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Tunisie – L’équilibre fragile d’une accalmie monétaire

L’économie tunisienne avance, en ce mois de février 2026, sur une ligne de crête. À l’international, les marchés demeurent suspendus aux trajectoires divergentes des grandes banques centrales; tandis que les tensions géopolitiques et la volatilité des matières premières continuent de modeler les flux financiers mondiaux. Dans ce contexte incertain, la Tunisie semble bénéficier d’un moment d’accalmie monétaire, mais une accalmie qui exige prudence et lucidité.

Les indicateurs du 20 février 2026 traduisent une phase de normalisation relative, sans pour autant dissiper les fragilités structurelles. La détente des taux, l’amélioration des avoirs en devises et la dynamique des recettes extérieures dessinent un tableau contrasté, où la stabilité retrouvée coexiste avec des défis budgétaires et financiers persistants.

Détente monétaire et ajustement du refinancement

La décision de la Banque centrale de Tunisie de maintenir son taux directeur à 7 %, contre 8 % un an auparavant, marque un tournant significatif. Le taux du marché monétaire s’aligne à 6,99 %, confirmant une transmission fluide de l’orientation monétaire. Cette baisse d’un point en glissement annuel constitue un signal fort : l’institution d’émission estime que les tensions inflationnistes sont désormais mieux contenues.

Le volume global du refinancement recule à 10 450 MDT, contre plus de 12 600 MDT un an plus tôt. Cette contraction traduit une liquidité bancaire moins sous pression et une dépendance réduite au guichet central. Les opérations d’open market diminuent sensiblement; tandis que la facilité permanente de prêt à 24 heures chute fortement par rapport à 2025, signe que les besoins d’urgence des banques se sont atténués.

Toutefois, la progression des transactions interbancaires, notamment à terme, révèle une recomposition du marché monétaire. Les banques semblent retrouver une confiance relative dans leurs échanges bilatéraux, ce qui constitue un indicateur qualitatif encourageant pour la stabilité du système financier.

Trésor public : une respiration précaire

Le solde du compte courant du Trésor se replie à 1 286 MDT, en baisse notable par rapport à la veille et légèrement supérieur à son niveau de l’an dernier. Cette évolution suggère une gestion de trésorerie sous tension, dans un contexte où les besoins budgétaires demeurent élevés.

La structure de l’endettement domestique évolue également. L’encours des bons du Trésor à court terme diminue fortement en glissement annuel; tandis que les Bons du Trésor assimilables progressent nettement. Ce basculement vers des maturités plus longues traduit une stratégie d’allongement de la durée moyenne de la dette, visant à réduire le risque de refinancement immédiat. Cette orientation est cohérente, mais elle accroît mécaniquement la charge d’intérêts future si les conditions de marché se tendent à nouveau.

Devises et dinar : un renforcement mesuré

Les avoirs nets en devises atteignent 25 223 MDT, représentant 106 jours d’importation, contre 101 jours un an auparavant. Cette amélioration constitue l’un des points les plus solides du tableau macrofinancier actuel. Elle offre à la banque centrale une marge de manœuvre accrue pour lisser les chocs externes et stabiliser le marché des changes.

Le dinar s’apprécie nettement face au dollar américain, s’établissant autour de 2,88 dinars pour un dollar, contre plus de 3,17 un an plus tôt. Cette évolution reflète à la fois un affaiblissement relatif du billet vert sur certains segments internationaux et une amélioration des équilibres externes tunisiens. Face à l’euro, la parité demeure relativement stable, traduisant la forte corrélation structurelle entre l’économie tunisienne et la zone euro.

L’appréciation du dinar contribue à contenir les pressions importées sur les prix; mais elle pose un défi pour la compétitivité des exportations industrielles. L’arbitrage entre stabilité monétaire et soutien à la croissance reste délicat.

Tourisme et transferts : les piliers de la résilience

Les recettes touristiques cumulées progressent sensiblement par rapport à 2025, atteignant près de 700 MDT à la date du 10 février. De même, les revenus du travail en espèces dépassent le milliard de dinars, en hausse marquée sur un an. Ces deux agrégats constituent aujourd’hui les véritables amortisseurs externes de l’économie tunisienne.

Dans un environnement international encore marqué par des incertitudes géopolitiques et des cycles de croissance hétérogènes, la capacité de la Tunisie à capter des flux touristiques et à mobiliser les transferts de sa diaspora représente un atout stratégique. Cette dynamique soutient les réserves de change, stabilise le dinar et allège partiellement la contrainte extérieure.

Le service de la dette extérieure cumulée affiche, quant à lui, une forte baisse en glissement annuel, reflet d’un profil d’échéances moins exigeant en ce début d’année. Cette respiration temporaire ne doit cependant pas masquer l’ampleur des engagements futurs.

