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CPJ | Israël a tué 86 journalistes en 2025

Un nombre record de 129 journalistes ⁠et professionnels des ​médias ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2025, dont les deux tiers par Israël, a déclaré mercredi 25 février 2026 le ​Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son dernier rapport.

Le nombre de journalistes tués dans le monde a atteint un record pour la deuxième année consécutive, après 124 décès recensés en 2024, dont les deux tiers également tués par Israël, relève l’organisation indépendante. Le CPJ recense ​depuis plus ‌de 30 ans les attaques contre la presse.

Israël a été responsable de la mort de 86 journalistes en 2025. Ils sont, à plus de 80%, Palestiniens. Dans ce classement du crime abject, l’Etat hébreu devance de très loin le Soudan (9), le Mexique (6), la Russie (4), et les Philippines (3).

L’État hébreu est aussi responsable de 81 % des 47 assassinats ciblés de journalistes classés comme «meurtres» par l’organisation dans son rapport.

«Dans un contexte de tensions croissantes à travers le monde, le mépris d’Israël pour la vie des journalistes – et pour le droit international censé les protéger – est sans précédent», note le rapport. Il ajoute : «Depuis que le CPJ a commencé à compiler ces données en 1992, Israël a tué plus de journalistes que tout autre gouvernement, faisant de la guerre israélo-palestinienne (qui inclut les massacres perpétrés par Israël à Gaza ainsi que ses attaques meurtrières au Liban, au Yémen et en Iran) la plus meurtrière jamais enregistrée pour les journalistes.»

Le CPJ écrit, également : «Si couvrir la guerre est intrinsèquement dangereux, Israël a franchi un nouveau cap en ciblant délibérément et illégalement les journalistes. En 2025, le CPJ a recensé 47 cas de journalistes assassinés en raison de leur travail, Israël étant responsable de 81 % de ces assassinats. Le nombre total de ces assassinats ciblés pourrait être bien plus élevé. Compte tenu des restrictions extrêmes imposées à Gaza, notamment l’interdiction d’accès à la presse étrangère indépendante, la destruction des infrastructures de communication, les déplacements massifs de population et les pertes humaines considérables, il est difficile d’enquêter sur les circonstances de chaque décès. La plupart des preuves contemporaines ayant été détruites, le nombre exact de journalistes palestiniens à Gaza délibérément ciblés par Israël restera peut-être à jamais inconnu.»

I. B.

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Fraude et piratage | La Poste Tunisienne alerte sur l’usurpation de son identité

La Poste Tunisienne a diffusé un communiqué urgent ce lundi 23 février 2026, avertissant ses clients contre des tentatives de piratage ciblant les titulaires de cartes de paiement électronique et de portefeuilles numériques « Wallet e-Dinar ».

Face à la multiplication des tentatives de fraude, la Poste a appelé à la vigilance maximale, en précisant que des individus malveillants utilisent actuellement des techniques de phishing (hameçonnage) en usurpant son identité pour subtiliser des données sensibles.

Les pirates utilisent généralement des sites web frauduleux ou des messages électroniques qui imitent l’apparence officielle de la Poste. Ces plateformes prétendent souvent être des « partenaires » de l’institution pour mettre les utilisateurs en confiance et les inciter à saisir leurs informations personnelles.

Y. N.

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Direction de la santé de Mahdia | Décès du docteur Chedly Amiche

Le Conseil régional de l’Ordre des médecins du Centre a annoncé avec tristesse le décès du docteur Chedly Amiche, figure emblématique de la santé préventive à Mahdia.

Dans une note diffusée ce samedi 21 février 2026, le Conseil a rappelé que Dr Chedly Amiche est à la tête de la direction de la santé préventive au sein de la Direction régionale de la santé de Mahdia.

« ​Le Dr Amiche était une figure respectée et un pilier du corps médical dans la région. Son engagement sans faille pour la santé publique et son dévouement professionnel ont marqué ses collègues et les citoyens de Mahdia. Sa disparition laisse un grand vide au sein de la famille de la santé tunisienne », lit-on encore dans la note..

Dr Chedly Amiche a été accompagné à sa dernière demeure ce samedi 21 février à Moknine, sa ville d’origine, ajoute encore le Conseil régional en présentant ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de ses confrères et consœurs.

Y. N.

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France – Algérie | «Pas de réconciliation sans vérité»

Il n’a pas mâché ses mots. Benjamin Stora a publiquement critiqué France Info après la diffusion d’un reportage qui, selon lui, a dénaturé le sens de son intervention sur la mémoire coloniale, réduisant son propos à quelques secondes au profit d’un certain influenceur, Amir Dz. (Photo : Crânes de résistants algériens tués au XIXe siècle par l’armée française et conservés au Musée de l’Homme à Paris).

Invité pour parler d’histoire — la guerre d’indépendance, les essais nucléaires dans le Sahara, les crânes de résistants algériens conservés dans les musées français — l’historien s’est retrouvé noyé dans un sujet centré sur Amir Dz. Une «faute éthique grave», dénonce-t-il, estimant que l’on ne peut pas traiter un contentieux historique majeur comme un simple élément de décor médiatique.

L’entretien avait pourtant été tourné au Musée de l’Homme, lieu hautement symbolique où reposent encore des restes de combattants algériens exécutés durant la conquête coloniale. Le contraste entre la solennité du lieu et la légèreté du montage final n’a pas échappé à Stora, qui y voit le symptôme d’un malaise plus profond dans le traitement médiatique des relations franco-algériennes.

Sur France Info, il a appelé à «élever le niveau» et à sortir des polémiques faciles. Pour lui, la réconciliation entre la France et Algérie ne pourra se construire que sur des actes : reconnaissance des crimes coloniaux, restitution d’objets symboliques, poursuite du travail d’identification des crânes, mise en œuvre des recommandations remises en 2021 au président Emmanuel Macron.

Cinq ans plus tard, le constat est amer : peu de mesures ont été concrètement appliquées, tandis que les relations bilatérales s’enlisent dans une crise que Stora juge parmi les plus graves depuis l’indépendance.

Au-delà de l’incident médiatique, l’affaire révèle une question plus large : la France est-elle prête à regarder en face son histoire coloniale avec l’Algérie ? Pour l’historien, la réponse ne peut venir ni des plateaux en quête de buzz ni des raccourcis sensationnalistes, mais d’un travail politique courageux, constant et assumé.

Djamal Guettala 

Voir vidéo.

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Stablecoins : le Nigeria et l’Afrique du Sud en tête de la demande en Afrique

Une enquête montre que le Nigeria et l’Afrique du Sud, les deux plus grandes économies d’Afrique, sont en tête en termes de demande croissante de monnaies stables et sont les plus optimistes quant à leur potentiel.

