole d’État existe une frontière qui ne doit jamais être franchie. La première relève de la liberté intime ; la seconde engage la stabilité internationale. Confondre les deux, même brièvement, fragilise la primauté du droit au profit d’un récit. Entre le mythe et la responsabilité, la diplomatie doit choisir la prudence, car franchir cette ligne rouge, c’est risquer de substituer l’absolu au compromis — et sans compromis, il n’y a pas d’ordre viable.

Enfin, il existe, dans toutes les grandes traditions politiques, la tentation de relire le présent à la lumière d’un passé sacralisé. Chaque époque croit parfois retrouver dans ses textes anciens la justification de ses ambitions contemporaines.

Avant le prophète Abraham, des peuples vivaient déjà sur ces terres ; après lui, d’autres sont venus, se sont mêlés, ont bâti des villes, des cultures, des États. Les identités n’y sont pas linéaires, elles sont tissées de migrations, de conquêtes, de métissages. Prétendre figer ce mouvement au nom d’une promesse originelle revient à nier la dynamique même de l’histoire humaine.

Au fond, la question posée par cette polémique est simple et immense à la fois, la diplomatie du XXIᵉ siècle sera-t-elle guidée par la complexité du réel ou par la certitude des récits religieux ?

Entre le Nil et l’Euphrate, il n’y a pas qu’une promesse biblique. Il y a des États, des peuples, et une paix fragile.

Un monde où les promesses sacrées seraient traduites littéralement en revendications territoriales ne serait pas un monde plus spirituel, mais un monde plus instable. Les nations se construisent et se préservent par la négociation et le compromis, non par la transposition directe de leurs héritages religieux dans l’ordre juridique international.

Les mots ne déplacent pas les frontières. Mais ils peuvent embraser les peuples.

* Economiste, banquier et financier.

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L’Arabie saoudite investit dans la reconstruction de la Syrie

Après avoir œuvré à introduire le nouveau président syrien Ahmed Al-Charaa au sein de la communauté internationale, à organiser sa première rencontre avec le président américain Donald Trump à Riyad en mai 2025, à peser pour que les sanctions internationales imposées à la Syrie soient levées, voilà que l’Arabie saoudite investit une somme conséquente dans l’économie syrienne qui en a cruellement besoin. Riyad entend être un acteur de premier plan dans le processus de reconstruction du pays du Levant détruit par quinze ans de guerre civile. 

Imed Bahri

Alaa Shahine Salha, chercheur au Saudi Research & Media Group et chroniqueur économique pour Asharq Business (partenaire de Bloomberg au Moyen-Orient) s’est penché sur le sujet dans le média américain Semafor. Il considère que l’annonce par l’Arabie saoudite d’un investissement de 5,3 milliards de dollars via certaines de ses entreprises les plus importantes dans les secteurs des télécommunications, de l’aviation et des infrastructures hydrauliques en Syrie ne suffira probablement pas à elle seule à changer la donne dans un pays ravagé par la guerre. Il estime que le montant en lui-même n’est pas l’essentiel. 

Ce qui importe davantage c’est que cette annonce s’inscrit dans un plan plus vaste visant à mener à bien l’un des projets de reconstruction nationale les plus complexes au monde depuis l’invasion américaine de l’Irak il y a plus de vingt ans.

Endiguer le trafic de drogue

L’intérêt de l’Arabie saoudite à soutenir la nouvelle administration de Damas est facile à comprendre. La destitution de Bachar Al-Assad a anéanti un pilier essentiel de l’influence régionale iranienne. Le Royaume ainsi que d’autres pays se sont empressés de combler ce vide. L’une des priorités saoudiennes était également d’endiguer le trafic de drogue illicite que le régime d’Assad, véritable narco-État, produisait et faisait transiter dans le Golfe. L’Onu affirme que ce trafic a été fortement perturbé et un responsable syrien déclare qu’il est «pratiquement à l’arrêt».

Cependant, l’ampleur de la tâche est trop importante pour que les États du Golfe puissent l’assumer seuls, ce qui explique l’empressement de Riyad, dès le départ, à impliquer les puissances mondiales et les institutions financières internationales.

Les besoins de reconstruction de la Syrie sont colossaux, quel que soit le critère retenu. Selon l’estimation prudente de la Banque mondiale, ils s’élèvent à 216 milliards de dollars. Ce montant est comparable aux dépenses engagées pour la reconstruction de l’Irak après la chute de Saddam Hussein et dépasse même, au regard des normes actuelles, le plan Marshall américain pour la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale.

Trouver des précédents inspirants dans la région environnante n’offre guère de raisons d’être optimiste. Les États-Unis n’ont pas réussi à reconstruire l’Afghanistan après leur invasion suite aux attentats du 11 septembre. Ils ont également aggravé la situation en Irak, laissant le pays sombrer dans des années de violence brutale, de mauvaise gestion et de corruption. La reconstruction du Liban après la guerre civile (1975-1990) a été alimentée par une vague d’emprunts effrénée qui a finalement abouti à une impasse dans un pays miné par une corruption endémique, un climat politique délétère et des conflits récurrents avec Israël.

Les piliers de la reconstruction

Des discussions avec des responsables syriens et saoudiens, ainsi qu’avec des organisations internationales impliquées dans le dossier ou étroitement liées à celui-ci, ont permis de dresser un tableau réaliste des défis à relever : un contexte politique instable, des infrastructures massivement détruites et un état catastrophique des institutions syriennes. Ceci explique peut-être la prudence des acteurs de la reconstruction de la Syrie.

Cette approche repose sur quatre piliers essentiels :

– La sécurité avant tout : le rétablissement de la sécurité et de la stabilité politique est une condition préalable à toute autre initiative.

– La levée des sanctions pour stimuler la croissance : la levée des sanctions internationales l’an dernier a été obtenue en grande partie grâce aux pressions saoudiennes et devrait entraîner une croissance économique à deux chiffres en 2026, à mesure que la Syrie renoue avec le reste du monde.

– L’État doit fonctionner : le renforcement des capacités des principales institutions économiques syriennes, notamment le ministère des Finances et la Banque centrale, est désormais une priorité pour le Fonds monétaire international.

– Évaluer les dégâts, puis mobiliser les financements : une cartographie précise des besoins de reconstruction est essentielle pour mobiliser l’aide internationale.

Tel est le plan. Rien n’est garanti, car la stratégie comporte de multiples risques susceptibles de compromettre le redressement à chaque étape.

Par exemple, si le gouvernement du président Ahmed Al-Charaa est parvenu à réduire le niveau global de violence, des flambées de violence communautaire ont persisté. Les pays du Golfe, et le reste du monde, préfèrent traiter avec un homme fort capable d’imposer les réformes nécessaires par la force, contrairement à la situation au Liban voisin, par exemple. Cependant, force est de constater qu’Al-Charaa ne contrôle pas encore totalement le territoire syrien.

Les bilans mitigés des «hommes forts»

De plus, les bilans des «hommes forts» en matière de gestion économique ne sont guère glorieux. Alaa Shahine Salha estime que sous la présidence d’Abdelfattah Al-Sissi, ancien chef militaire, les performances économiques de l’Égypte ont été mitigées et ont contraint le pays à solliciter deux importants plans de sauvetage auprès du FMI.

À cela s’ajoutent les risques liés à l’économie politique. Des experts comme Yezid Sayigh du Carnegie Middle East Center ont averti que des accords d’investissement sans plan de relance transparent pourraient reproduire le capitalisme de connivence qui prévalait sous Assad.

Néanmoins, des sources saoudiennes et des responsables internationaux semblent plus optimistes concernant l’évolution de la situation. Riyad met davantage l’accent sur la reconstruction des institutions étatiques et insiste pour que les financements de grande envergure soient étroitement surveillés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

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Le «Grand Israël» selon l’ambassadeur américain à Tel Aviv

L’ambassadeur des Etats-Unis ne représente pas Israël : il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmérKKKe en devenir.

Gideon Levy

«La Genèse 15 dit que c’est Abram – avant Abraham, c’est Abram – qui reçoit de Dieu la nouvelle que ses descendants hériteront de la terre. Et vous me direz, en tant que théologien, si je me trompe, ça va de l’Euphrate au Nil, je pense. Et ça inclurait pratiquement tout le Moyen-Orient. Ce serait le Levant. Donc Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban. Ça inclurait également une grande partie de l’Arabie saoudite et de l’Irak. … Je veux dire, je ne suis pas sûr que ça irait aussi loin. … ça inclurait beaucoup d’endroits qui sont aujourd’hui des pays. (…) Mais cette zone particulière dont nous parlons maintenant – Israël est une terre que Dieu a donnée par l’intermédiaire d’Abraham à un peuple qu’il a choisi. C’était un peuple, un lieu et un but. (…) Israël a-t-il droit à cette terre ? (…) Ce serait bien s’ils prenaient tout ça ».

Du fleuve au fleuve

Le lieu : le terminal diplomatique de l’aéroport Ben-Gourion. Le moment : au milieu de la semaine dernière. L’occasion : ce n’est pas ce que vous pourriez croire. Non, ce n’était pas une conversation entre des personnes échappées d’une unité fermée de quelque asile psychiatrique.

Il s’agissait d’une conversation entre Tucker Carlsonet l’ambassadeur états-unien en Israël, Mike Huckabee, dans le cadre de son programme d’entretiens.

Le terme «Grand Israël» est devenu trop restrictif, modeste et anachronique. Ce n’est plus de la mer au désert. Maintenant c’est du fleuve (l’Euphrate) au fleuve (le Nil). Tout ça est à nous.

Ça ne sort pas de la bouche des déjantés du Mont du Temple, ni des foldingues qui parlent de retourner à Gaza, mais de la bouche de l’ambassadeur états-unien en Israël, une personne nommée personnellement par le président Donald Trump, qui connaissait très bien les opinions lunatiques de l’ambassadeur.

La promesse de Dieu à Abraham

Il visite ce pays depuis 53 ans, a déclaré Huckabee-l’ami-d’Israël, principalement les colonies que son pays n’a jamais reconnues. Il estime que tout le Moyen-Orient appartient aux Juifs. Ciao ciao, Mohammed ben Salmane ; bye bye, Abdel Fattah Al-Sissi, allez vous chercher d’autres pays. Celui-ci est à nous, celui-là aussi, et celui-là aussi. La base juridique est solide et bien établie : c’était la promesse de Dieu à Abraham. Ainsi parla l’éminent ambassadeur en Israël.

À la liste interminable des ambassadeurs et envoyés états-uniens au Moyen-Orient qui étaient juifs et sionistes, y compris les actuels, Steve Witkoff et Jared Kushner, s’ajoute désormais un impérialiste chrétien, qui agit non seulement au nom d’Israël, mais aussi au nom du messianisme juif.

Ce n’est pas pour rien que Carlson a dit : «Cet homme ne représente pas mon pays ; il représente Israël.» Ce n’est ni l’un ni l’autre, Carlson. Cet homme ne représente pas Israël ; il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmériKKKe en devenir, dont le secrétaire d’État Marco Rubio a récemment loué «l’héritage chrétien» de l’Occident quand il était à Munich.

Toute cette affaire aurait pu servir de diversion comique en marge d’événements plus importants si elle n’avait pas été centrée sur un homme choisi pour ce rôle d’ambassadeur non pas malgré ses opinions, mais précisément à cause d’elles. Meir Kahane n’aurait pas osé s’exprimer de la même manière ; Itamar Ben-Gvir se contente de beaucoup moins.

Ce type est le porte-parole de la puissance qui est en train de façonner actuellement le caractère du Moyen-Orient, peut-être pour des générations. C’est le porte-parole d’un État qui s’apprête à lancer une guerre contre l’Iran parce qu’Israël l’y exhorte, du moins selon Carlson. Ce sont là les derniers amis d’Israël dans le monde et telle est leur vision.

Peut-on ne pas devenir antisémite ?

Existe-t-il de plus grands accélérateurs de l’antisémitisme ou de plus grands instigateurs de positions anti-israéliennes que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout ça à cause d’une promesse biblique pipeau faite il y a 3 000 ans ?

Israël est le pays natal des Juifs, a déclaré Huckabee. Et qu’en est-il de sa maison en Arkansas ? À qui appartient-elle ? Pas à la tribu des Quapaw ? Ou bien Huckabee et ses semblables ont-ils une règle morale pour le monde entier et une autre pour le peuple élu ? Compte tenu de tout ça, est-il possible de ne pas devenir antisémite ?

