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La diplomatie tunisienne entre pragmatisme et rupturisme

Alors que la Tunisie traverse une crise économique profonde et se trouve confrontée à l’urgence de la reconfiguration de sa coopération internationale pour répondre aux nouvelles exigences intérieures et aux dynamiques extérieures, une partie de l’opinion et de la classe politique semble succomber à une nouvelle tentation : celle d’un basculement vers les Brics (Russie, Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud…) et d’un alignement sur le «Grand Sud».

Elyes Kasri *

Ce discours relève d’une dangereuse «illusion» qui élude les vraies questions de gouvernance. Dans un monde en mutation et en plein devenir vers un nouvel ordre mondial aux contours et articulations qui restent à définir par le cours encore incertain des événements plutôt que par les desiderata des idéologues et romantiques du multilatéralisme et toute sorte de panismes, la diplomatie tunisienne traverse une phase de remise en question où deux visions s’affrontent.

Opportunisme idéologique et intérêt stratégique

L’attraction pour le «Grand Sud» est présentée comme l’alternative salvatrice aux pressions occidentales. Cependant, substituer une posture idéologique à une stratégie de marché risque d’aggraver l’isolement du pays car il s’agit de distinguer l’opportunisme de tribune de l’intérêt national stratégique.

Face aux appels croissants à un basculement radical vers les Brics et le «Sud Global», présentés comme une alternative salvatrice aux pressions occidentales, une analyse réaliste s’impose. Il s’agit de distinguer l’opportunisme idéologique de l’intérêt national stratégique.

La géographie ne se décrète pas  

Si un pays comme l’Algérie constitue l’anti-modèle de toutes les aspirations tunisiennes, politiques, sécuritaires, sociales, économiques et diplomatiques, l’idée d’un pivot vers l’Est repose sur l’hypothèse qu’un changement d’alliance pourrait compenser un éloignement des partenaires européens.

Or, les chiffres démentent cette possibilité à court et moyen terme :

– la dépendance structurelle : l’Union européenne absorbe plus de 70 % des exportations tunisiennes. Un basculement ne serait pas une transition, mais une rupture sismique pour le tissu industriel national ;

– le coût de la distance : contrairement aux partenaires de proximité, les Brics imposent des coûts logistiques et des barrières normatives qui rendraient les produits tunisiens moins compétitifs. Même l’annonce chinoise d’un démantèlement tarifaire en faveur des pays africains dont la Tunisie ne peut avoir que des effets marginaux du fait des coûts de transport et du désavantage compétitif des produits tunisiens en Chine ;

– les réalités géostratégiques : étant un pays partenaire de l’UE et un allié majeur des Etats-Unis d’Amérique non membre de l’Otan, goulot de la Méditerranée centrale sur le Détroit de Sicile et verrou stratégique du flanc sud de l’Otan, la Tunisie serait bien avisée de considérer le statut qui lui a valu des avantages qu’elle devrait fructifier davantage grâce à une vision d’avenir et une diplomatie sagace plutôt que de les refouler ou occulter ;

– le risque d’isolement : s’aliéner des partenaires historiques pour des raisons purement idéologiques et économiquement incertaines risque de transformer la Tunisie en un « sujet de préoccupation » international plutôt qu’en un partenaire de confiance.

Le mythe des Brics comme «Banque de secours»

Le discours pro-Brics que certains confondent au dicton populaire tunisien «un paradis avec des briks» suggère souvent que ce bloc offrirait des financements sans conditions, contrairement au FMI.

C’est une lecture erronée de la géopolitique actuelle :

Pragmatisme, pas philanthropie : les puissances des Brics ne sont pas des institutions de développement caritatives. Elles investissent là où la gouvernance est stable et le retour sur investissement est garanti. La Chine, première puissance économique du Brics, est gérée par un pouvoir rationnel qui s’est départi depuis longtemps des élans de la révolution maoïste au grand dam des réminiscences romantiques de certains idéologues de pays en développement mentalement figés dans une époque révolue ;

– l’exigence de solvabilité : sans réformes structurelles internes, la Tunisie restera un investissement à risque pour Pékin, New Delhi ou Moscou. Changer de créancier ne règle pas le problème de la dette, cela ne fait que déplacer la dépendance ;

