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La retenue du dragon

Les tensions sino-taïwanaises relèvent-elles d’une stratégie de pression graduelle visant à obtenir une victoire politique sans guerre ouverte, plutôt que d’un prélude inévitable à l’invasion ?

Face à cette interrogation cruciale, il convient d’analyser les logiques possibles de cette posture de retenue chinoise, qui intrique les observateurs et le grand public.

 

La dimension stratégique : la « victoire sans combat »

La pensée stratégique chinoise est souvent reliée à l’Art de la guerre de Sun Tzu, qui valorise la supériorité stratégique obtenue sans affrontement direct.

Dans cette lecture, la pression militaire (exercices autour de l’île, démonstrations navales, cyberstratégie) pourrait relever d’une stratégie de dissuasion psychologique dont l’objectif serait d’user politiquement Taïwan, d’influencer son électorat et d’envoyer un message géopolitique aux États-Unis où une invasion serait coûteuse, risquée et contraire à une approche privilégiant le long terme.

Cette vision est cohérente avec la doctrine dite de la « zone grise » : pression constante sans franchir le seuil de guerre ouverte.

 

La dissuasion américaine : un coût stratégique prohibitif

La présence militaire américaine en Asie-Pacifique, notamment via ses alliances régionales (Japon, Corée du Sud, Philippines) élève considérablement le coût d’une invasion. En effet, une opération amphibie contre Taïwan serait militairement complexe, économiquement dévastatrice, susceptible de provoquer des sanctions massives…

 

L’interdépendance économique sino-taïwanaise

La Chine continentale reste le premier partenaire commercial de Taïwan où les chaînes de valeur sont profondément intégrées. Sans le moindre doute, un conflit détruirait les flux commerciaux bilatéraux, les investissements croisés, et une part significative des exportations technologiques asiatiques.

 

Les semi-conducteurs : un verrou stratégique

Taïwan abrite Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), acteur central de la production mondiale de puces avancées. Même si NVIDIA est une entreprise américaine, ses puces avancées sont majoritairement fabriquées par TSMC.

Pour la Chine, les semi-conducteurs avancés sont essentiels à son développement en IA, et une invasion risquerait de détruire ou bloquer l’accès à ces capacités, provocant une série de sanctions occidentales sévères. Autrement dit : détruire Taïwan, c’est potentiellement se priver d’un maillon clé de la modernisation.

Le détroit de Taïwan : artère du commerce mondial

Le détroit constitue l’un des passages maritimes les plus stratégiques du monde et une guerre dans cette zone perturberait : les flux énergétiques vers le Japon et la Corée du Sud, une partie des chaînes d’approvisionnement mondiales où le commerce chinois lui-même, fortement dépendant des exportations. Dans ce scénario, la Chine, puissance commerciale globale, aurait beaucoup à perdre d’un choc systémique.

 

Les facteurs culturels et philosophiques

Certains analystes mobilisent, le taoïsme, valorisant l’équilibre et l’évitement du conflit direct, la tradition stratégique chinoise du temps long, la notion « d’unification historique » comme processus graduel plutôt que rupture brutale… Pourtant, ces arguments culturels doivent être maniés avec prudence : la géopolitique contemporaine repose d’abord sur des rapports de force.

Autres éléments dissuasifs

Entre autres, risque d’échec militaire (terrain montagneux, défense préparée), effet politique interne imprévisible, possibilité d’isolement international, coût économique massif dans un contexte de ralentissement structurel…

Mais jusqu’à quand le précepte/rituel de Sun Tzu « gagner sans combattre » pourra-t-il résister ?

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Taux directeur et taux des bons du Trésor : quelles interactions ?

Les données fraîchement publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) montrent une légère hausse des taux moyens pondérés des Bons du Trésor non encore échus à la fin de l’année 2025. Cela pourrait paraître surprenant, surtout avec deux baisses successives du Taux directeur intervenues l’année dernière.

Entre décembre 2024 et décembre 2025, le Taux directeur a été réduit de 100 points de base. Sur la même période, le taux moyen pondéré des Bons du Trésor non encore échus, toutes maturités confondues, s’est élevé à 9,123 %, en hausse de 59 points de base sur une année.

 

Les causes de ce découplage

Certes, il y a une première explication évidente, qui est le remboursement des anciennes lignes de BTA, émises quelques années auparavant à des taux faibles par rapport à ceux émis post-2022. Cela fait que l’encours actuel est essentiellement composé de papiers récents à des rendements élevés.

Toutefois, il y a également des facteurs macroéconomiques et de marché qui priment sur le signal de la politique monétaire et qu’il ne faut pas sous-estimer.

Le premier est que le marché de la dette est bien plus influencé par le risque souverain que par le Taux directeur à court terme. Il y a donc une prime qui compense les craintes liées à la soutenabilité de la dette publique, aux besoins de financement du Trésor et à la santé globale des finances publiques, indépendamment de l’orientation de la politique monétaire.

Le second est que, même si la BCT a commencé à baisser ses taux, signe que l’inflation est perçue comme étant sous meilleur contrôle, le niveau général des prix reste élevé. Les investisseurs obligataires, surtout sur les longues maturités, exigent un rendement réel (taux nominal – inflation) suffisamment attractif. Si les anticipations d’inflation future restent ancrées au-dessus de l’objectif de la BCT, les taux nominaux ne peuvent pas baisser significativement.

 

Le second est que, même si la BCT a commencé à baisser ses taux, signe que l’inflation est perçue comme étant sous meilleur contrôle, le niveau général des prix reste élevé.

 

Le troisième est l’effet de lock-in. Les investisseurs institutionnels qui ont acheté des titres à des taux élevés ne sont pas incités à vendre pour en acheter de nouveaux à des taux plus bas. Ils conservent leurs titres en portefeuille. Ce qui réduit l’offre sur le marché secondaire et maintient les rendements à un niveau élevé pour les nouvelles émissions.

Le quatrième est le décalage entre la politique monétaire et les taux longs. Le Taux Directeur influence principalement les taux courts (monétaires). Son impact sur les taux longs (obligataires) est indirect et peut être contrecarré par d’autres forces. On observe d’ailleurs dans les données que le TMP des maturités de moins d’un an a très légèrement baissé en toute fin d’année, suivant de façon très timide la baisse du Taux Directeur de décembre. Et ce, contrairement aux taux des maturités supérieures à cinq ans qui, eux, sont restés stables.

En tout, la dynamique observée en Tunisie n’est pas particulière. La politique monétaire agit sur les taux courts; mais ce sont les anticipations sur la soutenabilité de la dette, l’inflation et la croissance qui déterminent les taux longs. La baisse du Taux Directeur était un signal nécessaire pour soutenir l’économie, mais elle n’a pas suffi à réduire la perception du risque par les investisseurs, qui continuent d’exiger des rendements élevés sur la dette publique tunisienne.

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Trump « étonné, intrigué, frustré » que l’Iran ne capitule pas !

Trump n’en peut plus. Il est étonné, surpris, intrigué, frustré que les dirigeants iraniens, malgré l’incroyable et « belle » armada qui encercle leur pays, et en dépit des menaces de destruction de leur régime, s’entêtent à ne pas se prosterner devant lui en disant : nous capitulons M. le président…

C’est ce que le monde a compris après les étonnantes révélations de l’ami du président américain Trump, Steve Witkoff, sur Fox News dimanche 22 février.

En effet, dans une interview sur la chaîne néoconservatrice américaine, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a déclaré que « le président Trump est intrigué par le fait que l’Iran n’a pas capitulé face aux exigences américaines. Et ce, compte tenu du renforcement militaire américain au Moyen-Orient et des menaces de guerre. Je ne veux pas employer le mot frustré, car le président comprend qu’il dispose de nombreuses alternatives, mais il est intrigué. Il se demande pourquoi ils n’ont pas capitulé. Pourquoi, sous une telle pression, avec la puissance navale que nous déployons là-bas, ne sont-ils pas venus nous dire : “Nous affirmons ne pas vouloir d’arme nucléaire, voici ce que nous sommes prêts à faire” ? Pourtant, il est difficile de les amener à ce point. »

C’est ce qu’a déclaré en substance Steve Witkoff à Lara Trump, belle-fille du président américain et présentatrice à Fox News.

En conclusion de cette étrange intervention télévisée, Witkoff a cru nécessaire de répéter la ridicule rengaine que Netanyahu mâchait et remâchait depuis 1996 : « L’Iran est à une semaine de la production de l’arme nucléaire ! »

En fait, dans ce bras de fer explosif qui l’oppose à l’Iran, Trump n’est pas seulement étonné ou intrigué, mais il a peur aussi. Il est étonné que les Iraniens ne capitulent pas, parce que, dans sa carrière d’entrepreneur-milliardaire, il était habitué à se faire obéir au doigt et à l’œil par ses collaborateurs et les flagorneurs qui lui tournaient autour.

Devenu président, Trump, dans son extrême naïveté et sa profonde ignorance de la chose politique, pensait pouvoir utiliser la grande puissance militaire américaine pour imposer ses conditions aux pays du monde et faire plier ses adversaires à ses ultimatums en les encerclant par sa « belle armada. » D’où son « étonnement, son intrigue et sa frustration » (le trois termes utilisés par Witkoff) de constater que les Iraniens ne sont guère impressionnés par les unités navales surchargés de bombardiers et de missiles qui longent leurs côtes.

Mais ce que Witkoff ne nous dit pas est que Trump est habité aussi par la peur. La peur de déclencher une guerre dont il ne maîtriserait pas le déroulement, ni, encore moins, prévoirait les conséquences. Une guerre qui pourrait s’avérer désastreuse pour son armada, ses bases militaires dans la région et sa présidence. Sans parler de Tel-Aviv et Haifa que les missiles iraniens pourraient transformer en « Gaza bis».

Le président américain, qui a mené sa campagne électorale en s’en prenant à ses prédécesseurs qui ont « engagé l’Amérique dans des guerres sans fin », se trouve dans l’intolérable situation de ne vouloir ni aller en guerre avec l’Iran, ni résister aux puissantes forces de l’ombre qui le poussent à la déclencher.

C’est que Trump n’a pas peur seulement des conséquences politiques de la guerre, mais, selon le journaliste et directeur du site Gray Zone, Max Blumenthal, « il a peur pour sa vie et celle des membres de sa famille, s’il résiste aux exigences d’Israël et de son lobby. »

On ne peut pas ne pas rappeler ici le précédent de John Kennedy, qui continue, plus de six décennies après, de hanter les locataires successifs de la Maison Blanche.

Bien que la version officielle à Washington continue d’être celle du « tueur solitaire », Lee Harvey Oswald, c’est un secret de polichinelle que Kennedy a été assassiné par un complot né de la collusion entre les intérêts d’Israël et ceux du Complexe militaro-industriel américain. Le premier voulait la disparition de Kennedy de la scène parce qu’il s’opposait au programme nucléaire israélien. Le second était terrorisé à l’idée de normalisation des relations avec l’Union soviétique et la perspective de paix mondiale que Kennedy a annoncé dans son discours du 10 juin 1962, six mois avant sa mort…

Se trouvant entre deux feux, peut-être Trump, dans son for intérieur, est-il en train de se mordre les doigts de s’être présenté pour un second mandat et défait sa concurrente…

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Tunisie – L’équilibre fragile d’une accalmie monétaire

L’économie tunisienne avance, en ce mois de février 2026, sur une ligne de crête. À l’international, les marchés demeurent suspendus aux trajectoires divergentes des grandes banques centrales; tandis que les tensions géopolitiques et la volatilité des matières premières continuent de modeler les flux financiers mondiaux. Dans ce contexte incertain, la Tunisie semble bénéficier d’un moment d’accalmie monétaire, mais une accalmie qui exige prudence et lucidité.