Et enfin, que penseront les Arabes du pouvoir que représente Huckabee ? C’est la concrétisation de toutes leurs craintes primitives à l’égard du sionisme. Imaginez les Etats-Unis envoyant en Israël un ambassadeur djihadiste, qui croit en l’établissement d’un califat islamiste dans tout le Moyen-Orient. C’est là, juste à l’envers, leur ambassadeur en Israël, et il est considéré comme légitime. C’est tout sauf drôle.

Source Haaretz. Traduit par Tlaxcala

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Iran | Le régime peut-il résister à une attaque israélo-américaine ?

Alors que les paris vont bon train sur la probabilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, sur l’ampleur de l’opération et sur son timing, il y a un sujet qui passe inaperçu qui est le conflit actuel en Iran entre les conservateurs et les réformateurs dans la gestion de la crise et la possibilité que la guerre puisse faire tomber le régime. C‘est le sujet d’un article du Times, qui est revenu sur ce différend opposant les deux camps.

Imed Bahri

Le journal britannique indique qu’alors que le guide suprême Ali Khamenei se cache, les conservateurs reconnaissent que les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants à leur pays mais ils pensent également pouvoir leur résister. 

«À Washington comme à Téhéran, on a l’impression qu’un conflit pourrait faciliter la diplomatie car il rendrait l’autre partie plus rationnelle lors des négociations», explique Ali Vaez, responsable du projet Iran au sein de l’International Crisis Group, avant d’ajouter : «Je trouve cela complètement absurde. Bien sûr, l’Iran serait vaincu [dans une guerre prolongée], mais certains conservateurs à Téhéran croient que le seul moyen de mettre fin à ce cycle d’agressions américaines et israéliennes est de verser le sang».

Ce point de vue n’est pas partagé par tous les dirigeants iraniens, notamment par le camp relativement pragmatique des réformateurs représentés par le président Massoud Pezeshkian. Leur priorité est d’obtenir un allègement des sanctions américaines afin de sauver l’économie iranienne chancelante et de contenir le mécontentement généralisé qui a suivi la répression violente du soulèvement populaire.

Sauvetage ou capitulation

Sanam Vakil, directrice du projet Moyen-Orient à Chatham House, déclare : «Le camp réformateur considère cet accord comme le seul moyen de sauver le régime et de consolider son influence. Les conservateurs, quant à eux, estiment que l’accord proposé équivaut à une capitulation totale. Face à l’absence de levée substantielle des sanctions de la part des États-Unis, ils y voient un prélude à des pressions accrues et à un changement de régime». Elle ajoute : «Leurs calculs reposent donc sur un pari risqué, voire une guerre, pour améliorer les termes de l’accord final. À mon avis, c’est extrêmement dangereux, et il est incompréhensible qu’ils pensent pouvoir tenir tête aux États-Unis».

Les deux camps ont une longue tradition d’erreurs d’appréciation dans les conflits. Cette situation a enlisé les États-Unis dans des conflits interminables au Vietnam, en Irak et en Afghanistan et a entraîné l’Iran dans une série de guerres menées par Israël, au cours desquelles les milices supplétives de Téhéran dans la région ont été décimées et nombre de leurs généraux les plus gradés tués.

Toute guerre contre les États-Unis serait probablement bien plus destructrice que la campagne aérienne menée par Israël l’an dernier qui a gravement endommagé les installations nucléaires iraniennes et décapité son commandement militaire. L’Iran a tiré les leçons de ce conflit, en créant un nouveau conseil de défense habilité à prendre des décisions à un moment où Khamenei –qui pourrait figurer en tête d’une liste noire américaine– pourrait se cacher.

La carte du détroit d’Ormuz

Depuis des années, l’Iran renforce ses forces navales dans le but de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime, et d’attaquer les navires de guerre américains avec des missiles, des vedettes suicides, des drones kamikazes (munitions rodeuses) et des sous-marins.

«Toutes les capacités développées par l’Iran visent à cibler les forces navales et les bases américaines dans la région ce qui représente un danger réel», a déclaré Vaez avant d’ajouter : «Les États-Unis en sont conscients. Si une attaque était facile à lancer, elle aurait été menée depuis des semaines».

Vaez a ajouté que les dirigeants iraniens estiment que, si les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants, ils sont mieux armés pour y résister. «Si un seul navire de guerre américain était touché par des milliers de missiles, de missiles antinavires, de drones sous-marins et de vedettes rapides, ce serait un désastre pour le président Trump. Voilà la différence», a-t-il souligné.

Toutefois, même un seul tir pour les Iraniens –bien qu’il en faille plusieurs pour endommager un navire de guerre– pourrait déclencher une offensive militaire d’une ampleur bien plus grande contre eux.

«Ils n’ont pas vraiment d’issue», estime, de son côté, Farzan Sabet, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. «Supposons qu’ils survivent à une guerre et que le régime ne s’effondre pas. Que se passera-t-il ensuite ?», s’interroge-t-il. 

L’Iran ciblerait probablement les bases américaines dans toute la région mais les États arabes, craignant d’être pris entre deux feux, ont quasiment renoncé à tenter d’endiguer le conflit.

«Nous avons baissé les bras. Les Iraniens sont irrationnels et Trump est totalement imprévisible», a déclaré une source bien informée du Golfe, sous couvert d’anonymat.

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La Tunisie face à la guerre américaine contre l’Iran

L’attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran semble imminente. Une fois déclenchée, cette guerre risque d’être dévastatrice, et pas seulement pour l’Iran. C’est toute la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui risque d’en être négativement impactée à un niveau ou un autre, y compris, bien entendu la Tunisie, et pour causes…  

Latif Belhedi

En effet, cette guerre opposera deux pays amis de la Tunisie : les Etats-Unis, qui sont des partenaires historiques et de premier ordre, notamment sur les plans militaire et sécuritaire ; et l’Iran, qui est certes un partenaire de second ordre, mais auquel notre pays est lié par des affinités idéologiques et doctrinales assez fortes : appartenance au bloc islamique et soutien de principe à la Palestine.

Aussi, la guerre qui se prépare doit-elle nous interpeller et nous devons, nous aussi, nous y préparer, notamment sur le plan diplomatique. Des éléments de langage doivent être préparés pour bien marquer notre position et notre positionnement dans le nouvel ordre régional qui risque de naître de la conflagration attendue.

Cela dit, on ne voit pas la Tunisie dénoncer avec fermeté l’éventuelle attaque américaine contre l’Iran, car elle aurait du mal à assumer les conséquences politiques d’une telle position, quand bien même celle-ci serait dictée par les principes sacro-saints du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats et de l’interdiction du recours à la force pour régler les différends entre Etats (Charte de l’Onu, Art. 2§4).

Nous devons aussi nous préparer à faire face aux bouleversements économiques que cette guerre menace, et risque sérieusement aussi, de provoquer.

Pour un pays comme le nôtre, qui a du mal à gérer son déficit énergétique croissant et qui importe plus que la moitié de ses besoins en pétrole et gaz, la hausse attendue des prix du pétrole – et pas seulement – risque d’être dévastatrice pour nos finances publiques déjà en piteux état avec un très fort endettement, intérieur et extérieur, un déficit budgétaire croissant et des difficultés grandissantes à accéder au marché financier international, en raison d’une très mauvaise notation souveraine.        

L’ancien ambassadeur Elyes Kasri avait sans doute à l’esprit toutes ces problématiques en rédigeant le poste reproduit ci-dessous et qu’il a publié sur sa page Facebook. Il y appelle les responsables tunisiens à bien se préparer à «face à la tempête qui se profile à l’horizon avec une identification des menaces et des moyens susceptibles de les transformer en opportunités.»

 * * *

«L’offensive américano-israélienne contre l’Iran semble de plus en plus inévitable avec des retombées susceptibles de déborder sur d’autres zones géographiques et de ​nombreux autres secteurs à partir de sa dimension énergétique.

D’une manière ou d’une autre, les intérêts de la Tunisie pourraient être impactés et probablement menacés par ce conflit tant par ses dimensions militaires, qu’économiques et diplomatiques, directement ou à travers son voisinage déjà suffisamment volatile et prédisposé à un regain de tension et probablement d’intensification des dynamiques centripètes et sécessionnistes déjà enclenchées à différents degrés.

Devant cette accélération de l’histoire vers un dénouement incertain, l’attentisme ou la passivité ne semblent pas être une option viable.

Comme le dit le célèbre proverbe «gouverner c’est prévoir» tandis qu’une autre version dirait «ne rien prévoir, ce n’est pas gouverner, c’est courir à sa perte».

Quelle que soit la version appropriée, une analyse prospective sereine s’impose pour accentuer les facteurs de résilience face à la tempête qui se profile à l’horizon avec une identification des menaces et des moyens susceptibles de les transformer en opportunités.

En dépit de toute apparence menaçante et même cruelle, le temps n’est pas près de suspendre son vol.»

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Lobby sioniste | Le Pal Pac, nouvel adversaire de l’Aipac

Après des décennies de pressions et d’intimidations sur les membres du Congrès pour obtenir leur soutien à Israël, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac) fait désormais face à un nouveau concurrent : le Political Action Committee for Peace, Accountability, and Leadership (Pal Pac). Ce Comité d’action politique pour la paix, la responsabilité et le leadership tente d’influencer la politique américaine concernant la question palestinienne au sein même du Congrès. La mission est certes ardue étant donné la puissance du lobby sioniste aux États-Unis mais l’initiative est louable. Alors, qu’est-ce que cette nouvelle organisation ? Et quels sont ses objectifs ? (Photo : Les représentantes Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Summer Lee, Delia Ramirez et Ayanna Pressley au Congrès américain).

Imed Bahri  

Zeteo, qui s’y est intéressé, indique que le Pal Pac est affilié à l’Institute for Middle East Understanding, une initiative qui œuvre pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Il s’efforce de s’attaquer aux causes profondes du conflit en mettant fin à l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza et en affirmant le droit des réfugiés palestiniens au retour sur leurs terres et dans leurs foyers. 

Le Pal Pac aspire à un monde où les droits humains et la dignité sont respectés conformément au droit international et estime qu’une politique étrangère fondée sur ces principes est essentielle pour un avenir meilleur pour tous.

Selon sa déclaration fondatrice, le Pal Pac vise également à «soutenir les élus dans la promotion des droits des Palestiniens et de leur libération de l’occupation israélienne».

Quelles sont les priorités du Pal Pac ?

Le Pal Pac définit ses priorités en trois points : mettre fin aux violations continues des droits humains commises par Israël contre les Palestiniens ; à la complicité et au soutien des États-Unis au régime d’apartheid israélien et à la spoliation des terres palestiniennes et au génocide perpétré contre les Palestiniens.

Comment fonctionne Pal Pac ?

L’organisation s’efforcera de faire élire des membres du Congrès soucieux des droits humains et faisant preuve d’un leadership clair et courageux, ainsi que d’un soutien indéfectible à l’une des questions politiques et de droits humains les plus importantes : la Palestine.

Le Pal Pac se constitue une base au Congrès en soutenant des candidats lors des primaires du Parti démocrate à travers les États-Unis, face à des élus sortants qui refusent de modifier ou de faire évoluer leur position sur la question palestinienne.

Quels critères pour le soutien aux futurs élus ?

Les candidats reconnaîtront-ils qu’Israël commet le crime d’apartheid ? Signeront-ils des lois telles que l’interdiction de fournir des armes à Israël ? Soutiendront-ils la résolution de Rashida Tlaib reconnaissant le génocide commis par Israël contre les Palestiniens ?

Le Pal Pac a été lancé avec le soutien de quatre membres du Congrès, et promet d’en annoncer d’autres.

Les quatre premiers soutiens sont des représentantes démocrates : Rashida Tlaib (Michigan), Delia Ramirez (Illinois), Summer Lee (Pennsylvanie) et Ilhan Omar (Minnesota). 

Rashida Tlaib a déclaré : «En tant que seule Américaine d’origine palestinienne au Congrès, j’ai été aux premières loges pour constater la complicité de notre gouvernement dans ce génocide».

Dans une déclaration publiée sur le site web de l’organisation, Mme Tlaib a ajouté qu’elle est attachée aux droits humains pour tous, ce qui implique l’interdiction des ventes d’armes et la fin de la complicité des États-Unis dans le soutien au régime d’apartheid israélien. Elle a affirmé que le Pal Pac a son soutien total.