Perspectives : entre stabilisation et vigilance

À court terme, les indicateurs suggèrent une phase de stabilisation maîtrisée. La détente monétaire, l’amélioration des réserves et la dynamique des recettes extérieures créent un environnement plus favorable que celui observé en 2025. Cette configuration pourrait soutenir une reprise graduelle de l’investissement et du crédit, à condition que la confiance des agents économiques se consolide.

À moyen terme, les enjeux demeurent structurels. La consolidation budgétaire, la réforme des entreprises publiques, l’élargissement de l’assiette fiscale et la relance de l’investissement productif restent des impératifs incontournables. La politique monétaire ne peut, à elle seule, porter la croissance.

La Tunisie se trouve ainsi dans une phase charnière. Les indicateurs du 20 février 2026 ne signalent ni euphorie ni crise imminente. Ils décrivent une économie en quête d’équilibre, profitant d’un répit monétaire pour réorganiser ses fondamentaux. La véritable question n’est plus celle de l’urgence, mais celle de la transformation : convertir cette accalmie en dynamique durable.

 

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (20/02/2026), données prix Brent / marché pétrolier (20/02/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

L’article Tunisie – L’équilibre fragile d’une accalmie monétaire est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Quand la mer se renchérit d’un risque global et d’une vulnérabilité tunisienne

La mer n’est plus seulement un espace de circulation. Elle est redevenue un espace de confrontation. Les routes maritimes, artères vitales du commerce mondial, sont aujourd’hui traversées par les lignes de fracture géopolitiques. Les tensions militaires, les attaques ciblées contre des navires marchands, les rivalités stratégiques autour des détroits transforment l’incertitude en variable économique centrale. Et cette incertitude se traduit immédiatement dans les contrats d’assurance.

Depuis la dégradation sécuritaire en mer Rouge et autour du détroit de Bab el-Mandeb, les assureurs maritimes ont reclassé certaines zones parmi les plus risquées du globe. Les surprimes de guerre ont bondi, parfois multipliées en quelques jours lors des pics de tension. Les armateurs, prudents, redessinent leurs routes et contournent l’Afrique via le cap de Bonne-Espérance, rallongeant les délais et renchérissant les coûts d’exploitation.

Ce qui pourrait apparaître comme un simple ajustement technique constitue en réalité un choc systémique. L’assurance maritime agit comme un marché avancé du risque. Elle intègre les probabilités d’escalade militaire, d’attaques asymétriques ou de sanctions internationales avant même que ces scénarios ne se matérialisent pleinement. La prime devient ainsi le baromètre financier de la fragmentation du monde.

L’effet multiplicateur sur les coûts mondiaux

Dans l’économie contemporaine, le transport maritime ne représente pas une activité périphérique, mais le cœur logistique de la mondialisation. Lorsque la prime d’assurance augmente, elle ne pèse pas uniquement sur l’armateur. Elle se diffuse tout au long de la chaîne de valeur. Les importateurs paient plus cher, les distributeurs ajustent leurs marges, les consommateurs absorbent une partie du surcoût.

À cela s’ajoute l’effet cumulatif des détours logistiques. Un trajet plus long signifie davantage de carburant, davantage d’immobilisation de navires, davantage de tensions sur les capacités disponibles. Les taux de fret augmentent parallèlement aux primes d’assurance. Cette double hausse agit comme une taxe géopolitique invisible sur le commerce mondial.

Les matières premières stratégiques sont particulièrement sensibles à ces perturbations. Le pétrole, le gaz, les céréales et les intrants industriels voient leurs coûts d’acheminement grimper, alimentant des pressions inflationnistes dans les économies importatrices.

La Tunisie, exposée par structure

Pour la Tunisie, l’impact n’est ni théorique, ni marginal. Économie ouverte, dépendante des importations énergétiques et céréalières, elle subit directement la hausse du coût CAF, qui inclut précisément l’assurance et le fret. Lorsque la prime augmente, la facture extérieure s’alourdit mécaniquement.

Dans un contexte budgétaire contraint, où les subventions énergétiques et alimentaires pèsent lourdement sur les finances publiques, chaque surcoût logistique se transforme en pression supplémentaire sur le déficit. L’État absorbe une partie du choc pour préserver le pouvoir d’achat, mais ce mécanisme a ses limites. À moyen terme, la soutenabilité budgétaire se trouve interrogée.

Les entreprises exportatrices tunisiennes ressentent également l’onde de choc. L’industrie manufacturière, insérée dans les chaînes de valeur européennes, dépend de flux logistiques réguliers et compétitifs. Une hausse durable des coûts maritimes érode les marges et fragilise la compétitivité, surtout face à des concurrents bénéficiant d’économies d’échelle plus importantes.