Les indicateurs du 20 février 2026 traduisent une phase de normalisation relative, sans pour autant dissiper les fragilités structurelles. La détente des taux, l’amélioration des avoirs en devises et la dynamique des recettes extérieures dessinent un tableau contrasté, où la stabilité retrouvée coexiste avec des défis budgétaires et financiers persistants.

Détente monétaire et ajustement du refinancement

La décision de la Banque centrale de Tunisie de maintenir son taux directeur à 7 %, contre 8 % un an auparavant, marque un tournant significatif. Le taux du marché monétaire s’aligne à 6,99 %, confirmant une transmission fluide de l’orientation monétaire. Cette baisse d’un point en glissement annuel constitue un signal fort : l’institution d’émission estime que les tensions inflationnistes sont désormais mieux contenues.

Le volume global du refinancement recule à 10 450 MDT, contre plus de 12 600 MDT un an plus tôt. Cette contraction traduit une liquidité bancaire moins sous pression et une dépendance réduite au guichet central. Les opérations d’open market diminuent sensiblement; tandis que la facilité permanente de prêt à 24 heures chute fortement par rapport à 2025, signe que les besoins d’urgence des banques se sont atténués.

Toutefois, la progression des transactions interbancaires, notamment à terme, révèle une recomposition du marché monétaire. Les banques semblent retrouver une confiance relative dans leurs échanges bilatéraux, ce qui constitue un indicateur qualitatif encourageant pour la stabilité du système financier.

Trésor public : une respiration précaire

Le solde du compte courant du Trésor se replie à 1 286 MDT, en baisse notable par rapport à la veille et légèrement supérieur à son niveau de l’an dernier. Cette évolution suggère une gestion de trésorerie sous tension, dans un contexte où les besoins budgétaires demeurent élevés.

La structure de l’endettement domestique évolue également. L’encours des bons du Trésor à court terme diminue fortement en glissement annuel; tandis que les Bons du Trésor assimilables progressent nettement. Ce basculement vers des maturités plus longues traduit une stratégie d’allongement de la durée moyenne de la dette, visant à réduire le risque de refinancement immédiat. Cette orientation est cohérente, mais elle accroît mécaniquement la charge d’intérêts future si les conditions de marché se tendent à nouveau.

Devises et dinar : un renforcement mesuré

Les avoirs nets en devises atteignent 25 223 MDT, représentant 106 jours d’importation, contre 101 jours un an auparavant. Cette amélioration constitue l’un des points les plus solides du tableau macrofinancier actuel. Elle offre à la banque centrale une marge de manœuvre accrue pour lisser les chocs externes et stabiliser le marché des changes.

Le dinar s’apprécie nettement face au dollar américain, s’établissant autour de 2,88 dinars pour un dollar, contre plus de 3,17 un an plus tôt. Cette évolution reflète à la fois un affaiblissement relatif du billet vert sur certains segments internationaux et une amélioration des équilibres externes tunisiens. Face à l’euro, la parité demeure relativement stable, traduisant la forte corrélation structurelle entre l’économie tunisienne et la zone euro.

L’appréciation du dinar contribue à contenir les pressions importées sur les prix; mais elle pose un défi pour la compétitivité des exportations industrielles. L’arbitrage entre stabilité monétaire et soutien à la croissance reste délicat.

Tourisme et transferts : les piliers de la résilience

Les recettes touristiques cumulées progressent sensiblement par rapport à 2025, atteignant près de 700 MDT à la date du 10 février. De même, les revenus du travail en espèces dépassent le milliard de dinars, en hausse marquée sur un an. Ces deux agrégats constituent aujourd’hui les véritables amortisseurs externes de l’économie tunisienne.

Dans un environnement international encore marqué par des incertitudes géopolitiques et des cycles de croissance hétérogènes, la capacité de la Tunisie à capter des flux touristiques et à mobiliser les transferts de sa diaspora représente un atout stratégique. Cette dynamique soutient les réserves de change, stabilise le dinar et allège partiellement la contrainte extérieure.

Le service de la dette extérieure cumulée affiche, quant à lui, une forte baisse en glissement annuel, reflet d’un profil d’échéances moins exigeant en ce début d’année. Cette respiration temporaire ne doit cependant pas masquer l’ampleur des engagements futurs.

Perspectives : entre stabilisation et vigilance

À court terme, les indicateurs suggèrent une phase de stabilisation maîtrisée. La détente monétaire, l’amélioration des réserves et la dynamique des recettes extérieures créent un environnement plus favorable que celui observé en 2025. Cette configuration pourrait soutenir une reprise graduelle de l’investissement et du crédit, à condition que la confiance des agents économiques se consolide.

À moyen terme, les enjeux demeurent structurels. La consolidation budgétaire, la réforme des entreprises publiques, l’élargissement de l’assiette fiscale et la relance de l’investissement productif restent des impératifs incontournables. La politique monétaire ne peut, à elle seule, porter la croissance.

La Tunisie se trouve ainsi dans une phase charnière. Les indicateurs du 20 février 2026 ne signalent ni euphorie ni crise imminente. Ils décrivent une économie en quête d’équilibre, profitant d’un répit monétaire pour réorganiser ses fondamentaux. La véritable question n’est plus celle de l’urgence, mais celle de la transformation : convertir cette accalmie en dynamique durable.

 

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (20/02/2026), données prix Brent / marché pétrolier (20/02/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Le « Conseil de la paix » de Trump

Mise sous tutelle de Gaza, bombardements de l’Iran, velléités d’annexion du Groenland, enlèvement du président du Venezuela, soutien direct aux forces d’extrême-droite en Europe… Donald Trump ne cache pas son indifférence quant aux principes de souveraineté des Etats, de non-ingérence dans leurs affaires intérieures et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Son interventionnisme s’est doté d’un instrument multilatéral, la mal nommé « Conseil de la Paix », source de désordre et d’insécurité.

Créé à l’origine en vue de la reconstruction de Gaza, il est désormais érigé en véritable organisation internationale chargée d’assurer la paix mondiale. Placé sous l’emprise du président Trump, ce Conseil de la paix n’est pas une organisation comme les autres. En cela, elle est à l’image de la politique extérieure de son créateur.

 

Le modèle des organisations internationales

La société internationale comprend des acteurs créés par les Etats eux-mêmes : les organisations internationales. Celles-ci ne sont, pour les « réalistes », que des instruments au service des Etats eux-mêmes, des espaces où les puissances demeurent en compétition. Une telle conception instrumentale qui se distingue de celle des « libéraux », qui conçoivent les organisations internationales comme des cadres de coopérations multilatérales susceptibles de dépasser les égoïsmes nationaux pour gérer les besoins collectifs et les interdépendances.

La réalité des organisations internationales oscille entre ces deux visions : ces acteurs interétatiques tentent de concilier intérêt commun et intérêts nationaux, confrontation et concertation (voire solidarité). Ils offrent un cadre institutionnel permanent propice à l’action collective, à la circulation de l’information, au dialogue intergouvernemental, à la formation de consensus sur des sujets d’intérêt commun …, mais sans exclure ni les égoïsmes nationaux ni les stratégies de puissance.

Ces entités constitutives de l’ordre international de l’après-Seconde guerre mondiale font face à une crise de légitimité et d’efficacité, dans un contexte marqué, d’une part, par l’affirmation de puissances étatiques motivées par la remise en cause de l’ordre international, et, d’autre part, par l’affirmation de nouveaux modes d’existence et d’exercice du multilatéralisme.

Ces enjeux ne se posent pas dans les mêmes termes et avec la même acuité pour toutes les organisations internationales. Celles-ci ne forment ni un bloc monolithique ni un modèle unique. Leur profusion rivalise avec leur diversité. Si elles partagent des caractéristiques fondamentales, les organisations internationales relèvent de catégories différentes qui attestent leur hétérogénéité. S’il existe une pluralité d’organisations internationales faisant l’objet de diverses classifications (sur la base du critère de leur composition, de l’objet de leurs activités et de leurs pouvoirs ou finalités), le Conseil de la Paix détonne.

 

Le Conseil de la paix

Le « Conseil de la paix » a été imaginé par le plan de Donald Trump pour Gaza, publié en septembre 2025, avec comme but la supervision et l’application du « cessez-le-feu » et la reconstruction du territoire palestinien. Repensé en janvier 2026, le « Conseil de la paix » revêt désormais une nouvelle dimension : il ne s’agit plus d’une entité temporaire et sa mission est plus large que dans le projet initial. La question de Gaza et de la Palestine n’est plus son objet exclusif, puisque celui-ci a pour but officiellement d’« assurer une paix solide dans les régions affectées ou menacées par un conflit ». Une manière de concurrencer l’ONU (née en 1945 précisément pour assurer la paix et la sécurité internationale), qui souffre d’une relative paralysie décisionnelle et opérationnelle.

Si formellement le Conseil de la paix se présente comme une « organisation internationale », celle-ci présente un fonctionnement singulier, centralisé autour de la figure de Donald Trump, son président. Ce dernier exercera cette fonction au-delà même de son mandat de président des Etats-Unis et désignera son propre successeur. Une personnalisation prolongée par une concentration des pouvoirs au profit également de Donald Trump : seul à même de choisir les Etats membres du Conseil de la paix et les diverses personnalités internationales qui le composent, il est le seul interprète de sa “Charte“ et dispose d’un “droit de véto“ sur les propositions votées par le Conseil de la paix. Des pouvoirs exorbitants qui ne font que refléter sa vision du pouvoir, tel qu’il l’exerce aux Etats-Unis. Une vision absolutiste et autoritaire, qui vient de connaître un coup d’arrêt spectaculaire avec la décision de la Cour suprême américaine, qui a invalidé les droits de douane « réciproques » qu’avaient érigés Donald Trump. Par contraste, aucune juridiction ou contre-pouvoir n’est prévu au sein du Conseil de la paix…

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Le spectre d’une attaque imminente de l’Iran se dessine

Bruits de bottes au Moyen-Orient où le Pentagone aura mis en place une imposante force de frappe navale et aérienne. Selon les médias américains, les Etats-Unis pourraient frapper l’Iran dès ce week-end.

 

Les Américains vont-ils passer à l’acte en bombardant la République islamique d’Iran dès ce week-end du 21 février 2026), peut-être dans les heures qui suivent ? Cela dépendra, précisent les médias américains, d’une prise de décision de Donald Trump si un accord sur le nucléaire n’est pas trouvé avec Téhéran dans les prochaines heures.

Ainsi, soufflant le chaud et le froid, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué mercredi 18 février que « l’Iran serait bien avisé de conclure un accord », estimant qu’il existait « de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe » contre Téhéran. Une manière de mettre la pression sur le régime des mollahs pour conclure un accord pour éviter de s’attirer les foudres de Washington ?