Que symbolise le lancement du Pal Pac?

Le lancement du Palpac a coïncidé avec la sixième visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu depuis le retour du président américain Donald Trump à la Maison-Blanche c’est-à-dire il y a un an seulement.

Ce timing est révélateur. Tandis que les relations étroites entre Washington et Tel-Aviv se poursuivent au plus haut niveau, un mouvement croissant au sein du système politique américain cherche à modifier cet équilibre. Il compte un nombre presque équivalent à celui d’Américano-palestiniens tués par Israël au cours des deux années précédentes, selon le média américain cité ci-haut.

Comment contester la domination de l’Aipac ?

La nouvelle organisation cherche à modifier la dynamique du conflit israélo-palestinien à Washington et à mettre fin à l’influence prépondérante des groupes de pression israéliens sur la politique américaine.

Le Pal Pac s’opposera directement à l’Aipac, qui, depuis des décennies, est la force de lobbying la plus influente auprès du Congrès en faveur d’Israël.

Toutefois, la question cruciale demeure : les efforts du Pal Pac aboutiraient-ils à un véritable changement au sein du Congrès et des institutions américaines concernant la question palestinienne ? L’avenir nous dira si la jeune organisation est réellement capable de briser l’emprise de l’Ai Pac sur le Congrès et la Maison blanche, qui dure depuis les années 1960 du siècle dernier.

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Etats-Unis – Iran | Les négociations sont-elles un écran de fumée ?

Lorsque des porte-avions et des sous-marins nucléaires se déploient pendant que les diplomates se rencontrent, lorsque les bombardiers changent de base au rythme des communiqués officiels, il ne s’agit plus d’un simple dialogue, il s’agit d’une préparation minutieuse à une confrontation majeure. Les négociations entre Washington et Téhéran s’inscrivent dans cette logique.

Yahya Ould Amar *

Dans les crises contemporaines, la négociation n’est plus l’alternative à la guerre, elle en est souvent l’antichambre. Elle permet d’organiser la responsabilité de l’échec et de transformer une action militaire en réaction légitime. La diplomatie devient ainsi la dernière étape avant l’usage de la force, non la première vers la paix.

Les discussions en cours entre Américains et Iraniens remplissent une fonction classique consistant à gagner du temps, à tester l’adversaire, à façonner la perception internationale et, surtout, à construire la légitimité d’une action future.

La diplomatie comme instrument tactique

Washington discute tout en renforçant simultanément son dispositif militaire régional avec des déploiements navals, un repositionnement aérien, une coordination stratégique avec ses alliés, notamment Israël. Or l’histoire des crises internationales montre qu’on ne prépare pas un accord durable en augmentant parallèlement la capacité de frappe. La diplomatie devient alors un levier tactique, destiné à accroître la pression et à contraindre l’adversaire à céder et à se plier à un dictat par nature déséquilibré.

Surtout que les exigences des deux parties demeurent incompatibles. Les États-Unis réclament des limitations élargies du programme nucléaire, des restrictions balistiques à une portée maximale de 300 km et un encadrement des réseaux d’influence régionaux iraniens. Téhéran, de son côté, exige une levée substantielle des sanctions et refuse toute négociation sur son programme d’armement balistique. Ces lignes rouges rendent improbable un accord de fond à court terme.

Une guerre pensée en Israël

Si les chances d’un compromis sont faibles, pourquoi maintenir le théâtre diplomatique ? Pour Washington, afficher des discussions en cours permet de démontrer que «toutes les voies ont été explorées» avant toute escalade. Cette séquence construit une légitimité internationale précieuse, ainsi en cas d’échec, l’administration américaine pourra soutenir qu’elle n’a fait que réagir à l’intransigeance iranienne. La diplomatie devient ainsi une assurance politique, une étape nécessaire pour préparer l’opinion publique, les alliés européens et les partenaires régionaux à une confrontation.

Se joindre sans réserve aux guerres du gouvernement de Netanyahu ne renforcerait pas nécessairement les intérêts américains ; cela pourrait au contraire les fragiliser. Une guerre pensée à Jérusalem ne correspond pas toujours aux priorités stratégiques de Washington.

Du côté iranien, le maintien des négociations répond à une logique différente mais tout aussi stratégique. Il s’agit d’espérer desserrer partiellement l’étau des sanctions, de gagner du temps pour consolider les capacités internes, et d’éviter l’image d’un régime fermé à toute solution diplomatique. Les discussions servent également de canal de renseignement, chacune des parties teste l’autre, évalue ses marges de manœuvre et mesure sa tolérance au risque. En réalité, la négociation est devenue un instrument d’observation et de préparation mutuelle — non un chemin vers la paix.

Le facteur nucléaire : un prétexte ?

Officiellement, le cœur du différend reste le nucléaire. Empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique constitue l’argument central avancé par Washington pour justifier sa fermeté. Pourtant, la question dépasse largement la seule prolifération. Ce qui est en jeu, c’est l’équilibre stratégique régional. Un Iran doté d’une capacité nucléaire militaire — même latente — modifierait profondément la hiérarchie des puissances au Moyen-Orient, affaiblissant la liberté d’action américaine et celle de ses alliés. Le dossier nucléaire sert ainsi de justification visible à une préoccupation plus large de préservation d’une architecture de sécurité régionale favorable aux intérêts occidentaux.

Si le nucléaire constitue l’argument public central, il n’épuise pas les motivations réelles. La nature des cibles frappées lors de la guerre de douze jours de 2025 — bien au-delà des seules installations atomiques — suggère que l’objectif dépasse la simple non-prolifération. Il s’agit moins d’empêcher la construction d’une bombe nucléaire que de remodeler un rapport de force régional.

Mais le paradoxe est cruel. Plus la pression militaire et économique s’intensifie, plus l’incitation iranienne à rechercher une dissuasion crédible augmente. Une frappe préventive pourrait retarder le programme nucléaire sans l’éliminer ; elle pourrait surtout transformer une capacité latente en décision politique assumée d’accéder à l’arme nucléaire.

Dans cette perspective, la négociation actuelle ressemble à une tentative de gestion du calendrier stratégique afin de retarder le seuil critique, sans résoudre le dilemme fondamental. Le nucléaire n’est pas seulement le déclencheur potentiel d’une confrontation ; il est devenu l’outil rhétorique central d’un affrontement plus vaste sur la domination régionale.

Il y a encore quelques mois, les services de renseignement américains estimaient que Téhéran n’avait pas pris la décision politique de construire une arme nucléaire. Ce décalage entre évaluation stratégique et rhétorique publique mérite d’être interrogé.

En juin 2025, le président Trump déclarait solennellement à la nation : «Il y a peu de temps, l’armée américaine a mené des frappes massives et de haute précision contre les trois principales installations nucléaires du régime iranien : Fordo, Natanz et Ispahan… Notre objectif était la destruction de la capacité d’enrichissement nucléaire de l’Iran… Ce soir, je peux annoncer au monde que les frappes ont été un succès militaire spectaculaire. Les principales installations d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été complètement et totalement anéanties.»

Si ces installations ont réellement été «complètement et totalement anéanties», au point d’éliminer la menace, alors invoquer aujourd’hui le nucléaire comme motif central d’une nouvelle intervention révèle une contradiction majeure. Soit la menace a été neutralisée, soit elle sert désormais d’argument commode pour justifier une escalade dont les motivations dépassent la seule non-prolifération. Ce glissement du discours suggère que le nucléaire n’est pas la cause profonde de l’escalade, mais son habillage politique.

On se souvient des accusations martelées sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, brandies comme justification morale et stratégique de l’invasion de l’Irak — des armes qui, au terme de la guerre, ne furent jamais trouvées, parce qu’elles n’avaient jamais existé.

Même les bombardements les plus massifs — y compris l’usage de munitions de très forte puissance contre des sites enterrés — ne détruisent pas une compétence nucléaire. Ils en retardent le calendrier. Les centrifugeuses peuvent être reconstruites ; le savoir-faire, lui, ne s’anéantit pas sous les décombres.

Derrière le discours officiel sur la non-prolifération se dessine une logique plus profonde, la préservation d’une asymétrie stratégique permanente fondée sur le maintien d’un monopole nucléaire israélien dans la région.

Pourquoi le moment est stratégique

Si les négociations paraissent fragiles, c’est aussi parce que le calendrier stratégique pèse lourdement sur les décisions. Du côté américain, la fenêtre d’action militaire pourrait se refermer à mesure que l’Iran consolide et disperse ses capacités nucléaires et balistiques. Plus le temps passe, plus une intervention deviendrait complexe, coûteuse et incertaine. Cette dimension temporelle crée une pression silencieuse, agir tant que la supériorité technologique et opérationnelle est perçue comme décisive.

Du côté iranien, le temps joue différemment. Chaque mois qui passe, permet d’améliorer les capacités d’enrichissement et de tester la résilience économique face aux sanctions. Les protestations internes, quant à elles, introduisent une variable politique instable – un régime fragilisé peut chercher l’apaisement ou au contraire se durcir. Les négociations actuelles s’inscrivent donc dans une course contre la montre où chacun tente de maximiser son avantage avant un possible point de bascule.

Le moment n’est pas choisi au hasard ; il est dicté par la perception d’une opportunité stratégique — ou d’un risque imminent.

Trois scénarios plausibles

Trois trajectoires se dessinent à l’horizon. La première peu probable, serait celle d’un compromis technique minimal tel qu’un gel de l’enrichissement iranien contre un allègement limité des sanctions. Un accord partiel, sans résolution des différends structurels, permettant à chacun de sauver la face. Ce scénario stabiliserait provisoirement la situation, mais il ne ferait que repousser l’affrontement stratégique sous-jacent.

La seconde hypothèse serait celle d’un échec contrôlé menant à des frappes ciblées américaines et israéliennes contre des installations nucléaires et balistiques iraniennes.

Une fois les hostilités engagées, le président américain ne serait plus seul maître du tempo. Les pressions viendraient de toutes parts, notamment de ses alliés européens, désireux de voir la guerre s’achever au plus vite tant ils en subissent les répercussions — renchérissement des importations énergétiques, perte de points de croissance économique, tensions migratoires accrues — comme d’acteurs politiques intérieurs, sceptiques quant à la possibilité d’un
résultat véritablement décisif.

L’escalade, souvent, devient moins stratégique que politique. Aussi, l’histoire des crises régionales montre qu’une action dite «limitée» peut déclencher une riposte asymétrique imprévisible tels que des attaques contre des bases américaines, des activations de proxies, des perturbations énergétiques.

Enfin, le scénario le plus préoccupant demeure celui de l’erreur de calcul. Dans un environnement saturé de méfiance, de démonstrations de force et de pression politique, un incident mal interprété pourrait faire basculer la région dans une escalade rapide. Ce n’est pas toujours l’intention qui déclenche la guerre ; c’est parfois l’accumulation de signaux mal lus.

L’histoire récente du Moyen-Orient devrait inciter à la prudence face aux promesses implicites de changement de régime. L’Irak a produit un enlisement stratégique. La Libye a engendré un chaos durable. Et l’Iran lui-même porte la mémoire d’un coup d’État soutenu de l’extérieur dont les conséquences ont façonné la révolution de 1979. Les renversements imposés créent rarement les démocraties espérées.

Une offensive extérieure provoquerait vraisemblablement un réflexe de ralliement national. Dans les moments de crise, les oppositions internes suspendent leurs divisions. L’hostilité étrangère consolide souvent ce qu’elle prétend affaiblir.

L’issue la plus probable d’une confrontation ne serait pas l’émergence d’un Iran modéré, mais le renforcement des éléments les plus durs du régime — voire une consolidation du pouvoir des structures militaires favorables à une dissuasion nucléaire assumée.

Le risque majeur : l’erreur de calcul

Le danger principal ne réside peut-être ni dans une décision assumée de faire la guerre, ni dans un plan prémédité d’escalade, mais dans une erreur de calcul. Lorsque deux puissances s’observent à travers le prisme de la méfiance, chaque geste défensif peut être interprété comme une provocation, chaque démonstration de force comme un prélude à l’attaque. Dans un contexte où les forces sont déjà déployées, où les alliés régionaux sont en alerte et où les opinions publiques sont polarisées, la marge d’interprétation se réduit dangereusement.