– la souveraineté ne s’achète pas, elle se construit : si un bilan serein s’impose de la coopération avec l’Europe, les Etats-Unis d’Amérique et les pays occidentaux, en déterminant les responsabilités et insuffisances respectives dans une perspective constructive, vouloir intégrer un bloc pour «punir» un autre est une réaction émotionnelle qui affaiblit la souveraineté et la crédibilité nationales au lieu de les renforcer ;

– le risque de satellisation : en s’isolant de ses partenaires historiques sans avoir une assise économique solide, la Tunisie risque de passer d’un statut de partenaire privilégié de l’Europe et d’allié majeur des Etats-Unis d’Amérique à celui de «client secondaire» d’une puissance lointaine aux intérêts géostratégiques situés ailleurs ;

– la primauté de l’interne : la véritable souveraineté réside dans la capacité à réformer l’administration, à libérer l’investissement et à assurer une justice et une prévisibilité fiscales. Aucune alliance, qu’elle soit atlantiste ou eurasiatique, ne peut se substituer aux insuffisances des politiques publiques nationales ;

Une diplomatie multi-vectorielle et non d’exclusion

Plutôt qu’un basculement exclusif, la Tunisie doit adopter une approche multi-vectorielle :

– maintenir et moderniser l’ancrage euro-méditerranéen (source de technologie et de marché) ;

– explorer les opportunités de niche avec les Brics sans en faire une religion politique. A cet effet les mécanismes bilatéraux de coopération et de transfert de savoir-faire et de technologie avec des pays comme la Chine et l’Inde mériteraient une attention particulière et soutenue dépassant les slogans politiques ou l’attentisme d’un quelconque don. Avec l’Inde notamment, l’activation des groupes de travail conjoints et autres mécanismes bilatéraux de même que le projet de jumelage entre le gouvernorat de l’Ariana et l’état du Karnataka, berceau des technologies de pointe et de la Silicon Valley indienne, offriraient des perspectives tangibles de coopération mutuellement bénéfique loin de de toute tentation incantatoire et de charité internationale ;

conditionner toute alliance à un gain de compétitivité réel et non à une posture de contestation internationale.

Sortir de l’illusion et de l’incantation

Dans la situation de fluidité et d’incertitude que connaissent la Tunisie et le reste du monde, l’appel au «Grand Sud» ne doit pas être un paravent pour masquer l’incapacité à mener des réformes domestiques.

La Tunisie n’a pas besoin de choisir un camp, elle a plutôt besoin de redevenir un partenaire crédible tout en diversifiant sa coopération selon une vision pragmatique et stratégique des objectifs et des moyens à mobiliser.

Il est grand temps de se rendre a l’évidence que le salut ne viendra pas d’un changement de point cardinal ni d’aucun sauveur extérieur, mais d’une quête de l’excellence dans la gouvernance nationale en cessant de prendre les rêves de certains nostalgiques et exaltés pour des réalités et en engageant sans tergiversation les réformes structurelles nécessaires pour la restauration de l’attractivité du pays auprès des investisseurs, qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest.

* Ancien ambassadeur.

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Tunisie : Vers une diplomatie de l’huile d’olive ?

Pour la première fois, la Tunisie consacre une journée entière à la diplomatie de l’huile d’olive. À travers cet événement inédit, les autorités affichent une ambition claire : transformer ce produit phare en outil stratégique de rayonnement économique, culturel et diplomatique.

La Tunisie semble vouloir franchir un nouveau cap dans la valorisation de son produit agricole emblématique. Lundi 22 décembre 2025, l’Académie diplomatique internationale de Tunis a accueilli le tout premier « Jour de la diplomatie pour l’huile d’olive tunisienne », organisé conjointement par les ministères de l’Agriculture, des Affaires étrangères et du Commerce. Une initiative révélatrice d’une orientation assumée vers une diplomatie économique structurée autour de l’huile d’olive.