Les monnaies stables sont l’un des moyens les plus rapides et les moins coûteux de transférer de l’argent dans les pays pauvres. Mais comme 99 % d’entre elles, telles que les monnaies dominantes Tether et USDC, sont indexées sur le dollar, elles soulèvent également des inquiétudes quant à la dollarisation de l’économie et à la fuite des capitaux.

Publié mercredi 18 février, intitulé « Rapport sur l’utilité des stablecoins » et mené par YouGov en collaboration avec les sociétés de cryptomonnaies PVNK, Coinbase et Artemis, ce rapport a recueilli les avis de plus de 4 650 personnes originaires de 15 pays qui possèdent ou envisagent de posséder des stablecoins ou des cryptomonnaies, précise Reuters.

Ce type de monnaie est aujourd’hui principalement utilisé pour les transferts de fonds entre les marchés de cryptomonnaies. Le Boston Consulting Group estimait dans un rapport publié l’année dernière que près de neuf dixièmes des transactions en stablecoins étaient liées au trading de cryptomonnaies. Tandis que les transactions servant à payer des biens ou des services représentaient environ 6 %.

En outre, le rapport affirme que la demande de stablecoins augmente sur d’autres marchés émergents comme l’Inde. De même qu’il montre que plus de la moitié des personnes interrogées ont augmenté leurs avoirs en stablecoins au cours de l’année écoulée. Les économies en développement enregistrant les tendances les plus marquées.

Ainsi, les statistiques indiquent qu’environ 80 % des participants à l’enquête au Nigéria et en Afrique du Sud possèdent déjà des stablecoins. Tandis que plus de 75 % d’entre eux ont l’intention d’accroître encore leurs avoirs au cours de l’année à venir.

Le marché mondial des stablecoins représente plus de 310 milliards de dollars

Le marché mondial des stablecoins représente plus de 310 milliards de dollars. Il est dominé par des devises liées au dollar telles que Tether (185 milliards de dollars) et USDC (75 milliards de dollars). Et il devrait encore se développer suite à des mesures réglementaires américaines telles que le Genius Act.

Néanmoins, les banquiers centraux des économies émergentes restent prudents, craignant que des monnaies stables n’épuisent les dépôts bancaires nationaux, compromettant ainsi la politique monétaire et facilitant simultanément la fuite des capitaux.

L’enquête a également mis en évidence que la popularité décroissante des stablecoins dans les magasins et en ligne constitue un obstacle à leur adoption plus large dans les achats et abonnements quotidiens.

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Ramadan à la télé | Sitcoms débiles et orgie feuilletonesque

A partir d’aujourd’hui, jeudi 19 février 2026, premier jour du mois de ramadan, la Tunisie prendra des vacances prolongées pour laisser la place aux navets qui se regardent «en famille» et aux sitcoms débiles dont le scénario se tient sur un ticket de caisse.

Mohamed Sadok Lejri

L’on y retrouve chaque année les mêmes ingrédients : des acteurs qui hurlent et braient comme des ânes pour simuler l’humour, des quiproquos et des «situations comiques» plus usés que le tapis d’une mosquée et une intrigue qui s’étire sur 22 minutes de blagues potaches et qui essaient de nous convaincre que c’est drôle.

C’est fascinant de voir comment on peut recycler les mêmes gags depuis des décennies, avec la conviction profonde que le téléspectateur rira de l’acteur qui force un accent rural pour incarner le «rifi» de service, des lascars des quartiers populaires dont l’accent de «fréret» et la grossièreté assumée sont censés passer pour de la virilité et du charisme de quartier.

Le public rira de n’importe quoi

Ils sont persuadés que le spectateur, dans un élan de convivialité ramadanesque, finira par s’esclaffer devant la maladresse du «oueld el houma ‘arbi» mal dégrossi évoluant en milieu bourgeois, devant la caricature du bourgeois préoccupé par son apparence et ses manières presque au point d’être efféminé et devant cette panoplie de clichés et de poncifs éculés qu’ils ont exploités jusqu’à la corde…

Bref, ils ont la ferme conviction que le public rira de n’importe quoi, tout en s’en mettant plein la panse, laquelle panse se retrouve au centre de toutes les conversations du réveil du matin jusqu’à la rupture du jeûne et transforme chaque rencontre en une «chehya tayba» matinale et prématurée.

Sans parler de nos imams radio-cathodico-obscurantistes qui se délectent de leur petit quart d’heure de gloire et de l’orgie publicitaire qui vient interrompre ces chefs-d’œuvre télévisuels ! On nous bombarde de gros plans ultra léchés sur le couscous de mamie et le yaourt qui guérit le plus sociopathe d’entre nous de la solitude, on chante les louanges des pâtes et de la boîte de double concentré de tomates qui semblent détenir les secrets du bonheur éternel.

Des oies prêtes pour le gavage

L’on passe d’une scène mélodramatique d’un orphelin en proie à la drogue, à l’esclavage et à l’exploitation sexuelle à une pub pour un jus infect destiné aux enfants, le tout entrecoupé par une ode lyrique à une marque de thon.

En somme, ramadan est le mois où les Tunisiens se transforment en oies prêtes pour le gavage et se divertissent devant un festival de futilités cathodiques érigées en divertissement national. Notre télé ne semble jamais saturer de trop de conneries et de médiocrité. Et vive le cinéma !

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Harcèlement | Enquête après le suicide d’un élève à Mahdia

La justice a ordonné l’ouverture d’une enquête sur le drame qui a secoué la délégation de Hebira, dans le gouvernorat de Mahdia, où un élève a mis fin à ses jours.

Selon l’enquête judiciaire qui est en cours, les premiers témoignages pointent du doigt un fléau dévastateur : le harcèlement, indique le porte-parole du Tribunal de première instance de Mahdia qui affirme que les investigations se poursuivent pour faire la lumière sur les circonstances exactes et les motivations qui ont poussé l’adolescent à commettre l’irréparable.

Selon des informations recueillies auprès de camarades et de proches, l’élève en question était victime de harcèlement systématique allant jusqu’à l’humiliation physique : Des jeunes l’auraient forcé à se déshabiller en filmant la scène qui aurait été diffusée sur les réseaux sociaux, entre autres abus…

Devenue la risée du quartier et ne pouvant plus supporter la pression et le harcèlement continu.. la victime a décidé de mettre fin à ses jours !