Une frappe présentée comme “préventive” pourrait être perçue à Téhéran comme une tentative de changement de régime. Une riposte calibrée pourrait être jugée insuffisante à Washington et entraîner une seconde vague d’attaques. L’escalade ne serait alors plus le fruit d’une stratégie réfléchie, mais celui d’un engrenage. Les négociations actuelles ne neutralisent pas ce risque, elles l’accompagnent. Car lorsque la diplomatie sert davantage à préparer l’échec qu’à prévenir la crise, elle devient le décor fragile d’un affrontement en attente de déclencheur.

Toute confrontation directe aurait un coût immédiat, pertes humaines, attaques contre des installations abritant des dizaines de milliers de militaires américains dans la région, opérations clandestines en représailles. Mais le coût stratégique serait plus durable encore, affaiblissement du droit international et renforcement des puissances révisionnistes promptes à invoquer les précédents occidentaux pour justifier leurs propres offensives.

Au fond, les négociations actuelles constituent un théâtre diplomatique nécessaire dans toute confrontation moderne, un espace où l’on parle pour mieux se positionner, où l’on négocie pour tester, où l’on dialogue pour légitimer. Mais elles ne traduisent pas une volonté politique claire de compromis durable. Elles accompagnent un rapport de force.

L’histoire des relations internationales enseigne que lorsque la diplomatie se déroule sous la protection des bombardiers, ce sont rarement les mots qui tranchent en dernier ressort. Si les discussions en cours servent avant tout à structurer la confrontation plutôt qu’à l’éviter, alors le véritable enjeu n’est pas la signature d’un accord, mais la capacité des deux puissances à maîtriser l’escalade. Car derrière l’écran de fumée diplomatique se joue une question plus vaste, celle du monopole de puissance au Moyen-Orient — et de la manière dont les grandes nations choisissent d’imposer ou de négocier leur ordre stratégique. Une nouvelle guerre offensive fournirait aux puissances révisionnistes un argument supplémentaire pour relativiser les normes de non-agression. Chaque précédent affaiblit la règle. Et dans un monde déjà fragmenté, l’érosion des principes peut produire des conséquences plus durables qu’une victoire militaire.

* Economiste, banquier et financier.

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Gaza | Des gangs criminels reconvertis en police ?

Le Daily Telegraph a révélé dans une enquête d’Henry Bodkin, correspondant du journal britannique à Jérusalem, que les États-Unis envisagent de s’appuyer sur des gangs criminels de voleurs et de trafiquants de drogue pour former une force de police à Gaza, suscitant l’inquiétude aussi bien dans le territoire palestinien que parmi les alliés occidentaux des États-Unis. (Photo : Hossam al-Astal, commandant d’une faction armée dans l’est de Khan Younis.)

Imed Bahri

Selon des responsables occidentaux, l’administration Trump a présenté des plans visant à créer une nouvelle force de sécurité composée en grande partie de membres de gangs armés opposés au Hamas. Ils ont noté qu’Israël arme et soutient certaines de ces factions depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.

Le journal ajoute que l’idée d’intégrer ces gangs à une force de maintien de la paix soutenue par les États-Unis a suscité l’opposition de certains hauts responsables américains, soulignant que ces milices armées, organisées selon des structures claniques et familiales, ont des liens avérés avec le crime organisé depuis des décennies. La population civile de la bande de Gaza éprouve une grande méfiance à leur endroit. Ces derniers mois, ces gangs ont été accusés de pillages de camions d’aide humanitaire ainsi que de meurtres et d’enlèvements.

Au moins deux des gangs les plus importants comptent des membres ayant combattu activement aux côtés de l’État islamique ou lui ayant prêté allégeance.

Une source a déclaré au Telegraph : «Plusieurs hauts gradés de l’armée américaine craignent que le processus de paix de Donald Trump n’aboutisse pas sans partenaires de sécurité fiables»

Des gangs criminels soutenus par Israël

Le Royaume-Uni, la France et plusieurs autres pays impliqués dans la mise en œuvre du plan de paix en 20 points du président américain ont également fait part de leurs inquiétudes.

Quatre mois après le cessez-le-feu, le projet de création d’une force de police chargée d’assurer la sécurité après le départ du Hamas semble être au point mort, en raison de désaccords sur sa composition et son financement. On ignore également si le Hamas se désarmera volontairement.

Les membres du Conseil de paix réunis jeudi 19 février 2026 par Trump espèrent obtenir des engagements financiers pour la reconstruction de Gaza ainsi que des promesses d’envoi de troupes pour le compte de la Force internationale de stabilisation (FIS), qui devrait être d’un rang supérieur à celui de la nouvelle police gazaouie et coordonner ses actions avec l’armée israélienne déployée hors de la bande de Gaza.

Dimanche 15 février, Trump a déclaré que 5 milliards de dollars avaient déjà été promis pour la reconstruction ainsi que l’envoi de milliers de soldats à la FIS et à la police locale.

Selon le journal britannique, le projet de s’appuyer sur des gangs soutenus par Israël a émergé avant les fêtes de Noël, suscitant la controverse au sein du nouveau centre de coordination civilo-militaire du sud d’Israël. Une source occidentale a déclaré : «L’opposition a été forte, le message étant clair: c’est absurde. Ce ne sont pas de simples bandes criminelles, elles sont soutenues par Israël».

Le gendre du président Trump à la manœuvre

Le Telegraph ajoute que Jared Kushner, gendre du président Trump, est une figure clé des efforts de l’administration pour faire progresser son plan de paix en 20 points. Ce dernier pilote un projet de création de nouveaux complexes d’habitation temporaires «sécurisés» dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par Israël, destinés à séparer les Palestiniens du territoire tenu par le Hamas si le mouvement ne dépose pas les armes volontairement.

Le premier de ces complexes, actuellement en construction sur le site de l’ancienne ville de Rafah, se situe dans une zone contrôlée par les Forces populaires, un gang soutenu par Israël et accusé de trafic de drogue et de pillage de l’aide humanitaire. Son ancien chef, Yasser Abou Shabab, qui niait toute implication dans le crime organisé, a été tué lors d’un conflit interne en décembre et remplacé par un certain Ghassan Al-Dahini.

Selon certaines sources, Kushner travaille en étroite collaboration avec Aryeh Lightstone, directeur de l’Institut des Accords d’Abraham pour la Paix (Abraham Accords Peace Institute – AAPI), qui adopterait la position israélienne sur la sécurité et s’opposerait à la création d’un État palestinien.

Depuis un hôtel en bord de mer à Tel-Aviv, Lightstone coordonne une grande partie de la planification informelle de l’avenir de Gaza, notamment des discussions avec des investisseurs milliardaires, ce qui a conduit une source à surnommer le groupe «le Club Hilton»

Des responsables occidentaux s’interrogent sur la viabilité de ce qu’ils qualifient d’approche «idéologique» de Kushner et Lightstone. Un responsable a déclaré au Telegraph : «On a l’impression que Kushner, Lightstone et leurs collègues pensent que si l’on donne aux Palestiniens la possibilité de lâcher le Hamas, ils la saisiront mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Si de nombreux Gazaouis n’apprécient guère le Hamas, ils partagent également leur aversion pour les milices familiales et se méfient d’elles. Ils les considèrent comme des criminels».

On ignore pour l’instant lesquelles de ces gangs familiaux ont été proposées par les responsables américains et israéliens pour le recrutement au sein de la nouvelle police de Gaza. La Maison-Blanche n’a toutefois pas nié avoir suggéré cette approche.

Il y a une vingtaine d’années, des rapports d’organisations telles que l’International Crisis Group, basé à Bruxelles, avaient déjà soulevé des inquiétudes concernant le trafic de drogue et d’armes. Des figures des Forces populaires, comme Issam al-Nabahin, un commandant important, ont combattu aux côtés de l’État islamique dans le Sinaï, en Égypte.

La famille Daghmash, à Gaza, est également accusée d’entretenir des liens avec cette organisation terroriste. Bien que cela n’ait pas été prouvé, le clan est soupçonné d’avoir contribué à la capture du soldat israélien Gilad Shalit, enlevé par le Hamas en 2006. Sa libération en 2011 a été considérée comme un échec stratégique en matière de sécurité, car elle a contraint Israël à libérer plus d’un millier de prisonniers palestiniens, dont Yahya Sinwar, le cerveau du 7 octobre. Un groupe appelé l’Armée de l’Islam, dirigé par des membres de la famille Daghmash, a également enlevé le correspondant de la BBC, Alan Johnston, qui a été détenu pendant 114 jours en 2007.

Certains médias israéliens ont rapporté qu’au début de la guerre de Gaza, diverses factions avaient bénéficié du soutien du Service de sécurité générale de l’Autorité palestinienne à Ramallah, avec l’aide présumée de la CIA. Cependant, Israël a par la suite pris le relais.

L’implication d’Israël auprès des Forces populaires a été révélée en mai dernier après qu’un haut responsable, réputé opposé à l’armement des factions palestiniennes, a divulgué à la presse israélienne des informations sur ce soutien.

Sans force crédible sur le terrain, le plan de Trump est voué à l’échec

Hossam al-Astal, commandant d’une faction armée dans l’est de Khan Younis, a déclaré au Telegraph en octobre avoir coordonné ses actions avec Israël et être prêt à contribuer à la sécurisation de Gaza après la chute du Hamas. Al-Astal, ancien responsable de la sécurité de l’Autorité palestinienne, est l’une des figures importantes de ce «clan» qui ont été emprisonnées à Gaza au début du conflit mais qui se sont évadées lorsque les gardes du Hamas ont fui leurs postes.

Des rumeurs circulent selon lesquelles le Conseil de paix, par l’intermédiaire de son Comité national pour l’administration de Gaza, aurait choisi Jamal Abou Hassan, ancien chef de la sécurité de l’Autorité palestinienne à Khan Younis, pour diriger la nouvelle force de police.

Un responsable occidental a déclaré qu’une version plus récente du plan de la police américaine proposait un «recrutement apolitique», permettant aux membres de provenir de clans, d’anciennes forces de sécurité de l’Autorité palestinienne à Gaza, ou d’ailleurs. Il a ajouté : «Le processus est actuellement au point mort. On ne peut ignorer le fait que, sans force crédible sur le terrain, il est voué à l’échec».

Un responsable de l’administration américaine a déclaré au Telegraph : «Des efforts sont toujours en cours pour élaborer un processus de vérification des antécédents des forces de police».

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Le faux passeport autrichien d’Epstein et le Mossad !

Les documents publiés par le Département américain de la Justice concernant le financier pédo-criminel et agent du Mossad Jeffrey Epstein contiennent des photos d’un passeport autrichien découvert par des agents du FBI dans un coffre-fort de son hôtel particulier de l’Upper East Side à New York en 2019.

Imed Bahri

Plusieurs médias ont évoqué ce faux passeport mais le média autrichien Vol.at en a publié des photos. Le faux passeport comporte une photo d’Epstein mais il est établi au nom de Marius Robert Fortelni. Il serait né le 30 juillet 1954 à Vienne. Il serait un dirigeant d’entreprise (manager) expatrié en Arabie saoudite et précisément dans la ville de Dammam.

C’est ce qui est appelé dans le jargon de l’espionnage une légende ce qui veut dire une fausse identité complète (nom, passé, métier, papiers) créée pour permettre à un agent (dit «le clandestin») d’opérer secrètement sur le terrain.

L’agent Epstein et les opérations Iran-Contra

Ce qui est saisissant, c’est que la durée de validité de 5 ans du passeport qui va du 21 mai 1982 au 21 mai 1987 corrobore les affirmations du journaliste d’investigation Dylan Howard (auteur d’‘Epstein: Dead Men Tell No Tales’’) et de l’ancien officier du Mossad Ari Ben-Menashe qui ont indiqué qu’il a été recruté, au début des années 1980, comme agent du Mossad par Robert Maxwell, son beau-père, agent israélien lui aussi, mort en pleine mer dans des circonstances louches et enterré en Israël, comme nous l’avons écrit dans l’article «Epstein et le Mossad: Chut, il ne faut surtout pas en parler !».

Ben-Menashe a aussi affirmé que l’agent Epstein a joué un rôle dans les opérations Iran-Contra, qui se sont déroulées durant la période de validité de ce passeport. Il est donc très probable que ce faux passeport autrichien lui a servi dans ces opérations d’espion du Mossad.