Renverser le régime des mollahs ?

Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables américains anonymes, une des options militaires contre Téhéran consisterait à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ». Pour preuve, Donald Trump n’avait-il pas estimé jeudi 12 février que « couper la tête du serpent serait la meilleure chose qui puisse arriver », ajoutant qu’il « faille  passer un accord, sinon ce sera très traumatisant » pour Téhéran.

A noter à ce propos que c’est la première fois que la Maison Blanche  évoque l’éventualité du renversement du régime des mollahs, alors que lors de la guerre des 12 jours (13 – 24 juin 2025), Washington s’était « contenté » de viser des sites nucléaires iraniens. Depuis, à la suite d’un vaste mouvement de contestation populaire déclenché en Iran et réprimé férocement dans le sang par les Gardiens de la Révolution, la donne aura sensiblement changé.

Mais que veulent les Américains au juste ? En plus d’un règlement sur le nucléaire, Washington veut y inclure le programme de missiles balistiques de Téhéran ainsi que son soutien aux groupes armés régionaux qui sont hostiles à Israël, notamment le Hezbollah, le Hamas ou encore les Houthis. Ce qui apparaît difficilement acceptable pour le régime iranien, surtout le démantèlement de ses missiles balistiques qui constituent la riposte ultime à la menace israélienne.

Démonstration de force

Et c’est pour se préparer à tous les scénarios, à l’exception d’une intervention terrestre que Donald Trump ne désire à aucun prix que l’armée américaine se tienne prête.

Ainsi, en plus des dizaines de milliers de soldats présents dans des bases militaires à travers la région, le Pentagone a déployé depuis quelques semaines une imposante armada au Moyen-Orient : treize navires de guerre, un porte-avions (le Abraham Lincoln, arrivé fin janvier), neuf destroyers et trois frégates légères.

En renfort, le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, navigue actuellement dans l’océan Atlantique, en provenance des Caraïbes et en direction du Golfe. Il est accompagné par trois destroyers. Sachant qu’il est rare que deux porte-avions américains qui transportent des dizaines d’avions de combat et fonctionnant avec des milliers de marins à bord, soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient. Ce fut pourtant le cas en juin dernier, quand Donald Trump décida de frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens pendant la guerre de douze jours déclenchée par Israël.

Selon les experts militaires, la présence simultanée de deux porte-avions permettrait aux États-Unis de soutenir un rythme de plusieurs centaines de frappes aériennes quotidiennes durant plusieurs semaines.

A cela s’ajoute une flotte aérienne d’envergure composée d’avions de combat furtifs F-22 Raptor, d’avions de combats F-15 et F-16, et des avions ravitailleurs KC-135 pour assister leurs opérations.

Risque d’embrasement régional

En réaction aux menaces américaines, l’Iran a annoncé mardi 17 février la fermeture partielle et temporaire par « sécurité » du détroit d’Ormuz, l’espace maritime par lequel transite un quart de la production mondiale de pétrole et pour y conduire des manœuvres navales menées par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique ; une décision sans précédent depuis les années 1980. Tandis que des manœuvres conjointes avec la Russie sont annoncées dans le golfe d’Oman.

D’autre part, le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei a menacé de « couler » le porte-avions américain déployé au large de ses côtes et de frapper si besoin les bases militaires américaines, suscitant la crainte d’un embrasement généralisé.

En a-t-il réellement les moyens ? Sur le plan strictement militaire, la réponse est oui. En effet, l’Iran dispose d’un important arsenal de missiles balistiques et de drones capables d’atteindre des bases américaines en Irak, en Syrie ou dans les pays du Golfe. En janvier 2020, après l’élimination du général Qassem Soleimani par les États-Unis, Téhéran avait d’ailleurs tiré des missiles sur la base d’Aïn al-Assad en Irak, où stationnaient des troupes américaines. L’attaque avait causé des blessés mais évité des pertes massives, illustrant une capacité de frappe réelle mais calibrée.

D’autre part, Téhéran peut également s’appuyer sur son réseau d’alliés régionaux, notamment le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak ou encore les Houthis au Yémen, pour mener des attaques indirectes contre des intérêts américains. Cette stratégie asymétrique constitue l’un des principaux leviers de dissuasion de Téhéran.

Au final, en cas d’attaque américaine qui paraît imminente, les dirigeants iraniens « feront ce qu’ils peuvent pour provoquer une guerre régionale », a averti le New York Times. Question se survie.

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Ibrahim Debache alerte : “Le marché parallèle menace l’équilibre du secteur automobile”

Le marché automobile tunisien a enregistré en 2025 une progression officielle de 12 %, totalisant 63 902 immatriculations contre 57 137 en 2024. Mais derrière cette reprise apparente, la structure du marché évolue dans un sens préoccupant : le segment parallèle représente désormais plus de 30 % des ventes totales, selon Ibrahim Debache, président de la Chambre nationale des constructeurs et des concessionnaires automobiles et président du conseil d’administration d’Ennakl Automobiles, dans une interview* exclusive accordée à L’Economiste maghrebin.

En voici une synthèse.

 

Au global, les ventes sont passées de 79 000 à 93 000 véhicules entre 2024 et 2025. Cette hausse de 14 000 unités provient principalement des importations hors circuit officiel. Le marché parallèle a ainsi progressé de 31 % sur un an, passant de 22 000 à plus de 29 000 véhicules. La dynamique s’est poursuivie en janvier 2026, avec une augmentation supplémentaire de 25 % sur un mois.

La croissance du marché officiel repose en grande partie sur la demande soutenue en voitures populaires, certains concessionnaires ayant bénéficié de stocks reportés de 2024. Toutefois, pour les opérateurs structurés, la montée en puissance du circuit informel modifie profondément l’équilibre du secteur, alerte le président de la Chambre nationale des constructeurs et des concessionnaires automobiles..

Au-delà des volumes, les enjeux sont multiples. Les véhicules importés en dehors des réseaux agréés ne sont pas soumis aux mêmes procédures d’homologation et de contrôle que ceux introduits par les concessionnaires officiels, explique M. Debache. Ils peuvent ne pas être adaptés aux spécificités locales – conditions climatiques, qualité du carburant, infrastructures routières -, ce qui soulève des questions de sécurité et de conformité.

 

Au-delà des volumes, les enjeux sont multiples. Les véhicules importés en dehors des réseaux agréés ne sont pas soumis aux mêmes procédures d’homologation et de contrôle que ceux introduits par les concessionnaires officiels.

 

Enjeux environnementaux et de sécurité routière

Le risque économique concerne également les consommateurs, exposés à d’éventuels vices cachés, notamment la manipulation du kilométrage. Par ailleurs, la majorité des véhicules issus du marché parallèle ont plus de quatre ans, accentuant la vétusté d’un parc national dont plus de 50 % dépasse déjà 15 ans. Cette configuration pèse sur les enjeux environnementaux et de sécurité routière, insiste le président de la Chambre.

Sur le plan macroéconomique, les concessionnaires rappellent leur contribution fiscale et sociale. Le secteur officiel regroupe plus de 45 concessionnaires représentant plus de 60 marques. Ces opérateurs investissent dans les infrastructures, développent des réseaux régionaux et supportent une pression fiscale élevée, avec un impôt sur les sociétés supérieur à 43 %, en plus des droits et taxes à l’importation. Selon Ibrahim Debache, l’expansion du marché parallèle représente un manque à gagner significatif pour les finances publiques.

Les professionnels ont ainsi sollicité une concertation accrue avec le ministère du Commerce sur les règles encadrant les importations. Des mesures correctives sont attendues dans les prochaines semaines afin de rééquilibrer le marché et de soutenir le circuit structuré.

 

Les professionnels ont ainsi sollicité une concertation accrue avec le ministère du Commerce sur les règles encadrant les importations. Des mesures correctives sont attendues dans les prochaines semaines afin de rééquilibrer le marché et de soutenir le circuit structuré.

 

Un paradoxe…

En parallèle, la transition énergétique peine à décoller malgré un cadre incitatif renforcé. Depuis 2026, les véhicules hybrides rechargeables bénéficient des mêmes avantages fiscaux que les modèles 100 % électriques, avec exonération des droits et taxes et TVA réduite à 7 %. Pourtant, en 2025, seules 539 voitures électriques et 1 822 hybrides ont été immatriculées, ces dernières en recul par rapport à 2024.

Le principal frein demeure l’insuffisance des infrastructures de recharge. Un cahier des charges encadrant le déploiement des bornes et la facturation de l’électricité au kilowattheure est toujours en attente d’adoption. Cette situation crée, selon les professionnels, une incohérence entre l’ambition affichée en faveur de la mobilité propre et la dynamique actuelle des importations de véhicules d’occasion.

Quid d’Ennakl Automobiles ?

Pour Ennakl Automobiles, qui revendique plus de 12 % de parts de marché dans les véhicules particuliers et une progression dans les utilitaires, l’enjeu pour 2026 sera double : consolider sa position commerciale avec de nouveaux lancements, tout en poursuivant sa stratégie ESG et RSE. Dans un marché en recomposition, la compétitivité des acteurs structurés dépendra autant du cadre réglementaire que de leur capacité d’adaptation, selon Ibrahim Debache.

 

Pour Ennakl Automobiles, qui revendique plus de 12 % de parts de marché dans les véhicules particuliers et une progression dans les utilitaires, l’enjeu pour 2026 sera double : consolider sa position commerciale avec de nouveaux lancements, tout en poursuivant sa stratégie ESG et RSE.

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L’intégralité de cette interview est à retrouver dans le numéro 939 de l’Economiste Maghrébin du 25 février 2026.

L’article Ibrahim Debache alerte : “Le marché parallèle menace l’équilibre du secteur automobile” est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

PGH – Land’Or : bien plus qu’une synergie

L’opération par laquelle PGH envisage d’entrer dans le capital de Land’Or est un événement majeur, non seulement pour le marché boursier, mais aussi pour l’économie tunisienne et le paysage de l’agroalimentaire dans la région.

 

Le fonds d’investissement MAGHREB PRIVATE EQUITY FUND IV LLC (MPEFIV) a reçu une offre non engageante de la part du PGH, en vue de l’acquisition de la totalité de sa participation directe et indirecte dans le capital du groupe Land’Or. Au 30 juin 2025, la part détenue s’élève à 36,17 %.

Les deux parties ont, à cet effet, signé un accord non engageant, constituant une étape préliminaire d’un processus de cession structuré. Elle porte sur la reprise de la totalité de la participation directe et indirecte actuellement détenue dans le capital du groupe Land’Or. La concrétisation de cette opération demeure conditionnée à la réalisation des dues diligences, à la négociation et à la signature des documents contractuels usuels, ainsi qu’à l’obtention des autorisations administratives et réglementaires requises.

 

Lire aussi : La cotation de PGH et de LAND’OR suspendue pour un jour 

 

Une opération stratégique

En rapprochant PGH, un géant présent notamment dans l’agroalimentaire, et Land’Or, un spécialiste des fromages, on assisterait à la naissance d’un leader incontesté du secteur agroalimentaire en Tunisie. Il y a des synergies évidentes, PGH apportant une puissance industrielle, logistique et financière; tandis que Land’Or apportera son savoir-faire unique dans le fromage, un segment en forte croissance.

