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Trump « étonné, intrigué, frustré » que l’Iran ne capitule pas !

Trump n’en peut plus. Il est étonné, surpris, intrigué, frustré que les dirigeants iraniens, malgré l’incroyable et « belle » armada qui encercle leur pays, et en dépit des menaces de destruction de leur régime, s’entêtent à ne pas se prosterner devant lui en disant : nous capitulons M. le président…

C’est ce que le monde a compris après les étonnantes révélations de l’ami du président américain Trump, Steve Witkoff, sur Fox News dimanche 22 février.

En effet, dans une interview sur la chaîne néoconservatrice américaine, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a déclaré que « le président Trump est intrigué par le fait que l’Iran n’a pas capitulé face aux exigences américaines. Et ce, compte tenu du renforcement militaire américain au Moyen-Orient et des menaces de guerre. Je ne veux pas employer le mot frustré, car le président comprend qu’il dispose de nombreuses alternatives, mais il est intrigué. Il se demande pourquoi ils n’ont pas capitulé. Pourquoi, sous une telle pression, avec la puissance navale que nous déployons là-bas, ne sont-ils pas venus nous dire : “Nous affirmons ne pas vouloir d’arme nucléaire, voici ce que nous sommes prêts à faire” ? Pourtant, il est difficile de les amener à ce point. »

C’est ce qu’a déclaré en substance Steve Witkoff à Lara Trump, belle-fille du président américain et présentatrice à Fox News.

En conclusion de cette étrange intervention télévisée, Witkoff a cru nécessaire de répéter la ridicule rengaine que Netanyahu mâchait et remâchait depuis 1996 : « L’Iran est à une semaine de la production de l’arme nucléaire ! »

En fait, dans ce bras de fer explosif qui l’oppose à l’Iran, Trump n’est pas seulement étonné ou intrigué, mais il a peur aussi. Il est étonné que les Iraniens ne capitulent pas, parce que, dans sa carrière d’entrepreneur-milliardaire, il était habitué à se faire obéir au doigt et à l’œil par ses collaborateurs et les flagorneurs qui lui tournaient autour.

Devenu président, Trump, dans son extrême naïveté et sa profonde ignorance de la chose politique, pensait pouvoir utiliser la grande puissance militaire américaine pour imposer ses conditions aux pays du monde et faire plier ses adversaires à ses ultimatums en les encerclant par sa « belle armada. » D’où son « étonnement, son intrigue et sa frustration » (le trois termes utilisés par Witkoff) de constater que les Iraniens ne sont guère impressionnés par les unités navales surchargés de bombardiers et de missiles qui longent leurs côtes.

Mais ce que Witkoff ne nous dit pas est que Trump est habité aussi par la peur. La peur de déclencher une guerre dont il ne maîtriserait pas le déroulement, ni, encore moins, prévoirait les conséquences. Une guerre qui pourrait s’avérer désastreuse pour son armada, ses bases militaires dans la région et sa présidence. Sans parler de Tel-Aviv et Haifa que les missiles iraniens pourraient transformer en « Gaza bis».

Le président américain, qui a mené sa campagne électorale en s’en prenant à ses prédécesseurs qui ont « engagé l’Amérique dans des guerres sans fin », se trouve dans l’intolérable situation de ne vouloir ni aller en guerre avec l’Iran, ni résister aux puissantes forces de l’ombre qui le poussent à la déclencher.

C’est que Trump n’a pas peur seulement des conséquences politiques de la guerre, mais, selon le journaliste et directeur du site Gray Zone, Max Blumenthal, « il a peur pour sa vie et celle des membres de sa famille, s’il résiste aux exigences d’Israël et de son lobby. »

On ne peut pas ne pas rappeler ici le précédent de John Kennedy, qui continue, plus de six décennies après, de hanter les locataires successifs de la Maison Blanche.

Bien que la version officielle à Washington continue d’être celle du « tueur solitaire », Lee Harvey Oswald, c’est un secret de polichinelle que Kennedy a été assassiné par un complot né de la collusion entre les intérêts d’Israël et ceux du Complexe militaro-industriel américain. Le premier voulait la disparition de Kennedy de la scène parce qu’il s’opposait au programme nucléaire israélien. Le second était terrorisé à l’idée de normalisation des relations avec l’Union soviétique et la perspective de paix mondiale que Kennedy a annoncé dans son discours du 10 juin 1962, six mois avant sa mort…

Se trouvant entre deux feux, peut-être Trump, dans son for intérieur, est-il en train de se mordre les doigts de s’être présenté pour un second mandat et défait sa concurrente…

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L’Amérique en plein disfonctionnement politique et institutionnel

Cela va faire près de 13 mois que Trump est à la Maison Blanche pour son second mandat, mais les changements que l’on observe depuis dans le comportement de l’empire américain sont véritablement stupéfiants.