Vol.at précise qu’auparavant, le quotidien Der Standard avait également déjà fait état de la découverte d’un faux passeport autrichien. Cette découverte soulève de nombreuses questions, écrivait le journal. Le passeport indique avoir été délivré le 21 mai 1982 par la Direction de la police fédérale de Vienne.

Un faux passeport qui a bien servi

Cependant, la photo d’Epstein n’y est pas authentifiée par un tampon. Et le passeport comporte des tampons d’entrée et de sortie, notamment français et saoudiens. Europe 1 a révélé que le passeport a été tamponné à plusieurs reprises dans des aéroports français, à Paris mais aussi à Nice, entre 1982 et 1983.

En mars 2022, dans une réponse à une enquête parlementaire, le ministre autrichien de l’Intérieur, Gerhard Karner (ÖVP), a indiqué que les investigations n’avaient pas permis de confirmer l’existence du passeport autrichien en question. Par conséquent, aucune information n’a pu être établie quant à son origine et aux circonstances de sa délivrance. Il a aussi déclaré : «Selon la loi sur les passeports, seuls les citoyens autrichiens peuvent obtenir des passeports ordinaires, des passeports de service ou des passeports diplomatiques»

Dans les décennies qui ont suivi, devenu un homme public, Epstein n’utilisait plus de faux passeport mais avait une autre attitude louche, il réclamait deux passeports américains en même temps, selon ABC News. Il motivait sa demande au Département d’État par le fait qu’il ne voulait pas que certains pays sachent qu’il s’est rendu dans d’autres. Par exemple, il ne voulait pas que l’Arabie saoudite et la Jordanie apprennent qu’il s’est rendu en Israël.

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Le British Museum bannit le terme «Palestine» !

Israël et son lobby tentaculaire poursuivent la Palestine et les Palestiniens partout et la bataille concerne aussi les lieux qui veillent sur la mémoire de l’humanité mais ces lieux, hélas, peuvent capituler face à cette pression comme c’est le cas du British Museum, l’un des musées les plus importants du monde, qui tombe aujourd’hui très bas, en bannissant le terme «Palestine». C’est ce qu’on appelle le révisionnisme historique. Non contente d’avoir livré la terre de Palestine, qu’elle occupait, à une poignée de juifs sionistes et d’avoir aidé à chasser des millions de Palestiniens de leur terre, la Grande-Bretagne cherche aujourd’hui à supprimer le terme même de «Palestine» de ses tablettes, se faisant ainsi complice du génocide des Palestiniens. Il faut dire que la Perfide Albion n’est pas à un génocide près !  (Photo : La galerie de sculptures égyptiennes du British Museum, où l’étiquetage a été révisé pour pervertir l’Histoire.)

Imed Bahri

Selon le Daily Telegraph, le British Museum de Londres a retiré le nom «Palestine» de ses salles et galeries sur le Proche-Orient ancien.

L’institution a justifié ce retrait, qui figurait sur certaines cartes et étiquettes, en affirmant que le terme avait perdu sa neutralité initiale et que cette décision faisait suite à des plaintes. Le journal britannique ajoute que des cartes et des panneaux d’information sur l’Égypte antique et les navigateurs phéniciens désignaient la côte orientale de la Méditerranée sous le nom de «Palestine» et décrivaient certains peuples «comme étant d’origine palestinienne». Et c’est cette réalité historique que le musée a cru devoir étouffer après avoir reçu des plaintes concernant l’utilisation «rétroactive» du terme Palestine pour désigner des régions et des civilisations antérieures à sa création.

Les Britanniques complices du génocide des Palestiniens

Les responsables du musée ont affirmé que le mot était «dénué de sens» en tant que terme historico-géographique. Le terme «Palestine» a déjà été retiré des expositions égyptiennes et des mesures sont prises pour éviter qu’il n’apparaisse de manière historiquement inappropriée sur d’autres panneaux d’information. Le journal affirme que ces changements font suite à des études publiques et aux inquiétudes exprimées par l’association «Avocats pour Israël».

Dans une lettre adressée à Nicholas Cullinan, directeur du musée, l’association a fait valoir que «l’utilisation rétroactive d’un seul nom –Palestine– pour désigner l’ensemble de la région, à travers les millénaires, efface les évolutions historiques et crée une fausse impression de continuité. Cela a le double effet d’occulter les royaumes d’Israël et de Juda, apparus vers 1000 avant notre ère, et de présenter à tort les origines des Israélites et du peuple juif comme descendants de Palestine. La terminologie employée dans les expositions mentionnées ci-dessus suggère l’existence d’une seule et même région antique contiguë appelée Palestine»

Le Telegraph souligne que la région bordant la côte orientale de la mer Méditerranée a porté plusieurs noms. L’un des plus anciens et des plus importants est Canaan, les Cananéens étant mentionnés dans des textes anciens datant d’environ 1500 avant notre ère. La région fut souvent contrôlée par des puissances mineures, notamment les Philistins, et une inscription égyptienne datant de 1200 avant notre ère contient l’une des plus anciennes mentions d’un royaume appelé «Israël». Plusieurs siècles plus tard, un texte assyrien mentionne «Juda» pour la première fois.

Les Grecs désignaient plus tard le territoire comme le pays des Phéniciens, correspondant à l’actuel Liban. L’historien Hérodote est considéré comme le premier à mentionner la Palestine au Ve siècle avant J.-C. Ce terme fut ensuite employé pour désigner une province des empires romain et byzantin.

La région fut arabisée après la conquête islamique du VIIe siècle après J.-C. À la fin du XIXe siècle, le terme Palestine devint un terme géographique courant et neutre pour désigner le Levant méridional mais le musée reconnaît aujourd’hui qu’il a perdu sa neutralité originelle.

Le Telegraph indique que l’utilisation par le musée d’un mot à la connotation spécifique, moderne et politique a suscité des inquiétudes dans une exposition sur l’Égypte couvrant la période d’environ 1700 à 1500 avant J.-C.

Génocide des Palestiniens et falsification de leur histoire  

L’exposition décrivait les Hyksos, originaires du delta du Nil, comme étant «d’origine palestinienne». L’attention a également été attirée sur une carte du Nouvel Empire qui utilisait le même terme géographique et décrivait les forces égyptiennes comme «dominant la Palestine». La civilisation phénicienne était également décrite comme étant centrée en Palestine.

Il semblerait que la mention «d’origine palestinienne» ait été remplacée par «d’origine cananéenne» sur la tablette des Hyksos. Le musée a promis d’autres modifications dans le cadre de son plan directeur de réaménagement et de restauration, qui seront mises en œuvre dans les années à venir. Chaque peinture fait l’objet d’un examen individuel.

Un porte-parole du British Museum a déclaré: «Pour les galeries présentant des cartes du Moyen-Orient montrant d’anciennes régions culturelles, le terme ‘‘Canaan’’ désigne le Levant méridional à la fin du IIe millénaire avant notre ère. Nous utilisons la terminologie de l’Onu sur les cartes montrant les frontières actuelles, telles que Gaza, la Cisjordanie, Israël et la Jordanie, et nous utilisons le terme ‘‘Palestinien’’  comme identifiant culturel ou ethnographique lorsque cela est pertinent».

L’ambassade de l’État de Palestine au Royaume-Uni a exprimé, dans un communiqué publié lundi 16 février 2026, sa vive préoccupation face aux informations selon lesquelles le British Museum aurait subi des pressions pour retirer, remettre en question ou restreindre l’utilisation du terme «Palestine» dans ses galeries.

Le communiqué ajouté que les tentatives visant à discréditer le nom même de «Palestine» risquent de contribuer à un climat plus général qui normalise le déni de l’existence palestinienne, à l’heure où le peuple palestinien de Gaza est victime d’un génocide et où ses compatriotes palestiniens de Cisjordanie subissent un nettoyage ethnique, une annexion et des violences d’État.

L’ambassadeur Husam Zomlot a par ailleurs déclaré : «Les institutions culturelles ne doivent pas devenir des tribunes de campagnes politiques. La Palestine existe. Elle a toujours existé. Et elle existera toujours». Il a d’ailleurs contacté le British Museum et les autorités britanniques compétentes afin d’aborder ces préoccupations et de garantir le respect de l’indépendance scientifique et muséologique.

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Kaouther Ben Hania fait résonner la voix de la Palestine à Berlin

Kaouther Ben Hania a fait résonner une nouvelle fois le nom de la Palestine à la Berlin International Film Festival (Berlinale) non pas seulement par son film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’, salué dans le monde entier, mais en refusant  le prix du «Film le Plus Précieux de l’Année» que ces chers Allemands ont cru pouvoir se dédouaner de leur soutien aveugle à Israël et au génocide que l’Etat hébreu perpètre en Palestine en le lui attribuant. Pour expliquer son refus, Ben Hania a prononcé, hier soir, mardi 17 février 2026, ce discours remarquable contre le génocide à Gaza. Dans l’espoir qu’un jour la conscience des Occidentaux sorte enfin de son cruel sommeil face au drame du peuple palestinien.  Vidéo.

«Je dois lire, parce que, le Film le Plus Précieux de l’Année, c’est trop pour moi… Bonsoir. Ce soir, je ressens plus une responsabilité qu’une gratitude. La Voix de Hind Rajab ne parle pas que d’un seul enfant. Il parle du système qui a rendu son meurtre possible. Ce qui est arrivé à Hind n’est pas une exception. Cela fait partie d’un génocide. Et ce soir, à Berlin, il y a des gens qui ont fourni une couverture politique à ce génocide. En présentant le massacre de civils comme de la «légitime défense», comme des «circonstances complexes». En dénigrant ceux qui protestent. Mais comme vous le savez peut-être, la paix n’est pas un parfum que l’on vaporise sur la violence pour que le pouvoir se sente propre et se sente à l’aise. Et le cinéma n’est pas une opération de blanchiment d’image. Si nous parlons de paix, nous devons parler de justice. La justice signifie la responsabilité. Sans responsabilité, il n’y a pas de paix. L’armée israélienne a tué Hind Rajab, tué sa famille, tué les deux ambulanciers venus la sauver, avec la complicité des gouvernements et des institutions les plus puissants du monde. Je refuse que leur mort devienne la toile de fond d’un discours poli sur la paix. Pas tant que les structures qui ont rendu cela possible resteront intouchées. Alors ce soir, je n’emporterai pas ce prix chez moi. Je le laisse ici, comme un rappel. Et lorsque la paix sera poursuivie comme une obligation légale et morale, ancrée dans la responsabilité pour génocide, alors je reviendrai l’accepter avec joie. Merci beaucoup. Merci.»

Traduit de l’anglais.

Vidéo.

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Sultan bin Sulayem, le meilleur ami arabe de Jeffrey Epstein

La photo a fait le tour du globe et scandalisé le monde musulman. On y voit deux hommes, les mains dans les poches, qui se tiennent au pied d’un escalier et contemplent la kiswa, le tissu noir sur lequel des versets du Coran sont brodés en or et qui recouvre la Kaaba (cœur du lieu le plus sacré de l’islam). La kiswa est posée à même le sol. Les deux hommes sont le prédateur sexuel et agent du Mossad Jeffrey Epstein et un petit homme moustachu et très chétif, il s’agit de Sultan Ahmad bin Sulayem, membre de la classe dirigeante émiratie et inamovible PDG de DP World qui gère des ports de par le monde.

Imed Bahri

Le cliché a valu au responsable émirati un torrent d’insultes sur les réseaux sociaux. Cette photo est issue des trois millions de documents publiés par le Département américain de la Justice. On découvre une relation intime mêlant argent, politique, renseignement et sexe entre les deux hommes. Une vraie complicité. 

Une enquête accablante de Bloomberg révèle de nouveaux détails sur la relation longue et suspecte entre le PDG de DP World, et le pédophile mort en prison dans des conditions très suspectes en 2019 et dont la vie a été au confluent de la finance, de la politique, de l’espionnage et de la traite des blanches. Cette relation dépassait le cadre d’une simple connaissance ou d’une correspondance policée, elle s’est étendue sur plusieurs années et comprenait des messages intimes, des sous-entendus sexuels et des images pornographiques, ainsi que des tentatives de médiation pour conclure des accords, trouver des emplois, organiser des réunions et même obtenir des soins médicaux en Israël.