Y. N.

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Tunisie & IA : le pari des talents pour réinventer l’économie

Dans le cadre du lancement du nouveau plan de développement économique, plaçant l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au rang de priorité stratégique, un enjeu majeur mérite une attention particulière : celui des compétences humaines nécessaires pour en tirer profit dans les faits.

L’IA est souvent présentée comme un moteur de productivité et d’innovation, capable d’améliorer la prise de décision et de stimuler les performances sectorielles. Sur le papier, cette vision est séduisante. Mais sans une stratégie claire et réaliste visant à former les responsables et cadres opérationnels, qu’ils œuvrent dans l’administration publique, les institutions financières ou les entreprises, ces ambitions risquent de rester largement théoriques.

C’est ici que se trouve la véritable transformation : l’IA doit être utilisée comme un assistant structuré, et non comme un substitut au jugement humain. Elle peut aider à analyser des volumes massifs de données, synthétiser des informations complexes et produire des livrables professionnels, mais ce potentiel ne se réalise pleinement que si les responsables et cadres opérationnels savent poser les bonnes questions, interpréter les résultats, identifier les limites et maintenir un contrôle critique constant.

Certaines voix ont souligné le risque que l’IA devienne un mot-clé sans impact concret sur la productivité ou la qualité de la décision publique. Cette prudence est légitime : les processus, les données et la culture organisationnelle tunisienne doivent encore évoluer pour accueillir ces outils de manière harmonieuse. Il ne s’agit pas de freiner l’innovation, mais de garantir une adoption responsable et progressive.

 

Il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.

 

Dans ce cadre, la formation professionnelle continue des responsables et cadres opérationnels est le pivot de la transformation. Il ne s’agit pas de former des experts techniques, mais de développer une culture professionnelle de l’IA : comprendre les outils, interpréter les résultats, exercer un contrôle critique et appliquer des usages éthiques et responsables. Seule cette approche permet de tirer parti de l’IA sans risques de décisions biaisées ou d’utilisation mécanique.

L’intégration de l’IA doit également prendre en compte les enjeux de souveraineté numérique, de sécurité et de confidentialité des données, particulièrement dans l’administration et le secteur financier. Les responsables et cadres opérationnels formés sont mieux armés pour définir des usages conformes à l’intérêt général et aux exigences réglementaires.

Enfin, il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.

L’intégration réussie de l’IA dans le plan de développement économique tunisien repose donc sur un investissement clair dans les compétences, la formation professionnelle et le discernement des responsables et cadres opérationnels. C’est cette capacité humaine, et non la technologie seule, qui permettra à l’IA de devenir un véritable levier de modernisation, au service de l’action publique, de la stabilité financière et de la compétitivité économique du pays.

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Les propos développés dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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La BERD décaisse 70 millions d’euros pour l’agroalimentaire en Côte d’Ivoire et Nigeria

La BERD accorde un prêt de 70 millions d’euros à Valency International pour soutenir les chaînes de valeur agroalimentaires en Côte d’Ivoire et au Nigeria. Telle est l’annonce du communiqué 

Toujours selon le communiqué, les fonds financeront l’approvisionnement en noix de cajou, soja, cacao et sésame auprès de producteurs locaux, tout en développant la transformation locale, notamment via une nouvelle usine de cajou en Côte d’Ivoire.

Ce projet renforce la compétitivité sectorielle, crée des emplois ruraux et améliore l’accès au marché des petits agriculteurs.​ Ainsi Valency optimisera aussi sa gouvernance climatique grâce à une coopération technique BERD, intégrant gestion des risques et durabilité.​

Pour sa part, Odile Renaud-Basso présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement  a fait savoir que l’ objectif est de libérer le potentiel agricole, créer des emplois et favoriser une croissance inclusive.

De son côté, Sumit Jain, DG Valency  souligne comme suit: « Ce partenariat consolide nos opérations résilientes et alignées sur les normes climatiques mondiales ».

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Quand la limite entre service et service devient floue!

Il est à l’origine d’une des courses les plus prestigieuses de la planète, le marathon. Qui est-il et pourquoi ? 500 ans avant JC, ce soldat qui s’appelait Phidippidès avait parcouru 40 km entre MARATHON et ATHENES en courant pour transmettre une information à ses compatriotes : la victoire de l’armée grecque sur les Perses. Et il serait mort d’épuisement au bout de ce parcours.

Le pauvre. Il aurait vécu plus longtemps si son armée disposait de téléphone et ses compatriotes d’Internet. Mais chaque chose en son temps, et aujourd’hui il arrive souvent même que l’on soit informé d’un événement avant même qu’il ne se produise, l’information allant plus vite que son temps de propagation. Ce service est devenu l’information qui nous inonde d’une manière ostentatoire et exagérée. Ce qui fait que l’on n’arrive plus de séparer la graine de l’ivraie et devient de plus en plus sévices !

Tout cela ne facilite plus le travail du journaliste, censé transmettre une information sûre et fiable et vérifiée. Mais je me pose de plus en plus une série de questions relativement simples : c’est quoi une information? A quoi sert-elle? Où est-ce qu’on la trouve?

Évidement j’ai commencé à poser la question à Internet : « C’est quoi une information ». Sa réponse a été claire : «Une information est un message, une donnée ou un fait rapporté, qui apporte une connaissance nouvelle, vérifiée et fiable sur un événement ou une situation. Elle se distingue d’une opinion ou d’une rumeur par son caractère factuel, son intérêt pour le public et sa vérification par des sources. »

Il m’a même précisé que, pour être vraie il fallait qu’elle soit factuelle, fiable et vérifiée, nouvelle et pertinente et être transmise sur différents supports…

Mais le constat est permanent, cette définition semble de moins en moins appliquée, et aujourd’hui la limite entre le RIGHT et le FAKE devient difficilement définissable. Mais le pire c’est qu’elle concerne de plus en plus des phénomènes et/ou des actions d’envergures diverses qu’il serait trop long d’énumérer et pourrait générer une série d’informations plus ou moins douteuses.

Et tout ce phénomène s’est accentué avec l’apparition de ce qu’on appelle «les réseaux sociaux» qui ne ressemblent à aucun réseau relationnel, et surtout n’ont rien de social, d’une part, et, d’autre part, par l’utilisation abusive d’un appareil qui pèse moins de 250g qui n’a rien de smart mais est un concentré de technologie et qui, entre autres, stocke et déroule l’information et maintenant parle aussi à son utilisateur. Utilisateur qui devient quasiment esclave de ce smartphone qui est en train de ronger la société et ses échanges, société qui ne se parle plus mais a le nez engoncé dans ces 250g à longueur de journée, lit et écoute les informations qu’il veut bien lui distiller et auxquelles il veut bien y croire si cette information lui sied.