Cette union créerait un groupe capable de rivaliser plus efficacement avec les importations et de peser davantage face à la grande distribution.

Land’Or est une entreprise qui a connu une croissance fulgurante mais qui, comme beaucoup de grandes entreprises tunisiennes, a rencontré des difficultés liées à la conjoncture économique du pays. PGH, avec sa solidité financière, peut sécuriser les opérations de Land’Or et lui donner les moyens de ses ambitions.

Stratégiquement, cette opération est d’une grande utilité pour les deux entités. Pour Land’Or, exporter massivement vers l’Afrique subsaharienne exige des volumes générant des économies d’échelles, sans oublier une capacité logistique colossale. PGH est un vrai levier, possédant une expérience de l’export et une présence dans plusieurs pays africains via ses filiales.

 

Lire également : SAH Lilas fait peau neuve après la prise de participation de PGH

 

En intégrant les produits Land’Or à ce réseau, c’est la Tunisie qui peut significativement augmenter ses exportations de produits agroalimentaires à valeur ajoutée.

Il ne faut pas également oublier que PGH a engagé une opération de carve-out (détourage) qui se traduira par l’ouverture d’une part du capital de ce pôle sur le Marché Boursier de Tunis, permettant ainsi aux différentes sociétés qui le composent de faciliter leur développement sur le marché local et à l’international, et de nouer des partenariats stratégiques et techniques. L’opération entre donc dans la concrétisation d’une stratégie réfléchie.

 

La Bourse de Tunis gagne aussi

Pour la Bourse, une telle opération est capable de donner de la visibilité et de l’attractivité à la Cote. Elle valorise le savoir-faire local et peut attirer l’attention d’autres investisseurs institutionnels sur la place financière de Tunis.

Ces derniers ne s’intéressent à un marché ou à une entreprise que s’ils disposent d’une visibilité claire sur leur sortie. L’opération envisagée entre PGH et Land’Or illustre parfaitement cela. Il s’agit d’un exit par cession stratégique, où un investisseur initial dans Land’Or cède sa place à un géant industriel qui, en tant qu’acquéreur stratégique, ne cherche pas une sortie rapide mais à intégrer Land’Or dans son écosystème pour créer de la valeur à long terme.

In fine, ce rapprochement est important, car il illustre une stratégie de consolidation défensive et offensive. Défensive pour faire face à la situation locale et l’étroitesse du marché, et offensive pour conquérir de nouveaux marchés en Afrique et ailleurs.

L’article PGH – Land’Or : bien plus qu’une synergie est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie 2026 : saisir l’opportunité chinoise ou la laisser passer

La Tunisie se trouve à un tournant économique majeur. Le Plan 2026-2030, couplé à l’annonce officielle de la Chine, qui appliquera un traitement à tarif zéro pour les importations des 53 pays africains à compter du 1er mai 2026, pourrait transformer l’export et dynamiser les régions. Après des décennies de plans restés théoriques, il ne s’agit plus de discours, mais d’actions concrètes et rapides.

 

Sfax, Kairouan, Kébili ou Tozeur disposent d’atouts agricoles et industriels considérables. Pourtant, les besoins locaux restent trop souvent ignorés ou mal traduits en projets opérationnels. Le Plan de développement 2026-2030 mise sur une approche ascendante, associant conseils locaux et producteurs. La réussite dépendra de la capacité à transformer ces consultations en projets concrets, avec des moyens financiers et une gouvernance efficace.

 

La Chine : un marché stratégique

À compter du 1er mai 2026, l’Empire du Milieu ouvrira son marché aux produits des 53 pays africains partenaires, avec traitement à tarif zéro, comme annoncé par Xi Jinping, le président chinois, au 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Pour la Tunisie, cela représente un avantage concurrentiel immédiat pour l’huile d’olive, les dattes, les agrumes et certains produits de la mer, qui pourront entrer sur le marché chinois à des prix plus compétitifs. Cette ouverture facilite également l’accès grâce à la simplification des procédures douanières et pourrait attirer davantage d’investissements chinois dans l’agroalimentaire et la logistique.

Mais cette exonération n’est pas une transformation automatique. Pour en tirer pleinement parti, il faudra :

  • renforcer les capacités productives locales ;
  • améliorer la qualité et la valeur ajoutée des produits exportés ;
  • développer des accords commerciaux et logistiques efficaces.

Cette mesure est une complémentarité stratégique : la Tunisie peut l’exploiter tout en consolidant ses relations avec l’Europe et en structurant ses filières locales pour générer des emplois durables.

 

Croissance inclusive et compétitive

Une croissance exportatrice ne peut se faire au détriment de la qualité des emplois. La montée en gamme des produits doit aller de pair avec la montée en compétences, la sécurité de l’emploi et la protection sociale. Seule une stratégie combinant productivité et inclusion sociale est durable et crédible sur le marché international.

Le temps est compté. Les institutions, entreprises et investisseurs tunisiens doivent se coordonner immédiatement pour tirer parti de cette exonération. Dans un contexte mondial marqué par le protectionnisme croissant, cette fenêtre d’opportunité est stratégique. Elle ne restera pas disponible indéfiniment ; il est impératif de préparer les entreprises, sécuriser les chaînes logistiques et renforcer la valeur ajoutée dès maintenant.

 

Transformer le potentiel en résultats

La Tunisie a déjà connu des plans ambitieux, mais restés théoriques. Cette fois, la combinaison d’une approche ascendante et d’une ouverture stratégique vers la Chine et d’un pilier social fort peut créer une réelle opportunité de transformation économique, jamais vue auparavant. Le succès dépendra de la capacité à mettre en œuvre rapidement des projets structurants, valoriser les filières locales et attirer des investissements ciblés.

La fenêtre est ouverte : la Tunisie peut concrétiser un véritable décollage exportateur ou laisser filer une nouvelle chance historique. La différence tiendra à la capacité à transformer parole et stratégie en actions mesurables et efficaces.

 

En résumé

  • Date clé : 1er mai 2026, début du traitement à tarif zéro.
  • Produits concernés : huile d’olive, dattes, agrumes, produits de la mer.
  • Avantages : prix compétitifs, simplification des formalités, attractivité pour les investissements chinois.
  • Conditions de succès : capacités productives, qualité des produits, logistique et accords commerciaux.
  • Dimension sociale : inclusion et montée en compétences pour une croissance durable.

 

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Les analyses et propositions formulées dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Conseil de la paix : ces pays qui brillent par leur absence…

Le Conseil de la paix lancé par Donald Trump devrait réunir ce jeudi à Washington les pays alliés et partenaires des États-Unis; mais sans la participation des principales grandes puissances mondiales.

Le Conseil de la paix est une initiative politique qui brouille les lignes et sème la discorde avant même son lancement.

En effet, il est conçu en amont, soi-disant pour œuvrer à la reconstruction de la bande de Gaza et à en faire « la riviera du Moyen-Orient ». Et  en aval pour instaurer une « pax americana » à la sauce Trump, avec l’ambition affichée de résoudre des conflits armés dans le monde et de redessiner l’ordre mondial à son avantage, tout en contournant l’ONU.

Ainsi, le Conseil de la paix tiendra ce jeudi 19 février à Washington sa réunion inaugurale, dans les locaux de l’Institut des États-Unis pour la paix. Lequel a été récemment rebaptisé par le département d’État « Institut Donald J. Trump pour la paix ». Bien entendu, le président américain en assure la direction, entouré d’un comité exécutif composé de son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

D’autre part, 27 États qualifiés de « membres fondateurs » feront le déplacement à Washington pour acter la naissance de cet organe controversé. Avec à la clé un ticket payant d’un milliard de dollars que chaque pays membre devra débourser pour avoir « l’honneur » d’y siéger.

A ce propos, Donald Trump, le maître des lieux, a assuré, dimanche 15 février sur son réseau Truth social, avoir rassemblé 5 milliards de dollars de promesses de dons en faveur de reconstruction à Gaza. Sachant que ce projet prévoit un financement massif pour Gaza, avec une première enveloppe de 5 milliards de dollars et l’objectif d’atteindre 70 milliards, afin de reconstruire le territoire et de soutenir une force internationale de stabilisation.

Les copains d’abord

Mais quid des « pays fondateurs » qui assisteront à la réunion inaugurale de ce fameux Conseil ? Evidemment, des dirigeants ouvertement proches de Donald Trump à l’instar du Premier ministre hongrois Viktor Orban, du président argentin Javier Milei ou encore du Premier ministre albanais Edi Rama qui a lui aussi confirmé sa présence, tout en prenant ses distances sur le plan financier. « L’Albanie a le privilège d’être un État fondateur, mais elle ne contribuera pas financièrement pour adhérer ou rester en tant que membre permanent », a-t-il déclaré dimanche dernier.

Plusieurs dirigeants asiatiques sont également attendus, notamment le président indonésien Prabowo Subianto, à la tête du pays musulman le plus peuplé du monde, le président vietnamien To Lam, ainsi que le Premier ministre cambodgien Hun Manet.

Pour ce qui est du Moyen-Orient, tous les pays arabes signataires des accords d’Abraham qui ont permis une normalisation des relations avec Israël en 2020, répondent à l’appel. Notamment l’Egypte qui sera représenté par le Premier ministre Moustafa Madbouli, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Maroc et Bahreïn. Pour sa part, l’Arabie saoudite, un poids lourd politique et financier a décliné l’invitation.

Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne devrait pas faire le déplacement. L’Etat hébreu sera toutefois représenté par son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.

Pays « observateurs »

Rappelons à cet égard, qu’à défaut d’adhérer au Conseil de la paix, plusieurs pays et organisations ont choisi d’assurer une présence en tant qu’observateurs.

Ainsi, après avoir exclu toute adhésion pour des raisons constitutionnelles, l’Italie sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani. Ce dernier a souligné la volonté de son pays de contribuer à la formation des forces de police à Gaza et dans les Territoires palestiniens.

La Roumanie participera également comme observatrice. La Grèce sera représentée par son vice-ministre des Affaires étrangères Harry Theoharis. La République Tchèque et Chypre feront également partie des observateurs.  L’Union européenne sera représentée par la commissaire à la Méditerranée Dubravka Suica, avec pour objectif affiché de porter la position européenne sur la situation à Gaza, sans rejoindre formellement l’instance.

Le camp du niet

Toutefois, sur la soixantaine de pays invités par Donald Trump à rejoindre le Conseil de la paix, une dizaine d’États ont ainsi explicitement refusé d’y adhérer et ne devraient pas participer à la réunion inaugurale, sauf revirement de dernière minute en tant qu’observateurs.

Ainsi, la France a fait savoir dès le 19 janvier qu’elle ne donnerait « pas de suite favorable » à ce stade. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a justifié cette position en soulignant « l’incompatibilité du Conseil avec les engagements de Paris au sein de l’ONU ».

Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la Croatie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont également décliné l’invitation. D’autres États européens ont fait savoir qu’ils n’envisageraient une participation qu’à la condition d’une modification de la charte fondatrice.