Un niveau élevé de complicité

Selon Bloomberg, Bin Sulayem figurait parmi les personnalités les plus influentes ayant entretenu une correspondance avec Epstein pendant une longue période, non seulement avant la première incarcération de ce dernier en 2008 mais pendant plus d’une décennie après.

Le journal rapporte que des mails rendus public par le Département de la Justice américain ainsi que des messages et des pièces jointes obtenus par l’agence l’été dernier, révèlent que la relation entre les deux hommes dépassait la simple courtoisie et atteignant un niveau élevé d’intimité, de vulgarité et de controverse.

Dans l’un des mails les plus accablants cités, Sultan bin Sulayem écrivait à Epstein en septembre 2015, évoquant une étudiante étrangère en échange universitaire à Dubaï : «Elle était fiancée, mais elle est de nouveau avec moi. J’ai eu des relations sexuelles exceptionnelles avec elle, son corps est incroyable».

Bloomberg considère ce langage explicite comme révélateur du caractère inhabituel de la relation entre un homme d’affaires international, à la tête d’un réseau portuaire mondial, et un homme formellement condamné pour crimes sexuels. Selon le journal, les messages montrent que les deux hommes ont échangé des contacts dans les milieux politiques, financiers et des affaires, ont tenté de faciliter des transactions entre eux et ont évoqué des personnalités influentes et des figures internationales.

Bloomberg rapporte qu’Epstein a œuvré pendant des années pour mettre Bin Sulayem en relation avec son réseau de personnalités fortunées et politiques. Parmi les noms figurant dans les documents, on trouve l’investisseur immobilier américain Andrew Farkas, qui, selon des documents du Département de la Justice américain, pourrait avoir été le premier point de contact entre Epstein et Bin Sulayem ; l’homme d’affaires Tom Pritzker, président de Hyatt Hotels Corporation, avec qui Epstein a tenté d’organiser une rencontre avec Bin Sulayem ; le milliardaire américain Leslie Wexner (anciennement propriétaire de la marque de lingerie de luxe Victoria’s Secret), dont Epstein a été le directeur financier durant 20 ans ; et le banquier Jes Staley, ancien cadre de JPMorgan puis PDG de Barclays, ayant par la suite été impliqué dans un scandale pour avoir dissimulé l’ampleur de sa relation avec Epstein.

Epstein, on le sait, n’était pas seulement un délinquant sexuel, mais un véritable intermédiaire qui mettait en relation financiers et politiciens, tissant ainsi des réseaux d’influence grâce à ses relations. Et Sultan bin Sulayem n’était pas président d’une seule entreprise, mais il a occupé à un moment donné deux postes importants : la direction de Dubaï Port World (communément appelé DP World) ; et la direction de sa société mère, Dubai World, le conglomérat public.

Echange de messages à caractère sexuel

De fait, il était responsable d’un vaste empire économique englobant l’immobilier et les services financiers avant de quitter son poste chez Dubai World en 2010, suite à la crise financière de Dubaï. Il a conservé la direction de DP World.

L’une des révélations les plus controversées de l’enquête de Bloomberg concerne l’échange d’images et de messages à caractère sexuel explicite. Bin Sulayem a envoyé à Epstein des photos de femmes nues, des blagues à connotation sexuelle et des messages aux sous-entendus explicites. Parmi ces messages figurait un message intitulé «merrychristmas.jpg», envoyé la veille de Noël 2007, qui contenait une photo de dix femmes seins nus sur une plage, accompagnée d’une légende sarcastique.

Bin Sulayem a également envoyé une autre image le soir du Nouvel An, montrant une femme nue de dos avec le nombre «2008» inscrit de manière suggestive sur son corps.

Ces messages font partie d’une archive de mails vérifiée et l’un des extraits les plus graves rapportés par le journal est une série de messages datant de novembre 2007 dans lesquels Bin Sulayem décrit sa rencontre avec un mannequin à New York. Il explique qu’après de nombreuses tentatives, il a finalement réussi à la rencontrer, mais qu’il a été surpris qu’elle cherche un emploi alors que lui souhaitait autre chose. Il écrit : «Il y a un malentendu… Elle veut un travail, alors que moi, je veux juste le plaisir !» D’après les documents, Epstein a répondu : «Dieu merci, il existe encore des gens comme toi»

Bloomberg estime que ce type de propos ne laisse aucun doute sur la nature de leur relation et sur la mentalité qui la sous-tendait. 

L’enquête confirme que les mails révèlent les tentatives répétées de Bin Sulayem de se rendre sur l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes, Little St. James, la même île qu’Epstein a par la suite été accusé d’utiliser comme plaque tournante du trafic sexuel et surnommée l’«île du vice»

De nombreux mails montrent que Bin Sulayem s’est renseigné sur la possibilité de visiter l’île, a demandé une coordination et a même tenté d’organiser son voyage en fonction de cela.

Des documents du département de la Justice américain ont également révélé des photos des deux hommes ensemble sur l’île, ainsi qu’un CD saisi par les autorités intitulé «Noël à Little St. James 2005 – Sultan» et qui contient des dizaines de photos de Bin Sulayem.

Bloomberg a remis sur le devant de la scène une affaire très sensible : l’acquisition en 2016 de l’île de Great St. James par le biais d’une société immatriculée aux Îles Vierges britanniques, où le nom de Bin Sulayem figurait comme «bénéficiaire effectif».

Le journal explique que la propriété de l’île par Epstein n’a été révélée que plus tard, lorsque son nom est apparu sur les permis d’utilisation du sol en tant qu’unique membre de la société.

Bien qu’un collaborateur de Bin Sulayem ait précédemment déclaré qu’Epstein avait demandé à utiliser son nom dans une transaction commerciale et que cette demande avait été refusée, Bloomberg affirme que des correspondances indiquent que Bin Sulayem était au courant de la propriété des deux îles par Epstein dès la fin de l’année 2016.

Selon Bloomberg, Bin Sulayem a écrit à l’ingénieur du projet Palm Jumeirah à Dubaï, décrivant Epstein comme suit : «Un ami proche et partenaire d’affaires, propriétaire de deux îles magnifiques dans les îles Vierges et qui souhaite y construire un complexe hôtelier privé pour lui, ses clients et ses amis uniquement»

Le journal souligne que cette simple phrase soulève des questions troublantes : comment un homme à la tête de l’une des plus importantes entités de Dubaï a-t-il pu qualifier Epstein –un délinquant sexuel condamné– d’ami proche et partenaire d’affaires ?

Ehud Barak entre en ligne

L’une des révélations les plus graves de l’enquête de Bloomberg est que les mails mettent en lumière un lien entre Ben Sulayem et l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, via Epstein. D’ailleurs, un mail datant de juin 2015 contenait un bref échange : «Ehud -Sultan. Sultan-Ehud»

Un porte-parole du bureau de Barak a déclaré que ce lien était né de la tentative de Barak d’apporter une aide médicale à un membre de la famille de Bin Sulayem en Israël en l’occurrence sa fille.

Il y a aussi un échange entre Bin Sulayem et Amir Elichai, ancien officier de l’unité 8200 de l’armée israélienne (chargée du cyber-espionnage) et aujourd’hui cadre de la société Carbyne pour un investissement émirati dans cette entreprise, ce qui fut fait par la suite. 

Ceci soulève une question politique extrêmement sensible : l’enquête de Bloomberg ne se contente pas d’évoquer des relations personnelles mais les relie à des réseaux d’argent, d’influence, de sécurité et de coordination médicale en Israël. Epstein n’était pas seulement un intermédiaire mais il intervenait également pour placer des personnes au sein des sociétés de Bin Sulayem dont certaines étaient des hôtels.

En janvier 2017, Epstein a demandé à Bin Sulayem de trouver un emploi chez DP World. Ce dernier a répondu que la personne pouvait être formée à la logistique.

En août 2017, Epstein a envoyé le CV d’une jeune Russe sans expérience, demandant si elle pouvait être embauchée dans un hôtel à Dubaï. Bin Sulayem a transmis le message au directeur d’un hôtel de luxe, en écrivant : «Pour plus d’informations, contactez Jeffrey»

Bin Sulayem a également tenté de trouver un emploi à une autre Russe dans un complexe hôtelier de luxe en Turquie, la présentant comme la «masseuse personnelle» d’Epstein.

Bloomberg a également révélé une correspondance complexe et inhabituelle concernant la demande de Bin Sulayem d’expédier 30 kits de test de paternité ADN à Dubaï via la résidence new-yorkaise d’Epstein, afin de contourner les restrictions. Cette demande a posé problème à 23andMe, qui a refusé la commande en raison du nombre important de kits et des difficultés de paiement rencontrées à Dubaï.

Dans un message publié par le Département de la Justice américain, Epstein suggérait d’utiliser un pseudonyme pour la commande : «Envoyez le kit 23andMe à Rashid Epstein»

Ces détails ont soulevé d’importantes questions quant à la finalité de ces tests, à leurs destinataires et aux raisons de cette démarche.

Dans une importante mesure de précaution, Bloomberg a confirmé avoir mené une série de tests sur l’authenticité des mails déjà obtenus l’été dernier. Il a notamment fait vérifier des métadonnées et des adresses électroniques, confronté des informations avec des preuves indépendantes, et s’est assuré de l’absence d’incohérences pouvant suggérer une falsification. Conclusion : les mails sont «hautement authentiques» et aucun signe évident de manipulation n’a été décelé.

Selon Bloomberg, la liaison entre Bin Sulayem et Epstein ne se limite pas à une simple correspondance privée, mais révèle un vaste réseau d’influence englobant : argent, sexe, relations politiques, influence dans les affaires, emploi de femmes, îles privées, projets de complexes hôteliers et liens avec Israël et les États-Unis. Et ce qui a été révélé jusqu’à présent ne représente qu’une infime partie d’archives considérables.

Les détails mis au jour ont relancé une question cruciale: comment un homme à la tête de l’empire Dubai Ports World a-t-il pu continuer à correspondre avec Epstein de cette manière, sollicitant ses services, échangeant des photos et des remarques suggestives et planifiant des visites sur son île… après le premier séjour de ce dernier en prison en 2008 ?

Hier, vendredi 13 février 2026, l’inamovible Sultan bin Sulayem a enfin été démis de ses fonctions à la tête DP World. Cette décision semble avoir été prise par les autorités émiraties après que deux grands investisseurs dans l’entreprise ont suspendu leurs investissements respectifs, il s’agit de la Caisse de dépôt et placement du Québec (Canada) et British International Investment (Royaume-Uni).

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Epstein et le Mossad | Chut, il ne faut surtout pas en parler !

Parlez de Jack Lang, du Premier ministre britannique Keir Starmer, du Prince Andrew de Grande-Bretagne ou de qui vous voulez parmi les personnalités impliquées dans l’«affaire Epstein» mais pas des relations de Jeffrey Epstein avec le Mossad israélien. C’est un tabou. Une relation complètement occultée dans les médias occidentaux qui sont, bien entendu et par définition, très objectifs, très professionnels et très équilibrés, au point de nous donner tout le temps, à nous autres journalistes du Sud Global, des leçons de bonnes pratiques de presse. Mais passons !

Imed Bahri

Il faut toutefois évoquer ici la seule exception faite à cette lourde omerta, en tout cas à ce jour : une enquête du sérieux journal britannique Times qui a osé parler de la crainte exprimée par Epstein peu de temps avant son opportun «suicide» ayant fait l’affaire de beaucoup de monde, d’avoir une fin comparable à celle de Robert Maxwell, le père de sa compagne Ghislaine, qui fut longtemps un agent des services secrets israéliens avant d’être liquidé par le Mossad en 1991 dans des circonstances troubles et rocambolesques.

Le Times a publié une enquête de Gabrielle Weiniger, correspondante du journal britannique à Tel Aviv, intitulée «Jeffrey Epstein était-il un agent du Mossad? De nouveaux documents amplifient le mystère autour de ses liens avec Israël».  

Epstein agent de renseignement multicartes

L’enquête s’ouvre en abordant le cas de Deepak Chopra, un expert en médecine alternative indo-américain, qui s’était rendu à Tel Aviv deux ans avant l’arrestation d’Epstein en 2019 et avait fait l’éloge d’Israël, tout en soulignant son empressement à convaincre Epstein de l’y rejoindre.