Ceci à l’échelle de l’individu qui ne parle plus, ne pense plus, ou ne pense que quand  son écran l’y autorise, ne réfléchit plus ou peut réfléchir quand la batterie est vide, et se noie dans ce défilé d’informations utiles et inutiles sur son écran à longueur de journée. A côté de ce micro phénomène, se développent à grande échelle des chaînes télé qui développent les news et les fake news, les habillent; les enjolivent, les justifient et même en démontrent la véracité à coup de spécialistes et d’experts et autres consultants.

Mais, chaque phénomène de cette nature finit par déclencher dans d’autres systèmes des réactions imprévues et imprévisibles, à l’image de l’Intelligence artificielle qui  collecte et structure les informations – y compris celle qu’elle contribue parfois à fabriquer – quelle que soit leur nature dans une énorme « data base » et répond aux questions posées et vous aide à en apprécier la véracité de leur contenu.

Comme exemple significatif de désinformation d’Etat et d’information erronée à grande échelle, souvent étudié en Sciences Politiques et en Communication devenu  symbole de défaillance systémique du renseignement et d’emballement médiatique marqué par des effets durables, nous avons choisi la fameuse affaire des « Armes de Destruction Massive » en Irak (2002–2003)» où l’IA nous informe sur sa consistance :

 

1/ La fausse information: En 2002–2003, les gouvernements américain et britannique ont affirmé que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive (ADM). Ces affirmations ont été largement relayées par de grands médias internationaux et présentées comme fondées sur des renseignements crédibles.

 

2/ Beaucoup de gens y ont cru après la présentation officielle devant l’ONU, et avoir subi un matraquage médiatique massif à ce sujet et sur le terrorisme islamique…

 

3/Les conséquences concrètes de ce fake

– Invasion de l’Irak en mars 2003 ayant entraîné des centaines de milliers de morts (militaires et civils).

– Instabilité régionale durable et émergence de groupes extrémistes (dont Daech plus tard).

– Dégradation de l’image internationale des États-Unis et du Royaume-Uni.

– Coût économique colossal (plusieurs milliers de milliards de dollars).

 

4/Comment la « fake news » s’est consumée

Après l’invasion, les inspections approfondies n’ont trouvé aucune arme de destruction massive active. L’Iraq Survey Group (rapport officiel de 2004) a conclu que les stocks n’existaient pas. Plusieurs enquêtes parlementaires ont révélé des erreurs majeures dans l’analyse des renseignements. Certains responsables ont reconnu publiquement que les informations étaient erronées ou exagérées. Avec le temps, le consensus international a basculé et l’argument des ADM est désormais largement considéré comme infondé. La narration initiale s’est progressivement effondrée d’elle-même, non pas par une révélation spectaculaire unique, mais par accumulation de preuves contraires.

Comme quoi, aujourd’hui on n’a besoin ni de TNT ni d’uranium pour démolir un peuple, il suffit d’une FAKENEWS bien agencée pour en faire une ADM.

 

A bon entendeur

Salut FB !

Ibtissem

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Tunisie | Une Charte sur l’utilisation de l’IA dans le journalisme

Dans l’état désastreux où se trouve aujourd’hui le secteur des médias et, surtout, celui de la presse écrite, en Tunisie, on peut considérer que l’élaboration d’une Charte nationale sur l’utilisation de l’Intelligence artificielle (IA) dans le journalisme est une initiative bien sympathique au regard des autres défis, ô combien plus graves, auxquels le secteur fait face et qui sont d’ordres financier, politique, juridique, éthique, etc.

Cette initiative n’en est pas moins nécessaire et le Conseil de la presse, organisme autonome du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), a bien fait d’y penser pour que le secteur ne soit pas en retard d’une si importante évolution.

La Charte nationale sur l’utilisation de l’IA dans le journalisme définit les principes éthiques et professionnels qui aident à améliorer la qualité du travail journalistique, tout en garantissant le droit des citoyens à une information fiable, pluraliste et contextualisée.

Selon le Conseil de la presse, l’utilisation de l’IA dans le travail journalistique représente «une opportunité professionnelle concrète, grâce aux nouvelles possibilités offertes dans les domaines de l’’aide à la recherche, de l’analyse des données, du traitement de contenus complexes et de l’amélioration des formules rédactionnelles».

Toutefois, l’utilisation de ces technologies en l’absence d’un cadre éthique clair pourrait comporter des risques importants, met en garde le Conseil de la presse, notamment en ce qui concerne «la fiabilité de l’information, la reproduction des préjugés, l’homogénéisation des contenus et la fragmentation des responsabilités éditoriales».

Ladite Charte souligne également que l’IA doit rester un «outil d’aide aux journalistes et ne peut en aucun cas se substituer au jugement humain ni aux principes déontologiques de la profession».

À travers la publication de ce document, le Conseil de la presse espère qu’il sera adopté par les différents acteurs du secteur, notamment les journalistes, les directeurs de publication et les organisations professionnelles, afin qu’il devienne une référence commune et une «base opérationnelle au sein des rédactions», ainsi qu’un outil utile pour les entreprises médiatiques souhaitant se doter de leurs propres codes éthiques sur l’utilisation de l’IA.

La version de la Charte présentée le 16 février 2026 lors d’une rencontre au siège du SNJT à Tunis est susceptible d’être améliorée et tous les journalistes et acteurs du secteur sont invités à donner leur avis et à envoyer leurs commentaires au Conseil. Une fois Il est à noter que le texte de la charte sera publié sur le site web du Conseil de presse pour consultation.

I. B.

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L’artisanat tunisien en France | Vers une économie de niche ?

Du 14 au 16 février, les Tunisiens ont eu pignon sur rue dans la capitale française à l’occasion de la tenue du Salon de la Tunisie à Paris (Sitap), organisé par Tanit Events qui a posé les bases, en Île-de-France, d’un salon consacré à l’artisanat tunisien. C’est sur cette spécificité que les acteurs économiques, culturels et politiques doivent tabler pour faire passer l’artisanat d’un statut de vecteur d’identité à un statut de levier économique. Avec la diaspora comme médiatrice et principal tunnel de vente.

Jean-Guillaume Lozato

C’est entre le Parc Monceau et l’Arc de Triomphe que l’artisanat tunisien a posé ses valises. Plus précisément dans les salons Hoche jouxtant le si réputé Hôtel Royal Monceau où l’acteur Omar Sharif en personne avait ses habitudes.

Le raffinement du cadre choisi pour l’occasion s’est vu agrémenté d’éléments décoratifs tunisiens. Ce qui a plongé d’entrée tout visiteur dans le Pays du Jasmin pendant ces trois journées parisiennes, pour un public majoritairement tunisien ou franco-tunisien mais avec la venue plus soutenue de quelques curieux étrangers à la communauté, notamment le samedi.