Mais c’est le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’est montré le plus radical dans son refus de se joindre à la troupe en accusant Donald Trump de vouloir se poser en « maître » d’une « nouvelle ONU ». Le président brésilien plaide pour un Conseil strictement limité à Gaza et incluant « un siège pour la Palestine ».

Autre absence remarquée : celle du Canada. Le milliardaire républicain ayant retiré son invitation au Premier ministre Mark Carney après que ce dernier a publiquement répondu aux attaques de Donald Trump, affirmant que le Canada « n’existe pas grâce aux États-Unis ».

Enfin, la Russie a clairement indiqué qu’elle n’a pas l’intention d’assister à cette première réunion le 19 février. Idem pour la Chine qui a décliné l’invitation tout en annonçant son attachement à l’ordre international fondé sur le système onusien.

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Baisse des besoins de liquidités des banques au dernier trimestre 2025

Les besoins de liquidité du secteur bancaire ont signé deux baisses consécutives au cours des troisième et quatrième trimestres 2025, totalisant 11 301 MDT.

 

Repli de l’effet restrictif

L’atténuation marquée des besoins moyens des banques en liquidité au cours du dernier quart de 2025 a été soutenue par une baisse significative du solde moyen des facteurs autonomes ayant un effet restrictif sur la liquidité (10 967 MDT, contre 12 752 MDT au trimestre d’avant).

A l’inverse, les réserves requises ont accusé une légère progression de 12 MDT, donnant lieu à un besoin moyen en monnaie centrale pour les banques de 334 MDT au quatrième trimestre 2025.

L’apport de liquidité a été principalement assuré par les avoirs nets en devises et les billets et monnaies en circulation, bien que leur contribution se soit avérée moins prononcée qu’au trimestre précédent.

Les ventes nettes de devises (656 MDT), les opérations de “dinarisation“ de billets étrangers (609 MDT), ainsi que le reflux des espèces vers les guichets bancaires (953 MDT) ont concouru à cette évolution.

À l’inverse, le Compte Courant du Trésor a exercé un effet restrictif, essentiellement imputable aux émissions de BTA (2 872 MDT), effet partiellement atténué par les remboursements du service de la dette intérieure (1 799 MDT).

 

Une moindre intervention de la BCT

Parallèlement, les interventions de la BCT par le biais de ses différents instruments de politique monétaire, ont également diminué, pour s’établir en moyenne à 11 375 MDT au cours du dernier trimestre de l’année 2025.

Le volume des opérations principales de refinancement a enregistré une baisse de 1 601 MDT. À l’inverse, les apports de liquidité issus des opérations d’achats fermes se sont inscrits en hausse de 378 MDT, portant l’enveloppe moyenne correspondante à 3 827 MDT sur la même période.

Toutes ces évolutions se sont traduites par un excédent moyen de liquidité sur le marché monétaire, évalué à 74 MDT fin décembre 2025. Cela a induit un recours accru à la facilité de dépôt par rapport à la facilité de prêt marginale sur l’ensemble du quatrième trimestre. Dans ce contexte, la position nette au titre de ces facilités s’est ainsi établie à -35 MDT, contre +88 MDT au trimestre précédent.

 

Un marché interbancaire dynamique

En contrepartie, et en lien avec l’amélioration de la liquidité structurelle des banques, l’activité du marché interbancaire a continué sa progression au cours du dernier trimestre de 2025, à un rythme toutefois nettement plus soutenu (+737 MDT) que celui observé au troisième trimestre (+253 MDT).

Cette augmentation a concerné tant les opérations à vue (+344 MDT) que les opérations à terme (+393 MDT), portant leurs volumes moyens de transactions, respectivement, à 2 833 MDT et à 1 132 MDT au dernier trimestre de l’année précédente.

Ainsi, le taux mensuel moyen du marché monétaire (TMM) s’est maintenu à un niveau inférieur d’un point de base au taux directeur de la BCT tout au long du dernier trimestre de 2025. La moyenne trimestrielle s’est située à 7,49 %.

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Tunisie & IA : le pari des talents pour réinventer l’économie

Dans le cadre du lancement du nouveau plan de développement économique, plaçant l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au rang de priorité stratégique, un enjeu majeur mérite une attention particulière : celui des compétences humaines nécessaires pour en tirer profit dans les faits.

L’IA est souvent présentée comme un moteur de productivité et d’innovation, capable d’améliorer la prise de décision et de stimuler les performances sectorielles. Sur le papier, cette vision est séduisante. Mais sans une stratégie claire et réaliste visant à former les responsables et cadres opérationnels, qu’ils œuvrent dans l’administration publique, les institutions financières ou les entreprises, ces ambitions risquent de rester largement théoriques.

C’est ici que se trouve la véritable transformation : l’IA doit être utilisée comme un assistant structuré, et non comme un substitut au jugement humain. Elle peut aider à analyser des volumes massifs de données, synthétiser des informations complexes et produire des livrables professionnels, mais ce potentiel ne se réalise pleinement que si les responsables et cadres opérationnels savent poser les bonnes questions, interpréter les résultats, identifier les limites et maintenir un contrôle critique constant.

Certaines voix ont souligné le risque que l’IA devienne un mot-clé sans impact concret sur la productivité ou la qualité de la décision publique. Cette prudence est légitime : les processus, les données et la culture organisationnelle tunisienne doivent encore évoluer pour accueillir ces outils de manière harmonieuse. Il ne s’agit pas de freiner l’innovation, mais de garantir une adoption responsable et progressive.

 

Il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.

 

Dans ce cadre, la formation professionnelle continue des responsables et cadres opérationnels est le pivot de la transformation. Il ne s’agit pas de former des experts techniques, mais de développer une culture professionnelle de l’IA : comprendre les outils, interpréter les résultats, exercer un contrôle critique et appliquer des usages éthiques et responsables. Seule cette approche permet de tirer parti de l’IA sans risques de décisions biaisées ou d’utilisation mécanique.

L’intégration de l’IA doit également prendre en compte les enjeux de souveraineté numérique, de sécurité et de confidentialité des données, particulièrement dans l’administration et le secteur financier. Les responsables et cadres opérationnels formés sont mieux armés pour définir des usages conformes à l’intérêt général et aux exigences réglementaires.

Enfin, il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.

L’intégration réussie de l’IA dans le plan de développement économique tunisien repose donc sur un investissement clair dans les compétences, la formation professionnelle et le discernement des responsables et cadres opérationnels. C’est cette capacité humaine, et non la technologie seule, qui permettra à l’IA de devenir un véritable levier de modernisation, au service de l’action publique, de la stabilité financière et de la compétitivité économique du pays.

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Les propos développés dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Quand la limite entre service et service devient floue!

Il est à l’origine d’une des courses les plus prestigieuses de la planète, le marathon. Qui est-il et pourquoi ? 500 ans avant JC, ce soldat qui s’appelait Phidippidès avait parcouru 40 km entre MARATHON et ATHENES en courant pour transmettre une information à ses compatriotes : la victoire de l’armée grecque sur les Perses. Et il serait mort d’épuisement au bout de ce parcours.

Le pauvre. Il aurait vécu plus longtemps si son armée disposait de téléphone et ses compatriotes d’Internet. Mais chaque chose en son temps, et aujourd’hui il arrive souvent même que l’on soit informé d’un événement avant même qu’il ne se produise, l’information allant plus vite que son temps de propagation. Ce service est devenu l’information qui nous inonde d’une manière ostentatoire et exagérée. Ce qui fait que l’on n’arrive plus de séparer la graine de l’ivraie et devient de plus en plus sévices !

Tout cela ne facilite plus le travail du journaliste, censé transmettre une information sûre et fiable et vérifiée. Mais je me pose de plus en plus une série de questions relativement simples : c’est quoi une information? A quoi sert-elle? Où est-ce qu’on la trouve?

Évidement j’ai commencé à poser la question à Internet : « C’est quoi une information ». Sa réponse a été claire : «Une information est un message, une donnée ou un fait rapporté, qui apporte une connaissance nouvelle, vérifiée et fiable sur un événement ou une situation. Elle se distingue d’une opinion ou d’une rumeur par son caractère factuel, son intérêt pour le public et sa vérification par des sources. »

Il m’a même précisé que, pour être vraie il fallait qu’elle soit factuelle, fiable et vérifiée, nouvelle et pertinente et être transmise sur différents supports…

Mais le constat est permanent, cette définition semble de moins en moins appliquée, et aujourd’hui la limite entre le RIGHT et le FAKE devient difficilement définissable. Mais le pire c’est qu’elle concerne de plus en plus des phénomènes et/ou des actions d’envergures diverses qu’il serait trop long d’énumérer et pourrait générer une série d’informations plus ou moins douteuses.

Et tout ce phénomène s’est accentué avec l’apparition de ce qu’on appelle «les réseaux sociaux» qui ne ressemblent à aucun réseau relationnel, et surtout n’ont rien de social, d’une part, et, d’autre part, par l’utilisation abusive d’un appareil qui pèse moins de 250g qui n’a rien de smart mais est un concentré de technologie et qui, entre autres, stocke et déroule l’information et maintenant parle aussi à son utilisateur. Utilisateur qui devient quasiment esclave de ce smartphone qui est en train de ronger la société et ses échanges, société qui ne se parle plus mais a le nez engoncé dans ces 250g à longueur de journée, lit et écoute les informations qu’il veut bien lui distiller et auxquelles il veut bien y croire si cette information lui sied.

Ceci à l’échelle de l’individu qui ne parle plus, ne pense plus, ou ne pense que quand  son écran l’y autorise, ne réfléchit plus ou peut réfléchir quand la batterie est vide, et se noie dans ce défilé d’informations utiles et inutiles sur son écran à longueur de journée. A côté de ce micro phénomène, se développent à grande échelle des chaînes télé qui développent les news et les fake news, les habillent; les enjolivent, les justifient et même en démontrent la véracité à coup de spécialistes et d’experts et autres consultants.

Mais, chaque phénomène de cette nature finit par déclencher dans d’autres systèmes des réactions imprévues et imprévisibles, à l’image de l’Intelligence artificielle qui  collecte et structure les informations – y compris celle qu’elle contribue parfois à fabriquer – quelle que soit leur nature dans une énorme « data base » et répond aux questions posées et vous aide à en apprécier la véracité de leur contenu.

Comme exemple significatif de désinformation d’Etat et d’information erronée à grande échelle, souvent étudié en Sciences Politiques et en Communication devenu  symbole de défaillance systémique du renseignement et d’emballement médiatique marqué par des effets durables, nous avons choisi la fameuse affaire des « Armes de Destruction Massive » en Irak (2002–2003)» où l’IA nous informe sur sa consistance :

 

1/ La fausse information: En 2002–2003, les gouvernements américain et britannique ont affirmé que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive (ADM). Ces affirmations ont été largement relayées par de grands médias internationaux et présentées comme fondées sur des renseignements crédibles.

 

2/ Beaucoup de gens y ont cru après la présentation officielle devant l’ONU, et avoir subi un matraquage médiatique massif à ce sujet et sur le terrorisme islamique…

 

3/Les conséquences concrètes de ce fake

– Invasion de l’Irak en mars 2003 ayant entraîné des centaines de milliers de morts (militaires et civils).

– Instabilité régionale durable et émergence de groupes extrémistes (dont Daech plus tard).