Selon un message publié parmi les millions de fichiers d’Epstein, Chopra écrivait : «Viens en Israël avec nous, détends-toi et profite de la compagnie de personnes exceptionnelles. Si tu veux, utilise un pseudonyme. Amène tes filles, nous serons ravis de t’accueillir. Amicalement».

Epstein a répondu : «Ailleurs. Je n’aime pas du tout Israël». Une manière d’esquiver ses relations très intimes avec l’État hébreu et de brouiller les pistes. 

Le journal indique que le refus d’Epstein de cette invitation en mars 2017 demeure l’un des mystères des documents déclassifiés par le Département de la Justice américain. Ces documents dressent un tableau contradictoire et souvent confus des relations du prédateur sexuel avec Israël, notamment avec l’ancien Premier ministre Ehud Barak.

Aux États-Unis, les allégations selon lesquelles Epstein aurait pu travailler pour un service de renseignement étranger se multiplient, en grande partie grâce au présentateur de télévision d’extrême droite Tucker Carlson et à d’autres médias qui relaient ces affirmations.

Les documents contiennent notamment les allégations d’un informateur confidentiel du FBI selon lesquelles Epstein, contrairement à l’opinion générale véhiculée, n’éprouvait aucune animosité envers Israël mais travaillait en réalité pour le Mossad (le service de renseignement extérieur israélien).

Un rapport de la branche du FBI à Los Angeles datée d’octobre 2020 indiquait que la source du Bureau était convaincue qu’Epstein était un agent du Mossad et avait reçu une formation d’espion. La source affirmait que le financier avait aussi des liens avec les services de renseignement américains par l’intermédiaire de son avocat personnel de longue date Alan Dershowitz qui était aussi professeur de droit à Harvard. Le Times indique que Darshowitz a enseigné beaucoup de personnes issues de l’establishment dont Jared Kushner, gendre du président Trump, ainsi que son frère le financier Josh Kushner, tous juifs comme Jeffrey. Détail sans importance, bien sûr…

Dershowitz a balayé ces affirmations d’un revers de main, déclarant : «Aucun service de renseignement au monde ne lui ferait confiance ! C’est quelque chose qu’il ne cacherait pas à ses avocats».

Relations anciennes et documentées avec Ehud Barak   

Ce passé d’espion a été aussi balayé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui avait suggéré, au cours du week-end dernier, que l’amitié d’Epstein avec l’ancien Premier ministre Ehud Barak prouvait qu’il n’était pas un espion. Netanyahu a écrit sur Twitter : «La relation exceptionnellement étroite entre Jeffrey Epstein et Ehud Barak n’indique pas qu’Epstein travaillait pour Israël mais prouve le contraire».

Barak est le rival historique de Netanyahu et ce dernier veut faire croire qu’être ami avec lui c’est travailler contre les intérêts d’Israël. En réalité, Netanyahu prend les gens pour des idiots, trait de caractère bien connu chez lui, car Barak a été au cœur du monde militaire, du renseignement et la politique d’Israël pendant des décennies. 

Des documents récemment déclassifiés révèlent que Barak et son épouse, Nili, séjournaient régulièrement dans l’appartement new-yorkais d’Epstein et avaient prévu une visite peu avant son arrestation en 2019.

Leur relation étroite s’est poursuivie bien après la première arrestation d’Epstein en 2008 pour trafic sexuel et incitation de mineure. Barak a par la suite exprimé des regrets quant à sa relation avec Epstein. En 2018, Epstein a envoyé un courriel à Barak lui demandant de confirmer qu’il n’a aucun lien avec le Mossad. La même année et dans un mail contradictoire, Epstein a demandé à Barak si quelqu’un lui avait demandé de recruter d’anciens agents du Mossad pour mener des enquêtes douteuses.

Selon les documents, Epstein a organisé et contribué à un investissement de 1,5 million de dollars dans une start-up israélienne appelée Carpine, anciennement connue sous le nom de Reporty Homeland Security. Barak a averti que «la tactique israélienne consistant à utiliser Chypre pour l’évasion fiscale est ridicule, obsolète et dangereuse» au sujet de leur investissement. Une autre femme d’affaires participant à l’échange, Nicole Junkerman, a partagé l’avis d’Epstein et de Barak: «Chypre est suspect, je suggère donc le Luxembourg»

Epstein avait également plusieurs mails contenant des informations sur des start-ups et des inventions israéliennes, notamment un prototype de bracelet transformable en écran tactile(1).

Le Times a cité Lynette Nussbacher, ancienne officier du renseignement militaire britannique : «Le mystère qui entoure la provenance de ses fonds fait l’objet de nombreuses discussions. Se pourrait-il qu’une partie de son argent provienne de sources gouvernementales pour lui permettre d’agir comme agent de renseignement ?», s’est-t-elle demandé. 

En 2003, Epstein a demandé un second passeport pour sa compagne Ghislaine Maxwell, «afin d’éviter tout problème de visa» lors de ses voyages. Il a écrit : «Les fonctions de Mme Maxwell l’obligent à voyager fréquemment à travers le monde. Elle doit se rendre le 16 mars 2003 en Israël, en Jordanie et en Arabie saoudite»

Nussbacher, haute responsable de la sécurité nationale britannique et chargée de cours en études de guerre à l’Académie royale militaire de Sandhurst, a expliqué l’implication potentielle d’Epstein et la structure de recrutement des services de renseignement israéliens : «Chaque service de renseignement emploie des agents qui sont salariés et dont la retraite est prise en charge par le service. On les appelle des officiers. Il y a ensuite des personnes influencées par les officiers pour travailler pour le service, parfois contre rémunération, parfois par manipulation, parfois par chantage. On les appelle des agents».

Des liens anciens et constants avec Israël

Né de parents juifs immigrés et ayant grandi à Seagate, une communauté fermée à prédominance juive située sur Queens Island, Epstein s’est rendu en Israël avec sa famille en 1985. Lors de ce voyage, il a séjourné à l’hôtel Plaza de Tel Aviv et à l’hôtel King David de Jérusalem, où il aurait loué une limousine pour transporter ses parents.

D’autres voyages en Israël n’ont pas été officiellement documentés. Le 20 mai 2020, Epstein a demandé à sa secrétaire, Lesley Grove, de trouver des vols Paris-Tel Aviv et Tel Aviv-New York ou Tel Aviv-Yalta en Crimée. Le 21 mai, il a ajouté : «Réservez un vol pour Tel Aviv via Book24, puis un vol en première classe pour New York le 27 mai».

Epstein était abonné à un site d’enchères immobilières de luxe, auquel il envoyait par courriel des offres pour certaines des propriétés les plus luxueuses d’Israël. Bien qu’il ne souhaitât pas se rendre en Israël avant 2017, il n’était pas indifférent aux femmes israéliennes. Il a demandé à Chopra de lui trouver «une jeune Israélienne blonde et séduisante… l’apparence primant sur l’intelligence». Chopra a répondu par une mise en garde, affirmant que les Israéliennes sont «fortes avec un caractère affirmé mais aussi séductrices»

En réponse à une question sur cette correspondance, Chopra a déclaré la semaine dernière : «Je tiens à être clair… Je n’ai jamais été impliqué ni participé à aucune activité criminelle ou d’exploitation et mes contacts ont toujours été limités et sans lien avec des abus. Je condamne fermement les abus et l’exploitation sous toutes leurs formes».

Le journal britannique indique dans son enquête que la relation profonde et durable d’Epstein avec Ghislaine Maxwell, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour son implication dans le réseau de trafic sexuel d’enfants de son ex-compagnon, alimente les spéculations concernant ses liens avec Israël.

D’après le Times, son père, le magnat des médias Robert Maxwell, était soupçonné pour ses liens avec les renseignements israéliens or ce ne sont pas des soupçons, Maxwell était pendant des décennies un agent du Mossad et fut recruté par Yitzhak Shamir.

Le corps de Maxwell a été retrouvé flottant au large des îles Canaries (territoire espagnol) en 1991. Un commando du Mossad avait attaqué dans la nuit son yacht, le Lady Glynn, l’a tué puis l’a jeté en mer. Des pressions ont été exercé les services israéliens sur sa fille Ghislaine pour qu’il n’y ait pas d’autopsie et le Mossad a obtenu gain de cause. Sa dépouille a d’ailleurs été rapatriée en Israël bien qu’il ne soit pas Israélien, des funérailles officielles eurent lieu, l’oraison funèbre fut prononcée par… Yitzhak Shamir alors Premier ministre durant laquelle il déclara : «Robert Maxwell a rendu de grands services à l’État d’Israël mais le temps pour les dévoiler n’est pas encore venu».

Maxwell fut inhumé par la suite sur le mont des Oliviers à Jérusalem. Tout ce traitement que les Israéliens lui offrirent à titre posthume avait pour but d’éloigner les accusations de son assassinat par le Mossad. 

Les mails d’Epstein laissent d’ailleurs entendre que lui-même pensait que le Mossad était derrière l’assassinat de Maxwell. Le 15 mars 2018, un mail d’Epstein à un destinataire anonyme (plusieurs adresses mail et noms ont été caviardés par le Département américain de la Justice) avait pour objet «Il est mort».

Dans ce mail, Epstein faisait part de sa crainte de subir un sort similaire à celui de Robert Maxwell, affirmant que ce dernier avait menacé les services de renseignement israéliens de révéler qu’il avait travaillé pour eux comme agent officieux, espionnant la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Union soviétique.

Ce message confirme les révélations de Gordon Thomas et Martin Dillon, auteurs de ‘‘L’assassinat de Robert Maxwell: le super espion israélien’’, qui affirmaient que le Mossad était derrière le meurtre de Maxwell. Ils affirment que Maxwell travaillait pour l’agence mais avait menacé de dénoncer le Mossad dans ses propres journaux si les autorités israéliennes ne payaient pas 600 millions de dollars d’intérêts sur ses dettes qui dépassaient les 3 milliards de dollars.

Autre élément de grande importance qui n’a pas été abordé par le Times c’est que c’est Robert Maxwell lui-même qui a recruté sa fille Ghislaine et Epstein pour le compte du Mossad au début des années 1980. C’est ce qu’affirme le livre ‘‘Epstein: Dead Men Tell No Tales’’ (Epstein: Les morts ne racontent pas d’histoires) de Dylan Howard et ce qui a été confirmé par Ari Ben-Menashe, ancien officier du renseignement israélien, qui a affirmé qu’Epstein et sa compagne Ghislaine Maxwell travaillaient pour les services de renseignement israéliens depuis les années 1980.

Ben-Menashe affirme aussi que le duo Epstein-Maxwell a exécuté une mission de honey trapping pour le compte du Mossad. Le honey trapping (piège à miel) est une technique répandue des renseignements consistant à tendre un piège sexuel à une cible puis à la contrôler en exerçant sur elle un chantage.

Autre élément de taille qui prouve la place d’Epstein dans le monde de l’espionnage israélien, Ari Ben-Menashe, qui a été mêlé lui-même à l’affaire Iran-Contra, affirme que Jeffrey Epstein était aussi impliqué dans cette affaire.

Pour rappel, le scandale Iran-Contra était une opération secrète des années 1980 où les États-Unis vendaient secrètement des armes à la République islamique d’Iran (malgré un embargo) via Israël pour obtenir en contrepartie la libération d’otages américains détenus par le Hezbollah au Liban et l’argent de cette vente servait à financer les milices Contras anti-communistes au Nicaragua, qui combattaient le gouvernement sandiniste marxiste. C’était une opération ultraconfidentielle à laquelle n’étaient mêlés que des gens au cœur du monde du renseignement et qui prouve qu’Epstein était incontestablement un agent du Mossad. De plus, ses craintes prémonitoires d’avoir une fin comparable à celle de Robert Maxwell s’avérèrent justes et il est mort dans des conditions troubles vraisemblablement assassiné dans sa prison, par des agents israéliens, à l’instar de Maxwell.

1) L’homme d’affaires américain avait versé plus de deux millions de dollars à Ehud Barak en 2004 pour un prétendu rapport sur la jeunesse juive jamais publié, et a financé le lancement d’une de ses start-up en 2015. En 2019, le Daily Mail a publié des photos prises en 2016 par un paparazzi montrant l’ex-premier ministre israélien le visage masqué par une écharpe au moment d’entrer dans la demeure new-yorkaise d’Epstein. La publication insinue qu’il allait y retrouver «quatre femmes». Barak a parlé de diffamation et menacé le tabloïd britannique de poursuite judiciaire.