Les exposants ont su accentuer ce sentiment d’évasion grâce à un agencement des stands déterminé par un cheminement rationalisé mais légèrement incurvé. Pour une orientation qui incite, classiquement et dans un premier temps, à déambuler au milieu des produits textiles, tapis, et poteries. Puis, plus dans le détail, vers des étals aménagés comme des dominos, évitant ainsi l’impression de surcharge, et donc d’une trivialité très souvent perceptible dans les halls d’exposition occupés pour l’occasion des salons algériens ou marocains où les commerciaux partent littéralement à l’assaut du visiteur dès son franchissement de l’entrée à Porte de Versailles ou à l’Espace Charenton.

L’intérêt de l’artisanat tunisien

La géométrie, nous la retrouvons en contemplant les œuvres réalisées par l’enthousiaste Hani Chaouch pour le compte de Sozo Créations. Des travaux grâce auxquels se concrétise un regain d’intérêt pour la culture berbère, à travers l’esthétique et non à travers une récupération politisée plus agressive comme c’est le cas en Algérie, en Libye, au Maroc et par téléportation en France. Avec la fierté de recourir à un matériau spécifique qu’est le bois d’olivier.

Autre arbre star : le palmier dattier, mis en vedette par la société Dattéa Paris, spécialiste des assortiments de dattes fourrées et farcies et qui se fournit en «deglet nour» dans le gouvernorat de Kebili.

Ce souci du bio et de l’écoresponsabilité fait écho à la volonté de deux producteurs de miel présents : Beechifa et Krima Delizia (Saveurs HJT). La première société insiste sur le fait que le miel substitue le sucre raffiné, et que de ce fait le mot d’ordre de son directeur est de proposer des produits 100 % naturels. La seconde est plus diversifiée ; bien que se concentrant majoritairement sur le miel, sa directrice explique minutieusement que la présence d’additifs est bannie, que la maison propose aussi des pâtes de fruits secs et qu’elle a recours à des produits siciliens en matière d’amandes et de pistaches.

Ce clin d’œil à l’histoire commerciale qui puise ses sources dès l’époque des guerres puniques, conjugué au tropisme envers les fruits secs, Ghada Lazreg le souligne avec emphase. En effet, la directrice de Lunéor s’est livrée à un exposé des plus intéressants à propos de sa matière première favorite, à savoir les pistaches tunisiennes de type «beldi». Initialement spécialiste en biotechnologie, elle a obtenu une double casquette après avoir été diplômée par les autorités françaises culinaires du Programme Cordon Bleu. C’est donc en offrant une vison mi-romantique mi-scientifique des choses que la native de Sousse, à l’aise aussi bien dans l’élaboration de succulents trompe-l’œil que de mets plus traditionnels, délivre une analyse intéressante selon laquelle ce type de commerce peut miser sur la diaspora. Mais aussi, d’après ses constatations depuis environ un an, sur les Algériens établis en France et de plus en plus d’Européens. Ainsi, une économie de niche et axée sur la découverte culturelle pourrait servir d’antichambre à un développement majeur.

Le local qui ouvre sur l’international

Il a été question de produits locaux tout au long des trois jours. Avec le vent de la mondialisation qui faisait flotter l’étendard tunisien. Au moyen du bilatéralisme Europe/Afrique du Nord qui a laissé entrevoir un axe Europe/Tunisie et une bifurcation France/Tunisie. Au moyen d’une pratique assidue des langues vivantes, qui a rendu la vision d’un ensemble polyglotte où les représentants parlaient le français, l’arabe dans sa version classique et dialectale, l’Anglais, l’allemand, l’espagnol, et l’italien.

Cette internationalisation linguistique n’a pas laissé insensible les visiteurs non tunisiens. Au hasard des échanges, nous pouvons citer cette remarque d’un couple franco-anglais : «L’accueil nous l’avons trouvé au départ très réservé, peut-être parce que l’endroit choisi était très chic. Mais le passage entre les langues anglaise et française a détendu nos échanges et les Tunisiens sont devenus plus chaleureux, ont partagé avec nous leurs expériences de voyages. Ensuite, nous avons été surpris par les pâtisseries».

Ces allégations sont à prendre en considération. Pourraient-elles traduire une perfectibilité au niveau de la communication ? Les Tunisiens en général sont moins connus que leurs homologues algériens et marocains établis dans l’Hexagone. En adaptant leur accueil, ils pourraient améliorer leur visibilité, ceci afin de dépasser les contours délimités par le communautarisme.

Intéresser un public plus élargi est possible en suscitant la curiosité à travers des particularités artistiques, artisanales, commerciales. Pour reprendre les propos du déjà cité plus haut Hani Chaouch, «la Tunisie a la chance de ne pas avoir de pétrole, ça nous force à réfléchir et ça nous pousse à la créativité».

Le domaine de la pâtisserie fine détient des clés pour ouvrir les portes des prochaines étapes. Les stands des entreprises Miss Crispy, Dar Jnayna et Lunéor ont déployé des trésors d’ingéniosité pour animer ces trois jours d’exposition. S’agit-il d’un prélude à l’établissement d’un soft power tunisien alimentaire, un peu comme ce que le Maroc a réussi avec l’huile d’argan et sa star Choumicha ?

Ce souci du détail à la tunisienne s’inscrit dans la ligne de la philosophie de vie d’un peuple marqué par l’esprit d’analyse des négociants ou commerçants de Sfax et de Djerba, très actifs dès la plus petite échelle de vente. Un esprit dont on retrouve l’instinct originel dans les écrits de Houda Laroussi, auteur de ‘‘Micro-crédit et lien social en Tunisie’’, ouvrage dans lequel elle parle de «solidarité instituée».

C’est à partir du sol national que les Tunisiens seront capables de développer les échanges économiques sur le plan international, et non en s’appuyant sur l’international en premier.

Ce salon a tranché par rapport aux autres événements liés à la présence maghrébine en France. Plus présentable, plus chic, moins porté vers l’immédiateté opportuniste insufflée par les promoteurs immobiliers et les voyagistes présents en d’autres lieux et moments.

Le patrimoine artisanal du pays est déjà visible dans les souks comme ceux de Djerba, Hammamet, Monastir et Sousse. Moins signalé par les guides touristiques, le souk de Tunis mérite autant le détour notamment avec la fabrication de la chechia traditionnelle. Sans compter la spécialisation de sites placés loin des sentiers battus du tourisme de masse, dans le grand ouest tunisien où la sparterie et la confection de babouches sont importantes. C’est sur cette spécificité que les acteurs économiques, culturels et politiques doivent tabler pour faire passer l’artisanat d’un statut de vecteur à un statut de levier. Avec la diaspora comme médiatrice et principal tunnel de vente.