Ainsi, un incident en mer peut se traduire par une tension sur la trésorerie d’une entreprise tunisienne. La mondialisation lie étroitement sécurité maritime et stabilité économique locale.

Inflation importée et dilemme stratégique

La transmission de ces hausses aux prix intérieurs est progressive mais réelle. Lorsque l’énergie coûte plus cher à l’importation, l’ensemble des coûts de production domestiques est affecté. Le transport terrestre, l’agriculture, l’industrie voient leurs charges augmenter. L’inflation importée s’installe alors comme un phénomène diffus, difficile à maîtriser.

La politique monétaire se heurte ici à ses propres limites. Face à un choc externe de nature géopolitique, l’outil des taux d’intérêt ne peut corriger la source du problème. Il peut seulement tenter d’en amortir les effets secondaires. Or, dans une économie où la croissance demeure fragile, l’arbitrage entre stabilité des prix et soutien à l’activité devient particulièrement délicat.

Cette situation souligne une vérité plus profonde : la dépendance logistique est devenue un facteur de vulnérabilité stratégique. La sécurité économique ne se résume plus à l’équilibre budgétaire ou monétaire ; elle inclut la sécurisation des routes d’approvisionnement.

Vers une nécessaire résilience logistique

L’augmentation des primes d’assurance maritime doit être interprétée comme un signal d’alerte stratégique. Elle invite à repenser la résilience nationale face aux chocs exogènes. Diversifier les fournisseurs, renforcer les capacités de stockage stratégique, moderniser les infrastructures portuaires, développer des partenariats régionaux plus intégrés. Ce sont autant de leviers susceptibles de réduire l’exposition aux aléas géopolitiques.

La Tunisie, pays méditerranéen par essence, ne peut se soustraire aux dynamiques maritimes mondiales. Mais elle peut atténuer leur impact en renforçant sa capacité d’anticipation et de gestion du risque. Cela suppose une vision stratégique intégrée, où la logistique, la diplomatie économique et la planification budgétaire dialoguent étroitement.

Le prix de l’instabilité

La flambée des primes d’assurance maritime est plus qu’un indicateur sectoriel. Elle est le reflet financier d’un monde en recomposition, où la rivalité des puissances, les conflits régionaux et la fragmentation commerciale redessinent les flux d’échange.

Pour la Tunisie, l’enjeu est clair : dans un environnement international incertain, la stabilité macroéconomique dépend désormais autant de la géopolitique des mers que des équilibres internes. La prime d’assurance n’est plus un simple poste comptable. Elle devient l’expression concrète d’un désordre mondial dont les répercussions atteignent les quais des ports tunisiens et, au-delà, l’équilibre économique du pays.

La mer demeure une ouverture. Mais elle est aussi devenue une variable stratégique majeure. Et dans ce nouvel âge des tensions, naviguer exige plus que des navires : cela requiert une vision.

 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

L’article Quand la mer se renchérit d’un risque global et d’une vulnérabilité tunisienne est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie : la stabilisation fragile d’un équilibre sous tension

Il y a des périodes où les chiffres cessent d’être de simples indicateurs pour devenir des signaux. Les données arrêtées au 13 février 2026 ne racontent pas une euphorie retrouvée, ni une crise imminente. Elles décrivent une économie qui cherche son point d’équilibre après plusieurs années de tensions monétaires, de pressions inflationnistes et de contraintes externes. La Tunisie semble entrer dans une phase de stabilisation relative, mais cette stabilisation demeure conditionnelle, dépendante de facteurs internes et internationaux encore mouvants.

 

L’environnement international joue un rôle déterminant dans cette respiration tunisienne. La désinflation progressive observée aux États-Unis et dans la zone euro a modifié l’orientation des politiques monétaires. Les cycles agressifs de relèvement des taux ont laissé place à une posture d’attentisme. Les marchés anticipent désormais des ajustements graduels, ce qui réduit la pression sur les monnaies émergentes et sur les flux financiers internationaux.

Cependant, cette accalmie monétaire mondiale ne s’accompagne pas d’un véritable cycle d’expansion. La croissance européenne reste faible, ce qui limite le dynamisme de la demande adressée aux exportations tunisiennes. Les tensions géopolitiques, la fragmentation commerciale et la volatilité des prix énergétiques maintiennent un climat d’incertitude.

Dans ce contexte, la relative appréciation du dinar face au dollar constitue un facteur d’allègement. Le taux moyen interbancaire à 2,857 dinars pour un dollar marque une amélioration notable par rapport à l’année 2025. Cette évolution réduit la facture des importations énergétiques et alimentaires libellées en devises et améliore mécaniquement certains ratios d’endettement extérieur. La stabilité face à l’euro renforce également la prévisibilité des échanges avec le principal partenaire commercial du pays.