– Dégradation de l’image internationale des États-Unis et du Royaume-Uni.

– Coût économique colossal (plusieurs milliers de milliards de dollars).

 

4/Comment la « fake news » s’est consumée

Après l’invasion, les inspections approfondies n’ont trouvé aucune arme de destruction massive active. L’Iraq Survey Group (rapport officiel de 2004) a conclu que les stocks n’existaient pas. Plusieurs enquêtes parlementaires ont révélé des erreurs majeures dans l’analyse des renseignements. Certains responsables ont reconnu publiquement que les informations étaient erronées ou exagérées. Avec le temps, le consensus international a basculé et l’argument des ADM est désormais largement considéré comme infondé. La narration initiale s’est progressivement effondrée d’elle-même, non pas par une révélation spectaculaire unique, mais par accumulation de preuves contraires.

Comme quoi, aujourd’hui on n’a besoin ni de TNT ni d’uranium pour démolir un peuple, il suffit d’une FAKENEWS bien agencée pour en faire une ADM.

 

A bon entendeur

Salut FB !

Ibtissem

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Afrique numérique en construction : la Tunisie à l’heure des choix stratégiques (2026–2030)

À l’aube du lancement de son Plan de développement 2026–2030, la Tunisie se trouve à un moment décisif de son repositionnement économique et stratégique. Dans une Afrique engagée dans la construction de son marché numérique, le partenariat avec l’Algérie offre une opportunité structurante pour renforcer la souveraineté technologique, l’attractivité économique et l’intégration régionale. Cette tribune analyse les choix clés auxquels la Tunisie est aujourd’hui confrontée.

Alors que l’Afrique accélère la mise en œuvre de sa stratégie de transformation numérique, une nouvelle géographie économique et technologique est en train de se dessiner à l’échelle du continent. La construction progressive du Marché unique numérique africain, portée par les orientations de l’Union africaine, ouvre une fenêtre d’opportunité pour les pays capables de se positionner comme pôles régionaux structurants.

Pour la Tunisie, le calendrier est particulièrement significatif. Le démarrage imminent du Plan de développement 2026–2030 coïncide avec une phase d’accélération continentale où le numérique devient un levier central de croissance, de souveraineté et d’intégration économique. Dans ce contexte, le rapprochement avec l’Algérie dépasse le cadre bilatéral : il constitue un choix stratégique, susceptible de repositionner durablement la Tunisie dans l’architecture de l’Afrique numérique en construction.

Économie : le numérique comme accélérateur de valeur et d’attractivité

Pour une économie tunisienne confrontée à des impératifs de relance, de montée en gamme et d’attraction de capitaux, la transformation digitale n’est plus un luxe, mais un levier économique structurant. Elle permet de réduire les coûts de transaction, d’améliorer la productivité, de faciliter l’intégration des PME aux chaînes de valeur régionales et de fluidifier les échanges transfrontaliers.

Dans cette perspective, le Marché unique numérique africain représente une opportunité majeure, à condition qu’il repose sur des pôles régionaux crédibles, capables d’organiser l’offre, la demande et l’investissement. La coopération tuniso-algérienne, si elle est orientée vers des projets concrets – infrastructures numériques, plateformes régionales, services à valeur ajoutée – peut contribuer à positionner la Tunisie comme point d’entrée économique vers les marchés africains, tout en renforçant son attractivité pour les investisseurs internationaux.

La stratégie numérique continentale met l’accent sur l’harmonisation réglementaire, la sécurisation des échanges et la création d’un cadre de confiance transfrontalier. Pour la Tunisie, l’enjeu est clair : traduire ces orientations africaines en avantages comparatifs au service de son nouveau cycle de développement.

Stratégie : souveraineté numérique et repositionnement régional

Au-delà des considérations économiques, le numérique est désormais un enjeu de souveraineté et de projection stratégique. La maîtrise des données, la sécurité des infrastructures critiques et la résilience face aux risques cyber conditionnent l’autonomie économique et la crédibilité internationale des États.

Dans le cadre du Plan 2026–2030, la Tunisie est appelée à clarifier son positionnement géoéconomique. Le partenariat avec l’Algérie offre une opportunité rare : celle de bâtir une capacité régionale partagée, permettant de réduire la dépendance technologique externe tout en renforçant le poids du Maghreb dans l’architecture numérique africaine.

La mise en œuvre effective de la Convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données, la coordination des politiques publiques et la mutualisation de certaines capacités (centres de réponse aux incidents, infrastructures de données, normes communes) peuvent transformer la coopération bilatérale en outil stratégique de souveraineté collective. Pour la Tunisie, il ne s’agit pas de suivre une dynamique imposée, mais bien de co-construire un cadre régional aligné sur ses intérêts économiques, sécuritaires et industriels.

Numérique : capital humain, innovation et effet d’entraînement continental

Le principal atout de la Tunisie demeure son capital humain. Compétences numériques, ingénierie, écosystèmes de startups et capacité d’innovation constituent des ressources stratégiques à valoriser dans le prochain plan de développement. Mais cet avantage ne produira pleinement ses effets que s’il s’inscrit dans un écosystème élargi, capable d’absorber, de financer et de diffuser l’innovation à grande échelle.

La coopération avec l’Algérie, combinée à une ouverture maîtrisée vers l’Afrique subsaharienne, peut favoriser l’émergence d’un pôle numérique maghrébin, fondé sur l’interopérabilité, les normes ouvertes et le développement de solutions locales à vocation continentale. La stratégie africaine souligne l’importance de la formation, de la mobilité des talents et de la reconnaissance mutuelle des compétences : autant de chantiers que la Tunisie peut intégrer comme priorités opérationnelles de son Plan 2026–2030.

L’enjeu est d’éviter une juxtaposition d’initiatives dispersées. Ce qui est en jeu, c’est la capacité de la Tunisie à jouer un rôle d’entraînement, en structurant des projets numériques à impact, exportables et créateurs de valeur durable.

Perspective

À l’aube du Plan de développement 2026–2030, la Tunisie se trouve à un moment décisif. Le numérique peut devenir un pilier de souveraineté économique, un vecteur d’intégration régionale et un levier d’attractivité internationale. Le partenariat tuniso-algérien, s’il est inscrit dans une vision africaine cohérente, peut servir de modèle de coopération Sud-Sud, pragmatique et orienté résultats.

L’enjeu n’est plus de savoir si le Maghreb participera à la révolution numérique africaine, mais à quel niveau et avec quelle ambition. Pour la Tunisie, le choix est stratégique : rester en périphérie des dynamiques continentales ou s’affirmer comme acteur central de l’Afrique numérique en construction.

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Les analyses développées dans cette tribune sont proposées à titre de réflexion. Elles visent à nourrir le débat économique et stratégique, sans engager aucune autorité publique ou privée.

L’article Afrique numérique en construction : la Tunisie à l’heure des choix stratégiques (2026–2030) est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Quand la mer se renchérit d’un risque global et d’une vulnérabilité tunisienne

La mer n’est plus seulement un espace de circulation. Elle est redevenue un espace de confrontation. Les routes maritimes, artères vitales du commerce mondial, sont aujourd’hui traversées par les lignes de fracture géopolitiques. Les tensions militaires, les attaques ciblées contre des navires marchands, les rivalités stratégiques autour des détroits transforment l’incertitude en variable économique centrale. Et cette incertitude se traduit immédiatement dans les contrats d’assurance.

Depuis la dégradation sécuritaire en mer Rouge et autour du détroit de Bab el-Mandeb, les assureurs maritimes ont reclassé certaines zones parmi les plus risquées du globe. Les surprimes de guerre ont bondi, parfois multipliées en quelques jours lors des pics de tension. Les armateurs, prudents, redessinent leurs routes et contournent l’Afrique via le cap de Bonne-Espérance, rallongeant les délais et renchérissant les coûts d’exploitation.

Ce qui pourrait apparaître comme un simple ajustement technique constitue en réalité un choc systémique. L’assurance maritime agit comme un marché avancé du risque. Elle intègre les probabilités d’escalade militaire, d’attaques asymétriques ou de sanctions internationales avant même que ces scénarios ne se matérialisent pleinement. La prime devient ainsi le baromètre financier de la fragmentation du monde.

L’effet multiplicateur sur les coûts mondiaux

Dans l’économie contemporaine, le transport maritime ne représente pas une activité périphérique, mais le cœur logistique de la mondialisation. Lorsque la prime d’assurance augmente, elle ne pèse pas uniquement sur l’armateur. Elle se diffuse tout au long de la chaîne de valeur. Les importateurs paient plus cher, les distributeurs ajustent leurs marges, les consommateurs absorbent une partie du surcoût.

À cela s’ajoute l’effet cumulatif des détours logistiques. Un trajet plus long signifie davantage de carburant, davantage d’immobilisation de navires, davantage de tensions sur les capacités disponibles. Les taux de fret augmentent parallèlement aux primes d’assurance. Cette double hausse agit comme une taxe géopolitique invisible sur le commerce mondial.

Les matières premières stratégiques sont particulièrement sensibles à ces perturbations. Le pétrole, le gaz, les céréales et les intrants industriels voient leurs coûts d’acheminement grimper, alimentant des pressions inflationnistes dans les économies importatrices.

La Tunisie, exposée par structure

Pour la Tunisie, l’impact n’est ni théorique, ni marginal. Économie ouverte, dépendante des importations énergétiques et céréalières, elle subit directement la hausse du coût CAF, qui inclut précisément l’assurance et le fret. Lorsque la prime augmente, la facture extérieure s’alourdit mécaniquement.

Dans un contexte budgétaire contraint, où les subventions énergétiques et alimentaires pèsent lourdement sur les finances publiques, chaque surcoût logistique se transforme en pression supplémentaire sur le déficit. L’État absorbe une partie du choc pour préserver le pouvoir d’achat, mais ce mécanisme a ses limites. À moyen terme, la soutenabilité budgétaire se trouve interrogée.

Les entreprises exportatrices tunisiennes ressentent également l’onde de choc. L’industrie manufacturière, insérée dans les chaînes de valeur européennes, dépend de flux logistiques réguliers et compétitifs. Une hausse durable des coûts maritimes érode les marges et fragilise la compétitivité, surtout face à des concurrents bénéficiant d’économies d’échelle plus importantes.

Ainsi, un incident en mer peut se traduire par une tension sur la trésorerie d’une entreprise tunisienne. La mondialisation lie étroitement sécurité maritime et stabilité économique locale.

Inflation importée et dilemme stratégique

La transmission de ces hausses aux prix intérieurs est progressive mais réelle. Lorsque l’énergie coûte plus cher à l’importation, l’ensemble des coûts de production domestiques est affecté. Le transport terrestre, l’agriculture, l’industrie voient leurs charges augmenter. L’inflation importée s’installe alors comme un phénomène diffus, difficile à maîtriser.

La politique monétaire se heurte ici à ses propres limites. Face à un choc externe de nature géopolitique, l’outil des taux d’intérêt ne peut corriger la source du problème. Il peut seulement tenter d’en amortir les effets secondaires. Or, dans une économie où la croissance demeure fragile, l’arbitrage entre stabilité des prix et soutien à l’activité devient particulièrement délicat.