Les Etats-Unis sont toujours une puissance militaire et économique de premier ordre, mais son fonctionnement politique et institutionnel est en train de se dégrader si dramatiquement que la première puissance ressemble désormais beaucoup plus à l’une des nombreuses dictatures du tiers monde qu’à une démocratie du « monde libre ».

A la Maison Blanche, Trump s’est entouré de flagorneurs moins intéressés à accomplir consciencieusement le devoir exigé par leur fonction qu’à plaire à leur chef. Le Congrès avec ses deux composantes, en renonçant à son rôle de contre-pouvoir, s’est transformé en une banale Chambre d’enregistrement. La Cour suprême, censée être la garante de l’inviolabilité de la Constitution, se complaît dans son rôle de « légitimation » des décisions de l’Exécutif aussi abusives soient-elles. Les présidents d’universités, les patrons des médias, les PDG des grands compagnies et même les milliardaires (à l’exemple de Bill Gates qui a exprimé son admiration devant « l’incroyable leadership de Donald Trump »), tous ceux-là rivalisent de flagornerie à qui plairait le plus au « grand patron ». Au parti républicain, le « culte de Donald Trump », scandale Epstein ou pas, fait fureur dans les rangs des adhérents…

Sur le plan extérieur, le fonctionnement politique et institutionnel des Etats-Unis est plus grave encore et plus dangereux. Depuis qu’il a entamé son second mandat, le président américain se comporte comme un empereur de la planète pour qui les pays, petits et grands, sont conviés de se plier à ses désirs et à exécuter ses volontés. Il demande au Canada de devenir le 51e Etat. Il harcèle le Danemark pour qu’il lui cède le Groenland. Il kidnappe le président légitime du Venezuela et sa femme. Il menace le Mexique et étouffe Cuba. Il bouleverse le commerce mondial en imposant arbitrairement aux uns et aux autres de nouveaux tarifs douaniers. Il désire arriver à un accord avec l’Iran, tout en exigeant que celui-ci se plie à ses conditions, c’est-à-dire la capitulation. Il se comporte vis-à-vis des institutions internationales comme un éléphant furieux dans un magasin de porcelaine, avec pour cible principale l’Organisation des Nations Unies etc. etc.

Son utilisation indécente du drame humain de Gaza pour instituer son « Conseil de la paix » s’inscrit précisément dans la tentative de son administration de mettre hors service l’ONU, le dernier bastion de ce qui n’est plus, hélas, que l’ombre du droit international.

En s’autoproclamant, dans sa folie des grandeurs, président du « Conseil de la paix » et en invitant les chefs d’Etat et de gouvernement de divers pays à y adhérer (avec le statut de membre permanent pour qui débourse …un milliard de dollars), Trump poursuit deux objectifs : satisfaire son ego démesuré d’être « le président des présidents »; tenter de mettre en veilleuse le Conseil de sécurité de l’ONU et transférer ses compétences à son « Conseil de la paix ». Tout en nourrissant l’illusion de cumuler seul les attributions des cinq membres permanents…

Son secrétaire d’Etat Marco Rubio était samedi 14 février à la Conférence de Munich sur la sécurité et, dans son discours, il s’en est pris avec virulence à l’ONU, prétendant que « contrairement aux Etats-Unis, elle n’a joué aucun rôle dans la résolution des conflits. » Une invitation implicite au monde à se détourner de l’institution internationale et de se fier aux Etats-Unis.

Un langage démagogique qui ne trompe personne. Car qui a rendu l’ONU inopérante, inefficace et paralysée sinon l’Amérique avec son usage systématique du veto, chaque fois le Conseil de sécurité se mobilise pour arrêter le militarisme colonial israélien et aider le peuple palestinien à recouvrer ses droits ?
Si le plus grave et le plus ancien foyer de tension qui maintient depuis des décennies le Moyen-Orient dans un état d’ébullition n’a pas été résolu, ce n’est pas parce que l’ONU est « incapable » de le résoudre, mais parce que les Etats-Unis s’opposent à sa résolution.
N’est-ce pas absurde, pour ne pas dire tragi-comique, que Trump, après avoir pris le relais de son prédécesseur dans le financement et l’armement des génocidaires israéliens, crée un « Conseil de la paix » sur le ruines de Gaza et sur les dizaines de milliers de cadavres des victimes du génocide ?
Une telle absurdité jette une lumière crue sur le degré de disfonctionnement politique et institutionnel ahurissant qui mine la politique étrangère américaine.

Et le peuple américain dans tout cela ? Dans sa grande majorité, il se soucie comme d’une guigne de ce que fait Trump aujourd’hui ou de ce qu’ont fait ses prédécesseurs depuis les Bush père et fils jusqu’à Obama et Biden.
Si aucun compte n’est demandé à Trump, qui est cité 38 000 fois dans le dossier de l’horrible scandale Epstein, pourquoi s’étonner de la totale impunité dont son peuple le gratifie chaque fois qu’il viole la Constitution américaine ou le droit international ?

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