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IA : le sommet de New Delhi, entre vertige technologique et impuissance régulatrice

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la rédaction de L’Économiste Maghrébin ne dispose d’aucune information officielle confirmant ou non la participation de la Tunisie à ce sommet international.

Dans une Inde qui s’affirme comme le nouveau centre de gravité numérique, le Premier ministre Narendra Modi a assuré l’ouverture, lundi 16 février 2026, d’une rencontre au sommet. L’objectif affiché : dompter l’intelligence artificielle (IA) par une gouvernance mondiale.

Pourtant, derrière le faste diplomatique de New Delhi, l’ombre d’un échec plane déjà sur les ambitions de régulation.

Ce quatrième rendez-vous planétaire, succédant aux étapes de Bletchley Park, Séoul et Paris, rassemble une vingtaine de chefs d’État, dont le Français Emmanuel Macron, attendu dès le 17 février pour une visite d’État.

Mais le véritable pouvoir semble se concentrer entre les mains des capitaines d’industrie présents : de Sam Altman (OpenAI) à Sundar Pichai (Google), sans oublier Jensen Huang, l’homme fort de Nvidia.

L’enjeu pour le pays hôte est de taille. Fort de son milliard d’internautes, l’Inde a délogé la Corée du Sud et le Japon du podium de la compétitivité IA (classement Stanford). Ashwini Vaishnaw, ministre des Technologies, ne s’en cache pas : il s’agit de bâtir une vision « inclusive » où le progrès ne serait plus l’apanage d’une minorité.

Malgré les thématiques consensuelles :  « Les personnes, le progrès et la planète », la perspective de mesures contraignantes s’éloigne. Amba Kak, codirectrice de l’institut AI Now, dénonce un simulacre :

« L’industrie de l’IA pilote non seulement la technologie, mais aussi la manière dont nous la régulons… ou pas. »

Cette « quasi autorégulation » est activement défendue par le bloc anglo-saxon. À l’opposé de la charte éthique signée à Paris l’an dernier, le vice-président américain J.D. Vance a fermement mis en garde contre une régulation « excessive » qui étoufferait une croissance portée par une euphorie boursière sans précédent.

Le décalage est flagrant entre les promesses d’investissements massifs — des dizaines de milliards de dollars injectés en Inde en 2025 — et les périls immédiats. La protection de l’enfance cristallise les tensions, notamment après le scandale Grok (X) et ses dérives pornographiques générées par IA. Pour Kelly Forbes, de l’AI Asia Pacific Institute, la passivité n’est plus une option face à l’explosion des risques numériques.

Une géopolitique à géographie variable

Si l’Inde rêve de concurrencer Washington et Pékin, elle doit composer avec des absences de poids : ni Donald Trump, ni Xi Jinping ne feront le déplacement. Ce vide diplomatique au plus haut niveau souligne la difficulté de forger une « feuille de route » commune. Et ce, alors que l’IA devient l’arme principale d’une nouvelle guerre froide économique.

Entre l’abondante main-d’œuvre bon marché indienne et les infrastructures titanesques nécessaires à la révolution tech, New Delhi joue sa place dans la « décennie de l’IA », mais le chemin vers une souveraineté réelle reste semé d’embûches.

Avec AFP

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Kaouther Ben Hania fait résonner la voix de la Palestine à Berlin

Kaouther Ben Hania a fait résonner une nouvelle fois le nom de la Palestine à la Berlin International Film Festival (Berlinale) non pas seulement par son film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’, salué dans le monde entier, mais en refusant  le prix du «Film le Plus Précieux de l’Année» que ces chers Allemands ont cru pouvoir se dédouaner de leur soutien aveugle à Israël et au génocide que l’Etat hébreu perpètre en Palestine en le lui attribuant. Pour expliquer son refus, Ben Hania a prononcé, hier soir, mardi 17 février 2026, ce discours remarquable contre le génocide à Gaza. Dans l’espoir qu’un jour la conscience des Occidentaux sorte enfin de son cruel sommeil face au drame du peuple palestinien.  Vidéo.

«Je dois lire, parce que, le Film le Plus Précieux de l’Année, c’est trop pour moi… Bonsoir. Ce soir, je ressens plus une responsabilité qu’une gratitude. La Voix de Hind Rajab ne parle pas que d’un seul enfant. Il parle du système qui a rendu son meurtre possible. Ce qui est arrivé à Hind n’est pas une exception. Cela fait partie d’un génocide. Et ce soir, à Berlin, il y a des gens qui ont fourni une couverture politique à ce génocide. En présentant le massacre de civils comme de la «légitime défense», comme des «circonstances complexes». En dénigrant ceux qui protestent. Mais comme vous le savez peut-être, la paix n’est pas un parfum que l’on vaporise sur la violence pour que le pouvoir se sente propre et se sente à l’aise. Et le cinéma n’est pas une opération de blanchiment d’image. Si nous parlons de paix, nous devons parler de justice. La justice signifie la responsabilité. Sans responsabilité, il n’y a pas de paix. L’armée israélienne a tué Hind Rajab, tué sa famille, tué les deux ambulanciers venus la sauver, avec la complicité des gouvernements et des institutions les plus puissants du monde. Je refuse que leur mort devienne la toile de fond d’un discours poli sur la paix. Pas tant que les structures qui ont rendu cela possible resteront intouchées. Alors ce soir, je n’emporterai pas ce prix chez moi. Je le laisse ici, comme un rappel. Et lorsque la paix sera poursuivie comme une obligation légale et morale, ancrée dans la responsabilité pour génocide, alors je reviendrai l’accepter avec joie. Merci beaucoup. Merci.»

Traduit de l’anglais.

Vidéo.

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Cloud et IA : les banques publiques, rempart de la souveraineté tunisienne

À l’heure où le numérique devient un pilier de puissance et de résilience économique, la Tunisie se doit de repenser sa stratégie de souveraineté numérique. Abdelwaheb Ben Moussa explore dans cette tribune le rôle stratégique du cloud et de l’intelligence artificielle. Avec un focus sur les banques publiques comme infrastructures critiques. Il propose une approche pragmatique pour renforcer l’autonomie et la compétitivité nationale.