La forte mobilisation diplomatique, marquée par la présence de nombreux ambassadeurs, représentants d’organisations internationales et chefs de missions tunisiennes à l’étranger, traduit la volonté de faire de l’huile d’olive un vecteur d’influence et de positionnement international.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a souligné que l’huile d’olive tunisienne constitue un symbole profondément ancré dans l’identité nationale et la civilisation méditerranéenne. Il a mis en avant le rôle central des représentations diplomatiques et consulaires dans la promotion de ce produit à l’étranger, non seulement comme marchandise, mais aussi comme marqueur de qualité, de durabilité et de savoir-faire tunisien. Le ministre a également insisté sur l’apport déterminant des femmes rurales dans la préservation de la qualité de l’huile, ainsi que sur le rôle de la diaspora tunisienne comme relais naturel de promotion sur les marchés étrangers.

L’huile d’olive comme un pilier de l’économie nationale

De son côté, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, a présenté l’huile d’olive comme un pilier de l’économie nationale et un instrument à part entière de la diplomatie économique. Il a exposé la nouvelle vision tunisienne fondée sur la qualité mondiale, l’augmentation de la valeur ajoutée à travers l’exportation d’huile conditionnée et la conclusion de partenariats internationaux. Le ministre a également mis en avant la capacité du secteur oléicole à résister aux changements climatiques, tout en rappelant la position de leader de la Tunisie dans la production d’huile d’olive biologique et les nombreuses distinctions internationales obtenues.

Cette orientation est confortée par les données avancées par le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid. La Tunisie figure parmi les principaux acteurs mondiaux du secteur, occupant le quatrième rang mondial en 2024 avec plus de 10 % de parts de marché. Les exportations tunisiennes d’huile d’olive atteignent aujourd’hui plus de 60 marchés internationaux, avec une progression avoisinant 16 % sur les cinq dernières années. Autant d’indicateurs qui renforcent l’idée d’une diplomatie économique et alimentaire assumée, ciblant notamment les marchés asiatiques, sud-américains et africains.

Au-delà des discours, le programme de cette journée a misé sur une approche concrète, mêlant interventions scientifiques, expositions culturelles, valorisation des produits des femmes rurales, présentation des entreprises exportatrices primées et séances de dégustation. Une manière de conjuguer savoir, image et expérience sensorielle pour renforcer l’attractivité du produit tunisien.

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Tunisie : la “Journée de la diplomatie pour l’huile d’olive” pour booster les exportations et les labels nationaux

Le ministre des Affaires étrangères Mohamed Ali Nafti, a appelé, lundi, au siège de l’Académie diplomatique internationale à Tunis, les ambassadeurs ainsi que les représentants des missions diplomatiques et des organisations régionales et internationales accrédités en Tunisie, à soutenir les efforts nationaux visant à promouvoir l‘huile d’olive tunisienne, dans le cadre d’un partenariat fructueux.

Dans un mot prononcé à l’occasion de la Journée de la diplomatie pour l’huile d’olive tunisienne, le ministre a souligné que les représentations diplomatiques de la Tunisie à l’étranger sont mobilisées dans le but de mieux faire connaître l’huile d’olive tunisienne, de consolider sa présence sur les marchés traditionnels et de faciliter son accès à de nouveaux marchés.

Dans ce contexte, Nafti a mis en avant le rôle de la communauté tunisienne à l’étranger, considérée comme un véritable vecteur de soutien et de promotion des labels tunisiens de l’huile d’olive, hors des frontières.

Le ministre a dit espérer que la “Journée de la diplomatie pour l’huile d’olive”, organisée pour la première fois cette année au sein de l’Académie, devienne un rendez-vous annuel célébrant ce produit dans toutes ses dimensions, en tant que pilier de l’identité tunisienne et symbole de la conjugaison des efforts nationaux.

Exportée vers plus de 60 pays, l’huile d’olive tunisienne continue de rafler les médailles d’or dans les prestigieuses compétitions internationales, s’est-il félicité.

Mohamed Ali Nafti a indiqué que la Tunisie occupe aujourd’hui les premières places mondiales en nombre d’oliviers, avec plus de 100 millions d’arbres répartis sur près de deux millions d’hectares. Elle figure également parmi les premiers producteurs mondiaux en termes de volumes et de qualité.