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La quatrième guerre du Golfe, c’est déjà demain

Les Etats-Unis bombarderont-ils l’Iran? A écouter sur Google le Colonel Douglas Mc Gregor, retraité de l’armée US, ce serait inévitable. Selon lui le Président Trump serait cornaqué dans le brouillard de son ignorance, par une coalition du renseignement regroupant la CIA, le MI-6 et le Mossad, appuyant bien entendu les dires du faiseur de guerre en chef, le premier ministre israélien Netanyahu, et la coalition terroriste assurant sa survie politique, les quasi nazis Smotrich et Ben Gvir.

Dr Mounir Hanablia

Ces affirmations pessimistes sont en grande partie appuyées par d’anciens agents du renseignement américain, toujours sur Google. Mais on avait déjà eu tous ceux qui nous avaient parlé de reculade américaine, de protection chinoise ou russe concédée à l’Iran grâce à un matériel hyper sophistiqué, de gesticulation déplacée, comme Scott Ritter, l’ancien inspecteur de l’armement en Irak, qui avait affirmé que l’armada américaine était aussi inutilisable dans le Golfe qu’une Ferrari pour faire une course dans un parking souterrain.

Tout ceci semble donc faire partie d’une préparation psychologique et l’implication de la Chine et de la Russie, tout à fait hypothétique, n’aurait d’autre but que de donner de la consistance à la menace.

La première possède déjà au Pakistan une fenêtre sur la mer d’Oman et c’est à Taiwan qu’elle choisirait de toute évidence pour affronter l’ogre américain.

La seconde a d’autres chats à fouetter et on peut se demander si un nouveau Yalta n’a pas eu lieu Ukraine contre Golfe. Et si on considère que d’anciens militaires ou du renseignement américain ne peuvent en aucun cas nuire aux intérêts de leur gouvernement, étant astreints à des clauses le leur interdisent, force est de constater qu’on est en face d’un plan préétabli et en général, on prépare plus l’opinion mondiale à la guerre, et la meilleure manière est de la convaincre que toutes les voies vers la paix ont été épuisées.

Naturellement l’avènement des technologies de l’information et de la communication a ajouté un facteur inédit aux conflits armés au point de faire considérer le cyber espace comme un front au même titre que mer, terre, et air.

Néanmoins, la mobilisation de l’opinion publique occidentale contre l’Irak en 1990 avant même l’invasion du Koweït semble constituer à peu de choses près le modèle propagandiste suivi actuellement lors de la crise iranienne.

L’Iran aujourd’hui comme hier l’Irak

L’Irak sortait d’une guerre de neuf ans, endetté avec une armée suréquipée et escomptant sur sa production d’hydrocarbures pour se renflouer. Il trainait surtout la réputation d’avoir utilisé des armes chimiques contre sa propre population. Qui plus est l’Irak avait vu sa centrale nucléaire en chantier Osirak détruite en 1981 par l’aviation israélienne avant même sa mise en service. Naturellement son aventure au Koweït, fruit d’une provocation lui en concédant le feu vert, l’avait amené là où les néo-conservateurs et les sionistes américains avaient voulu qu’il se situât, sans aucune possibilité de recul puisque les Etats arabes s’étaient soumis au diktat de Washington.

Durant 4 mois, les Américains avaient concentré en Arabie Saoudite les troupes et la logistique nécessaires un objectif proclamé, la libération du Koweït, et un autre non avoué, l’affaiblissement définitif et la mise sous tutelle de l’Irak.

Mais face aux réticences de l’opinion publique américaine, pour qui ce conflit qui s’annonçait avait un fort relent de pétrole et servait Israël, le président Bush père étant lui-même un pétrolier, avait accepté d’engager «les discussions de la dernière chance» pour sauver la paix et avait envoyé négocier son secrétaire aux Affaires étrangères James Baker négocier avec son homologue irakien Tarek Aziz.

Ayant déjà décidé de la guerre, le président Bush voulait apparaître comme un homme de paix en sachant pertinemment que Saddam Hussein, le véritable responsable de la guerre, nul le contestera, en refuserait les conditions convenues par Washington et Tel Aviv.

Il semble que le cheminement actuel du conflit avec l’Iran obéisse à la même logique. Une véritable diabolisation du régime iranien accusé d’être responsable du massacre des féministes, puis de sa propre population, a eu lieu. On avait parlé de chute imminente du régime ainsi qu’on l’avait fait après la guerre des 12 jours, mais, outre les destructions sévères en Israël causées par les missiles hypersoniques, les bombardiers américains avaient échoué à mettre un terme au programme nucléaire iranien malgré la destruction de quelques installations.

Trump otage du lobby sioniste

Actuellement depuis quelques semaines , et sous réserve d’images ou d’informations virtuelles, la flotte américaine se concentre à l’entrée du golfe Persique avec la menace explicite brandie par le Président Trump, de destructions sans précédent en Iran dans le cas où  le pays ne se soumettrait pas au diktat américano-sioniste: désarmement, fin du programme nucléaire et balistique, mise sous tutelle de la production d’hydrocarbures, et en prime pour Tel Aviv, chute du régime et rétablissement du Shah Pahlavi ou à tout le moins une structure confédérale lâche de type syrien, libanais, ou irakien, rendant dans les faits  plusieurs régions clés du pays quasiment indépendantes.

Tout ceci arrive à un moment où le Président Trump, qui n’est ni Bush père ni Reagan ni Eisenhower ni Nixon pour avoir imposé leurs volontés à Tel Aviv, se trouve affaibli par le scandale Epstein éclaboussant le gotha américain et international, et vu les circonstances, il est douteux qu’il puisse, pour peu qu’il le veuille, s’opposer aux volontés d’un lobby sioniste dont il est déjà l’otage médiatique et judiciaire.

Face à cela, le renchérissement du prix du pétrole consécutif à une hypothétique fermeture du détroit d’Ormuz, à laquelle le retour sur le marché du pétrole vénézuélien pallie déjà préventivement, n’aura que peu d’effets.

Le monde arabe déjà mort

L’enjeu n’est en effet pas le nucléaire iranien, c’est l’érection d’Israël en tant que Singapour du Moyen-Orient, une plate-forme économique et financière par où transiterait tout le commerce de la région. Cette perspective aboutissant à la mise hors circuit du détroit d’Ormuz avait donné des sueurs froides aux stratèges iraniens et les avait engagés sur la voie de la guerre par le biais de leurs substituts de la région. Pendant ce temps, le monde arabe, enjeu du conflit, est déjà mort. 

* Médecin de libre pratique.

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Somaliland : La Tunisie dénonce une manœuvre sioniste dangereuse

La Tunisie a exprimé une opposition ferme à la reconnaissance du Somaliland par l’entité sioniste, qualifiant cette décision de dangereuse, illégale et porteuse de graves répercussions régionales. Elle a réaffirmé, à cette occasion, son attachement aux principes de souveraineté des États et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie.

Dans sa réaction officielle à travers un communiqué publié hier par le ministère des Affaires étrangères, la Tunisie a fait savoir qu’elle soutient pleinement les positions exprimées par l’Organisation de la coopération islamique, la Ligue des États arabes et la Commission de l’Union africaine, qui ont toutes condamné cette reconnaissance. Elle considère cette initiative comme une violation manifeste du droit international et des normes consacrant le respect des frontières et de l’unité des États.

Soutien total à la Somalie

Les autorités tunisiennes ont réaffirmé leur solidarité totale avec la Somalie et leur appui sans réserve à son rejet de toute mesure portant atteinte à sa souveraineté, à l’unité de son territoire et à son intégrité territoriale. Tunis estime que cette reconnaissance constitue une tentative inédite et dangereuse visant à déstabiliser davantage la région et à encourager des dynamiques de fragmentation.

Selon la position tunisienne, cette décision est dépourvue de toute valeur juridique et s’inscrit dans une logique expansionniste visant à étendre l’influence sioniste dans les espaces arabe et africain. Elle est perçue comme une tentative de recomposition géopolitique au service d’intérêts stratégiques, notamment le contrôle des routes commerciales et la poursuite de politiques de déplacement forcé du peuple palestinien hors de ses terres.

Appel à une réaction internationale urgente

Au-delà de la condamnation, la Tunisie appelle les États et la communauté internationale à agir de manière rapide et efficace afin de faire échec aux agissements de l’entité occupante, accusée de violations répétées et persistantes des conventions et des normes internationales. Tunis considère qu’une réponse collective est nécessaire pour préserver la stabilité régionale et le respect du droit international.

La Tunisie a, enfin, réitéré sa position constante en faveur du droit du peuple palestinien à l’ensemble de la terre de Palestine et à l’établissement de son État indépendant et pleinement souverain, avec Al-Qods occupé pour capitale. Elle a également renouvelé son rejet catégorique de tous les plans visant le déplacement forcé des Palestiniens, affirmant que ces projets constituent une violation flagrante des droits fondamentaux et du droit international humanitaire.

La réaction tunisienne intervient après l’annonce de la reconnaissance du Somaliland par l’entité sioniste. Cette région, située au nord de la Somalie, a proclamé unilatéralement son indépendance en 1991, sans jamais obtenir de reconnaissance internationale officielle.

La décision israélienne, inédite, a suscité de vives condamnations au sein des organisations arabes, islamiques et africaines, qui y voient une atteinte à la souveraineté de la Somalie et un précédent susceptible d’encourager la fragmentation territoriale dans la région de la Corne de l’Afrique.

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Colonies en Cisjordanie : Quatorze États dénoncent un passage en force d’Israël

Quatorze pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon, ont exprimé une condamnation ferme après l’approbation par Israël de nouvelles implantations en Cisjordanie. Une décision jugée contraire au droit international et susceptible de compromettre les perspectives de paix dans la région.

Une réaction diplomatique coordonnée s’est fait entendre après l’annonce par les autorités israéliennes de la création de nouvelles colonies en Cisjordanie occupée. Dans une déclaration conjointe rendue publique par le ministère français des Affaires étrangères, quatorze États ont dénoncé une décision unilatérale qu’ils estiment incompatible avec les engagements internationaux d’Israël.

Les pays signataires, parmi lesquels figurent notamment la France, l’Allemagne, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon, l’Italie et l’Espagne, pointent l’approbation par le cabinet de sécurité israélien de dix-neuf nouvelles implantations. Une mesure que Tel-Aviv justifie par des considérations sécuritaires, affirmant vouloir empêcher l’émergence d’un État palestinien perçu comme hostile.

Une violation du droit international dénoncée

Dans leur communiqué, les États signataires rappellent que la colonisation des territoires occupés constitue une infraction au droit international. Ils estiment que cette décision risque de fragiliser les efforts diplomatiques en cours, notamment ceux liés au plan de cessez-le-feu et de reconstruction à Gaza, et d’aggraver l’instabilité régionale.

Les pays appellent explicitement Israël à revenir sur cette décision et à mettre un terme à l’expansion des colonies, en conformité avec la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ils réaffirment par ailleurs leur attachement au droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

Réaffirmation de la solution à deux États

Les signataires soulignent leur engagement en faveur d’un règlement politique durable fondé sur la coexistence de deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côte dans des frontières reconnues et dans des conditions de sécurité mutuelle. Selon eux, la poursuite de la colonisation compromet directement cette perspective.

Du côté palestinien, l’Autorité palestinienne a vivement réagi, dénonçant une politique d’annexion progressive et une accélération des atteintes aux droits des Palestiniens. Elle accuse Israël de chercher à rendre irréalisable tout projet d’État palestinien souverain, tout en alertant sur la montée des violences liées aux colons.

Une dynamique de colonisation en nette accélération

La colonisation israélienne en Cisjordanie se poursuit depuis plusieurs décennies, mais elle connaît une intensification marquée ces dernières années, en particulier depuis le déclenchement de la guerre à Gaza. Aujourd’hui, plus d’un demi-million d’Israéliens vivent dans des colonies considérées comme illégales par les Nations unies, au milieu de plusieurs millions de Palestiniens.

Les Nations unies ont récemment alerté sur une progression sans précédent des implantations en 2025, évoquant un risque majeur pour la viabilité d’un État palestinien continu et souverain. Le secrétaire général de l’ONU s’est également inquiété de la hausse des violences commises par des colons, parfois sous le regard ou avec l’appui des forces de sécurité israéliennes.

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