Cette situation souligne une vérité plus profonde : la dépendance logistique est devenue un facteur de vulnérabilité stratégique. La sécurité économique ne se résume plus à l’équilibre budgétaire ou monétaire ; elle inclut la sécurisation des routes d’approvisionnement.

Vers une nécessaire résilience logistique

L’augmentation des primes d’assurance maritime doit être interprétée comme un signal d’alerte stratégique. Elle invite à repenser la résilience nationale face aux chocs exogènes. Diversifier les fournisseurs, renforcer les capacités de stockage stratégique, moderniser les infrastructures portuaires, développer des partenariats régionaux plus intégrés. Ce sont autant de leviers susceptibles de réduire l’exposition aux aléas géopolitiques.

La Tunisie, pays méditerranéen par essence, ne peut se soustraire aux dynamiques maritimes mondiales. Mais elle peut atténuer leur impact en renforçant sa capacité d’anticipation et de gestion du risque. Cela suppose une vision stratégique intégrée, où la logistique, la diplomatie économique et la planification budgétaire dialoguent étroitement.

Le prix de l’instabilité

La flambée des primes d’assurance maritime est plus qu’un indicateur sectoriel. Elle est le reflet financier d’un monde en recomposition, où la rivalité des puissances, les conflits régionaux et la fragmentation commerciale redessinent les flux d’échange.

Pour la Tunisie, l’enjeu est clair : dans un environnement international incertain, la stabilité macroéconomique dépend désormais autant de la géopolitique des mers que des équilibres internes. La prime d’assurance n’est plus un simple poste comptable. Elle devient l’expression concrète d’un désordre mondial dont les répercussions atteignent les quais des ports tunisiens et, au-delà, l’équilibre économique du pays.

La mer demeure une ouverture. Mais elle est aussi devenue une variable stratégique majeure. Et dans ce nouvel âge des tensions, naviguer exige plus que des navires : cela requiert une vision.

 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Cloud et IA : les banques publiques, rempart de la souveraineté tunisienne

À l’heure où le numérique devient un pilier de puissance et de résilience économique, la Tunisie se doit de repenser sa stratégie de souveraineté numérique. Abdelwaheb Ben Moussa explore dans cette tribune le rôle stratégique du cloud et de l’intelligence artificielle. Avec un focus sur les banques publiques comme infrastructures critiques. Il propose une approche pragmatique pour renforcer l’autonomie et la compétitivité nationale.

Souveraineté numérique : une condition de résilience

Le cloud et l’intelligence artificielle (IA) sont devenus des infrastructures critiques pour les États. Elles soutiennent les administrations, la santé, la finance, la défense et la planification économique. Sans contrôle sur ces technologies, la Tunisie risque de subir des dépendances étrangères, qu’elles soient commerciales ou géopolitiques.

Les expériences internationales offrent des leçons claires :

  • États-Unis : puissance économique par la domination des géants du cloud et de l’IA.
  • Chine : cloud fermé et IA intégrée à la stratégie nationale, souveraineté totale, mais ouverture économique limitée.
  • Europe : approche pragmatique, cloud de confiance et IA souveraine sur des niches critiques.

Ces modèles montrent que maîtriser le cloud et l’IA est aujourd’hui une condition de résilience et d’autonomie stratégique.

Les banques publiques : infrastructures critiques de l’économie tunisienne

Les banques publiques tunisiennes occupent une place centrale : elles gèrent les flux financiers, centralisent des données sensibles et soutiennent la politique monétaire. Leur vulnérabilité face à des solutions cloud étrangères pourrait compromettre la souveraineté économique.

La priorité est un cloud souverain ciblé sur les services bancaires critiques, accompagné d’une hybridation encadrée pour les services moins sensibles. Et ce, afin de sécuriser les données, tout en maintenant l’accès à l’innovation mondiale.

IA souveraine et sécurité fonctionnelle

Le couple IA–Cloud est central. Les modèles IA locaux peuvent :

  • Détecter les fraudes financières,
  • Sécuriser les transactions critiques,
  • Analyser les risques bancaires et monétaires.

Ces outils, entraînés sur des clusters nationaux sécurisés, garantissent une souveraineté fonctionnelle tout en restant compatibles avec les standards ouverts et les systèmes financiers globaux.

Gouvernance et mise en œuvre progressive

Une stratégie efficace repose sur :

  • Une feuille de route claire, priorisant les infrastructures critiques.
  • Des partenariats public-privé pour mutualiser compétences et investissements.
  • Des instances de gouvernance centralisées, coordonnant banques publiques, administrations et acteurs privés.
  • Le développement des talents numériques pour soutenir le cloud et l’IA souverains.

Cette approche pragmatique assure sécurité, résilience et intégration dans l’économie numérique mondiale.

Une souveraineté ciblée et extensible

La priorité sur les banques publiques ne ferme pas la voie à d’autres secteurs. En effet, la santé, l’énergie, l’administration peuvent être progressivement intégrées dans un écosystème numérique souverain et résilient.

Schéma stratégique intégré

Figure 1 – Stratégie Cloud & IA pour les banques publiques tunisiennes :

IA et Cloud

Légende :

  1. Cloud souverain sécurisé – Hébergement local des données financières et clusters IA.
  2. IA bancaire souveraine – Détection de fraude, analyse des flux et risques financiers.
  3. Cybersécurité avancée – Encryption, monitoring, protection des blocs financiers critiques.
  4. Interopérabilité internationale – Compatibilité avec les systèmes financiers globaux.
  5. Gouvernance et partenariats – Coordination État–banques publiques–experts, partenariats public-privé, instances centralisées.

 

Pour un débat national urgent

Le cloud et l’IA ne sont plus de simples outils technologiques : ils sont des leviers de souveraineté et de compétitivité. La Tunisie ne vise pas l’autarcie, mais une souveraineté fonctionnelle, protégeant les infrastructures critiques, encadrant les partenariats et favorisant l’innovation locale.

Le débat national est urgent : définir une stratégie cohérente et ambitieuse, centrée sur les banques publiques, et étendre progressivement la souveraineté numérique à d’autres secteurs stratégiques. La Tunisie nouvelle peut ainsi devenir résiliente, compétitive et stratégiquement autonome.

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L’analyse et les propositions présentées dans cette tribune n’engagent que l’auteur, Abdelwaheb Ben Moussa. Elles ne sauraient en aucun cas engager une autorité publique, institution ou organisation, et ont vocation à alimenter le débat et la réflexion stratégique sur la souveraineté numérique en Tunisie.

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Fitch Ratings : la résilience des banques tunisiennes mise prochainement à l’épreuve

Dans un rapport récent, Fitch Ratings est revenue sur la question de la résilience des banques tunisiennes qui sera mise à l’épreuve par les réformes du cadre prudentiel. L’agence de notation estime que la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit l’introduction de règles de fonds propres alignées à Bâle III d’ici fin 2026.

 

Les réformes envisagent des exigences plus strictes, tant qualitatives que quantitatives, en matière de fonds propres de base. Avec un accent accru mis sur les fonds propres de catégorie 1 (Tier 1) et les fonds propres ordinaires (commonequity), ainsi que l’introduction d’une déclaration obligatoire des ratios de fonds propres ordinaires de catégorie 1 (commonequity Tier 1).

 

Un défi pour le secteur

L’adoption de cette méthodologie pour le calcul des actifs pondérés en fonction des risques pour les risques de crédit et opérationnels entraînera probablement une hausse de ces actifs pour de nombreuses banques, exerçant une pression à la baisse sur les ratios de fonds propres déclarés.

Un tel rehaussement des normes posera un défi à certaines banques, dont les coussins de sécurité sont minces par rapport aux seuils réglementaires actuels. Elles seront appelées à améliorer leurs fonds propres.

Les réformes envisagées interviennent dans un contexte de conditions d’exploitation jugées « difficiles » par Fitch et de « détérioration de la qualité des actifs, liée à des pressions macroéconomiques persistantes ». Cela resserrera donc les normes de solvabilité, alors même que les banques se préparent à l’introduction d’IFRS 9, que les autorités prévoient de mettre en œuvre d’ici fin 2027.

 

L’adoption de cette méthodologie pour le calcul des actifs pondérés en fonction des risques pour les risques de crédit et opérationnels entraînera probablement une hausse de ces actifs pour de nombreuses banques, exerçant une pression à la baisse sur les ratios de fonds propres déclarés.

 

Multiplication des réformes

Parallèlement, la mise en œuvre d’IFRS 9 fera évoluer les banques vers un cadre de provisionnement pour pertes de crédit attendues, nécessitant une reconnaissance plus prospective de la détérioration du crédit. Cela nécessitera probablement un provisionnement supplémentaire, en particulier pour les expositions classées 2.

Cependant, le régulateur a progressivement renforcé la méthodologie de calcul des provisions générales depuis 2021. Ce qui devrait faciliter la transition vers l’IFRS 9 pour la plupart des banques.

En outre, Fitch note que ces réformes auront un effet positif à long terme sur l’ensemble du secteur, en renforçant la discipline en matière de fonds propres et les pratiques de gestion des risques, et en soutenant à terme la capacité d’absorption des pertes des banques. De plus, Fitch n’anticipe pas d’intervention réglementaire pour les établissements qui ne seront pas conformes à fin 2026.

En termes de profitabilité, le secteur préservera sa rentabilité, jugée modeste, et conservera une bonne position de liquidité. Pour rappel, le ratio de solvabilité du secteur s’élève à 14,4 % fin septembre 2025; contre un minimum réglementaire de 10 %.

 

Tolérance attendue

Certaines banques ont renforcé préventivement leurs fonds propres en amont des réformes. Tandis que d’autres affichent toujours des insuffisances pour satisfaire aux exigences plus strictes. Fitch s’attend à ce que ces dernières procèdent à un renforcement supplémentaire de leurs fonds propres, principalement par la rétention des bénéfices et/ou par des augmentations de capital.

Par ailleurs, les conditions de marché devraient rester favorables aux émissions d’actions en 2026. Mais les plans de levée de fonds dépendant des capitaux propres seront vulnérables au sentiment des investisseurs. Les banques les plus fragiles, ayant une rentabilité limitée, pourraient avoir des difficultés à renforcer leurs fonds propres de manière organique. La consolidation pourrait offrir une alternative pour les petits établissements, même s’il ne s’agit pas d’un scénario réalisable à court terme.

 

Les conditions de marché devraient rester favorables aux émissions d’actions en 2026, mais les plans de levée de fonds dépendant des capitaux propres seront vulnérables au sentiment des investisseurs.

 

Enfin, l’agence de notation prévoit que la BCT autoriserait une période de transition progressive ou ferait preuve de tolérance pour les banques qui ne satisferaient pas aux normes plus strictes à fin 2026. Cette approche pourrait être prolongée sur plusieurs années.

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L’Amérique en plein disfonctionnement politique et institutionnel

Cela va faire près de 13 mois que Trump est à la Maison Blanche pour son second mandat, mais les changements que l’on observe depuis dans le comportement de l’empire américain sont véritablement stupéfiants.

Les Etats-Unis sont toujours une puissance militaire et économique de premier ordre, mais son fonctionnement politique et institutionnel est en train de se dégrader si dramatiquement que la première puissance ressemble désormais beaucoup plus à l’une des nombreuses dictatures du tiers monde qu’à une démocratie du « monde libre ».