Il a ajouté que la Tunisie, qui a offert à l’humanité la première encyclopédie agricole rédigée par Magon le Carthaginois, preuve de l’excellence des Tunisiens depuis l’Antiquité dans l’agriculture et ses sciences, a également donné le nom de « Zitouna » à sa grande mosquée, à son minaret scientifique et culturel, symbole de modération.

La Journée de la diplomatie pour l’huile d’olive tunisienne, a comporté des interventions de chercheurs et d’universitaires spécialisés dans les domaines agricole et culturel, notamment autour de l’olivier. La manifestation a également été marquée par une exposition de peintures en lien avec l’olivier.

La manifestation a par ailleurs inclus des expositions miniatures dans la cour de l’Académie, consacrées à l’artisanat lié à l’olivier et à ses dérivés, ainsi qu’une exposition d’entreprises tunisiennes exportatrices d’huile d’olive, primées au niveau national et international.

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Soupçons de fraude au sein de l’UE : l’ex-cheffe de la diplomatie Federica Mogherini en garde à vue

L’ancienne cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a été interpellée en Belgique dans une enquête retentissante sur des soupçons de fraude, de corruption et de manipulation de marchés publics au sein des institutions européennes.

Deux hauts responsables européens sont également concernés, tandis que l’affaire ébranle le Service européen pour l’action extérieure et le Collège d’Europe.

Un trio de haut niveau dans le viseur du Parquet européen

Federica Mogherini, ancienne haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, a été interpellée aux côtés de Stefano Sannino – ex-secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et actuel directeur général de la DG MENA – ainsi qu’un haut responsable administratif du Collège d’Europe.

Selon plusieurs médias belges, leur garde à vue intervient dans le cadre d’une enquête du Parquet européen portant sur des soupçons de fraude dans les marchés publics, corruption, violation du secret professionnel et conflit d’intérêts.

Les investigateurs ont effectué des perquisitions à Bruxelles, au siège du SEAE, au Collège d’Europe à Bruges, ainsi que dans plusieurs domiciles privés. Les enquêteurs cherchent à établir l’existence de partages d’informations confidentielles durant une procédure d’appel d’offres sensible.

Le programme de formation en diplomatie européenne au cœur des soupçons

L’enquête concerne un projet financé par l’Union européenne : la European Union Diplomatic Academy, un programme d’une durée de neuf mois destiné à former de jeunes diplomates.

Attribué au Collège d’Europe après un appel d’offres mené entre 2021 et 2022, ce marché aurait été entaché d’irrégularités, selon les fortes suspicions évoquées par l’EPPO.

Les procureurs examinent notamment si des données internes ont été transmises au Collège d’Europe avant la sélection finale. L’enjeu est majeur : prouver ou non que des responsables européens ont violé les règles de concurrence au profit d’une institution financée massivement par l’UE elle-même.

Depuis 2020, Federica Mogherini dirige le Collège d’Europe, prestigieuse institution académique dont le rôle central dans la formation diplomatique européenne en fait un acteur stratégique des relations extérieures de l’Union.

Une affaire qui secoue l’appareil diplomatique européen

L’ampleur de l’affaire et le rang des personnalités interpellées créent un choc au sein des institutions européennes. Le Parquet européen insiste sur la gravité potentielle des faits, rappelant que toute entorse aux règles de concurrence fragilise la crédibilité de l’UE et la transparence de ses marchés publics.

La suite de l’enquête devra déterminer si les responsables incriminés ont favorisé une institution en échange d’avantages ou exercé une influence indue sur la procédure d’attribution du programme diplomatique.

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Tunisie : Les ambassadeurs étrangers de nouveau au cœur de la tourmente

La diplomatie tunisienne est de nouveau sous tension. Les relations avec certains ambassadeurs étrangers, en particulier européens, révèlent des frictions qui dépassent le cadre protocolaire et touchent au cœur de la politique extérieure du pays.

Récemment, le président Kais Saïed a exprimé son mécontentement face à certaines positions de l’Union européenne, marquant une nouvelle étape dans des rapports déjà délicats. Le ton des échanges a culminé avec la convocation de l’ambassadrice des Pays-Bas à Tunis, illustrant la manière dont les désaccords politiques peuvent rapidement se traduire par des gestes diplomatiques forts. Ces incidents rappellent que les ambassadeurs ne sont pas seulement des représentants de leurs pays, mais aussi des interlocuteurs stratégiques dans un contexte de dialogue complexe et parfois conflictuel.