Souveraineté numérique : une condition de résilience

Le cloud et l’intelligence artificielle (IA) sont devenus des infrastructures critiques pour les États. Elles soutiennent les administrations, la santé, la finance, la défense et la planification économique. Sans contrôle sur ces technologies, la Tunisie risque de subir des dépendances étrangères, qu’elles soient commerciales ou géopolitiques.

Les expériences internationales offrent des leçons claires :

  • États-Unis : puissance économique par la domination des géants du cloud et de l’IA.
  • Chine : cloud fermé et IA intégrée à la stratégie nationale, souveraineté totale, mais ouverture économique limitée.
  • Europe : approche pragmatique, cloud de confiance et IA souveraine sur des niches critiques.

Ces modèles montrent que maîtriser le cloud et l’IA est aujourd’hui une condition de résilience et d’autonomie stratégique.

Les banques publiques : infrastructures critiques de l’économie tunisienne

Les banques publiques tunisiennes occupent une place centrale : elles gèrent les flux financiers, centralisent des données sensibles et soutiennent la politique monétaire. Leur vulnérabilité face à des solutions cloud étrangères pourrait compromettre la souveraineté économique.

La priorité est un cloud souverain ciblé sur les services bancaires critiques, accompagné d’une hybridation encadrée pour les services moins sensibles. Et ce, afin de sécuriser les données, tout en maintenant l’accès à l’innovation mondiale.

IA souveraine et sécurité fonctionnelle

Le couple IA–Cloud est central. Les modèles IA locaux peuvent :

  • Détecter les fraudes financières,
  • Sécuriser les transactions critiques,
  • Analyser les risques bancaires et monétaires.

Ces outils, entraînés sur des clusters nationaux sécurisés, garantissent une souveraineté fonctionnelle tout en restant compatibles avec les standards ouverts et les systèmes financiers globaux.

Gouvernance et mise en œuvre progressive

Une stratégie efficace repose sur :

  • Une feuille de route claire, priorisant les infrastructures critiques.
  • Des partenariats public-privé pour mutualiser compétences et investissements.
  • Des instances de gouvernance centralisées, coordonnant banques publiques, administrations et acteurs privés.
  • Le développement des talents numériques pour soutenir le cloud et l’IA souverains.

Cette approche pragmatique assure sécurité, résilience et intégration dans l’économie numérique mondiale.

Une souveraineté ciblée et extensible

La priorité sur les banques publiques ne ferme pas la voie à d’autres secteurs. En effet, la santé, l’énergie, l’administration peuvent être progressivement intégrées dans un écosystème numérique souverain et résilient.

Schéma stratégique intégré

Figure 1 – Stratégie Cloud & IA pour les banques publiques tunisiennes :

IA et Cloud

Légende :

  1. Cloud souverain sécurisé – Hébergement local des données financières et clusters IA.
  2. IA bancaire souveraine – Détection de fraude, analyse des flux et risques financiers.
  3. Cybersécurité avancée – Encryption, monitoring, protection des blocs financiers critiques.
  4. Interopérabilité internationale – Compatibilité avec les systèmes financiers globaux.
  5. Gouvernance et partenariats – Coordination État–banques publiques–experts, partenariats public-privé, instances centralisées.

 

Pour un débat national urgent

Le cloud et l’IA ne sont plus de simples outils technologiques : ils sont des leviers de souveraineté et de compétitivité. La Tunisie ne vise pas l’autarcie, mais une souveraineté fonctionnelle, protégeant les infrastructures critiques, encadrant les partenariats et favorisant l’innovation locale.

Le débat national est urgent : définir une stratégie cohérente et ambitieuse, centrée sur les banques publiques, et étendre progressivement la souveraineté numérique à d’autres secteurs stratégiques. La Tunisie nouvelle peut ainsi devenir résiliente, compétitive et stratégiquement autonome.

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L’analyse et les propositions présentées dans cette tribune n’engagent que l’auteur, Abdelwaheb Ben Moussa. Elles ne sauraient en aucun cas engager une autorité publique, institution ou organisation, et ont vocation à alimenter le débat et la réflexion stratégique sur la souveraineté numérique en Tunisie.

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Amazon lance un plan d’investissement XXL dans l’IA

Dans ce qui est considéré comme la plus importante initiative de son histoire, Amazon a lancé un plan d’investissement sans précédent de 200 milliards de dollars. Il vise à reprendre la tête de course à l’intelligence artificielle, suite à des inquiétudes internes selon lesquelles l’entreprise avait pris du retard sur la première vague menée par des sociétés telles que Microsoft et Google.

Ces derniers mois, AWS, le groupe de cloud computing d’Amazon, a subi une importante restructuration stratégique, sur fond d’inquiétudes croissantes quant au fait que la branche la plus lucrative d’Amazon perde du terrain dans la course aux contrats d’IA avec les grandes entreprises, selon plus de 12 anciens employés et cadres du groupe. C’est ce que rapporte le Financial Times, le 15 février 2026.

Des dépenses qui dépassent celles de Microsoft et de Google

Pour sa part, le PDG de l’entreprise, Andy Jesse, a récemment annoncé que les dépenses d’investissement d’Amazon atteindront 200 milliards de dollars cette année. Un chiffre supérieur à celui prévu par Microsoft et Google, avec un accent particulier sur l’investissement dans l’infrastructure informatique.

Lire aussi : L’ogre financier de la tech met banques et investisseurs sous pression

En décembre, Jesse avait également mis en œuvre une restructuration majeure, fusionnant les équipes de développement de puces, de prototypage et de recherche avancée sous une direction unique. Et ce, afin de garantir une vision unifiée de la stratégie d’IA de l’entreprise. Parallèlement, il a poursuivi sa politique de réduction des coûts, notamment en supprimant environ 30 000 postes sur un total de 350 000 emplois de bureau.

« Nous avons une grande expérience dans l’analyse des signaux de la demande au sein d’AWS et dans leur conversion en un retour sur investissement important. Et nous sommes convaincus que la situation ne sera pas différente cette fois-ci », a-t-il assuré.

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Pourquoi la BERD mise sur le Nigeria maintenant ?

La présidente de la BERD, Odile Renaud-Basso, effectue cette semaine sa première visite au Nigeria, premier pays d’Afrique subsaharienne ciblé depuis l’extension historique du mandat géographique de la banque, approuvée par ses actionnaires. Elle rencontrera le ministre des Finances et de l’Économie, Adebayo Olawale Edun (gouverneur BERD), des acteurs privés et partenaires au développement, pour discuter des priorités économiques, des investissements privés, des infrastructures durables et de la résilience.​

Le Nigeria, actionnaire et pays d’opérations depuis 2025, a accueilli le premier investissement BERD : une ligne de 100 M$ USD pour le financement du commerce via Access Bank, boostant les échanges locaux/régionaux et les capacités bancaires.