A la Maison Blanche, Trump s’est entouré de flagorneurs moins intéressés à accomplir consciencieusement le devoir exigé par leur fonction qu’à plaire à leur chef. Le Congrès avec ses deux composantes, en renonçant à son rôle de contre-pouvoir, s’est transformé en une banale Chambre d’enregistrement. La Cour suprême, censée être la garante de l’inviolabilité de la Constitution, se complaît dans son rôle de « légitimation » des décisions de l’Exécutif aussi abusives soient-elles. Les présidents d’universités, les patrons des médias, les PDG des grands compagnies et même les milliardaires (à l’exemple de Bill Gates qui a exprimé son admiration devant « l’incroyable leadership de Donald Trump »), tous ceux-là rivalisent de flagornerie à qui plairait le plus au « grand patron ». Au parti républicain, le « culte de Donald Trump », scandale Epstein ou pas, fait fureur dans les rangs des adhérents…

Sur le plan extérieur, le fonctionnement politique et institutionnel des Etats-Unis est plus grave encore et plus dangereux. Depuis qu’il a entamé son second mandat, le président américain se comporte comme un empereur de la planète pour qui les pays, petits et grands, sont conviés de se plier à ses désirs et à exécuter ses volontés. Il demande au Canada de devenir le 51e Etat. Il harcèle le Danemark pour qu’il lui cède le Groenland. Il kidnappe le président légitime du Venezuela et sa femme. Il menace le Mexique et étouffe Cuba. Il bouleverse le commerce mondial en imposant arbitrairement aux uns et aux autres de nouveaux tarifs douaniers. Il désire arriver à un accord avec l’Iran, tout en exigeant que celui-ci se plie à ses conditions, c’est-à-dire la capitulation. Il se comporte vis-à-vis des institutions internationales comme un éléphant furieux dans un magasin de porcelaine, avec pour cible principale l’Organisation des Nations Unies etc. etc.

Son utilisation indécente du drame humain de Gaza pour instituer son « Conseil de la paix » s’inscrit précisément dans la tentative de son administration de mettre hors service l’ONU, le dernier bastion de ce qui n’est plus, hélas, que l’ombre du droit international.

En s’autoproclamant, dans sa folie des grandeurs, président du « Conseil de la paix » et en invitant les chefs d’Etat et de gouvernement de divers pays à y adhérer (avec le statut de membre permanent pour qui débourse …un milliard de dollars), Trump poursuit deux objectifs : satisfaire son ego démesuré d’être « le président des présidents »; tenter de mettre en veilleuse le Conseil de sécurité de l’ONU et transférer ses compétences à son « Conseil de la paix ». Tout en nourrissant l’illusion de cumuler seul les attributions des cinq membres permanents…

Son secrétaire d’Etat Marco Rubio était samedi 14 février à la Conférence de Munich sur la sécurité et, dans son discours, il s’en est pris avec virulence à l’ONU, prétendant que « contrairement aux Etats-Unis, elle n’a joué aucun rôle dans la résolution des conflits. » Une invitation implicite au monde à se détourner de l’institution internationale et de se fier aux Etats-Unis.

Un langage démagogique qui ne trompe personne. Car qui a rendu l’ONU inopérante, inefficace et paralysée sinon l’Amérique avec son usage systématique du veto, chaque fois le Conseil de sécurité se mobilise pour arrêter le militarisme colonial israélien et aider le peuple palestinien à recouvrer ses droits ?
Si le plus grave et le plus ancien foyer de tension qui maintient depuis des décennies le Moyen-Orient dans un état d’ébullition n’a pas été résolu, ce n’est pas parce que l’ONU est « incapable » de le résoudre, mais parce que les Etats-Unis s’opposent à sa résolution.
N’est-ce pas absurde, pour ne pas dire tragi-comique, que Trump, après avoir pris le relais de son prédécesseur dans le financement et l’armement des génocidaires israéliens, crée un « Conseil de la paix » sur le ruines de Gaza et sur les dizaines de milliers de cadavres des victimes du génocide ?
Une telle absurdité jette une lumière crue sur le degré de disfonctionnement politique et institutionnel ahurissant qui mine la politique étrangère américaine.

Et le peuple américain dans tout cela ? Dans sa grande majorité, il se soucie comme d’une guigne de ce que fait Trump aujourd’hui ou de ce qu’ont fait ses prédécesseurs depuis les Bush père et fils jusqu’à Obama et Biden.
Si aucun compte n’est demandé à Trump, qui est cité 38 000 fois dans le dossier de l’horrible scandale Epstein, pourquoi s’étonner de la totale impunité dont son peuple le gratifie chaque fois qu’il viole la Constitution américaine ou le droit international ?

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Tunisie : la stabilisation fragile d’un équilibre sous tension

Il y a des périodes où les chiffres cessent d’être de simples indicateurs pour devenir des signaux. Les données arrêtées au 13 février 2026 ne racontent pas une euphorie retrouvée, ni une crise imminente. Elles décrivent une économie qui cherche son point d’équilibre après plusieurs années de tensions monétaires, de pressions inflationnistes et de contraintes externes. La Tunisie semble entrer dans une phase de stabilisation relative, mais cette stabilisation demeure conditionnelle, dépendante de facteurs internes et internationaux encore mouvants.

 

L’environnement international joue un rôle déterminant dans cette respiration tunisienne. La désinflation progressive observée aux États-Unis et dans la zone euro a modifié l’orientation des politiques monétaires. Les cycles agressifs de relèvement des taux ont laissé place à une posture d’attentisme. Les marchés anticipent désormais des ajustements graduels, ce qui réduit la pression sur les monnaies émergentes et sur les flux financiers internationaux.

Cependant, cette accalmie monétaire mondiale ne s’accompagne pas d’un véritable cycle d’expansion. La croissance européenne reste faible, ce qui limite le dynamisme de la demande adressée aux exportations tunisiennes. Les tensions géopolitiques, la fragmentation commerciale et la volatilité des prix énergétiques maintiennent un climat d’incertitude.

Dans ce contexte, la relative appréciation du dinar face au dollar constitue un facteur d’allègement. Le taux moyen interbancaire à 2,857 dinars pour un dollar marque une amélioration notable par rapport à l’année 2025. Cette évolution réduit la facture des importations énergétiques et alimentaires libellées en devises et améliore mécaniquement certains ratios d’endettement extérieur. La stabilité face à l’euro renforce également la prévisibilité des échanges avec le principal partenaire commercial du pays.

Politique monétaire : vers une normalisation graduelle

La décision de maintenir le taux directeur à 7 %, après un cycle antérieur de resserrement culminant à 8 %, traduit un changement de phase. La Banque centrale semble considérer que les tensions inflationnistes sont en voie de modération, sans pour autant prendre le risque d’un relâchement prématuré.

Le recul du volume global du refinancement, désormais à 11 670 millions de dinars (MDT) contre plus de 13 000 MDT un an auparavant, est révélateur. Il traduit une moindre dépendance structurelle des banques au guichet central. La baisse des encours d’open market et des refinancements à plus long terme confirme cette tendance.

Parallèlement, l’augmentation du volume des transactions interbancaires, tant à vue qu’à terme, indique une meilleure redistribution interne de la liquidité. Le système bancaire semble moins fragmenté, moins contraint par des déséquilibres aigus.

La diminution marginale des billets et monnaies en circulation suggère également une atténuation des comportements de thésaurisation. Lorsque la confiance monétaire progresse, même modestement, les agents économiques réintègrent progressivement les circuits formels.

Trésorerie publique : gestion active et rééquilibrage de la dette

Le solde du compte courant du Trésor, en nette amélioration à 1 382 MDT, traduit une gestion plus maîtrisée des flux budgétaires. Cette évolution peut résulter d’un meilleur phasage des dépenses, d’une mobilisation accrue des recettes ou d’une combinaison des deux.

La transformation de la structure de la dette intérieure est particulièrement significative. La forte contraction des Bons du Trésor à court terme, parallèlement à l’augmentation des Bons du Trésor Assimilables, montre une volonté d’allonger la maturité moyenne de la dette domestique. Cette stratégie réduit la vulnérabilité aux tensions de refinancement et l’exposition aux chocs de liquidité à court terme.

Toutefois, cette amélioration technique ne saurait masquer la contrainte structurelle : la dette publique demeure élevée et sa soutenabilité dépendra du différentiel entre croissance nominale et coût moyen de financement.

Balance des paiements : les amortisseurs traditionnels en action

Les avoirs nets en devises atteignent 25,3 milliards de dinars, représentant 107 jours d’importation. Cette progression annuelle est significative. Elle repose principalement sur deux moteurs traditionnels : le tourisme et les transferts des travailleurs à l’étranger.

Les recettes touristiques cumulées dépassent les 696 MDT à la mi-février; tandis que les revenus du travail franchissent le seuil du milliard de dinars. Ces flux constituent une source de devises stable et relativement résiliente.

Le service de la dette extérieure, bien qu’en hausse par rapport à la veille, reste nettement inférieur au niveau exceptionnellement élevé enregistré un an auparavant. Cela allège temporairement la pression sur les réserves et améliore la perception du risque souverain.

Cependant, cette amélioration demeure fragile. Elle dépend de facteurs exogènes : stabilité régionale, conjoncture européenne, confiance des diasporas et flux touristiques. Une dégradation rapide de l’environnement international pourrait inverser ces tendances.

 

Perspectives à court terme : une fenêtre d’opportunité

À court horizon, la Tunisie bénéficie d’une configuration relativement favorable. La détente monétaire, la stabilisation du dinar, le renforcement des réserves et l’amélioration de la trésorerie publique créent un espace de respiration macroéconomique.

Cette phase pourrait soutenir une reprise modérée du crédit et atténuer la pression sur le pouvoir d’achat si la désinflation se confirme. Le système bancaire, moins contraint, dispose d’une capacité accrue à financer l’économie réelle.

Mais cette embellie demeure conditionnée à la discipline budgétaire et à la cohérence des politiques économiques.

Perspectives à moyen terme : le défi de la transformation

Le véritable enjeu n’est pas la stabilisation conjoncturelle, mais la transformation structurelle. La croissance tunisienne reste insuffisante pour absorber le chômage et améliorer durablement les équilibres sociaux. L’investissement privé demeure prudent, dans un climat où la visibilité réglementaire et fiscale reste perfectible.

Si la stabilité monétaire actuelle n’est pas accompagnée de réformes structurelles favorisant la productivité, la compétitivité et l’intégration dans les chaînes de valeur internationales, elle risque de n’être qu’un répit temporaire.

La Tunisie dispose aujourd’hui d’un rare moment d’équilibre relatif entre ses contraintes internes et son environnement externe. Ce moment n’est ni spectaculaire ni triomphal. Il est stratégique. Car dans les trajectoires économiques, ce sont souvent les phases d’accalmie qui déterminent la capacité d’un pays à redéfinir son modèle de croissance.

La stabilisation est en cours. Reste à savoir si elle sera le prélude d’une consolidation durable ou simplement une pause dans un cycle de tensions récurrentes.

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (13/02/2026), données prix Brent / marché pétrolier (13/02/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

L’article Tunisie : la stabilisation fragile d’un équilibre sous tension est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

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