Politique monétaire : vers une normalisation graduelle

La décision de maintenir le taux directeur à 7 %, après un cycle antérieur de resserrement culminant à 8 %, traduit un changement de phase. La Banque centrale semble considérer que les tensions inflationnistes sont en voie de modération, sans pour autant prendre le risque d’un relâchement prématuré.

Le recul du volume global du refinancement, désormais à 11 670 millions de dinars (MDT) contre plus de 13 000 MDT un an auparavant, est révélateur. Il traduit une moindre dépendance structurelle des banques au guichet central. La baisse des encours d’open market et des refinancements à plus long terme confirme cette tendance.

Parallèlement, l’augmentation du volume des transactions interbancaires, tant à vue qu’à terme, indique une meilleure redistribution interne de la liquidité. Le système bancaire semble moins fragmenté, moins contraint par des déséquilibres aigus.

La diminution marginale des billets et monnaies en circulation suggère également une atténuation des comportements de thésaurisation. Lorsque la confiance monétaire progresse, même modestement, les agents économiques réintègrent progressivement les circuits formels.

Trésorerie publique : gestion active et rééquilibrage de la dette

Le solde du compte courant du Trésor, en nette amélioration à 1 382 MDT, traduit une gestion plus maîtrisée des flux budgétaires. Cette évolution peut résulter d’un meilleur phasage des dépenses, d’une mobilisation accrue des recettes ou d’une combinaison des deux.

La transformation de la structure de la dette intérieure est particulièrement significative. La forte contraction des Bons du Trésor à court terme, parallèlement à l’augmentation des Bons du Trésor Assimilables, montre une volonté d’allonger la maturité moyenne de la dette domestique. Cette stratégie réduit la vulnérabilité aux tensions de refinancement et l’exposition aux chocs de liquidité à court terme.

Toutefois, cette amélioration technique ne saurait masquer la contrainte structurelle : la dette publique demeure élevée et sa soutenabilité dépendra du différentiel entre croissance nominale et coût moyen de financement.

Balance des paiements : les amortisseurs traditionnels en action

Les avoirs nets en devises atteignent 25,3 milliards de dinars, représentant 107 jours d’importation. Cette progression annuelle est significative. Elle repose principalement sur deux moteurs traditionnels : le tourisme et les transferts des travailleurs à l’étranger.

Les recettes touristiques cumulées dépassent les 696 MDT à la mi-février; tandis que les revenus du travail franchissent le seuil du milliard de dinars. Ces flux constituent une source de devises stable et relativement résiliente.

Le service de la dette extérieure, bien qu’en hausse par rapport à la veille, reste nettement inférieur au niveau exceptionnellement élevé enregistré un an auparavant. Cela allège temporairement la pression sur les réserves et améliore la perception du risque souverain.

Cependant, cette amélioration demeure fragile. Elle dépend de facteurs exogènes : stabilité régionale, conjoncture européenne, confiance des diasporas et flux touristiques. Une dégradation rapide de l’environnement international pourrait inverser ces tendances.

 

Perspectives à court terme : une fenêtre d’opportunité

À court horizon, la Tunisie bénéficie d’une configuration relativement favorable. La détente monétaire, la stabilisation du dinar, le renforcement des réserves et l’amélioration de la trésorerie publique créent un espace de respiration macroéconomique.

Cette phase pourrait soutenir une reprise modérée du crédit et atténuer la pression sur le pouvoir d’achat si la désinflation se confirme. Le système bancaire, moins contraint, dispose d’une capacité accrue à financer l’économie réelle.

Mais cette embellie demeure conditionnée à la discipline budgétaire et à la cohérence des politiques économiques.

Perspectives à moyen terme : le défi de la transformation

Le véritable enjeu n’est pas la stabilisation conjoncturelle, mais la transformation structurelle. La croissance tunisienne reste insuffisante pour absorber le chômage et améliorer durablement les équilibres sociaux. L’investissement privé demeure prudent, dans un climat où la visibilité réglementaire et fiscale reste perfectible.

Si la stabilité monétaire actuelle n’est pas accompagnée de réformes structurelles favorisant la productivité, la compétitivité et l’intégration dans les chaînes de valeur internationales, elle risque de n’être qu’un répit temporaire.

La Tunisie dispose aujourd’hui d’un rare moment d’équilibre relatif entre ses contraintes internes et son environnement externe. Ce moment n’est ni spectaculaire ni triomphal. Il est stratégique. Car dans les trajectoires économiques, ce sont souvent les phases d’accalmie qui déterminent la capacité d’un pays à redéfinir son modèle de croissance.

La stabilisation est en cours. Reste à savoir si elle sera le prélude d’une consolidation durable ou simplement une pause dans un cycle de tensions récurrentes.

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (13/02/2026), données prix Brent / marché pétrolier (13/02/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

L’article Tunisie : la stabilisation fragile d’un équilibre sous tension est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

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