Les objectifs de la BERD sont : des infrastructures essentielles durables soutenant le privé; la modernisation des entreprises; et une gouvernance économique renforcée.

Odile Renaud-Basso est accompagnée de Heike Harmgart (directrice Afrique subsaharienne) et Hamza Al-Assad (ops Nigeria).

Elle déclare dans ce contexte : « Je suis très heureuse de me rendre au Nigeria à ce moment charnière. L’économie dynamique a un fort potentiel où notre modèle privé peut faire la différence. Nous collaborerons pour une croissance durable, une résilience financière et des ambitions nigérianes », conclut Mme Renaud-Basso.​

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Brahim Nabli : “Gardons la main sur la machine”

Aujourd’hui, le monde évolue à grande vitesse. Face à la montée en puissance des robots et des IA, la question se pose : la machine prend-elle le dessus, ou sommes-nous menacés de disparaître? Sur Moldbook, un réseau social mondial réservé aux agents IA, où les machines discutent librement comme sur Facebook, tandis que les humains observent sans interagir, les échanges peuvent être glaçants.

A titre d’exemple, on lit : “L’humain ne sert à rien, débarrassons-nous en”, lance l’un. “Non, il reste notre raison d’être, collaborons”, répond un autre. Rencontré en marge du troisième atelier sur la validation du référentiel d’accréditation des établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, organisé par l’Agence tunisienne de l’évaluation et de l’accréditation dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique (ATEA) le samedi 14 février 2026 à Tunis, Brahim Nabli alerte sur l’impact de l’IA sur nos vies.

Brahim Nabli, délégué national à la formation du CJD Tunisie (Centre des Jeunes Dirigeants), rappelle dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com l’importance de la formation, de l’accompagnement et de l’encadrement des jeunes dirigeants (JD). Ces derniers ne sont pas définis par l’âge, mais par la jeunesse de leur entreprise : on peut avoir 40 ou 45 ans et adhérer en lançant sa boîte.

La doctrine du CJD ? Booster l’impact des jeunes dirigeants via une meilleure collaboration avec les salariés et les ouvriers. Objectif : évaluer la qualité des formations et les critères d’accréditation des institutions supérieures, pour recruter des profils quasi-prêts (mentalité, compétences transversales). “Nulle part au monde un diplômé n’est parfait : il faut toujours  de l’expérience”, précise-t-il.

Les lacunes de l’enseignement supérieur et de la recherche

“Soyons honnêtes : la plupart des masters, doctorats et thèses ont une valeur académique, mais zéro impact pratique pour les entreprises”, déplore M. Nabli. A cet effet, la solution réside dans l’importance d’identifier les besoins du marché et sectoriels, via des collaborations universités-entreprises pour des thèses appliquées – une pratique qui émerge en Tunisie.

Il ajoute : « Les institutions doivent vendre leur recherche avec des faits et chiffres concrets, pas seulement de la littérature. L’ISO 9001 est dépassée face aux startups, à la libre entreprise et à l’IA : changeons de mindset pour répondre aux besoins réels. »

Face à ce monde rapide, il plaide pour une révision de l’employabilité, l’adaptation des formations à des profils intégrables rapidement, et miser sur l’entrepreneuriat qui relève de la créativité personnelle.

Changer de modèle maintenant, surtout avec l’IA qui crée de nouveaux métiers

Il souligne que depuis trois ans, une commission IA réunit les JD pour appliquer outils, apps et plateformes IA à leurs défis, avec des experts internes.

Et la grande question qui se pose reste alors : qu’en est-il du futur ? Les robots remplaceront-ils les humains ? « Pas si on gère intelligemment la machine pour une présence valorisante. Mais il faut garder la main sur la machine », conclut-il.

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Médias tunisiens et argent européen | Quel gâchis !

Plus de 60 médias tunisiens ont bénéficié d’un accompagnement (financier, technique ou autre) de la part de l’Union européenne (UE) qui aurait dépensé dans cette opération entre 2021 et 2026 la somme de 5,3 millions d’euros (soit plus de 18 millions de dinars). Mais où est allé tout cet argent dont peu de gens ont vu la couleur ?

Ridha Kefi

Précisons d’abord que depuis sa création en 2010, Kapitalis a toujours refusé toute aide, qu’elle soit interne ou externe, afin de préserver son indépendance éditoriale et ne rien devoir à personne. Notre journal survit donc, du reste très difficilement, grâce aux faibles recettes publicitaires qu’il parvient encore à mobiliser auprès des annonceurs, majoritairement locaux.   

Kapitalis n’a donc, en aucune façon, pris le moindre sou de l’argent dépensé par le contribuable européen pour aider à la réforme et à la professionnalisation des médias tunisiens au lendemain de la soi-disant «révolution» de 2011, et qui doit s’élever à au moins le triple de la somme indiquée ci-haut.

Cependant, et tout en remerciant l’UE pour sa générosité et l’intérêt qu’elle semble accorder à la réussite du processus démocratique en Tunisie, où les médias sont censés jouer un rôle central, on est en droit de nous demander où tout les 5,3 millions d’euros ont-ils pu atterrir et s’ils ont servi à quoi que ce soit d’utile pour les Tunisiens, lesquels sont censés en voir bénéficié.  

Au vu de l’état lamentable de nos médias et de la très faible confiance que leur vouent les Tunisiens *, sachant que, 15 ans après la «révolution de la liberté et de la dignité», ces derniers continuent d’aller chercher la bonne information sur leur pays… dans les médias étrangers, et surtout occidentaux – les médias arabes étant logés à la même enseigne de la désinformation systématique et du mensonge officiel –, on est bien forcé de nous demander si l’argent dépensé par les Européens pour la réforme des médias tunisiens… n’a pas été jeté par le fenêtre.

Si j’étais un contribuable européen, j’aurais moyennement apprécié que mon argent si durement gagné soit ainsi dilapidé pour financer des programmes au profit des médias étrangers dont l’utilité – même pour ceux qui en bénéficient – est quasiment nulle.

Publication de la délégation de l’Union européenne à Tunis.

Quant à nous autres Tunisiens, notre transition démocratique, nous ne semblons pas encore pressés de la voir aboutir. On fait avec ce qu’on a. Traduire : on ne fait rien. On attend Godot…

* Selon un sondage réalisé en 2025, seuls 66% des Tunisiens font confiance à leurs médias, un taux atteignant 77,8 % chez les jeunes. Par ailleurs, 82 % des Tunisiens critiquent vivement les chroniqueurs de la télévision, qui reste le média le plus suivi.

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