Il est toutefois essentiel que les comportements et activités des ambassadeurs soient strictement cadrés, conformément aux usages et coutumes diplomatiques. Toute action dépassant ce cadre, pouvant être perçue comme une ingérence dans les affaires internes, fragilise non seulement la souveraineté nationale, mais compromet aussi la confiance mutuelle nécessaire à une coopération constructive.

Si ces tensions sont perçues par certains comme l’expression d’une souveraineté affirmée, elles risquent également d’affaiblir la coopération essentielle avec des partenaires économiques et politiques clés. Les ambassadeurs jouent un rôle central dans le développement du pays, la facilitation de l’aide internationale et la promotion de la stabilité. Les placer au centre de polémiques récurrentes pourrait nuire à la réputation diplomatique de la Tunisie et limiter ses marges de manœuvre sur la scène internationale.

La Tunisie se trouve à un carrefour stratégique : il est crucial de gérer ces tensions avec discernement, en privilégiant le dialogue et la coopération plutôt que les confrontations, tout en veillant à ce que le cadre diplomatique soit respecté et que l’ingérence dans les affaires internes reste exclue.

Lire aussi : Affaire Sonia Dahmani : Saïed fustige ouvertement les Européens (Vidéo)

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Tunisie–UE : Bruxelles rappelle les règles diplomatiques après la mise au point de Carthage

La Commission européenne a réagi à la convocation de l’ambassadeur de l’UE en Tunisie par le président Kaïs Saïed, suite à sa rencontre avec le secrétaire général de l’UGTT.

Bruxelles insiste sur les usages diplomatiques et rappelle que le dialogue avec des acteurs de la société civile ou du monde syndical fait partie intégrante du rôle des diplomates.

Une convocation au palais de Carthage qui fait réagir Bruxelles

Le 25 novembre 2025, le président Kaïs Saïed a convoqué Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, pour lui signifier une protestation officielle. La présidence a estimé que la rencontre entre le diplomate et Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’UGTT, constituait une violation des usages diplomatiques, menée en dehors des canaux officiels de l’État tunisien.

Selon le communiqué de Carthage, l’ambassadeur est tenu, en tant que représentant plénipotentiaire, de respecter strictement les normes encadrant ses relations avec les institutions tunisiennes.

Cette mise au point survient après plusieurs rencontres de Giuseppe Perrone avec des acteurs sociaux et économiques, dont Samir Majoul, président de l’Utica, visant à renforcer le dialogue entre la société civile et l’Union européenne.

La réponse de Bruxelles : le rôle naturel des diplomates

Mercredi 26 novembre 2025, lors du point de presse quotidien, le porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, a souligné que les diplomates dialoguent naturellement avec un large éventail d’interlocuteurs, y compris les syndicats et les organisations de la société civile, qui contribuent au renforcement de la coopération bilatérale.

Il a rappelé le rôle historique de l’UGTT, membre du Quartet du dialogue national honoré par le prix Nobel de la paix 2015, pour sa contribution à l’instauration de la démocratie en Tunisie. Pour Bruxelles, ces contacts font partie intégrante de la mission diplomatique, même s’ils ne remplacent pas les canaux officiels.

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Diplomatie tunisienne : Révision de l’accord avec l’UE et rapatriement des migrants

  • Tunis renforce sa diplomatie économique et humanitaire dans un contexte régional tendu

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a présenté mardi devant les commissions parlementaires réunies du Parlement et du Conseil national des régions et des districts les grandes lignes du budget 2026 de son département. Il a détaillé une série d’initiatives touchant à la diplomatie économique, à la coopération migratoire et à la sécurité régionale.

La Tunisie œuvre à réviser son accord avec l’UE

Mohamed Ali Nafti a insisté sur la nécessité pour la Tunisie de consolider sa présence sur les marchés internationaux et de diversifier ses partenariats.

Outre la relance des échanges au sein du COMESA, le ministre a mis en avant les efforts visant à renforcer les liens avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis, tout en soulignant le rôle central du partenaire européen, principal acteur du commerce tunisien.

Il a annoncé que la Tunisie travaille actuellement à la révision de son accord avec l’Union européenne, en coordination avec plusieurs ministères, afin d’en actualiser les termes et de mieux refléter la réalité économique nationale.

« La Tunisie doit être présente économiquement dans tout l’espace européen », a-t-il affirmé, appelant à un partenariat rénové fondé sur l’équité et le respect mutuel.

Migration : 10.000 retours volontaires encadrés

Sur le plan migratoire, Nafti a indiqué que son ministère a permis le retour de 10.000 migrants en situation irrégulière dans leurs pays d’origine, dans le cadre d’un programme de retour volontaire mené avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Il a précisé que ces opérations se sont déroulées « dans le respect de la dignité humaine », rappelant que la plupart des concernés sont des victimes de réseaux de traite.

Le ministre a souligné la compréhension et la coopération des pays africains partenaires, tout en assurant que la Tunisie n’a pas vocation à devenir une zone de transit.

Parallèlement, il a annoncé la généralisation prochaine du service de délivrance à distance des passeports et la réorganisation du réseau consulaire pour mieux répondre aux besoins des communautés tunisiennes à l’étranger.

Dialogue régional autour de la Libye

Enfin, Nafti a révélé que la Tunisie a repris le dialogue tripartite avec l’Algérie et l’Égypte, sous l’égide des Nations unies, sur la situation en Libye.

Ce processus, selon lui, ne vise pas à interférer dans les affaires libyennes, mais à favoriser la concertation et la stabilité dans ce pays voisin dont la sécurité demeure essentielle pour toute la région.

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Dattes tunisiennes : Sans le nommer, Kaïs Saïed fustige l’exclusion du Maroc

Lors d’une rencontre tenue mardi au palais de Carthage avec le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Kaïs Saïed a profité de l’occasion pour commenter, sans le citer explicitement, le récent communiqué du Groupement interprofessionnel des dattes (GID) excluant le Maroc de la liste des marchés concernés par le lancement de la campagne d’exportation 2025-2026.

Le chef de l’État a vivement critiqué ce qu’il a qualifié de « communiqué irresponsable », évoquant un acte qui « exige de son auteur des explications » et dénonçant « l’exclusion d’un pays frère ».

« Nos frères restent nos frères, comment un frère pourrait-il en exclure un autre, même en cas de divergence dans les approches ou les positions ? Nos choix nous appartiennent, nul n’a à s’y immiscer, mais les liens de fraternité sont notre histoire, voire notre destin », a déclaré Saïed, dans une allusion à peine voilée à la polémique qui a opposé la Tunisie au Maroc.

Cette sortie intervient après une décision controversée du GID datée du 10 octobre 2025, annonçant le démarrage de la saison d’exportation des dattes à partir du 13 octobre vers tous les marchés sauf le marché marocain, sans préciser les raisons de cette exclusion. Une précision ultérieure du même organisme a toutefois affirmé que les exportations vers le Maroc débuteront à la fin du mois d’octobre, le temps que les variétés tardives — notamment celles issues de la région de Kébili — atteignent leur maturité.

Une saison prometteuse, mais sous tension diplomatique implicite

Le président de la République a également mis en avant la récolte record attendue cette année, non seulement pour les dattes, mais aussi pour le blé, l’huile d’olive et d’autres cultures stratégiques. Il a remercié « la pluie bienfaitrice après des années de sécheresse qui ont pesé lourdement sur la sécurité alimentaire nationale ».

Concernant l’huile d’olive, Kaïs Saïed a ordonné au gouvernement de soutenir davantage les petits agriculteurs, notamment en facilitant l’accès aux crédits et en améliorant les capacités de stockage. Il a aussi appelé à une stratégie d’exportation diversifiée :

« Il faut conquérir de nouveaux marchés, en Amérique latine comme en Asie, et encourager le conditionnement en Tunisie pour que nos produits portent fièrement le drapeau national. »

Lire aussi : Maroc : La jeunesse en colère, trois morts et plus de 350 blessés

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